Coucou ! Désolée pour le retard ! Beaucoup de choses à faire et à régler... Mais bon on est toujours samedi donc tout va bien xD ! Après deux semaines sans chapitre je ne pouvais pas me permettre d'être en retard d'un jour ! Donc voici le chapitre 4 !

J'ai eu beau supplié, prié, menacé, faire la dévote, donner des pots-de-vins... rien ne m'a permis de prendre Katekyo Hitman Reborn des mains d'Akira Amano... Même pas Gokudera ou G, vous vous rendez compte ?! TT

Merci à Reima-chan, fuonhicali, Minimiste, MissXYZ, Yukiko-yu, lulue79, Kyara17, DragonneYukkin, Caliste et Himutsu-chan pour leur review au dernier chapitre !

Merci également à fanais, aranley, addaline, Reima-chan, Minimiste, Fiane-Fiamma, Dixia, Himutsu-chan, Hebihime, Zeyra K, Tomokachan76, anastasia172, Lecfan, Izanami97, Alycia Panther, Yuki-Jiji, fuonhicali, Anonimo XD, mary6987, lupine13, manga-fic-love-sissi, amelieprosper, Akayui, lulue79, Tiffou, amiedu13, , Luce Li, Walarisse, Kyara17, Ekana, neko-chan L, neko-chan200, sacheliane et Caliste pour avoir mis en favoris et suivre cette fiction !

Merci également à tous ceux qui lisent en anonyme cette fiction !

En fait, je vous adore tous mes lecteurs, que vous soyez anonymes ou pas xD !

Réponses aux reviews anonymes :

MissXYZ : Merci beaucoup pour la review et pour les compliments. Moi aussi j'ai adoré la scène de Ganauche qui essaye de parler japonais et pour tout te dire normalement j'avais prévu que Ganauche ne sache qu'à peine parler japonais ^^ mais ce n'était pas très crédible après pour la suite, du coup j'ai légèrement modifié et je n'ai placé le défaut que sur son accent ^^ Franchement j'aime beaucoup Visconti. Je ne m'attendais pas du tout à l'apprécier mais je suis contente !. J'essaie de différencier les comportements des gardiens de la neuvième génération avec les comportements qu'on connaît de la dixième mais ce n'est pas facile. Normalement pour tous les personnages on a une base mais là j'en ai pratiquement aucune ^^' Alors désolée si jamais tu trouves que les comportement sont trop similaires. Profites bien du chapitre !

Donc voilà. Fin de la rubrique réponse aux anonymes ^^ Je vous laisse lire maintenant !

Enjoy !

~ ~ ~ ~OoO~ ~ ~ ~

Chapter 4 : Liberté.

Tsunayoshi écarquilla les yeux. Il se mordit la langue avant de crier en se précipitant dans les bras du vieil homme, dont les yeux étaient eux aussi embués de larmes :

-JI-CHAN !

Ganauche regarda, ébahi, l'enfant quitter précipitamment ses bras pour essayer de courir vers son boss. Cependant, ses jambes, encore trop faibles ne suivirent pas son rythme et Tsuna tomba lamentablement sur le sol. Ganauche allait se précipiter quand il vit l'enfant se relever, des larmes aux yeux, mais ne les laissant pas couler. Il faillit perdre l'équilibre plusieurs fois mais il ne se laissa pas faire et finit par se relever complètement pour continuer à se précipiter sur le vieil homme. Tous les gardiens purent alors voir dans les yeux de l'enfant, une grande lueur d'espoir, mêlée à de la peur, comme s'il ne faisait pas confiance à ce qu'il voyait, mais essayait tout de même de s'en assurer en courant vers lui. Quand Timoteo ouvrit les bras pour y accueillir l'enfant, le soulagement et la joie purent se lire dans les yeux de Tsuna. Cela sembla lui redonner de la force pour arriver rapidement dans les bras de l'homme. Le cri qu'avait poussé l'enfant, qui mêlait sa terreur passée et présente, son soulagement de voir enfin après tout ce temps, une personne qu'il reconnaissait et surtout de revoir ce vieil homme qu'il considérait comme son grand-père avait fini de briser le cœur des plus endurcis.

Timoteo ferma ses bras sur le petit et maigre corps de Tsuna. Il fut atterré par la fragilité du corps de son protégé. Il avait l'impression qu'il pouvait, malgré sa vieillesse, briser ce pauvre corps. A ce constat, sa culpabilité redoubla. Il sentit son costume s'humidifier au contact du corps et des vêtements mouillés de l'enfant mais bizarrement il sentit également son dos aussi s'humidifier. Au vu des soubresauts et des reniflements de l'enfant, il comprit que celui-ci pleurait. Il resserra encore plus sa prise sur l'enfant et laissa ses propres larmes mouiller ses joues ridées par l'âge.

-Pardon... souffla-t-il en japonais. Pardon d'avoir mis aussi longtemps... Pardon de ne pas avoir réussi à empêcher tout ça... Pardon de t'avoir entraîné dans ces affaires... Pardon de t'avoir laissé dans un endroit aussi épouvantable tout ce temps... Pardon... Pardon, Tsunayoshi-kun... pardon...

Les paroles de Timoteo étaient dîtes assez bas, pour n'être qu'à peine inaudible. Mais dans cette pièce où aucun autre bruit n'était présent, les gardiens purent entendre le moindre mot. La plupart d'entre eux baissèrent la tête et se mordirent les lèvres, sachant qu'ils avaient une part de responsabilité. Ils auraient dû mieux organiser les recherches ou faire en sorte à ce que aucune équipes ne les abandonnent. Peut-être n'avaient-ils rien fait contre cela parce que eux-même pensaient que Sawada Tsunayoshi seraient mort après toutes ces années.

-Je le savais... déclara la petite voix de Tsuna, entrecoupée de sanglots. Je savais... que quelqu'un me retrouverait !

Timoteo écarquilla les yeux aux mots de l'enfant. Il avait eu confiance ?... envers des personnes dont il ne connaissait rien ? Il avait cru que des personnes continuerait de le chercher tout ce temps ? Après réflexion, le jeune garçon ne devait sûrement pas savoir que quinze ans se soit passés depuis qu'il s'est fait gelé, mais quand même... Le Nono Vongola ferma douloureusement ses yeux. Malgré tout ce qu'il avait dû subir... malgré l'attente... malgré son enlèvement, Tsuna n'avait pas cessé de croire en les autres. Il avait, malgré tout ça, gardé espoir ainsi que son innocence et son pacifisme. Les qualités qui avaient fait qu'il avait voulu faire de lui le Decimo Vongola !

-Maintenant c'est terminé... Tu n'auras plus besoin de cacher tes sentiments, Tsunayoshi-kun... On va te ramener à ton père. Il sera heureux de te revoir !

Le corps de Tsuna tendit alors légèrement à la mention de son père. Mais Timoteo tout à son soulagement de revoir l'enfant ne le remarqua. Seul Brabanters vit les poings de Tsuna, dans le dos de son boss, se serrer imperceptiblement. Puis l'enfant écarta légèrement son visage de l'épaule de celui qu'il appelait "grand-père" et plongea son regard larmoyant dans celui-ci.

-To-san... To-san est à la maison ?... Il n'est pas en colère contre moi ?...

Si la première question attrista Timoteo à cause de l'état de la famille de son meilleur ami, la seconde question le fit sursauter. Pourquoi son père serait-il en colère contre son enfant enlevé ? Il se posa cette question quand un début de réponse émergea dans son esprit. Peut-être que Tsuna estimait que c'était de sa faute s'il s'était fait enlevé... Et dans ce cas, il avait peur que son père ne soit fâché à cause de ça. En tout cas cela coïnciderait avec l'état d'esprit dans lequel Timoteo avait vu Tsuna quand il avait cinq ans. Tsuna avait-il cette pensée depuis longtemps ?

Timoteo serra encore plus Tsuna dans ses bras.

-Pourquoi ton père serait-il fâché contre toi, Tsunayoshi-kun ? Tu n'as absolument rien fait de mal. Il est ton père et il t'aime ! Ton père n'a jamais cessé de chercher !

Aux mots du boss des Vongola, Tsuna sentit que les larmes revinrent en force ! Alors il ne lui en voulait plus ? Il allait pouvoir rentrer chez lui ? Il allait revenir dans sa vie d'avant ? Toutes ces bonnes nouvelles le soulageaient à tel point qu'il se serait écroulé si Timoteo ne le tenait pas dans ses bras.

Une fois que les pleurs de Tsuna se soient calmés, Visconti parla.

-Timoteo... Nous devons partir... Si nous restons plus longtemps cela paraîtrait louche.

-Et pourquoi ? Nous ne faisons rien de mal ! répliqua Coyote en fustigeant du regard le gardien du Nuage.

-Non. Mais il vaut mieux garder secret que nous avons retrouvé le Decimo après tout ce temps. Après tout, tant que tu n'auras pas pris ta décision, Nono, ce gamin sera encore considéré comme ton successeur potentiel. Et rien ne ferait plus plaisir aux ennemis des Vongola de pouvoir mettre un frein définitif à la succession des Vongola.

-Visconti a raison, déclara Croquant. Nous devons l'amener au manoir en attendant que son père ne le retrouve.

-Mais... Iemitsu ne devrait-il pas être là ? s'étonna Brow. Tu ne l'as pas prévenu ?

-Il n'était pas son bureau quand Timoteo l'a appelé, répondit Coyote, et il n'était pas joignable au moment où on a téléphoné à son bureau. Même ses hommes ne savaient pas où il était.. Nous avons par contre laissé Lal Mirch se charger de lui faire passer le message. Et il est vrai que normalement il devrait être au courant... Pourquoi...

-Iemitsu est sûrement en chemin, déclara Timoteo en coupant court aux suggestions de ces gardiens. Mais malheureusement, Viconti a raison. On ne peut pas rester plus longtemps. Je me chargerais de lui dire que nous sommes en route pour le manoir... Tsunayoshi-kun ?

Il baissa la tête sur l'enfant dans ses bras et fut surpris de voir le visage ravagé de larmes taries déjà levé vers lui. Il passa sa main sur les joues mouillées du garçon et essuya les dernière larmes.

-On va te ramener à ton père, continua-t-il, mais d'abord on va aller chez moi, pour que tu puisse te reposer, tu comprends ?Il ne faudrait pas inquiéter ton père plus qu'il ne l'est déjà en te ramenant à lui comme ça, non ?

L'enfant ne dit rien mais hocha timidement la tête. Puis il regarda les autres personnes dans la pièce.

-Qui sont ces hommes, Ji-chan ?

Timoteo offrit un sourire rassurant à Tsuna.

-Ce sont des personnes de confiance qui travaillent avec moi et ton père. Ce sont aussi mes précieux amis. C'est comme si c'était ma famille, en fait. Je te les présenterais plus tard, d'accord ?

Tsuna accepta les explications du vieil homme. Timoteo sourit et se releva, l'enfant dans les bras. Enfin il essaya. Car dès qu'il fit mine de se relever, il se retrouva une nouvelle fois sur ses genoux. Dans un gémissement de douleur il lâcha Tsuna qui sans la reprise soudaine du boss des Vongola serait tombé à terre. L'enfant se retrouva à genoux, ses jambes ne pouvant plus le porter, sur le sol froid de la pièce. Celui-ci fut si surpris par le mouvement brusque de Timoteo qu'il s'écria, tandis que Coyote se pencha sur son boss, tout aussi inquiet :

-Ji-chan ! Tout va bien ?

Timoteo eut un sourire gêné.

-Ah désolé de t'avoir surpris, Tsunayoshi-kun... Je suis un peu trop fatigué pour pouvoir te porter moi-même...

Tsuna eut un regard étincelant en découvrant le visage fatigué qui faisant encore plus ressortir les rides de son grand-père. Il resta un moment à regarder le visage du vieil homme. Jusqu'à qu'une voix ne le sorte de ses pensées.

-Dans ce cas... je vais le porter.

Tsuna leva la tête vers la voix derrière lui et vit le dénommé Ganauche qui lui sourit. Timoteo baissa les yeux sur Tsuna.

-Tu es d'accord, Tsunayoshi-kun ? Ganauche est un ami. Je te promets que tu n'as rien à craindre avec lui.

Tsuna hocha la tête : il le savait. Timoteo adressa un sourire reconnaissant à son gardien de la Foudre qui hocha la tête. Ganauche prit lentement Tsuna dans ses bras, histoire de ne pas le brusquer. L'enfant s'accrocha presque désespérément à la chemise de l'homme qui écarquilla les yeux à cette réaction. L'enfant agissait complètement différemment par rapport à quelque dizaine de minutes auparavant. D'un caractère qui s'était voulu dur et méfiant il était passé à un caractère timide et presque enfantin. Sans doute agissait-il maintenant ainsi avec lui car il savait qu'il ne représentait pas une menace comme l'avait assuré son "grand-père", mais Ganauche était impressionné par la confiance naïve que semblait lui donner maintenant l'enfant. Il ressemblait aux yeux de Ganauche bien plus à un enfant normal. Bien sûr il n'avait pas cette insouciance qui caractérisait les enfants de son âge...

Les enfants de son âge... Ganauche fronça les sourcils à cette pensée. Pouvait-on le considérer comme un enfant ? Il avait après tout selon leur temps à eux vingt-cinq ans. Autrement dit ce ne devait plus être un enfant. Mais au vu de la façon dont Tsuna appelait Timoteo et de son comportement présent, à la limite de la timidité, il ne pouvait faire autre chose que de penser que Tsunayoshi n'était qu'un enfant. Sa conclusion n'en fut que renforcée quand il regardait ses compagnons qui lançaient des regards attendris à la forme qu'il tenait dans ses bras. Il retint un soupir. Jamais aucun d'eux ne considéreront Sawada Tsunayoshi comme un adulte. C'était regrettable mais c'était comme ça.

Coyote aida son boss à se relever. Une fois celui-ci debout, les gardiens se dirigèrent vers l'escalier avant de sortir du chalet, leur nouvelle charge dans les bras du gardien de la Foudre. Alors qu'il repassait l'entrée du chalet, Timoteo, jusque là soutenu par Coyote, se détacha de son bras droit et marcha seul, bien que lentement. Quelques hommes de plus se trouvait devant le chalet. Timoteo parla avec l'un d'eux pendant quelque minutes, avant que son expression ne se durcisse.

Ils n'avaient aucune piste. Bien que ce chalet ait été abandonné depuis près de quinze ans et qu'il y avait des traces de sang un peu partout, preuves de la fuite d'hommes blessés, il avait été construit apparemment en secret. Même les autorités locales n'avaient jamais eu vent de cette habitation. Et la ville la plus proche était sous le contrôle d'une famille mafieuse alliée des Vongolas. D'après les dires des hommes, ceux-ci avaient été littéralement sciés en apprenant l'existence d'une telle construction. Il jura mentalement. Ce n'allait pas être facile de savoir qui avait enlevé le fils d'Iemitsu. Il jeta un regard à l'enfant un peu plus loin derrière lui, dans les bras de Ganauche et qui sursautait à chaque bruit dans la forêt. Brow et Brabanters faisaient de leur mieux avec Ganauche pour mettre un mot sur tel ou tel bruit, afin de le rassurer. Peut-être que Tsuna savait qui étaient les hommes qui l'avaient enfermé dans ce chalet pendant plus d'un an à son point de vue. Mais Timoteo répugnait à lui poser la question aussi vite... même il répugnait à lui poser la question tout court.

Croquant dût sentir le trouble de son boss car il s'approcha de lui et posa sa main sur son épaule. Timoteo lui adressa un sourire reconnaissant avant d'ordonner à son interlocuteur de continuer l'enquête et de ne négliger aucune piste.

Tsuna n'était pas conscient de l'inquiétude de son grand-père. Il regardait avec intensité le ciel à moitié dissimulé par les branches des arbres, formant des ombres noires et masquaient les étoiles qui scintillaient dans le ciel de la nuit. Il avait vu plus de personnes autour de lui mais essayait de ne pas faire attention aux regards intrigués dont il était l'objet, essayait de se faire tout petit dans les bras de Ganauche. Puis il sentit un courant d'air froid qui frôla son corps entier. L'humidité toujours présente de ses vêtements et de sa peau augmentait encore plus la sensation du froid mordant. Il frissonna brutalement et essaya de se protéger du vent le plus qu'il pouvait. Ganauche comprit très vite le problème auquel était confronté l'enfant et jura mentalement pour avoir oublié ce détail-là. Mais à peine allait-il demander à ses compagnons de le décharger de l'enfant le temps qu'il enlève sa veste pour la passer à Tsuna, qu'une veste lui fut donnée. Ganauche et et Tsuna levèrent leurs yeux vers Coyote qui s'étaient déchargé de sa propre veste et borda l'enfant avec. Tsuna n'y crut pas pendant un instant et alors que Coyote allait rejoindre son boss qui avait suivi la scène d'un œil attendri, Tsuna déglutit et lança un discret "Merci". Coyote l'entendit et donna un petit sourire à l'enfant. Tsuna lui répondit par le même moyen bien qu'un peu plus timide. Personne n'osa faire de commentaire au comportement du gardien de la Tempête.

Puis il se remirent en marche jusqu'à un chemin un peu plus en contrebas où les attendait une limousine. Visconti décida de rester encore un peu dans la région pour amorcer sa propre enquête. Timoteo lui souhaita bonne chance, et rentra avec ses gardiens dans la limousine. Quelques minutes plus tard, ils étaient partis.

Tous les regards convergeaient silencieusement vers la silhouette de Tsuna qui resserraient instinctivement les pans de la veste de Coyote sur lui pour se procurer plus de chaleur. Sa tête était calée sur le bras et était tournée vers le gardien de la Foudre. Ses yeux fermés et son expression paisible donnaient l'impression qu'il dormait.

-Je ne sais pas comment lui annoncer que sa mère est morte... déclara tristement Timoteo en se souvenant des mots de Tsuna. Ni même combien de temps il s'est passé. Il ne s'en est pas rendu compte, non ?

-Non je ne pense pas, répondit Ganauche.

-C'est quelque chose de difficile à annoncer, rassura Brabanters. Il vaut mieux attendre qu'il ait en nous une pleine confiance pour le lui annoncer.

-Je ne suis pas d'accord, intervint Croquant.

-Comment ça ? rugit Coyote.

-Coyote ! Moins fort ! réprimanda Brow en montrant du doigt l'enfant. Tu vas le réveiller !

-Combien de temps cela mettrait pour qu'il nous fasse confiance ? s'expliqua Croquant. En tout cas pas seulement quelques heures, mais au moins plusieurs jours. Imaginez qu'il l'apprend par quelqu'un d'autre que nous : parce que si j'ai bien compris, il va vivre au manoir avec nous le temps que Iemitsu revienne, non ?

Timoteo acquiesça, pensif.

-Si jamais ce gosse apprend par quelqu'un d'autre que nous en qui il essaye d'avoir confiance, il va se refermer, il y a de grande chances. Il vaut mieux lui dire pendant que le fer est chaud si je peux m'exprimer ainsi.

-Je demanderai à ce que personne n'en parle dans le manoir pendant qu'il sera là. Je pense qu'il est mieux que se soit son père qui lui dise...

-Timoteo, l'enfant pensera que nous lui voudrions lui cacher des informations. Et il nous en voudra certainement. Surtout qu'il parle d'elle. Si nous ne réagissons pas, il saura que nous avons fait exprès.

-Tsuna n'est pas du genre à nous en vouloir pour quelque chose qui n'est pas de notre faute, déclara Timoteo calmement.

-Je suppose que tu voulais dire "n'était pas du genre"... Timoteo, ce n'est pas parce qu'il a pleuré dans tes bras tout à l'heure que tu peux être sûr qu'il soit resté le même après quinze années de gel ! Ce gosse a été enlevé, torturé, et il a servi de cobaye pour on ne sait pour quelles expériences ! Un enfant...

-Croquant, tais-toi, déclara subitement Ganauche.

Tous les gardiens furent surpris de l'impératif du plus jeune de leur compagnon avant d'en comprendre les raisons. L'enfant les regardait maintenant, les yeux grands ouvert, méfiants, fixés sur la gardien du Brouillard.

-Ganauche, que...

-Il a sursauté quand tu as prononcé le mot "expérience".

L'enfant leva aussitôt la tête vers Ganauche, prouvant ses dires, une lueur inquiète dans les yeux.

-Tsunayoshi, appela doucement Brabanters. Tu comprend ce qu'on dit ?

Tsuna tourna timidement la tête vers lui avant de la secouer.

-Seulement certains mots... déclara-t-il doucement.

-Ton père t'a appris ? sourit Brow.

L'enfant secoua la tête avant de révéler d'une voix tremblante.

-Ils... Ils... Il parlaient eux aussi... italien...

Les paroles de l'enfant les stupéfièrent. Il fallut un bon moment avant que Brabanters ne reprennent la parole.

-Tsunayoshi... quand tu dis "ils", c'est...

-Les hommes qui m'ont enlevé.

-Tu sais qui ils étaient ? intervint Croquant en appuyant ses coudes sur ses genoux et en croisant les doigts entre eux.

-Croquant ! Ça suffit ! rugit Timoteo.

-Est-ce que tu te souviens de quoi que ce soit sur eux ? continua Croquant en ignorant son boss.

L'enfant resta silencieux mais continua à regarder dans les yeux le gardien du Brouillard. Aussitôt qu'il rencontra les pupilles blanche de Croquant il fut alors curieux. Il décida de laisser de côté ce qu'il venaient de découvrir avant de demander.

-Vous les recherchez... n'est-ce pas ?

-Évidemment, répondit Croquant. On ne va pas les laisser en liberté après ce qu'ils t'ont fait.

L'enfant baissa la tête et se mordit les lèvres. Ganauche lança un regard noir à l'homme de la Brume avant que Tsunayoshi ne relève soudain la tête et ne s'exclame.

-Même si on ne se connaît pas ?

Coyote regarda l'enfant plus précisément. Il lui semblait entendre dans ces paroles une sorte d'appel, comme si l'enfant attendait sérieusement une bonne réponse. Il remarqua alors que les lèvres fines tremblaient. Était-ce de froid ? Après tout, il n'avait sur lui que des vêtements humides et une simple veste pour se réchauffer, c'était peu. Mais, la température dans la voiture était de loin beaucoup plus élevée que celle du dehors de l'habitacle alors il en doutait. Puis il comprit. Le gamin avait peur. Peur de se retrouver en compagnie de personnes en qui il n'aurait pas confiance, peur de se retrouver seul, peur... peur d'être rejeté ? Coyote écarquilla les yeux. N'était-il pas un peu trop jeune pour connaître cette peur qu'il lisait dans les yeux de l'enfant ? Ses compagnons durent eux aussi comprendre ce que l'enfant attendait car Croquant, qui avait senti les émotions de l'enfant, soupira avant de se redresser légèrement et de prendre Tsunayoshi dans ses bras, malgré la réticence palpable de Ganauche à se séparer de son nouveau petit protégé. L'enfant se retrouva sur les genoux de Croquant, légèrement tendu.

-Il est vrai qu'on ne s'est jamais vu et il est vrai qu'on ne se connaît pas. Ton... grand-père l'a dit, non ? Nous sommes ses amis et plus, nous nous reconnaissons en tant qu'une seule famille. Ta propre famille et toi faîtes aussi partie de la famille de Timoteo.

-To-san et Ka-san ? demanda Tsunayoshi en ouvrant des yeux ronds comme des billes.

-Évidemment, déclara Croquant. Vous faîtes partie de la famille de Timoteo ! Ce qui fait que, malgré que nous nous sommes jamais vu directement, tu fais aussi partie de notre famille. Et les membres d'une famille ne s'abandonnent pas entre eux, tu le sais, non ?

Tsunayoshi regarda silencieusement Croquant comme s'il réfléchissaient aux paroles du gardien avant de hocher vivement la tête, une léger sourire rassuré apparaissant sur ses lèvres. Croquant sourit en sentant que l'enfant se détendait. Il ébouriffa les cheveux de l'enfant avant de dire :

-Alors n'ait plus peur, Tsunayoshi. On fera tout ce qui est en notre pouvoir pour te protéger, tu comprends ?

Tsuna hocha de nouveau la tête avant de réfléchir un moment.

-Je ne connais pas leur nom ni même leur visage...

-De quoi parles-tu, Tsunayoshi ? demanda Ganauche.

-Des hommes qui m'ont enlevé. Ils avaient des noms de codes, et ils portaient des masques sur la bouche et des grosses lunettes sur leurs yeux quand ils entraient dans la pièce où j'étais. Alors je ne peux pas vous aider pour les retrouver... Je suis désolé, monsieur l'aveugle...

Si les gardiens parurent surpris que l'enfant continue la conversation sur ses ravisseurs et qu'il s'excuse, ils furent attendris par la façon dont Tsuna appela Croquant. Celui-ci ne dit rien pendant un moment.

-Je ne nomme Croquant, Bouche Croquant. Mais appelle moi juste Croquant. Ne t'en fais pas ça Tsunayoshi. On va les retrouver.

-Je pense que le mieux serait qu'on se présente maintenant, remarqua Brow.

-C'est une bonne idée, accorda Timoteo. Tsunayoshi-kun, je vais maintenant te présenter mes amis, comme promis. Tu connais déjà Ganauche et Croquant. Voici Coyote, Brabanters et Brow.

Il avait désigné chacun des hommes présents dans la voiture d'un mouvement de la main et chacun des désignés avait hoché la tête et offert un sourire rassurant plus ou moins étendu selon leur caractère.

-L'homme qui est resté là-bas se nomme Visconti...

-L'homme qui frappait Ganauche-san ?

Timoteo laissa un petit rire franchir ses lèvres tandis que Ganauche eut une grimace à ce souvenir.

-C'est ça.

L'enfant réfléchit. Est-ce qu'il devait demander à son grand-père si... Non. Il avait peu de chances qu'il sache quoi que ce soit sur ce dont parlait souvent ses ravisseurs. Mais quand même... Il prit sa décision et demanda :

-Grand-père... Tu connais quelqu'un du nom de "Vongola" ?

Tous les gardiens sursautèrent à l'entente du nom de leur famiglia. Comment l'enfant pouvait-il le connaître ? Est-ce que c'était son père qui... ? Timoteo regarda avec des yeux écarquillés l'enfant sans répondre tout de suite. Une fois qu'il eut réussi à se calmer intérieurement, il demanda :

-Tsunayoshi-kun... Comment connais-tu ce nom ?

-Ce mot revenait souvent dans la conversation de ces hommes. Il y avait aussi le mot "Decimo"... mais c'était des mots dont je ne savais pas ce qu'il voulait dire... Ce sont des noms ? Des noms de personnes, c'est ça ?

-Je vois... Le nom Vongola... Le nom Vongola est le nom d'une famille mafieuse. Est-ce que tu sais ce qu'est la mafia, Tsunayoshi ?

-Ce sont des personnes qui font des choses mauvaises ? Contre la loi, non ? répondit d'une voix mal à l'aise l'enfant.

-Oui, en gros. La mafia, expliqua Timoteo, est un monde où des groupes de personnes sont regroupés en famiglias. Il y a beaucoup de querelles entres les famiglias pour le pouvoir, l'argent ou encore d'autres choses. Et ces querelles finissent en très grandes parties dans le sang et la violence.

-Timoteo, tenta Coyote mais son boss l'ignora.

-Mais il existe également de l'amitié dans la mafia. Très peu, certes mais assez pour faire pencher la balance d'un autre côté et la famille Vongola fait partie de ces famille du "bon côté".

-Ils n'ont jamais tué personne ? C'est ça que tu veux dire, Ji-chan ? demanda l'enfant.

-Jamais tué serait un mensonge, déclara Timoteo après avoir hésité un moment. Mais les Vongolas ont été créé il y a quatre cents ans, à l'origine pour protéger la population des villes victimes de la mafia justement. Et si au fil du temps elle est elle-même devenue une famille de la mafia, elle a aujourd'hui les graines qui pourront faire renaître de ses cendres sa valeur d'antan.

Sur cette parole Timoteo regarda intensément Tsunayoshi. Celui-ci fronça les sourcils, ne comprenant pas la dernière phrase de son grand-père. Avant de décider que ça n'avait aucune importance. Timoteo ne savait pas si c'était une bonne idée de lui avoir expliqué cela, mais il ne le regrettait pas. Après tout, il allait dans leur manoir, il aurait forcément entendu ce nom au détour d'un couloir. Quand bien même, il n'aurait pas compris l'italien, il aurait bien compris, comme il l'avait fait avec ses ravisseurs, que ce nom revenait souvent. Au moins c'était fait maintenant. Même s'il ne voulait pas lui dire qu'il était lui-même le boss de cette famille mafieuse. Il voulait d'abord entendre la réaction de Tsunayoshi. Celui-ci en voyant que son grand-père ne le quittait pas des yeux, perdu dans ses pensées, eut alors un sourire.

-Alors ça veut dire que les Vongolas sont des personnes qui veulent être gentils, c'est ça ? Ils pris le même pouvoir que de mauvaises personnes pour être assez forts pour être gentils !

Les gardiens regardèrent l'enfant bouche bée. Croquant ne savait pas quoi dire. Brow ouvrait et fermait la bouche sans qu'aucun son ne sorte de ses lèvres. Brabanters avait un léger sourire sur le visage mais la lueur dans ses yeux montrait qu'il était très impressionné. Coyote n'avait rien laissé paraître de sa surprise mais seuls ceux qui l'aurait regardé à ce moment-là aurait pu voir brillé une lueur farouche. Ganauche regardait intensément l'enfant. Les mots choisis par l'enfant avaient été naïf, si naïfs que n'importe quel adulte aurait pu s'en moquer. Ces notions de gentils et de méchants étaient après tout pour eux très abstraites, mais derrières ces mots ils avaient pu remarquer que l'enfant avait parfaitement compris la nature des Vongolas. Celle d'une famille dont le Primo avait été obligé de choisir d'intégrer ce monde qu'il exécrait, qu'il combattait, pour pouvoir protéger les siens. Comment un enfant aussi jeune pouvait comprendre les sentiments et les décisions d'un homme mort il y a des centaines d'années ? C'était inimaginable...

Le Nono allait continuer quand soudain le véhicule s'immobilisa. Les gardiens et l'enfant se turent. Les portières de devant claqua avant que de légers coups contre leur propre portière ne se firent entendre.

-Señor Nono ? appela une voix à l'extérieur du véhicule. Nous sommes arrivés à l'aéroport. Votre jet est déjà arrivé et n'attends que vous pour partir.

-Merci Ronaldo, déclara Timoteo, avant de se tourner vers Tsuna. Nous allons prendre un avion pour allez chez moi. Es-tu déjà monté dans un avion, Tsunayoshi-kun ?

Tsuna secoua la tête.

-Dans ce cas, tu risques d'être surpris par le bruit, sourit Brow.

-Est-ce cela qu'on entend ? demanda Tsuna, en se rendant compte d'un bruit sourd qui semblant provenir de l'extérieur.

Tsuna n'entendit pas la réponse de Brow car à peine avait-il fini sa question, que Coyote ouvrit la porte laissant place alors à un bruit assourdissant. Tsuna put comprendre que le véhicule devait être bien isolé car le bruit était bien plus fort qu'il ne l'avait escompté. Les gardiens sortirent un à un du véhicule. Ganauche tendit les mains vers Tsuna pour le porter mais l'enfant secoua la tête refusant avec un sourire. Il voulait marcher de lui-même. Il finit par sortir derrière Croquant tandis que Ganauche fermait la marche. Il resserra la veste autour de son frêle corps tandis que le vent provoqué par l'immense transport aérien qui se tenait pourtant à plusieurs dizaines de mètres devant eux, finissait de faire secouer les pans de vêtements des personnes autour de lui. Tsuna put alors remarquer que les amis de son grand-père l'entouraient lui et leur ami. Il se sentit soudain oppressé, comme si on le surveillait. Il sentit une main se poser sur son épaule. Tsuna ne put maîtriser sa surprise et sursauta avant de lever la tête vers Brabanters qui lui souriait. Celui-ci pencha la tête vers l'enfant et déclara :

-On va aller dans l'avion maintenant, Tsunayoshi. Ne t'inquiète pas, il n'y aura personne d'autre que nous.

-Grand-père possède un avion privé ? s'étonna Tsunayoshi. Il est riche alors ?

Brabanters eut alors un rire gêné avant de se redresser. Tsuna remarqua alors que son grand-père lui tendait la main. Tsuna lui adressa un petit sourire et marcha prudemment afin de ne pas tomber vers l'avion. Les gardiens du Nono Vongola respectèrent son envie de vouloir bouger seul et même s'adaptèrent à sa vitesse car ils ne lui firent aucune remarque et ne se proposèrent pas de l'aider. Coyote monta le premier l'escalier qui menait à l'intérieur de l'appareil. Il échangea quelque mots avec un homme qui semblait être le pilote, jugea Tsuna au vu de son uniforme. D'un signe de tête de l'homme au bras mécanique, Timoteo monta les marches, suivi de Brabanters. Brow entra à son tour dans le transport. Puis Tsuna finit lui aussi par monter les marches. Seulement une fois arrivé à mi hauteur il se rendit compte que le ciel était devenu légèrement plus clair et qu'une lumière semblait venir de derrière lui. Il se retourna. Et il vit alors quelque chose qu'il n'avait plus jamais pensé revoir.

Ce n'était pas la première fois qu'il voyait le soleil. Avec sa mère il avait assisté à de nombreux soleil couchant et levant, souvent joué dehors quand le ciel était bleu, durant les mois d'été et il était même allé une fois avec ses deux parents pendant une des rares fois où son père avaient des vacances, à la mer où le soleil ne cessait de le réchauffer.

Mais là, c'était différent.

Le ciel à moitié brumeux, laissant entrevoir la demi-sphère presque parfaite que formait le soleil, se levant à l'horizon. Les rayons de l'astre de couleur orange, et tirant parfois sur le rouge se propageant à travers la brume colorant des nuages lointains d'une couleur rose presque violette, diffusaient une chaleur différente à celle que Tsuna se rappelait. Il avait encore froid. Le vent et la nuit fraîche pas encore complètement tombée pouvaient le lui attester, mais il ne les ressentait plus aussi mordants. Non, cette chaleur qu'il ressentait se trouvait l'intérieur même de son corps. Il ne pouvait pas détacher ses yeux de cette sphère qui s'élevait doucement dans le ciel. C'était tellement... magnifique... tellement coloré.

Il ne savait pas combien de temps il se passa... Le temps sûrement que le soleil levant ne se détache de l'horizon de terre... quand il sentit une main se poser sur son épaule. Mais cette fois il ne sursauta pas. Il ne voulait pas être dérangé dans ce spectacle, il voulait voir encore plus longtemps, autant qu'il le pouvait... Puis la voix de Brow lui parvint :

-Tu pourras en voir quand tu voudras, à présent Tsunayoshi. Plus personne ne t'en empêchera.

Les yeux de Tsuna s'écarquillèrent en entendant ces mots. Il leva son visage vers l'homme avec un tatouage sur le visage qui s'était accroupi près de lui et qui lui souriait. L'homme leva une main et essuya alors les larmes qui avaient coulés sur les jours de l'enfant. Celui-ci ne s'était même pas rendu compte qu'il pleurait. Il s'en voulut d'avoir baissé sa garde. Mais après tout, il s'en fichait maintenant. Tsuna ferma les yeux et essuya ses dernières larmes avant d'adresser alors un grand sourire à l'homme tatoué.

-Merci beaucoup pour m'avoir sorti de là-bas !

Le sourire de Brow s'agrandit alors en voyant le regard de l'enfant pétiller à nouveau. Il tapota la tête de l'enfant.

-C'est naturel. Allez entre. Il fait plus chaud à l'intérieur.

-Hai !

Tsuna entra dans l'appareil et vit que tous les gardiens le regardaient avec soulagement, même Ganauche, avec une trace d'inquiétude toujours présente dans ses yeux, qui entra en même temps que Brow. L'enfant comprit alors qu'ils l'avaient tous attendu.

-Pardon d'avoir mis autant de temps... pour entrer...

Timoteo eut alors un grand sourire :

-Ne t'inquiète pas, Tsunayoshi. Fais les choses à ton rythme. Tu n'as pas besoin de t'excuser.

Le sourire de l'enfant revint alors en force et il se plaça à côté de son grand-père. Celui-ci leva l'accoudoir pour qu'il puisse entourer l'enfant de son bras. Le sourire de Tsuna s'agrandit en se souvenant de rares visites du patron de son père au Japon, lors desquelles il jouait souvent sur ses genoux. Il se blottit contre le corps de son grand-père proclamé. La chaleur l'entourant et la douceur avec laquelle Timoteo le serrait dans ses bras, ajoutées à tout ce qu'il s'était passé juste après son réveil fit qu'il sentit très vite ses yeux le piquer avant de se refermer et il s'endormit avant même que l'avion ne décolle.


Il dormit pendant tout le voyage en avion et une grande partie du voyage en limousine pour l'amener au manoir Vongola. Ganauche avait réussi à ne pas le réveiller quand ils étaient sortis de l'avion. Quand Tsuna ouvrit les yeux, il sursauta, pensant à tout ce qu'il s'était passé comme un rêve, mais une paire de bras qui le serra doucement fit qu'il se calma aussitôt. Il leva la tête vers le visage souriant de Ganauche.

-Bien dormi, Tsunayoshi ? demanda d'une voix basse le gardien de la Foudre

Tsuna ne répondit pas tout de suite. Il regarda autour de lui vérifiant que son grand-père ainsi que ses amis étaient bien tous là. Timoteo était à gauche de Ganauche et avait les yeux fermés et semblait dormir, tout comme Brabanters, assis à la droite du gardien de la Foudre. Coyote, se trouvait en face de son boss et avait les bras croisés. Il avait tourné son regard vers le plus jeune gardien de la neuvième génération en entendant sa question. Il salua l'enfant d'une petit signe de tête quand il vit que Tsuna le regardait. Brow lui adressa un petit sourire de la banquette où il était assis en face de lui. Quant à Croquant, assis à gauche de Brow, lui aussi avait les yeux fermés mais l'enfant était pratiquement sûr que l'homme aveugle ne dormait au vu de la silhouette tendue qu'offrait l'homme. Une fois qu'il se fut rassuré qu'il était bien sorti de cette prison et que son grand-père et les autres n'avaient pas été qu'une simple réincarnation de son souhait le plus cher, il répondit à Ganauche avec un simple sourire.

Avisant qu'il était sur les genoux du plus jeune, il se sépara de Ganauche, et essayant de faire le moins de bruit possible pour ne pas réveiller les dormeurs, il s'approcha de la fenêtre près de laquelle Timoteo dormait. Il essaya de regarder le paysage malgré la teinte sombre qu'avait le verre. Il ne vit pas le corps de Coyote se raidir.

Celui-ci ne voulait pas que quelqu'un voit qu'un enfant était avec eux : qui sait quelles conséquences cela pourrait causer. Mais après réflexion, il convint que personne ne pouvait voir ce qu'il se passait dans la voiture grâce à l'épaisseur et la teinture de verre des fenêtres. Et puis, même s'ils voulaient le protéger, l'enfant ne pourrait pas rester éternellement entre des murs. A un moment donné, il faudrait bien que l'enfant puisse sortir de temps en temps. Ils ne voulaient pas qu'il se sente prisonnier de la demeure Vongola. La simple réaction de l'enfant devant le soleil levant avait déjà bien ébranlé la plupart d'entre eux. L'enfant n'allait pas s'en remettre s'ils changeaient sa prison pour une autre.

-Coyote-san... appela doucement une voix près de lui, le faisant sortir brutalement de ses pensées.

L'homme regarda l'enfant. Il s'efforça de paraître aussi gentil de possible. Il n'avait après tout pas l'habitude que des enfants l'abordent aussi facilement et sans qu'ils n'aient peur de lui.

-Que se passe-t-il, bambino ? demanda-t-il d'une voix bourrue.

Il retint un juron. C'était apparemment raté... l'enfant allait sûrement avoir peur de lui maintenant...

-Il est quelle heure ? continua Tsuna.

Coyote, surpris, regarda l'enfant, oubliant de répondre. Il finit par revenir au présent et déclara d'une voix moins tendue.

-Presque neuf heures du matin... Pourquoi tu veux savoir ça ?

Tsuna secoua la tête avec un léger sourire bien que triste :

-Pour rien... C'est juste que... je n'arrive pas bien à me repérer dans le temps...

Brow lança un regard compatissant et discret à l'enfant. C'était un peu normal : Tsuna avait été réveillé d'un sommeil de près de quinze ans (bien que l'intéressé ne le sache toujours pas), il était normal qu'il soit désorienté. De plus, il y avait de grandes chances pour que Tsuna ne l'ait même pas su durant sa séquestration dans le chalet. La lumière du jour ne filtrait pas dans le sous-sol et Brow doutait fort que les ravisseurs de l'enfant lui disaient les moments de la journée dans lesquels ils étaient.

-On arrive bientôt chez nous, Tsunayoshi-kun, sourit Ganauche. Tu verras, tu t'y sentiras comme chez toi.

-C'est là-bas que To-san va venir me chercher, n'est-ce pas ?

Ganauche acquiesça avec un sourire. Quelques minutes plus tard, ils sentirent leur véhicule ralentir.

-Ah nous y voilà, déclara Ganauche tandis que subitement tous les personnes semblaient sortir de leur torpeur.

Coyote secoua légèrement son boss pour le réveiller. Celui-ci se pinça l'arête du nez avant de se masser le cou. Il caressa les cheveux de Tsuna tout en lui offrant un sourire rassurant avant de lever la tête vers Coyote.

-Aucune nouvelle d'Iemitsu ?

-Non.

-Mmmh... ça commence à m'inquiéter.

-Ne t'en fais pas, Timoteo, intervint Brabanters. Je suis certain qu'il a une bonne raison. Après tout son fils a été retrouvé, il ne manquerait ça pour rien au monde ! Il doit sûrement être en train de faire une mission importante.

-C'est bizarre, je ne me souviens pas lui avoir donné une quelconque mission importante ces derniers temps, grimaça le boss des Vongola.

-Tu t'en fais trop, boss, déclara Ganauche. Je paries qu'il sera là dans quelques heures ou demain au plus tard, essoufflé, et hurlant comme un démon : "Où est mon fils ?!".

-C'est vrai que cela lui ressemblerait, soupira Coyote.

-Ou peut-être qu'Iemitsu a peur de revoir son fils, remarqua Croquant

Les autres gardiens se raidirent et tournèrent leur regard vers le gardien du Nuage.

-Alors d'abord Visconti avec le fait que l'enfant aurait du mourir, s'énerva Coyote en augmentant le ton, faisant sursauter Tsuna qui ne comprenant pas un mot qui se disait dans la scène devant lui. Et puis, maintenant toi avec Iemitsu ?! Vous cherchez à faire quoi avec vos remarques ?

-Pourquoi Iemitsu aurait-il peur de son fils ?

-Je n'ai jamais dit qu'il aurait peur de son fils, fit remarquer Croquant, mais peur de le revoir. Il a été enlevé il y a quinze ans. Iemitsu craint sans doute que son fils unique n'ait été changé après toutes ces années. Nous-même nous ne le savons pas encore : il est bien trop tôt. Il est possible aussi que son père ne sache pas comment faire pour l'aborder et qu'inconsciemment il repousse le moment où il devrait le voir.

-Iemitsu n'est pas comme ça ! reprocha le Nono d'une voix sourde.

-Señor Nono, déclara alors une voix à l'extérieur de la limousine. Nous sommes arrivés.

-Nous en parlerons plus tard, dans mon bureau, ordonna Timoteo, avant de se pencher vers Tsunayoshi, une sourire revenant sur son visage. Allons-y, Tsunayoshi. Coyote, je t'en prie.

Le gardien de la Tempête ouvrit la portière et sortit le premier de la voiture. Il inspecta vite fait les alentours, vérifiant qu'il n'y avait pas trop de curieux avant de donner son feu vert. Il avait bien spécifiquement ordonné que personne ne soit là pour les accueillir afin de ne pas brusquer l'enfant qui avait sûrement besoin de quelque temps de repos, mais on n'était jamais trop prudent. Tous les gardiens de la neuvième génération, sortirent de la voiture et s'avancèrent vers l'entrée du manoir.

Ganauche bailla sans vergogne, heureux d'être enfin rentré chez eux, ignorant expressément les regard moqueurs de ses compagnons. Après tout, ils avaient dépensés une grande partie de leurs flammes pour sortir Tsuna de sa prison de glace et certains n'avaient dormi quelques heures dans l'avion ou dans la limousine mais pas assez pour faire une nuit complète.

Tsuna n'eut pas le temps de bien regarder l'immense manoir qui s'imposait devant lui tellement il était entraîné dans les mouvements de son grand-père et de ses amis. Il put juste voir que le bâtiment était au moins aussi grand que le collège de Namimori, qu'il se rappelait car il passait souvent devant... peut-être même plus grand encore...

Quelques minutes plus tard, ils étaient à l'intérieur. Les gardiens soupirèrent, certains mêmes s'étiraient particulièrement Brabanters et Coyote. Ils étaient à peine entrés dans la bâtisse qu'une voix ne s'éleva :

-Eh, le vieux ! Où vous étiez ?!

Coyote n'eut aucun mal à reconnaître la voix et la façon de parler du jeune homme. Il grogna et leva la tête vers un jeune homme de plus de vingt ans, aux cheveux argentés, qui marchait vers eux d'un air énervé suivi d'un autre homme, un peu plus grand, aux cheveux noirs, d'à peu près du même âge, un sourire insouciant sur les lèvres.

-Hayato, gronda Coyote, que faîtes-vous ici ? J'avais ordonné à ce que personne ne soit là quand...

-Ne change pas de sujet, vieil homme ! gronda à son tour l'argenté.

-Mah, mah, Hayato, ne hurle pas comme çà, tu vas réveiller tout le personnel, intervint l'autre homme avant de se tourner vers le gardien de la Tempête de la neuvième génération, ignorant de ce fait son compagnons qui commença à crier contre lui. Excusez-le, Coyote-san, mais avouez que vos ordres nous ont intrigués. Déjà le simple fait que tous les gardiens même le boss des Vongola soient partis ensemble... Cela devait être une affaire urgente...

Coyote se mordit discrètement les lèvres. Le fait de rencontrer les futurs gardiens n'avaient pas été prévus. En tout cas pas aussi tôt. Et s'il voyait Tsuna, ils allaient sûrement...

-Qui est ce gamin ?! rugit alors le dénommé Hayato en dardant son regard perçant sur le seul enfant du groupe.

Et merda...

~ ~ ~ ~OoO~ ~ ~ ~

Et voilà l'arrivé de de nos chers petit gardien de la dixième génération ! Nos petits préférés ! Ils se sont fait attendre, non ? ^^

J'ai eu un peu de mal pour faire le comportement de Tsuna... J'avoue que je ne sais pas comment le faire. J'ai essayé de le garder un peu innocent (après tout c'est Tsuna) mais en même temps assez mature. Je ne sais pas si j'ai réussi. Qu'est-ce que vous en pensez ?

Review, please ?