Bonjour à tous !
Ce chapitre marque l'arrivée (assez spéciale, je l'avoue) du personnage manquant à notre trio. Son apparition pourra vous étonner et n'est, d'ailleurs, peut-être pas ce que vous attendiez du personnage (l'aurais-je fait exprès ? :d), c'est pourquoi j'attends impatiemment vos réactions.
Bonne lecture.
Kingaaa.
Chapitre 3 :
Il faisait déjà nuit. Le ciel avait pris une teinte sombre et pourtant suffisamment éclairée par les étoiles qui scintillaient. La nuit était là, environnant l'atmosphère si calme et paisible du soir. Les ténèbres, prêtes à manger tout être qui s'aventurait dans leur gouffre étaient si proches qu'il pouvait, de sa main, tendre vers elles et y sombrer.
Était-ce la fin ?
Un sourire amusé passa sur les lèvres saignantes de cette silhouette à terre. Ses yeux trempés dans son propre sang pouvaient, tout de même, discerner les étoiles qui semblaient le narguer de là-haut, le provoquer. Quelle bêtise ! L'homme se sourit à lui-même devant ce spectacle. Pourquoi était-il couché ici, au juste ?
La nuit était déjà bien entamée et il avait pourtant atterri ici. La noirceur ne l'avait pas empêché de regagner un endroit qu'il ne connaissait pas, un lieu où pourtant il avait décidé de mourir. Un rire sarcastique s'échappa de sa bouche blessée et tout son corps sentit les conséquences de cet effort un peu partout. Pourquoi riait-il au fond ? Qu'y avait-il de drôle à mourir ici ?
Aucun combat ne l'avait pleinement arrêté. Il n'était pas du genre à abandonner quelque soit l'adversaire qu'il avait en face de lui. Toujours prêt à affronter continuellement le monde; tout l'univers de ses gestes assez loufoques, mais tellement dévastateurs. Personne ne lui avait encore fait renoncer à exister. Peut-être parce qu'il ne s'attachait pas à ce que les autres lui disaient ou pensaient. Pour lui, c'était du vent, de la merde.
Alors que faisait-il ici ? Était-ce l'endroit le plus idéal pour mourir ?
Il entendit vaguement un bruit se frayer un passage dans le vent léger de la soirée. Un son quasi infime qu'il capta de ses oreilles assourdies par les affrontements. Une si simple sonorité qui frôlait l'air qu'il respirait difficilement. Un bref éclat de lucidité qui ne lui permit pas de s'évanouir sous la fatigue.
L'homme distingua le son si familier d'une feuille froissée, d'une plante écrasée, d'un végétal dérangeant. Il su qu'on approchait de lui avec appréhension. Ne le voyant pas assez distinctement pour comprendre qu'il ne pouvait plus bouger et donc, d'être un éventuel danger. Il n'était plus qu'un homme à l'article de la mort. Pas assez de force pour se relever, ni pour mourir. Suffisamment de souffle pour se maintenir en vie, mais pas assez pour pouvoir vivre à pleins poumons.
Agonisant tel un chien errant sous cette nuit étoilée.
- Qui est là ?
Des mots qui lui sifflaient étrangement entre les oreilles. Des paroles qu'il percevait à peine à travers sa souffrance. Une voix qu'il reconnut comme apeurée et surprise. Une question à laquelle il n'avait pas envie de répondre. Tant qu'à mourir, il ne voulait pas de compagnie, pas de questions, pas d'indiscrétion.
- Vous m'entendez ? Répondez !
Il n'était pas ici pour se justifier devant qui que se soit. Cette personne n'avait qu'à l'achever si elle en avait le courage. Lui, il ne ferait rien pour l'en dissuader. Après tout, n'était-il pas ici pour mourir ?
- Vous êtes ici chez moi.
Ainsi donc, cette voix qui paraissait être celle d'un homme assez âgé, appartenait au propriétaire de ce lieu. Le jeune homme allongé à terre, couvert de blessures diverses, sourit malgré lui. Il ne faisait de cadeau personne, même si proche de la mort qu'il sentait à plein nez, qu'il voyait presque devant lui, il gênait toujours quelqu'un. Bah, il s'en fichait, au fond.
- Vous entendez ?
Et soudain la réalisation. L'affreuse vérité que l'homme d'un certain âge constatait dans ses pupilles horrifiées. Cet être au dos courbé, à la silhouette quelque peu enveloppée et à la voix irritée se plaça juste au dessus de l'homme mourant. Le propriétaire comprit la situation sans détours dans laquelle il venait de mettre les pieds et son pauvre cœur affaibli par la vie bondit précipitamment. Il s'était frayé un chemin parmi la végétation assez haute de son jardin.
Un homme se trouvait à terre. En sang. Au milieu de son beau jardin de tournesols.
- Que... !
Que faisait-il là ? Le possesseur de cette terre se posa la question. Pourquoi trouvait-il un homme à l'agonie dans ces fleurs du soleil, ces plantes qu'il avait tant cultivées et dont il s'est tant occupé ?
- Vous êtes gravement blessé ! Il faut faire quelque chose !
Les personnes âgées avaient-elles toutes ce timbre de voix si affolé face à quelqu'un sur le point de mourir ? Après tout, elles étaient proches de connaître la même chose, alors...L'agonisant entendit ces idées ironiques traverser un instant son esprit. Même si proche de la mort, on venait le déranger ! Quelle poisse !
- Il faut vous soigner et...
Le vieillard réalisa alors quelque chose et son regard secoué se posa sur le sol. Se baissant la hauteur de l'herbe, il la toucha avec délicatesse. Il semblait la frôler en une douce caresse, la choyer comme un être à part entière.
- Vous vous cachez ?
Il prit un air songeur devant ce qu'il venait de concevoir.
- Non, ce n'est pas ça.
Réalisant peut-être seulement maintenant la réelle présence de cet homme ici, en pleine agonie devant chez lui.
- Vous avez volontairement voulu mourir ici.
Ici. Là où il avait lui-même décidé de mourir.
- Votre sang est partout.
Il comprenait vite, le papy. Fallait l'avouer. Le blessé sourit moqueur en écoutant pourtant attentivement les propos tenus par la personne qui venait de le déranger dans son ultime voyage. Par l'être qui était peut-être le dernier qu'il verrait avant de quitter ce monde.
- Qui y a-t-il de si attrayant à mourir ici ?
Le mourant fixa alors les étoiles qui maquillaient encore brièvement le ciel. De là où il était, il voyait mal. Il était loin, si loin du ciel. Il était à terre, totalement soumis à ce qui pouvait arriver. Mais...Depuis quand ? Depuis quand avait-il décidé qu'il allait mourir ?
Peut-être était-ce le jour même où il comprit que le combat était tout pour lui. L'affrontement était sa vie et son seul but. Bien malgré quelques plaisirs entre temps : femmes, argent, nourriture...Malgré tout. Il savait qu'il aimait ça, il avait la soif du combat. Il se sentait en vie en plein duel. Le jeune homme savait depuis longtemps, qu'en tant samouraï, le plus important était de se préparer à mourir chaque jour. Considérer que l'on ne verrait plus l'aube du lendemain. Prendre conscience qu'il fallait vivre l'instant. Le vivre pleinement et savourer chaque bataille avec encore plus d'appétit chaque fois.
- Que peut faire un guerrier ici ?
Que faisait-il là ? Il ne se sentait pas invincible, mais était beaucoup trop fier pour l'avouer. Il aimait trop son orgueil pour le crier trop fort. Aimant l'indépendance, il avait décidé de vivre en solitaire, en errant continuellement et en suivant son instinct chaque jour. Cherchant le conflit et un adversaire à tous les coins de rue, il s'était forgé un style de combat particulier et une résistance à toute preuve.
Seulement...
Tous avaient leur limite.
Et lui, l'être fier et grossier ne pouvait l'avouer. C'était inimaginable. Pourtant, il était agonisant ici. Salissant une terre qui ne lui appartenait pas. Expirant devant un vieillard qui lui posait des questions auxquelles il n'aspirait pas à répondre.
Et oui.
C'était ici que gisait le corps faible et moribond de Mugen.
Cela faisait plus d'un an qu'il voyageait comme il le faisait toujours. Il avait quitté ses deux compares et s'en était allé en souriant. Une partie de sa vie était accomplie. Le jeune homme n'avait pas de regrets, il n'en avait jamais réellement eus. Persuadé de respecter scrupuleusement ses envies et son instinct. Après tout, n'avait-il pas été forcé de poursuivre cette aventure malgré lui et respecter la promesse de cette serveuse qu'il avait rencontrée un matin ? Cette gamine avec laquelle il venait de marchander de la nourriture. Cette jeune femme qui poursuivait un but mystérieux qu'il se devait de découvrir. Foutue promesse. Foutue rencontre.
Toutefois... Elle lui avait permis de relever son niveau de combat, bien qu'exceptionnel selon lui. Mugen avait trouvé un adversaire à la hauteur de lui-même en la personne de Jin. Ce samouraï aux techniques totalement opposées aux siennes, au caractère totalement différent était son rival le plus coriace et peut-être celui qu'il respectait le plus. La seule chose qu'ils avaient en commun était, en premier, leur perplexité quant à la venue de Fuu, à sa demande, à son désir de retrouver quelqu'un à propos duquel elle paraissait évasive lorsqu'on l'interrogeait. Le seul point sur lequel ils étaient d'accord, au fond, était de fuir rapidement cette fille qui sentait les problèmes et les disputes à des kilomètres. Et ils avaient eu raison...
Cette jeune serveuse, chiante, goinfre et bavarde n'était vraiment pas le genre de personne qu'il fréquentait habituellement. Et l'entendre lui casser les tympans à longueur de temps était la meilleure raison pour la fuir aussi vite que possible. Comment une gamine avait-elle réussi à coincer de cette manière deux combattants aussi doués et indépendants que Jin et lui-même ? Cette question restait un mystère pour lui, même maintenant.
Et puis, tout cela avait-il réellement valu la peine ? Mugen l'avait lui-même dit alors qu'ils se séparaient tous les trois vers un chemin différent. Fuu avait menti dès le commencement. Ce petit mensonge avait entraîné toutes les circonstances et les sacrifices qui avaient suivi. Tout ce flot de combat et de sang. De larmes aussi, mais seulement pour elle. Cette gamine qui lui semblait trop sentimentale parfois. Même si son obstination avait tout de même permis au samouraï de la respecter. La brunette aurait fait n'importe quoi pour retrouver son fameux "samouraï qui sent le tournesol" quitte mentir... Cet illustre samouraï dont la quête avait permis leur alliance à tous les trois.
Mais était-ce une de ces aventures inoubliables pour lui ? Mugen sourit sarcastiquement. Il n'était pas sentimental, ni très lié à quiconque. Il n'aimait pas le passé, ravivant toujours de mauvais souvenirs. Il n'avait pas à se souvenir de choses aussi inutiles qu'une recherche accompagnée de deux compagnons de route aussi fauchés que lui. Il avait rayé cette partie de son passé. Il n'y a jamais été attaché. C'était un moment comme un autre, une promesse irréversible, mais respectée. Mugen avait vécu quelque chose d'étrange, mais c'était tout. Sans plus.
Alors...
...pourquoi ?
- Veux-tu réellement mourir dans un champ de tournesols ?
Mugen ferma alors les yeux lentement, fatigué d'être interpellé par ce vieil homme alors qu'il voulait juste mourir maintenant après avoir affronté un ennemi à sa taille, un adversaire digne de ce nom. Il mourait dans la défaite, ayant pourtant eu la plus inoubliable bataille qu'il n'avait jamais obtenue. Il partait comblé. Le vagabond décida qu'il avait droit à un repos bien mérité et ne réouvra pas les yeux.
Après tout, comment pouvait-on voir le soleil à travers l'obscurité de la nuit ?
L'atroce souffrance qu'elle ressentit n'avait rien de comparable à son total ahurissement lorsqu'elle ouvrit les yeux sur un emplacement inconnu. Perdue et souffrante, elle jeta un regard curieux et inquiet sur les environs. Une pièce. Une salle fermée et restreinte. Un endroit où elle semblait être prisonnière.
Qui ?
Le coup à sa tête. La blessure qui l'avait plongée dans les ténèbres et dans un sommeil artificiel. Sa totale désillusion d'être sauvée par quelqu'un. Quelqu'un qu'elle n'avait même pas eu le temps de voir, peut-être de reconnaître. L'adolescente sentit l'agacement la prendre.
Pourquoi ?
Pour quelques pièces d'argent. Pour son inconscience. Pour son envie de rendre justice. Pour sa bêtise aussi. La jeune femme grinça des dents furieuse par sa migraine soudaine, par son corps endolori, par ses pieds en feu tellement ils avaient fui, par son incompréhension de la situation. C'était injuste. Injuste et elle allait bien le faire savoir à tous ceux qui oseraient se présenter devant elle. La brune attendait la confrontation avec impatience, malgré la petite, quasi insignifiante, once de doute. Non, il ne fallait pas qu'elle fuie.
Pour aller où ?
Retourner vivre chez elle. Dans cette auberge où elle mangeait, vivait et travaillait. Dans cette maison qui était la sienne. Dans un endroit qu'elle considérait comme chez elle et qui lui offrait un paysage magnifique dès le matin. Le tableau de son passé. De ses souvenirs les plus précieux. Chez elle...Fuu voulait rentrer enfin chez elle.
Orpheline et sans argent, elle avait finalement trouvé ses repères après des mois, après une éternité. Solitaire pendant ses longues traversées incessantes. Débrouillarde, mais gaffeuse et loquace, elle s'était de nombreuses fois créé des problèmes, mais avait toujours eu le don de s'en sortir sans trop de casse.
Et maintenant...Maintenant cela allait se passer exactement de la même façon que précédemment. Elle allait crier, demander réparation, faire justice elle-même, mais en aucun cas, elle abandonnerait. C'était refusé. Aberrant et rayé de son vocabulaire. La brune avait encore son lot de surprise et ceux qui lui avait fait du mal allaient le sentir passer...C'était une promesse.
Mais comment sortir d'ici ?
Attendre ? Hors de question ! On allait devoir s'expliquer devant elle avant qu'on essaie de l'éliminer. De son cri fort et furieux, Fuu se mit à rugir, malgré son mal de tête. Hurlant à s'en crever les tympans, elle tapait de ses poings la porte en bois qui semblait souffrir atrocement si l'on en croyait ses grincements répétitifs. Une légère grimace la prit pourtant par surprise. Sa jambe la faisait atrocement souffrir et, si l'on en croyait le gonflement et l'espèce de couleur mauve qui était apparue sur sa cheville, ce n'était pas bon signe. Était-ce sa chute qui avait provoqué cela ? Toutefois, oubliant ce détail, elle continua de hurler son mal-être (peut-être pour l'évacuer au fond). La fillette savait se montrer têtue et n'était pas prête à arrêter tant que ses hôtes ne venaient pas lui parler. Elle leur dirait, elle. Elle savait comme faire pour ne ménager aucun de ses mots, pour se montrer insistance au point de provoquer une crise de nerfs chez chacun. Mugen et Jin en avaient déjà eu la preuve. Elle se montrait irritable parfois...souvent ? Non, quand il le fallait. Du moins, elle était la seule à le penser vraiment.
- Vous allez ouvrir cette porte, oui ? Expliquez-vous ! Vous pensez que me retenir ici, me frapper à la tête à m'en donner une migraine impossible à gérer, m'emprisonner comme un animal, c'est convenable ? Ce n'est pas comme ça qu'on traite une femme ! Vous devriez avoir honte de vous et...et...
Mélangeant sa fureur, sa douleur, son humeur ombrageuse, le tapage que faisait Fuu aurait pu réveiller un mort s'il le pouvait. Et il porta ses fruits. La porte grinçante et affaiblie par les chocs infligés par la brune s'ouvrit doucement, sans précipitation. Heureuse de constater qu'elle avait réussi à ennuyer tellement ses ravisseurs qu'ils daignaient se présenter devant elle, elle sourit victorieuse et prête à faire face à quiconque. Sur ses gardes, l'adolescente recula légèrement, préparée à la confrontation. Rien ne lui importait plus que de sortir d'ici. De recevoir son argent. De revoir son patron et sa maison. De rentrer saine et sauve après avoir eu ce qu'elle voulait. La jeune femme avait toujours agi ainsi. Jusqu'au bout. Elle était allée et aurait été jusqu'au bout du monde pour retrouver son père et poser des mots là où il n'y avait que des actions incompréhensibles. Obstinée à ne pas abandonner le but qu'elle s'était fixé. Et à présent...Le but n'était pas le même, l'enjeu différent. L'endroit et la personne qu'elle devait rejoindre n'étaient plus pareils. Tout avait changé. Elle, pourtant, semblait la même...
Et c'était peut-être avec ce genre de pensée qu'elle croyait être assez forte pour affronter son ennemi, c'était ainsi qu'elle pensait être imperturbable face à son opposant.
Ce n'était pourtant pas ainsi qu'elle était...
Fuu se statufia. L'air lui bloquait son souffle et monopolisait tout l'oxygène contenu dans ses poumons. Elle ne respira plus quelques secondes interminables. Son teint avait blêmi et son visage exprima une incompréhension et une surprise totale. La jeune femme n'eut pas le temps de parler, dénoncer un mot, de souffler un murmure. Elle n'eut même pas assez de temps pour réaliser ce qui se déroulait devant elle. La stupeur l'avait plongée dans une paralysie absolue.
- Je me disais bien qu'il y avait quelque chose de bizarre dans tout ça.
Cette voix. Cette voix qu'elle avait cru reconnaître, qu'elle avait voulu réentendre. Ce timbre de mots si évasif, mais aussi surpris que son air à elle. La brunette mit sa main à sa bouche tellement ébahie par cette soudaine apparition. Elle semblait transportée loin. Dans un souvenir. Un passé retrouvé. Face à ces tournesols qu'elle contemplait chaque jour avec un peu plus de mélancolie chaque fois.
Le soleil avait-il réellement décidé de briller ce jour-là ? Sans se soucier de rien. Des conditions minables. Du hasard et de la malchance. Sans paraître importuné par le jeu de la vie.
Fuu sourit malgré elle. La pluie n'était décidément pas tombée pour elle. Pas encore. Plus maintenant.
- Je l'avais dit...Je l'avais bien dit que nous nous reverrions.
Son corps bougea lentement malgré la douleur à sa cheville. Son être reprit de sa vigueur mythique et parvint à l'amener exactement à l'endroit où elle voulait être. Plus proche. Plus près d'un passé récupéré. D'un présent comblé. Fuu, de sa silhouette fine, avança doucement vers l'homme imposant et silencieux qui se trouvait devant elle, qui lui avait ouvert une porte qu'elle voyait fermée, lui offrant par la même occasion la liberté.
- Jin...
Le rônin ne répondit pas et contempla la frêle jeune femme face à lui. Était-il si surpris de la revoir ici ? Bien sûr, mais il ne laissa qu'un bref instant l'ahurissement le plus net peindre son visage impassible. Fuu se trouvait ici. C'était elle qu'il venait de délivrer, c'était la jeune femme qu'il était venue chercher pour pouvoir s'offrir un repas, l'être auquel il venait d'apporter son aide. Mais comment... ?
Tellement d'interrogations fusaient entre leurs deux esprits. Tellement de mots qui auraient dû être prononcés. Après plus d'un an. Une longue année dans l'ignorance complète, dans l'insouciance de l'autre, dans l'indépendance de leur propre vie. Voilà qu'ils se retrouvaient. Unis comme par le passé. N'y avait-il pas quelque chose qui semblait presque étrange, voir irréel ? C'était sans doute l'état d'esprit du jeune homme. Il voulut juste prononcer son nom une seule fois, comme pour s'assurer que c'était bien elle, que ce n'était pas la fatigue et la faim qui le faisaient divaguer. Le combattant la vit venir à lui d'un geste léger, libéré. D'un pas sûr et audacieux. Elle paraissait pleinement en confiance et n'avait pas peur de lui. Un inconnu aurait certainement eu quelques réticences, elle non.
- Si tu es venu me sauver, ce n'est pas un hasard, n'est-ce pas ? Et ça, ça veut dire que tu vas pouvoir m'aider à récupérer mon argent.
Le samouraï ténébreux soupira doucement en voyant l'air déterminé s'afficher sur la frimousse de la brunette. Il comprit alors qu'il venait de se créer des problèmes. De nouveau et à cause de cette fille. A cause d'une promesse qu'il avait faite à un vieillard vivant près d'un gigantesque jardin de fleurs, une promesse d'un dîner alléchant à lui-même, une promesse scellée comme par le passé. Jin réalisa alors l'ampleur des conséquences qu'avait cette rencontre aujourd'hui. Il comprit à qui il avait déjà eu affaire. Plus d'incertitude. Celle qui lui faisait face...
C'était bien Fuu.
J'espère que ce chapitre vous a plu et qu'il a suscité quelques questions. J'attends impatiemment vos commentaires.
Merci d'avoir lu.
Kingaaa.
