Je vous remercie encore une fois pour vos nombreux commentaires ! Il est très agréable de constater que certaines personnes prennent le temps de donner leurs avis autant pour moi que pour l'auteur. Elle est réellement heureuse que sa fiction compte autant de lecteurs et espère, et je l'accompagne, que son histoire continue de vous plaire par la suite ! Bisous et bonne lecture !

CHAPITRE 4 :

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Il était onze heures du matin et j'étais en train de jouer avec un crayon, le frappant contre mon bureau. Je n'arrivais pas à me concentrer sur mon travail. C'était une nuit spectaculaire qui s'est achevée sur une phrase qui m'a amené à penser à quelque chose en rien agréable. « Je ne serais pas disponible pour la nuit avant lundi. » C'est ce qu'il m'a dit tout en se dirigeant vers la porte de la chambre. Ajouter à ça qu'il ne demande pas d'argent, j'en suis arrivée à la conclusion qu'il est marié. Pour quelle autre raison ne pourrions-nous pas nous voir en fin de semaine ? Je ne sais pas si je pourrais le supporter. Il était tout juste vendredi et beaucoup d'heures me séparaient de lundi, vingt heures, et ceci si seulement il daignait répondre au téléphone. « Bien sûr, il y a toujours d'autres options... Tu peux te caresser en pensant à moi. » avait-il ajouté tandis qu'il ouvrait la porte.

« Tu vas bien ? » m'a demandé Audrey en entrant dans mon bureau.

« Oui, pourquoi ? »

« Ça fait une demi-heure que tu fais la même chose. Tu vas finir par faire un trou à ce pauvre bureau. »

« N'exagères pas ! » me suis-je exclamée, avec un sourire.

« Je te trouve... un peu anxieuse. Tu n'as pas l'habitude de jouer avec ton crayon aussi souvent et aussi longtemps. Des problèmes avec Jacob ? »

« Non, avec lui tout va bien. Je suis juste un peu bloquée avec le slogan de cette campagne. »

« Madame l'inspiration serait-elle partie en vacances ? » Je lui ai souri, levant les yeux au ciel. « Au fait, aujourd'hui je ne pourrais pas aller déjeuner avec toi, j'y vais avec Nick. »

« Le comptable ? » ai-je demandé, surprise. Ils avaient eu de nombreuses altercations peu agréables.

« Oui, mais ce n'est pas ce que tu crois. Son frère gère un salon de fêtes pour enfants et je vais peut-être obtenir une réduction pour la fête d'anniversaire de Lauren. »

« Oui, bien sûr, bien sûr, on m'a dit la même chose de... Comment s'appelle-t-il déjà ? Ah oui Tom... Et si elles finissent dans son bureau ce n'est pas précisément pour travailler. »

« Eh bien, toi tu as un merveilleux fiancé et tu ne sais pas ce que c'est que de vouloir se sentir femme dans tous les sens du terme, se sentir désirer. »

« Non, bien sûr que je ne le sais pas puisque tous les jours je dors avec mon fiancé. » lui ai-je répondu, ironique.

« Au moins, tu as un fiancé. » a-t-elle dit avant de sortir du bureau.

Oui, j'en ai un mais je ne me sens pas désirée pour autant. Du moins, pas comme avec mon étranger qui hier soir m'a regardée d'une manière qui m'a fait trembler, qui m'a fait me sentir désirer comme jamais auparavant, avec un feu incessant dans les yeux. Je dois parler de ça avec quelqu'un. Je ne peux pas continuer à garder ça secret. C'était en train de me ronger de l'intérieur et j'avais besoin que quelqu'un m'écoute. Mais Audrey n'était pas une option. Je suis certaine qu'elle me gronderait pour avoir tromper mon parfait fiancé, alors que moi j'en ai un au moins. J'ai donc naturellement pensé à Kate. Je me suis alors rappelée quand elle m'avait parlé de la petite incartade qu'elle avait eu à cette réunion d'anciens élèves. Oui. C'était la personne idéale pour m'écouter et peut-être même me conseiller. J'ai alors pris le téléphone et ai composé son numéro. Heureusement, son bureau était à trois pâtés de maisons du mien et je l'ai invitée. Elle a tout de suite remarqué mon ton angoissé et m'a dit de la rejoindre à treize heures pile dans un restaurant qui se situait non loin de mon bureau.

Quand je suis arrivée, elle était déjà là. Elle s'est levée, nous nous sommes saluées d'un baiser sur la joue et elle m'a ensuite donnée une accolade de consolation.

« Allez Bella, dis-moi ce qui t'arrive. »

« Je ne sais pas par où commencer, c'est compliqué. »

« Dépêches-toi de tout déballer Bella, tu as la mine de quelqu'un qui a commis un délit. » a-t-elle dit, plaçant sa main sous mon menton et me tournant la tête.

« Vous prendrez quelque chose ? » Le serveur nous a interrompus.

« Oui, une eau minérale et une salade de thon, mais s'il vous plait mettez le thon à côté, pas sur la salade. »

« Tout de suite. Excusez-moi. »

« Allez, raconte-moi tout maintenant. »

« J'ai trompé Jacob. » ai-je lâché sans même la préparer à la nouvelle.

« Tu as fait quoi ?! » s'est-elle exclamée, les yeux ouverts comme des soucoupes.

« Tu as bien entendu. J'ai couché avec un autre homme. » ai-je avoué, honteuse.

« Mais quand ? Qui est-ce ? Où l'as-tu connu ? »

« Le jour de mon anniversaire... Et hier. » lui ai-je répondu, jouant avec ma fourchette pour éviter de la regarder.

« Bella ! Je ne te reconnais pas ! Je ne te critique pas, je suis mal placée pour ça, j'ai simplement du mal à te croire. Tu as toujours été si... correcte. »

« Je sais, je sais, je n'y crois pas non plus, mais... » J'ai soupiré sans pouvoir l'éviter. « Kate, tu n'as pas idée des milliers de sensations qu'il me fait ressentir. J'ai découvert des parties si sensibles de mon corps que je ne pensais même pas avoir. »

« Wow, ma belle. Peu d'hommes ont ce don. Mais tu ne m'as toujours pas répondu : qui est-il et d'où le connais-tu ? »

J'ai dégluti. C'était une chose de raconter le dérapage et une autre, très différente, d'avouer que je n'avais pas la moindre idée de qui est en réalité le principal concerné. De plus, je suppose que je ne devrais pas en parler compte tenu des règles. Heureusement, à cet instant, le serveur est arrivé et a déposé l'assiette en face de moi, ce qui m'a permis de réfléchir quelques secondes et inventer une histoire. J'espérais seulement être convaincante.

« C'est un client de l'agence, bon, pas lui, son assistant. Un jour, nous avons discuté et il m'a donnée sa carte. Je l'ai retrouvée le jour de mon anniversaire et comme j'étais seule je l'ai appelé. Et nous avons fini dans un hôtel et il me l'a fait d'une telle manière que... que hier je me suis résignée à le revoir. »

« Il est si bien? »

« Bien n'est pas assez fort pour le décrire. Magnifique. Il m'a fait crier, il m'a fait voir des petites étoiles. Je te jure, il savait exactement quelles parties de mon corps toucher et comment le faire. »

« Félicitations ma belle ! Peu de femmes connaisse et profite du bon sexe. »

« Oui, mais ça me fait peur. »

« Pourquoi ? »

« Parce qu'il a créé une sorte de nécessité qui n'est pas appropriée. Il est entré si facilement dans ma vie et il peut en sortir avec la même facilité et qu'est-ce que je ferai moi après ? »

« Bella, si tu veux continuer de sortir avec lui, ça doit être très clair pour toi. Profite du moment présent sans penser à l'après. Ne t'accroche pas. Je sais ce que tu ressens parce que j'ai expérimenté ce que tu vis et ressenti ces angoisses. C'est ce qui m'est arrivé avec Steve et c'était ce qui m'a poussé à me marier avec lui mais parfois je me demande si c'est suffisant, si c'est la seule chose que nous avons en commun. En vérité, nous parlons peu. Ainsi, fais-toi à l'idée que c'est du sexe et rien d'autre, que ça durera le temps que ça doit durer et qu'ensuite tu pourras poursuivre ta vie. »

« Tu as raison. En plus, je crois qu'il est marié. Il m'a dit que nous ne pouvions pas nous voir ce week-end. »

« Sûrement. Je te le répète, profite des moments avec lui et c'est tout. »

« Mais je me sens mal par rapport à Jacob. Il ne mérite pas ça. »

« Il n'est pas question de le mériter ou pas. Reconnaissons qu'il néglige sa relation. Ce n'est pas pour te faire douter, tu sais que je ne l'aime pas, mais n'aurait-il pas quelqu'un lui aussi ? Travailler quasiment vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept, c'est plutôt rare. »

« Je ne sais pas, je ne crois pas, il n'est pas comme ça... Si Audrey t'entendait, elle aurait déjà fait un infarctus. »

« Mais je ne le mets pas sur un piédestal comme elle. Bon avec tout ça, comment s'appelle celui que tu vois ? »

« Mike. » ai-je répondu après avoir lu ce prénom sur le revers d'un des serveurs qui passait par là.

Et alors j'ai pensé qu'il était mieux de l'appeler ainsi plutôt que d'associer à son numéro de téléphone les lettres CI, sigle de Complet Inconnu. Kate m'a souri, sincère. C'était une bonne idée de me confier à elle, elle m'aidait à me libérer de la charge que je portais sur mes épaules et je crois que même mon désir d'être avec lui a un peu diminué.

« Un conseil, inscris-toi dans un gymnase. Ça t'aidera à libérer ton trop-plein d'énergie. »

« Ne te moque pas. »

« Ce n'est pas une plaisanterie, c'est sérieux. Tu pourras ainsi calmer tes envies quand il te sera impossible de le voir. »

Je restais plus de temps que nécessaire dans mon bureau puisque Jacob était parti boucler une affaire à Chicago et qu'il ne rentrait que dimanche. Je me suis alors souvenue des paroles de Kate. Serait-il possible qu'il ait une maîtresse ? Est-ce pour cela qu'il ne veut pas avoir de rapports avec moi ? Que se passait-il donc avec notre relation ? Dois-je le quitter ? Non. Je connais Jacob. Il est meilleur que ça et je sais qu'il n'en est pas capable. Bien sûr, je n'étais pas non plus capable de coucher avec un autre et c'est justement ce que je fais.

Arrivée à mon appartement vers vingt-et-une heures, j'ai revêtu mon pyjama et me suis installée devant la télévision tout en grignotant un bol de céréale. J'étais en train de zapper quand je suis tombée sur une scène érotique. Il semblait que tout se liguait contre moi ou peut-être prêtais-je maintenant plus attention à ces choses en raison de mes hormones. J'ai continué à regarder la scène jusqu'à ce qu'elle finisse. Dans des conditions normales, j'aurais changé de chaine mais maintenant je suis victime d'une curiosité malsaine. J'ai secoué la tête et ai décidé de prendre une douche.

J'étais sous la douche et je finissais de me laver les cheveux. J'ai passé ma main dans mon cou et je n'ai pas pu m'empêcher de penser à lui. « Tu peux te caresser en pensant à moi » Juste en me remémorant sa voix veloutée, mon corps se réveillait. Je me suis alors laissée aller. J'ai dirigé ma main jusqu'à mes seins et je les ai caressés, m'imaginant que c'était sa main, voyant son visage dans mon esprit, revivant ses halètements près de mon oreille. J'ai permis à ma main de voyager plus bas. J'ai caressé mon ventre, copiant ses gestes, et j'ai remarqué comme cela fonctionnait. Je haletais déjà tandis que je sentais l'eau tiède caresser mon dos. Je me suis appuyée contre le mur et le carrelage froid a fait arquer mon corps. J'ai alors commencé à caresser mes parties plus intimes tout en me concentrant sur lui, à ses traits déformés par le plaisir, à ses lèvres embrassant les miennes, à son corps tiède se mouvant à l'intérieur du mien. C'était incroyable, la facilité avec laquelle je me rappelais de tout et encore plus incroyable, la façon dont mon corps réagissait à ses souvenirs. J'ai entrouvert les lèvres et un gémissement m'a échappée quand j'ai senti mon orgasme m'envahir. Il n'avait pas été aussi intense que quand j'étais avec lui mais j'avais tout de même joui beaucoup plus que dans d'autres occasions.

Le samedi, je me suis levée à neuf heures. Après avoir déjeuné, j'ai mis les vêtements dans la machine à laver et j'ai nettoyé tout l'appartement. À dire vrai, j'avais trop mauvaise conscience et j'avais donc besoin d'être le plus occupée possible. J'ai suivi le conseil de Kate en faisant un peu d'exercice. Au soir, j'ai regardé un film assez ''cucul'' pour éviter les mauvaises pensées.

Le dimanche, j'ai été chez Audrey et j'ai joué un moment avec Lauren. L'après-midi, j'ai appelé Jacob et nous sommes allés au cinéma. Nous avons été voir un film d'action. De nombreuses choses indécentes me sont venues à l'esprit tandis que j'étais dans la salle, pelotonnée dans ses bras. Mais en voyant à quel point il était concentré sur l'écran, j'ai préféré ne rien tenter. Il s'amusait et je m'en contentais. Au moins à cet instant, il n'était pas en train de penser à son travail. Nous avons mangé des hamburgers et après il m'a ramenée chez moi. J'ai pris congé dans la voiture sans l'inviter à monter à mon appartement. J'étais très fatiguée et lui-même ne trouvait pas très intéressant de m'accompagner. Kate avait peut-être raison quand elle a dit qu'il avait une maîtresse et étrangement j'ai désiré que ce soit le cas. Cela minimiserait un peu ma faute.

Au final, nous étions lundi et ce jour me semblait interminable. Chaque demi-heure, j'étais tentée de composer le numéro de ''Mike'' mais il avait été très clair sur l'horaire. C'est ainsi que j'ai attendu jusqu'à ce qu'il soit dix-neuf heures quinze. J'ai douté un moment avec le téléphone en main, me demandant ce qu'il allait penser de moi. Mais il ne savait pas qui j'étais en réalité. Je crois qu'avec lui je me transformais en une autre personne. Ainsi, avec le coeur battant frénétiquement et les mains tremblantes, j'ai composé son numéro.

« Bonsoir. » m'a-t-il répondu de cette voix qui m'enchantait.

« Es-tu libre cette nuit ? » lui ai-je demandé, de nouveau sur un ton sensuel.

« Oui, même heure, même endroit. »

« Ok, je te vois là-bas. »

Et cette fois, je fus la première à raccrocher. J'ai pris mon sac à main et un autre sac parce que j'ai alors remarqué que j'aurais à changer de vêtements. Je portais un tailleur qui ne me rendait pas très séduisante, dirons-nous. J'ai soupiré et je me suis mis en route pour l'hôtel dorénavant bien connu.

Il était vingt heures vingt-cinq et toujours aucun signe de mon étranger. J'ai soufflé et me suis dirigée vers la sortie. J'avais atteint la moitié du hall quand je l'ai vu entrer et mon coeur s'est immédiatement accéléré. Jamais je n'aurais imaginé qu'une personne puisse me troubler d'une telle manière. Il m'a fait un sourire des plus séducteurs et il s'est aussitôt retrouvé à mes côtés m'offrant son bras.

« Excuse mon retard, j'ai eu un contretemps. »

« Je comprends. » J'apprenais à parler peu avec lui.

Nous sommes arrivés à notre chambre habituelle. J'ai posé mon sac à main sur la table et j'ai senti comme il m'étreignait par derrière et collait son corps au mien. Il m'a embrassé le cou tandis que ses mains caressaient mes seins par dessus mon chemisier. Il m'a soulagé de mon sac et m'a retourné. Il me regardait avec le feu dans ses yeux. Je pouvais y voir le même désir que dans les miens. Il m'a embrassé passionnément tout en caressant mes fesses et m'a collait à son corps qui répondait déjà à la passion qui nous consumait. Je le tenais fermement par les épaules pour éviter qu'il ne m'échappe. Il a commencé à embrasser mon cou, remontant ensuite pour sucer le lobe de mon oreille et le mordiller un peu, expirant son souffle tiède.

« As-tu fait ce que je t'ai suggéré ? » a-t-il demandé, son doigt frôlant ma colonne vertébrale.

« Oui. » lui ai-je répondu avec un filet de voix.

« Montre-moi comment tu as fait. » m'a-t-il susurré après avoir lécher mon oreille.

« Quoi ? » ai-je demandé, contrariée, me séparant un peu de lui pour le regarder.

« Je veux que tu te caresses pour moi. » a-t-il sollicité de son regard séducteur.