Hi everyone!
Vous allez bien?Bon, d'accord, je n'avais pas publié mercredi comme je l'avais annoncé en répondant à vos reviews, qui par ailleurs m'ont fait énormément plaisir. Je sais, je suis une vilaine auteuse, mais j'ai des circonstances atténuantes. Il faut dire que cette semaine j'ai été assez occupée par mes dissertations et mon interro en droit des sociétés et donc je n'ai pas pu avancer des masses sur mon chapitre, mais le voici, le voilà enfin. Et comme les vacances se profilent à l'horizon, je vais pouvoir lézarder et me consacrer à mes fics…si ce n'est pas merveilleux. Pour celles qui se plaignaient que mon chapitre était trop courts, ou que généralement, ils sont trop courts parce qu'ils se lisent facilement ou whatever, j'espère que celui-ci vous conviendra niveau longueur, vous comprendrez même pourquoi j'ai préféré supprimer certaines scènes dans les chapitres précédents pour ne pas faire des chapitres indécemment longs et indigestes =D Cela dit, si la longueur vous convient, on peut continuer sur cette voie, ce n'est pas gênant, parce que cette fois, j'ai presque réussi à écrire une scène pour chaque personnage, et en rajouter un nouveau (je n'ai juste pas inclus Parvati dans ce chapitre, parce qu'elle n'avait rien à y faire…) . Mais que demande le peuple? J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira autant que les précédents, et que vous ne serez pas déçus par la tournure que prennent les évènements. Je sais exactement qui je vais caser avec qui dans cette fic', et vous aurez parfois des surprises, Harry & Parvati n'était que le début ^^ J'annonce également que la thématique du chapitre prochain sera la vie de famille de nos chers personnages, je ne pense pas faire de scènes avec la petite bande au complet. Voilà, encore merci pour vos reviews, dont je me régale à chaque fois, pour les mises en alertes et en favoris. Bonne lecture, et peut-être à la semaine prochaine pour le chapitre 5 de would you be happier? Bisous bisous =)
[DRAGO]
Le sport était pour Drago Malefoy une bonne façon de s'affranchir de son stress, de se dépenser, d'oublier tous ses soucis. Quand il jouait, il ne pensait à rien d'autre, ses problèmes étaient restés au vestiaire. Drago s'appliquait particulièrement parce que le basket était la seule discipline où il était vraiment doué. Il fallait dire qu'il n'était pas un très bon élève, il ne brillait pas en raison de ses bonnes notes. Les origines de sa popularité se trouvaient donc ailleurs. Si vraiment les langues se déliaient à son propos, tout le monde s'accorderait pour dire qu'il n'avait rien d'exceptionnel, si ce n'est que son physique avantageux et la façon qu'il avait de tenir les autres au respect. La plupart des filles rêvaient de le séduire et la plupart des garçons lui vouaient une jalousie sans bornes, d'une part, parce qu'il était le fils du proviseur du lycée, et bénéficiait à cet égard d'une immunité pour tout ce qui était punitions et heures de colle, et d'autre part, parce qu'aucun d'entre eux n'était susceptible de lui arriver à la cheville.
Drago savait qu'il n'avait pas à s'en faire, que son titre de petit prince lui était désormais acquis. Seulement, il avait dans le collimateur un élève, qui ne lui avait pourtant rien fait, si ce n'est que cet insolent marchait délibérément sur ses plates bandes. Drago s'était senti agressé, et il avait ressenti le besoin de se défendre, de se montrer exécrable avec le nouveau venu juste pour lui faire comprendre qu'ici, c'était lui le patron. Théodore Nott n'avait pas baissé les yeux une seule fois. Au contraire, il avait soutenu son regard, effrontément, ce sourire moqueur accroché aux lèvres. Maintes fois, Drago avait eu envie de lui faire ravaler son sourire de travers, et de lui faire bouffer ces lunettes qu'il ne mettait qu'en classe. Petit, on l'avait toujours réprimandé parce qu'il frappait les enfants qui avaient des lunettes. Tête de têtard avait été son insulte favorite pendant des années, et aussi loin qu'il s'en souvienne, le garçon aux cheveux blonds platine avait toujours été en tête d'un petit groupe de quatre ou cinq enfants qui s'amusaient à persécuter les autres.
Pour sûr, il y a quelques années encore, Théodore Nott aurait été une cible de choix. Seulement, le français semblait imperméable à tout ce qui se passait autour de lui, comme s'il vivait sur une autre planète, dans une réalité quelconque différente de la sienne. Qui plus est, Théodore ne se laissait pas emmerder, c'était un fait. Ce matin même, il avait répondu avec aplomb à un certain Dirk Madsen, venu lui chercher des noises, qui n'avait plus pipé mot ensuite. Le jeune Malefoy s'était alors permis d'esquisser un sourire. Non pas parce qu'il commençait à apprécier son nouveau camarade, mais parce qu'il avait au moins du répondant. Et à présent qu'il regardait Nott évoluer sur le terrain, avec souplesse et rapidité, Malefoy avait recommencé à le maudire. À présent qu'il n'avait plus ses lunettes -il ne les mettait que pour lire ou en cours-, le blond se demandait s'il pouvait le frapper. La droite bien sentie le démangeait depuis que Nott était sur le terrain.
Parce qu'il ne fallait pas se voiler la face, Drago Malefoy était jaloux. Jaloux de ce type qui était là depuis un peu près un mois à présent, et qui était devenu la nouvelle coqueluche de tout Roundview, lui volant la place qui lui revenait de droit. Les filles commençaient à le détailler et à glousser sur son passage, il faisait parler de lui et prenait de plus en plus souvent la parole en classe pour étaler sa science. Pour la première fois depuis qu'il était au lycée, le règne de Drago Malefoy semblait être mis en péril, et il n'aimait pas ça. Le blond plissa les yeux tout en fusillant Nott du regard. Il fit sa passe à Dean Thomas, qui réceptionna et se rua vers le panier, slalomant entre les joueurs de l'équipe adverse. Nott n'était même pas beau. Il était vrai qu'il était plutôt grand, mince et élancé, agile et rapide, et que sa fine musculature pouvait se deviner à travers l'échancrure de son maillot de basket, mais c'était bien tout. Il n'avait rien qui puisse justifier que les filles pussent tomber en pâmoison, et encore moins le fait qu'Hermione s'intéressât, paraissait-il, à Nott après être sortie avec lui, Drago Malefoy.
L'équipe adverse marqua un panier, faisant trembler de rage le jeune Malefoy, qui, instinctivement, suivit Nott du regard. Il venait de se passer une main dans les cheveux et de faire un High five à Dean Thomas, son coéquipier, en signe de congratulation. Malefoy pesta entre ses dents, tandis que Seamus Finnigan avait fondu sur Nott pour lui donner une claque dans le dos. Drago ricana. Il était de notoriété publique que Thomas et Finnigan étaient gays et en couple, et apparemment, Nott était leur nouveau pote. Grand bien lui fasse. Au moins, tant qu'il traînait avec eux, il n'était pas dans ses pattes. Et il n'aurait pas la disgrâce de voir le restant de la bande s'attacher à lui alors que lui-même avait mis des années à se faire accepter.
-C'est bon les mecs, on arrête. Annonça Drago alors que son équipe était au bord du massacre.
Murmure de protestation parmi les autres joueurs. Dean Thomas le fusilla du regard. Il était de notoriété publique que Malefoy était un très mauvais joueur, et cela ne faisait aucun doute qu'il venait d'arrêter le match parce qu'il était en train de perdre, même si c'était du trois contre trois, rien de vraiment bien officiel, juste pour le plaisir de jouer. Mais Malefoy n'en avait cure, il arrêtait parce qu'il avait envie d'arrêter, point, les autres n'avaient pas à moufter. C'était lui qui décidait, ne l'avaient-ils pas encore compris? Il était les marionnettiste, il tirait les ficelles, il était le seul maître à bord, mais malheureusement, si son vaisseau venait à couler, il ne faisait aucun doute qu'il serait le premier à partir pour sauver sa peau, par lâcheté.
-on se demande pourquoi. Grinça Dean avec mépris. De toute manière, dès que tu perds, tu t'arranges toujours pour que la situation tourne à ton avantage.
-Eh oui Thomas. Persifla Drago, assortissant ses paroles d'un sourire narquois. C'Est-ce qui fait la différence entre un looser et les autres…je te laisse deviner la catégorie à laquelle tu appartiens.
-Il y a ceux qui assument être un looser et les autres. Singea Dean, sans se démonter. Je te laisse deviner la catégorie à laquelle tu appartiens.
-C'est vrai. Admit Drago, en décochant un sourire mauvais au garçon noir. J'avais oublié que tu étais un looser en plus d'être une pédale. C'est vrai que lorsqu'on en est arrivé à ce stade, on n'a plus grand-chose à perdre.
-Moi je me casse, ça me saoule. Soupira Seamus en amorçant un pas pour partir.
-Modère tes propos, Malefoy. Martela Nott, sèchement. Tu as perdu une partie qu'on se faisait comme ça entre nous pour s'amuser, ça ne changera pas la face du monde putain! Tu es qui d'abord pour te permettre de juger les gens comme ça? Le fils du proviseur? Mais bordel, ça ne te donne pas tous les droits! Si tu veux qu'on te respecte, commence par respecter les autres, merde!
Tout le monde tourna la tête vers le calme et timide Théodore, qui venait d'exprimer tout haut ce que les autres exprimaient tout bas. Malefoy plissa les yeux de rage, et toisa le français avec tout le mépris dont il était capable. Dean et Seamus se regardèrent, horrifiés, alors que Crabbe et Goyle, les gorilles de Malefoy, faisaient craquer leurs jointures. Nott ne broncha pas, se contenta de toiser le blond en retour, toujours aussi impassible malgré la fureur qui habitait son regard outremer. Apparemment, ce crétin de Nott n'avait pas compris qu'il venait de signer son arrêt de mort.
-Toi, Nott, tu ferais mieux de faire attention à ce que tu dis. Siffla le blond, menaçant.
-Sinon quoi? Grinça Nott, acerbe.
Nott ne baissa pas le regard. Et cet affront suffit à provoquer une colère noire. Drago serra les dents. Il serra son poing, et le balança droit dans le visage de Nott, qui vacilla sous le choc. Nott ricana avec amertume, tout en essuyant du revers de la main le filet de sang qui commençait à couler de son nez. Dean et Seamus plongèrent pour empêcher Théodore de riposter, mais ils ne furent pas assez rapides. Le grand brun venait d'envoyer son poing dans la tempe de Malefoy. Puis, Nott attrapa Drago par le col de sa chemise.
-C'est à mon tour de t'avertir. Je sais tout à fait me servir de mes poings. Si j'étais toi, j'en prendrais note.
-Sois certain que mon père sera averti de cette histoire.
-C'est ça. Siffla Nott, un sourire diablement moqueur s'invitant sur son visage blême.
Malefoy darda un regard mauvais sur Théodore, qui saignait du nez. Il plissa les yeux une énième fois, mais Théodore resta totalement impassible. Dans un feulement de rage, Malefoy cracha aux pieds du français, puis, en émettant un reniflement méprisant, il s'éloigna, tel un prince devant sa cour, escorté par ses gorilles de toujours, alors que Théodore venait de lever le majeur dans sa direction et de partir d'un pas furieux. Drago Malefoy l'avait juré, il lui fera la fête à ce petit con. this is war.
[LAVANDE]
Pendant ce temps, dans les gradins…
Lavande Brown aimait particulièrement regarder les garçons jouer au basket. Bien qu'elle ne connaissait strictement rien aux règles du basket-ball, elle était une supportrice aguerrie et motivée, voire même hystérique, diront les mauvaises langues. Pour autant, Lavande n'était pas là pour encourager les joueurs, ni même pour les regarder. Elle était simplement venue faire un tour au gymnase avec Hermione pour essayer de lui remonter un tant soit peu le moral. Il fallait dire que depuis sa rupture avec Drago, Hermione broyait du noir et ne semblait plus avoir le goût pour la vie, ni de quoi que ce soit d'ailleurs. Et cela inquiétait Lavande, qui déployait des trésors d'imagination pour espérer faire sourire Hermione. Cela allait être difficile, mais en bonne vieille naïve qu'elle était, Lavande y croyait.
La blonde avait dans un premier temps regretté d'avoir amené son amie ici. Simplement parce que Drago Malefoy était sur le terrain, en train de jouer les vedettes comme à l'accoutumée. À ce moment précis, elle avait jeté un coup d'œil inquiet à son amie, mais celle-ci s'était contentée de soupirer avec amertume, tout en regardant le bout de ses chaussures. Lorsqu'Hermione avait levé le regard, ses prunelles ambrées étaient pleines de larmes. Lavande s'était mordillée la lèvre inférieure. Elle ne savait trop bien que par fierté, son amie n'allait rien laisser paraître, faire comme si tout allait bien. C'est pourquoi elle ne s'était pas tellement étonnée du fait qu'Hermione n'avait pas beaucoup pleuré depuis sa rupture, Lavande s'était attendue à bien pire. Elle s'était attendue à retrouver une Hermione complètement dévastée, mais celle-ci tenait bon. Par la suite, elle avait su qu'Hermione avait passé une bonne partie de cette nuit là dans les bras de Théodore, qui avait rappliqué sitôt qu'elle l'eut appelé.
Lavande soupira tout doucement. Elle ne savait pas ce qu'il y avait entre ces deux là, mais il y avait un foutu truc, c'était certain. Elle brûlait d'en savoir plus, mais la blonde s'était promis de ne pas s'immiscer dans la vie privée de sa comparse. Elle était d'accord avec le fait qu'Hermione devait d'abord guérir de ses blessures avant de commencer une autre histoire, mais Lavande ne pouvait s'empêcher de penser que Théodore était le plus à même de la guérir. Sans doute Hermione avait-elle besoin de retrouver confiance en la gente masculine, mais Théodore était tellement gentil, tellement discret, tellement tout qu'Hermione s'y était attachée rapidement. Trop rapidement, même, au point de craindre de s'y brûler les ailes.
Cela dit, dès qu'Hermione avait aperçu Théodore sur le terrain, elle sembla avoir retrouvé le sourire. Elle lui avait fait un petit signe de la main pour le saluer à distance, signe qu'il lui avait rendu presque aussitôt, réchauffant un tant soit peu le cœur de la princesse déchue. Un vrai petit miracle. Ce constat avait arraché un sourire à Lavande, qui se sentait désormais apaisée. Elle savait désormais qu'elle avait bien fait de venir ici. En silence, les deux jeunes filles avaient donc regardé les garçons jouer, Hermione littéralement fascinée par Théodore. Elle n'avait plus quitté le français du regard, et Lavande avait dû lui agiter la main devant les yeux pour lui parler, la jolie Granger étant tellement absorbée par son activité qu'elle n'avait pas entendu Lavande l'appeler à plusieurs reprises.
-Quoi? Souffla Hermione, légèrement hébétée.
-Je te disais que Nott se défend bien au basket. Répéta Lavande malicieusement, un sourire léger accroché aux lèvres.
-C'est vrai, il se défend bien. Répondit Hermione évasivement, tout en suivant le grand brun du regard.
Elle laissa échapper une exclamation étouffée lorsque Théodore marqua un panier, et continua de trépigner sur son banc longtemps après. Lavande sourit, amusée par les enfantillages de son amie. La blonde entortilla distraitement une mèche de cheveux autour de son index, et se tourna à nouveau vers Hermione, occupée cette fois à textoter. Lavande allongea le cou, pour tenter de savoir avec qui elle communiquait ainsi. Elle vit alors Pansy s'afficher sur l'écran. Lavande arqua un sourcil perplexe. Hermione avait vraiment le don de s'entourer des mauvaises personnes. Non seulement, son mec l'avait faite cocue pendant des années, mais en plus, sa meilleure amie n'était pas aussi honnête qu'elle le prétendait, loin s'en faut. Lavande laissa échapper un reniflement méprisant et détourna la tête en croisant les bras sur sa poitrine. Hermione, trop absorbée par ses texto, ne releva pas l'attitude étrange de son amie.
-On devrait faire un concours de t-shirts mouillés. S'enthousiasma Lavande avec un sourire coquin. Je me demande qui a le plus beau torse parmi tout ce petit monde.
-Oh, tu sais, il n'y a pas besoin de les mouiller pour voir. Répondit évasivement Hermione en levant les yeux au ciel.
En voyant le regarde triste d'Hermione, Lavande comprit qu'elle avait peut-être fait une gaffe en amenant le sujet sur le tapis. Elle se mordilla la lèvre inférieure pour la énième fois, et elle regarda ostensiblement ailleurs. La jeune Brown savait que son amie avait subi les avances insistantes de son ex petit copain et qu'elle avait dû voir Drago à moitié nu plus d'une fois. Alors, Lavande comprenait bien qu'elle n'avait pas envie de mater les garçons, surtout quand Drago était parmi eux. Ce faisant, Hermione risquait de se faire encore plus de mal. Et c'était franchement à éviter. Les rouages dans l'esprit de Lavande s'étaient remis à fonctionner. Elle devait trouver une autre porte de sortie, un moyen de rendre son sourire à Hermione. Le regard de Lavande se posa sur la silhouette longiligne de Théodore.
-En même temps, je comprends pourquoi pas mal de filles s'extasient sur Nott. Reprit Lavande avec sérieux.
-Vraiment? Demanda Hermione, légèrement acerbe.
-C'est évident, non? Souligna la blonde en arquant un sourcil. Je ne sais pas ce que tu en penses, mais il est plutôt pas mal quand on regarde bien. Il a l'air vachement bien foutu. Il a un sourire craquant et un putain de regard. Certes, il y a mieux, ce n'est quand même pas le beau gosse ultime, mais il a ce truc qui fait qu'on le regardera lui et pas un autre.
Lavande avait fréquemment jeté un regard en coin à Hermione alors qu'elle s'exprimait sur les qualités du fameux Théodore, espérant obtenir d'elle au moins un semblant de réaction. Mais Hermione restait impassible, occupée à jouer avec son téléphone. Elle hésita avant d'envoyer son message, et remit le portable sur ses genoux. Elle passa une main embarrassée dans ses cheveux et se mit à nouveau à guetter ce qui se passait sur le terrai. Le sentant vibrer au fond de sa poche, Théodore venait de sortir son propre téléphone et consulta ses messages. Il secoua la tête tout en souriant et se tourna franchement en direction d'Hermione, qui lui adressa un sourire en coin. Théodore, troublé, manqua la passe que lui avait faite Dean, et regarda le ballon passer sous son nez sans qu'il ne réagisse pour autant. Les garçons s'exclamèrent avec un peu trop de véhémence, et après ce bref intermède, Théodore se reconcentra sur le jeu.
-Je crois comprendre ce que tu veux dire. Confia Hermione, sans se défaire de son sourire empli de tendresse.
-Quoi, c'était à lui que tu as envoyé le texto? S'enquit Lavande, interloquée.
-Exactement. Sourit Hermione, rayonnante. Et c'est aussi à cause de moi qu'il a manqué sa passe.
-Et que lui as-tu dit pour le troubler autant?
Hermione soupira légèrement, puis elle montra son téléphone à son amie. Lavande se pencha pour pouvoir lire ce que son amie était en train de lui montrer. Lavande sourit bien large une fois qu'elle eut fini. Le message envoyé par Hermione tenait en ces quelques mots: bien joué l'artiste. Regarde dans les gradins. H. Hermione regarda son amie, l'œil rigolard. Le regard de la belle brune brillait comme jamais, et cette fois, pas de larmes. C'était le signe qu'Hermione commençait à tirer un trait sur Drago. Et qu'elle était en train d'ouvrir son cœur à un autre garçon. Ce garçon venu d'ailleurs qui avait tant à donner, mais qui n'attendait rien en retour. Lavande soupira et croisa ses jambes fuselées devant elle. Puis, tout en se tournant vers Hermione:
-il se passe quoi exactement entre lui et toi?
-Qui ça, lui? Demanda innocemment Hermione, l'air légèrement rêveur.
-Théodore, andouille! Persifla Lavande en insistant bien sur le prénom du jeune français.
-Nous sommes simplement amis. Répondit Hermione évasivement, alors que ses joues venaient de se colorer d'un beau rose pâle.
-Tu ne m'as pas dit ce qui s'était passé la nuit où il est venu chez toi.
Lavande s'était retenue à temps de dire la nuit où tu as rompu avec Drago, mais elle avait préféré employer cette formulation, bien que l'idée était la même, les deux évènements étant intimement liés par une simple relation de cause à effets. En effet, si Drago n'avait pas rompu avec Hermione cette nuit là, sans nul doute la jeune fille n'aurait elle jamais appelé Théodore en renfort. D'ailleurs, pourquoi avait-elle appelé spécifiquement Théodore alors qu'ils étaient toute une bande à pouvoir se déplacer le cas échéant? Parce qu'elle voulait le voir lui, espèce d'idiote! lui siffla sa conscience à l'oreille. Oui, pourquoi Théodore? Appeler le garçon qui lui plaisait après que son propre petit copain l'ait larguée n'avait pas été un choix très judicieux, et pour Lavande, c'était forcément suspect. Mais Hermione n'avait pas voulu s'étendre sur cette nuit là ,bien trop douloureuse à se rappeler. Lavande respectait son choix de ne pas en parler, mais le mystère demeurait entier.
-Je ne t'ai rien dit parce qu'il ne s'est rien passé. Soupira Hermione en levant les yeux au ciel. Je…On a juste dormi ensemble. J'avais besoin de compagnie parce que j'étais trop mal après que Drago…enfin tu vois. Je l'ai appelé et ça ne l'a pas dérangé de venir parce quel lui aussi avait besoin de compagnie. Et…On a parlé. Longuement. J'ai pleuré aussi, et il m'a consolée. On a fumé, on a un peu bu également, on a encore parlé, et on s'est endormis vers quatre heures du matin, complètement crevés.
-Vous avez dormi ensemble et tu dis qu'il ne s'est rien passé? S'étonna Lavande, ses lèvres rosées formant un o parfait.
-Oui, on a dormi ensemble, on n'a rien fait d'autre. C'est juste que…c'est-à-dire que…balbutia Hermione, rouge pivoine.
-Oui, mais encore?
-Je…J'étais encore en sous-vêtements après que D…Drago m'ait…laissée en plan. Et…c'est-à-dire que…en fait… je…enfin on…non, il…j'ai dormi dans ses bras, et…c'était bien.
Hermione avait fini sa phrase dans un filet de voix, incapable d'en dire davantage sans se décomposer. La jeune femme rougit violemment, et Lavande éclata d'un rire amusé, son regard bleu lagon pétillant de malice. Alors comme ça, la sage et prude Miss-je-sais-tout avait dormi dans les bras d'un garçon qui n'était pas son petit copain, qu'elle connaissait à peine, et en sous-vêtements qui plus est? Hermione la surprenait de jour en jour. Surtout que cela intervenait pile au moment où Lavande lui avait suggéré de songer à franchir le pas avec lui s'ils se plaisaient. Lavande s'en réjouissait. Hermione méritait vraiment d'avoir quelqu'un de bien dans sa vie, et non pas un salaud comme Drago qui la jetterait à la première occasion.
D'ailleurs, en parlant de Drago. L'attention de Lavande fut détournée par des éclats de voix, sauvant ainsi Hermione de l'interrogatoire qu'elle s'apprêtait à lui faire subir bien malgré-elle. Hermione détourna la tête également, et se mordilla la lèvre inférieure en reconnaissant cette voix entre mille.
-Modère tes propos, Malefoy! Tu as perdu une partie qu'on se faisait comme ça entre nous pour s'amuser, ça ne changera pas la face du monde putain! Tu es qui d'abord pour te permettre de juger les gens comme ça? Le fils du proviseur? Mais bordel, ça ne te donne pas tous les droits! Si tu veux qu'on te respecte, commence par respecter les autres, merde!
Les deux filles se regardèrent avec inquiétude, parce qu'elles savaient ce que cela signifiait. Théodore était fou de provoquer ainsi Drago, Hermione savait mieux que quiconque ce dont il était capable lorsqu'il était en colère. Et Théodore s'était permis de lui faire la morale, ce que personne n'avait jamais osé faire avant lui. Le blond n'allait vraiment pas apprécier. Vraiment pas. Et cela sembla se confirmer d'autant plus que Drago venait de lui mettre une droite;
-Non! Souffla Hermione, d'une voix inaudible, en se levant brusquement.
Lavande retint son amie par le bras, alors que cette dernière retomba mollement sur le siège, l'air désemparé. Hermione regardait la scène avec inquiétude, et se demandait tout comme Lavande la dispute n'allait pas dégénérer en bagarre. Elle se mordilla la lèvre inférieure jusqu'au sang. Puis, la brune écarquilla les yeux en voyant Théodore rétorquer par un coup de poing magistral, qui fit également vaciller Drago. Puis, Théodore avait saisi Malefoy par le col de sa chemise pour lui murmurer quelques paroles menaçantes qui apparemment firent leur effet puisque Malefoy se ratatina sur place avant de foutre le camp. Hermione renifla dédaigneusement, connaissant par coeur la lâcheté de son ex petit-ami qui se réfugiait derrière des prétextes fumeux pour ne pas avoir à assumer ses responsabilités.
Théodore partit d'un pas rapide, la tête haute, sans doute pour aller se changer dans les vestiaires. Hermione et Lavande se regardèrent, indécises, mais Hermione fut la plus rapide, elle fourra son portable dans sa poche, et prit son sac sous le regard interloqué de Lavande.
-Où tu vas? Demanda Lavande, après un certain temps de réaction.
-Voir comment il va! Rétorqua Hermione en filant à grandes enjambées.
La blonde n'eut même pas le temps de faire un geste pour la retenir, ou demander qui était ce il bien que la réponse était évidente, elle qui n'avait d'yeux que pour son beau brun, mais Hermione avait déjà filé, n'écoutant que son cœur. Bon, d'accord, peut-être qu'il n'y avait rien du tout, que Lavande était tout simplement en train de se faire des films, mais elle se plaisait à imaginer les choses ainsi, elle qui ne vivait que par procuration.
[THEODORE]
La tête lui tournait légèrement, consécutivement au coup de poing magistral qu'il venait de se prendre. Qui plus est, il saignait du nez, d'où l'importance de se rendre à l'infirmerie le plus tôt possible. Mais pour dire quoi, au juste? Que Drago l'avait frappé parce qu'il avait osé dire tout haut ce que les autres pensaient tout bas? Depuis quand un excès de franchise pouvait-il se montrer préjudiciable pour quelqu'un? Certainement que cette loi valait depuis que le monde était gouverné par l'hypocrisie et par les faux semblants. Et puis, Théodore ne pouvait pas vraiment se plaindre non plus. Parce que s'il le faisait, Malefoy pouvait tout à fait rétorquer que Théodore l'avait également cogné. Théodore pouvait éventuellement plaider la légitime défense, mais ça l'étonnait fortement qu'un tel argument soit recevable, surtout si la personne à convaincre était le proviseur en personne. C'était sa parole contre celle de son fils, et Théodore savait bien que dans une telle situation, s'en sortir était inenvisageable.
Il renifla légèrement, grimaçant à cause de son nez endolori. Il ne l'avait pas loupé, ce con. Mais le français espérait vraiment qu'il avait compris la leçon, qu'il ne reviendrait plus lui chercher des noises. Surtout que Théodore ne comprenait pas ce qu'il avait pu lui faire pour que Drago lui en veuille autant. Certes, il y avait Hermione. Mais après? C'était lui qui avait précipité leur rupture, non? Le français ne le savait que trop bien. Désemparé, il avait dû sécher les larmes de la belle, la consoler autant qu'il le pouvait. Il avait réellement apprécié de l'avoir à ses côtés cette nuit là. Dormir avec elle, contre elle, la serrer doucement dans ses bras, respirer son odeur, calquer sa respiration sur la sienne. Il avait senti son souffle chaud sur sa peau, ses cheveux bruns broussailleux lui chatouillaient légèrement son cou. Elle était proche, si proche. Il avait encore une fois voulu l'embrasser, mais il n'en avait pas le droit, elle n'était pas à lui, elle n'était pas pour lui. Était-ce de sa faute à lui, s'il l'avait aimée dès le premier regard, sans s'inquiéter de savoir si elle était déjà casée ou non? Pas qu'il sache, en effet. Mais personne ne comprenait, tous le voyaient comme le salaud qui voulait mettre le grappin sur la copine de Drago Malefoy.
En silence, le garçon s'était rhabillé, ignorant la douleur qui lui lançait la moitié du visage. Dans les jours suivants, il allait être bon pour se ramener au lycée avec un nez gros comme une patate, et violacé qui plus est, ce qui était disgracieux au possible. Mais il s'en foutait, dans une moindre mesure. Des coups, il en avait souvent donné, souvent reçus, alors il n'était plus vraiment à ça près. Théodore se traînait un lourd passé de bagarreur turbulent et cela lui avait valu le renvoi de son ancien lycée, en plus du mépris de son propre père. Le jeune homme se rappelait exactement des circonstances dans lesquelles l'incident était arrivé.
Blaise avait toujours été son meilleur ami, le frère qu'il n'avait jamais eu bien qu'ils avaient une couleur de peau différente. Si quelqu'un insultait Blaise, on l'insultait lui et vice-versa. C'était comme ça. Pour autant, ce connard de Marcus Flint avait omis de prendre en compte ce léger détail. Flint était un petit con facho, une ordure de la pire espèce qu'exécrait Théodore depuis la seconde même où ils s'étaient rencontrés. Bref. Flint, une fois, s'était permis d'insulter Blaise sur sa couleur de peau. Le garçon noir n'avait pas répliqué, laissant passer l'insulte comme à chaque fois, s'en foutant à la longue, mais Théodore était monté au créneau, n'appréciant pas que les gens tiennent ce genre de propos devant lui. Flint l'avait illico traité de sale anarchiste. Théodore avait ricané, notant avec ironie que ce genre de réflexions allaient très bien ensemble. Quoiqu'il en fût, la discussion s'était envenimée, et avait rapidement tourné au pugilat. Bientôt, les garçons s'étaient retrouvés à se battre. Le proviseur en personne avait tenté de les séparer, mais Théodore lui avait mis un coup sans le faire exprès. Ce faisant, Nott venait de signer son arrêt de mort. Non seulement il s'était fait démonter le côté gauche du visage, mais en plus, il avait écopé d'une sanction disciplinaire qui l'avait foutu à la porte du lycée, avec un coup de pied au cul en prime. Flint aussi avait été renvoyé, en raison de ses idées subversives, de son côté fouteur de merde et de l'insulte raciale qu'il avait balancée à Blaise.
Depuis ce jour, la vie de Théodore n'avait plus jamais été la même. Il ne restait de l'évènement que des souvenirs teintés d'amertume et cette cicatrice qu'il avait à la joue gauche, signe tangible qu'il avait été un martyr sacrifié sur la place publique. Depuis, Théodore avait erré, sans jamais se poser. Il vivait dans un monde morbide et décadent, il se gargarisait à l'ultra-violence et dissolvait sa frustration et son mal-être dans la colère, la haine et la rancœur. En quelques mois, Théodore était devenu méconnaissable. Le garçon sage et bien rangé avait commencé à dégringoler, s'enfonçant dans le cercle vicieux de la drogue, de l'alcool et des bagarres, foutant le bordel là où il le pouvait. C'est à cette époque que ses rapports avec ses parents se sont envenimés. Et plus on le réprimandait, et plus il s'enfonçait, incapable de s'en sortir, incapable de s'arrêter. Il s'enfonçait toujours plus loin dans la déchéance, et inévitablement, ce fut le début de la fin. Oui, il se souvenait parfaitement de ce jour qui a marqué la fin de son existence et le début de sa nouvelle vie, une transition parfaite quoique douloureuse.
Il avait été mis en garde à vue ce soir là. Son père, en tant qu'avocat avait dû négocier longuement avec la police pour le laisser sortir. Pendant le trajet qui les ramena à la maison, Richard l'engueula comme du poisson pourri, furieux comme jamais. Il prévoyait des sanctions extrêmement coercitives à son égard et la privation de beaucoup de choses, pour que Théodore revienne enfin dans le droit chemin. Peut-être n'avait-il pas été jeté en prison, comme tout petit branleur l'aurait mérité, avait ajouté Richard, mais l'enfer qu'il allait vivre alors allait être rien du tout à côté de ce qu'il aurait pu vivre en prison, catalogué parmi les petits voyous et les petits dealers de quartier. Richard était tellement énervé que la voiture qui les transportait tous les trois avait dangereusement dévié de sa trajectoire, et faisait des écarts dangereux sur la route. Le point d'orgue de ce périple avait été la collision avec un poids-lourd. Crissement de pneus, odeur d'asphalte brûlé, tôle froissée et verre brisée, la voiture s'était pliée comme on pouvait compacter une vulgaire boîte en carton. Le poids lourd avait frappé le côté passager de la voiture, là où Meredith et Théodore se trouvaient.
Ceci avait probablement expliqué pourquoi Richard s'en étaient sortis relativement indemne. En revanche, sa femme et son fils n'avaient pas eu la même chance. Meredith a perdu la motricité de ses jambes et Théodore a été très grièvement blessé. Ils ont été transportés d'urgence à l'hôpital cette nuit là. Meredith avait rapidement été soignée, bien qu'elle perdit l'usage de ses jambes, mais le pronostic vital du jeune homme d'âgé à peine dix-sept ans était engagé. Il avait dû recevoir d'urgence une transfusion sanguine pour pouvoir vivre. La condition sine qua non de sa survie. Et lorsqu'il repensait à tout cela, Théodore pensait sérieusement qu'il aurait dû mourir ce jour là, pour ne pas ressentir le poids de la culpabilité qui lui flinguait les épaules et lui déchirait les entrailles, pour ne plus voir sa mère dans son fauteuil roulant. Parce que c'était évident que c'était de sa faute. S'il n'avait jamais fait toutes ces bêtises, sans doute Richard et Meredith n'auraient eu à venir le chercher au poste de police, et jamais l'accident ne serait arrivé. Et Théodore ne pouvait plus vivre avec ça sur la conscience, d'autant plus qu'à présent, sa mère risquait de partir pourrir dans un centre spécialisé parce qu'elle ne pouvait plus vivre chez eux. Elle ne pouvait plus, et c'était de sa faute, entièrement sa faute.
-Théodore? Appela une voix douce, depuis la porte du vestiaire.
Le garçon brun se retourna, son t-shirt à la main. Il ne réagit même pas en voyant qu'Hermione se tenait dans l'entrebâillement de la porte. Il ne cilla pas davantage en réalisant qu'il était torse nu devant elle. Il se contentait de la fixer de son regard sombre, sans parvenir à détacher son regard de sa silhouette gracile. En voyant sa non-tenue, Hermione ne put s'empêcher de rougir et de détourner le regard, résistant à l'envie de le mater ostensiblement. Le garçon remarqua son trouble, et s'empressa de remettre son t-shirt. Une fois qu'il se fut rhabillé, Hermione consentit enfin à le regarder.
-Je voulais savoir…si tu allais bien. Se contenta-t-elle de dire, les bras croisés sur sa poitrine.
Théodore la détaillait de la tête aux pieds. Aujourd'hui, Hermione Granger s'était coiffé d'une queue-de-cheval haute toute frisée d'où s'échappaient quelques mèches rebelles. Ses prunelles ambrées étaient soulignées d'un trait de crayon noir, mais en vérité, son maquillage quoique discret, transpirait l'austérité. Elle avait des cernes immenses sous les yeux, et Théodore s'imagina sans peine qu'elle devait passer ses nuits à pleurer, et cela lui fendait le cœur. Son teint était légèrement grisâtre, et elle ne semblait pas très en forme. Fatiguée, lassée, exténuée. Elle portait un bête pull rayé bleu et blanc par-dessus un jean des plus basiques. Malgré tout, Hermione lui adressa un sourire timide et s'approcha de lui, s'invitant carrément dans le vestiaire des garçons. Elle posa son sac plein à craquer sur le banc, non loin des affaires de Théodore.
-je vais bien, et toi, tu vas mieux? S'enquit le garçon d'une voix rauque.
-Beaucoup mieux, oui. Répondit la brune, d'une voix sibylline. Je voulais d'ailleurs…te remercier pour l'autre jour. Je…j'ai apprécié…que tu sois là.
-Il n'y a pas de quoi. Assura le garçon, son regard rivé dans celui de la jeune fille.
-Je suis désolée. Chuchota Hermione en caressant du bout des doigts le visage de Théodore, qui frissonna à son contact outrancièrement pudique. Je…je ne voulais pas qu'il te blesse…j'ignore pourquoi il t'a pris en grippe et…
-C'est bon, d'accord? Coupa Théodore en prenant le visage fatigué d'Hermione entre ses mains, ses pouces caressant doucement ses joues rougissantes. Drago est un sale con, mais je sais me défendre. Et qu'il soit le fils du proviseur ne me fait pas peur.
-Je…commença Hermione en baissant le regard. Fais attention à toi, d'accord? Je ne voudrais pas qu'il t'arrive quelque chose parce qu'on est trop proches. Je connais Drago, je sais comment il est. Et s'il dit qu'il va te détruire, il le fera.
-Hermione. Soupira Théodore en roulant des yeux. Je sais ce que je fais, d'accord? Je ne suis pas du genre à me laisser faire, tu n'as pas de soucis à te faire. Et ne baisse pas les yeux devant moi, s'il te plaît.
La lèvre inférieure d'Hermione trembla alors que ses prunelles ambrées se remplirent de larmes. Elle était tellement fragile, tellement vulnérable. Théodore avait envie de la choyer, de la protéger du monde extérieur, contre toutes ces injustices dont elle semblait être la victime alors qu'elle avait un cœur en or massif, qu'elle cherchait à défendre la veuve et l'orphelin. Hermione était douce, généreuse et sincère, entière et passionnée, tragique et grandiose, elle était le panache et l'amertume, forte mais fragile tout à la fois. Le garçon soupira doucement, et caressa du pouce cette lèvre qui tremblait trop, pour l'apaiser, pour la calmer.
Théodore sursauta lorsqu'elle passa ses bras autour de sa taille, pour le serrer fort contre elle. Il soupira encore, avant de l'attirer contre lui et de refermer ses bras autour de ses épaules, se contentant de savourer cette étreinte volée comme il se devait. Une étreinte certes pudique, mais qui était la preuve même du lien tangible qui existait entre ces deux êtres qui se connaissaient à peine et qui pourtant éprouvaient des sentiments forts à l'égard de l'autre. L'Autre, qui commençait à prendre de plus en plus d'importance, à prendre toute la place, l'autre qui pouvait guérir les blessures et apaiser les multiples douleurs dont-ils souffraient. Hermione posa sa tête contre son torse, et il lui caressa doucement les cheveux. Il lui frictionna doucement le dos, puis à regret, il la relâcha, pour ne pas donner l'impression qu'il essayait d'abuser de la situation. Hermione lui sourit timidement, avant de se hisser sur la pointe des pieds pour l'embrasser sur la joue, tout près de ses lèvres.
-Ton nez, ça va aller? Souffla-t-elle, en avisant du regard sa plaie qui saignait encore.
-Je crois, oui. Ça tiendra le temps que je rentre chez moi.
-Il y a un local avec du matériel de premiers secours. L'informa Hermione, en glissant un regard par la porte du vestiaire. Mais je crois que c'est fermé.
-C'est vachement utile. Grinça Théodore, légèrement acerbe.
-Attends, je vais voir ce que je peux faire. Dit-elle malicieusement.
-Quoi, tu as des accès spéciaux, un pass VIP? S'enquit le garçon, légèrement moqueur.
-Mieux que ça. Gloussa-t-elle en se précipitant à l'extérieur du vestiaire, Théodore sur les talons.
Les deux adolescents traversèrent le gymnase au pas de course et arrivèrent vers le local de premiers soins. Hermione tira sur la poignée de la porte, par réflexe, mais la porte resta obstinément close. La jeune femme soupira, avant de tirer une épingle à cheveux de sa coiffure désordonnée. Une mèche tomba mollement sur son épaule, mais elle ne broncha pas. Elle s'agenouilla pour être à la hauteur de la serrure.
-Qu'est-ce que tu fais? S'enquit Théodore, qui faisait le guet.
-Je vais crocheter la serrure. Répliqua Hermione, en glissant l'épingle à cheveux dans la fente qui était normalement censée accueillir la clé détenue par le concierge.
Concentrée, la brune entreprit de faire céder la serrure, mais l'épingle se brisa net dedans. Hermione pesta entre ses dents, avant de se laisser tomber à terre, découragée. En tout désespoir de cause, elle actionna la poignée de la porte, et à la grande surprise des deux adolescents, elle s'ouvrit après un léger cliquetis.
-Où as-tu appris à faire ça? Demanda Théodore, amusé.
-C'est Harry et Ron qui m'ont appris. Répondit Hermione évasivement. Bon, allez, on prend ce qu'on a besoin et on y va.
L'adolescente fouilla parmi les armoires et en sortit ce dont elle avait besoin: du désinfectant, de la ouate et une poche de glace, qu'elle tendit à Théodore pour qu'il l'applique sur son nez blessé. Elle se garda bien de préciser que la glace allait permettre de désenfler. Théodore ne broncha pas et apposa le sac de glace sur son nez meurtri. Il frissonna au contact du froid sur sa peau mais ne s'en plaignit pas. Déjà, Hermione avait fini de rassembler le matériel. Elle prit le jeune homme par le bras et ils sortirent du local pour retourner chercher leurs affaires, leur précieux larcin sous le bras. Ils étaient tranquillement en train de ranger leurs affaires, quand soudain, ils entendirent des voix retentir dans le gymnase. Des voix qui alarmèrent Hermione.
-Et merde! Gronda-t-elle, légèrement exaspérée.
-Quoi? S'enquit Théodore, qui remettait sa veste.
-Rusard…le concierge. Gémit Hermione d'une voix blanche. Si on se fait prendre ici, on est fichus! Ils sauront que nous avons ouvert le local sans autorisation, qu'on y a volé du matériel et en plus, je n'ai pas le droit d'être dans le vestiaire des garçons!
Un miaulement leur fit baisser la tête, provenant de l'entrée du vestiaire. Un chat au poil clairsemé et avec la peau sur les os se tenait dans l'entrebâillement de la porte, prêt à les cueillir tous les deux. Hermione blêmit, avant de se figer;
-C'est Miss Teigne! Souffla-t-elle, complètement paniquée. C'est la chatte du concierge. On est fichus, on est fichus…
-Merde! jura le français dans sa langue maternelle. On s'en va!
Théodore ne réfléchit pas davantage. Il jeta son sac sur son épaule, prit celui d'Hermione, vérifia rapidement s'ils n'avaient rien oublié dans leur précipitation qui soit susceptible de les trahir, et sa main libre empoigna celle d'Hermione, qui sursauta à son contact. Puis, décidant que Miss Teigne ne représentait pas un obstacle susceptible de les freiner, Théodore s'élança hors des vestiaires, tenant fermement la main de sa camarade, qui tâchait de le suivre autant que faire se peut, ses chaussures à talon Louboutin la privant de toute la vélocité dont elle aurait bien eu besoin.
-Ils sont là bas! S'écria le vieux Rusard en les désignant de son doigt blafard. Viens par là ma jolie, on les aura.
-Il est complètement cinglé ce mec, grinça Théodore alors qu'il continuait à pousser Hermione vers l'avant. Tu as vu comment il parle à son chat?
-Je sais. Haleta Hermione, qui claudiquait toujours, perchée sur ses talons aiguille. Viens, on ne peut pas sortir par là, il y a une issue de secours pas loin d'ici.
Les deux adolescents se ruèrent hors du gymnase, laissant la porte se refermer derrière eux. Lassée d'être ralentie dans sa course, Hermione se déchaussa et choisit de poursuivre sa cavalcade pieds nus, ses chaussures à la main, ignorant les morceaux de verre et les cailloux qui lui écorchaient la peau. Hermione et Théodore tournèrent à l'angle d'une rue et s'arrêtèrent soudainement, complètement essoufflés. Hermione réclama un temps mort, que Théodore lui accorda gracieusement. Il s'adossa au mur, tentant de reprendre souffle. Puis, il fouilla dans la poche intérieure de son blouson et en tira un paquet de cigarettes complètement écrasé. Il sortit une vieille gitane qu'il coinça entre ses lèvres, et actionna la molette de son zippo. L'odeur caractéristique de l'essence leur monta aux narines. Hermione regarda Théodore tirer sur sa clope, légèrement songeuse.
-Des gitanes? S'étonna-t-elle, en arquant un sourcil perplexe.
-Mon père en fumait quand j'étais petit. Se contenta-t-il de répondre en haussant les épaules.
Un long filet blanchâtre s'échappa bientôt de ses lèvres, tandis qu'Hermione continuait à le détailler attentivement. Puis, sans mot dire, elle s'empara de la cigarette qu'il tenait pour en tirer à son tour une bouffée. Elle soupira de plaisir en sentant la fumée âcre et toxique lui rouler dans la gorge jusque dans ses poumons.
-Tu fumes? S'enquit-il, avec un sourire amusé.
-De temps à autres, oui. Répondit Hermione, évasivement. Mais j'essaie de ne pas trop tomber là dedans, même s'il est vrai qu'en ce moment je fume plus que d'habitude.
-j'ai commencé à fumer vers quatorze ans. L'informa Théodore, fixant un point sur le lointain. Il faut dire que j'ai toujours vu mon père fumer, j'ai donc été accoutumé très rapidement à tout ça…Puis une fois, j'ai chipé ses cigarettes pour essayer, et voilà comment je suis tombé dans ce cercle vicieux…
Hermione acquiesça lentement, avant de s'appuyer sur Théodore pour remettre ses chaussures. Le jeune homme la regardait faire, légèrement moqueur. Il n'y avait que les filles pour marcher avec des échasses et se plaindre ensuite d'avoir mal aux pieds. Hermione vint s'adosser au mur, à côté de lui. Elle croisa les bras sur sa poitrine, et se tut. De toute manière, pour une fois, elle n'avait rien à lui dire. Elle chipa à nouveau sa cigarette pour en tirer une bouffée, mais il ne la laissa pas faire. À la place, il la prit par le cou et obéissant à ses impulsions, il enveloppa tendrement sa bouche de la sienne, lui insufflant ainsi la fumée qu'il avait aspirée quelques instants plus tôt. Surprise, Hermione s'estoqua avec le fameux filet blanchâtre, dont elle ne profita finalement pas. Cependant, elle eut tout le loisir d'apprécier le contact des lèvres brûlantes du garçon contre les siennes. Elle sursauta lorsqu'elle rouvrit les yeux, les prunelles outremer étaient proches, trop proches. Théodore, en moins de temps qu'il fallait pour le dire, s'éloigna d'Hermione, non sans lui adresser un petit sourire moqueur au passage. Hermione fit semblant de s'offusquer, puis elle bouda, tout simplement.
-Tu n'es vraiment qu'un sale tricheur! Geignit-elle avant de poser sa tête sur son épaule, se blottissant tout contre lui.
Surpris à son tour, Théodore passa un bras autour des épaules de la jeune femme, tout en finissant de fumer sa précieuse gitane. Il n'eut même pas envie d'en allumer une deuxième. Ni même de rentrer chez lui. À son grand émerveillement, Hermione passa un bras autour de sa taille. Il n'y avait qu'en présence de l'autre qu'ils se sentaient tous deux apaisés, loin de tout, loin des problèmes qu'ils pouvaient rencontrer. Théodore n'avait foutrement aucune espèce d'idée de ce qui pouvait bien se tramer entre Hermione et lui, mais l'existence de leur lien était clairement irréfutable et maintenant, ils étaient plus proches que jamais. Dangereusement proches.
[GINNY]
Ginny Weasley ouvrit la porte de son casier en laissant échapper un profond soupir. Elle glissa ses classeurs à l'intérieur, avant d'en fouiller discrètement le contenu. Son regard céruléen tomba sur quelques photos qu'elle avait scotchées sur la porte de son casier. Des photos de vacances, de soirée. Ginny y était resplendissante, elle souriait, toutes dents dehors, elle riait, à travers son regard, on pouvait voir que la vie était belle. Et en dehors de ces innombrables photos, il y en avait une, prise avec son chéri quelques semaines plus tôt. C'était cette photo qu'elle chérissait particulièrement, et qu'elle conservait comme un trésor. Parfois, on pouvait rencontrer des papiers sur lesquels étaient inscrits des mots de la part des copines. Le casier d'une adolescente normale en somme.
Mais parmi toutes ces merveilles pleines d'insouciance, il y avait d'autres choses, qu'elle ne montrait pas forcément et qui, pour autant, restaient secrètes. C'était notamment le cas d'une petite boîte de forme carrée, et qui contenaient tout un tas de choses illicites. Sa planque, là où personne ne penserait jamais à aller fouiller parce qu'ils ne fouillaient jamais les casiers des élèves. Ginny s'assura que personne ne la voyait, puis elle tira auprès d'elle sa précieuse boîte, et en sortit un petit flacon. La rouquine sourit, elle savait ce que ce flacon contenait et ça la réjouissait à l'avance. Elle en ouvrit le couvercle, puis elle fit glisser au creux de sa main deux cachets d'ecstasy qu'elle s'empressa de gober sans se faire remarquer. Puis, ni vu ni connu, elle rangea le flacon dans la boîte et la boîte au fond de son casier. L'air de rien, Ginny ôta de son poignet l'élastique et noua son abondante chevelure rousse avec. Elle referma son casier, et se retourna un peu trop brusquement pour que son attitude ne paraisse pas suspecte.
Elle soupira lourdement en remarquant qu'il ne s'agissait que de Luna, une de ses rares amies. La blonde à l'air lunaire lui adressa un sourire de la main, auquel Ginny répondit par un sourire crispé. La rousse ne comprenait pas pourquoi cette fille s'entêtait à vouloir la suivre depuis le début de l'année, Ginny n'était visiblement pas ce que l'on pouvait qualifier de bonne fréquentation. Bien qu'elle n'était qu'en seconde, sa réputation de traînée n'était plus à refaire. Elle avait même réussi à se mettre à dos la reine incontestable et incontestée du lycée en personne en se tapant son petit-copain. Drago Malefoy n'avait pas résisté aux œillades appuyées de Ginny, ni même à son regard bleu lagon et encore moins à ses petites tâches de rousseur qui lui donnaient un adorable air mutin. Ce qui avait surtout séduit le blond, c'était surtout le fait qu'elle n'avait pas froid aux yeux, surtout pour une fille de son âge, et surtout, pour une Weasley.
Quoiqu'il en fût, Luna Lovegood, une fille de sa classe la suivait comme son ombre, et si au début cela avait prodigieusement agacé Ginny, aujourd'hui, elle pouvait affirmer que celle que tous appelaient Loufoca était une de ses rares amies, sinon la seule. Et Luna avait probablement conscience de la place qu'elle occupait dans le cœur de la cadette Weasley puisqu'elle lui passait tout, même ses crises de colère monstrueuses où mieux valait ne pas rester dans les parages dès lors qu'elles éclataient. Ginny toisa son amie des pieds à la tête, grimaçant devant ses boucles d'oreilles en forme de radis, sa petite jupe plissée toute sage et son pull informe. Encore une qui va finir vieille fille. songea Ginny avec amertume. Pourtant, ce n'était pas faute d'avoir traîné Luna dans les magasins des heures durant, et de l'avoir presque littéralement suppliée pour qu'elle laissât enfin tomber ses frusques qui lui donnaient surtout l'air d'un clown. Luna n'était pas laide, mais elle ne se mettait clairement pas en valeur. Bref, Ginny avait cessé de parlementer dès lors qu'elle s'était aperçue que ses paroles n'avaient aucun effet sur Luna, il fallait dire qu'elle se lassait toujours très rapidement et passait à autre chose quand la situation semblait s'éterniser.
Voilà pourquoi elle avait renoncé à séduire Harry Potter. Non pas qu'elle n'était pas sûre de ses charmes, bien au contraire, mais elle n'aimait tout simplement pas perdre son temps. Puis Michael l'avait harcelée pendant des semaines pour qu'ils se remettent enfin ensemble, ce à quoi elle n'a pas pu dire non parce qu'en toute objectivité, Michael Corner était plutôt mignon avec ses cheveux châtain frisés, ses grands yeux bleus et son visage poupin. Et surtout, c'était avec lui qu'elle avait eu sa première fois. Il était à la fois ses premiers amours et ses premières emmerdes, le seul garçon pour qui elle ait vraiment eu des sentiments, les autres n'étaient que des jouets qu'elle prenait et jetait à sa guise, comportement qui par ailleurs déplaisait fortement à Ron, son frère aîné. Ron avec qui elle s'entendait comme cul et chemise, bien plus qu'avec tous les autres membres de sa famille et qu'avec ses parents un brin trop étouffants.
-Tu viens? s'enquit Luna d'une voix rêveuse, Asteria nous a gardé une place dans le fond.
Asteria Greengrass était la deuxième copine de Ginny, bien plus garce que Luna. Avec les deux filles à ses côtés, la cadette Weasley n'avait vraiment pas le temps de s'ennuyer. Asteria et Ginny entraînaient volontiers Luna dans leurs bêtises. Elles formaient toutes les trois ce trio de filles inséparables qui faisaient jaser tout Roundview. Machinalement, la rousse consulta sa montre. Il était huit heures moins cinq du matin, et les cours allaient bientôt commencer. Un sourire moqueur se dessina sur les lèvres rosées de la cadette Weasley, et son regard convergea instantanément vers la porte qui donnait sur le hall d'entrée.
-Attends deux secondes. Se contenta de murmurer Ginny, son sempiternel sourire sardonique accroché aux lèvres.
-Attendre quoi? Questionna Luna, légèrement perplexe.
-Patience Luna, patience. Éluda Ginny tout en gardant le regard rivé sur les portes battantes.
Bientôt, l'un des battants s'ouvrit, laissant passer une Hermione Granger qui s'avançait le menton haut, ignorant tout ce qui pouvait se dire autour d'elle, et surtout, sur son dos. Il fallait dire que sa rupture avec Drago avait fait le tour de l'établissement, et les autres élèves, avides de potins, avaient disserté sur le sujet pendant des heures, se demandant quelle était la raison principale de leur rupture. Avec dédain, Ginny étudia la tenue du jour de la reine déchue. Tunique bleu-gris, assortie d'une ceinture faisant ressortir sa taille de guêpe, collants noirs transparents et chaussures à semelles compensées en daim gris souris, lui faisant facilement gagner un ou deux centimètres, ce qui n'était pas du luxe parce qu'Hermione n'était pas très grande. La brune avait laissé ses cheveux détachés, et ils ondulaient joliment sur ses épaules trop frêles. Maquillage discret, sobre, et comme d'habitude, aucune fausse note. Ginny lança un regard moqueur à Luna, qui fixait toujours Hermione bouche bée.
-On dirait qu'elle fait des efforts pour ressembler à quelque chose, Miss-je-sais-tout. Tu devrais suivre son exemple, elle qui est tellement exemplaire sur tous points.
D'accord, ce n'était vraiment pas gentil de tacler Luna sur son apparence déplorable, mais Ginny, se sentant d'humeur particulièrement généreuse, en avait profité pour remettre le sujet sur le tapis. Il n'était décidément pas trop tard pour que Luna se réveille pour de bon et prenne conscience des ravages qu'elle ferait si elle était mieux fagotée. Le regard de la rousse convergea vers la personne qui accompagnait Hermione, et un sourire mauvais se dessina sur son visage. Théodore Nott. Le garçon venu d'ailleurs, disait-on. Sombre, mystérieux et intriguant. Il semblait avoir un passé difficile et des choses à raconter. Il se murmurait à Roundview qu'il jouait vraiment bien au basket, et qu'il avait, paraît-il, détrôné Malefoy en la matière. Ginny ne demandait qu'à voir pour se faire une meilleure opinion. Puis, Nott prit Hermione par les épaules et se pencha pour lui murmurer quelque chose à l'oreille, agrémentant ses dires de son sourire tordu et irrésistiblement moqueur qui faisait déjà parler de lui. Les deux Terminale se mirent à rire sous cape, très complices. Pour autant, Nott ne défit pas son bras des épaules d'Hermione, et la garda serrée contre lui.
-Tu crois qu'ils sont ensemble? Chuchota Luna, en les désignant du menton.
-Je ne sais pas. Avoua la rousse en levant les épaules. Et à dire vrai, je m'en fiche. La vie d'Hermione ne m'intéresse pas. En revanche, je ferais bien de Nott mon quatre heures. C'est vrai qu'il est plutôt pas mal.
La rousse avait assorti ses dires d'une petite moue boudeuse, tout en lançant une œillade appuyée au grand brun. Les deux adolescents s'arrêtèrent devant le panneau d'affichage, autour duquel plusieurs élèves s'étaient agglutinés, rendant la lecture de son contenu impossible. La main dudit Nott était posée au creux des reins de la jeune femme, qui lui montra quelque chose du doigt. Granger esquissa une moue boudeuse alors que Nott haussait les épaules. Tous d'eux s'extirpèrent de la masse grouillante d'élèves, et médusée, Ginny les vit partir en sens inverse, retourner de là où ils venaient. Luna ouvrit des yeux ronds. Ginny leva les yeux au ciel, et se pencha vers son amie.
-Vus aujourd'hui, Hermione Granger et Théodore Nott passer en coup de vent pour ensuite sécher les cours. Gloussa Ginny, sous l'effet de la drogue qui commençait à se faire sentir en elle.
-Tu ne trouves pas que tu fais une fixation sur elle? Demanda Luna, toujours aussi perplexe.
-Pas du tout, éluda Ginny en prenant son amie par la main. Viens donc, que nous ayons tout le loisir de mater le petit cul du professeur Lockhart. Je ne raterais son cours pour rien au monde!
-Mais nous sommes en retard! Protesta Luna, qui suivit Ginny malgré tout.
-Ce n'est pas un problème. Assura la sulfureuse rousse en jetant à son amie un regard narquois. À moi, il me passe toujours tout, ce qui fait d'ailleurs bisquer toutes les filles de la classe, et surtout, cette idiote d'Héloïse Midgen. Comme si un gars comme lui pouvait s'intéresser à une fille comme elle. Elle ferait mieux de commencer par s'occuper de ses horribles boutons si elle veut ressembler à quelque chose…d'humain, dirons nous.
Portée par les effets euphorisants de l'ecstasy, Ginny Weasley pressa le pas, Luna sur les talons. Les derniers élèves présents dans les couloirs regardaient interloqués ces deux jeunes filles qui se tenaient la main.
-Salut les filles! Gloussa un grand type brun qui semblait s'être vidé le pot de gel sur la tête, tout en glissant un bras autour des tailles de Ginny et Luna. Ça vous dirait de passer la soirée chez moi?
-Sans façon, Goyle. grimaça Ginny en appuyant sur le nom de l'inopportun. Je n'accepterais même pas de finir dans ton lit même si tu étais le dernier gars sur terre, je préfère compromettre toute ma descendance plutôt que laisser tes sales pattes me toucher.
-C'est sûr, railla le fameux Goyle, en toisant Ginny avec mépris. Dans la mesure où tu te fous dans le lit de tout le monde, tu n'auras aucune difficulté à pérenniser ta descendance.
-C'est bien, Goyle. souligna Ginny, moqueuse. Tu connais le terme pérenniser, tu auras droit à un bon point.
Pour toute réponse, Gregory Goyle leva le majeur en direction des deux filles, tout en s'esclaffant grassement avec ses copains, geste vulgaire auquel Ginny répondit sans aucune gêne. Puis, avant que toute la clique de ce macaque n'ait eu le temps de réagir, Ginny empoigna Luna par la main et les deux filles détalèrent dans les couloirs de Roundview, les talons de la grande rousse claquant sur le carrelage froid et glissant. Essoufflées, les deux filles entrèrent dans la salle de classe sans gêne aucune. Colin Creevey, qui griffonnait sur sa feuille et que tous appelaient le cas leva la tête et fixa Ginny tout en rougissant violemment.
-Bonjour Monsieur Lochkart! Gloussa-t-elle en passant devant le séduisant professeur de littérature.
Avec désinvolture, la cadette Weasley traversa les rangs et se glissa dans la rangée du fond, juste à côté d'Asteria. Ce faisant, la rouquine sentit le regard de Gilderoy Lockhart glisser sur elle, ce qui la fit jubiler. parfait. pensa-t-elle, un sourire perché sur ses lèvres délicatement rosées. Le professeur était son fantasme ultime, et pas seulement parce qu'il était professeur, et par définition inaccessible. Il était objectivement beau, parfait en tous points, mais imbuvable et terriblement narcissique. Lorsque Ginny s'assit enfin, la dernière des Greengrass la salua prestement et lui désigna son téléphone pour lui faire comprendre qu'elle avait reçu un message. Ginny hocha la tête, et le cœur battant dans sa poitrine, combiné aux effets euphorisants de l'ecstasy, sortit ses affaires de cours en ayant l'intention de ne rien noter. Puis, sans mot dire, la rousse prit ses écouteurs dans sa poche, et les glissa dans ses oreilles. Elle monta le son de son téléphone et s'évada dans le monde psychédélique de ses rêves, où elle faisait des choses pas très catholiques avec son beau professeur.
[HARRY]
Le Survivant soupira lourdement, avant de porter sa chope de bière à ses lèvres. La chope émit un petit tintement lorsqu'elle regagna sa place initiale, tout en ayant sensiblement baissé d'un niveau. Il s'affala sur la banquette du pub, tout en réprimant un bâillement. Son regard vert papillonna d'un membre de la bande à l'autre, et il soupira d'autant plus, parce que l'odieuse vérité venait de s'imposer à lui. Même avec ses amis, il arrivait encore à se faire chier comme un rat mort. Il fallait dire que l'ambiance n'était pas au beau fixe, les jeunes gens paraissaient particulièrement maussades et certains d'entre eux semblaient même faire la gueule. Drago, comme d'habitude, s'était isolé à l'autre extrémité de la banquette, tournant l'agitateur dans son verre d'un air maussade. Harry détourna rapidement la tête, refusant de prendre le jeune Malefoy en pitié. Après tout, s'il était dans un état pareil, consécutivement à sa rupture avec Hermione, il ne devait s'en prendre qu'à lui-même. Par principe, Harry n'éprouvait même pas une once de compassion pour le blond. Il avait fait souffert Hermione de trop nombreuses fois, et s'il souffrait à son tour, Harry considérait que justice a été faite. C'était peut-être cruel de raisonner ainsi, mais Harry n'y pouvait rien. S'il devait choisir entre Hermione et Malefoy, son choix était tout fait. Rappelons simplement, pour mémoire, que si Harry fréquentait Drago, c'était bien parce qu'à l'époque, il était le petit ami d'Hermione et cette dernière l'avait présenté, à lui comme à Ron, d'ailleurs.
Pour être franc, Harry n'avait jamais véritablement apprécié le blond, il se contentait simplement de le tolérer, pour ne pas blesser Hermione qu'il aimait comme une sœur. Mais maintenant qu'il n'était plus le copain d'Hermione, maintenant qu'il l'avait larguée et qu'il lui avait fait de la peine, Harry n'était plus certain de tolérer Drago. Pourtant, celui-ci continuait de s'inviter à leurs sortis, persuadé qu'il avait sa place dans la bande qu'ils formaient tous. Sous certains aspects, ce n'était pas totalement faux, Drago, à la longue, avait fait partie intégrante du décor. Qu'Harry le veuille ou non, il était une pièce importante au sein de leur groupe, quand bien même cette pièce aurait été rapportée et défectueuse qui plus est -après tout, à l'époque, personne ne lui avait garanti les éventuels vices cachés.
Pansy, quant à elle, n'avait pas l'air dans son assiette. Elle évitait soigneusement Drago depuis plusieurs jours et semblait perpétuellement tendue, de mauvaise humeur, et malade. Oui, Harry avait remarqué qu'elle était pâle et que ses grands yeux verts étaient soulignés de cernes énormes. Par ailleurs, Ron ne cessait jamais de lui lancer des regards en coin, hésitant à lui dire quelque chose, mais quoi? Harry savait que Ron était attiré par la jeune Parkinson depuis des années maintenant, et qu'à sa connaissance, ils avaient couché plusieurs fois ensemble. Pour autant, Harry ne comprenait pas vraiment ce qui se tramait entre ces deux là, tant ils étaient aux antipodes l'un de l'autre. Pansy ne disait rien, elle n'avait même pas acheté de consommation, se contentant de fixer un point sur la table tout en croisant les bras sur sa poitrine généreuse. Elle se mâchonnait nerveusement la langue, et en la regardant, Harry ne pouvait s'empêcher de penser à la tante Pétunia.
Harry soupira longuement, et but une nouvelle gorgée sur sa bière. En définitive, se poser aux Trois Balais avait été une très mauvaise idée. Qu'ils eurent été en salle d'étude serait strictement revenu au même. Nul ne pipait mot, et tous se regardaient en chien de faïence, se demandant lequel d'entre eux allait enfin oser rompre la glace. Parmi tout ce petit monde, une seule personne manquait véritablement à l'appel: Hermione. Elle n'était pas encore arrivée -si toutefois elle allait prendre la peine de se déplacer. Parce qu'Harry la connaissait suffisamment bien pour deviner qu'elle n'allait probablement pas apprécier se trouver en compagnie de Drago, sauf peut-être si elle était accompagnée de Théodore.
Théodore…Harry ne savait pas trop quoi en penser. Il fallait dire qu'Hermione et lui étaient très proches, et que leur comportement quand ils étaient ensemble était des plus ambigus. Cela se voyait comme le nez au milieu de la figure qu'ils se plaisaient, et ils s'appréciaient qui plus est, pour ne rien gâcher. Pour autant, Harry voyait ce Théodore d'un très mauvais œil, probablement parce qu'ils ne se connaissaient pas assez. Théodore avait l'air avenant et gentil, mais quelque chose dérangeait fortement le Survivant. Il semblait traîner ses propres casseroles, il avait l'air sombre et mystérieux, trop mystérieux peut-être. Et Harry s'en méfiait. De toute évidence, il ne voulait pas voir Hermione souffrir à cause de lui, mais dans le pire des cas, Harry se disait qu'elle ne souffrirait pas autant avec lui qu'elle avait pu souffrir avec Drago. Il n'avait pas l'air d'être le genre à se taper la première fille venue, il avait l'air stable et solide, exactement ce dont Hermione avait besoin. À l'occasion, Harry avait l'intention de demander à Ron ce qu'il en pensait, s'il était suffisamment fiable pour lui laisser leur Hermione.
En parlant du loup…La clochette de la porte tinta légèrement, leur faisant tous lever la tête dans une parfaite synchronisation. Hermione était enfin apparue, enveloppée dans son trench-coat gris-bleu, tenant fermement le bras de Théodore comme si elle craignait que celui-ci ne s'envolât. Théodore qui, par ailleurs, avait l'air d'être gêné de se trouver ici, comme s'il pressentait ne pas avoir sa place. Hermione le tira légèrement par le bras pour l'inviter à venir s'asseoir parmi ses amis. Pansy n'accorda pas un regard à Théodore. Ron le regardait bouche bée. Lavande lui adressa un sourire timide, et Parvati glissa un regard en coin à Harry, attendant une quelconque réaction de sa part. Harry prit délicatement la main de Parvati dans la sienne, et la serra tendrement. Seul Drago parut réagir à la venue de Théodore parmi eux, puisqu'il s'insurgea:
-Qu'est-ce qu'il fout ici? Aboya-t-il, en désignant Théodore du menton d'un air méprisant.
-Il m'accompagne. Répondit Hermione froidement, tout en dardant ses prunelles ambrées sur son ex petit-ami.
-il t'accompagne dans quel sens? Gronda Drago en se levant soudainement de la banquette. Dans le sens où il peut te sauter tout à sa guise? Ça fait toujours plaisir de voir que tu m'as si rapidement remplacé.
-Je ne saute pas Hermione. Répliqua Théodore, d'un ton polaire. Je trouve ça gonflé de ta part de lui reprocher de soi-disant se recaser, alors que tu ne t'es pas gêné pour aller voir ailleurs toutes ces années.
-Tu ne sais rien de ce qui a pu se passer entre Hermione et moi! S'insurgea Drago avec colère. Tu n'es personne pour me juger ainsi, personne!
-Très bien. Couina Hermione, sa voix montant d'un octave. Puisque c'est comme ça, nous partons. Je n'ai vraiment pas envie de m'engueuler avec qui que ce soit.
Harry soupira lourdement, déjà fatigué de la dispute qui n'allait faire que s'envenimer. D'accord, Harry pouvait envisager que Drago se sente vexé d'être aussitôt remplacé, selon ses propres dires, mais ce n'était tout de même pas une raison pour traiter Théodore de la sorte, d'autant plus que le jeune français ne lui avait rien fait. Aussi, si Hermione avait décidé de se mettre avec lui, elle l'avait fait en son âme et conscience, et ils n'auraient pas à remettre en cause ce choix. Parce qu'Hermione était assez grande pour gérer toute seule sa vie sentimentale -n'en déplaise à Drago.
-Alors c'est vrai? S'enquit Drago de sa voix traînante. Tu préfères traîner avec ce foutu français plutôt qu'avec nous? Tu devrais te rappeler qui sont tes vrais amis, Hermione.
-Je sais à qui je dois me fier, et de qui je dois me méfier. Répondit-elle calmement, en dardant son regard sombre dans les prunelles orageuses de son ancien amoureux. Théodore est mon ami, au même titre que vous tous. Je ne vois pas pourquoi je devrai choisir entre lui et vous.
-Drago, tu racontes n'importe quoi! S'écria Ron, qui jusqu'alors était resté silencieux. Tu ne te rends vraiment pas compte de ce que tu dis. Lui demander de choisir entre Théodore et nous…Tu vas en sortir d'autres, des conneries comme celles-là?
-Toi, mêles toi de ce qui te regarde! Quand tu sauras garder une nana auprès de toi, on en reparlera! Mais ce n'est pas avec le peu d'expérience que tu as en la matière que tu peux la ramener! Rétorqua Drago, méchamment.
-ça suffit! S'écria Hermione, en colère. Vous êtes vraiment des imbéciles! Ça vous tuerait d'être sympas avec lui? Il ne vous a rien fait à ce que je sache! D'accord, lui et moi sommes très proches, et alors? Il n'y a pas mort d'homme! Je suis majeure, et j'ai le droit de fréquenter qui je veux même si ça ne vous plaît pas! Puisque c'est comme ça, je m'en vais! Je ne reviendrai que quand vous serez calmé! J'en ai assez de votre comportement! Comportez vous un peu en personnes civilisées, merde!
Sur-ce, Hermione tourna les talons, prit le bras de Théodore et s'éloigna au fond du pub. À l'abri des regards, elle se laissa tomber dans le premier fauteuil venu, posant son sac à mains à ses pieds. Théodore, silencieusement, s'assit en face d'elle. Elle passa une main nerveuse dans ses cheveux et renifla faiblement. Elle se mordilla la lèvre inférieure, et elle s'adressa à son ami:
-Je suis vraiment désolée, je ne pensais pas qu'ils allaient réagir comme ça. C'est de ma faute et…
-Ne t'inquiètes pas. Répondit Théodore d'une voix rassurante, tout en posant sa main sur la sienne. Cela ne fait rien. Je m'en fous de ne pas me faire accepter d'eux. Ce sont tes amis, pas les miens. Et si d'aventure tu veux aller avec eux, soit. Je peux tout aussi bien repartir chez moi.
- Je veux être avec toi. Murmura-t-elle avec détermination. S'ils ne sont pas capables de comprendre ça, tant pis pour eux. S'ils pensent que je vais les laisser tomber, c'est mal me connaître. Et s'ils pensent ainsi, j'en suis désolée pour eux.
Hermione sourit doucement en voyant leurs mains enlacées. Théodore caressait distraitement le dos de sa main, dessinant des motifs indistincts sur sa peau d'albâtre. Hermione frémissait à son toucher. Il n'y avait que lui pour soulever des émotions aussi intenses lorsqu'il l'effleurait. Elle repensa au moment où il avait posé ses lèvres sur les siennes et rougit violemment. Elle mourait d'envie de réitérer l'expérience, mais jamais elle ne se l'avouerait, c'était avant tout une question d'orgueil. Elle avait été amoureuse du même garçon pendant des années, par quel miracle pourrait-elle s'attacher à Théodore de la sorte, alors qu'elle le connaissait à peine? Elle se mordilla la lèvre inférieure, et plongea son regard dans le sien. Théodore consentit enfin à sourire, et elle le trouva foutrement beau.
Voilà l'étrange scène à laquelle Harry venait d'assister, à son plus grand étonnement d'ailleurs. De là où il était, il pouvait voir Hermione et Théodore. Il avait vu également leurs mains enlacées, le sourire tendre qu'ils s'adressaient. S'il n'y avait effectivement rien entre Hermione et Théodore, c'était quand même bien parti pour se concrétiser. Hermione prétendait qu'il était son ami, seulement son ami, mais cela crevait les yeux qu'ils étaient tellement plus. Le Survivant détourna la tête, alerté par les éclats de voix qu'il continuait à entendre non loin de lui. Ron et Drago n'avaient apparemment pas fini de se disputer, loin s'en faut. Harry soupira lourdement, décidant, peut-être à raison, de ne plus s'en mêler. Après tout, ce n'étaient pas ses affaires.
-Ah ouais? S'enquit Ron, dont les oreilles étaient devenues écarlates. Puis-je savoir pourquoi tu nous fais un caca nerveux de voir Hermione partir avec lui, alors? Dois-je te rappeler que tu l'as cocufiée de nombreuses fois et sans gêne aucune? Et tu oses râler parce qu'elle fréquente un autre garçon? Tu es ridicule, Malefoy, complètement ridicule. Ce n'est pas de sa faute à lui si tu n'as pas su garder ta gonzesse.
-J'ai largué Hermione, cela voulait donc dire je n'en voulais plus. Rétorqua Drago avec colère. Ça faisait un moment que notre couple capotait, j'ai mis fin au massacre, point! Ça me fatiguait de la voir me repousser à chaque fois que je tentais d'aller plus loin avec elle. Au bout d'un moment, quand on ne fait que s'embrasser ou se tenir la main dans les couloirs du lycée, ça devient vite ennuyeux. Je n'étais plus intéressé par une relation de collégiens.
-N'empêche, intervint Lavande, Ron n'a pas tort! Tu aurais pu quitter Hermione bien avant, surtout si tu savais que votre relation n'avait aucun avenir. Quand on aime vraiment quelqu'un, on ne pense pas à le tromper. Tu aurais dû la laisser partir la première fois que tu l'as faite cocue. Ce n'est pas tant le fait que vous ayez rompu qui me révolte, après tout, c'est vous que ça regarde! Ce qui m'écoeure surtout c'est la façon dont tu l'as humiliée et comment tu t'es comporté avec elle! Elle ne méritait pas le quart de ce que tu lui as fait.
-ça suffit! Cria soudainement Pansy, devenue livide. Qu'est-ce que ça peut vous foutre de toute manière, c'est terminé, il y a prescription! Nous n'allons pas épiloguer pendant encore longtemps! J'en ai marre de vous entendre vous prendre la tête!
-Tu en as marre de nous prendre la tête ou bien tu as un quelconque intérêt à retirer de cette affaire? Persifla Lavande, mauvaise, tout en croisant les bras sur sa poitrine. Parce qu'Hermione est ta meilleure amie, à ce que je sache, tu devrais être de son côté, pas du sien!
-Mais je suis de son côté! S'indigna Pansy, en écarquillant ses yeux verts sous le choc. Qu'est-ce que tu vas insinuer, Brown? Que je cherche à mettre le grappin sur Drago, à moins que ça ne soit déjà fait? Tu as seulement des preuves de ce que tu avances? Il faudrait que tu arrêtes de te faire des films, ma pauvre fille. Reviens un peu à la réalité, merde!
-Tu es de son côté, vraiment? Siffla Lavande en plissant les yeux. Alors pourquoi tu ne l'as pas défendue une seule fois depuis le début de la conversation, hein, dis moi? Bonjour la meilleure amie! Je me demande pourquoi elle s'obstine à perdre son temps avec quelqu'un comme toi, tu n'en vaux pas la peine.
-Et toi, riposta Pansy, les larmes aux yeux, tu es jalouse parce que tu n'as jamais eu cette place! Ça fait des années que tu rampes à ses pieds, tu n'es qu'une sale hypocrite! Tu t'imagines des petits potins pour pimenter ta petite vie merdique dans laquelle il ne se passe jamais rien! Avoue que ça te fait bander de t'imaginer Théodore et Hermione ensemble! Comme si tu n'avais pas encore eu ton compte de ragots depuis le temps, tu cherches encore après d'autres! Tu es pathétique, Brown, c'est toi qui n'en vaux pas la peine.
Sur ce, Pansy prit ses affaires et s'en alla aussi dignement qu'elle put, sous le regard médusé de ses amis et des autres clients du petit pub. Ron allait tout naturellement la retenir par le bras, mais il n'attrapa que de l'air. Il eut simplement le temps de la supplier avant qu'elle s'éloigne.
-Mais Pansy…Pansyyyyy!
Pansy ne se retourna pas, sortant du pub d'un pas rapide. Ron laissa échapper un grognement mécontent, puis il se tourna vers une Lavande pétrifiée.
-Bravo Lavande, franchement bravo. Grinça-t-il en levant le pouce d'un air moqueur.
Ron se leva à son tour et partit à la suite de Pansy. Harry leva les yeux au ciel d'impuissance. Il n'avait rien pu faire pour empêcher l'embrouille générale qui venait de se produire, et encore moins pour empêcher la dislocation de leur petit groupe. Harry jeta à Lavande un air navré, qui se recroquevilla sur sa banquette, ramenant ses genoux contre sa poitrine. Parvati toisa Lavande, et lui adressa un sourire désolé. Lavande lui répondit en la fusillant du regard. Harry regarda tour à tour Lavande et Parvati, puis, il se pencha sur Parvati pour l'embrasser tendrement.
-Je vais voir Hermione et Théodore, je compte sur toi pour t'occuper de Lavande, toi seule sait comment la consoler, elle n'a vraiment pas l'air bien. Je reviendrai tout à l'heure pour prendre des nouvelles.
Parvati acquiesça et se tourna vers Lavande, qui était en train de pleurer. Parvati soupira, avant de se rapprocher de son amie. Harry regarda les deux filles en soupirant légèrement, puis il tourna les talons et alla rejoindre Hermione et Théodore, à l'exact opposé du pub. Lorsqu'il arriva à leur hauteur, Harry put remarquer qu'Hermione et Théodore n'avaient pas l'air très secoués par la conversation plutôt vive qui venait d'avoir lieu, bien au contraire. Ils semblaient tous les deux dans leur bulle et ils parlaient tout en plaisantant sur des choses et d'autres. Ils laissèrent échapper un rire très doux, très complice, et Hermione sourit tendrement à Théodore. Théodore qui caressa timidement la joue d'Hermione, avant de boire une gorgée à sa bièraubeurre. Hermione rosit de plaisir, et Harry dut s'éclaircir discrètement la gorge pour témoigner de sa présence. Hermione sursauta, et tourna la tête. Elle lui adressa un sourire radieux, et invita Harry à s'asseoir à leur table en dégageant ses affaires, restées à côté d'elle.
-Hé, siffla Harry avec admiration, tout roule de votre côté! Non, sérieusement, ça fait plaisir de te revoir sourire, 'Mione.
-Tu n'es pas avec les autres? Demanda cette dernière, évasivement, tout en jetant un regard en coin à Théodore qui était perdu dans la contemplation de sa tasse.
-Non. Répondit Harry avec franchise. Ils m'ont trop saoulé. Tu viens d'échapper à la troisième guerre mondiale, ils sont tous partis de leur côté. Ça m'étonne que vous n'ayez rien entendu, d'ailleurs.
-On n'a pas fait attention. Marmonna Théodore en pianotant nerveusement sur la table. Il faut dire que nous étions assez…occupés.
Lorsque Théodore évoqué le terme occupés, Hermione rougit violemment et retira sa main, qu'elle cala entre ses cuisses. Amusé, Harry regardait son amie rougir. Théodore n'en menait pas large non plus, bien qu'il avait gardé son flegme légendaire, ses joues s'étaient colorées d'un rose assez soutenu. Les yeux verts du Survivant pétillaient de malice, et c'est sur le ton de la confidence qu'il demanda alors, sans se douter qu'il venait de mettre les pieds dans le plat.
-Alors c'est vrai ce qu'on dit? Que vous êtes ensemble?
Hermione et Théodore se consultèrent du regard. La jolie brune se mordilla la lèvre inférieure, et incertaine, elle demanda:
-Pourquoi tout le monde nous pose la question?
-Mais vous ne voyez donc rien? S'enquit Harry avec étonnement. Tout le monde pense que vous êtes ensemble. La rumeur courait déjà dès l'arrivée de Théodore. Il se raconte même que ce serait ce qui a motivé la décision de Malefoy, et…
-Quelle décision? Questionna soudainement Hermione, d'une voix aigüe.
Réactif, Théodore se tourna vers elle, l'air inquiet, tout en continuant de pianoter nerveusement sur son portable. Il jura dans sa langue maternelle, et jeta l'appareil à côté de lui, avant de reprendre une gorgée de chocolat. Il jeta un regard en coin à la jeune femme, puis il attrapa la main qui était encore sur la table, faisant rougir la demoiselle d'autant plus.
-Votre rupture. Risqua Harry, en s'excusant du regard.
-Ah. Se contenta simplement de laisser échapper Hermione, les yeux perdus dans le vague.
-Non mais sans rire. Reprit Harry avec une précipitation presque suspecte. Vous êtes sûrs qu'il n'y a rien entre vous? Parce que n'importe qui d'extérieur qui débarquerait à cette table se poserait sérieusement des questions.
-Non, il n'y a rien. Confirma Théodore, en dardant sur le brun aux yeux verts une œillade suspicieuse.
-Je comprendrais si vous ne voulez pas le dire. Insista Harry, sans se rendre compte qu'il pouvait être vraiment lourd parfois.
-Je ne vois pas pourquoi on dirait quoi que ce soit puisqu'il n'y a vraiment rien. Dit Hermione en fronçant les sourcils. On s'aime bien, c'est tout. C'est notre relation qui est comme ça. On est très proches et très tactiles. Tu ne vas tout de même pas être jaloux parce que je fais des câlins à d'autres garçons que toi ou Ron?
-Sauf que tu ne fais jamais de câlins à qui que ce soit d'autre. Riposta Harry avec malice.
-Certes. Soupira Hermione en baissant la tête, son visage se dissimulant à demi derrière un voile de cheveux bruns.
Le portable de Théodore vibra à nouveau, coupant court au débat. Le jeune homme recevait un appel. Sur l'écran du mobile, on pouvait y lire Maman. Théodore soupira, avant de prendre sn téléphone avec lui. Il se leva, et s'excusa auprès de ses compagnons.
-Je suis désolé, je dois prendre l'appel, c'est une urgence.
Hermione l'interrogea du regard. Théodore articula silencieusement Maman. Hermione acquiesça en silence, alors que Théodore s'éloignait , téléphone à l'oreille. Hermione soupira lourdement lorsqu'il se fut éloigné, puis elle appuya sa joue sur sa main désormais vacante, tout en remuant le contenu de sa tasse à l'aide de la petite cuillère. Elle n'arrivait pas à expliquer le vide qui s'installait en elle dès lors que Théodore n'était plus à ses côtés. Elle se sentait tout à coup déprimée et maussade. Et Harry, juste à côté d'elle ressentait cet état d'esprit, captant les émotions de son amie.
-Hermione…tu peux tout me dire tu sais. Invita Harry d'une voix douce et avenante.
-Il n'y a rien à dire. Soupira la jeune fille en fixant sa tasse.
-Moi, je suis certain que si. Affirma Harry avec conviction. Je te connais, Mione, je sais comment tu es. Et là, je peux t'affirmer avec certitude que tu es en train de déprimer parce qu'il n'est plus là. Et tu te sens revivre dès qu'il est dans les parages, comme s'il avait un quelconque pouvoir de guérison sur toi. Je te jure, votre relation est vraiment bizarre, on dirait que vous vous attirez comme des aimants. Tu n'es bien qu'en sa présence. Tu souris tout le temps, je te jure, tu n'avais plus souri comme ça depuis longtemps.
-Tu as toujours été plus lucide que les autres. Murmura Hermione, laconique, tout en esquissant un sourire triste. Je ne peux pas nier les faits puisque comme dirait Ron, tu m'as grillée.
-Et si je ne me trompe pas, poursuivit Harry, je suis persuadé que Théodore t'aime bien. Je veux dire…plus qu'en amie. Tu verrais comment il te regarde. On dirait qu'il te vénère. C'est amusant autant que c'est flippant. Pourquoi…n'essaieriez vous pas? C'est évident qu'il y a un truc. Un putain de truc je dirais même.
Hermione ne répondit pas, perdue dans ses songes. Harry était prêt à parier qu'elle y avait rejoint un certain français, ce français qui avait tellement changé sa vie en si peu de temps. Pour un peu, Harry l'en aurait remercié. C'était après tout grâce à lui qu'Hermione était plus souriante, plus confiante. Avec lui, elle pourrait cicatriser de Drago Malefoy, c'était certain. Et Harry donnait à Théodore toute sa bénédiction. Ledit Théodore, par ailleurs, revint dans le pub, l'air contrarié. Hermione leva instantanément les yeux vers lui, demandant implicitement ce qui n'allait pas.
-Je dois y aller. Répondit le jeune français en emportant ses affaires. Hermione, je viens te chercher demain, comme convenu?
-Oui, si ça ne te dérange pas. Confirma-t-elle dans un hochement de tête. Ta mère va bien?
-Je ne sais pas. Admit le garçon dont le regard s'était brusquement assombri. Je verrai bien en arrivant.
-Tu m'appelles pour me dire? S'enquit-elle, avec anxiété.
-T'inquiètes. Répondit-il en lui adressant un sourire filiforme. Je file. À demain!
-Je pars aussi. Décida soudainement Hermione en se levant, faisant s'esclaffer Harry.
Hermione fusilla son ami du regard, avant de siffler, légèrement outrée:
-Mais quoi?
-Rien! S'esclaffa le survivant, dont les yeux verts pétillaient de malice.
Hermione et Théodore échangèrent un regard tout en arquant un sourcil perplexe. Hermione remit rapidement son manteau et percha son sac à mains sur son épaule, puis elle sortit à la suite de Théodore. C'était logique. Se surprit à penser Harry. S'ils étaient venus ensemble, il y avait de fortes chances pour qu'ils repartent également ensemble. Harry soupira, un léger sourire flottant sur ses lèvres, alors qu'il regardait son amie s'éloigner avec son Théodore. Parce qu'Harry en était persuadé, il y avait un sacré truc entre eux, quoiqu'ils en disent.
[PANSY]
Pansy planait, comme pour changer. Elle était assise sur une balançoire, et se laissait partir dans ces grands mouvements de balancier. La tête lui tournait légèrement, mais elle n'en avait cure. Ses mains étaient solidement arrimées aux cordes qui maintenaient la nacelle, et elle savait qu'elle ne tomberait pas. Elle ne pouvait pas tomber. C'était impossible. Pansy sentit son cœur s'emballer alors qu'elle décollait à nouveau. Les balançoires étaient un jeu pour enfants, et alors? Il n'y avait pas d'âge pour s'amuser. Ni même pour se faire tourner la tête. Pansy ferma les yeux, grisée par les sensations qui s'offraient à elle. Elle remerciait pour cela le peu d'herbe qu'elle avait fumée, au départ pour se détendre. Elle ne s'était pas tout à fait remise de sa dispute avec Lavande et des fausses accusations que la blonde avait portées à son sujet. Quoiqu'elle puisse en dire, elle était tellement plus affectée par les évènements qu'elle ne le laissait supposer. Pansy était comme ça. Un cœur battait sous sa carapace, mais encore fallait-il y accéder, ce qui était tout sauf simple.
-Je savais que je pourrais te trouver ici. Dit une voix traînante derrière elle, lui faisant brusquement ouvrir les yeux.
Pansy cligna des yeux, légèrement hébétée, et darda ses prunelles vertes sur le nouvel arrivant. Elle retint un grognement en voyant qu'il ne s'agissait que de Drago Malefoy, et non pas celui qu'elle espérait. Elle lui jeta un énième regard suspicieux, et recommença à se balancer, car il s'avérait que ce jeu d'enfants la calmait. Elle essuya ses mains moites sur son jean, dans lequel elle se sentait boudinée. Elle soupira longuement, et passa une main embarrassée dans ses cheveux. Voilà des semaines que Drago et elle s'évitaient, et faisaient soigneusement en sorte de ne pas se trouver au même endroit au même moment. Et, par elle ne savait quel coup tordu du destin, elle se retrouvait face à lui. Elle n'était pourtant pas prête pour une éventuelle confrontation, Ses nerfs fragiles ne le supporteraient pas.
-Tu n'as pas l'air très bien. Constata-t-il, en s'asseyant à son tour sur la balançoire d'à côté. Quelque chose ne va pas?
-Tout va bien, je te remercie. Ironisa Pansy tout en serrant les dents.
Elle se retenait de lui cracher toute sa colère, toute sa hargne. Elle le détestait de lui pourrir ainsi la vie, elle le détestait de la faire se sentir aussi mal, pitoyable. C'était à cause de lui qu'elle en était venue à se saouler toute seule, et c'était encore une fois à cause de lui qu'elle avait sauté sur le pauvre Théodore qui n'avait rien compris à ce qui était en train de se passer. Tout ça était de sa faute à lui, et il ne le réalisait pas. Elle le détestait, de tout son être, de toute son âme. Comment pouvait-il seulement envisager qu'elle pouvait éventuellement l'aimer? Pansy se mordilla la lèvre inférieure en sentant la colère monter en elle de façon exponentielle. C'était de sa faute si elle se sentait aussi mal, et cela devait cesser. Impérativement. Pour sa santé mentale.
-Tu as l'air en colère. Fit remarquer Drago en haussant un sourcil. Si c'est à cette idiote de Lavande Brown que tu en veux, tu ferais mieux…
-Ce n'est pas après elle que j'en ai. Coupa Pansy, durement. Mais après toi.
-Moi? S'indigna Drago, en la regardant fixement. Mais qu'est-ce que je t'ai fait?
-Qu'est-ce que tu m'as fait? Gloussa Pansy, à moitié hystérique, alors que ses épaules s'agitaient d'un rire incontrôlé. Tu me baises selon ton bon plaisir, alors que tu es censé être le petit-ami de ma meilleure amie, et tu prétends faire comme s'il n'y avait rien? Tu n'es qu'un sale con Drago, je te déteste!
Le jeune Malefoy ricana. Il se tourna vers Pansy, ses prunelles orageuses tout à coup devenues violentes et impénétrables. Il se leva de sa balançoire, pour se planter droit devant Pansy, qui avait cessé de se balancer. La brune déglutit légèrement, déstabilisée par le brusque accès de colère de son camarade. Pansy inspira profondément, puis planta ses prunelles vertes dans les orbes sombres de son amant. Elle était déterminée à ne pas se laisser faire. Elle n'était pas que la petite catin qu'il prenait et qu'il jetait. Il disait l'aimer, mais était-ce seulement sincère? Ne s'agissait-il pas d'un subterfuge pour la retenir, pour la faire sombrer? La relation que Pansy entretenait avec le jeune Malefoy était malsaine et destructrice, elle le savait, et c'était pour cela qu'elle voulait arrêter, avant de perdre des plumes pour de bon.
-C'est vrai. Reprit Pansy en toisant froidement le grand blond. On a pris notre pied tous les deux. On s'est bien amusés. On s'est compromis également. Mais n'attends plus rien de moi, je ne suis pas ton jouet.
-Il me semble t'avoir dit que je t'aimais, non? Répliqua Drago, polaire, en plantant son regard dans les prunelles anis de la jeune Parkinson.
Les prunelles glacées de Pansy s'emplirent de larmes silencieuses, mais qui ne tombèrent pas. Elle secoua la tête frénétiquement, tentant de chasser ces paroles de sa tête. Elle n'avait pas le droit de laisser espérer Malefoy, elle ne voulait pas de lui, elle ne pouvait pas. Parce que quand elle serait avec lui, elle penserait automatiquement à Hermione, et ça la blesserait plus qu'il n'était nécessaire. Elle ne voulait pas être hantée par sa meilleure amie, ni mettre encore davantage leur amitié en péril. C'était peut-être cruel, mais elle n'avait pas de sentiments pour Drago. Il est vrai qu'elle avait cru être amoureuse de lui, mais ce n'était ni plus ni moins qu'un attachement tronqué, l'excitation d'un interdit. Il n'y avait rien de plus, Pansy en était certaine. Qui plus est, ce n'était pas lui qu'elle aimait, qu'il ne se fasse donc pas de films.
-Tu m'aimes. Souffla-t-elle du bout des lèvres, ses paupières papillonnant anormalement. Tu m'aimes, mais tu me détruis. Où est la logique?
-Nous ne sommes pas logiques. Répondit le grand blond, avec hésitation.
Puis, avec une douceur qui brisa le cœur fragile de la jeune Parkinson, il prit son visage entre ses mains, et lui caressa tendrement les pommettes. Elle se mordilla la lèvre inférieure, tandis qu'il chassait ces quelques mèches rebelles venues s'inviter devant son visage glacé. Malgré elle, une larme vint rouler sur sa joue pâle, creusée par la fatigue accumulée de ces derniers jours. Cela faisait bien la deuxième fois qu'elle pleurait devant Malefoy, elle filait un bien mauvais coton. Pansy s'en voulait, vraiment. Elle aurait voulu avoir la force de l'envoyer se faire foutre une bonne fois pour toutes. Mais son regard de braise, ses mots séduisants mettaient à mal toutes ses résolutions, elle se sentait fondre et ça l'exaspérait. Entre Drago et elle, c'était purement physique, il ne s'agissait que d'un désir violent et déraisonné qui les consumait tous les deux, les repoussant dans leurs derniers retranchements. Elle ne parvenait pas à se défaire de ce piège qu'il lui avait savamment tendu, elle était engluée là dedans jusqu'au cou, et ça la tuait à petit feu.
Drago se pencha légèrement sur elle, pour poser ses lèvres sur les siennes. Pétrifiée, Pansy se raccrocha aux cordes de la balançoire alors qu'elle sentait un vague sentiment de rejet s'insinuer en elle. Un sentiment qui l'enjoignait de le repousser, de ne pas se faire avoir une fois encore. Pourtant, lorsque leurs lèvres se touchèrent enfin, ce fut un désir violent qui enflamma ses veines et annihila ce qui restait de sa raison, sa sacrosainte raison qui commençait à foutre le camp. Le sang affluait à ses tempes et ses lèvres se gonflèrent des baisers de son amant, qui venait de glisser sa langue dans sa bouche. Pansy lâcha la corde de sa balançoire pour agripper le cou de Drago. Il était tellement grand, qu'elle fut contrainte de se lever, pour se serrer contre lui, pour se lover entre ses bras. Le souffle commençait à lui manquer, la tête lui tournait, mais elle tenait bon, elle s'interdisait de flancher une fois encore. Drago pressa une main contre sa chute de reins, alors que l'autre se glissait sous son t-shirt, impudique, venant à la rencontre du soutien-gorge couleur champagne qu'elle arborait alors.
Au lieu de tout envoyer valser, comme elle l'aurait fait ordinairement, Pansy se raidit à son contact, qui la révulsa. La main de Drago effleura son ventre et elle trembla violemment. Le jeune Malefoy sentit son trouble puisqu'il fronça les sourcils. Il agrippa son menton avec force, et le souleva pour l'obliger à le regarder. Pansy tenta de se dégager, mais elle en fut tout bonnement incapable.
-Je me trompe peut-être, susurra Drago d'une voix doucereuse, mais il me semble que tu aies pris quelques rondeurs ces temps-ci, sans vouloir te vexer.
-Laisse-moi tranquille. Siffla Pansy, avec détermination. Je t'interdis de faire un quelconque commentaire sur mon état physique. Tu n'es vraiment qu'un salaud.
-Qu'est-ce que tu caches? Souffla Drago, tout près de ses lèvres. Tu réussis peut-être à tous les mener en bateau, mais ça ne marche pas avec moi. Dis moi ce que tu caches.
-Je ne cache rien. Mentit Pensy, en regardant Drago droit dans les yeux.
-Tu as l'air malade pourtant. Poursuit Malefoy, imperturbable, alors que le cœur de Pansy était à la torture. Regarde ces joues pâles, et ces cernes immenses. Tu quittes souvent les cours pour aller aux toilettes si je ne m'abuse.
-J'ai du choper un truc. Affirma Pansy avec aplomb. Comme par exemple…la gastro. Ça va finir par passer. Ça arrive à tout le monde d'avoir la crève, même quand on prétend avoir un bon système immunitaire. Tu as raison, Drago. Je vais rentrer chez moi et me reposer, plutôt que traîner dehors.
-Tu n'iras nulle part. chuchota Drago, le regard fou, alors qu'il promenait ses mains sur les hanches de Pansy, qui se raidit à son contact. Je te veux toi Pansy, et personne d'autres.
Elle dut faire preuve de toute la volonté du monde pour pouvoir le repousser. Mais Drago raffermit sa prise autour d'elle. Elle était blottie contre le torse du garçon, et pouvait sentir son odeur légèrement musquée, et son haleine mentholée. Pansy ferma les yeux, pour chasser ces émotions qui revenaient au grand galop. Elle gémit de protestation lorsqu'il écrasa à nouveau ses lèvres sur les siennes, forçant le barrage de ses lèvres.
-Je t'aime. Souffla-t-il dans la nuque de la brune. Ne me laisse pas.
Pansy serra les dents, tandis que des larmes de rage et d'impuissance roulaient sur ses joues blêmes. Pansy se détester de chialer autant, de se lamenter sur son sort de la sorte. Elle était une Parkinson, merde! Que dirait son père s'il la voyait ainsi, aussi frêle et abattue? Il ne le verrait pas. chuintait une petite voix insidieuse dans son esprit. Il ne le verrait pas parce qu'il s'en fiche. Il t'a abandonnée Pansy, il t'a abandonnée, tu n'es rien pour lui, il t'a abandonnée parce que tu lui faisais trop honte. Une rage sourde s'engouffra dans les veines de la brune tandis qu'elle prenait conscience de l'horreur de la situation. Drago l'embrassait à pleine bouche, sans se soucier de ce qu'elle ressentait. Elle sentait ses mains caresser son dos à même la peau, cherchant à la posséder quel qu'en fût le prix. Cette rage battait dans ses veines, et couvrait ses prunelles vertes d'un voile rouge, un voile de fureur qui n'allait pas tarder à exploser. Toute sa haine, toute sa colère, toute l'injustice qu'elle avait ressentie jusqu'alors. Elle n'avait pas le droit de faire ça à sa meilleure amie, et Drago s'en fichait bien, il la voulait elle, pour continuer à la baiser comme bon lui semblait. Alors, furieusement, la brune mordit la lèvre inférieure de Drago, qui s'éloigna en feulant de douleur.
-Je suis désolée. Couina Pansy, en reculant d'un pas, terrifiée. Mais je ne peux pas continuer. Je ne t'aime pas. Je suis désolée.
Lorsque ces mots meurtriers franchirent ses lèvres rosées, Pansy eut l'air affolé, mais bientôt, une détermination farouche brilla dans son regard. Alors que le blond allait l'attraper par le bras, Pansy parvint à s'enfuir à toutes jambes, portée par le désir de se retrouver n'importe où mais loin d'ici. Là où Drago ne viendrait pas la harceler. Et alors qu'elle détalait, elle entendit clairement Drago dire à son dos.
-Ne t'éloigne pas, putain! Tu me brises si tu fais ça! Pansy, reviens moi! Tu ne m'éviteras pas éternellement!
Elle serra les lèvres pour ne pas l'injurier. Elle rassembla toute sa volonté pour ne pas flancher. La peur lui serrait les entrailles et la détermination battait dans ses veines. Une détermination amère, presque avec l'énergie du désespoir. Elle n'entendit pas le cri de rage que Drago poussa alors, un cri de rage mitigé à la douleur qu'il ressentait en exacte proportion. Elle n'entendait que sa propre rage, sa propre affliction, sans doute trop égoïste pour se préoccuper du mal-être des autres. Pour autant, le tu ne m'éviteras pas éternellement fit son chemin dans son esprit, l'électrisant toute entière. Oui, elle ne savait que trop bien qu'ils finiraient par se retrouver, ça avait toujours été comme ça entre eux, elle disait qu'elle ne reviendrait pas, mais pourtant, elle revenait toujours. Et ça, il l'avait compris, pis encore, il en jouait. Et à présent qu'elle était sous son emprise, qu'elle était sienne quand bien même ce serait contre son gré, elle savait exactement ce qu'il entendait par tu ne m'éviteras pas éternellement. Elle le savait, et elle avait mal à l'avance. Elle ne savait que trop bien que courir loin de lui n'y changerait rien. Il avait insufflé son poison dans ses veines, et elle allait en crever.
[RON]
Ron avait trop bu. Il le savait. C'était exactement la raison pour laquelle il ne se sentait pas bien. Pour autant, il ne souhaitait pas arrêter. Il n'avait pas encore atteint la limite. Celle où il serait malade pour de bon. Alors, pourquoi s'en priver, même si sa tête lui tournait, comme une toupie infernale? Ron accepta le verre que l'on lui tendit. Il en but une gorgée, sans se soucier de son contenu: il n'était plus à ça près. Le dernier des fils Weasley ignorait lui-même pourquoi il avait décidé de venir à cette soirée. Peut-être était-il venu dans l'intention de dire deux mots à ce Michael Corner qui lui sortait par les trous de nez parce qu'il fricotait avec sa petite sœur adorée. Pauvre Ron. S'il savait quelle vie de débauche menait Ginny, il ne s'en remettrait sans doute pas. En comparaison, le cadet des Weasley semblait bien sage. Et pourtant, ce fut un Ron titubant qui entra dans la salle de bains de la villa des Corner. Parce qu'évidemment, ce sale fils de pute était un gosse de riches.
Ron ne comprenait vraiment pas l'attrait qu'avaient les femmes pour de tels hurluberlus. Lui, n'avait pas d'argent. Donc, par une simple relation de cause à effets, il était voué à avoir une vie sentimentale minable. Et c'était en partie vrai, dans la mesure où personne ne s'intéressait à lui. Rectification. C'était lui qui ne s'intéressait à personne. Pour la simple et bonne raison qu'il n'avait d'yeux que pour une fille, mais cela ne devait sans doute pas être réciproque. Alors, Ron buvait, pour oublier son chagrin d'amour, pour oublier à quel point sa vie peut être naze et inintéressante. L'oubli. C'était simple et facile. La lâcheté à l'état pur. Mais Ron ne demandait pas davantage, juste oublier. Il n'avait aucune autre vocation. Aucune réelle ambition. Des parents aimants, mais avec si peux de moyens. Ron avait parfois l'impression d'étouffer dans cette vie, mais il ne disait rien. Ron ne disait jamais rien. Il se contentait d'observer et d'encaisser. Il préférait s'amuser plutôt que de s'encombrer des problèmes des autres. Il était insouciant, et alors, était-ce un mal pour autant? La vie de Ron se résumait à peu près ça: les potes, sortir, boire à outrance, se défoncer de temps en temps, faire le maximum de conneries en un minimum de temps.
Il fut un temps, il était plutôt content de mener un tel train de vie. Il avait une vie sociale, il s'amusait bien. Oui mais voilà, la fin du lycée était pour bientôt, l'entrée dans le monde adulte était inéluctable. Le monde adulte…quand on y pensait, ça lui collait des frissons d'horreur. Il n'avait pas envie de se tuer quarante ans à la tâche pour avoir une retraite de misère. Regardez donc ses parents! Son père travaillait, mais ne gagnait pas grand-chose. Pourtant, il avait toute une famille à nourrir. Ron n'avait pas envie de traverser les mêmes galères, il n'était pas sûr d'avoir l'envie et la motivation pour passer à travers tout ça. Il n'était pas assez mature pour ce faire et le savait très bien: on lui répétait à longueur d'année qu'il ferait mieux de grandir un peu, de se mettre du plomb dans la cervelle. À toutes ces accusations pour le moins spécieuses, Ron répondait par un haussement d'épaules, se contentant de vivre sa vie comme il l'entendait. Il n'avait que ça, il aurait été foutrement injuste de le lui enlever.
-Ron? S'enquit une voix faible, juste derrière lui.
Le principal intéressé se retourna, le cœur battant à tout rompre. Cette voix. Il l'aurait reconnue entre mille, tant il en aimait les sonorités, la façon dont elle prononçait son diminutif. Le grand rouquin sentit son estomac descendre du côté de ses talons, alors que l'air se raréfiait dans ses poumons. Il cligna des yeux, puis reprit rapidement ses esprits, autant que lui permettait son cerveau ramolli par l'alcool.
-Pansy? Demanda-t-il, incertain.
-Gagné! Répondit-elle, de son sempiternel ton sarcastique.
Avec prudence, Ron s'approcha de la silhouette assise dans la baignoire, recroquevillée sur elle-même. Pansy était roulée en boule dans le récipient en céramique, les genoux ramenés contre sa poitrine. Elle avait les yeux rougis et son maquillage avait abondamment coulé. Ron passa une main dans ses cheveux, embarrassé, et s'approcha encore d'elle. Pansy tremblait de tous ses membres, en proie à un profond désarroi. En s'avançant encore, Ron put remarquer qu'elle était trempée. Il soupira lourdement, puis il s'agenouilla auprès d'elle, pour être à sa hauteur. Le regard que lui lança alors Pansy lui brisa le cœur. Elle semblait si fragile en cet instant, tellement démunie. Elle qui était d'ordinaire si forte, comment pouvait-elle se laisser submerger de la sorte par les évènements? Pansy planta alors son regard dans le sien, en quête d'une réponse à ses questions.
-Est-ce que tu m'aimes? Demanda-t-elle avec franchise, alors qu'une larme roulait sur sa joue pour venir mourir au coin de ses lèvres.
Ron savait qu'il devait réagir vite et bien. Dire ce qu'il avait sur le cœur et qui l'oppressait depuis trop longtemps. Ce n'est pas faute de ne pas avoir l'occasion pourtant. L'occasion, elle venait de la lui donner, sur un plateau d'argent qui plus est. Ron n'avait pas le droit de laisser passer sa chance, sinon, il s'en mordrait les doigts toute sa vie. À chaque fois qu'il se lèverait, il repenserait à cette occasion manquée, à ce simple mot qu'il n'osait pas lui dire, et qui pourtant lui brûlait le bout de la langue, comme une supplique.
-Oui. Souffla-t-il finalement, décidant de se jeter à l'eau une bonne fois pour toutes. Oui Pansy, je t'aime.
Ron, pour une fois, avait décidé de faire preuve de courage. Du courage, pour sûr qu'il n'en manquait jamais lorsqu'il s'agissait d'aller faire l'idiot avec ses copains ou de relever tout une légion de défis stupides. Mais lorsqu'il s'agissait de gérer sa vie sentimentale, pour sûr qu'il manquait cruellement de courage. Il aurait bien invoqué toutes les divinités du ciel, présentes ou à venir, mais voilà, elles avaient sans doute d'autres choses à se soucier que ses soucis d'adolescent qui se laissait volontiers embêter par ses hormones.
Mais cette fois, il ne s'agissait pas d'une bête question d'hormones. Il s'agissait de sentiments, profonds et sincères, qui transcendaient le simple désir physique. Ron était amoureux de Pansy depuis des années, il s'était attaché à ce petit bout de femme qui restait au demeurant fragile sous ses airs de racaille. Pour une seule petite fois, Ron avait eu les couilles de dire ce qu'il pensait. Allait-il le regretter? Là n'était pas la question. S'il fonçait droit dans le mur, tant pis pour lui, il n'aura pas le regret d'être resté là comme un con, sur le quai de gare, à regarder le train partir. Vivre valait amplement le coup, et si pour cela il fallait qu'il se prenne une claque ou deux, soit. Il n'avait rien à perdre, et tout à gagner.
Pansy se redressa, et se colla contre lui, terrifiée et pleine de désir. Ron l'attira contre lui, laissant libre cours à son désir. Il savait qu'ils étaient en train de faire une connerie magistrale, qu'ils allaient sans doute le regretter ultérieurement, mais Ron ne voulait rien regretter, et surtout pas sur l'instant. Tout ce qu'il désirait, là, maintenant, tout de suite, c'était d'embrasser Pansy, quitte à se perdre toujours un peu plus. Ron glissa une main dans les cheveux de Pansy, ses cheveux trempés par cette douche qu'elle avait prise toute habillée. Ron se disait que c'était mal, qu'il n'avait pas le droit. Mais Pansy ne l'entendait pas de cette oreille, elle le voulait lui et pas un autre. Pas Malefoy. C'était Ronald Weasley qui faisait trembler son corps et son cœur, qui l'avait possédée depuis bien longtemps. Ils détestaient tous les deux ressentir cet attachement, mais ils le ressentaient, et devaient cohabiter avec. Avaient-ils seulement le choix?
Ron attrapa une serviette éponge sur le portant, et enveloppa Pansy avec. Pansy soupira, et posa sa tête contre son épaule robuste. Ron la frictionna doucement, et pressa ses lèvres contre son épaule dénudée. Pansy le fixa un instant, de ses pupilles anormalement dilatées. Ron fronça les sourcils ,et eu un mouvement de recul. Pansy s'accrocha à lui, comme un naufragé à son rafiot de fortune.
-Tu es défoncée. Fit-il remarquer, une moue boudeuse accrochée aux lèvres.
-Ne dis rien, s'il te plaît souffla-t-elle d'une voix désespérée. Je…J'en ai besoin, tu comprends?
-Je pense savoir ce que tu veux dire, même si je ne cautionne pas. Répondit Ron en soupirant. Je suis aussi défoncé, bourré qui plus est, alors tu vois, je serais mal placé pour te faire la morale à ce propos.
-Raison de plus. Ajouta-t-elle avec précipitation, tout en s'attaquant au col de sa chemise avec voracité.
-Pansy, s'il te plaît, arrête. Implora-t-il en la repoussant gentiment. Oui, il est vrai que je t'aime, ça faisait trop longtemps que je gardais ça pour moi. Mais pas comme ça. Je…je n'ai pas envie de foirer dès maintenant, tu comprends? Et ce serait faire une connerie que de baiser alors qu'on est dans un sale état. Tu…tu es dans un sale état, et je ne suis pas du genre à abuser de la situation.
Le grincement d'une porte qui s'ouvrait leur fit détourner la tête tous les deux, interrompant leur discussion. Tous deux écarquillèrent les yeux, horrifiés par la scène qui se jouait là. Ginny Weasley venait d'entrer dans la salle de bains, en train d'embrasser fougueusement un Drago Malefoy dont la chemise était généreusement entrouverte. Ginny glissa ses mains expertes sur la peau d'albâtre du jeune homme, qui lui enleva son débardeur, révélant des dessous en dentelle noire pour le moins affriolant. Malefoy glissa ses mains sur la taille de guêpe de la rousse et l'appuya contre l'armoire sans douceur, la faisant faiblement gémir. Elle sembla complètement perdre pied lorsque Drago s'attaqua à son cou, et à l'os fragile de la clavicule. C'en fut trop pour Ron, qui se laissa littéralement submerger par une vague de fureur, qui le fit rougir de la tête aux pieds. Pour un peu, de la vapeur pourrait sortir de ses oreilles.
-RON, NON! S'écria Pansy, tendant le bras pour le retenir alors que Ron commençait déjà à enjamber le bord de la baignoire, prêt à aller mettre une raclée magistrale à cet immonde connard.
Alertés par le cri de Pansy, Drago et Ginny tournèrent la tête de concert. Weasley fille blêmit en voyant son frère dans une colère noire, tandis que Drago affichait un rictus mauvais en apercevant le rouquin et la brune qui l'obsédait.
-Parkinson et Weasmoche, quelle bonne surprise. Railla Drago, tandis que Ronald s'avançait vers lui, fou-furieux. On ne dérange pas, j'espère?
-C'est bon Drago, on va autre part. tempéra Ginny en prenant Malefoy par le bras.
-Non! Cria Ron, furieux. Tu n'iras nulle part, Ginny!
-Ce n'est pas à toi de me dire ce que je dois faire ou ce que je ne dois pas faire! Rétorqua Ginny avec colère. Je ne suis plus une petite fille!
-Non; mais tu restes ma sœur et…
-Et quoi? Vitupéra Ginny, qui était aussi rouge que son frère. Je suis ta sœur, et après? Cela te donne-t-il le droit pour autant de gouverner ma vie, et décider qui je dois fréquenter ou non? Je fréquente qui je veux, je couche avec qui je veux, je fume et bois si j'ai envie, et tu n'as rien à redire, tu n'es pas mon père!
-Justement, je ne pense pas que Papa va cautionner toutes tes bêtises si je lui en touche mot! Persifla Ron avec hargne. Tu ne vas pas t'en sortir comme ça, moi, j'en ai ras le cul d'être le dindon de la farce!
-Mais tu ne lui diras rien, Ronny? s'enquit Ginny avec aigreur, nullement inquiète. Tu ne dis rien parce que tu n'as jamais les couilles de dire quoi que ce soit, tu cherches toujours à t'enfuir, tu n'es qu'un lâche!
-Cette fois, c'est différent! Explosa Ron avec fureur. Il s'agit de Malefoy, bordel! Qu'est-ce que tu as dans la tête, sérieusement?
-Et alors, c'est quoi le problème? Demanda le principal intéressé en haussant les épaules.
-Tu veux que je te dise quel est le problème? Hurla le rouquin, tout en serrant les poings pour ne pas les envoyer dans la figure de son ennemi préféré. Tu sors avec Hermione pendant cinq ans, tu baises avec d'autres filles parce qu'elle est trop bien pour te donner sa virginité, tu la largues, et tu te tapes ma petite sœur qui n'est qu'en seconde et qui n'a que quinze ans! Voilà où est le problème!
-Si tu savais. Répliqua Drago avec suffisance. C'est moi qui ai eu le privilège de déflorer ta petite sœur chérie, et elle ne m'a pas repoussé ce jour là. Et..Et tu sauras que Pansy est tout autant fautive dans l'affaire, elle aussi n'a pas dit non à mes avances.
La principale intéressée émit une plainte , alors que Ron se tournait vers elle, le visage déformé par la rage. Pansy n'en menait pas large, et Drago semblait satisfait de la bombe qu'il venait de lâcher. Une bombe qui venait d'exploser et de blesser tous les protagonistes de cette étrange scène, une scène qu'on aurait cru tout droit sorti d'un film tant elle paraissait irréelle.
-C'est vrai ce qu'il dit, Pansy? Questionna Ron, froidement, en se tournant vers celle à qui il avoué son amour quelques instants plus tôt.
-Bien sûr que c'est vrai. Siffla Malefoy, mauvais. Suis-je du genre à raconter des craques? Oui, j'ai sauté Pansy, et ce plus d'une fois! Et le pire, Weasmoche, le pire, c'est qu'elle a cautionné tout ce temps. En même temps, quand on voit le genre de salope que c'est, on a vite compris à qui on avait affaire.
-Espèce d'immonde fils de pute! Cracha Ron en fonçant droit sur Malefoy pour le rouer de coups.
Le poing de Ron atterrit dans le visage d'albâtre du grand blond, qui riposta en lui donnant un coup de poing dans le ventre. Ron se courba, estomaqué par le coup qu'il venait de recevoir. Ron n'avait jamais été très bon lorsqu'il s'agissait de se battre, au contraire, il tenait davantage de la mauviette que du fier combattant, il était loin d'être un warrior. Et Ron savait que le combat était déséquilibré, qu'il allait se faire rétamer en moins de temps qu'il fallait pour le dire, mais il était transfiguré par la rage et le désir de défendre ces personnes chères à son cœur qu'étaient Pansy, Ginny et Hermione et que Drago avait si allègrement bafoué, même si pour l'heure il restait en colère contre sa sœur et celle qui aurait pu devenir sa petite amie si les choses en étaient allées autrement.
Ron se courba sous l'impact d'un nouveau coup, mais la hargne décuplait son envie de vaincre, sa force physique, et le poussait à se jeter sur Malefoy. Les deux jeunes hommes furent jetés à terre dans l'élan de Ronald, puis continuèrent à échanger des gnons sous le regard horrifié des deux filles. Toutes deux hésitaient et se demandaient si elles allaient intervenir.
-Pansy, aide moi! Haleta Ginny, alors qu'elle essayait de séparer les deux garçons.
Mais, elle se prit à son tour un mauvais coup, et vacilla dangereusement, heurtant l'armoire qui tangua et déversa une partie de son contenu sur le sol de la salle de bains. Les deux garçons eurent bientôt le visage enflé et en sang, sous l'effet des coups qui pleuvaient encore. Au bout d'un long moment, les filles parvinrent à tirer Ron en arrière, Ron qui continuait à se débattre comme un dément.
-Laissez moi! Cracha Ron, comme possédé. Lâchez moi bordel, je n'ai pas fini de lui démolir sa face de rat!
-Weasmoche, persifla Malefoy avec mépris, tu es un homme mort! Je ne manquerai pas d'avertir mon père à propos de ce qui vient de se passer. Tabasser le fils du proviseur, c'est pas joli dans un dossier.
-je m'en cogne de tes menaces! Si tu touches encore à Ginny, Hermione ou Pansy, je te jure que je te tue! Fais leur seulement du mal, et c'est toi qui sera un homme mort!
Le nez en sang, Malefoy trouva néanmoins le moyen de renifler dédaigneusement, avant de s'éloigner prestement, ignorant délibérément les deux filles qui tentaient de retenir le dément. En s'en prenant directement à Drago, Ron venait de signer son arrêt de mort. Il savait que ce petit con allait se plaindre auprès de son cher père, que par conséquent, il était dans la merde, mais il n'en avait cure, il avait eu la possibilité de se venger, chose qu'il avait envie de faire depuis longtemps, et en particulier lorsqu'il a commencé à tromper Hermione.
[HERMIONE]
Pendant ce temps, dans le jardin des Corner.
Hermione en avait assez de l'atmosphère enfumée de la fête, et de la musique assourdissante qui faisait vibrer les murs et les fenêtres. La jeune fille avait attrapé une bouteille de bière, l'avait décapsulée, et était sortie de la maison comme une voleuse, pour aller prendre l'air. Pour respirer. La jeune fille soupira, et se laissa tomber sur un banc en fer forgé blanc. La jeune femme se massa les chevilles et retira ses escarpins, qui lui massacraient les pieds. Elle était dans un piteux état, la petite Granger. Sa coiffure ne ressemblait plus à rien, sa petite robe noire était froissée, ses collants déchirés au genou, et elle avait l'air d'une junkie. D'accord, elle avait un peu bu, et elle avait partagé un joint avec Théodore, la faisant presque littéralement planer.
Le cœur d'Hermione s'accéléra en pensant au grand brun. Quelques bribes de la soirée lui revenait en mémoire et lui coloraient les joues d'un joli rose. À chaque fois qu'elle revoyait son regard outremer, à la fois tendre et pénétrant, les papillons commençaient à trépigner dans son ventre, et la tête lui tournait légèrement, prise d'un délicieux vertige. Elle l'avait trouvé si attirant, simplement vêtu d'une chemise blanche de lin dont il avait volontairement omis de refermer certains boutons, et d'un simple pantalon noir, qui cette fois, n'était pas déchiré aux genoux. C'était tout bête, mais la tenue du jeune homme avait eu sur Hermione un certain effet. Hermione aimait passer du temps avec lui, c'était un fait. Elle adorait son humour caustique, les accents tendres et délicats de sa voix grave et suave, cette façon qu'il avait d'être avec elle.
Songeuse, Hermione s'alluma une cigarette et tira dessus une bouffée. Elle but ensuite une gorgée sur sa bière et leva la tête vers le ciel, pour contempler les étoiles. Par bonheur, le ciel n'était pas nuageux ce soir, et il lui était loisible de se perdre dans ces volutes d'un noir d'encre, de planer toujours plus haut. Ce soir, elle n'était pas triste, parce qu'elle n'était pas seule. Elle n'était plus seule. Elle regrettait simplement que toutes les bonnes choses avaient inévitablement une fin, et qu'elle allait devoir se passer de lui d'ici les prochaines heures. Ce soir, elle avait pu sentir son corps contre le sien alors qu'ils dansaient sur la musique électro, elle avait frémi de plaisir lorsqu'il avait glissé ses mains dans son dos, sur ses hanches, pour calquer ses mouvements au sien. Aussi, elle avait pu constater qu'il ne bougeait pas trop mal malgré son apparence raide et guindée. Lorsqu'elle repensait à ces instants, une douce chaleur naissait au creux de son ventre, et lui faisait du bien.
-Oh, tu es ici! S'écria une voix qu'elle aurait reconnue entre mille. Je t'ai cherchée partout, je voulais savoir si tu voulais sortir fumer une clope, mais apparemment j'ai ma réponse.
Théodore se laissa tomber sur le banc à son tour, alors qu'Hermione lui dédia un tendre sourire. Théodore lui sourit à son tour, puis passa un bras autour de ses épaules pour l'attirer contre lui. Elle se laissa faire sans résistance, retrouvant avec joie la chaleur et la fermeté de son corps d'homme, qu'elle aimait déjà. Elle se sentait si bien avec lui, que c'en était presque indécent. Jamais elle n'avait ressenti cela avec un autre, pas même avec Drago. Et à dire vrai, tous ces sentiments naissants la terrifiaient. Machinalement, elle passa une main dans ses cheveux défaits et passa sa bouteille de bière à Théodore, qui en but à son tour une gorgée. Il la lui rendit, puis tira une bouffée sur sa propre cigarette, en levant les yeux au ciel à son tour.
Le regard du jeune homme se fit tout à coup plus mélancolique, plus distant, alors qu'il se perdait dans la contemplation de la voûte céleste. Hermione nicha son visage au creux de son cou, et respirait son odeur. Elle en oubliait presque sa clope, qui allait finir par s'éteindre si elle ne tirait pas bientôt dessus. Doucement, il lui frotta le dos. Elle se redressa légèrement, pour contempler son profil, le menton sur son épaule. Théodore lui jeta un regard en coin, avant de reprendre la parole, évasivement.
-Mon grand-père m'avait appris comment reconnaître certaines constellations. Et à dire vrai, maintenant, je serais tout bonnement incapable de les identifier
Hermione sourit doucement. Mais elle ne saurait dire si c'était les paroles de son compagnon qui l'amusaient, ou bien toutes ces caractéristiques physiques qu'elle détaillait sans aucune gêne. Les grains de beauté qu'il avait dans le cou et sur la tempe, son nez aquilin, ses lèvres fines délicatement ourlées, ou même, ses cheveux bruns totalement ébouriffés, comme s'il sortait tout juste du lit. Voyant qu'Hermione ne réagissait pas, il tourna légèrement la tête, se retrouvant presque lèvres contre lèvres avec la jeune fille, qui ne se défaisait pas de son sourire. Elle détourna la tête pour tirer tranquillement une bouffée sur sa cigarette, et but une gorgée de sa boisson. C'était à présent au tour de Théodore de la détailler, de noter tous ces petits détails que peu avaient eu le privilège de remarquer jusqu'à présent.
La respiration de la jeune femme se faisait plus lourde, alors que son cœur avait recommencé à s'emballer dans sa poitrine. Hermione se mordilla la lèvre inférieure, légèrement troublée. Elle sentait le souffle chaud du garçon sur sa joue, et elle se voyait en tout petit dans ses prunelles outremer. Elle ne réagit pas lorsqu'il caressa sa nuque du bout des doigts, se contentant de frissonner allègrement. Puis, doucement, il rapprocha son visage du sien en exerçant une légère pression sur sa nuque. Le cœur d'Hermione manqua de s'arrêter lorsqu'il enveloppa doucement ses lèvres des siennes. Un feu d'artifice éclata dans les veines d'Hermione tandis que ses sens s'embrasaient un à un. Théodore la rapprocha de lui davantage, et, prise d'une impulsion, Hermione glissa sa jambe en travers de celles du jeune homme. Sa main remonta doucement le long de sa cuisse, et Hermione se déconnecta complètement de la réalité. Les lèvres de garçon pesaient sur les siennes, brûlantes. C'était un baiser tendre, timide, et d'une chasteté exemplaire. Chaste, et pourtant, qui soulevait en elle des sentiments terrifiants et inconnus, qui lui faisaient perdre pied.
Théodore glissa sa main vacante dans le dos de la jeune femme, caressant sa peau de pêche. Tremblante, Hermione entrouvrit les lèvres, espérant ainsi approfondir le baiser, mais ils n'en eurent pas l'occasion, Hermione, tout comme Théodore, venaient de s'éloigner d'un bond: la jeune femme avait renversé sa bière, et le contact froid et humide du liquide les avait surpris tous les deux, les forçant à rompre leur échange plus prématurément, les laissant sur leur faim. Hermione se maudissait en silence, alors que sa main diaphane serrait toujours le goulot de sa bouteille, presque vide désormais. Hermione rougit violemment, honteuse. Il n'y avait qu'elle pour se montrer maladroite dans des moments pareils. Elle s'en voulait, réellement. Elle aurait tué pour pouvoir continuer à profiter de ses lèvres, pour sentir sa langue glisser contre la sienne, parce que oui, avec lui, elle aurait été prête à aller jusque là alors qu'en pratique, avec Drago, elle ne l'avait pas souvent fait. Théodore quant à lui regardait sa chemise trempée, complètement dépité. Mais il ne semblait pas en colère contre elle. Malgré tout, la jeune femme se voyait dans l'obligation de s'excuser.
-Je suis désolée. Couina-t-elle d'une toute petite voix, ses joues colorées du plus beau rouge.
-C'est bon Hermione, la rassura-t-il, ce n'est pas grave, c'est que de la bière, il n'y a pas mort d'homme.
-il n'y a que moi pour faire des bêtises pareilles. Continua-t-elle de de morigéner, alors que Théodore levait les yeux au ciel. Je…je peux te payer le teinturier si c'est nécessaire, et…
-Hermione, écoute moi. Supplia-t-il en rivant son regard dans le sien. C'est bon, d'accord? Il n'y a pas de teinturier qui tienne. Ça va sécher, et ça va partir après un passage en machine. Ce n'est pas comme si c'était du vin, ou quelque chose qui tâche. Relax.
-alors…tu ne m'en veux pas? Demanda-t-elle, d'une toute petite voix.
-Mais non! Ce serait débile de t'en vouloir pour quelque chose d'aussi futile. Et si on finissait cette bière avant de faire d'autres bêtises? Ce ne serait pas mal, tu ne trouves pas?
Hermione acquiesça en silence, puis lui tendit la bouteille, sur laquelle il ne restait plus grand-chose. Elle soupira, et se blottit à nouveau contre Théodore, finissant sa cigarette, légèrement frustrée de ne pas avoir pu aller jusqu'au bout de leur baiser. Il est vrai qu'ils auraient pu recommencer, et cette fois, profiter de leur étreinte comme il se devait, mais l'un comme l'autre, d'un accord tacite, avaient décidé de ne pas tenter le diable et de rester raisonnables.
Et voilà pour les aventures de nos héros, avec un nouveau personnage en prime: Ginny, qui aura désormais droit à une scène également, puisqu'elle a une évolution qui lui est propre, et cette évolution va avoir des conséquences directes sur Ron. Et non, pas encore de roulage de pelle intensif entre Hermione et Théodore, mais ça ne saurait tarder, héhé, j'ai toujours le chic de couper au bon moment. Je tiens à préciser que Théodore et Hermione ne sont PAS encore ensemble, je sais exactement quand leur histoire va commencer et ce n'est pas avant un petit moment, désolée. Des couples originaux sont à prévoir, je vous laisse le soin de faire un pronostic sur qui va finir avec qui :p Bref, il y avait beaucoup de débauche dans ce chapitre, vous ne trouvez-pas? J'ai le regret de vous dire qu'il continuera à en être de même tout au long de la fic, même si qu'on se le dise, le drame sera tout de même présent, tous les personnages n'ont pas fini de révéler leurs secrets, des amitiés vont se faire et se défaire, et un mort est à prévoir d'ici la fin de la fic, qui je le rappelle comportera environ 15 chapitres. Et tant que j'y suis, pour ne pas que j'oublie, j'ai enfin arrêté un rythme de publication pour cette fic'; Si tout va bien, je devrais actualiser cette fic' toutes les semaines. J'update le fils prodigue tous les quinze jours et j'ai plusieurs chapitres d'avances pour cette fic', donc je devrais sans problèmes pouvoir écrire would you be happier assez rapidement. Si je me débrouille bien, je devrais avoir fini cette fic' vers le mois de mai, et je pourrai entre temps reprendre l'écriture de Revivre qui doit prendre la poussière depuis le temps. Voilà pour le programme de mes publications à venir, j'espère que vous serez toujours aussi nombreux à suivre et à commenter cette petite histoire, et on se dit à la semaine prochaine pour le chapitre 5, qui sera un spécial famille! (déjà le cinquième, eh oui, ça passe vite…) Et tapez moi, j'ai presque envie de faire la seconde génération avec pour personnages principaux Ginny, Luna, Asteria, Colin & compagnie. Raaah, c'est pénible d'avoir plein d'idées de fics et pas de temps pour toutes les exploiter uu'
