Coucou tout le monde!

Un peu en retard, voilà le quatrième chapitre. Je n'ai pas vraiment eu le temps de répondre à vos reviews mais je vous remercie vraiment de prendre la peine de laisser une petite trace de votre passage ici, ça me fait vraiment plaisir. Je vous promets de vous répondre la prochaine fois :)

Alors ce chapitre est en deux parties, voici la première. On se retrouve bientôt pour la suite :)

Bisous bisous!


-Tu dors ?

-Non, chuchota le blondinet en voyant son frère s'approcher de lui.

-Moi non plus, répondit Sora comme il grimpait sur le lit de Roxas, ils m'ont fait peur avec toutes leurs histoires.

-A moi aussi.

Les deux petits garçons se glissèrent l'un contre l'autre sous les couvertures, comme pour se protéger des démons qui leur voulaient du mal. C'est le conseil qui leur avait ordonnés d'être prudents, surtout la nuit, car c'était la nuit que les monstres du monde d'en bas se faufilaient dans leur royaume pour venir les dévorer. Sora et Roxas avaient très peur qu'un monstre vienne s'en prendre à eux, et ils étaient persuadés qu'à deux ils étaient bien plus forts. Ils étaient jumeaux après tout, ils se devaient de se protéger mutuellement. Sora se cala un peu mieux contre son frère quand l'orage gronda dehors.

-Tu penses que c'est vrai ? Murmura la voix timide de Roxas.

-Je ne sais pas, répondit son frère sur le même ton, mais si c'est le cas alors je te promets de toujours te protéger !

Roxas hocha la tête et enfouit son visage contre les cheveux brun de son jumeau, frottant doucement son nez contre le haut de son crâne pour apaiser les battements trop rapides de son cœur. Il avait vraiment très peur que les démons d'en bas se glissent dans leur chambre d'enfants pour venir les dévorer. Heureusement que son frère était avec lui, sinon il n'aurait probablement jamais trouvé le sommeil. Sora savait toujours trouver des paroles réconfortantes pour le rassurer quand il avait peur, comme cette nuit-là.

-J'ai peur, Sora.

-Moi aussi, mais on est ensemble alors il ne peut rien nous arriver ! J'en suis certain.

-On devra toujours rester ensemble alors, comme ça on sera invincibles !

-Bien sûr ! Personne ne nous séparera jamais.

Le blondinet avait entouré la taille de son frère d'un bras timide tout en fermant les yeux : Sora avait raison, personne ne pourrait jamais les séparer. Ni les anges, ni les humains…pas même les démons ! Ils étaient jumeaux, personne ne pourrait jamais changer ça. Quand Sora le serra un peu plus fort contre lui, Roxas fut certain d'une chose : il ne laisserait personne faire du mal à son frère, jamais. Il était prêt à donner sa vie pour lui s'il le fallait. Cette nuit-là, comme beaucoup d'autres nuits, Roxas et Sora s'endormirent dans les bras l'un de l'autre, plus unis que jamais.

(…)

Axel pénétra dans sa chambre à pas de loups : alors qu'il terminait de remplir la paperasse, il avait entendu un bruit provenant de sa chambre à coucher. C'était comme une plainte, un gémissement de douleur qui attira sa curiosité. Dans la pénombre de la pièce, il n'eut aucun mal à reconnaître la chevelure blonde de l'ange, ni ses longes ailes blanches qui dépassaient des draps froissés. Sous les couvertures, il pouvait le voir se tortiller comme ses doigts crispés cherchaient un support auquel se raccrocher.

Il s'approcha du lit, prenant garde à ne pas réveiller Roxas, qui semblait être en plein cauchemar. Son impression se confirma quand, arrivé à sa hauteur, il vit les traits déformés de son visage. Roxas murmurait des paroles incompréhensibles dans son sommeil mais Axel n'eut aucun mal à comprendre que ces souvenirs lui faisaient mal. L'ange souffrait, il ne fallait pas être devin pour le voir. Oubliant les signatures qui l'attendaient dans son bureau, il s'assit précautionneusement au bord du lit et dégagea le front moite de Roxas des quelques mèches de cheveux blonds qui étaient venues s'y coller.

-Calme-toi, murmura-t-il comme si l'ange pouvait l'entendre.

(…)

-Sora, attends-moi !

-Dépêche-toi Roxas, ils vont nous rattraper !

Le blondinet redoubla d'efforts pour rejoindre son frère, qui avait déjà presque franchi la frontière qui leur était interdite. C'était la frontière qui séparait le paradis céleste du monde des humains et, une fois de l'autre côté, les anges avaient accès au monde d'en bas. Oh bien sûr, ils ne le rejoignaient pas directement, sous peine de quoi ils auraient trahi les leurs, mais ils pouvaient voir comment vivaient les humains. Sora avait toujours été fasciné par la vie à la fois simple et pourtant palpitante que menaient les mortels, au point de presque les envier parfois. Alors il bravait les interdits, entraînant son frère dans sa course folle dans l'unique but de grappiller quelques bribes du monde des mortels.

-Doucement, chuchota finalement le brun quand ils arrivèrent au bord de la frontière, on ne doit pas troubler l'équilibre.

Oui car si les anges osaient s'aventurer au-delà de la frontière qui les séparait du monde des humains, ces derniers ne devaient en aucun cas connaître leur existence. Si jamais ils avaient été découverts, cela aurait déclenché un déséquilibre irréversible et très grave qui les aurait menés tout droit à leur perte. Voilà pourquoi, malgré sa fascination pour le monde d'en bas, Sora mettait un point d'honneur à être discret. Il ne voulait en aucun cas être la cause de la fin du règne de leur race.

-Regarde comme c'est beau.

Et effectivement, Roxas ne pouvait pas nier que le spectacle auquel il assistait était magnifique. Tout était différent de leur monde : il y avait des couleurs partout, de la musique, des enseignes illuminées et des vitrines remplies d'objets qui lui étaient inconnus. Il ne pouvait maintenant plus détourner son regard de ces humains vêtus de bleu, de vert, de rouge, de noir, de jaune, de rose, de violet et qui pressaient le pas à travers des rues rendues vivantes par leurs voix, leurs cris, leurs pleurs ou leurs rires. Il n'y avait rien de comparable avec ce paradis blanc et maussade ou personne ne pouvait se démarquer d'une communauté à laquelle ils avaient juré allégeance.

-Un jour, j'irai là-bas.

Roxas lança un regard perplexe à son frère, se demandant s'il était vraiment sérieux : aucun ange ne pouvait quitter le paradis, sous peine de quoi il serait jugé pour haute trahison et perdrait tous les privilèges et tous les pouvoirs qui lui avaient été conférés. En plus de ça, personne ne pouvait rejoindre un des autres mondes de son plein gré, c'était trop dangereux. Personne ne devait connaître leur existence, c'était interdit. Voilà pourquoi Roxas se demandait où son frère voulait en venir : il ne pouvait tout juste pas partir.

-Tu ne peux pas, tu seras puni si tu pars !

-Je sais.

-C'est interdit, Sora.

Le blondinet retint son souffle quand le regard bleu de son frère se plongea dans le sien : il y voyait tant de détermination, tant d'envie. Il le regardait, il lui parlait, mais Sora n'était déjà plus avec lui au paradis, il était ailleurs. Un peu plus bas, auprès de ceux qu'il n'aurait jamais dû connaître.

-Tôt ou tard j'irai là-bas. Je le sais, je l'ai vu.

(...)

-Non !

Axel sursauta quand la voix de Roxas s'éleva dans la nuit. Il se pencha au-dessus de lui pour voir ses yeux obstinément clos : il dormait toujours. Le seigneur des enfers soupira tout en caressant encore une fois la chevelure blonde de celui qui aurait dû être son ennemi. Un ennemi qui dormait dans son lit, certes, mais un ennemi quand même. De quoi Roxas pouvait-il bien cauchemarder ? Le roux se demanda un instant ce que pouvait bien penser l'ange de la situation dans laquelle il était : il avait été sacrifié par les siens pour atterrir dans un endroit qui lui faisait peur et où tous les occupants voulaient se débarrasser de lui, eux aussi. Comment pouvait-il supporter une telle chose ? Axel l'ignorait, mais la seule chose dont il était certain, c'est que sous ses airs détachés, Roxas était quelqu'un de très sensible.

-Tu ne peux pas, non !

-Shhh.

Il le regarda encore se débattre, une lueur triste au fond des yeux, une main inlassablement glissée dans ses cheveux dans le vain espoir de calmer ses peurs. Il ne pouvait rien faire pour lui malheureusement Roxas était en proie à ses démons intérieurs, comme l'étaient les âmes avant de faire face au jugement dernier. Dans ses souvenirs, ses émotions étaient décuplées et douloureuses, Axel le savait. Il ne comptait plus le nombre de fois où il en avait vu certains supplier ses juges de les achever tant ils ne pouvaient pas supporter cette prise de conscience qui les tuait une seconde fois. Il savait ce que vivait Roxas, il savait à quel point cela pouvait être destructeur. Mais la seule chose qu'il pouvait faire, c'était lui montrer qu'il était là.

-Tout ira bien, murmura-t-il encore comme les sourcils de l'ange se fronçaient pour la énième fois.

(...)

-J'aurais tellement voulu que tu le vois. Il était tellement…beau !

-Tu sais très bien que nous n'avons pas le droit d'aller à la rencontre des âmes qui nous rejoignent ! C'est contre le règlement !

Roxas avait cherché son jumeau toute la journée, s'imaginant les pires scénarios pour justifier son absence. Il avait d'abord cru que Sora était à nouveau passé de l'autre côté de la frontière, mais il ne l'y avait pas trouvé. Ni Naminé, ni Kairi, ni aucun autre ne l'avait vu depuis plusieurs heures, si bien que Roxas commençait à croire qu'il lui était peut-être arrivé quelque chose de grave. Mais il l'aurait senti, n'est-ce pas ? C'était son frère jumeau après tout, une moitié de lui-même ! Ne le trouvant nulle part, il avait secrètement prié pour qu'il lui revienne sain et sauf et qu'il ne soit pas absorbé par les ténèbres qui gagnaient peu à peu du terrain dans leur royaume et faisaient disparaître les leurs dans un gouffre obscur de détresse.

-Et ses yeux, si seulement tu avais pu voir ses yeux !

-Sora ! Est-ce que tu m'écoutes ?

Finalement, il l'avait vu revenir quelques heures plus tard, un sourire béat collé aux lèvres. Il s'était jeté sur lui dans le seul but de lui passer un savon dont il se souviendrait longtemps, mais son frère l'avait devancé, lui parlant d'un humain dont il venait tout juste de rencontrer l'âme sur la passerelle des mondes. Aussitôt Roxas avait voulu le rabrouer : les anges ne pouvaient en aucun cas interférer dans la procession des âmes au paradis. Les morts devaient eux-mêmes trouver le chemin qui les mènerait en ce lieu céleste et personne ne pouvait les y aider. Mais encore une fois, Sora lui avait coupé la parole pour le rassurer : l'âme en question avait rebroussé chemin. Il avait réussi à lui faire comprendre que ce n'était pas son heure, il l'avait vu dans ses rêves et savait qu'ils se retrouveraient de l'autre côté. Sora était convaincu que la place de ce Riku n'était pas dans leur monde triste et vide de sens mais dans le sien, si vivant et si fascinant.

-Tu as fait quoi ? Avait alors demandé le blondinet, pas tout à faire certain d'avoir bien entendu.

-Ne prends pas cet air fâché, il n'était pas encore temps !

-Qu'est-ce que tu en sais ?

-Tu le sais aussi bien que moi.

Eh bien non, justement, Roxas n'en savait rien. S'il avait tous les deux hérité du même don de voyance, leurs visions différaient souvent, encore plus maintenant qu'ils avaient atteint l'adolescence. Sora voyait et ressentait des choses qu'il ignorait et vice et versa. Voilà pourquoi Roxas ne connaissait rien de Riku, pourquoi il ne comprenait pas le geste de son jumeau et surtout, pourquoi il ne comprenait pas sa réaction. Il avait l'impression que son frère n'était plus le même depuis qu'il était revenu quelque chose avait changé en lui. Et ce changement ne lui plaisait pas, pas du tout.

-Je dois aller le retrouver !

-Tu es complètement fou.

-Non ! Viens avec moi, Roxas, je suis certain que tu te plairas dans ce monde. Il y a tant de choses à apprendre, tant de places à découvrir ! Viens avec moi, s'il te plaît.

Et évidemment, comme toujours lorsqu'ils n'étaient pas d'accord, ils s'étaient disputés. Roxas le trouvait totalement inconscient de vouloir trahir les siens pour rejoindre un humain qu'il avait à peine entrevu. Il n'aurait jamais dû le rencontrer, ce n'était pas normal, il ne pouvait pas vouloir passer sa vie avec un humain, c'était contre-nature ! Et Sora s'était emporté, lui hurlant qu'il ne comprenait rien, que leur place n'était plus ici depuis bien longtemps, qu'il était temps pour eux de partir, de rejoindre ceux auprès desquels ils voulaient être.

-Non Sora, ceux auprès desquels TU veux être. Le monde des mortels te fascine autant qu'il me fait peur, je ne veux pas aller là-bas. Ma place est ici.

Le cœur de Roxas s'était douloureusement serré quand le regard de son jumeau avait accroché le sien : il pouvait y lire un mélange de déception, de colère et de tristesse. Il ne pouvait pas concevoir d'avoir blessé son jumeau, pourtant quand Sora lui tourna le dos, il dût se rendre à l'évidence : il l'avait fait souffrir. Et il s'en voulait déjà atrocement, il aurait voulu revenir en arrière pour que rien de tout ça ne soit arrivé. Pour que Sora n'ait jamais rencontré l'âme de cet humain, pour qu'il soit toujours le même. Ce frère qu'il avait toujours connu, aimé, défendu et protégé. Son frère. Son jumeau.

-Que tu m'accompagnes ou non, j'irai le rejoindre.

(...)

-Reviens !

Et voilà que ça recommençait : Axel avait espéré l'espace d'un instant que Roxas se soit définitivement calmé mais il s'était trompé. Sa respiration était redevenue calme, ses mains avaient relâché les draps auxquels elles étaient agrippées et il avait même cru l'entendre soupirer de bonheur quand il avait pour la dernière fois caressé son front. Mais le répit ne fut que de courte durée puisque, alors qu'il somnolait doucement, une longue plainte l'avait tiré de son demi-sommeil. Il avait alors rouvert les yeux pour tomber à nouveau sur les traits durs et le visage fermé de l'ange. Roxas cauchemardait à nouveau et Axel prévoyait déjà que la nuit serait longue, très longue. Encore plus longue que celles qu'il passait dans les bras de Saïx quand il voulait obtenir quelque chose de lui. Et certainement bien moins plaisante, aussi.

-Me laisse pas ! Pas toi !

Le maître des enfers se passa une main sur le visage pour accélérer son réveil et, toujours en soupirant, il prit une des mains de l'ange entre la sienne. Aussitôt, les ongles de Roxas s'enfoncèrent dans sa peau et, s'il n'avait pas été immunisé contre les griffures, Axel aurait presque pu grimacer de douleur. Heureusement que Saïx s'était occupé de son cas…Mais Roxas le serrait si fort, suppliant son cauchemar de ne pas le quitter, et Axel ne put pas lui en vouloir plus longtemps de s'en être pris à lui. Roxas souffrait et la seule chose qui pouvait le détendre un tant soit peu, c'était de serrer sa main entre la sienne. Il n'était pas conscient de lui faire du mal.

-Reste avec moi !

-Moi je suis là, Roxas, je reste avec toi.

Axel ignorait ce qui pouvait lui faire autant de mal, mais cette personne avait dû beaucoup compter à ses yeux. Il avait du mal à croire que même cette personne apparemment si chère à son cœur ait pu trahir sa confiance. A moins qu'il ne s'agisse d'autre chose ? Après tout il ne connaissait rien de lui. Il supposait que ses cauchemars étaient dus aux derniers évènements qu'il venait de vivre mais peut-être l'ange souffrait-il de blessures plus anciennes. Si c'était le cas, Axel se promit de tout faire pour panser ses plaies. Il ne supportait pas de le voir dans cet état.

-Je resterai toujours.

(...)

-Sora tu…tu pars ?

Timidement appuyé contre le chambranle de porte, Roxas regardait son frère préparer son sac. Depuis leur dispute, quatre jours plus tôt, le brun était resté enfermé dans sa chambre, refusant d'en sortir. Naminé lui amenait ses repas dans sa chambre et elle lui avait dit qu'il était très mal. Alors le blond avait culpabilisé, pensant que c'était de sa faute si Sora était dans cet état : après tout, il avait obstinément rejeté ses rêves et ne l'avait pas laissé s'exprimer. Ça ne pouvait être que de sa faute. Les larmes qu'il vit dans les yeux de Sora quand il se retourna vers lui finirent de l'achever. Tellement qu'il se jeta dans ses bras en pleurant, le suppliant de l'excuser.

-Pars pas, pas sans moi. S'il te plaît !

-Viens avec moi alors.

Sora se recula un peu de lui de façon à prendre ses mains entre les siennes, plongeant son regard azuré dans le sien, plus clair encore. Roxas hésita un instant avant de lui répondre, craignant de faire une bêtise. Il savait que le choix qu'il avait à faire aujourd'hui était capital et irréversible : il devait choisir entre son frère jumeau ou sa communauté. Trahir les siens ou se trahir lui-même. Il avait peur de quitter ce paradis dans lequel il avait grandi, peur de connaître l'aventure mais d'un autre côté, il savait qu'il ne pourrait pas vivre ici sans son frère. Il avait besoin de Sora, vraiment.

-Rox'. Roxas, tu le sais tout aussi bien que moi, tu dois le sentir. Nous n'avons rien à faire ici. Notre place est là-bas.

Le brun semblait réellement croire à ses paroles, mais Roxas n'en était pas aussi certain. Bien sûr, il savait que son frère avait toujours voulu rejoindre le monde des humains, mais il craignait qu'une fois là-bas, il l'oublie. Qu'il le laisse seul pour construire une nouvelle vie avec Riku, qu'il ne devienne qu'un souvenir. Un poids. Roxas avait vraiment peur de ça, et son frère n'en savait rien. Il préférait lui taire ses craintes, ne voulant pas qu'il le prenne pour un bébé.

-Pourquoi est-ce que tu refuses de me faire confiance ?

-J'ai confiance en toi.

-Alors viens.

Roxas prit à peine le temps de réfléchir, voyant déjà son frère s'éloigner de lui en soupirant pour terminer sa valise. Il ne voulait pas le perdre, non ! Alors même s'il devait sacrifier sa vie ici, s'il devait fuir les siens à tout jamais, s'il devait vivre une nouvelle vie dans l'ombre d'un autre homme, il l'acceptait. Pour Sora, pour ne pas le perdre. Parce que son jumeau était toute sa vie. C'est lui qui le consolait, qui le faisait rire, qui l'accompagnait lors de leurs longues balades, qui l'écoutait, qui le conseillait lorsqu'il ne savait pas quelle voie choisir…lui et personne d'autre. Pas Naminé, pas Kairi, pas l'ange supérieur. Juste Sora. Alors c'était décidé, il partirait avec lui, même s'il devait en souffrir, même s'il ne savait pas où cette histoire le mènerait.

-D'accord, dit-il en rattrapant son frère. D'accord je…je viens avec toi. Mais promets-moi de ne pas me laisser.

-Je te le promets, répondit simplement Sora en l'attirant dans ses bras, rassuré à l'idée de pouvoir emmener son frère avec lui.

Le blondinet profita pleinement de cette étreinte, y puisant assez de force et de courage pour mener leur plan à bien. Il avait besoin de cet amour, de cette tendresse que Sora lui donnait, il en avait besoin pour se sentir bien, pour se sentir entier. Alors il profitait simplement de ces moments de complicité qui les rendaient plus proches et plus soudés que jamais. Si tout était encore flou dans son esprit, quand Sora lui murmura un ''je t'aime petit frère'' du bout des lèvres, il sut qu'il avait fait le bon choix. Rien ne pourrait lui arriver tant qu'il resterait auprès de lui, rien.

(...)

Axel resta un moment interdit, n'osant pas faire le moindre geste, essayant de garder son sang-froid : Roxas venait de littéralement l'attirer contre lui, l'obligeant à s'allonger à moitié contre son torse. Le seigneur des enfers n'avait rien vu venir il s'apprêtait à remonter les draps sur le corps tremblant de l'ange quand les bras de celui-ci s'étaient enroulés autour de son cou. En moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire, Axel s'était retrouvé pris au piège contre le torse de Roxas. Il n'aurait eu aucun mal à se dégager s'il l'avait voulu, mais il craignait de le réveiller. Il n'était pas certain que le blond apprécierait de se réveiller dans ses bras.

-Moi aussi je t'aime.

Ou pas. Axel ne put retenir un petit sourire, se disant que, même s'il ne s'adressait pas directement à lui, c'était très flatteur d'entendre ces mots de la bouche d'un ange qu'il connaissait à peine.

-Du calme, Roxas, je sais que je suis séduisant mais tout de même, calme tes ardeurs.

Pour seule réponse, l'ange grogna et serra un peu plus le maître des ténèbres contre lui.

-On restera toujours ensemble, ajouta-t-il dans son sommeil.

-Tu sais que je suis contre le mariage ? Se sentit obligé de préciser le roux.

Cette situation était particulièrement amusante pour lui : non seulement il se faisait câliner sans rien avoir demandé par un jeune garçon – il était forcé de l'avouer- particulièrement mignon mais en plus il pouvait librement interpréter les paroles de ce dernier. Même s'il l'empêchait toujours de dormir, il préférait vraiment voir l'ange dans cet état plutôt que torturé intérieurement et puis…autant profiter de cet excès de tendresse. Après tout, la douceur était bien trop rare aux enfers, selon lui. Il aurait sans problème pu s'endormir contre le torse de Roxas, si seulement la tempête n'avait pas pointé le bout de son nez…

(...)

-Calme-toi.

-I-Il est p-parti s-sans moi !

Blottit dans les bras de Naminé, l'ange pleurait toutes les larmes de son corps la perte de son frère. Quand il s'était réveillé le matin même, Sora avait disparu, emmenant avec lui toutes ses affaires. Un peu plus tard, l'alerte résonnait au paradis, signe d'une haute trahison et Roxas ne mit pas longtemps à découvrir que son frère l'avait trahi. Dès qu'il avait entendu l'alerte, il avait décidé de traverser à nouveau la frontière qui les séparait du monde des mortels. Et c'est là qu'il l'avait vu, Sora, son jumeau. Il était passé de l'autre côté sans lui, il l'avait trahi.

Roxas pensait qu'ils s'étaient pourtant mis d'accord : ils devaient quitter le paradis ensemble. Alors pourquoi Sora n'avait-il pas respecté leur engagement ? Il se sentait horriblement trahi et abandonné. Son cœur était vide, déchiré de toutes parts, mutilé, amputé d'une moitié de lui. Il avait l'impression de perdre pieds, d'avoir perdu tous ses repères. Il n'avait jamais dû affronter la vie sans Sora : son jumeau l'avait toujours accompagné, l'avait toujours conseillé, toujours soutenu. Il était un miroir dans lequel il se reflétait, un catalyseur d'énergie. Il n'y arriverait pas sans lui.

-Je…je comprends pas Nami', p-pourquoi ? Q-Qu'est-ce que je vais faire s-sans lui ?

Il avait besoin de son frère jumeau, c'était incontournable. Ils étaient ensemble bien avant la naissance, ils ne s'étaient jamais quittés. Comment Sora avait-il pu le laisser pour un humain ? Alors comme ça, Roxas avait eu raison d'avoir peur : Sora n'avait pas hésité une seule seconde, il était parti sans lui. Au fond il n'avait jamais voulu qu'il l'accompagne dans le monde des humains, il voulait simplement se débarrasser de lui. Comment avait-il pu croire ne serait-ce qu'une seule seconde que son frère l'emmènerait vraiment ?

-Roxas, essaie de te calmer s'il te plaît. Sora savait que tu ne voulais pas aller là-bas. Ta place n'est pas auprès des humains, crois-moi.

-Mais elle est auprès de lui !

C'est vrai, le blondinet ne s'était peut-être pas montré très enjoué à l'idée de quitter le paradis pour un monde qui leur était inconnu mais jamais il n'aurait pensé que son frère interpréterait cela de cette façon. Il aurait au moins pu lui en parler, en discuter avec lui au lieu de le laisser dans le mensonge. Sora n'était pas quelqu'un comme ça, il devait forcément y avoir une explication ! Roxas refusait de croire que son jumeau puisse l'avoir abandonné. Il avait peut-être l'air très attaché à cet humain mais jamais il ne l'aurait laissé tomber…ce n'était pas normal ! Où était l'erreur ? Qu'avait-il raté ?

-Ce n'est p-pas possible Nami ! Il n'a p-pas pu faire une chose pareille !

-Si Roxas, il est parti.

Non. Non. Non. Non. Naminé mentait, il en était certain. Sora ne lui aurait pas fait une chose pareille, jamais. C'était son jumeau, il ne pouvait pas vivre sans lui. Il lui avait promis de toujours être là. Elle ne savait rien de la relation fusionnelle qui les unissait, elle ne pouvait pas le savoir. Leur lien était plus fort que tout, jamais il ne l'aurait brisé pour un simple humain, Roxas le savait.

-Arrête de te mettre dans cet état. Sora est parti. Pour de bon. Il t'a laissé tout seul. Il est parti sans toi, Roxas, il t'a trahi. Alors s'il te plaît ne te fais pas du mal. Moi je suis là, ajouta-t-elle en le serrant un peu plus contre elle, je ne te trahirai jamais…

Blotti dans les bras de sa cousine, l'ange renifla tout en fermant les yeux : il ne devait pas l'écouter, elle ne savait rien.

-Oublie-le. Lui il t'a déjà oublié.

Non, stop.

-Il a rejoint cet humain, tu n'es plus qu'un souvenir pour lui.

Ça suffit.

-Il ne t'aime plus.

-Tais-toi !

(...)

-Tais-toi ! Tais-toi ! Tais-toi !

-Arrête !

Axel eut tout juste le temps d'éviter un coup de poing en pleine figure. Alors qu'il s'endormait peu à peu contre le torse du blond, celui-ci avait commencé à se débattre de plus en plus violemment, le repoussant loin de lui. Voyant que cette fois, l'ange ne se calmerait pas si facilement, il s'assit à califourchon sur ses cuisses et coinça ses bras au-dessus de sa tête. Roxas gémit longuement tout en essayant inconsciemment de se libérer de son étreinte mais le maître des enfers ne le laissa pas lui échapper si facilement. Il appuya son torse contre le sien, l'obligeant presque à rester immobile sous le poids de son corps.

-Calme-toi.

-Ce n'est pas vrai ! Il ne m'a pas abandonné, tu mens !

-Roxas, ça suffit maintenant.

Même s'il était bien plus fort que lui, Axel avait de plus en plus de mal à le retenir. Roxas semblait plus mal que jamais et toute cette douleur lui donnait une force qu'il n'aurait jamais imaginé être possible jusque-là. Il se débattait comme un beau diable, comme s'il essayait dans son sommeil de se libérer d'une emprise malfaisante qui refusait de le lâcher. Et qui lui faisait peur, qui lui faisait mal. Axel se sentait presque mal lui aussi, comme s'il lui transmettait toute la tension qu'il y avait en lui. Comme si son corps tout entier transpirait son mal être.

-Sora m'aime, il ne m'aurait pas laissé pour lui !

-Roxas, réveille-toi.

Quand finalement Roxas commença à se calmer, Axel en profita pour rouler sur le côté et l'attirer dans ses bras. Contre lui, le cœur de l'ange battait la chamade et son front mouillé de sueur s'était tout naturellement posé contre le haut de son torse. Sa respiration saccadée se répercutait contre sa peau pâle à travers son haut et son corps secoué de spasmes cherchait à présent le sien, comme s'il voulait apaiser ses tremblements par un peu de chaleur 'humaine'. Quand Axel baissa les yeux, il vit que l'ange était réveillé.

-Roxas ?

Dans ses bras, le blondinet sursauta mais ne bougea pas pour autant.

-Est-ce que tout va bien ?

-O-Oui. Désolé de…de t'avoir réveillé.

-Je ne dormais pas, le rassura le seigneur des ténèbres.

Roxas hocha simplement la tête, ayant encore du mal à comprendre ce qu'il venait de se passer : il avait rêvé de Sora et maintenant qu'il était à nouveau conscient, il avait l'impression que son jumeau lui manquait plus que jamais. Son corps était une coquille vide et sans âme sans sa moitié. Alors qu'il reprenait ses esprits, il sentit que la main d'Axel se glissait dans ses cheveux mais il ne dit rien. Il se contenta simplement d'apprécier ce moment de calme et de douceur à sa juste valeur. Le maître des ténèbres était son ennemi, il pouvait décider de sa mort n'importe quand mais en ce moment même, Roxas s'en fichait. La seule chose qu'il voulait, c'était oublier.

-Tu veux en parler ?

-Non.

Axel enroula une mèche de cheveux blonds autour de son index et posa son menton sur le haut du crâne de l'ange qui était encore étroitement serré entre ses bras. Ses longues ailes blanches trainaient derrière lui et ainsi, dans le noir, une lueur brillante au fond de ses yeux tristes, il le trouvait étonnamment beau.

-D'accord, dit-il finalement, tu veux quand même que je dorme avec toi ?

-Oui, reste.

Roxas toujours fermement accroché à lui, c'est presque tout naturellement qu'Axel entoura son corps fin, laissant ses grandes ailes blanches lui chatouiller les doigts et, petit à petit, il ferma les yeux. S'il avait déjà passé de nombreuses nuits dans le lit de Saïx, c'était la première fois qu'il s'endormait auprès d'un ange mais cette sensation était très agréable. Pour la première fois depuis bien longtemps il se sentait en paix avec lui-même. La respiration du blond se fit plus régulière et très rapidement, ils sombrèrent tous deux dans un lourd sommeil.


-Zexion ! Zexion ! Zexion ! Zexioooooon !

-Fiche-moi la paix, Dem, grommela le juge en repoussant d'un geste las le jeune homme qui se tenait au-dessus de lui.

-Mais Zexiooooon ! C'est vachement important, ce que j'ai à te dire !

-Ca attendra que mon cerveau se mette en marche.

-Axel a dormi avec Roxas !

-Quoi ?

Comment mettre un cerveau en marche en moins de dix secondes façon Demyx. A présent Zexion était bel et bien réveillé et il le regardait d'un air hébété, ce qui ne lui ressemblait pas. Le juge n'était jamais étonné, jamais content, jamais triste, jamais soucieux, jamais inquiet. Bref, habituellement, Zexion était parfaitement impassible mais là, Demyx avait touché un point sensible : la relation d'Axel et de l'ange qu'il avait recueilli. Les rumeurs allaient bon train à leur sujet et chacun avait un avis bien tranché sur la question : certains pensaient que leur maître était tombé sur la tête et devait être puni pour les avoir tous trahis…oui, mais qui aurait bien pu le punir, puisqu'il était tout puissant ? Et d'autres, eux, étaient persuadés que Roxas avait usé de la sorcellerie pour envouter leur chef.

Zexion faisait partie de ceux qui ne voyaient aucune excuse à la trahison de leur seigneur : Roxas était un être à éradiquer tout simplement. Pas de chichis, pas d'entourloupes, pas de simagrées. Adieu Roxas et bonjour oh retour de la tranquillité. Parce que l'air de rien, même s'il se faisait très discret, Roxas faisait énormément parler de lui. C'était le sujet de conversation favori de tous les petits curieux des enfers. Perdu dans ses pensées, Demyx hoqueta quand Zexion l'attira par le col de son t-shirt pour l'attirer tout près de lui. Vraiment tout près de lui. Tellement près que Demyx arrêta de respirer pendant plusieurs secondes.

-Dis-moi tout de suite ce que tu as vu.

-Tu m'embrasses si je te le dis ?

-Non, ajouta-t-il avec un sourire en coin, mais si tu ne me le dis pas je pourrais devenir très dangereux.

Demyx lui sourit tout en se dégageant un peu de son emprise : il aimait beaucoup cette nouvelle proximité avec son fantasme vivant, mais pas quand il le regardait de cette manière. Comme s'il était prêt à lui arracher les yeux s'il essayait de se défiler. Assis en tailleur face à lui, il lui expliqua ce qu'il venait de voir : Axel – LEUR maître si froid, si autoritaire, si intimidant, si…hum, bref, Axel donc- dans les bras de Roxas. Leur ennemi. Et ce n'était pas une malencontreuse petite embrassade, non, ils étaient vraiment bien enlacés. Comme un vrai petit couple.

-Tu me fais marcher.

-Je te promets que non !

-Ce n'est pas possible, tu te moques de moi !

-Viens voir, puisque tu refuses de me croire.

En moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire, Demyx trainait derrière lui un Zexion mécontent d'être tiré du lit avec si peu de cérémonie. Le punk lui fit signe de se taire, craignant de s'attirer les foudres de leur seigneur si jamais ils le réveillaient. Alors tout doucement, presque sur la pointe des pieds, ils pénétrèrent dans la chambre de leur maître, qui restait – à tort- toujours ouverte. Si Demyx ne lui avait pas plaqué une main sur la bouche, un horrible juron aurait traversé la barrière des lèvres de Zexion. Il n'en croyait pas ses yeux : devant lui, Axel et leur ennemi juré dormaient paisiblement l'un contre l'autre. Comme si c'était la chose la plus naturelle au monde. Mais ce n'était pas normal, pas du tout !

Il venait à peine d'arriver et voilà déjà que ce blondinet aux airs faussement angéliques parvenait à retourner le cerveau du plus puissant des leurs. Ils devaient se débarrasser de lui et vite avant que les choses deviennent ingérables. Zexion l'avait toujours su, qu'ils auraient dû en faire de la pâtée pour Cerbère dès le début. Maintenant c'était déjà presque trop tard et leur maître était déjà sous le charme de ce…de cet…d'un ange ! L'heure était grave, il devait réunir les autres spectres et établir un plan d'urgence.