Titre : Dragonii refugiu
Disclaimer : L'univers d'Harry Potter appartient bien évidemment à JKR. Je ne fais que réutiliser sa merveilleuse propriété. Seule l'histoire est de moi.
Pairing : CW/HP
Rating : T
Statut : Terminée - 13 chapitres
Bêta : EpsilonSnape
Nda :Bonsoir à tous ! Je vous poste ce chapitre alors que je suis complètement cramée de ma journée, du coup j'avoue avoir un peu la flemme de le relire attentivement. J'ai modifié une bonne partie du chapitre parce que les temps n'étaient pas les bons (je passais du passé simple au plus-que-parfait entre les paragraphes….beuuurk) mais il se peut qu'il y ait quelques coquilles.
Normalement, Epsi est déjà passée par la case accord et moi aussi, il y a quelques semaines maintenant, donc le plus gros des horreurs devrait avoir disparu.
Je vous présente cependant mes excuses à l'avance pour les éventuelles erreurs affreuses qui se seront surement glissées dans ce chapitre.
Bonne lecture à vous tous et toutes
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CHAPITRE 4
La soirée était bien avancée. La nuit était tombée depuis longtemps, et la place du village était désormais éclairée par la lune et le brasier. Pourtant, personne ne semblait vouloir se coucher. Les mets sur les tables avaient été presque intégralement mangés, et la plupart des dragonniers et enfants s'étaient relayés sur scène pour faire leur numéro.
Harry avait passé la soirée à discuter avec un peu tout le monde, Elisa n'était jamais resté bien loin de lui, faisant les présentations quand c'était nécessaire ou le sauvant de longues et interminables discussions parfois. Tous les deux avaient fait encore plus connaissance, et l'affection que ressentait l'anglais envers cette jeune fille n'avait été qu'en s'agrandissant.
Ils avaient longtemps parlé de leur enfance et s'étaient découverts de nombreux points communs. Si Elisa venait d'une famille plus qu'aisée et avait été élevée par ses parents, de riches propriétaires d'un élevage de chevaux, ce n'était pas pour autant qu'elle avait été aimée. Née un jour d'orage, elle avait été rejetée par sa mère. Selon une vieille superstition chez les sorciers roumains, un enfant né un tel jour était un enfant sans magie ou à la magie faible. Or, encore aujourd'hui, une fille sans magie n'était jamais vu d'un bon oeil dans certaines familles : cela signifiait qu'elle ne pouvait aider aux tâches ménagères, qu'elle devait cuisiner à la main et qu'il était difficile de la marier.
Ainsi, les premières années de sa vie, Elisa avait été délaissée par sa famille. Quand, à l'âge de cinq ans, ses parents s'étaient aperçu qu'effectivement elle avait un potentiel magique faible, elle n'avait plus existé à leurs yeux. Dénigrée au quotidien pas ses frères et soeur, ignorée par sa mère et battue par son père, son seul refuge avait été Uman, un grand frère qui l'avait prise sous son aile. Ce refuge lui avait été violemment arraché à l'âge de neuf ans alors qu'Uman était subitement mort d'une maladie qui avait drainé toute sa magie puis son énergie vitale. Elle n'avait pas eu l'autorisation d'assister à son enterrement, ça avait donc été tard, à la nuit tombée, qu'elle s'était rendu sur sa tombe, pleurant ce frère aimé.
Malheureusement pour elle, sa plus jeune soeur l'avait entendu rentrer tard cette nuit là. Elle était allée prévenir son père qui l'avait battu une nouvelle fois avant de la laisser, gisante, dans un ancien box. Elisa faillit mourir cette fois-ci. Encore aujourd'hui, elle ne savait pas par quel miracle elle survécut. A partir de ce jour et pendant trois longues années, elle avait subi la vie qu'on lui avait donnée. Battue et affamée chaque jour, elle avait dormi dehors, survivant pourtant chaque année aux grands froids de l'hiver.
Un matin, alors qu'elle fêtait silencieusement ses douze ans dans son box, son père était venue la chercher. Il l'avait amené jusqu'à l'une de ses soeurs. Cette dernière, sans dire un mot, l'avait agrippée par le bras avant de la traîner jusqu'à un grand bac rempli d'eau. Pour la première fois en trois ans, Elisa avait pu prendre un bain chaud. A ce moment, elle n'avait pas cherché à comprendre ce qui lui valait ce privilège, profitant de l'eau chaude sur sa peau. Sa soeur lui avait violemment lavé les cheveux puis frotté le corps. Quand Elisa était ressorti du bac, elle était propre mais son cuir chevelu et sa peau étaient à vif.
On l'avait ensuite obligée à revêtir une belle robe ocre, malgré ses protestations selon lesquelles elle allait la salir et l'abîmer. Une fois habillée, sa soeur l'avait fait s'asseoir dans un coin de la cuisine et lui avait apportée une assiette pleine de victuailles, toujours sans dire un mot. Elisa était restée de longues minutes sans toucher au contenu, trop apeurée qu'il s'agisse d'un piège et qu'elle n'ait pas le droit d'y toucher. Sa mère était passée près d'elle à un moment et d'un ton autoritaire lui avait dit de manger. Ce qu'elle s'était empressée de faire.
Dix minutes plus tard, alors qu'elle était en train de lécher le fond de son assiette, sa soeur l'avait une nouvelle fois attrapée par le bras. Elle l'avait suivit difficilement, manquant de tomber. Celle-ci s'était arrêtée devant une grande porte avant de frapper trois coups secs et Elisa avait reconnu l'entrée du grand salon. Sa mère était venue leur ouvrir, l'avait regardée de la tête au pied, avait acquiescé séchement puis l'avait poussée jusqu'à un canapé avant de sortir de la pièce.
Elisa était restée assise pendant de longues heures, seule et perdue. Vers le milieu de l'après-midi, son père était entré dans le salon, un individu qui semblait avoir le même âge que lui à sa suite. Son père s'était posté devant elle, droit comme un i.
- Soțul tău, avait-il simplement déclaré.
Ton mari. A ce moment seulement, Elisa avait compris la mascarade du matin, on ne l'avait pas autorisée à prendre un bain ou à manger, on l'avait préparée pour l'arrivée de son futur époux. Futur époux qui était quatre fois plus âgé qu'elle. Elle avait retenu les larmes qui lui été montées aux yeux, gardant un visage le plus neutre possible. Pendant deux heures, elle subit les paroles et les gestes graveleux de l'homme. Juste après son départ, elle se précipita aux latrines, vomissant le seul vrai repas auquel elle avait eu le droit depuis longtemps.
Encore une fois, ça avait été sa soeur qui était venue la chercher. Sans ménagement, elle lui avait nettoyé la bouche et la souleva. Elle la traîna jusqu'à une des chambres et l'y enferma.
- Tu as de la chance qu'on t'ait trouvé un mari, avait-elle déclaré avant de fermer la porte.
Encore sous le choc, Elisa n'avait pas réagi. Elle s'était effondrée sur le lit simple qui ornait la pièce, avait longuement pleuré et s'était endormie. Quand elle s'était réveillée, la nuit était déjà tombée. Quelqu'un était venu déposer une assiette de chiftele pendant son sommeil, elle avait mangé goulument, peu importait que le plat fut froid depuis bien longtemps.
Quand elle avait fini son repas de fortune, elle était décidée : il était hors de question qu'elle reste ici et qu'elle épouse cet homme. Elle avait attrapé la couverture du lit, l'avait roulé en boule, avait déchiré les taies d'oreiller pour faire des lanières de tissus et avait accroché difficilement la couette dans son dos. Quand elle avait été prête, elle avait ouvert la fenêtre et sauta vers la liberté, remerciant silencieusement que sa famille n'ait pas imaginé un seul instant qu'elle puisse s'enfuir. Pour eux, elle aurait dû se sentir honorée et soulagée qu'on accepte de la prendre pour épouse.
Elisa ne sut pas quand sa famille découvrit sa fuite, ni si elle tenta de la retrouver. Elle avait marché toute la nuit, et s'était réfugiée dans les montagnes. Là, elle avait slalomé entre les arbres avant de s'endormir sous un buisson, se recouvrant de sa précieuse couette. Pendant une semaine, elle avait survécu dans ces bois, se nourrissant de feuilles et de racines, buvant quand elle rencontrait des points d'eaux. Au bout de six jours, elle s'était effondrée, épuisée. Ce fut à ce moment que Roméo la trouva.
L'homme était à la recherche d'un champignon bien spécifique pour un onguent. Il était tombé sur elle et avait décidé de la ramener à la réserve. Il l'avait soignée, s'était occupé d'elle et l'avait remise sur pied. Elisa avait longtemps était persuadé qu'il la jetterait dehors quand il comprendrait qui elle était. Mais les semaines passant, les mois s'écoulant, elle avait fini par comprendre que le vieil homme n'avait aucun intention de la faire partir. Pour le remercier et pour remercier ce village qui l'avait acceptée, Elisa avait décidé de consacrer sa vie à la réserve et avait appris à considérer tous les dragonniers comme sa famille.
- Tu vois, je m'en sors pas si mal finalement, avait-elle dit pour finir. J'ai une vie que je n'aurais jamais eu si j'étais née avec une magie suffisante. Et j'ai une grande famille que j'aime.
Harry lui avait souri tendrement et après un long silence, lui avait raconté son enfance. Le placard, son oncle et sa tante, son cousin. Les longues heures à s'occuper du jardin sous un soleil de plomb, les humiliations de la tante Marge. Puis il lui avait parlé de Ron et d'Hermione, de la famille Weasley, de Luna, de Neville et bien d'autres.
- Tu as raison, je ne m'en sors pas si mal. Si je n'avais pas été élevé comme je l'ai été, peut-être que je n'aurais jamais connu ceux qui sont aujourd'hui ma famille.
Ils avaient échangé un sourire de connivence et la soirée avait continué tranquillement. Bien plus tard, alors qu'il n'y avait personne sur l'estrade depuis un moment et qu'Harry discutait avec une dragonnière, Elisa s'approcha de lui.
- C'est à ton tour ! déclara-t-elle.
- A mon tour ?
- De faire quelque chose sur la scène. Il n'y a plus que toi et moi, et je suis la dernière à passer. Alors c'est à toi.
Harry l'observa un moment, perdu. Il regarda ensuite autour de lui et aperçut les sourires d'encouragements qu'on lui lançait.
- Mais je ne sais pas quoi faire…
Charlie s'approcha d'eux.
- Alors il va falloir trouver quelque chose, tout le monde y passe, dit-il, compatissant.
- Mais-
Harry ne put rien dire d'autres, le roux et sa guide était en train de le tirer vers la scène. Moins de deux minutes plus tard, il était sur l'estrade, rouge comme une pivoine, tous les visages tournés vers lui. Il détestait être le centre de l'attention. Son cerveau tournait à cent à l'heure pour trouver quelque chose.
Il pouvait… leur raconter la mort de Voldemort. Ou encore, la fois où il avait lancé un sort qu'il ne connaissait pas sur un élève, manquant de peu de le tuer. Ou peut-être cette fois où il avait parlé à un serpent et que tout Poudlard l'avait pris pour l'héritier de Serpentard. Il désespérait de trouver une idée qui ne plombe pas l'ambiance quand un souvenir lui traversa l'esprit.
Il balaya son audience du regard. Oui, ça conviendrait. Un doux sourire naquit sur ses lèvres et il s'assit en tailleur sur les planches de bois. Il attrapa sa baguette et d'un léger mouvement fit apparaître un orbe blanc devant lui, de la taille d'une pastèque, qui émettait une douce lumière. Harry l'observa un instant, se concentrant un instant. C'était un souvenir qui datait de l'année dernière, alors qu'il faisait des travaux de rénovation au Square Grimmaud.
Un nuage de fumée se dessina dans l'orbe. Après quelques secondes, il prit la forme d'un cerf puis d'un chien.
- Laissez-moi vous raconter l'histoire de Patmol, Cornedrue, Lunard et Queudver, commença-t-il d'une voix emprunte de nostalgie. Patmol était un grand chien noir et rieur, qui aimait…
Il se perdit dans ses souvenirs alors qu'il racontait son histoire. Un peu plus de douze mois auparavant, il avait trouvé un petit paquet cadeau en rangeant la chambre de Sirius. Curieux, il l'avait ouvert et avait découvert un petit livre imagé intitulé "L'histoire des Maraudeurs". Sur la première de couverture, un gros chien noir, un cerf majestueux, un loup à longs poils et un petit rat avaient été dessinés.
Harry l'avait ouvert lentement. Sur la première page, une unique phrase avait été écrite : "Joyeux Anniversaire Harry". Des larmes silencieuses s'étaient mises à couler sur ses joues tandis qu'il avait lu cette histoire qui racontait les frasques de son père et ses amis de leur temps à Poudlard. Il l'avait relue de nombreuses fois par la suite, si bien qu'il la connaissait par coeur dorénavant.
- Et c'est ainsi que Cornedrue, Patmol, Lunard et Queudver dirent au revoir à leur première tanière. « Il ne faut pas pleurer, » chuchota doucement Lunard. « C'est juste une nouvelle histoire qui commence. » Ses trois amis acquiescèrent, et ils se dirigèrent vers leur avenir.
Un long silence suivit la fin de l'histoire. Harry ferma les yeux un instant, retenant l'émotion qui l'étraignait à chaque fois qu'il pensait à Sirius et Remus. Quand il les rouvrit, Elisa l'observait avec un grand sourire. Il lui rendit son sourire et fit disparaître l'orbe. Ce geste sembla réveiller les foules car un premier applaudissement retentit sur la place, puis un second. Très rapidement, le mouvement se répandit, et bientôt tout le monde applaudissait la performance du brun.
Harry rougit et se leva en vitesse, remerciant les roumains. Il se dépêcha ensuite de quitter la scène et se retrouva nez à nez avec sa guide.
- Tu es un très bon conteur, lui dit-elle, émue.
- Je… vraiment ? J'avais peur d'être un peu barbant, et je ne savais pas si cette histoire était vraiment adaptée. Peut-être que j'au-
- Non vraiment, l'interrompit Elisa. J'espère que tu nous raconteras d'autres histoires.
Sa remarque émut Harry. Il sentit sa gorge se serrer et c'est la voix légèrement cassée qu'il répondit :
- Merci.
Elisa lui sourit puis monta sur l'estrade. Une fois debout sur les planches de bois, elle se tourna vers le brun.
- C'est à mon tour maintenant.
Harry l'observa se placer au centre de l'estrade puis sentit une main se poser sur son épaule. Il reconnut Charlie.
- Viens, pour la performance d'Elisa, il faut se mettre bien devant la scène.
- Tu sais ce qu'elle va faire ? demanda Harry.
- Bien sûr. Tout le monde le sait. Depuis qu'elle est arrivée il y a trois ans, c'est toujours elle qui termine nos soirées.
Ils se placèrent correctement et Harry put apercevoir que tout le monde s'était approché de la scène. Jusque là, les conteurs, chanteurs ou danseurs avaient été regardés ou écoutés avec plus ou moins d'attention, mais pour Elisa, pas un seul dragonnier n'était à l'écart. Les enfants étaient tous assis au premier rang, sages et silencieux.
- Elle t'a dit qu'elle était une enfant sans magie ? Enfin, qu'elle avait potentiel magique très faible ?
Harry acquiesça.
- Ce n'est pas exactement ça. D'un point de vue général, c'est vrai qu'elle a une magie plus faible que les autres, elle ne peut lancer la plupart des sorts. En fait, elle a une magie de l'imagination.
- Une magie de l'imagination ? Je n'en ai jamais entendu parler.
- Normal, c'est très peu répandu en Occident. Elisa peut rendre toute ce qu'elle imagine réel pour quelques secondes, ou minutes. Et c'est comme ça qu'elle nous raconte ces histoires.
Devant eux, un dragonnier se tourna.
- Chut ! Ca commence.
Ils hochèrent la tête, et se concentrèrent sur la jeune fille. Elisa se tenait immobile, au centre de la scène, les yeux fermés. Pendant plusieurs secondes rien de se passa, puis le vent sembla se lever. Les cheveux de la jeune fille voltigèrent vers la gauche. Elle leva une main, puis l'autre et commença des mouvements circulaires. Harry reconnut le cérémonial des dragons, qu'elle lui avait décrit un peu plus tôt dans la journée.
Ses gestes se firent de plus en plus précis, de plus en plus rapides. Soudainement, un grondement, rauque et profond retentit, faisant sursauter Harry. Il regarda autour de lui, mais personne n'avait bougé. Il se reconcentra sur la jeune fille. Un deuxième grondement résonna et cette fois-ci, le sol trembla. Quelques secondes après, un dragon miniature apparaissait au dessus de la tête d'Elisa. Il semblait plus vrai que nature.
Le jeune fille se déplaça d'un pas sur la gauche, et la créature s'envola. Harry l'observa disparaître dans les airs puis redirigea son attention sur scène. Il fut impressioné par ce qu'il y vit : une plaine avait remplacé les planches en bois et il était persuadé de voir l'herbe ondulait. Aux pieds d'Elisa, un oeuf coloré de la taille d'un souafle oscillait. Un nouveau mouvement de la roumaine et l'oeuf se brisa.
Durant la demi-heure qui suivit, Harry découvrit en image la vie accélérée d'un dragon, de l'éclosion de son oeuf à sa mort. Le temps d'une histoire, l'anglais eut un aperçu de ce qu'était la vie d'un dragonnier. Quand la magie d'Elisa s'éteignit, ses yeux brillaient d'émotions contenues, comme tout ceux des personnes présentes. Les enfants se levèrent et coururent sur scène, s'émerveillant et demandant un peu plus à la jeune femme.
Une voix à sa droite fit sursauter Harry.
- La magie de l'imagination est la plus belle de toute.
Le brun se tourna vers Roméo. Une larme avait coulé le long de sa joue droite et le sourire qu'il arborait montrait la fierté et l'amour qu'il ressentait pour Elisa.
- Je n'en avais jamais entendu parlé, avoua Harry. Qu'est-ce que c'est ?
- C'est une magie de conteurs et conteuses, expliqua Roméo en se tournant vers lui. Il y a de cela plusieurs siècles, les sorciers de l'est pensaient que pour transmettre leur savoir et leur histoire, il était nécessaire de passer par l'oral. Ils pensaient que par l'écrit, la magie se perdait. Certains d'entre eux se spécialisèrent donc dans ce domaine, et petit à petit, leur magie se transforma, s'adapta. Ils n'étaient plus nécessaire pour eux de lancer des sorts, si ce n'étaient les sorts de bases. En revanche, développer leur mémoire et leur manière de transmettre était crucial. Ainsi naquit la magie de l'imagination : une magie qui permet à celui qui la possède de rendre réel ce qu'il raconte, de donner à voir ce qu'il sait.
Harry tourna son regard vers Elisa, pensif.
- Sa famille n'était-elle pas au courant ?
L'homme haussa les épaules.
- Peut-être l'était-elle, peut-être que non. Les conteurs ne sont plus aussi respectés qu'il y a deux cents ans.
- Comment a-t-elle développé cette magie ?
- On ne développe pas la magie de l'imagination mon garçon, on né connais son histoire n'est-ce pas ?
Harry répondit à l'affirmative.
- Peu de temps après son arrivée ici, je l'ai surprise alors qu'elle racontait une histoire aux enfants du village. Animaux en tout genre couraient et voltigeaient autour du petit groupe qu'ils formaient. J'ai tout de suite compris qui elle était. Quand je l'ai questionnée à ce propos, elle m'a avoué faire ça depuis aussi loin qu'elle s'en souvienne, c'était sa manière à elle pour survivre à chaque journée.
Sur ces dernières paroles, Roméo jeta un dernier regard pour celle qu'il considérait comme sa fille et un sourire tendre fleurit sur son visage. Après quelques secondes, il se tourna vers Harry et lui souhaita une bonne nuit. Ce dernier fit de même et l'observa s'éloigner en silence.
Peu de temps après, Elisa apparut à ses côtés, joyeuse, un air taquin dans les yeux.
- Alors ?
- Alors, répondit Harry, je suis peut-être un bon conteur, mais je n'ai pas ton talent.
Les joues de la jeune fille rosirent sous le compliment.
- Ce n'est pas pareil, se justifia-t-elle. Toi tu racontes avec des mots, moi avec des images. On ne peut pas comparer.
- Tu as raison… ce n'est pas comparable. Tu es bien trop douée pour que je puisse me comparer à toi.
- Ce n'est pas ce que j'ai dit ! s'exclama Elisa.
Harry éclata d'un rire joyeux. Il décoiffa gentiment sa guide qui maugréa pour la forme.
- Merci Elisa, dit-il au bout de quelques minutes en redevant très sérieux. Merci de nous avoir partagé ta magie.
La jeune femme rougit une nouvelle fois et détourna le regard pour ne pas montrer sa gêne. Elle ne savait pas quoi répondre et s'apprêtait à fuir lachement quand Charlie s'approcha d'eux, lui offrant une porte de sortie.
- Tout le monde va se coucher. On devrait suivre le mouvement.
- Je dois juste aller chercher quelques affaires, déclara Harry. Laisse-moi faire l'aller-retour, et je te suis.
Le roux acquiesça et une fraction de secondes plus tard, Harry avait disaparu. L'anglais réapparut dans une rue du quartier magique de Târgu Mures, une dizaine de minutes plus tard il avait rejoint son hôtel. Il trouva un groom à l'accueil, lui annonça qu'il quittait sa chambre et qu'il venait juste récupérer ses affaires. Une nouvelle dizaine de minutes plus tard, il avait réglé sa semaine, récupéré ses maigres possessions - sa valise étant toujours portée disparue - et se dirigeait vers une zone de transplanage.
Ce fut donc un peu plus de trente minutes après son départ qu'il revint à la réserve. Il transplana sur la scène, remerciant silencieusement les dragonniers de ne pas l'avoir démontée. Charlie et Elisa étaient assis un peu plus loin. Ils se levèrent en l'entendant arriver et Harry les rejoignit en quelques pas.
- Tu n'étais pas obligée d'attendre Elisa.
La conteuse haussa les épaules.
- Je sais, se contenta-t-elle de répondre avant de leur souhaiter une bonne nuit.
Les deux sorciers la regardèrent s'éloigner.
- Je crois qu'elle voulait s'assurer que tu étais bien revenu, déclara alors Charlie. Elle t'apprécie beaucoup.
- Et c'est réciproque, répondit Harry.
Charlie lui sourit puis l'invita à le suivre. Il se dirigèrent vers une maisonnette, à une centaine de mètres de la place.
- Tu vas voir, ce n'est pas bien grand, surtout comparé au Square Grimmaurd, s'excusa la roux. Mais c'est confortable.
Ce n'était en effet pas bien grand. La maison était composée de quatre pièces : un salon, une petite chambre, une salle d'eau et une cuisine. Chacune des pièces était meublée du stricte minimum. Un canapé et une table pour la première, un lit, une table de chevet et une commode pour la deuxième, un lavabo, une douche et un w.c. pour la troisième. La cuisine était l'endroit le plus encombré : un four, une plaque de cuisson, une table avec deux chaises et un frigo l'habillait, ainsi que plusieurs meubles de rangement.
- Je ne passe pas beaucoup de temps ici, se justifia Charlie. La plupart du temps, je suis à la réserve, et quand je n'y suis pas, je suis souvent chez d'autres dragonniers. Je ne rentre ici que pour dormir, et encore… je ne compte plus le nombre de fois où j'ai dormi à la belle étoile ou dans la chambre d'ami de Roméo.
Tout en racontant cela, Charlie avait transformé son canapé en un lit une place. Il partit ensuite chercher des couvertures dans sa chambre et les jeta sur le nouveau lit.
- Je ne peux pas t'offrir plus, désolé.
- C'est très bien Charlie, merci ! Déjà que je m'impose. Ca devrait être à moi de m'excuser.
- Très bien alors on va s'arrêter là, sinon on y est encore au petit matin !
Et sur ces dernières paroles, Charlie lui fit un clin d'oeil. Ils se souhaitèrent bonne nuit et le roux partit dans sa chambre. Harry posa son sac dans un coin de la pièce, se changea et se coucha. Quand il s'endormit, ce fut pour rêver de dragons, de cerfs et de loups-garous.
§ § §
Voilà pour ce chapitre, n'hésitez pas à me signaler les fautes que vous voyez,
Merci de lire et d'être si nombreux à suivre cette histoire !
Ca fait extrêmement plaisir !
A la semaine prochaine,
Pauu
