Chapitre IV : La noirceur des ronces
L'affaire du domaine Lumidor avait été un succès qui remotiva la Guilde des Voleurs. L'exploit d'Edwina lui avait attiré la sympathie de la plupart des membres, mais certains comme Vex n'avait pas apprécié qu'une "bleue détrône la reine de l'infiltration". Cependant, d'après Delvin, c'était normal et qu'il fallait attendre quelques jours avant que Vex ne boude plus. D'ailleurs, son "pseudonyme" venait de là : "Vex" du a son attitude "vexante".
Le vieux Delvin fut ravi du butin de la statuette d'abeille et certifia à Edwina que si elle remettait la main sur ce genre de babiole, il était prêt à les lui racheter. Elle pu grâce à l'argent se payer un meilleur équipement et racheter des crochets. Elle commença aussi des cours d'archerie avec Niruin qui vit en elle un bon potentiel. Encouragée dans cette voie, Edwina ne tarda pas à acheter son propre arc.
La seule ombre du tableau fut l'attitude de Mercer. Même s'il du reconnaître que l'affaire du Lumidor n'était pas gagné, il ne reconnaissait pas encore la vrai valeur d'Edwina et semblait toujours très occupé. Il n'avait pas de temps à perdre pour les recrues qui prenaient la grosse tête. Mais la Nordique ne se laisserait pas faire et qu'elle ferait tout pour qu'il change d'avis sur elle.
Une semaine se passa. Les rumeurs en ville circulaient bon train et l'une d'elle parlait du retour de la Guilde des Voleurs, comme quoi elle remettait la main mise sur Faillaise. Edwina enchaina quelques boulots proposés par Delvin qui l'emmenèrent dans deux nouvelles cités : Blancherive et Vendaume. Blancherive, dû à sa position centrale, était une plate-forme commercial. Edwina recroisa d'ailleurs ses amis Khajits qui continuaient de cheminer sur les routes pour leur commerce. Cependant, la position du Jarl de Blancherive était neutre face à la guerre civile et il ne pouvait prendre parti. La tension était palpable dans les rues de la ville. Les petits larcins d'Edwina furent faciles : une falsification de registre dans une petite boutique, "Le Chasseur ivre" et quelques vols à la tire sur diverses personnes. Edwina entendit aussi parler d'un groupe de combattant appelé "Les Compagnons" qui fut fondé autrefois par un héros connu de tous : Ysgramor. Ce groupe fort réputé résidait dans l'une des bâtisses les plus vieilles de Blancherive : Jorrvaskr. Non loin se trouvait la Forgeciel, une des forges les plus impressionnante et la plus réputée dans tout Skyrim. Les armes fabriquées étaient légendaires, cependant Edwina n'eut l'occasion de s'en faire faire une car le forgeron qui l'utilise, un certain Eorlund Grisetoison, ne vendait ses services qu'aux Compagnons. Lors de son passage dans les ruelles de la ville, elle entendit dans les conversations qu'un dragon avait attaqué Blancherive il y a peu et que quelqu'un l'avait vaincu. Un nom étrange vint aux oreilles de la Nordique : Dovakhiin. Edwina avait vécu surtout dans d'autres pays que Skyrim, mais elle avait des notions de sa langue natale et Dovakhiin signifiait "enfant de dragon". Edwina se souvint que la légende du héros Nordique Talos parlait qu'il était un enfant de dragon...Le retour des dragons avait peut-être donc un lien avec l'apparition d'un enfant de dragon ?
L'autre cité que visita Edwina fut Vendaume, dirigée par le Jarl Ulfric Sombrage, celui par qui la guerre civile commença. Ulfric n'aimait pas les étrangers et sa cité en prouvait l'exemple : un partie de la ville baptisé "le Quartier Gris" abritaient une majorité de Dunmers qui avaient fuis leur terre natale suite à l'explosion du Mont Écarlate. Edwina était plus ouverte d'esprit et d'autres Nordiques avaient la même opinion qu'elle. Cependant, beaucoup d'autres de leurs compatriotes n'aiment pas les étrangers et ne faisaient rien pour les aider. Durant son larcin qui était un petit cambriolage à l'ancienne, Edwina entendit parler d'une étrange série de meurtres qui touchaient les femmes de Vendaume. Une noble Impériale du nom de Viola Giordano l'avait accosté, lui donnant un prospectus et hurlant d'être prudente sur "le Boucher", le nom donné pour celui qui commentait ses crimes. Mais la Nordique ne s'était pas attardée dans cette ville et avait regagné vite Faillaise.
Ce fut sur le chemin du retour que le cœur d'Edwina s'arrêta net lorsqu'elle entendit un cri strident. Ses yeux tournés vers le ciel purent entrapercevoir une forme ailée qui disparut derrière des montagnes. Elle se souvient de son premier jour à Faillaise et de la rumeur en ce qui concernait les dragons. Cela était donc vrai et elle venait d'en voir un. Néanmoins, elle préféra prendre ses jambes à son cou plutôt que de rester dans les parages.
De retour à la Guilde et après avoir empoché sa part de gains, Edwina fut interpellée par Brynjolf. Celui-ci affichait une mine sombre.
« Il y a un soucis, Brynjolf ? Demanda inquiète Edwina.
- Non, pas vraiment. Juste qu'on n'arrive toujours pas à savoir de ce que signifie le symbole que vous avez trouvé à Lumidor. Mais qu'importe, si je viens vous voir, c'est parce que Maven Roncenoir souhaite vous parler. »
La surprise se lut sur le visage d'Edwina. Enfin, elle allait rencontrer cette fameuse Maven Roncenoir.
« C'est au sujet de Lumidor ? Demanda Edwina.
- Ça, je ne sais pas, c'est entre vous et Maven, répliqua Brynjolf comme agacé. Je préfère ne pas m'en mêler.
-...Vous m'envoyez à l'abattoir en faite ? »
Edwina était sérieuse en disant ça. Si les rumeurs qu'elle avait entendu sur Maven était vrai, peut-être que cette dernière était très en colère et qu'elle allait lui faire payer. Cependant, cela surprit Brynjolf, qui esquissa un sourire et tapota sur son épaule.
« Non, jeune fille. C'est bien la dernière chose que je ferais. Vos petits boulots ont renfloué un peu les coffres de la Guilde...Vous semblez avoir remotivé tout le monde ici. Même Delvin n'est plus aussi pessimiste qu'avant et Vex veut même vous confiez des missions.
-...Et Mercer ?
- Laissez lui du temps. Comme je vous l'ai dit, c'est les résultats qui comptent. Mais n'allez pas fanfaronner devant lui. Pour Maven, je vous rassure, c'est plutôt un travail qu'elle veut vous confiez. Et si elle a demandé vous, c'est suite à l'affaire Lumidor. Les collaborateurs de Maven sont bien payés...mais n'oubliez pas de reverser une part à la Guilde, rajouta Brynjolf en faisant un clin d'œil.
- Bien sur. Bon, autant ne pas la faire attendre. J'y vais.
- Elle se trouve à l'auberge du "Dard et de l'Abeille". Bon courage, jeune fille. »
Edwina émit une mine agacée. Depuis qu'elle était dans la Guilde, Brynjolf l'appelait toujours ainsi. C'était très rare qu'il l'appelle par son prénom ou bien pour demander aux autres où elle était. Elle ne savait pas si c'était par taquinerie...ou autre chose. La Nordique se remit les idées en place, prit ses affaires et sortit du Réservoir. La nuit était tombée depuis peu et l'auberge du "Dard et de l'Abeille" était toujours aussi animée. Edwina chercha du regard Maven, puis elle aperçue Maul au loin, qui attendait au pied d'un escalier. Lorsqu'il la vit, il lui fit signe de venir. Arrivée à sa hauteur, Edwina le salua d'un hochement de tête.
« Elle t'attend en haut, fit Maul. »
La voleuse se doutait bien que la matriarche des Roncenoir ne pouvait traiter d'affaire que dans un endroit tranquille. Ce qui était curieux, c'était qu'elle fasse la rencontre dans une auberge et non chez elle. Peut-être pour moins attirer l'attention. Montant les marches, Edwina vit dans un petit renforcement un table et deux chaises, l'une occupée par Maven. Doucement, la Nordique s'approcha d'elle. La Noble tourna ses yeux vers elle, un regard aussi noir que la nuit aurait pu la transpercer si cela avait été des poignards. Maven fit signe à Edwina de s'assoir en face d'elle.
« C'est donc vous, commença d'un ton froid Maven. Vous n'avez pas l'air si terrible. »
Edwina eu l'impression de voir un Mercer version féminin mais en plus froid, plus épineux. Cette fois-ci, la Nordique ne se laissa pas démonter.
« Nul n'est meilleur que moi dans ma spécialité.
- C'est de l'assurance...ou de l'arrogance. On confond si facilement les deux.
- Mon exploit au Lumidor ne suffit pas à prouver ce que je vaux ?
- Hum, soupira Maven comme de dépit. Comprenez moi. Brynjolf ne m'envoie que des incapables depuis trop longtemps.
-...Vous savez pourtant qu'on traverse une mauvaise passe, mais cela sera bientôt révolu. »
Maven éclata de rire, un rire à glacer le sang. Edwina se sentit un peu mal à l'aise, mais elle voulait prouver que la Guilde pouvait se relever..avec un peu de son aide.
« Vous êtes bien la première à m'en faire ce constat, décréta Maven. Vous semblez...Si sûr de vous. Sûr de la Guilde.
-...Vous n'avez pas foi en la Guilde ? Demanda inquiète Edwina.
- Foi ? Je n'ai foi en personne ! Tout ce qui m'intéresse, ce sont les résultats. Le travail a-t-il été fait ? Et a-t-il été bien fait ? C'est aussi simple que ça. »
L'instinct d'Edwina ne l'avait pas trompé la première fois : cette femme était aussi froide que de la pierre et pouvant griffer comme des ronces. Ils devaient tous être ainsi dans sa famille. Il valait donc mieux aller droit au but avec cette femme.
« Bon, c'est pour une affaire que vous m'avez fait mander. De quoi il s'agit ?
- Allez à "la Jument pavoisée", à Blancherive et trouver Mallus Macius. Ils vous donnera plus de détails sur place.
-...Cela concernerait-il votre marché de l'hydromel ? »
Maven fixa droit dans les yeux d'Edwina. La voleuse soutenait son regard froid...Puis elle vit l'attitude de Maven changer légèrement.
« Que savez vous sur mes affaires ? Demanda la noble d'une voix froide.
- Votre miel venait de Lumidor et du fait que certaines des ruches ont brûlés, votre production d'hrydromel est interrompue pour le moment...et je devine que cela peut faire de l'ombre pour vous et profiter à vos concurrents d'étendre leur marché, je me trompe ? »
Maven se figea. Edwina eu craint un instant pour sa vie et que sa langue l'avait trahit, mais elle en avait assez qu'on l'a prenne pour une incapable. Peut-être que Maven avait fait venir un membre de la Confrérie noire et qu'elle allait ordonner qu'on la tue. Cependant, la noble ria doucement, tout en buvant son hydromel.
« Brynjolf m'avait dit que vous étiez du genre...perspicace. Votre arrogance pourrait vous faire perdre votre tête. Cependant...j'aime ça. Au moins, je n'ai pas besoin de devoir m'expliquer sur des détails ou des broutilles. Visiblement, votre action au Lumidor reflète votre esprit de raisonnement pointilleux. Dans ce cas, vous devez savoir pourquoi je vous envoi à Blancherive.
- J'y ai effectuer un petit séjour, il y a peu. Il y a l'hydromellerie d'Hydhronning là-bas qui, d'après ce que j'ai entendu, fait croitre rapidement son marché.
- Exact. Un Nordique du nom de Sabjorn ose vendre ce poison qu'il appelle Hydromel et il est hors de question qu'il continue son activité. Mais, je ne souhaite pas le tuer, je veux que son affaire me revienne. Mallus vous en donnera plus de détail. Sachez une chose : je veux découvrir aussi comment Sabjorn a pu monter son affaire aussi vite. Découvrez qui le finance et vous aurez droit à un bonus. Décevez moi et je vous tue de mes propres mains. »
Edwina sentit dans cette dernière phrase qu'elle n'avait pas intérêt à échouer. D'un hochement de tête, elle accepta la proposition de Maven et se retira rapidement. Lorsqu'elle sortit de l'auberge, Edwina respira profondément, comme si elle avait été en apnée. Cette femme lui faisait vraiment peur, elle comprenait mieux pourquoi Maven avait la main mise sur tout Faillaise et que la Guilde des Voleurs la suivait. Il valait mieux donc ne pas la décevoir et Edwina se pressa vite pour trouver un chariot l'emmenant à Blancherive.
Deux jours après, Edwina arriva à Blancherive et se dirigea directement vers l'auberge "La Jument pavoisée". Une fois entré dans l'auberge, elle chercha du regard Mallus Maccius que lui avait décrit Maven avant de partir. Il lui fallut plusieurs minute avant de repérer un homme assit bien à l'écart de tous. La voleuse s'approcha de lui. Il s'agissait d'un Impérial et ce dernier ne semblait pas souhaiter être abordé.
« C'est possible de boire son verre tranquille ici ? »
Sans explication, Edwina prit place en face de lui, plongeant ses yeux vairons dans les siens.
« Maven m'a dit que vous attendiez ma visite. »
Mallus sursauta puis son attitude change radicalement, comme soulagé.
« Ah, c'est donc vous. Bon, je vais faire court car on a du pain sur la planche. Sabjorn, le propriétaire de "l'Hydronning" va organiser une dégustation pour le capitaine de la garde de Blancherive et nous allons empoisonner cet hydromel. »
Edwina parut choquer. Elle devait empoisonner quelqu'un ?...Puis elle réfléchit et se souvient de son entrevu avec Maven et de ses déductions.
« Pour que Maven reprenne l'affaire, elle veut faire accuser Sabjorn d'avoir tenter de tuer le capitaine ?
- Je vois que vous comprenez où je veux en venir.
- Et vous avez le poison ?
- Non et c'est là toute la subtilité du plan ! Nous devons faire en sorte que ça soit Sabjorn qui nous le donne. Toute la ville sait que l'hydromellerie a un gros problème de vermine...et l'hydromel et la mort-aux-rats ne font pas bon ménage, vous me suivez ? »
Edwina reconnut que la stratégie de Maven était bien pensée. Cette femme était vraiment redoutable, voilà pourquoi elle avait Faillaise à ses pieds. Cependant quelque chose lui échappait. Pourquoi envoyer un membre de la Guilde des voleurs ?
« Qu'est ce que je viens faire là-dedans ? Demanda Edwina.
- Vous, vous passerez par hasard dans le coin et proposerez un coup de main au vieux Sabjorn. Il vous donnera le poison à utiliser pour tuer la vermine et vous le verserez dans le bassin de brassage.
-...Ce qui n'éveillera pas les soupçons si c'était directement vous qui le fassiez. Astucieux.
- Maven et moi avons passez des semaines à mettre ce plan au point. Tout ce qu'il manque, c'est quelqu'un dans votre genre pour faire le boulot.
- Donc, je résume : Sabjorn me donne le poison que je verse dans le bassin de brassage...Mais je dois aussi m'occuper de la vermine ?
- Maven veut récupérer son affaire et il faudrait que j'engage quelqu'un d'autre pour faire ce boulot. Vous ferez d'une pierre deux coups et ainsi, Sabjorn ne se doutera de rien en prime.
- Et vous dans tout ça ? Vous restez ici ?
- Jusqu'à ce que vous aillez accomplit votre part du travail. Une fois Sabjorn hors d'état de nuire, Maven me confie cette hydromellerie. De toute façon, c'est moi qui la fait tourner et pas cet imbécile de Sabjorn. »
Edwina en déduisit qu'il devait y avoir une histoire de vengeance, mais elle ne préféra pas aborder le sujet.
« Si c'est bon pour vous, reprit Mallus. Allez y vite avant que Sabjorn n'engage quelqu'un d'autre. »
La voleuse approuva d'un signe de tête et quitta la table. Une fois dehors, elle se dirigea vers les portes de la ville. L'hydromellerie se trouvait un peu plus loin de la ville, près d'une route de commerce. Edwina devait se montrer crédible afin que Sabjorn accepte son aide. Le capuchon rabattu sur sa tête, la Nordique arriva devant l'hydromellerie. Au moment où elle allait entrer, elle entendit des bruits étranges à l'intérieur. Sur le qui-vive, la voleuse pénétra et découvrit un homme entrain de terminer d'aplatir à coup de balai un Ragnard. La pauvre créature avait eu le crane défoncé et gisait dans son sang. Edwina vit un autre Ragnard plus loin, mort aussi et de manière sale. L'intérieur de l'hydromellerie était sans dessus-dessous. L'homme reprit son souffle et remarqua enfin la présence de la Nordique.
« Qu'est ce que vous regardez comme ça ?! S'exclama l'homme qui devait être Sabjorn. Ne voyez-vous pas que j'ai des problèmes ?
- Euh...Si...Enfin ceux-là ne sont plus un problème.
- Pour le moment, répondit Sabjorn d'un air agacé. Regardez moi ça ! Je suis censé organiser une dégustation pour le capitaine de la garde. S'il voit l'hydromellerie dans cet état, je suis ruiné ! »
Il était temps pour Edwina de montrer ses talents de comédienne.
« Je peux peut-être vous aider, commença la Nordique.
- Ah vraiment ?...Mais j'imagine que vous ne le feriez pas par pure gentillesse, je me trompe ?
- Il faut bien que je gagne ma croute. Vendre des services est mon travail et j'en vis bien de ça. Qu'avez-vous à me proposer ? »
Sabjorn plissa les yeux, comme suspicieux. Puis, il réfléchit un moment, avant de répondre.
« 1000 pièces d'or si vous me débarrassez définitivement de cette vermine. »
Les yeux d'Edwina s'illuminèrent. Ce type voulait vraiment que son établissement soit propre donc. C'était une aubaine pour gagner de l'argent, surtout si le client devait finir en prison après.
« C'est une bonne offre. C'est entendu.
- Et bien au travail !
-...Et vous ne me payez pas d'avance ? S'interloqua Edwina.
- Non mais et puis quoi encore ! Je veux que le travail soit accompli, vous serez payée après !
- Désolé, je ne fonctionne pas ainsi, mentit Edwina.
- N'espérez rien obtenir avant !
Il était coriace ce commerçant, mais Edwina avait plus d'un tour dans son sac.
« Et bien, je n'ai qu'à sortir de cette porcherie et hurler "Ragnard", je suis sur qu'on m'entendra jusqu'à Fort-Dragon, le palais du Jarl de Blancherive. »
Sabjorn parut déconcerté, il se reprit vite et alla fouiller derrière son comptoir.
« D'accord, d'accord, ce n'est pas la peine de prendre des décisions irréfléchies. Voici la moitié, vous aurez le reste quand le travail sera fini. »
Le subterfuge d'Edwina avait fonctionné. Elle prit la bourse et la rangea dans sa sacoche.
« Bien, comment faire pour nettoyer cette vermine de manière "permanente"?
- J'ai acheté du poison. Je comptais demander à Mallus de s'en occuper mais ce bon à rien paresseux qui me sert d'assistant semble avoir disparut. Mettez ce poison dans le nid de ces bestioles et cela devrait les empêcher de revenir. »
Mallus, un paresseux ? Je comprend mieux pourquoi l'Impérial n'aime pas ce Sabjorn et qu'il lui en veux.
Le commerçant tendis une petite bouteille noire avec un symbole de tête de mort gravé sur l'étiquette. Il donna aussi une clé à Edwina.
« C'est à la cave. Rendez moi bien la clé après. Mais surtout, ne revenez pas avant que le travail ne soit achevé !
- Très bien. »
Sabjorn indiqua une porte sur la droite qui donnait accès aux réserves d'hydromel. Edwina y entra et trouva un petit escalier menant à la porte de la cave. Respirant un bon coup et utilisant ses compétences furtives, la voleuse pénétra dans la cave. L'odeur caractéristique des Ragnards imprégnait les lieux. Parmi les fûts d'hydromel, il y avait des pièges pour attraper ces créatures et aussi des cadavres. Edwina repéra très vite un petit tunnel qui était caché par des planches de bois défoncées. Sur ses gardes et armant son arc, la Nordique s'engagea dans le trou. L'endroit était sombre et des petits couinements vinrent aux oreilles d'Edwina. S'armant de patience, la Nordique décida de tuer les Ragnard à coup de flèches. Trois des bestioles succombèrent à ses traits mortels. Mais en s'approchant des cadavres, Edwina remarqua que ce n'était pas des Ragnard communs, une étrange odeur les imprégnaient. En les examinant avec précaution, elle remarqua que leurs dents étaient différentes, une sorte de petit liquide coula d'un gland situé à la base des crocs...
Ça me rappelle les glands venimeuses d'araignées...Oula, dans quoi m'a envoyé Mallus ?!
Elle ne tarda pas à le savoir, car un peu plus loin, Edwina vit des toiles d'araignées de partout et dans des recoins sombres, elle devina la forme caractéristique d'une créature à huit pattes.
Des Givrépeires ! Eurk ! Je déteste ces créatures ! Je préfère encore avoir à faire à une armée de Ragnards.
Un frisson parcourut l'échine d'Edwina. Il y avait bien une chose qui lui faisait vraiment peur et c'était ces créatures. S'armant de patience et rejetant son dégout, Edwina tua rapidement quatre Givrépeires. Continuant son chemin, elle s'arrêta devant un petit passage où un fil était tendu au ras du sol.
Un piège ici ?...Oh, oh, je crois que je ne suis pas seule...Il y aurait quelqu'un ?
Mallus ne lui avait parlé que de la vermine. Cela était louche. Sortant un couteau et se planquant contre la paroi, Edwina coupa le fil qui déclencha une boule à pointes tombant du plafond. Tendant l'oreille, elle perçut d'autres couinements mais rien d'autre. Elle devait bientôt se rapprocher du nid. Encochant une flèche, la voleuse avança pas à pas dans le petit tunnel et arriva dans une grande salle. Il y avait d'autres toiles d'araignées et une petite lumière au loin. La lueur éclairait un petit atelier d'alchimiste, ainsi que des ombres qui se mouvaient. Edwina devina que c'était des Ragnards mais elle ne voyait pas de forme qui ressemblerait à celle d'un humain. Cela l'inquiétait, pourquoi il y avait cet atelier d'alchimiste et ce piège. Elle devait se débarrasser des Ragnards d'abord. Visant l'une des ombres, la flèche siffla et un cri d'agonie retentit quand elle atteignit son objectif. Le Ragnard s'écroula, mais cela alerta ses compères...Et une voix.
« Qui va là ?! »
Edwina avait vu juste, il y avait quelqu'un...et qui n'aimait pas les visites surprises. La voleuse eu juste le temps d'encocher une nouvelle flèche et d'abattre un autre Ragnard. Il en restait encore deux et l'un d'entre eux sauta à la gorge d'Edwina. La Nordique réussit à l'esquiver et sortit sa dague. L'animal vint s'empaler sur la lame. Soudain, Edwina sentit quelque chose lui sauter sur le dos et commencer à la lacérer. Elle se débattit et réussit à faire lâcher prise au dernier Ragnard qui eu la gorge tranché. La Nordique se redressa et fouilla du regard où se trouvait l'humain, mais elle ne vit personne. Il devait se planquer dans un recoin sombre. Avec prudence, la voleuse avança, dague à la main et resta vigilante au moindre son ou mouvement. Soudain, quelque chose se brisa à ses pieds, elle vit qu'il s'agissait d'une potion et mit sa main devant sa bouche pour ne pas respirer les éflues...Mais c'était un leurre. Une forme se jeta sur elle, lui faisant lâcher sa dague et la faisant tomber sur le sol. Edwina n'eut pas le temps de se relever que quelqu'un venait de se plaquer contre elle, ramassant sa dague et voulant lui trancher la gorge. La voleuse réussit à s'emparer du poignet de l'homme qui forçait. La lame de la dague se rapprochait dangereuse du cou d'Edwina.
« Tu vas mourir ! Hurla l'individu comme fou. »
La lame égratigna la peau d'Edwina. Le pied de la Nordique trouva une ouverture et s'abattit contre le flanc de l'homme, ce dernier surprit, relâcha sa prise. Edwina, en profita pour retourner la lame de dague contre lui. L'homme hoqueta, alors que du sang coula de ses lèvres, puis il s'écroula au sol, mort. La dague venait de lui transpercer le cœur. Haletante d'être passée près de la mort, Edwina essaya de reprendre ses esprits. C'était moins une. Elle passa sa main contre son cou, elle n'eut qu'une simple estafilade. Essuyant son arme et la rangeant, la voleuse fouilla le cadavre et découvrir un journal. En se rapprochant de la lumière près de l'atelier d'alchimiste, elle pu lire que ce type se nommait Hamelyn et que...c'était un fou. Un homme qui fut rejeté des autres et qu'il voulait leur faire payer. Elle découvrit avec horreur que les Ragnard étranges étaient en faite des expériences avec des Givrépeirs.
Ce salaud leur a greffé les glandes venimeuses de ces créatures...Heureusement que je ne me suis pas fait mordre.
Frissonnant d'effroi, Edwina décida de brûler le livre. Il n'avait aucun intérêt et il valait mieux que personne d'autre aussi fou ne tombe sur les expériences de cet individu. Elle récolta en revanche les ingrédients qui restaient de l'atelier. Cela pouvait servir pour concocter des potions à la Guilde. Puis elle repéra un peu plus loin le nid des Ragnards. Elle sortit de sa poche le poison fournit par Sabjorn et en versa la moitié sur le nid.
Au moins, ils ne reviendront pas...mais j'aurai deux mots à dire à Mallus, je suis sur qu'il était au courant pour ce fou furieux !
Rangeant le reste du poison, il ne restait plus qu'à Edwina à verser le reste dans la cuvée d'hydromel. Elle vit un autre passage dans la paroi et en conclut que cela devait mener à l'autre bâtisse, là ou se trouvait les bassins de brassages. Edwina emprunta le passage et sortit dans une autre cave. Elle enjamba les pièges à rats disposées au sol et sortit de la pièce pour entrer dans une grande salle emplit d'odeur d'hydromel. Il y avait plusieurs grands bassins de brassages fermés tout autour et au centre des grandes tables de bois. Une petite échelle permettait d'accéder à la mezzanine qui donnait sur les ouvertures des bassins. Edwina chercha celui qui était consacré à la cuvée spéciale que Sabjorn voulait faire gouter au capitaine. Elle le trouva vite et déversa le reste du poison dans la cuve. Il ne restait plus qu'à sortir et rejoindre Sabjorn pour demander le reste de la paye. Edwina ne souhaita pas repasser par le tunnel, elle se dirigea vers la porte et trouva même une clé qui déverrouilla la porte. Elle glissa le passe dans sa poche, le gardant au cas où comme petit souvenir.
Dehors, Edwina remarqua que la nuit commençait à tomber. Elle se hâta de rejoindre la salle principale de l'Hydronning. A l'intérieur, elle remarqua que Sabjorn n'était plus seul : Mallus était présent mais aussi le capitaine de la garde qui semblait s'impatienter. Le commerçant se précipita vers Edwina.
« J'ai fait mon boulot, commença Edwina, mais fut interrompu par Sabjorn.
- Il était temps ! J'ai du faire patienter le capitaine jusqu'à ce que vous ayez terminé.
-...Et mon salaire ?
- Vous devrez attendre que le capitaine ait fini. Attendez ici. »
Edwina n'eut pas le temps de répliquer que Sabjorn sortit précipitamment de la pièce. La voleuse se tourna vers Mallus qui lui échangea un regard complice. La Nordique alla se poser sur une chaise tandis que Sabjorn revenait avec sa cuvée spéciale...sans se douter qu'elle était vraiment "spéciale". Ce fut très comique la scène qui se déroula : Le capitaine but à pleine gorgée l'hydromel mais il la recracha aussitôt au visage de Sabjorn. Le capitaine, outré que le tavernier ait tenté de l'empoisonner décida de l'arrêter sur le champ. Le pauvre Sabjorn ne comprenait pas ce qu'il se passait et fut emmener de force par le capitaine. Avant de partir, le capitaine confia l'établissement à Mallus qui fut ravi de reprendre les rênes. Une fois seul, l'Impérial laissa exploser sa joie. Il fit face à Edwina qui était contente aussi que le plan avait fonctionné.
« Ça n'aurait pas pu mieux se passer ! Bien il est temps que je change cet endroit et le rebaptise au nom des Roncenoir.
- Vous auriez pu me prévenir pour le fou furieux dans la cave ! Lança d'une voix cinglante Edwina.
-...Je craignais que vous laissiez tomber si je vous en avait parlé, avoua d'un air dubitatif Mallus.
- C'est mal me connaître. Mais bon, il est mort avec sa vermine. C'est dommage que Sabjorn ne m'a pas payer le reste pour le travail.
- Considérez ce qu'il vous a donné comme un dédommagement de mon manque de confiance. Bon, avez-vous quelque chose à faire avant de repartir à Faillaise ?
- Maven m'a demandé de jeter un œil aux livres de comptes de Sabjorn.
- Alors Maven en veut au partenaire secret de Sabjorn, hein ? Il n'y a pas de soucis, vous pouvez fouiller son bureau. La plupart de ses papiers sont dans son secrétaire. Tenez, en voici la clé...Et je ferme les yeux sur ce que vous récupérez dans son bureau tant que cela ne mette pas un obstacle aux affaires de Maven.
- Bien sur. Merci encore.
- Oh, une dernière chose. Si vous faites affaire à Blancherive et que vous avez besoin de refourguez du butin, vous pouvez venir me voir. »
...Un receleur ? Ma foi, même s'il m'a mentit sur le fou du tunnel, il a l'air sincère.
Edwina prit la clé tendu par Mallus en le remerciant et se dirigea vers la salle de réserve des fûts d'hydromel. Un petit escalier montait à l'étage et menait au bureau de Sabjorn. Grâce à la clé qu'elle n'avait pas rendu au commerçant, Edwina ouvrit facilement la porte. La chambre était bien rangé et elle vit le secrétaire contre un mur ainsi qu'un placard fermé à clé. Edwina s'empara des objets de valeurs dans la pièce avant d'aller ouvrir tout d'abord le placard. Muni de ses crochets, la serrure ne fit pas long feu. Le placard était en faite une toute petit pièce où Edwina trouva de l'or et aussi une belle carafe d'hydromel magnifiquement ouvragé. Un larcin qui plairait au vieux Delvin. Rangeant tout ceci dans son sac, Edwina ouvrit le secrétaire grâce à la clé confié à Mallus. Elle farfouilla dans les divers papiers et livres de compte et découvrit un étrange billet. Lorsqu'elle le déplia, ses yeux s'écarquillèrent de surprise.
Ce symbole...Encore la dague et le rond noire !
Le même symbole qu'elle avait découvert sur le contrat de vente de Lumidor était inscrit en haut du billet. Qu'est ce que ça voulait dire ? Lorsqu'elle parcourut les lignes du billet, elle découvrit que le mystérieux financier de Sabjorn devait faire en sorte que Maven et "ses petits camarades" soient mis à distance. Autrement dit, l'acheteur de Lumidor et le partenaire de Sabjorn était la même personne...et ces deux affaires étaient liés.
La coïncidence est trop flagrante. Est ce qu'on vise Maven...ou la Guilde ?
Elle devait faire part de cette découverte à Brynjolf et au plus vite. Sortant prestement du bureau, Edwina fonça vers la sortie, saluant au passage Mallus et le remerciant. La voleuse courut à l'extérieur vers les écuries de Blancherive, espérant trouver un chariot qui pouvait l'emmener à Faillaise.
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