[Note de l'auteure] Et ceci est le dernier chapitre, déjà :'( Alors, je me dois évidemment de vous souhaiter un joyeux Noël ! J'espère que l'histoire vous aura plus :) Les paroles de séparations viennent de la chanson Phantogram - Fall In Love (Until The Ribbon Breaks Re-imagination) que j'A. DORE. Voilà, voilà, paix et amour et bisous sur votre petit museau !
Painful Love
- Partie 4 -
Léo ne savait plus quoi faire. Le sexe n'avait jamais posé problème jusqu'à lors, et maintenant c'était leur principal problème. Quand Raphaël lui avait confié son fantasme, jamais il n'aurait pensé que la situation dégénérerait autant... Le fantasme de la domination... Ça avait semblé un peu extrême, mais faisable. Et maintenant...
Léo soupira tout en se grattant nerveusement le bord du plastron.
« … Et depuis il s'est enfermé dans son ancienne chambre et refuse d'en sortir, » dit-il, son regard se perdant sur des fioles insignifiantes sur les étagères du laboratoire de Don.
Ses deux plus jeunes frères le regardaient avec un air neutre – enfin, Mikey avait le coin des lèvres légèrement recourbé et les yeux plissés, mais globalement c'était neutre.
« Je ne savais pas que votre vie sexuelle était aussi... Spicy, » dit Donatello avec un ton très légèrement amusé. Léo n'avait pas prévu de leur en parler, mais après la crise que Raphaël lui avait fait la veille, il avait réalisé qu'il n'avait aucune idée de quoi faire... Et quand il n'avait aucune idée, il n'avait pas beaucoup de personne vers qui se tourner.
Ses deux frères l'avaient écouté sans trop faire de remarques et ils n'avaient même pas l'air dégoutté ou quoi que ce soit. Ils étaient peut-être plus ouvert d'esprit que ce que Léo s'était imaginé.
« Vous n'êtes pas étonné... ? » demanda-t-il, encore un brin embarrassé.
« Non, pourquoi ? » fit Mikey.
« Je ne sais pas... Le sadomasochisme, Raph en sub et moi en dom, c'est surprenant, non ? »
« On est tous bizarre est surprenant quand on en vient au sexe, » répondit Don avec un haussement d'épaule.
« Et j'en sais quelque chose ! » s'exclama Mikey en regardant son aîné direct, un scintillement malicieux dans les yeux. À cela, Don rougit très légèrement et donna un coup de coude à son cadet pour l'inciter à fermer sa grande bouche.
Léo n'avait pas le cœur à s'amuser des taquineries que les deux tortues se lançaient entre elles. Il avait la tête posée dans les mains et un air très mélodramatique sur la figure.
« J'ai l'impression que le sexe est en train de mettre à mal notre histoire d'amour. Ça me fait de la peine... »
Dans sa subtilité légendaire, Mikey hôcha vivement la tête et s'exclama : « C'est sûr que si sur le plan sexuel ça ne va pas, le reste risque aussi de dégringoler. »
Les lèvres de Léo se serrèrent. Il avait déjà assez mal au cœur comme ça et Mike lui confirmait qu'il avait raison de craindre pour l'avenir de son couple, mais heureusement, Donnie leva les yeux au ciel et s'offusqua : « Arrêtez de tout mettre sur le compte du sexe vous deux. Les relations amoureuses sont beaucoup plus compliquées et profondes que ça. »
« Oui mais c'est révélateur que quelque chose ne va pas, on est d'accord ? » surenchérit Mikey, suite à quoi Don lui envoyé un regard blasé.
« Sans doute, mais je ne pense pas que le problème de Raph soit fondamentalement lié à votre sexualité, il doit y avoir autre chose. »
« Je ne comprends pas pourquoi il va mal, » se lamenta encore Léo.
« De toute évidence vous avez un problème de communication, » répondit Donatello, « vos séances de sadomasochisme réveillent sûrement en lui quelque chose qui le met mal à l'aise. »
Comme Léo avait le visage baissé, il ne vit pas ses deux frères échanger un regard désolé alors qu'il lâchait avec dépit : « Je le comprends pas... Je le comprends pas du tout... »
Le silence régna pendant quelques secondes suite à cela. L'ambiance était lourde et aucuns des deux cadets ne savait quoi dire pour réconforter le leader. Ce dernier finit par soupirer et il redressa enfin la tête, fixant le plafond en lançant avec un ton fatigué : « Je commence sincèrement à me demander si c'était une bonne idée tout ça. »
« Tout ça quoi ? » demanda Mikey.
« Lui et moi, » répondit l'aîné, « notre couple. »
« Léo... » commença le benjamin avec un ton larmoyant, pensant que son frère s'apprêtait à rompre avec leur frère au sang chaud, mais Donatello posa sa main sur son épaule et lui dit « Il se remet juste en question, c'est normal. »
Léo secoua la tête, perdu dans son monde intérieur. « Comment je vais régler ce problème ? » se demanda-t-il à lui-même.
« Comment vous allez régler ce problème, » rétorqua Donnie. « Vous êtes deux. N'oublie pas ça. »
Love. It was enough to recognize.
« Il faut qu'on parle. »
Léo avait la tête posée contre la porte de la chambre de Raphaël. Il avait presque murmuré ses mots, mais il savait que depuis l'intérieur, la tortue à la peau d'émeraude l'avait entendue. Raph avait toujours eu une bonne ouïe. Quant à Léo, son sixième sens ne le trompait jamais, il savait que son frère était à l'intérieur de la pièce et il sentit sa présence s'approcher.
« Ça ne peut pas fonctionner comme ça, Raph, » ajouta-t-il doucement.
« Je sais. »
Léo sursauta. Il ne s'attendait pas à une réponse. Il ne s'attendait pas à ce que Raph soit placé directement derrière la porte non plus. Une once d'espoir le remplis alors qu'il demandait doucement : « Est-ce que je peux entrer ? »
Deuxième surprise Raphaël ouvrit doucement la porte. Il avait la mine sombre, mais Léo était certain qu'il n'avait pas l'air beaucoup mieux.
« Ça va ? »
« Tu sais que j'ai horreur quand tu me poses cette question. »
Le leader se mordilla les lèvres et tritura nerveusement ses doigts. Il était même pas encore dans la chambre et il faisait déjà un faux pas. Mais il était trop tard pour revenir en arrière, alors il décida de risquer le tout pour le tout et de poser la question qui lui brûlait les lèvres : « Pourquoi ? »
Raphaël sembla réfléchir pendant quelques instants, mais il lui était impossible de définir avec précision ce qui, dans l'attention et la compassion constante de Léo, lui tapait sur les nerfs.
« Parce que... Oh merde, j'en sais rien moi ! » s'exclama-t-il finalement avant de soupirer lourdement en tournant le dos à son frère pour retourner dans sa chambre. Léo le suivit et poussa la porte derrière lui, bien déterminé à trouver une réponse.
« Tu me laisses jamais m'occuper de toi, » statua-t-il, « c'est parce que ça met à mal ta virilité, c'est ça ? »
« Toi t'as parlé avec Donatello... »
Léo ouvrit la bouche et écarquilla les yeux Raph avait tapé juste et il l'avait deviné en à peine quelques phrases... Merde, des fois ils se connaissaient trop bien. Mais, littéralement, trop bien. Léo secoua la tête de manière confuse, pris au dépourvus.
« Je-... »
« Ce qu'on fait entre nous c'est personnel, ça regarde personne d'autre ! » s'insurgea Raphaël, les poings serrés et les muscles tendus.
« Oui mais je suis perdu, je ne sais plus quoi faire ! Je vois bien que tu vas mal et je-... »
« Oui ! Oui je vais mal, voilà je l'ai admis, t'es content ?! Pourquoi est-ce que tu veux à tout prix toujours t'occuper de tout ?! Il ne t'est jamais venu à l'esprit que tu ne pouvais rien faire pour moi ? » cria Raph d'une traite, sans prendre son souffle.
Léo commençait à se dire que c'était vraiment perdu. Il ne pouvait rien faire pour son frère si celui-ci n'acceptait pas son aide. C'était dans sa nature de leader de toujours tout faire pour aider les autres, surtout quand il s'agissait de sa propre team mais là... Là ça devenait vraiment trop.
« Tu es vraiment... Tu... Tu... Rah ! » bafouilla-t-il en essayant de trouver ses mots alors que sa gorge devenait nouée par la colère. « Tu sais quoi, j'en ai marre de toi ! »
Les yeux de Raphaël se plissèrent alors que ses joues gonflée dans une moue enfantine de gamin en colère, mais cela n'attendrit pas Léo comme d'habitude. Après quelques secondes, il ajouta : « T'as gagné. Tu sais quoi ? Tu as vraiment gagné. Tu veux pas me laisser t'aider, alors je t'aiderai pas. »
Et là, il lâcha les mots fatidique, des mots qu'il n'aurait jamais cru dire un jour : « Notre relation ne tenait qu'à un fil de toute façon, et maintenant c'est fini ! »
Il ne put empêcher les larmes de dévaler sur ses joues. Il n'arrivait pas à croire qu'il avait vraiment dit ça, lui, Léo, la tortue patiente qui cherchait toujours une solution. Sauf que là, c'était du sexe. C'était du sexe et il ne savait pas, il ne savait plus comment faire, ni quoi faire.
Raphaël blêmit, puis il eut une drôle de mimique. Ses épaules tombèrent et il secoua la tête de gauche à droite en s'exclamant : « Je m'en fous! Tout ça, c'était que du sexe, rien de plus ! »
« Ça n'a jamais été que du sexe Raphaël ! Jamais ! » rétorqua Léonardo sans réfléchir. C'était sorti tout seul.
Les deux tortues se fixèrent en silence, alors qu'ils tentaient tous les deux d'assimiler ce qui était en train de se passer. Léo avait terriblement envie de sangloter, mais il se retenait comme il le pouvait. Au bout d'un petit moment, il soupira et s'essuya les joues avec le revers de la main.
« Écoute, je te laisse une dernière, dernière chance. Ou tu me dis ce qui ne va pas, ou on arrête tout ici, parce que moi je me sens incapable de continuer comme ça. »
Léo savait qu'il prenait de gros risques. Raph n'aimait pas être mis au pied du mur. Le plus souvent, il explosait et envoyait tout valser quand ça arrivait. Il s'attendait justement à ça, mais à la place...
« Je t'aime... Je voulais juste... Je voulais juste te montrer que je t'appartenais autant que tu m'appartiens... »
Léo resta sans voix, droit comme un i devant son frère. Il n'était pas sûr de comprendre. Raphaël regardait vers le sol, ses grands yeux remplis d'eau, et après un moment, il ajouta « Je voulais me faire pardonner pour toutes ces années où je t'ai dit que je te détestais... Pour toutes ces fois où je t'ai fais du mal. J'ai l'impression qu'il faut que tu me fasses souffrir en retour et que si tu ne le fais pas, on ne trouvera jamais d'équilibre... »
La gorge de Léo se sécha. Le masochisme de Raph, c'était juste un moyen d'atteindre la rédemption, alors ?
« Tu veux dire que tu ne voulais pas vraiment tous ça ? Le fouet, l'étranglement, les baillons, tout le reste, tu as tout enduré juste parce que tu avais l'impression que tu me devais quelque chose ?! »
« Non ! Non, c'est pas ça ! »
Raphaël lâcha un grognement de frustration en se laissant tomber sur son lit, détournant son regard de celui de Léo. Ce dernier décida de s'asseoir à ses côtés et de le laisser chercher ses mots sans l'interrompre.
« Quand tu me fais physiquement souffrir, j'ai la sensation de payer pour tout ce que j'ai fais de mal dans ma vie et ça... Et dans un sens ça me fait du bien., ça me... Ça me fait du bien.»
« Raphaël... »
« Je... Dans le fond c'est moi que je déteste. »
Léo écarquilla les yeux. Il n'aurait jamais pensé qu'une telle raison pouvait se cacher derrière les nouvelles pratiques sexuelles que Raph avait quémandé. Laissant son corps parler pour lui, il s'approcha de son cadet et le prit dans ses bras avec fermeté.
« Idiot, » murmura-t-il en se serrant fort contre ce corps de feu, « moi je t'aime assez pour deux. »
Raphaël était figé, encore sous le choque de sa propre révélation. Il se mordait l'intérieur des joues pour ne pas pleurer alors que les mots de Léo se glissaient dans sa poitrine, et il ne savait honnêtement pas si ça lui faisait du bien ou du mal. Peut-être un subtil mélange des deux... En tous cas il ne voulait pas que ça s'arrête. Les « je t'aime » conventionnel n'était pas pour lui, il préférait ce genre de phrase.
« Tu aurais dû me le dire avant, » dit Léo d'une voix très faible, sa tête blottie dans le cou de Raphaël.
« Je ne suis pas doué avec les mots... »
« Tu es beaucoup plus doué que ce que tu penses. »
Léo se recula et plaça ses mains autour du visage du plus jeune pour plonger ses yeux dans les siens.
« Je déteste être amoureux d'un abrutis comme toi, » dit-il, « mais je dois être un peu maso aussi parce que je ne veux pas que ça s'arrête. »
« Alors... Qu'est-ce qu'on va faire ? » demanda Raph, confus.
« On va trouver l'équilibre, » répondit simplement Léo, « le juste milieu entre amour et douleur. »
Il déposa ensuite un baiser sur le front de l'autre tortue, et ils se sourirent. Sexe, amour, douleur, plaisir... Le dosage n'était pas simple, mais Léo savait que tant que Raph réussirait à communiquer avec lui, ils pourraient tout arranger, parce qu'ils s'aimaient.
