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Disclaimer : Il paraît que c'est Joanne Rowling qui a inventé tout le monde d'Harry Potter et qu'on doit donc en partie l'histoire qui suit. Muf, quand on voit ce qu'elle fait à ses persos (fichu tome 5!) je suis certaine qu'on va lui retirer les droits :p (je me ferai un plaisir d'adopter quelques orphelins °siffle°).
Notes : Bon bah voilà, en retard une fois de plus, quoiqu'un peu moins cette fois -.-'. La dernière fois j'avais flemmardé, mais je vous assure que là j'ai pas arrêté, même pendant les cours Si vous croyez que c'est facile, surtout avec les parents qui vous gueulent après sans arrêt pour que vous fassiez ceci-celà quand vous écrivez et qui menacent de supprimer l'ordinateur °sigh°
J'ai eu beaucoup de mal à donner à ce chapitre les cinq à six mille mots habituels (sans les notes, bien entendu), parce que j'ai eu beau avoir l'impression d'écrire beaucoup beaucoup de choses, ce n'était jamais suffisant Voilà donc un chapitre juste un petit peu plus long que le premier - et j'ai eu du mal à en arriver là!
Chapitre où on retrouve notre Severus juste après son petit face à face avec Black, où le monde entier se ligue une fois de plus pour lui casser les pieds, prof, cousine, escalier, Potter et bien sûr Sirius (pourquoi j'adore ça ?), où il y a souvent de l'eau dans le gaz, où on réfléchit à pleins de questions existentielles, où on se jette des tas de regards dans tous les sens et où au final ya vraiment quelque chose qui cloche.
Dédicace : Fic dédiée aux prépas Ciné-Sup du lycée Guist'hau de Nantes, yéééééééé D! Mention spéciale pour Alessandro, le Poilu et 'Millou! Et Photocopieuse mon chouchou
Spoilers : Toujours les mêmes mini-spoilers du tome 5
Remerciements : À ma Dark Jez' (!fic à lire pour les fans de Sev!), Jo la chasseuse de méduses, Thalya/Elehyn aux encouragements miraculeux (encore des fics à lire!), à ma famille de tarés pour m'avoir traînée à une fête pourrie où j'ai écrit toute la scène de l'escalier avec une profonde réjouissance, à Roal Dahl pour ses réflexions délectables sur les "hommes trop beaux", à Radiohead pour m'avoir soufflé mon chapitre 6 à l'oreille, à tous les fanficeurs géniaux qui me donnent envie d'essayer d'écrire des choses aussi belles qu'eux.
Aux reviewers : Vous savez que je vous aime :D?
Je vous dois des excuses, j'ai déposé une version corrigée de mes 3 premiers chapitres et du coup vous avez dû croire à une update HUM, pardon. Vous avez le droit de me taper (mais pas sur les doigts si vous voulez la suite).
blacky : Oh la la, tu m'as écrit 3 reviews en tout #v-v#, la dernière m'a vraiment culpabilisée Mais que veux-tu? J'ai vraiment beaucoup de travail (c'est que je prépare le bac, moi!) et j'ai vraiment fait du plus vite que j'ai pu. Désolée, vraiment. J'espère que ce chapitre sera à ta convenance . (J'aimerais bien avoir ton adresse e-mail, toi qui suit mes écrits avec tant de ferveur !)
Jo : Tiens, toi ici ;)? Merci! Eh oui, méchant, méchant Sev, c'est très très mal ce qu'il nous a fait là Mais t'as pas le droit de lui faire du mal, j'en ai besoin pour la suite! Allez, Jo, pose ces couteaux et rends cette pauvre méduse à Jez!
chrisanimefan : T'en fais pas si tu ne sais pas trop quoi dire dans tes reviews, je connais -.-', et c'est déjà super sympa de montrer que tu suis toujours :). Je suis désolée de ne pas t'avoir répondu depuis un moment mais je voulais lire ta fic d'abord et j'ai vraiment mais alors vraiment pas trouvé le temps (les heures que j'ai passées devant mon écran pour écrire laborieusement trois lignes!). Contente qu'on ait la même vision des problèmes de cur de Remus . Je ne pensais pas vraiment parler de lui, mais après avoir lu une fic, j'ai eu envie de ne pas le laisser trop en retrait si c'est pour qu'il fasse tapisserie une fois de plus. Alors je vais essayer de le mettre en avant le plus possible
Blood-Countess : Coucou toi , tes reviews sont toujours trop flatteuses, si je prends la grosse tête ce sera à cause de gens comme toi ! Déesse des potterfics humoristiques Si seulement c'était vrai ;). Enfin, si tu apprécies même un tout ptit peu Siriussounet dans ma fic (c'est marrant, mais plus je me fous de la gueule de mes persos, plus on les aime!), mon travail n'aura pas été vain lol .
jezebel : Alors, la méduse est en sûreté, hein é-è? (Lui fais pas trop de câlins, je te signale que ça pique ces coch euh, mignonnes petites bêtes XD!) J'espère que ce chapitre aura de la gueule aussi lol, en tout cas c'est sûr, il est mieux que le 2e (enfin, selon moi). En tout cas, il est temps que tu te remues les crayons, j'ai encore posté mon chapitre avant toi p.
Mystina : Aussi bien que le journal de Sev? En fait, cette fic a plus de succès que l'autre, mais il semble que les slashs aient un franc succès
nuage : Je suis contente que la première partie du dernier chapitre n'ait pas été ridicule, ça me faisait un peu peur, soit de tomber dans le mélo, soit que ça paraisse pas si terrible. Voilà sexy Sev ! Mais c'est une fic réaliste sur ce point, c'est-à-dire que Sirius y est 100 fois plus deadly sexy (hum je vais me faire lyncher). Si si, même Severus le reconnaît mdr.
Miya Black : Voilà, une au moins qui me comprends : c'est la faute des cours si j'ai du retard (en plus, comme j'avais passé le week-end à écrire la dernière fois, j'avais bâclé ma dissert de philo et j'ai eu un 7, alors si ça c'est pas de la dévotion, je me demande bien ce que c'est p).
Caroline Black (tin, la famille Black est plus étendue que ce que je croyais LOL) : Je me suis éclatée à écrire la conversation entre Sirius et Remus, tant mieux si elle t'a plu parce que ça c'était une vraie partie de plaisir pour moi :D! Héhé, oui, j'aime bien l'idée que Sev est un peu dégoûté par tout ça et il l'est encore plus dans ce chapitre XP.
alana chantelune : James est persuadé d'avoir trouvé la vengeance idéale avec Sirius mais c'est pas pour autant qu'il va s'en contenter. Hum, ça c'est pour le chapitre d'après je pense :).
Shinia Marina : Comment vont les Phages? Tu sais, tu pouvais déposer une review pour les chapitres d'avant aussi lol! Youki, la suite est ici :D.
TiteSevie (encore une fanficeuse à lire absolument, les gens!) : « Sev est un vrai salaud, je l'aime encore plus qu'avant » MDR! Voilà exactement comment il faut prendre les choses XD (et ton chapitre 17?)
Luthien : Y'a pas à dire, ce qu'on aime dans mes fics ce sont les défauts des persos lol! Si je suivis ma logique tout le monde devrait en prendre pour sa poire, mais je dois dire qu'avec Remus j'ai booocoup de mal (il est trop chou ce ptit loup é-è!)
Phonzine : Kikou ma zine :D. DÉSOLÉE de ne pas t'avoir répondu, dès que j'ai posté ceci je le fais v-v'! Vive Moony! Eh oui, narcissique, je crois que ça lui convient on ne peut mieux à ce pov Siri (et si je le faisais s'admirer pendant 3h ds la glace? Arf, non, maintenant il a la phobie des miroirs lol ).
bibi : C'est maintenant la suite, juste là, après cette dernière réponse !
Elehyn : Contente de te voir ici toi aussi :D! Le French Kiss? Euh hum Si je dis quand, plus personne voudra lire, mdr Hem, dans un ptit moment -.-'
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4. Vendredi treizeJe n'ai plus faim.
Serrant les grimoires contre moi, je fonce vers les sous-sol tel un rhinocéros en furie. Mmh, un rien plus gracieux, tout de même. Toutefois, je crois que si une personne avait l'imprudence de se mettre sur mon chemin, je la piétinerais sans même m'en apercevoir.
Je ne comprends pas.
Je ne COMPRENDS pas.
Espèce d'idiot d'abruti d'imbécile de Gryffondor stupide qui ne mérite même pas que je lui accorde une seule de mes précieuses pensées
Allons, Severus, reprends-toi. Ouvre tes chacras.
Hum, ce n'est pas pour rien que tous ces trucs hippies n'ont aucun succès chez les sorciers. Ça n'a aucun sens commun. Ridicule. Je dois être né à la mauvaise époque.
Je dévale les escaliers et m'engage dans le couloir menant à salle commune, dans un état d'énervement rarement atteint chez ma stoïque personne. C'était quoi, au juste, ce numéro que m'a joué Black? C'est une manie chez lui de faire des remarques déplacées sur les yeux des gens?
Hin, il est vrai que j'ai toujours eu droit à un traitement de faveur.
J'entre en trombe dans le dortoir désert et laisse tomber sans ménagement mes affaires au pied de mon lit. Un mouvement que je capte du coin de l'il me fait faire volte-face - il ne s'agit en fait que de mon reflet dans le miroir en pied. Je croise mon regard furibond, et la lueur presque métallique de mes yeux, qui constituait jusqu'ici une de mes armes d'intimidation favorites, me paraît à présent tout à fait haïssable.
Est-ce que Black fait cela pour se venger? Pour me faire passer un message? Est-ce qu'il sait que c'est moi qui ai empoisonné son petit-déjeuner?
Seulement, cette attitude étrange, il l'avait déjà il y a une semaine ou deux Et de toute manière, un Gryffondor n'aurait jamais le machiavélisme nécessaire pour me laisser ainsi dans le doute - il m'aurait déjà dénoncé à Dumbledore.
Pourquoi n'est-ce pas le cas, alors? Comment Potter et Black n'ont-ils pas pensé à moi?
Mon regard se porte sur les livres éparpillés à mes pieds. Sur l'un d'eux, en particulier. Je me penche pour le ramasser et fais le tour du lit pour m'asseoir sur l'épais édredon avec un soupir.
Docteur Jekyll et Mister Hyde, par Robert Louis Stevenson.
Je feuillette distraitement le roman ponctué de subtiles gravures, jusqu'à arriver à la page soixante-six. D'un coup de baguette magique, une cavité se creuse dans l'épaisseur du volume, laquelle contient un autre ouvrage, de taille plus modeste. Les mots Potions insolites sont tracés en élégantes lettrines argentées sur la surface vert sombre de la souple couverture de cuir. Voilà la cause de tout ce bazar.
Je garde ce recueil en permanence sur moi, de peur qu'une nouvelle fouille surprise des dortoirs ne révèle sa cachette. Mon cur s'est arrêté de battre lorsque je l'ai vu dans les mains de Black tout à l'heure. Sans cela, j'aurais sans doute eu la présence d'esprit d'utiliser un accio pour le récupérer et cela m'aurait évité cette scène humiliante.
Je retourne le petit livre entre mes mains, en repasse les craquelures du bout des doigts, en fais tourner les pages manuscrites. Quel idiot j'ai été. Je me demande si je risque Azkaban. Probablement pas en temps normal, mais avec la terreur que fait régner Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, cela ne m'étonnerait pas que je devienne victime d'une erreur judiciaire. C'est injuste. Comment aurais-je pu deviner que ce simple objet recelait une puissante magie noire, hein? Ce n'est pas écrit dessus!
Bien sûr, certains ingrédients mentionnés avaient été délicats à se procurer Et il y a aussi le fait qu'il appartenait à mon père La possibilité m'avait effleuré peut-être un peu plus qu'effleuré, même.
Mais j'aurais cru la magie noire plus complexe, alors qu'au contraire, je ne me suis jamais senti aussi à l'aise. Bien que requérant beaucoup de doigté, la conception de cette potion me paraissait d'une logique évidente, si bien que j'ai réussi sans grandes difficultés à y ajouter quelques touches personnelles. Les combinaisons me semblaient presque familières
J'ai l'impression désagréable que ces réflexions appellent un souvenir, souvenir qui reste pourtant caché dans l'ombre de ma mémoire. Au bout de quelques minutes, j'abandonne, restant sur un sentiment de frustration, auquel mon estomac fait bientôt échos d'un grondement tout à fait inélégant. Je peux toujours jouer les offusqués, il faut tout de même que je me nourrisse.
Je referme le roman sur son secret, et l'enfouis au fond d'une de mes poches, où il vient tenir compagnie à mes pastilles mentholées - mmmh, le bon côté des rhumes - et tiens il est toujours là, ce bandeau? Il faudra que je pense à m'en débarrasser
Je sors du dortoir. Mais dans la salle commune, je me trouve nez à nez avec le professeur de Défense contre les Forces du Mal.
« Mr Snape, vous voilà donc! Je venais pour vous chercher», dit calmement Wilkes.
Mon cur s'emballe malgré moi.
Il sait que c'est toi, il vient pour t'envoyer à Azkaban susurre une pernicieuse petite voix dans ma tête.
« Pour me chercher, monsieur? je m'étonne d'un ton qui se veut dégagé.
– En effet.»
Il sait que c'est toi, il vient pour t'envoyer à Azkaban
« Mais Pourquoi?» Dégagé, on a dit, pas étranglé!
« Vous ne vous sentez pas bien, Mr Snape?»
Il sait que c'est toi, il vient pour t'envoyer à Azkaban
La ferme, la petite voix.
« Si, monsieur
– Alors pourquoi n'êtes-vous pas venu déjeuner avec les autres?»
Le sens de ces mots met un certain temps à m'apparaître tant ils sont loin de ce que je redoutais.
« Je je n'avais pas faim.
– Oh, je vois.»
Il reste silencieux un moment. Moi, j'essaie de me remettre de ma frayeur, et ce serait certainement plus efficace si je m'enfuyais le plus loin possible.
« Je crois que je vais aller rejoindre les autres, professeur Wilkes.
– Oui, faites donc, Mr Snape.»
Il ne bouge pas. Je passe devant lui, mais alors que j'atteins la sortie, il dit, posément, comme il aurait complimenté un parterre de gardénias :
« C'était très habile de votre part que d'utiliser la feuille d'amarante épineuse pour altérer la perception auditive.»
Un poids d'une tonne tombe dans mon estomac et me cloue sur place.
Je te l'avais bien dit-euh! raille la petite voix.
« Je vous demande pardon, monsieur?
– Pourtant, je croyais que cet ingrédient annihilait les effets de la pierre de Lune.»
Je me retourne lentement pour affronter le regard perçant de mon chef de Maison. Je voudrais protester, nier tout en bloc. Mais je lis dans ses yeux que ce n'est même pas la peine de me donner ce mal. Autant essayer de s'en tirer avec un semblant de dignité.
Je me racle douloureusement la gorge.
« En effet, monsieur, à moins que l'on ne fasse au préalable sécher les feuilles à la lumière du soleil.
– Est-ce que cela n'en affaiblit pas considérablement l'efficacité?
– J'ai J'ai eu l'idée de les réhydrater à l'aide d'eau pure dans laquelle j'avais enfermé un rayon de Lune, afin de les restaurer tout en les rendant compatible avec la pierre. L'expérience s'est révélée concluante.»
Un nouveau silence, qui paraît durer des années. Je suis au bord de l'évanouissement.
« C'est remarquable», murmure finalement Wilkes.
Quoi?
« Vous possédez un talent extraordinaire, Mr Snape.»
La flatterie me met terriblement mal à l'aise. Où veut-il en venir, là?
« Dommage, poursuit-il, qu'il soit si mal employé. N'avez-vous jamais pensé à la façon dont vous pourriez utiliser ce don?»
Je fronce les sourcils et prononce d'une voix incertaine :
« Je ne vois pas ce que vous
– N'avez-vous jamais vu plus grand, Mr Snape, que de puériles farces d'écoliers?
– Plus Plus grand que?
– Songez-y, Mr Snape. Vous êtes encore très jeune, vous avez encore le temps de faire des choix. Sachez toutefois que certaines puissances se réjouiraient d'associer un potentiel tel que le vôtre à leur cause.»
Pourquoi s'exprime-t-il en sous-entendus? Je ne saisis pas à quoi il fait allusion. Tout du moins, l'idée qui me traverse l'esprit est trop absurde pour que je m'y attarde.
Il attend que je dise quelque chose. Mais je ne sais absolument pas quoi dire. Même la petite voix l'a bouclée.
« Comment comment avez-vous su?»
Wilkes sourit.
« Vous avez commis une imprudence, Mr Snape, en testant votre potion sur un de vos camarades de chambrée.
– Vous voulez dire
– Mr Bulstrode s'est soudainement rappelé que sa crise de paranoïa de la semaine dernière avait débuté juste après que vous lui avez fait respirer une certaine "eau de toilette" plutôt malodorante, et il a cru bon de venir m'en parler étant donné ce qui est arrivé à Potter et Black quelques jours plus tard.
– Oh.»
Je ne sais pas quoi ajouter. Préoccupé par l'ampleur inattendue que prenait mon geste, j'avais totalement occulté cet événement.
« Si cela peut vous rassurer, Mr Snape, j'ai cru bon de chasser cette idée de son esprit.»
Je suis perdu. Il me couvre. C'est de la folie. Pourquoi ferait-il une chose pareille?
« Je crois que vous devriez rejoindre la Grande Salle, à présent, Mr Snape.»
Je ne me le fais pas dire deux fois.
« Et pensez à ce que je vous ai dit, surtout», l'entends-je rappeler comme j'émerge dans le couloir.
- O -
À la table de Serpentard, Gwendolyn me fait de grands signes.
« Je t'ai gardé une place!»
Ô joie.
Il n'y a malheureusement pas d'autre endroit où m'asseoir, et je suis trop fatigué pour m'occuper de cela. Tout ce que je souhaite, c'est qu'on me laisse un peu tranquille, pour une fois.
Gwendolyn n'est pas décidée à m'accorder cette faveur.
« Te voilà enfin! Je me suis inquiétée! Où étais-tu passé?
– En enfer», je réponds d'un ton morne.
Je voulais juste être désagréable, mais en fait ce n'est pas si éloigné de la vérité. Je me suis foutu dans un pétrin innommable.
En attendant, je meurs véritablement de faim.
« Tu me passes les cuisses de poulet?»
Sans amorcer un geste pour satisfaire ma requête, la fillette me fixe de ses grands yeux ambrés et curieux.
« T'étais avec une fille?»
Hein!
« Gwendolyn, ma vie est suffisamment misérable sans que tu te paies ma tête par-dessus le marché. Poulet, je te prie.
– Je me moque pas, Sev, pourquoi je ferais une chose pareille?»
Le pire, c'est qu'elle a l'air sérieux.
« Non mais tu m'as bien regardé? Je ne vois pas ce que je ferais avec une fille!
– Allons, Sev, glousse-t-elle, j'ai que onze ans et je vois déjà un tas de choses qu'un garçon peut faire avec une fille. Par exemple
– Arrête, arrête tout de suite! C'est répugnant!
– J'ai encore rien dit, cousin. Je dois déduire que t'es pas si ignorant que ça sur le sujet?»
Peste.
Sans mot dire, je tends le bras pour m'emparer du plat de poulet.
« Pourquoi tu dis "répugnant"? Tu préfères les garçons?»
De surprise, j'en renverse mon verre. Je la dévisage, profondément choqué.
« Tu plaisantes, j'espère?
– Oh, ne me dis pas que tu es vieux jeu à ce point-là!
– Vieux jeu, moi!»
Bon, admettons.
« Il ne s'agit pas d'être vieux jeu, là; tu parles de chose qu'il est tout à fait anormal de trouver dans la bouche d'une enfant de ton âge. De choses anormales, tout simplement!
– C'est toi qui es anormal. T'aimes pas les filles, t'aimes pas les garçons, t'aimes personne. On dirait que tu voudrais être seul à la surface de la Terre.
– C'est en effet un assez bon résumé de la situation.
– Tu sais bien que c'est pas vrai. T'as besoin des autres, même si c'est pour les mépriser. Parce que sans les autres, ta vie elle veut plus rien dire.»
Je fronce les sourcils.
« Onze ans, c'est cela? Je te trouve un peu jeune pour me donner des leçons sur le sens de la vie.
– Je prétends pas savoir de quoi je parle, fait-elle en haussant les épaules. Mais je sais que t'es malheureux, alors il faudrait peut-être que tu revoies ta conception des choses. Moi, tout ce que je veux, c'est t'aider.
– Je n'ai pas besoin de ton aide», je réplique sèchement. "Malheureux"!
« Je sais, t'as besoin de personne. En fait, je sais même pas pourquoi tu t'es pas encore jeté du haut de la tour d'Astronomie pour en finir une bonne fois pour toutes avec cette vie de souffrances.»
Triple peste.
Tu refuses d'admettre qu'elle n'a pas tort, dans le fond
Chut, j'ai dit, la petite voix.
« Pommes de terres? demande soudain Gwendolyn avec un sourire angélique, comme si on ne venait absolument pas de se disputer.
– Mmh.»
Je me demande si toutes les filles de onze ans sont aussi étranges.
« On est vendredi treize, aujourd'hui, lâche-t-elle.
– C'est vrai? Cela explique pas mal choses.
– Mauvaise matinée?
– Terrible», je confirme sombrement.
Je promène distraitement mon regard dans la salle.
À la table des professeurs, Wilkes est revenu et, comme de bien entendu, il faut qu'il tourne la tête de mon côté au moment où je l'observe. Grillé. J'ai le temps de voir ses lèvres former les mots "pensez-y" avant de concentrer bien vite mon attention ailleurs. Merlin sait pourquoi, il faut que cet ailleurs tombe sur la table des Gryffondors. Où certaines personnes se livrent à des activités qui, de toute évidence, ne devraient pas se pratiquer à table. Eurk.
Quand on voit Potter et Evans se bécoter, je me demande bien comment on peut désirer les imiter. Tiens, tout le monde ne partage pas mes réticences, à en juger par les airs envieux Lupin et Black. Pourquoi Black, au fait? Il n'a qu'à claquer des doigts pour se trouver une partenaire. D'ailleurs, c'est une des raisons pour lesquelles il ne m'a jamais inspiré confiance. Je n'éprouve aucune sympathie envers ceux que la vie a doté d'atouts tels qu'un physique avantageux. Très, très avantageux, dans le cas présent. Trop. Les hommes trop beaux obtiennent ce qu'ils désirent avec une facilité déloyale, et en plus ils se comportent comme si le mérite leur revenait.
Plongé dans ces considérations, je ne prête pas attention à Lupin qui se penche pour dire quelque chose à Black. Celui-ci pivote aussitôt sur son siège, surprend mon regard et se met à sourire. Et re-grillé.
Je prends une expression menaçante pour me justifier et, en désespoir de cause, revient à Gwendolyn. Qui, arborant un léger sourire, regarde Black. Puis moi. Puis Black. Puis moi.
Quelle horrible journée.- O - O - O -
Les hurlements s'élèvent dans les gradins tandis que les joueurs entrent sur le terrain. Beaucoup de braillements pour bien peu. Un match sans Serpentard a selon moi autant d'intérêt qu'un rhume sans pastilles mentholées. Poufsouffle contre Gryffondor, il n'y a pas de quoi se ronger les ongles, l'issue du jeu est courue d'avance. Ce n'est pas cela qui va me consoler de cette nouvelle semaine de cours harassants qui vient de s'écouler ponctuée de temps à autre de pathétiques accostages de Black, qui semble s'obstiner à se conduire bizarrement. J'essaie de ne pas y prêter attention, ça lui passera. Bientôt, j'espère.
Je contemple le terrain qui se remplit, à l'avance ennuyé. Je n'aurais même pas dû me donner la peine de me concocter cette potion lorgnette qui me donne une vue d'aigle. Pas besoin de cela pour voir très nettement, dans la tribune des Gryffondors, les immenses bannières affichant en lettres de feu le nom que tout le monde crie.
« POTTER! POTTER! POTTER!»
Qu'est-ce que cela peut me taper sur les nerfs.
L'attrapeur gryffondor lève la main pour saluer son public, un sourire conquérant sur les lèvres. Il envoie un baiser à Evans, qui rougit et reçoit quelques regards assassins des filles tenant la plus grande banderole. Le couple vedette de Poudlard ne s'attire pas que de la bienveillance, finalement. Je parierais que d'ici décembre, tout est fini entre eux deux. Evans s'imagine peut-être que Potter a changé, mais je sais qu'il n'en est rien.
Le match commence. Guère différent des matchs habituels. Potter se pavane peut-être encore plus ostensiblement, profitant du moindre prétexte pour effectuer un looping ou un piqué. Mais s'il fait cela dans le but d'impressionner sa dulcinée, c'est raté. Elle a l'air de plus en plus renfrogné à mesure que s'écoulent les minutes.
Alors que j'observe Evans, mon regard glisse jusqu'à Black, qui se tient quelques sièges plus haut. Et qui me fixe.
Mais non, c'est l'impression que j'ai à cause la potion, si cela se trouve il regarde tout à fait ailleurs.
J'espère, parce que je n'aime pas ce sourire de prédateur.
Je décide de ne plus lui accorder la moindre attention et de me concentrer plutôt sur le match en cours.
Très vite, Gryffondor devance Poufsouffle d'une cinquantaine de points, même si Poufsouffle a réussi quelques beaux marquages.
« J'ai raté quelque chose? demande Gwendolyn, sortie de je ne sais où, en s'asseyant à côté de moi.
– Tu vas me coller encore longtemps?
– Ouah, cet attrapeur est vraiment doué!» s'exclame la chose qui me sert de cousine.
Plusieurs visages outrés se tournent vers elle.
« Gwendolyn, on ne complimente pas Potter ici! je lui chuchote sèchement.
– Pourquoi ça?» s'étonne-t-elle.
Elle me fait honte.
« Je te signale que c'est un Gryffondor, et de la pire espèce.
– Oh, je ne pensais pas que tu avais une façon de penser si archaïque.»
Archa? Mais elle n'a pas bientôt fini avec ses critiques sur ma façon de penser!
« Si tu préfères, chère cousine, ce type est mon pire ennemi et son plus grand plaisir dans la vie est de m'humilier.
– Ah, James Potter, c'est lui qui t'a poussé dans le lac!»
Grrr.
« Oui. Entre autres.
– Et qui a cet ami absolument craquant!»
Ce genre de remarques se passe de commentaire.
« Évite également de mentionner Sirius Black en ma présence, je siffle.
– Sirius Black? Oh, non, pas lui, moi je parle de Remus Lupin!» rit Gwendolyn.
Ha ha, elle t'a bien eu!
Toi, saleté de petite voix, je vais te!
« Je te laisse Black, ne t'en fais pas persifle la fillette.
– Tu me fatigues, Gwen, je grince en me pinçant le haut du nez entre le pouce et l'index.
– Chouette!
– Comment ça, "chouette"?
– Tu m'a appelée Gwen.»
Je la dévisage avec incrédulité. Il est évident que la pauvre tient un discours tout à fait incohérent. Je me demande si je ne devrais pas l'emmener voir Pomfrey. Ou, mieux, la faire piquer sur le champ.
Tout à coup, une vague d'excitation parcourt la foule. Je repère la silhouette de Potter qui fonce vers le sol à une allure folle. Un instant plus tard, il remonte en flèche, brandissant le Vif d'Or, triomphant. Ça alors, mais quelle surprise!
Franchement, est-ce que cela valait vraiment la peine de se déplacer?
Non.
Potter, acclamé comme un héros de la guerre, nous fait son petit numéro de coq de basse-cour. J'imagine d'ici les "Ce n'était rien pour moi!" et les "J'aurais réussi les yeux fermés!" qu'il doit distribuer à ses admirateurs. Puis j'inspecte les gradins de Gryffondor.
Quoique
Du côté d'Evans, c'est une autre affaire. La jeune fille a l'air écurée par l'attitude de son compagnon. Hum, elle a tout de même ses bons côtés, la sang-de-bourbe.
Et à nouveau, je vois Black, seul à avoir les yeux braqués vers la tribune de Serpentard. Vers moi.
Définitivement, non.
- O -
« Mais Lily!
– Arrête de me faire ces yeux-là, James! Je croyais que tu avais rangé ton arrogance une bonne fois pour toutes!
– Mon arrogance? Moi, arrogant!»
Huhuhu. Petite scène de ménage en plein air, que j'écoute discrètement derrière un arbre. Sans doute s'imaginent-ils que tout le monde est rentré au château. C'est mal me connaître.
« Comment peux-tu être si merveilleux par moments et te comporter comme un parfait idiot à d'autres?» gémit Evans. Hum, je pense qu'il est idiot tout le temps, ma petite.
Aux tremblements de sa voix, je devine qu'elle est au bord des larmes. Ce que ne semble pas avoir remarqué Potter.
« Ah oui, tu me trouves merveilleux?
– James!»
Ça, c'était de la rage où je ne m'y connais pas.
Je risque un il hors de ma cachette pour observer la scène. Evans a les cheveux hirsutes, les poings serrés - si elle pouvait lui coller un pain! - et en face d'elle, Potter paraît minuscule.
« Tu es vraiment le pire le plus grand Rrrah!»
Elle s'éloigne à grands pas.
« Lily, attends!
– Laisse-moi tranquille, Potter!»
Potter semble giflé par l'emploi de son patronyme et ne fait pas un geste pour la rattraper.
Jouissif.
C'est le moment que je choisis pour sortir de derrière mon arbre.
« Tiens-tiens, mais n'est-ce pas le grand James Potter, à qui tout réussit?»
Il sursaute. Son visage passe de la surprise à la haine alors qu'il crache :
« Qu'est-ce que tu fous là, Snivellus?»
Ben tiens, cela faisait longtemps. Il faudrait qu'il se renouvelle un peu.
« Problèmes de couple, Potter? je m'apitoie. Il est donc possible que tu ne sois pas le premier en tout?
– Ferme-la, tu veux!
– Comment fais-tu pour ne pas tomber de ton balai avec une tête aussi grosse que la tienne sur les épaules?
– Je te préviens, Snivelly»
Qu'il me menace, le petit Potter; je sais qu'il n'a pas sa baguette. Moi, si.
« Qu'est-ce que cela fait de se faire remettre à sa place par Evans? Le titre de future Mrs Potter semble compromis Même les sang-de-bourbes ne poussent pas leur adoration jusqu'à ne pas voir à quel point tu peux être puant!
– Je t'interdis d'appeler Lily comme ça!
– Comment? Sang-de-bourbe, ou future Mrs Potter? Je dois dire qu'entre les deux insultes mon cur balance»
Je vois le moment où il va me sauter dessus.
« James!»
Potter et moi tournons simultanément la tête vers l'origine du cri.
Pettigrew arrive en courant à petites foulées.
« James, qu'est-ce que tu fais, tout le monde t'attend dans la salle commune! Patil a ramené des bièraub»
Il s'interrompt avec un couinement de rongeur lorsqu'il réalise avec qui son ami est en train de "discuter". Lui, au moins, a la décence de me craindre.
« Je viens, Peter, je crois que Snivellus en a fini avec les politesses.»
Je ne bouge pas d'un pouce. Potter fait mine de rejoindre Pettigrew, mais me lance à mi-course :
« Moi, je n'en ai pas fini avec toi!»
Bon.
Jusqu'à ce point-là, c'était plutôt marrant.
- O - O - O -
Je ressors de la salle de classe en soupirant. Je ne me montre plus très actif aux cours de Défense contre les Forces du Mal ces derniers temps. C'est pourtant ma matière favorite, mais dès que je vois Wilkes, je pense aussitôt qu'il sait, et cela me file des palpitations. Si je continue à être aussi angoissé, je vais développer un ulcère, comme Grand-Pa lorsque Grand-Ma s'est fait bouffer par un anaconda.
Tes chacras, Severus, tes chacras, ouvre tes chacras.
Alors que je m'engage dans les escaliers, je décèle derrière moi le claquement d'un pas alerte, un pas que j'ai depuis longtemps appris à reconnaître. Black. Encore.
Depuis l'épisode des livres, j'ai l'impression que, chaque jour, il parvient à se dresser sur ma route. Je commencerais presque à m'habituer à son attitude étrange
Ce qui ne la rend pas moins dérangeante pour autant.
J'accélère le rythme.
« Eh, Snape!»
Je ne réponds pas, bien sûr. Je ne montre même aucun signe laissant penser que je l'ai entendu. Je pourrais presque deviner la façon dont il se met à dévaler les marches avec la légèreté d'un éléphant arthritique aux seules vibrations du sol. Damné Gryffondor, il ne me laissera donc jamais en paix. Je sais que dans une seconde, il arrivera à ma hauteur.
J'arrive à la dernière marche quand l'escalier s'ébranle brusquement et commence à pivoter; et je perds l'équilibre.
Avant que j'aie eu le temps de comprendre ce qui m'arrive, je me sens tiré en arrière. Mes pieds quittent le sol; il y a un instant de flottement, puis une chute brutale sur le dos - partiellement amortie par un étrange matelas qui fait : « Groumpf!» (ou quelque chose d'approchant).
Oula, oula.
Oulala.
Qu'est-ce qui s'est passé?
C'est quoi ce truc qui m'empêche de bouger?
Tiens, un bras.
Qui ne m'appartient pas, par ailleurs.
« Je savais bien que tu finirais par me tomber dans les bras», souffle une voix pas loin de mon oreille.
Black. Mais c'est bien sûr.
Minute.
Je suis allongé sur Black?
« Black, lâche-moi!
– Tu en es sûr? Je te signale que là, tu pédales dans le vide.»
Et je me sens aussitôt repoussé vers l'avant, ce qui me permet d'admirer la vue, assez impressionnante il faut bien l'avouer, de mes pieds se balançant allègrement sur une absence de sol. Une espèce de piaillement ridicule s'échappe de mes lèvres.
Hum, ce n'est pas le moment de se préoccuper de ma dignité. Parce que dans ce cas, il faudrait aussi prendre en compte le fait que je suis assis en équilibre précaire sur la dernière marche d'un escalier ne menant nulle part, et entre les deux jambes de Sirius Black.
D'ailleurs, je vais commencer par me tirer de cette fâcheuse position.
En vérité, plus facile à dire qu'à faire : les seuls appuis disponibles sont les genoux du Gryffondor - hors de question. Et cet abruti d'escalier qui s'est arrêté en pleine course!
J'envisage de sauter dans le vide quand Black reprend ses sales grandes jambes et se lève avec - merci Merlin. Sauf que l'abruti croit bon de me prendre sous les bras pour me relever.
« Bas les pattes!» je grogne en me retournant, tout de même soulagé de me tenir à nouveau sur mes pieds.
Malgré tout, j'apprécierais fortement de quitter cette fichue dernière marche - oula, que c'est étroit! -, ce qui sera rendu possible dès que Black se sera poussé de l'avant-dernière. Le souci, c'est qu'il n'a pas l'air vraiment décidé à s'exécuter.
Je n'ai pas le vertige, je n'ai pas le vertige
« Qu'est-ce que tu attends pour remonter, Gryffondor à la manque!
– Tu pourrais quand même me remercier», reproche Black en faisant une moue boudeuse.
Non, mais, quel gamin, je vous jure.
« C'est cela, oui, je ricane.
– Sans moi, tu serais tout, tout, tout en bas à l'heure qu'il est! s'exclame-t-il en se penchant pour me désigner le sol du doigt par-dessus mon épaule.
– Ça va, ça va, j'ai compris!» je m'écrie, de peur qu'il ne me fasse tomber en se baissant encore plus.
Fait troublant, il n'insiste pas et revient sagement à sa position initiale. Si ce n'était pas Sirius Black, je pourrais prendre cela pour de la simple humanité. Mais cela cache forcément quelque chose d'autre.
« Qu'est-ce que tu veux, à la fin? je m'agace.
– Un bisou de remerciement? propose-t-il d'un ton cabotin.
– Ha-ha. Ce genre de choses n'amuse que toi, Black.
– C'est justement ça qui est drôle», rétorque-t-il avec un sourire insolent.
Je m'apprête à répliquer quand l'escalier se remet à trembler violemment. Sans réfléchir, je m'agrippe aux épaules du Gryffondor pour ne pas être happé par le vide.
« Moi aussi je t'aime, rigole l'autre attardé.
– Tais-toi, Black. Mime un réverbère et tout le monde sera content.
– D'accord. Un réverbère allumé?»
C'est idiot, mais j'ai envie d'éclater de rire. C'est déconcertant ce que ces dernières paroles ressemblaient à une véritable plaisanterie. Pas à un nouvel échange d'insultes déguisées.
Même si c'était sûrement encore quelque chose de ce genre.
Hum
Heureusement, l'escalier rejoint enfin un palier et je m'écarte vivement de Black en battant mes mains l'une contre l'autre.
« Si tu t'attendais à une quelconque gratitude de ma part, tu aurais mieux fait de me laisser tomber, Black!» je lance par-dessus mon épaule tout en m'éloignant.
Pas de grognement contrarié, ni de rugissement de colère. Juste un rire enjoué qui me laisse une impression pour le moins étrange.
- O - O - O -
Je sens quelque chose d'anormal lorsque j'entre dans le dortoir. Peut-être parce que les chuchotements qui emplissaient la pièce cessent brusquement.
D'un pas incertain, je m'avance vers mon lit. Quatre paires d'yeux me suivent depuis leurs couches respectives. Qu'est-ce qu'ils ont, les sous-doués?
« Ça va, Snape?» lance Nigaud Un dans mon dos.
Je n'aime pas son ton.
J'astique négligemment ma baguette avec ma manche, pour être certain qu'ils me savent armés. Ils ont peur de moi tant que je le suis. Et ils ont de bonnes raisons de l'être.
« Pas mal, Baddock, et ta sur?»
Nigaud Deux fulmine.
Ouah, ils s'améliorent, ils comprennent quand je les insulte, maintenant.
Les jumeaux me fixent avec colère, Brute Épaisse me lance des drôles de regards en biais, quant à Madley l'Abruti, il me dévisage de son éternel air supérieur.
Je ne sais pas ce qu'ils mijotent, mais cela ne sent pas bon.
« Alors, vous parliez de quoi?»
Remous dans le quatuor.
« Rien dont on n'ait envie de parler avec toi, répond Abruti avec dédain.
– À ton aise, Madley, dis-je calmement en commençant à me déshabiller. Au fait, ta braguette est ouverte.»
J'éclate d'un rire froid lorsqu'il baisse les yeux. Quel imbécile, il est en chemise de nuit.
« Si j'étais toi, je ne rirais pas tant, Snape! gronde-t-il, visiblement vexé de s'être fait avoir.
– Ah oui, et pourquoi ça?»
Je ne sais pas si mon regard perçant perd de son efficacité lorsque je suis en caleçon, mais Abruti est déjà très mal à l'aise.
« Parce que tu as un peu trop d'ennemis pour une seule personne.»
Merci, ce n'est pas une nouveauté.
J'enfile prestement ma chemise de nuit et, baguette toujours à la main, j'inspecte par habitude mes draps, avant de me glisser sous les couvertures.
« Bonne nuit, les gars! fais-je avec une désinvolture de façade, avant de déployer les rideaux de mon lit à baldaquin.
– Dors bien tant que tu le peux encore», me parvient la voix de Madley à travers la lourde tenture de velours vert.
Les sourcils froncés, je range soigneusement ma baguette sous mon oreiller. Mon estomac est noué. Je sens que je l'aurai, mon ulcère juvénile.
Allez, on souffle, on ouvre les chacras.
C'est quoi, au fait, les chacras?
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Eh voilà, fini, maintenant c'est à vous de me dire ce que vous en avez pensé !
J'ai mal partout, surtout au dos, aux yeux, aaaaaaaah pauvre de moi T-T! Alors m'en veuillez pas si je ne me relis pas et qu'il y a quelques trucs à corriger!
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