Me voici de retour après un long silence avec ce nouveau chapitre qui je l'espère vous plaira
Chapitre 4
Hermione avait bien entendu Charlie à sa porte. Elle avait entendu tous les bruits dans cette maison lors de ces deux derniers jours. Elle n'avait pas fermé l'œil depuis que Ginny l'avait raccompagnée de leur visite au Ministère. Elle s'était enfermée dans son bureau. Elle n'avait pas pleuré, elle avait mal mais elle n'avait pas pleuré. Elle ne comprenait pas pourquoi Ron l'avait quittée, tout ce qu'elle savait c'est qu'il la laissait seule.
Hermione s'en voulait de ne pas avoir su le retenir tout comme elle s'en voulait de ne pas avoir la force de s'occuper convenablement de ses enfants. Si elle y parvenait auparavant, c'était grâce à Ron, à cause de lui, il lui insufflait le courage nécessaire de tout réaliser. Comment allait-elle faire maintenant sans lui ?
Dès que leurs regards s'étaient croisés, dès leur première rencontre, lors du voyage qui l'emmenait avec Harry à Poudlard, elle avait su que Ron serait l'homme de sa vie. Tout comme ses parents avaient eu la même révélation dès leurs premiers jours. Pourtant Ron était l'antithèse de ce qu'elle considérait comme son prince charmant : il était bruyant, grossier, vorace, inattentif à ce qui l'entourait et apparemment surtout pas romantique pour deux sous. Cependant elle avait appris le connaître plus intimement, Ron et son amitié indéfectible, son humour pas toujours à propos, l'éclair que lançaient ses yeux lorsqu'une dispute éclatait entre eux et puis sa carrure qui lui donnait l'impression d'être en sécurité entre ses bras. Elle avait bien essayé de combattre ses sentiments en fréquentant Viktor Krum mais rien n'avait fait, Ron était bien trop présent dans sa vie pour qu'un autre homme ait une quelconque chance … Cependant elle aurait, à l'époque, démenti avec force qu'elle était amoureuse de Ron Weasley si quelqu'un avait eu l'audace de suggérer cette idée devant elle.
Toutefois elle ne regrettait pas d'avoir attendu leur septième année pour sortir réellement avec lui. Même si Ron avait toujours prétendu le contraire, Hermione savait que s'il n'avait pas fréquenté Lavande Brown, leur couple n'aurait jamais été aussi fort par la suite… Enfin c'est ce qu'elle avait cru jusqu'à la mort d'Harry. Ron s'était dès alors renfermé sur lui-même comme une huître, gardant désormais ses impressions pour lui. Il avait perdu pratiquement son sourire, seuls leurs enfants arrivaient encore à lui en arracher un de temps en temps… et malgré ça, ils en souffraient… Mais elle en souffrait encore plus qu'eux, Ron n'avait pas perdu que son sourire, son désir à son encontre avait lui aussi disparu progressivement et il avait lentement détourné son regard d'elle. Finalement le départ de Ron était peut-être la conclusion logique de leur histoire. Cependant elle aurait aimé connaître les raisons profondes de la détérioration de leur couple. Elle se doutait que cela avait un fort rapport avec le décès d'Harry, leur meilleur ami à tous les deux, elle soupçonnait Ron de se sentir coupable de n'avoir rien pu faire pour le sauver mais elle ignorait pourquoi, Ron en ayant fait un sujet tabou, interdisant à quiconque d'en faire mention en sa présence. De plus, le retour de Drago Malfoy n'avait rien arrangé à son humeur.
Hermione lança avec rage le livre qu'elle serrait contre elle telle une bouée. Celui-ci alla s'écraser sur le cadre qui faisait face à son bureau. Il la représentait lors de son mariage. Elle était enceinte jusqu'aux yeux mais pourtant Ron la saluait avec un grand sourire et il montrait avec fierté son ventre. Lorsque le cadre se détacha sous le choc et alla se briser au sol, le Ron souriant protégea son homologue enceinte du verre brisé.
-Hermione ?
La voix de Ron résonna dans la maison comme un coup de canon, pourtant ce qui aurait dû inévitablement arriver lors du retour de son époux, à savoir des cris et des bruits de cavalcade de Charlie et Kareen, ne se produisit pas. Elle crut rêver et encore plus lorsqu'elle vit la porte de son bureau s'ouvrir lentement. Personne en dehors de Ginny n'osait l'ouvrir. Ron avait cessé depuis des années de venir la réveiller ou même juste de la porter endormie jusqu'à leur lit. Ça ne pouvait être Charlie, trop respectueux envers les règles, ou Kareen qui avait été sévèrement punie avec James lorsqu'ils avaient interrompu par jeu une de ses expériences dangereuses et ils avaient bien retenu la leçon.
Son impression de rêve augmenta lorsque Ron entra.
-Hermione ? fit-il d'une voix inquiète. Ça va ?
Elle ne bougea pas, pas plus qu'elle ne réagit lorsqu'il s'accroupit à coté d'elle. Ce fut seulement quand ses doigts effleurèrent sa joue qu'elle réalisa deux choses. La première, c'est qu'elle ne rêvait pas et que Ron était bien présent à ses côtés et la seconde était l'effroyable silence qui accompagnait l'apparition de son mari.
-Où sont-ils ? Où sont mes enfants ? réagit-elle en se levant d'un bond de sa chaise.
-Ils sont chez mes parents… murmura Ron.
-Tu es venu me les prendre car tu penses que je suis une mauvaise mère, toi aussi. !
-Pas du tout ! Ils sont venus me rejoindre au bureau en s'inquiétant de toi et en me disant que tu n'allais pas bien.
-Je ne vais pas bien parce que tu m'as quitté sans me dire pourquoi ! hurla-t-elle pour le culpabiliser.
Ron se releva lentement en fuyant son regard, il alla ramasser leur photo de mariage dont il répara le verre brisé et le resuspendit au mur.
-Tu ne comprendrais pas et tu me haïrais, dit-il sans quitter des yeux la photo.
-Tu ne sais pas comment je vais réagir et cela malgré le fait que nous nous connaissions depuis pas loin de vingt ans ! Alors explique-moi ! Même si tu dois repartir après ou que je doive te forcer à partir d'ici, explique-moi…
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-Je vous remercie de m'avoir accompagnée pour ramener mes neveux, fit Ginny à Alan Cassidy devant l'âtre de la cheminée principale du Terrier. Avec Charlie et Argan, il n'y a généralement pas de soucis mais avec Kareen…
-Je comprends, fit le collègue de travail de Ron. J'ai pu l'admirer en action au bureau… On dirait un mauvais mélange de votre frère et de son épouse. Le physique quelque peu spécial de votre belle-sœur avec le caractère brouillon agrémenté de leurs deux caractères obtus et colériques donne celui de votre nièce …
Ginny ne put s'empêcher de hausser un sourcil, il semblait connaître assez bien Ron et Hermione, cependant il n'était arrivé en Angleterre que depuis quelques mois d'après ce qu'elle avait compris, en plus il n'était pas spécialement ami avec Ron et il venait juste de rencontrer Hermione.
-Et encore là, elle était particulièrement calme compte tenu des circonstances. Vous la verriez en pleine forme et avec James dans les parages…
-Maman ! cria un petit garçon courant vers elle.
-En parlant du loup, soupira-t-elle en se mettant à genoux pour accueillir son fils.
-Maman ! Tu as fini de travailler ? C'est Kareen qui m'a dit que tu étais là ! Elle m'a dit aussi qu'elle avait pris de la poudre de cheminette pour aller avec juste Charlie et Argan à l'ancien bureau de Papa ! Quand est-ce que j'irais moi aussi ?
Ginny écouta en souriant les questions de son fils, elle tenta de rabattre un épi dans ses cheveux qui revint aussitôt, comme cela arrivait continuellement à son père. Il vouait un véritable culte à Harry, jouant tout le temps à reproduire ses aventures avec Kareen, cette dernière jouant les rôles de Ron et Hermione, et Charlie récupérant contre son gré celui des Mangemorts et de leur chef, Voldemort.
Elle releva les yeux vers Alan et crut percevoir une lueur obscène et intéressée dans son regard cependant quand elle l'observa un peu mieux, la lueur avait disparu comme si elle n'avait jamais existé, elle crut alors avoir rêvé.
-James, tenta-t-elle en voulant interrompre le flot de questions de son fils. James… James !
-Oui ? fit-il en prenant un air piteux.
-Nous irons bientôt voir où ton père travaillait, promit-elle en l'embrassant sur la joue.
James parut alors se rendre compte de la présence de l'homme car Ginny le sentit se raidir contre elle en tournant mécaniquement la tête vers lui.
-James, je te présente l'auror Alan Cassidy, il travaille avec ton oncle Ron. Alan, voici mon fils James, fit-elle en ébouriffant un peu plus ses cheveux.
-Bonjour, dit l'auror en tendant la main.
James regarda cette main un bref instant avant de se coller son visage dans le creux de l'épaule de Ginny qui sourit d'un air désolé à son interlocuteur.
-Je ne comprends pas, d'habitude, il est très amical avec les personnes qu'il rencontre pour la première fois… parfois même trop, s'excusa-t-elle.
-Il doit être intimidé de rencontrer quelqu'un qui fait le même travail que son père.
-Probablement, murmura la jeune femme avec scepticisme.
-Je vais vous laisser, Shacklebolt doit m'attendre.. Il donne sa journée à votre frère pour régler un petit problème de couple alors que nous sommes en plein milieu d'une enquête cruciale, lança Cassidy en haussant les épaules
-Malfoy… pensa à haute voix Ginny.
-Celui-là même… répondit Cassidy avec un petit sourire.
-Vous ne paraissez pas apprécier beaucoup mon frère, avança-t-elle.
Le sourire du coéquipier de Ron se figea et la couleur de ses yeux parut virer du vert émeraude à un bleu acier presque gris d'une froideur presque irréelle avant de recouvrir sa couleur originale. Ginny crut même voir son poing se serrer à s'en faire blanchir les jointures.
-C'est vrai… J'ai demandé à faire équipe avec lui car je pensais retrouver l'auror qui a survécu aux deux dernières grandes batailles et finalement je me suis retrouvé avec une loque qui se lamente sur sa vie de famille et qui est obnubilé par un Mangemort. Et lorsque celui-ci réapparaît, Weasley reste sans réaction ou court chez lui pour s'engueuler avec sa grosse… Je suis déçu, c'est tout…
Ginny comprenait ce que voulait dire Alan Cassidy. Elle avait tenu plus ou moins le même discours à son frère quelques mois auparavant. Pourtant elle avait l'impression que Cassidy n'était pas totalement franc avec elle.
-Si je ne repars pas immédiatement au bureau, Shacklebolt risque de me reléguer aux conflits de voisinages pendant un bon bout de temps.
-Je comprends… A bientôt alors.
-J'espère que nous aurons enfin l'occasion de boire de un verre ensemble.
-Moi aussi, répondit Ginny en rougissant.
-Je vous envoie un hibou prochainement alors… ajouta Alan Cassidy en lui souriant. N'oubliez pas mon offre pour une visite privée du quartier général des aurors…
-Je n'oublierai pas, comptez sur moi pour vous le rappeler rapidement.
-Au revoir donc…
Sur ses mots, l'auror transplana non sans lui avoir adresser un dernier sourire chaleureux. Ginny continua à contempler l'endroit où il se trouvait un long moment avant qu'elle ne se rappelle qu'elle était accroupie au milieu du séjour de ses parents en serrant son fils contre elle. Elle lui sourit en desserrant son étreinte.
-Nous irons bientôt visiter l'ancien bureau de Papa, tu es content ?
La réponse de James ne fut pas celle qu'elle attendait.
-Non ! Le monsieur est pas beau ! Je suis certain que c'est un des méchants que Papa combattait avec Tonton Ron !
-Qu'est ce que tu racontes ? fit-elle sidérée. Alan est très sympathique, il travaille avec ton oncle Ron à chasser les méchants donc c'est un gentil.
-Non, c'est un méchant ! Il veut te faire oublier Papa ! cria James en tapant du pied.
-Je n'oublierai jamais ton père, James. Chaque fois que je te regarde, c'est lui que je vois.
-Menteuse ! hurla James. Tu veux te remarier avec le méchant monsieur, tu vas avoir d'autres bébés et tu m'aimeras plus !
-Je n'ai jamais dit que j'allais épouser Alan ! Je reconnais que je l'apprécie beaucoup mais je n'en suis encore pas là ! De toute manière, je t'aimerai toujours autant, James.
Elle tenta de l'attirer à lui pour le rassurer mais James se montra fuyant comme une anguille, il lui échappa en courant vers les escaliers. Après avoir monté quelques marches, son fils se tourna vers elle, le visage ruisselant de larmes.
-Tu vas m'oublier comme tu as oublié Papa ! En fait, tu m'as jamais aimé et moi, je t'aime plus du tout ! Tu n'es plus ma Maman ! hurla-t-il avant de monter à toute vitesse les marches et d'aller se cacher Merlin et Kareen savaient où dans le grenier.
Ginny était bien trop estomaquée pour réagir. Elle avait aimé Harry plus qu'il n'en était concevable, elle l'avait aimé contre toute raison, dès qu'elle avait croisé son regard émeraude sur le quai 9 ¾, elle l'avait aimé quand il sortait avec Cho Chang et qu'elle-même sortait avec d'autres garçons. Elle l'avait aimé malgré le fait qu'ils aient rompu et qu'ils aient attendu plus d'un an avant de pouvoir se remettre ensemble. Elle avait continué après sa mort et si elle ne l'avait uniquement pas rejoint, c'était uniquement parce qu'elle attendait James et qu'elle tenait à ce qu'il existe une preuve qu'Harry ait réellement existé avec la naissance de son enfant. Elle pouvait comprendre que James n'aime pas beaucoup qu'elle se mette à fréquenter d'autres hommes mais elle n'acceptait qu'il prétende qu'elle ne les aimait pas lui et son père.
Elle se leva et monta jusqu'au grenier, bien décidée à le lui faire comprendre.
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-Explique-moi, Ron. Dis-moi pourquoi tu nous fuis !le supplia Hermione.
Ron lui aurait expliqué l'affreuse vérité s'il avait cru un seul instant qu'Hermione pourrait lui pardonner après mais son crime était si horrible que le jour où le monde magique l'apprendrait, le nom de Ronald Weasley serait honni, rayé des manuels d'histoire et qu'il serait mis au ban de la société.
-Ron …
Il ne bougea pas et continua à contempler la photo de son mariage. Harry lui avait servi de témoin ce jour-là. Il avait plaisanté avec tout le monde, faisant hurler de rire les invités en prononçant son discours de félicitations, il s'était montré d'un romantisme absolu avec Ginny. Pourtant Ron était certain qu'Harry savait pour l'acte qu'il préparait, il n'avait pourtant rien dit, ne l'empêchant pas et sous un certain angle, l'encourageant presque. Pour cela entre autre, Ron lui en voulait. Cependant c'était lui, Ron, l'unique coupable… il devrait tôt ou tard payer pour son crime.
-Je ne peux pas Hermione.
Il sentit les mains d'Hermione resserrer la pression sur ses bras, il crut un instant qu'elle allait l'obliger à la regarder mais elle n'en fit rien. Elle renifla juste tristement.
-Tu te souviens de ce que le mage a prononcé lorsque nous nous sommes mariés ? demanda-t-elle soudainement.
Il fut pris de cours, il s'attendait à tout sauf à cette question.
-Pas dans les grandes lignes mais oui …
Il avait pendant un court instant quitté le cadre des yeux et il avait croisé le regard d'Hermione mais il n'avait pu le soutenir bien longtemps.
-Quand le mage t'a demandé si tu acceptais de m'épouser dans la richesse ou la pauvreté, en bonne santé ou malade, dans le bonheur ou la malheur, qu'est ce que tu as répondu ?
Il était vraiment perdu, il ne voyait pas tout où elle voulait en venir.
-Qu'est ce que tu as répondu, Ron ?
-J'ai répondu oui…
-Et moi, quelle fut ma réponse ?
-Oui… Mais tu aurais dû dire non, marmonna-t-il.
La pression des mains de son épouse sur son bras augmenta brusquement à lui en faire mal.
-Je n'aurais jamais dit non.
-Où est-ce que tu veux en venir, Hermione ?
Il l'entendit soupirer et il était certain qu'au même instant, elle levait les yeux au ciel en se mordant la langue pour ne pas se mettre à lui hurler dessus.
-Ce que je veux que tu comprennes, c'est que quoi que tu m'apprennes, je t'aimerai toujours.
Ron ferma les yeux pour ne pas pleurer, il savait que malgré ce qu'elle prétendait, elle ne l'aimerait plus jamais de la même manière et qu'elle lui interdirait probablement de revoir ses enfants.
-Harry n'est pas mort à cause de toi, tu dois le comprendre. Tu étais blessé et bien trop loin pour que tu puisses faire quoi que ce soit…
Il rouvrit les yeux et regarda dans ceux d'Hermione en se mettant à pleurer.
-Non, c'est entièrement de ma faute si Harry est mort ! Si j'avais été un meilleur ami, il ne serait pas mort, il ne se serait pas…
Rien qu'évoquer la scène de la mort de son meilleur ami la lui faisait revivre. Il se revoyait allongé sur le ventre, contemplant Harry qui menaçait de sa baguette Malfoy qu'il venait d'envoyer à terre. Durant un bref moment, il avait cru que son meilleur ami allait tuer le Serpentard apparemment sans défense mais Harry s'était tourné dans sa direction, présentant son dos à leur ennemi. Harry avait prononcé douze mots terrifiants mais ce furent ses yeux qui délivrèrent le message le plus important puis le sort mortel de Malfoy l'avait fauché. Ce dernier avait éclaté de rire comme un dément avant de transplaner sans demander son reste.
-Que te reproches-tu Ron ? Quelle faute as-tu bien pu commettre envers Harry pour que tu t'en sentes encore coupable sept ans après ? le supplia Hermione au bord des larmes.
-Je n'étais pas un bon ami pour lui …
-Ce n'est pas vrai ! Tu étais son meilleur ami ! Quoi que tu aies pu faire, il t'aurait pardonné.
-Ça oui, il m'aurait pardonné mais moi, je ne le pourrais jamais !
-Quoi ? Dis-moi quoi ?
-Si j'avais été un meilleur ami, j'aurai vu qu'il n'allait pas bien, hurla Ron en prenant le cadre et en le brisant au sol. Je l'aurai aidé à se sentir mieux, continua-t-il en renversant la bibliothèque. Si j'avais été un meilleur ami, il ne se serait pas suicidé !
