Je ne devrais pas être en train d'écrire cette fic... je devrais être en congés de FF pour 15 jours... mais le traumatisme post 513 doit être plus grave que ce que je croyais. Sur le coup, j'ai été touché, mais pas au point de pleurer quand même, j'ai pas la larme facile. Je me suis dit : mince, c'est triste comme fin... mais c'est beau aussi, la révélation, tout ça...

Sauf que... aujourd'hui, en manque de légèreté, j'étais en train de me dire que je regarderais bien à nouveau la saison 1.. quand... le drame. Je crois que je peux plus ! Rien qu'à l'idée de les revoir jeunes, heureux et pleins d'espoir, je vais me rappeler de cette fin atroce et triste à pleurer... le contraste entre les grands sourires du début et les larmes de pure douleur de Merlin devant le lac d'Avalon avec son stay with me... est juste insupportable !

Je l'ai en travers de la gorge leur Camlann. Les boules ! Et là je me dis que c'est mauvais, vraiment, très mauvais ce qu'ils ont fait avec leur subit revirement vers la tragédie. Parce que pendant des années, Merlin a été mon petit moment de joie et de bonne humeur (regarde un petit épisode ça te remettra en forme...). Mais maintenant quand j'y pense, j'ai juste le bourdon ! Et je suis adulte ! Mais y'a plein d'enfants qui ont regardé cette série ! C'est quoi le message ? Quand tu es jeune, tout est facile, tu y crois... et puis tu galères, tu galères, tu fais plein de sacrifices pour accomplir quelque chose... mais à la fin, les gens que tu aimes MEURENT parce que c'est le destin, on ne peut rien y changer... et puis tu te retrouves tout seul avec tes yeux pour pleurer... et t'as mal comme un chien.

Regarde ce pauvre Merlin, gentil comme tout, il termine envagabond au coeur brisé... t'as compris ?

BIENVENUE DANS LA VIE REELLE.

(Sinon je me demandais, est-ce que dans le coffret DVD il y a une offre spéciale : pour un coffret acheté, une corde offerte ? Et est-ce qu'il y a une limite d'âge pour les cordes).

Bref, pardon, mais il fallait que ça sorte.

Sinon :

Julie : tu m'as retrouvé ;) oui, j'ai repris la première scène merthur de la série en inversant les rôles ;). Bien sûr que mademoiselle Smith c'est Gwen... et bien vu pour sa concurrente française ;). J'avais mis un rating M par sécurité vu quelques unes des scènes à venir et quelques uns des thèmes abordés mais je l'ai repassé en T. C'est sûr qu'un M est peut-être un peu exagéré... à voir. Si ça devient limite merci de me faire signe et je rebasculerai ;)

Vianaha : merci pour ton com ! là je crois qu'on est plusieurs à avoir besoin de tendresse (en perf, c'est urgent). Cette fic est la suite des autres où j'ai construit au fur et à mesure une relation Merthur très poussée dans la complicité, les émotions, le rapport à la magie, etc... donc très ambigue, mais sans slash. Il faut savoir aussi qu'Arthur et Gwen étaient vraiment très amoureux dans leur première vie, que Gwen a perdu un enfant, Galaad, qui comme Merlin aurait dû naître magicien, et que Merlin était très proche de Gwen (qui a su son secret avant tout le monde et l'a défendu bec et ongles auprès d'Arthur quand il l'a appris à son tour dans des circonstances pas très favorables). Comme c'est une fic de réincarnation, c'est important de savoir ça à la base. Et aussi que mon Merwenthur marchait très bien sans que personne ne soit malheureux au contraire. On ne change pas une équipe qui gagne. Mais on est dans les temps modernes maintenant. Insiste un peu et tu verras.

Koul : oui je veux qu'ils sont mignons tous les deux et je dis : mignonitude forever... on va réécrire tout ça, et toc !

ClaireRieunau : merci de lire depuis le début et d'avoir laissé ce message ! et tant mieux si cette fic te remonte le moral... (ça me fait ça à moi aussi, et j'en ai bien besoin !). Pour ce qui est du Merthur/slash... oui, il y en aura, mais pas comme thème central, et je pense que quand ça arrivera, ça donnera l'impression de couler de source par rapport à tout ce que j'ai écrit avant, et que ça ne changera strictement rien aux relations que j'ai construites au fur et à mesure de la fic. En tout cas, c'est mon objectif.

Valir : quand tu auras vu Morgane, tu comprendras pourquoi Arthur est spécial avec l'éducation qu'il a reçue ;).Mais ce n'est pas encore pour tout de suite... patience !

LolOW : Mordred les a vus pleurer dans les bras l'un de l'autre et il a pris ça pour une étreinte d'amoureux parce que c'est un gros jaloux ! Merlin et Morgane ne sont pas amoureux, ils sont juste très proches dans la magie et ils ont construit beaucoup de choses ensemble sur l'Ile des Bénis. Je te remercie beaucoup pour ton compliment sur la cohérence des personnages... j'ai essayé d'extraire l'essence de chacun d'eux, ce qui m'avait vraiment accroché dans leur version originale... et de le faire éclater pour que ça donne une espèce de condensé de ce que je préfère chez eux ;). Sinon devenir scénariste ça me plairait bien, mais non, je ne le suis pas ;) Ah ! Et moi non plus, je n'ai jamais pu avaler Dark Morgana dans la série... trop dark d'un seul coup et sans justification assez argumentée derrière. J'ai espéré sa rédemption jusqu'au bout mais rien...

Merci à vous tous pour votre soutien. Tenons-nous les coudes après ce 24 décembre pas marrant pour les Merlinois que nous sommes...

Un petit chapitre Merthur pour clore la "rencontre bis" entre nos deux énergumènes. Arthur tient le bon bout, il a un funny feeling ;)

CHAPITRE 3

Arthur et Merlin prirent place face au proviseur, qui les dévisagea tous les deux d'un air courroucé.

C'était auquel des deux se ferait remonter les bretelles en premier, et Arthur fut stupéfait de découvrir qu'il n'était pas en tête de liste.

Le vieil homme revêche en costume cravate se retourna presque aussitôt vers Merlin avec une expression hostile plaquée sur la figure.

-Monsieur Emrys ! Encore un incident malencontreux dont vous êtes la victime ! C'est le onzième depuis le début de l'année ! Je suis fatigué de vous recevoir dans ce bureau ! Ne pouvez-vous donc pas faire un effort pour éviter les problèmes ?

Arthur jeta un coup d'oeil à Merlin : il était empourpré jusqu'à la racine des cheveux, et il regardait ses chaussures.

-Désolé, marmonna-t-il.

Mais l'étincelle indignée qui dansait déjà dans ses yeux tout à l'heure, face à Valiant, n'avait pas disparu pour autant.

-Nous sommes dans une ZEP, M. Emrys. Quand vous avez commencé votre scolarité ici, vous avez certainement dû comprendre que militer pour les droits LGBT n'était pas vraiment la meilleure chose à faire ?

Un éclair de colère traversa le regard de Merlin sous ses longs cils.

-Je ne milite pas..., commença-t-il.

-Comprenez-moi bien, coupa le proviseur. Je soutiens les droits LGBT à 100%, mais je suis aussi un grand partisan du sens de l'à-propos et vous risquez fort de ne pas fêter votre dix-septième anniversaire si vous n'apprenez pas à vous fondre un peu mieux dans le décor.

-Ce n'est quand même pas ma faute s'ils me tombent dessus ! répondit Merlin avec révolte.

-Je vous demande pardon, M. Emrys ?

-Je disais...

-Qu'est-ce que je suis censé faire avec vous, dites-moi ? Vous envoyer chez la psychologue scolaire?Convoquer vos parents pour leur recommander de vous inscrire dans un établissement prrivé ?

Merlin leva vers le proviseur avec un regard à la fois furieux et bouleversé.

-Je dépends de l'Aide Sociale à l'Enfance. Vous le savez très bien, c'est écrit dans mon dossier. Donc si vous voulez convoquer quelqu'un, ce sera le directeur du foyer. Et vous ne pouvez pas faire ça.

-Je ne peux pas ?

Arthur vit une nouvelle expression s'inscrire dans le regard de Merlin : impossible de se tromper, c'était de la panique. Ca le stupéfia, parce qu'il n'en avait vu aucune tout à l'heure, alors qu'il était seul face à cinq types déterminés à lui faire passer un sale quart d'heure, même s'il était coincé, et incapable de se défendre... si Valiant ne réussissait pas à l'effrayer, comment la simple idée d'une convocation pouvait-elle suffire à le mettre dans un tel état ?

-Non, ce n'est pas ce que je voulais dire... bien sûr que vous pouvez, vous êtes le proviseur, mais ce n'est pas vraiment nécessaire, donc vous ne le ferez pas... n'est-ce pas ? Je veux dire : je vais avoir des problèmes si vous le faites... de très très gros problèmes.

-Quel genre de problèmes ?

Le proviseur était sans pitié. Merlin avait l'air d'un animal traqué maintenant en face de lui.

-On m'a répété pendant les trois dernières années que je devais m'orienter vers une voie professionnelle pour trouver rapidement du travail à ma majorité, mais j'ai refusé parce que j'ai toujours eu l'intention de faire des études supérieures.

-Avec vos résultats ?

Merlin cligna des yeux.

-J'ai une chance d'y arriver, sauf si vous commencez à contacter la direction du foyer pour leur signaler que mon comportement pose problème... je tiens vraiment à avoir mon diplôme, d'accord ? Et je suis désolé pour le dérangement. Vraiment. Je vous promets que ça ne se reproduira plus.

Arthur était complètement bouleversé par ce qu'il entendait. Il pouvait facilement se mettre à la place de Merlin, parce qu'il n'avait que Morgane dans sa vie... si elle n'avait pas été là pour lui, lui aussi aurait fini en foyer, élevé par des inconnus. A une époque de sa vie, cette possibilité lui avait donné des cauchemars...

Il n'arrivait pas à croire que le proviseur puisse avoir «oublié » un détail comme celui-là quand il avait menacé Merlin d'appeler ses parents. S'il n'avait pas oublié... son allusion avait été faite dans l'intention de blesser. Ce qu'il continuait à faire allègrement en se proposant d'appeler la direction du foyer... C'était un imbécile, comme Valiant, mais en pire; parce qu'il était plus vieux... et plus retors.

Arthur étrécit les yeux, bouillonnant de colère.

-J'espère que l'avenir vous donnera raison, M. Emrys. Parce que franchement, vous concernant.. je suis à court d'idées... Il semble que vous adoptiez toujours la bonne attitude pour inciter les autres à vous créer des histoires; et je commence à être sérieusement fatigué de vous.

Arthur n'arrivait pas à croire qu'il rende Merlin responsable de ce qui s'était produit un peu plus tôt. C'en était trop : il sentit la rage qui montait en lui depuis le début de la confrontation dépasser les bornes.

-Si vous commenciez par vous en prendre aux auteurs au lieu de vous acharner sur la victime, peut-être que ce genre d'incident ne se reproduirait plus ? lança-t-il.

Merlin lui adressa un regard choqué.

Le proviseur plissa les yeux et se tourna vers lui :

-Mais c'est exactement ce que j'avais l'intention de faire, M. Dubois. Pourquoi croyez-vous être là ? Vous pensez peut-être pouvoir exercer votre loi dans ce lycée comme dans le précédent, mais laissez-moi vous dire que vous vous trompez ! J'ai maté plus d'un petit caïd dans votre genre. Si vous voulez pouvoir passer votre BAC, vous aussi, vous avez plutôt intérêt à commencer à y réfléchir maintenant, parce que parti comme vous êtes, un deuxième conseil de discipline vous pend au nez ! Maintenant vous allez faire vos excuses à M. Emrys.

Arthur se mordit la langue pour ne pas répliquer malgré le fait que toutes les fibres de son être criaient à l'injustice. C'était plus facile à encaisser quand c'était lui qui était visé, et non quelqu'un d'autre.

Il fut réellement surpris quand Merlin prit sa défense avec véhémence, toute frayeur oubliée.

-Ce n'est pas Arthur qui m'a agressé, protesta-t-il. C'est tout le contraire, il m'a défendu. Le coupable, c'est Valiant...

-M. Snake est la fierté de notre classe de sport étude et son père finance notre projet de jumelage avec la ville de New York, M. Emrys. Avez-vous des preuves avant de porter vos accusations contre lui et de mettre par-terre les seules choses qui permettent à cet établissement d'avoir la moindre réputation ?

-Non, répondit Merlin. Juste ma parole.

-Ce n'est pas suffisant. Des témoins, peut-être ?

-Je suis prêt à témoigner, s'exclama aussitôt Arthur.

-D'autres témoins que , dit le proviseur en levant les yeux au ciel.

-Non, mais...

Le chef d'établissement tapa du poing sur la table.

-Ecoutez-moi bien, tous les deux. Personne n'aime les petits malins dans votre genre. a été blessé tout à l'heure. C'est l'entraîneur lui-même qui m'en a informé. M. Dubois : les surveillants m'ont confirmé que vous étiez l'auteur de sa blessure. Je me fiche des raisons pour lesquelles vous avez frappé M. Snake. Sachez que c'est seulement parce qu'il ne vous a pas accusé nominativement que je ne vous exclus pas sur l'heure. Si vous avez un brin d'intelligence, vous vous tiendrez à l'écart de lui à l'avenir et vous éviterez aussi de marcher sur les traces de M. Emrys en attirant l'attention sur vous. Vous vous en sortez à bon compte. Je vous donne à chacun quatre heures de colle que vous ferez samedi matin. Maintenant, en cours. Immédiatement. Et je ne veux plus entendre parler de vous jusqu'à la fin de l'année scolaire, c'est compris ?

Ils se retrouvèrent hors du bureau avant d'avoir réalisé qu'ils en étaient chassés.

-Quel imbécile, fulmina Arthur, après que la porte ait claqué derrière eux. Je suis vraiment désolé pour la manière dont il s'en est pris à toi, Merlin. S'il n'a pas compris que...Hé... où est-ce que tu vas ?

-En cours, dit l'intéressé, qui avait continué à marcher tout droit devant, le plantant là où il était.

-Attends-moi !

Merlin se retourna et lui adressa un regard fermé.

-Arthur... je sais que tu essaies bien faire, mais ce dont tu ne te rends pas compte, c'est que tu n'arrêtes pas d'aggraver les choses au lieu de les améliorer. Je ne veux plus que tu cherches à me défendre, je préfère qu'on se rende en classe séparément, et... si tu veux vraiment me rendre service, fais-moi une faveur.

-Oui ? dit Arthur, en clignant des yeux.

-Fais... juste comme si on ne se connaissait pas, d'accord ? Ce sera beaucoup mieux pour tout le monde.

Arthur soupira.

-D'accord, dit-il, en essayant de ne pas avoir l'air aussi malheureux qu'il se sentait à cet instant.

Pour une première entrée en matière, il avait fait très fort...

Mais ce qu'il n'arrivait pas à comprendre, c'était pourquoi, moins d'une heure après avoir rencontré Merlin, il sentait son cœur se serrer à ce point-là dans sa poitrine alors qu'il le regardait s'éloigner de lui. Comme si quelque chose, dans l'idée même que cette personne-là puisse lui tourner le dos de son plein gré, était fondamentalement choquant et anormal...

Pourquoi était-il aussi bouleversé par sa réaction de rejet ? Il était peut-être ouvert et chaleureux, mais il n'avait jamais été du genre à s'attacher rapidement. Il offrait facilement sa confiance, mais il n'avait pas l'habitude d'attendre quoi que ce soit en retour. Les gens retournaient facilement leur veste dans la vie. Arthur le savait. Et si ça avait été n'importe qui d'autre, être repoussé de cette manière ne lui aurait causé qu'un petit pincement au cœur qu'il serait arrivé à surmonter rapidement...

Alors pourquoi, cette fois-ci, les choses semblaient-elles si différentes ? Pourquoi la façon dont le garçon l'avait envoyé sur les roses l'oppressait-elle autant ? Pourquoi avait-il l'impression que Merlin n'aurait pas dû fuir devant lui comme il le faisait ?

Il y avait quelque chose, chez Merlin.

Arthur n'arrivait pas à mettre le doigt dessus.

Mais dans son for intérieur, il éprouvait une certitude stupéfiante, qui ne pouvait pas être due à une aversion partagée pour l'injustice, à une aptitude commune à se fourrer dans des situations impossibles, à quelques minutes de conversation assaisonnées de quelques grammes d'humour, et à un passage dans le bureau du proviseur couronné par quatre heures de colle.

Même si venait s'ajouter à cela une volonté identique d'obtenir leur diplôme et les similitudes entre leurs parcours de vie.

La place de ce garçon aux grandes oreilles et aux longs cils était à ses côtés. Un immense sourire aurait du éclairer son visage fermé. Et ses yeux si bleus auraient dû être tournés sur lui, rayonnants de fierté et de tendresse, au lieu d'être fixés sur ses pieds, remplis de tristesse, de sarcasme et de résignation

Arthur aurait été bien incapable d'expliquer pourquoi, mais il le sentait.

Et il refusait d'accepter qu'il en aille autrement.