DISCLAIMER : Ne possède pas les personnages mais l'histoire en revanche est mienne.
Etes-vous prêt pour cette quatrième partie de notre périple? Pour ceux qui poursuivent ce petit bout de chemin avec moi, les consignes de sécurité restent les mêmes donc prière de garder vos ceintures attachées durant la totalité du voyage.
Author Note:Merci infiniment à toi Sylsione pour ta review. Elle m'a fait bigrement plaisir. Par contre ne sois pas si sur, sait-on jamais ce qui peut se passer? !
Bonne lecture!
Chapitre 4 : Back to London
Un dernier regard en arrière et je quittai l'hôtel du Ritz pour me rendre au métro, direction la gare du Nord. Là bas se trouverait l'Eurostar qui me conduirait vers Londres, la dernière étape de mon parcours.
Initialement, notre lune de miel avait compté l'étape incontournable de Venise mais je ne n'avais pu me résoudre à me rendre là bas, seul et potentiellement brisé. Cela aurait été la goutte d'eau qui aurait fait déborder le vase.
Après avoir subi les contrôles règlementaires et être passé par la salle d'attente où je dégustai une dernière viennoiserie de chez Paul, et on nous annonça l'embarquement ainsi que le départ imminent de notre Eurostar. Assis dans le train qui me conduirait un pas plus prêt du moment que je redoutais le plus, je me retrouvais replonger dans mes pensées. Et plus précisément à la veille du mariage de Sandra, qui s'était déroulé cinq ans après le mien.
J'avais eu le privilège d'être son témoin et garçon d'honneur et comme nombreux d'entre nous, elle avait attendu la dernière minute avant de se mettre à paniquer. Je dois avouer que je m'y attendais et c'est avec sérieux que j'avais embrassé mon rôle.
Elle m'avait demandé avec ses grands yeux vert de biche, et une confiance aveugle, qu'elle avait su préservé en sortant de l'enfance, en ceux qu'elle aimait, comment j'avais pu être si sur de moi et de mon couple. Elle s'émerveillait de mon assurance face à cette certitude qui était la mienne de savoir que j'aimerais mon compagnon jusqu'à mon dernier souffle. Sandra, pour une raison qui m'échappait, était extrêmement protectrice de ma personne et bien que nous ayons à peine deux mois de différence, elle prenait à cœur son rôle d'ainée.
-Il m'a fallu du temps avant de comprendre mes sentiments pour lui, lui avais-je alors avoué alors que nous étions tous les deux installés dans son lit, elle avec un masque verdâtre sur le visage et moi qui contemplait le travail qu'elle réalisait en ce moment sur mes ongles d'orteils. Cependant, une fois que j'eus réalisé l'étendue de ceux-ci, mon monde a entièrement changé. Ca va peut-être te paraître cliché mais c'était comme s'il répondait à toutes mes prières, tous mes rêves. Il était parfaitement proche de mon plus grand fantasme, je l'avais attendu toute ma vie. C'était à l'idée qu'un jour, je rencontrerais cette âme sœur, cette personne qui me comprendrait sans un mot, avec un seul regard qui m'avait permis d'avancer, de continuer, de ne pas céder au désespoir. Sans même le connaitre, il m'avait sauvé la vie et quand je l'avais vu, réellement vu pour la première fois, sans ces restrictions que je m'étais posé moi-même, j'avais été sous le charme. Crois moi, quand je te dis que je n'ai jamais été plus sûr de moi, que le jour où je lui ai demandé de m'épouser Sandy. Il est la pièce de moi qui avait toujours été manquante. Sans lui, je suis comme desséché, je n'ai plus aucun raison de vivre.
Emue, elle aussi, Sandra avait versé une larme devant ma confession mais têtue comme elle pouvait l'être, je savais qu'elle n'arrêterait pas là. Elle cherchait la petite bête, voulait me faire comprendre une chose essentielle. Je ne le savais juste pas !
-Mais cette fusion que vous expérimentez en ce moment, n'as-tu pas peur qu'il ne s'agisse que d'une fulgurante combustion, d'une passion éphémère qui prendra fin tôt ou tard quand le carburant sera à court ? Je veux dire, je n'ai jamais vu quelqu'un si amoureux et passionnel que vous deux mais d'un autre côté, cette intensité me pousse à me questionner.
-Je comprends ce que tu veux dire mais il faut que tu comprennes que notre relation a plusieurs facettes. Nous ne nous sommes pas jetés la tête première dans cette aventure, loin de là. Nous avons appris à nous connaitre, à nous découvrir et ce qui me conforte est qu'avant toute chose, nous sommes amis. Avec cette garantie, je ne peux qu'être en paix avec moi-même. Enfin quant à ta peur, je suis conscient que la passion a une durée de vie limitée, tous les couples l'expérimentent à un moment où un autre de leur relation. Il y a la terreur du cap des trois ans puis des sept et enfin le mariage. Il est de notre ressort de faire en sorte de nous réapprovisionner en tendresse, et en petite attention en temps voulu pour raviver la flamme. Et nous y travaillons chaque jour.
-Tu es si positif, j'aimerai être comme toi et croire que le meilleur est toujours à venir mais…
-Sandra, tout se passera bien. Il n'y aucune raison pour toi de tout remettre en cause. Ton futur mari est un homme doux et prévenant et si tu ne l'épuises pas trop avec tous tes caprices ma belle, il survivra peut-être à votre première année de mariage.
Après ma petite pique, une bataille d'oreillers avait commencé. Essoufflés, nous nous étions ensuite occupés de finir son soin de peau avant de nous allonger dans les bras l'un de l'autre avec un fond musical apaisant.
-Merci, m'avait-elle dit à ce moment-là. Tu es le meilleur ami que l'on puisse avoir.
-Je le pense aussi, l'avais-je taquiné. Est-ce que tu te rends compte de la beauté de cette instant ? Tu as toute une vie d'amour et de bonheur qui t'ouvre les bras. Sans compter que dès demain soir, je devrais te donner du Madame. T'imagines? Non mais où va le monde ?
Je ris doucement avant de reprendre mon sérieux.
-Tu seras la plus belle mariée de toute l'année et je te souhaite tout le bonheur du monde !
-J'ai toujours rêvé d'avoir un grand frère et tu as prit ton temps mais tu es arrivé à moi! Je te souhaite aussi tout ce qu'il y a de meilleur au monde. Je ne peux m'empêcher quelques fois d'être pessimiste et je sais que tu n'aimes pas que je te dise cela mais je ne peux vraiment pas m'empêcher de craindre que la fin de votre relation ne soit imminente et tragique. Tu es tellement plus investi dans cette union que lui. Tu t'oublies une fois sur deux en sa présence et je ne peux me retenir de me dire qu'une telle abnégation ne peut-être sans répercussion.
Aujourd'hui je comprenais enfin ce qu'elle avait voulu me dire…d'une certaine façon.
Je m'étais trop reposé sur lui, je n'avais pas su faire la part des choses. Mon époux s'était retrouvé avec un ombre de moi-même, un homme qui n'avait plus d'opinion propre, qui se conformait à toutes ses demandes, qui se perdait dans sa peur de ne pas être suffisant ou à la hauteur. Je nous avais d'une certaine manière conduit à notre propre perte.
J'arrivai enfin à Londres Pancras et après être descendu dans mon hôtel, je prenais un ticket pour aller me promener. Direction Hyde Park où je mangeai un bout avant de me rafraichir les idées en me dirigeant vers Buckingham Palace. Bien qu'à des milliers de kilomètres, je me souviens encore du mariage de Kate et William et de l'impact que cela avait eu sur notre printemps et été 2011.
Je finis la journée sur Oxford Circus où je mangeai dans un célèbre Fish and Chips, après m'être acheté une écharpe bien chaude. J'avais oublié à quel point le froid pouvait être mordant en Angleterre. Le vent était traître et je cherchais un pub où je pourrai prendre un remontant quand je ne pus résister aux divers spectacles musicaux qui était offert à Piccadilly Circus et ses environs.
Le spectacle avait été magnifique et je l'avais regardé avec un œil expert mais toujours contemplatif de ce que pouvait produire l'être humain. Quand je ressortis de la salle, il était un peu plus de 23 heures et je me décidai à prendre un taxi pour rentrer.
Arrivé à bon port, je fonçai sous une douche pour y puiser un peu de chaleur. J'activai la radio sous le jet avec pour fond sonore, un CD que je connaissais par cœur mais que je ne comprenais réellement que depuis peu. Il s'agissait une chanteuse britannique de ma jeunesse, à la voix grave et forte en émotion qui s'insinuait toujours sous ma peau, me rappelant que j'aurai du me protéger un peu plus, j'aurai du envisager l'option qu'un jour mon monde et mon socle s'effriterai sous mes pieds. Me frictionnant avec rage, le refrain « Sometimes it last in love but sometimes it hurts instead! » me rendait fou par sa justesse.
Je sortais de la cabine de douche, extérieurement réchauffé. L'image que me renvoyait le miroir, était celui d'un homme en sursit. Il manquait de la vie dans ses yeux et des kilos sur son corps trop maigre. Je soupirai et me dirigeai vers ma sacoche.
J'y récupérai ma boite de médoc et y puisai une fois de plus la petite pilule bleue. Une fois prise, je m'installai dans mon lit et m'enroulais dans les draps froids. La moitié restante de mon cœur appelant avec détresse son autre moitié. L'appel resta sans réponse et la douleur s'intensifia. Me roulant en boule, j'attendis de me sentir groggy et déconnecté.
J-2 nous voila !
On arrive vers la fin de notre voyage. Merci à ceux qui ont pris le temps de lire !
Ne soyez pas timide et laissez une petite review pour me dire ce que vous en avez pensé!
