Chapitre 4

Et si tout était différent

L'audience

Les jours passèrent tranquillement au 12 Square Grimmaurd. Harry profitait de ses vacances d'été. Pourtant, une boule pesait dans son ventre. L'audience au ministère de la magie pour acte magique qu'il n'avait pas commis, arrivait à grand pas. Tous les habitants de la maison tentaient de lui faire penser à autre chose ou de le rassurer. Mais la crainte persistait. Il ignorait la manière dont ça allait se dérouler.

La nuit précédant le jour fatidique, Harry dormit très mal. L'attaque des détraqueurs lui apparaissaient dès qu'il fermait les yeux. Il ressentait leur froid comme s'ils étaient vers lui. La peur l'étreignait. Son cœur était comme dans un étau glacial. Il avait l'impression d'être prisonnier que quoiqu'il dise, la décision du ministère était prise. Lorsqu'il parvenait enfin à s'endormi, un détraqueur surgissait dans ses rêves le réveillant en sursaut après lui avoir rappelé qu'un inconnu l'espionnait. Brusquement éveillé, il restait couché dans son lit sans bouger sans oser fermer les yeux. Vers les trois heures, ses paupières se fermèrent d'elles-mêmes. Apparut alors le sorcier au long manteau et à la capuche noir dans son rêve. C'était la seule fois où il se trouvait dans son rêve. Les autres fois, il se souvenait qu'il était surveillait mais ne voyait pas le mystérieux inconnu. Bizarrement, quand il le vit, il ne fut pas effrayé. Bien au contraire, il se sentit apaiser. L'homme lui tendit la main qu'Harry agrippa sans hésitation. Il sentit une douce chaleur l'envahir. Toutes ses peurs le quittèrent. Le restant de la nuit se passa agréablement. L'inconnu resta avec lui dans son rêve, tout en lui donnant la main. Le silence entre eux régnait mais la présence rassurante de l'homme emprisonnait toutes les peurs de l'adolescent. C'est dans ce calme irréel qu'Harry se réveilla au son strident de l'alarme du radio réveil. Il ferma les yeux essayant de retrouver le bien-être qu'il l'avait envahit durant la dernière partie de la nuit. L'inconnu et son aura calmante avait disparut, abandonnant Harry à son stresse. Il partit se doucher. L'eau l'aida à retrouver ses esprits. Il ne comprenait pas comment la présence de l'inconnu dans son sommeil avait put le rassurer. En effet, l'adolescent malgré ses craintes encore présentes, espérait que l'inconnu se montrerait et témoignerait en sa faveur. Il voulait le voir, lui parler, savoir qui il était. Il ne pouvait pas surgir quand il se faisait attaquer ou qu'il était stressé et l'abandonner ainsi. Il descendit à la cuisine prendre son petit déjeuner. Monsieur et Madame Weasley, Ron qui s'était levé durant son passage à la salle de bain, Hermione ainsi que Sirius et Remus étaient déjà présents. Dès qu'ils le virent, ils lui offrirent leur sourire le plus rassurant. Cependant, aucun de leur encouragement silencieux, n'arrivait à lui transmettre le calme que l'inconnu lui avait transmis par sa simple présence. Il s'assit entre son meilleur ami et son parrain. Madame Weasley lui apportait une assiette remplie de toast tartiné, du bacon, un chocolat, un jus d'orange… Harry regarda la nourriture sans ressentir la moindre faim. Son ventre était trop serré pour avoir envie de recevoir quoique ce soit.

-Harry, il faut que tu manges quelque chose, lui conseilla Hermione en le regardant jouer négligemment avec sa fourchette.

Alors qu'il allait répondre qu'il n'avait pas faim et qu'il était incapable d'avaler quoique ce soit, la mère poule de Ron intervint également.

-Hermione a raison, Harry chéri. Il faut que tu ais quelque chose dans l'estomac. Mange un toast au moins et un morceau de bacon. J'ai fait attention à ne pas trop te servir. Mange Harry, ordonna-t-elle.

-Je n'ai pas faim. Je ne peux pas manger, tenta d'expliquer Harry mais s'arrêta sous le regard sévère que les deux femmes lui lançaient.

-Mange un toast Harry pour que ton corps ait eu quelque chose. Comme ça, tu ne sentiras pas mal au ministère. Un toast, un petit toast. Ca ne te fera pas de mal, intima gentiment Sirius.

Sous le regard insistant de son parrain, Harry grignota son toast. Les craintes resurgissaient à nouveau. Les personnes présentes dans la pièce faisant en sorte de lui changer les idées, de le décontracté mais rien à faire. Seul l'inconnu avait parvenu à le calmer durant ces quelques heures de sommeil bien méritées. L'heure du départ arriva trop rapidement au goût de l'adolescent. Dans le hall d'entrée, on lui souhaita bonne chance et lui assura que tout allait bien se passer.

-Tu es innocent Harry. Ils ne peuvent pas te condamner. On ne condamne pas un innocent.

Un toussotement derrière elle vint la contredire. Elle se retourna vers pour faire face à Sirius qui la regardait perplexe. Elle réalisa alors ce qu'elle venait de dire. Elle rougit et tenta de s'excuser pour ses propos.

-C'est bon. Ce n'est pas la fin du monde, assura Sirius. Tout se passera bien, Harry. Aie confiance.

Sur ce, Harry accompagné de Monsieur Weasley arriva au ministère de la magie. Il regarda émerveillé autour de lui. Le monde magique l'étonnera toujours. Des cheminées parcouraient l'allée centrale. De chaque côté des vendeurs tentaient de vendre leurs journaux en clamant les actualités qui traitaient Harry et Dumbledore de cinglés. Soudain, se dressa devant lui une immense statue. Il suivit Monsieur Weasley dans un ascenseur. Des petites feuilles volantes virevoltaient au dessus de sa tête. Cette ambiance stressante inquiéta encore plus Harry. Il se sentait perdu dans un monde qui lui était inconnu. Soudain entra Kingsley qui murmura à l'oreille du rouquin. Il sortit à l'étage au dessus laissant Harry seul avec le père de son meilleur ami.

-L'heure de l'audience a été avancée, avertit Monsieur Weasley. Quelle chance que nous étions en avance.

Ils sortirent de l'ascenseur. Ils marchèrent le long des couloirs. Ils arrivèrent devant la porte de l'entrée du département de la justice.

-Je n'ai pas le droit d'aller plus loin, expliqua Monsieur Weasley. Je te laisse continuer. Il te faudra suivre les couloirs. Tu ne peux pas te perdre. Bonne chance Harry.

-Merci.

Il poussa la porte d'une main incertaine. Il avait tant espérer pendant qu'il marchait qu'il n'allait pas devoir se quitter. Maintenant il était là tout seul devant ce long couloir sombre. Un frisson lui parcourut le dos. Ses peurs grimpèrent. Sa gorge se noua. Alors qu'il allait se décider pour avancer et vaincre sa petite voix qui lui disait de prendre ses jambes à son cou, il entendit une voix derrière lui.

-Harry Potter.

Il se retourna vivement pour faire face à l'auror que Maugrey détestait tant pour lui avoir volé son poste, Vincenzo Tellerino, le même homme qui ne croyait pas au retour de Voldemort. Il lui jeta un regard noir avant de marcher pour trouver le tribunal où allait se dérouler son audience.

-Ca va, je ne vais pas te manger, pas besoin de partir en courant, rigola l'auror.

-Pourquoi est-ce que je vous attendrais ? J'ai mon audience. Je ne veux pas arriver en retard pour vous avoir fait causette, répliqua Harry qui s'était vivement retourné.

-Ton audience ne commencera pas tant que je ne serais pas là. Fudge m'attendra, répondit calmement l'italien alors que l'adolescent commençait à pâlir. Calme. Tu expliques calmement la situation et…

-Vous la connaissez la situation. Le ministère la connaît. Vous ne me croyez juste pas quand je vous dis que votre joli petit monde va être détruit par Voldemort si vous continuez à ne pas réagir, coupa rageusement Harry.

-Ton audience n'a rien à voir avec le retour de Voldemort. Tu as utilisé la magie devant un moldu, voilà pourquoi tu es là. Libre à ceux qui veulent croire à son retour.

Alors qu'Harry allait répondre quelque chose, quelqu'un les interrompit. Harry vit Tellerino jeter un regard noir à la personne qui arriva. Son visage avait presque quelque chose de sympathiques pendant qu'il parlait à Harry. A l'inverse, il semblait vouer une haine sans nom pour la personne derrière lui. Il se retourna pour faire face au directeur de Poudlard.

-Ah Harry, je vois que tu es déjà là. Bonjour Vincenzo, salua Dumbledore d'un sourire hypocrite vers l'auror.

-Dumbledore. L'audience va commencer, Potter. Je vous conseille de vous dépêcher d'entrer.

Sur ce, il entra dans la salle d'audience. Harry fixa son dos pendant qu'il pénétrait dans la pièce. Il fut surpris de voir le changement d'attitude de l'auror italien. Quelques instants auparavant, il semblait presque amical à Harry et là, il lui donnait l'image qu'il avait de lui avant de lui avoir parlé. Intrigué, il ne comprit pas ce qu'il venait de se passer. Il se promit de chercher à savoir pourquoi un tel changement d'attitude, pourquoi passer du tutoiement au vouvoiement si froid. Il suivit son directeur dans la pièce. L'endroit était froid. Juste une chaise se trouvait au milieu. Le ministre lui fit signe de s'asseoir. Il croisa le regard bleu de l'auror qui lui fit un discret clin d'œil. Autour de lui, une foule l'observait, tous vêtus de robe noire. En face de lui, le ministre de la magie, lui-même, présidait l'audience. A ses côtés, Tellerino était négligemment assis sur sa chaise. A son opposé, droite et froide, une vieille femme vêtue de rose sous sa robe fixait l'adolescent. Son visage de crapaud était crispé dans sa direction.

-Audience du 19 juillet 1995. Harry James Potter va être jugé pour avoir pratiqué le sortilège du patronus devant un moldu le 11 juillet à 18h12. Nous pouvons alors commencer…

-Avocat de la défense, Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore. Je me dois de corriger vos dires monsieur le ministre. Harry n'a pas pratiqué le sortilège du patronus, un homme avec une capuche est apparu et a fait partir les détraqueurs.

-Ce que vous dites Dumbledore n'a aucun sens, après avoir crié que Vous-savez-qui était de retour, vous avez besoin de venir raconter qu'un super héros a fait son apparition.

-Je n'ai pas parlé d'un super héros mais d'un homme qui est apparu.

-Dumbledore cessez de raconter des absurdités. Dites au moins que votre inconnu est si doué qu'il va vaincre Vous-Savez-Qui, pendant que vous y êtes ! S'il vous plaît, Dumbledore, arrêtez de raconter ces histoires.

-J'aurais une question, car je ne suis pas sûr de comprendre quelque chose professeur Dumbledore, continua la femme au visage de crapaud. Il me semble que vous avez insinuez que des détraqueurs étaient dans un quartier moldu, très loin de la prison d'Azkaban. Que feraient des détraqueurs à cet endroit ?

-Je me pose la même question, madame la sous secrétaire, concéda Dumbledore. Même si il existe une personne qui pourrait avoir ordonné aux détraqueurs de se rentre à Little Whinging. Voldemort pourrait…

-Excusez-moi, professeur mais les détraqueurs sont sous la responsabilité du ministère de la magie qui contrôle très bien la situation. Aucun détraqueur n'a quitté son poste, n'est-ce pas monsieur le ministre ? minauda-t-elle.

-En effet, Dolorès vous avez raison.

Harry écouta Dumbledore discuter avec le ministre et la tête de crapaud. Personne ne semblait faire attention à lui. Il fut surpris de voir Tellerino avachis sur son siège. Sa tête était appuyée sur sa main. Il semblait réellement s'ennuyer, mais continuait d'observer le jeune sorcier. Quand leurs regards se rencontrèrent, il lui fit un léger et discret sourire. L'adolescent détourna rapidement les yeux. Quelque chose le troublait chez cet auror. Il était d'ailleurs surpris de voir qu'il ne participait pas à la conversation. Les gens autour de lui écoutaient avec attention les arguments déployés. Pourtant, l'italien semblait trouver tout cela très ennuyant.

-Personne ne peut témoigner pour ce que vous racontez, Dumbledore, excepté comme d'habitude Harry Potter. Il semblerait, professeur que vous êtes avec Harry Potter prêt à inventer d'innombrables histoires aussi loufoques soient-elles. A moins que vous n'ayez quelqu'un qui puisse témoigner en faveur de monsieur Potter, nous allons délibérer sur le fait que monsieur Potter a utilisé la magie devant un moldu.

-Nous avons un témoin, contredit alors Dumbledore.

-Qui ça ? Vous nous avez amené votre inconnu ? se moqua Vincenzo qui parlait pour la première fois.

-Non, hélas, j'ignore encore tout de son identité. Mais quand je découvrirai je vous le ferais savoir Tellerino. Même si il me semble que c'est votre job à vous de trouver ce type de personne, nargua-t-il. Une sorcière se trouvait justement au alentour quand les détraqueurs sont arrivés. Elle peut donc témoigner de la présence des détraqueurs.

-Mais pas de votre inconnu ? demanda la femme en rose.

-Non, personne excepté Harry ne l'a vu.

-Et bien, faites là entrer, qu'elle raconte ce qu'elle a vu, décréta le ministre.

Harry dut quitter sa place pour aller s'asseoir dans un coin. L'auror ne le quitta pas des yeux. Il croisa son regard. Il ne comprit pas pourquoi il n'arrivait pas à détester cet homme. La vieille voisine des Dursley, Madame Figg entra. Lentement, de sa démarche bancale, elle avança au milieu de la pièce. Elle prit la place qu'occupait auparavant Harry. Elle portait son vieux manteau gris. Habillé miteusement, elle était affublée d'un chapeau rouge triste. Ses mains gantées noires s'étaient croisées sur ses genoux qui claquaient l'un contre l'autre. Apeurée, elle jetait des coups d'œil à Dumbledore espérant du réconfort, un simple regard mais il ne fit pas attention à elle. Elle se présenta alors d'une voix incertaine et tremblante.

-Je m'appelle Arabella Figg. J'habite le 6 Privet Drive à Little Whinging. Je suis une cracmol. Je vis seule dans ma maison avec mes deux chats Ruby et John.

-Décrivez-nous l'attaque madame, intima une femme avec un sourire encourageant. Comment étaient-ils ?

-L'un était gros et l'autre très mince, commença-t-elle mais fut interrompu par l'auror.

-Pas les garçons mais les détraqueurs. A quoi ressemblaient-ils ? Décrivez ce que vous avez vu, ressenti, tenta-t-il d'expliquer avec des gestes de la main, une manière très italienne.

-Ils portaient de longues capes noires. Ils étaient complètement cachés par leur manteau. Il y avait juste les mains moisies qui dépassaient. J'ai sentit comme un froid m'envahir, comme si tout sentiment de joie m'avait abandonné. Je me sentais vide, si triste, si seule. J'étais mal, je voulais mourir. Puis, ils ont été chassés mais je n'ai pas eu le temps de voir par qui. Je marche avec difficulté et le temps que j'arrive à l'endroit exacte où se trouvait Harry, seul. L'inconnu avait disparu.

-Tout cela n'a aucun sens, gémit la sous secrétaire offusquée. Comment des détraqueurs auraient-ils put se trouver là. Le ministère surveille les gardiens d'Azkaban. Votre histoire d'inconnu ne tient pas debout.

-Seriez-vous en train d'insinuer, madame, que le témoin ment ? demanda le directeur en fronçant les sourcils.

-Je n'ai pas dit ça. Je rappelais que les détraqueurs n'ont pas pu quitter leur poste tant que le ministère ne l'a pas ordonné et pourquoi aurait-il envoyé deux détraqueurs sur ce garçon ?

-La présence des détraqueurs ou d'un inconnu ne semble pas être le réel soucie de cette audience, me semble-t-il, fit remarquer Tellerino. Le problème était que monsieur Potter est accusé d'avoir utilisé la magie devant un moldu, le sortilège du patronus en l'occurrence.

-Que proposez-vous Tellerino ? Vous avez les faits. Harry n'a pas utilisé la magie un inconnu l'a fait…

-Pourriez-vous laisser Monsieur Potter répondre, Dumbledore, coupa l'auror le regard noir. Monsieur Potter, racontez votre version des faits, s'il vous plaît.

Harry reprit sa place sur le siège centrale. Il plongea son regard dans celui de l'auror. Il crut distinguer un discret clin d'œil d'encouragement mais il pensa avoir rêvé.

-J'étais dans un sous voie avec mon cousin quand deux détraqueurs sont arrivés. Tout sentiment de bonheur m'a quitté. J'ai tiré ma baguette pour les faire partir mais il m'a fallut quelques instants pour me concentrer pleinement sur un souvenir heureux. Quand j'allais lancer le sort, j'ai vu surgir un patronus. Je n'ai pas eu le temps de lancer le sortilège. L'inconnu l'avait fait avant moi. Il m'a donné du chocolat, pour mon cousin et moi. Il est parti quand madame Figg arrivait.

-Quelle était la forme du patronus ? demanda la jeune femme avec un sourire encourageant qui se trouvait près de l'auror qui fronça les sourcils à la question posée.

-Un fauve, mais je n'ai pas bien distingué l'animal exacte, répondit Harry évitant de mentionner qu'il s'agissait d'un lion vu la réaction des membres de l'ordre.

Dumbledore eut l'air satisfait de la raison du jeune homme. Soulagé ne pas l'entendre déverser ses idioties sur un soi disant lion.

-Vous venez d'entendre de la bouche d'Harry ce que je venais de vous expliquer, pourrions-nous régler cette histoire…

-Histoire dont vous n'êtes pas au centre, Dumbledore. Il ne s'agit pas de vous, sauf si vous vous appelez Harry Potter ? Mais il me semble que non ! Gardez votre place et laissez le ministère travailler. Vous n'êtes pas le centre du monde, non plus.

Ce dernier, offusqué ne sut que répondre à l'auror. Jamais un prétentieux n'avait osé lui parler ainsi. A côté de lui, Harry fut surpris de le voir parler ainsi à Dumbledore, d'ailleurs, toute l'assemblée partageait l'étonnement de l'adolescent. Rares étaient ceux qui avaient le courage de contredire le directeur de Poudlard. Même le ministre qui clamait que Dumbledore était fou, baissait les yeux devant lui. Bien que le ministère, tout entier, ne partageait plus les idées du vieux sorcier, Vincenzo fut bien le seul à oser lui parler ainsi. Quelque chose ces cet auror intriguait Harry. Au lieu de se sentir offensé que quelqu'un, du ministère qui plus est, ose parler à son mentor de la sorte, il trouva cela très courageux et presque drôle. Malgré toute la tension qui l'habitait, il eut envie de rire. Pour la première fois, quelqu'un lui répondait d'égal à égal. Son cœur s'allégea à l'idée que l'auror allait prendre les choses en main. Dumbledore ne l'avait pas beaucoup aidé selon lui. Il sortit de ses pensées quand l'auror reprit la parole.

-Le problème est de savoir si monsieur Potter a utilisé la magie. Le ministère se chargera de savoir ce que faisaient des détraqueurs dans un quartier moldu et qui était cet inconnu.

-Auriez-vous une idée pour savoir si monsieur Potter a pratiqué ce sortilège, Vincenzo ? Personnellement, je ne vois pas trop comment faire pour le prouver, s'interrogea le ministre.

-En Italie, il est parfois utilisé dans les cas comme celui-ci, transeo veterae. Pour connaître les derniers sortilèges utilisés par la baguette d'un sorcier, proposa-t-il.

-Brillante idée ! approuva la femme à ses côtés sous le regard noir du crapaud rose.

L'idée de l'auror fut alors approuvée par l'assemblée sous la joie d'Harry. Il se retint de sourire de remerciement à Tellerino. Il fut étonné de réaliser qu'il était heureux qu'il ait été présent. Il lui donna sa baguette. Tous observèrent avec attention l'auror exécuter le sortilège. Sous leur regard, sortit des échos des derniers sortilèges effectués par Harry lorsqu'il était encore à Poudlard. La preuve fut irréfutable. Harry était innocent. Sa baguette avait parlé pour lui. Il réprima un sourire de joie attendant le jugement final.

-La preuve que Monsieur Potter n'a pas effectué le sortilège ne peut être contredit. Il est donc innocenté. Aucune charge ne sera prise contre lui.

-Merci madame Bones. L'audience du 19 juillet de Monsieur Harry James Potter est terminée, décréta le ministre.

Des bruits s'élevèrent de tout part. Le ministre se tourna pour discuter avec son auror et sa sous secrétaire. Harry eut juste le temps de croiser une dernier fois le regard de l'auror italien qui lui fit un clin d'œil et un sourire discret. A l'étonnement d'eux deux, l'adolescent répondit avec un petit sourire en coin. Complètement perdu, il ne savait plus quoi penser. Cet homme ne pouvait pas être quelqu'un de mauvais. Il l'avait aidé. Il lui avait donné la solution pour prouver son innocence. Pourtant, il savait que l'adolescent le détestait. Son aide tourmentait et intriguait le jeune Potter. Dumbledore le tira par le bras l'interrompant dans ses pensées. Le vieux sorcier avait quelque chose de sombre dans le regard. Il réprima un rire en réalisant que l'italien l'avait vraiment vexé. Ils ne s'adressèrent aucun mot. Il ramena l'adolescent au QG de l'ordre où tous ses amis l'attendaient avec impatience. C'est donc avec joie qu'il entra seul. Son directeur l'avait directement quitté. Pas même un au revoir, rien, aucun mot n'avait été échangé ce qui peina l'adolescent. L'attitude si bienveillante du sorcier semblait être un souvenir lointain. Il pénétra dans la maison de son parrain un large sourire aux lèvres.