Titre : Si j'avais su…

Résumé : Sur le tournage de Nobuta wo Produce, un harcèlement non soupçonné, un Jin un peu trop protecteur, et tout fini par éclater.

Disclaimer : Ces jeunes hommes ne m'appartiennent malheureusement pas.

Rating : M (âmes sensibles s'abstenir merci)

Enfin voici le dernier chapitre de cette courte fiction. Il est légèrement plus long que les précédents, en espérant que vous apprécierez !

***

Kame se débattait de toutes ses forces, priant pour sortir de ce cauchemar le plus rapidement possible. Devoir sucer l'homme en face de lui était une chose aussi ignoble soit-elle, mais se faire toucher en contrepartie en était une autre totalement inacceptable et impensable. C'était la goutte d'eau qui fait déborder le vase, rien ne pouvait lui paraitre plus répugnant encore que ça. Taisuke, choqué par le soudain rejet n'apprécia pas ce revirement de situation et tenta tant bien que mal de maitriser le jeune garçon d'une main tandis que l'autre était occupée à caresser l'intérieur de ses cuisses, aimant la vision qu'il avait devant lui et se maudissant de ne pas y avoir pensé plus tôt. Et dire qu'il venait de passer des semaines à ses côtés sans avoir songé une seule fois à s'approprier le corps de son acteur. Ou alors il s'était peu à peu entiché de ces formes et son désir avait grandi progressivement jusqu'à devenir intenable et tout bien réfléchi, c'était la première fois qu'il rêvait de coucher avec un homme.

Shh, Kame-chan laisse toi faire, ça va être bon je te le promets, tenta t'il de l'apaiser d'une voix douce.

Non ! Je ne veux pas !

Regarde comme ton corps en a envie, regarde comme tu durcis sous ma main….

Ah !

Les mouvements rapides que Taisuke effectuaient sur son membre le faisait effectivement réagir et il se maudit de s'être retenu si longtemps. Voilà un moment qu'il n'avait pas couché avec quelqu'un et cela devenait de plus en plus flagrant entre les mains du plus âgé qui se délectait du spectacle offert. Kame tremblait, essayant de rassembler toutes ses forces pour remballer ce désir qu'il ne pouvait nier, tentant de repousser cet homme qu'il ne voulait pas, ce n'était pas lui qu'il voulait. Mais ce n'était qu'une question de temps avant qu'il ne craque, de plus en plus épuisé par les efforts constants qu'il fournissait. Sa tête commençait à tourner dangereusement et sa vision se troublait par à coups. Ainsi lorsque Taisuke vit les larmes perler au coin des yeux de son protégé, il sut qu'il avait quasiment gagné. Le grand, le caractériel et l'intouchable Kamenashi Kazuya avait craqué.

Pou…pourquoi, articula Kame entre deux sanglots.

Parce que t'as un corps baisable mon petit, fit sensuellement le directeur en le masturbant plus violemment, arrachant des gémissements de plaisir et de douleur au plus jeune. Aller viens, libère toi.

Non…ah…pitié…aaah….

Viens pour moi, l'encouragea Taisuke, frustré qu'il se retienne autant.

Aaaah…Jin !

Taisuke s'arrêta brutalement, la stupeur puis la colère passant successivement sur son visage. Il fixa le jeune garçon sous lui qui avait plaqué une main sur sa bouche, le regard horrifié. La fureur monta lentement jusque dans l'esprit du plus âgé qui l'attrapa par le cou et le souleva à demi, enserrant de plus en plus sa prise sur la silhouette frêle, perçant de ses ongles la peau fine. Kame s'agrippa désespérément au poignet de son agresseur, suffoquant sous l'emprise mortelle.

Jin hein, c'est à lui que tu penses quand je te fais ça ?! Répond !

Taisuke le rejeta violemment au sol, laissant la tête de son vis-à-vis baigner dans son propre sang tandis qu'il crachait ses poumons en quête d'air.

Répond !

Ce…ce corps…n'est pas…pour toi, fit furieusement Kame en tentant de vaincre son souffle saccadé et ce mal de tête qui l'assaillait progressivement, obscurcissant son esprit.

.

Je…je le donnerais à Jin et à personne d'autre !

Urusai !

Le coup de poing parti, manquant de le faire tomber dans les pommes.

Jin ? Ne me fais pas rire ! C'est un gars qui ne te considère que comme son pote et qui ne toucherais pour rien au monde quelqu'un comme toi pour la simple et bonne raison qu'il aime sûrement les femmes, les femmes belles et bien foutues. Et toi, tu es sale, pathétique, répugnant et tu ne signifie rien à ses yeux !

J'irais lui dire ! Je lui dirais que je l'aime ! Et peu importe si ce n'est pas réciproque, c'est toujours mieux d'attendre sans espoir que de coucher avec quelqu'un comme toi !

Sa fierté avait fondu comme neige au soleil et il se sentit soudain mieux d'avoir laissé sortir ces mots qu'il retenait depuis si longtemps. Jamais il n'avait avoué à quiconque ses sentiments pour Jin, bien trop inquiet des conséquences qui pourraient en résulter pour le groupe si jamais il se faisait rejeter.

Tu vas regretter ça.

Taisuke ne prit pas le soin d'humidifier sa main et rentra brusquement deux doigts dans l'intimité du châtain, les enfonçant plus loin en faisant abstraction de la résistance de la chair et en les bougeant sauvagement à l'intérieur sans se préoccuper du sang que ses actions amenait. Kame cru que son corps venait de se déchirer en deux. Jamais il n'avait ressenti pareille douleur, jamais personne ne l'avait touché à cet endroit et jamais il n'avait poussé de tels hurlements d'agonie. Il cria, supplia son bourreau d'arrêter cette torture. Taisuke lut la souffrance sur chaque parcelle du visage du jeune garçon, sentit le sang qui coulait sur ses doigts, entendit les hurlements de douleur et de désespoir, vit les larmes qui cascadaient sans retenue sur ses joues d'une pâleur extrême et il éclata de rire, d'un rire froid et cruel.

Kazuya !

C'était pire que dans ses plus vils cauchemars, et son sang se glaça tandis que ses poings se serraient contre ses cuisses. Cet homme qu'il avait côtoyé toute la journée, cet homme qui avait la responsabilité du drama et qui passait chacune de ses journée auprès des acteurs et de son ami était actuellement allongé sur son Kazuya, les mains posées à des endroits de son corps qu'il ne lui avait encore jamais donné l'occasion d'admirer. Pire encore, le visage strié de larmes et crispé par la douleur du plus jeune lui fit l'effet d'une lame le transperçant de part en part. Ces yeux humides emplis d'eau salée et de peur, ces lèvres sensuelles déformées par le dégoût et la détresse de ses cris, la scène éveilla la violence de ses sentiments qui cogna comme un marteau contre son cœur et il réagit violemment, traversant la pièce en un rien de temps, supprimant la distance qui le séparait des deux garçons en un éclair. Taisuke eut tout juste le temps de voir Jin que celui-ci l'avait empoigné par le bras, relevé et l'avait envoyé d'un coup de poing vif et agressif rencontrer le mur d'en face où il s'écrasa brutalement. Mais Jin n'allait pas se contenter de ça, il allait lui réduire le crâne en bouillie, le faire hurler jusqu'à ce qu'il le supplie de l'épargner, et alors à ce moment il pourrait lui éclater la tête et faire en sorte qu'il ne puisse plus jamais se montrer en public, il le ferait saigner à mort, d'un sang de la même couleur que celui qui coulait à ses pieds, et ensuite…le sang…Kame…il crut que son cœur allait s'arrêter de battre. Jin fit volte-face et s'agenouilla précipitamment auprès du châtain, lui relevant la tête et cherchant délicatement la blessure qui se révéla être une vilaine entaille. Kame gémit de douleur quand son ami effleura la zone sensible et Jin le prit dans ses bras, serrant le corps frêle contre lui dans l'espoir de lui insuffler un peu de chaleur.

Jin…go…gomenasai, sanglota le plus jeune en s'accrochant désespérément à son tee-shirt, le corps secoué de tremblements incontrôlables.

Shh, de quoi tu t'excuses idiot, le rabroua faiblement Jin, sentant sa colère disparaitre aussi vite qu'elle était venue. Pourquoi tu ne m'en as pas parlé…

Je…je ne pouvais pas…, hoqueta Kame. Il a menacé…de faire du mal… à Yamapi…et aux autres….

C'est fini maintenant, je vais t'amener à l'hôpital et tout ira bien.

Jin !

Yamapi débarqua essoufflé, dans la pièce et ses yeux s'agrandirent d'horreur devant le spectacle morbide qui lui était offert. Son ami leva la tête dans sa direction et le voyant immobile dans l'embrasure de la porte, le soulagement l'envahit mais pour un court laps de temps.

Appelle une ambulance, vite !

Une….

Tomo-kun on n'a pas le temps ! Dépêche-toi !

J'y cours !

Le brun ne se le fit pas répéter deux fois et reparti dans le sens inverse en courant, se remettant difficilement de ce qu'il venait de voir. Tout ce sang, ce liquide indispensable qui quittait progressivement l'enveloppe charnelle de son ami, il n'aurait jamais cru voir ça un jour. Mais ce n'était pas le moment de s'y attarder, la vie de son ami dépendait de la rapidité à laquelle les secours arriveraient, et malgré le choc que cela lui avait fait, il réussit à mettre ces images dans un coin de sa tête, se concentrant sur sa mission principale et pour le moins primordiale. Un chapelet de jurons lui échappa en pensant que les téléphones portables n'étaient pas admis dans l'enceinte du lieu de tournage, ce qui lui coutait de précieuses secondes pour aller jusqu'à l'entrée récupérer le sien. La peur s'insinuait lentement dans son esprit en pensant à ce qu'il pourrait se passer s'il n'arrivait pas à contacter les secours à temps. Une dizaine de scénarios différents plus impensables les uns que les autres lui traversèrent l'esprit, mais tous aboutissaient à une seule et même conclusion : la mort de Kazuya. « Impossible » lui hurla sa conscience, il ne pouvait pas imaginer des choses pareilles car cela n'arriverait pas, jamais. Aussi longtemps que lui, Yamashita Tomohisa, vivrait, aucun de ses amis ne mourrait, il s'en fit la promesse solennelle.

***

Jin !

Le brun poussa un grognement de douleur quand son dos heurta à son tour le carrelage froid du mur où il se retrouva plaqué, la respiration coupée. Taisuke abattit de toutes ses forces la barre de fer qu'il tenait à bout de bras dans l'estomac du garçon qui ne pu éviter le coup et plia en deux sous le choc. Ses yeux se posèrent sur Kame qui tentait de se relever pour lui porter secours avant de s'écrouler lourdement au sol quand le deuxième coup fut porté, crachant et toussant à perdre haleine, la respiration sifflante. Satisfait, le directeur lui lança un regard triomphant et méprisant au garçon affalé sur le carrelage immaculé qui se tenait les côtes, la bouche tordue en une grimace de douleur alors que ses cheveux désormais trempés à cause des vapeurs d'eau dégoulinaient sur son visage. Malgré ça il continuait de le fixer d'un regard noir brulant d'une rage hors du commun, arrachant à Taisuke un rictus mauvais.

C'est tout ? Le combat est déjà fini ?

Va te faire foutre !

Tant de vulgarité sortant de lèvres si pulpeuses…tu veux peut-être prendre la place de ton ami ? Ricana le plus âgé.

Laisse-le en dehors de tout ça !

La protestation était faible mais contenait toute la détermination nécessaire pour qu'on comprenne que ce n'était pas des paroles en l'air. Kame tentait de se relever, s'appuyant comme il le pouvait sur ses jambes tremblantes qui le firent vaciller légèrement. Il était nu, trempé, vidé de toute énergie et du sang coulait lentement le long de son cou et de ses cuisses, mais il avança d'un pas chancelant en leur direction, ses yeux bruns légèrement voilés fixant le directeur avec intensité.

Oh ? Tu ne veux pas que je touche ton ami, Kame-chan ? Où devrais-je dire, tu ne veux pas que je touche l'homme dont tu es si amoureux ?

Kame tressaillit mais soutint le regard de l'homme, évitant à tout prix de croiser les yeux ronds de Jin qui s'étaient posés sur lui, intrigués et quelque peu déboussolés par ce qu'il venait d'apprendre.

C'est fini, tu ne peux plus rien.

C'est ce que tu crois, mais le jeu n'en est qu'à la moitié mon petit.

Il éclata d'un rire mauvais et se dirigea vers Kame d'un pas assuré, alertant le garçon qui recula presque instantanément. Pourquoi ne s'enfuyait il pas alors que de renfort allait arriver d'un instant à l'autre ? Pourquoi s'acharnait-il autant sur eux ? Qu'avaient-ils fait pour mériter ça ? Taisuke vit les interrogations muettes qui brillaient dans les yeux de plus en plus voilés du jeune et un sentiment de puissance extrême l'envahit.

Kame va t'en !

Le cri de Jin mourut dans sa gorge quand malgré tout le directeur se saisit brusquement de l'acteur et plaqua le dos de Kame contre son torse, serrant la barre de fer contre son cou pour l'empêcher de fuir. Il tenta de crier, de se dégager mais rien n'y faisait, il était beaucoup trop faible. Ses mains se refermèrent compulsivement sur la barre dans l'espoir de pouvoir la desserrer, mais l'autre ne l'entendait pas de cette oreille et raffermit sa prise, se tournant vers Jin avec un rictus. Le brun le fusilla du regard et se remit sur pied tant bien que mal, s'appuyant d'abord contre le mur avant de pouvoir tenir debout seul.

Pourquoi vous faites ça ? Demanda t-il froidement, la mâchoire crispée.

Pourquoi ? Parce que vous m'avez tout pris !

On ne vous connaît même….

Ma femme est morte ! Elle a couché avec un garçon de votre foutue compagnie et elle m'a quitté ! Mais avec ça elle a emporté mes deux enfants avec elle dans sa tombe sans même que je sois au courant ! Le pire dans tout ça, c'est que c'est un membre de votre misérable groupe. Vous et vos belles gueules, vous ne servez que de distraction pour le monde et vous foutez de tout, détruisant des familles sur votre passage parce que vous vous croyez tout permis et couchez avec n'importe qui ! Elle m'a trompé et quitté parce qu'elle ne se supportait plus d'avoir fait ça, elle s'est suicidé en disant que je méritais mieux qu'elle et les pathétiques créatures qu'elle avait fait naitre ! Vous ne comprendrez jamais à quel point ma vie s'est brisée ce jour là !

Jin ne savait que dire après avoir entendu ça et resta silencieux, se concentrant sur le visage de Kame qui palissait à vu d'œil et respirait laborieusement. Il fallait qu'il fasse quelque chose, cet homme avait perdu la tête et était devenu fou, aveuglé par son amour perdu à cause d'un acte qu'eux n'avaient pas commis.

Pourquoi lui ? Continua Jin en désignant Kame, tentant de gagner du temps en surveillant l'état de son ami.

Je ne travaillais plus depuis quelques temps, me saoulant la gueule dans les bars pour essayer de faire taire cette douleur insupportable que ne voulait pas s'atténuer. Même lorsque j'étais bourré je ressentais un manque, un vide au fond de moi qui restera toujours là. Alors quand on m'a proposé ce travail un an plus tard, je l'ai accepté. Après tout je suis connu, j'ai du talent et je m'étais enfin fait à l'idée qu'il fallait que j'avance. Mais quand j'ai appris que deux membres de la compagnie allaient travailler avec moi, tout est revenu. Kamenashi Kazuya, membre du groupe dont fait parti l'homme qui a fait basculer ma vie en enfer. C'était devenu clair pour moi, il allait compenser l e vide que je ressentais. Kame-chan est à moi maintenant, fit Taisuke en léchant lentement le cou du garçon, jetant un regard de prédateur à Jin qui serra les poings.

Jamais, vous ne pouvez plus….

J'ai toujours de quoi parvenir à mes fins, ne t'inquiète pas pour moi.

Le directeur se pencha à l'oreille de Kame qui pleurait silencieusement.

Je vais te montrer ce que tu as toujours désiré au plus profond de toi, chuchota t'il au garçon qui gémit lorsque la barre se serra encore un peu plus, ne laissant qu'un mince filet d'air passer dans ses poumons. Déshabille toi, ordonna t'il à l'adresse de Jin.

Le cœur de Jin rata un battement et il dut s'y reprendre à deux fois avant que l'information ne lui parvienne correctement au cerveau et qu'il comprenne que c'est à lui qu'on s'adressait, le laissant perplexe. Les yeux de Kame s'agrandirent et il regarda Jin avec effroi, priant pour qu'il ne le fasse pas.

Dépêche toi, on n'a pas toute la journée, grogna le directeur. Tu ne voudrais pas que ton ami meurt étouffé avant ça, ne ?

Jin lui jeta un regard noir et se fit violence pour ne pas se jeter sur lui et lui refaire le portrait, mais avec Kame entre eux c'était impossible. La seule solution était encore et toujours gagner du temps et faire ce qu'on lui demandait si cela pouvait garder son Kazuya vivant. Lentement, il porta les mains à sa chemise et entreprit de défaire un à un les boutons, fixant Kame dans les yeux pendant l'opération, faisant abstraction du lieu et de la position dans laquelle ils étaient. Il faisait ça uniquement pour lui, pour qu'il ne lui arrive rien et qu'il revienne sain et sauf à ses côtés, comme cela aurait dû être le cas depuis déjà bien longtemps. Et apprendre la réciprocité de ses sentiments dans un tel moment lui déchirait le cœur. Il voulait le prendre dans ses bras et l'étreindre, embrasser ces lèvres tremblantes et lui dire que tout irait bien, que leur vie ne faisait que commencer et qu'ils avaient encore tout le temps devant eux pour vivre leur histoire en paix. Il voulait lui hurler son amour et retrouver son co-leader fort et entêté. Le vêtement léger glissa de ses épaules bien bâties et il continua avec son pantalon, défaisant la fermeture avec une lenteur non feinte sans détourner le regard. Il ne savait pas si le rouge sur les joues du plus jeune était dû au manque d'air ou à sa prochaine nudité, mais il donnerait cher pour connaitre la réponse. Le directeur sentait les réactions de Kame et en fut d'une jalousie maladive. Son corps frissonnait et ses yeux partirent à la découverte des jambes du brun, le détaillant plus avidement que jamais malgré l'embrassement qu'il ressentait. Jin jeta négligemment son pantalon et retira son boxer d'un coup, la rage l'empêchant de ressentir une quelconque gêne à se tenir ainsi nu devant deux personnes, même si son ami était également dans sa tenue d'Adam. Taisuke sourit en voyant que le jeune ne s'était pas départi de son air de défit et remarqua alors que Kame avait fermé les yeux, ne pouvant pas supporter d'en voir plus, sa vision le laissant progressivement tomber tandis que ses jambes ne le portaient déjà plus, retenu quasiment que part la barre sous son menton.

Ouvre les yeux !

Taisuke le laissa choir au sol sans ménagement, ce qui surprit Kame qui atterrit douloureusement sur le carrelage face contre terre, manquant de le faire tomber dans les pommes et l'éclaboussant un peu plus de son sang. Jin fit un pas en avant en guise de protestation mais l'autre ne le laissa pas faire et pointa sa barre de fer vers lui, le défiant de s'approcher plus près. Il s'assit à califourchon sur le dos du jeune et l'attrapa par les cheveux pour lui soulever la tête, le forçant à dévisager un Jin qui tremblait de frustration et de rage.

Tu imagines ce corps prendre le tien violement, articula sensuellement Taisuke. T'emmener au septième ciel en s'enfonçant brutalement dans ton intimité encore et encore jusqu'à ce que tu en hurle son prénom à en faire exploser tes cordes vocales ? Sentir son sexe brulant en toi pendant qu'il t'embrassera à perdre haleine comme s'il n'y avait pas de lendemain ?

Kame ne put retenir un gémissement de plaisir et la honte crama ses joues instantanément. C'était la première fois qu'il voyait entièrement le corps de son vis-à-vis et la vue était délicieuse, faisant réagir douloureusement son corps.

Tu en meurs d'envie n'est ce pas Kame-chan ? Sourit cruellement Taisuke.

Pas ça….

Regarde le bien, car quand c'est moi qui te ferais hurler de plaisir, c'est ce corps que tu imagineras et qui tu déploreras car tu sais que tu ne l'auras jamais.

Taisez vous…laissez le en dehors de ça j'vous en supplie !

Combien de fois dois-je te dire de ne pas me vouvoyer ! Gronda le directeur en le frappant brutalement à la tête, lui arrachant un cri.

Arrêtez ! A quoi ça vous mène ?! Rugit Jin en tentant de s'approcher discrètement, sentant que son cœur allait lâcher en voyant que Kame perdait peu à peu connaissance.

Dis lui que tu fais ça pour le protéger, dis lui combien de fois j'aurais pu tuer votre ami brun si tu n'avais pas assouvi mes désirs, déclara Taisuke en fixant Jin dans les yeux. Dis-lui l'effet que ça fait de me sucer, le goût que mon sperme a sur ta langue….

Urusai ! Hurlèrent les deux garçons à l'unisson, le premier en fermant les yeux pour essayer de respirer correctement, son souffle le lâchant peu à peu et le deuxième bouillant d'une rage incommensurable, ses nerfs sur le point de craquer.

C'était trop, c'était répugnant et il ne supportait plus d'entendre tout ce que cet homme avait fait subir à Kame, à l'homme qu'il aimait par-dessus le marché. Il allait avoir sa revanche, dans quelques instants il allait libérer toute sa colère et cet enfoiré en face de lui allait mourir dans d'atroces souffrances. Il attendait le bon moment, celui où l'attention de Taisuke serait réduite et où il pourrait charger sans qu'il ait le temps de faire jouer de son arme. Cependant un coup d'œil vers Kame l'alarma aussitôt et il plongea des yeux affolés dans ceux de l'homme lui faisant face, la panique se lisant avec une évidence déconcertante sur son visage. Mais avant qu'il ait pu prononcer un seul mot, l'autre saisit le jeune par la taille et tenta de le relever sans succès car il semblait au bord de l'inconscience.

Tu vas te mettre debout sale….

Jin craqua et choisit ce moment pour se ruer sur l'homme, misant le tout pour le tout sur cette seule et unique action. Son désir de les sortir de là était brulant. Il voulait que tout redevienne comme avant, qu'ils aillent retrouver Yamapi et qu'ils s'en aillent d'ici, loin de cet homme qui venait de mettre sa vie en bordel. Le coup de poing fut lancé mais rata sa cible sous ses yeux incrédules. Comment ? Mais l'autre ne lui laissa pas le temps de réfléchir plus longtemps et l'envoya à terre avec un coup de barre en travers de l'estomac. Seulement le brun ne s'arrêta pas en si bon chemin et agrippa l'arme de toutes ses forces, le dévisageant avec une rage incommensurable. Un sourire cruel orna les lèvres de Taisuke qui concentra ses forces pour la libérer et lui porter un coup fatal quand un bruit sourd et un horrible craquement se fit entendre. Le bruit résonna dans la pièce et le directeur s'étala au sol, inconscient, sous les yeux ébahis de Jin. Il leva un regard empli d'incompréhension vers la personne qui haletait devant lui et plongea ses pupilles sombres dans celles de Yamapi. Le leader de NewS respirait par à-coups, une chaise dans les mains, la peau moites et les poils hérissée tant l'adrénaline avait été forte. Le soulagement doucha littéralement Jin qui se laissa tomber dans les bras de son ami, son visage se décrispant instantanément. Yamapi l'étreignit avec force, tentant avec peine de se remettre de ce qu'il venait de vivre. La chaise gisait à côté d'eux, tachée de sang par endroits, témoin de toute la violence avec laquelle il avait frappé.

Je suis désolé, tellement désolé….

Yamapi c'est pas de ta faute.

Si j'étais arrivé avant, si j'avais gardé mon portable !

Tu nous as sauvés, tu as fait ce qu'il fallait…Kame….

Jin chercha des yeux le garçon et se précipita vers lui, le prenant dans ses bras et logeant fébrilement le corps faible contre lui. Assit en travers de ses jambes, le bras du brun le soutenant sous les épaules et une main lui caressant doucement les cheveux, Kame reprit lentement conscience. Il ouvrit difficilement les yeux et put bientôt distinguer le visage de Jin penché au dessus de lui. Il eut un faible sourire à cette vision et murmura son prénom avec contentement. L'autre lui rendit son sourire mais ne put éviter des larmes de soulagement de couler en abondance de ses yeux cernés sur les joues pales de son vis-à-vis, embrassant son front en lui murmurant des paroles douces et réconfortantes. Kame leva une main tremblante vers son visage, effaçant maladroitement l'eau salée qui gouttait sur lui et se délecta du contact chaud sur sa peau glaciale.

Jin…je…je ne suis plus un enfant….

De quoi tu parles idiot, murmura Jin. Laisse donc un peu ta foutue fierté de côté et laisse moi faire, pour une fois.

Kame soupira mais son expression relâchée traduit son acceptation. Jin lui sourit tendrement et posa ses lèvres doucement sur les siennes, savourant la sensation de plaisir qui traversa son corps à ce simple geste. C'est à ce moment que Yamapi arriva avec des serviettes et en donna une à Jin, l'aidant à emmitoufler chaudement le plus jeune. Le leader couvrit ensuite à son tour le corps dénudé du brun d'une autre serviette et le frictionna lentement, les mains légèrement tremblantes.

Kame-chan ?

Pi…je t'ai déjà dit…de…de ne pas prendre ce ton….

Si on ne peut plus s'amuser….

Un léger rire envahit la pièce, réchauffant le cœur des garçons. Jin offrit un sourire radieux à son meilleur ami et dégagea quelques mèches du visage de son ami ? Petit-ami ? Soudain Kame commença à trembler légèrement et il emprisonna la main de Jin dans la sienne, attirant son attention.

Kame ?

Jin…je….

Hey qu'est ce qu'il y a ? Calme-toi, s'alarma le brun en serrant sa main.

Tiens bon, les secours arrivent, renchérit Yamapi en s'asseyant à leur niveau.

Tu…tu m'aimes ?

Oui…oui je t'aime Kazuya, alors reste avec moi, j't'en supplie.

J'ai si froid….

Bon sang qu'est ce qu'ils font, cria à moitié le leader de NewS en allant vérifier le couloir.

Je suis tellement…désolé….

Arrête, tu raconte n'importe quoi !

Moi aussi je t'aime….Jin.

Une unique larme roula sur la joue du plus jeune et ses yeux se fermèrent lentement. Le sourire que Jin arborait à l'entente de ces mots mourut sur ses lèvres et il secoua doucement silhouette frêle de son vis-à vis pour qu'il le regarde encore, pour ne pas qu'il s'endorme, seulement ils restèrent fermement clos, son corps se laissant manipuler comme une poupée de chiffon dans ses bras qui l'enserrèrent brusquement contre lui, inhalant son odeur si particulière.

Kame, réveille toi, me fais pas ce coup là, bredouilla le brun contre l'oreille du plus jeune, embrassant sa tempe par la même occasion. Parle moi, dis le moi encore….

Mais l'autre resta inerte contre son torse et Jin resserra sa prise, pressant le corps froid comme la glace contre le sien chaud comme la braise. Il ne prononça plus une parole, ne fit plus aucun geste autre que sa respiration hachée. Le silence s'installa dans la pièce, perturbée uniquement par l'écoulement de l'eau un peu plus loin, lavant le sol blanc, emportant avec elle des filets de sang rouge vif. Des minutes passèrent, si lentement qu'elles semblaient comme des heures pour Jin. Chaque seconde était plus douloureuse que la précédente, compressant affreusement sa poitrine dans sa cage thoracique. Plus rien, il n'entendait plus rien, comme s'il était devenu sourd, comme s'il avait toujours été sourd. Il n'entendit pas Yamapi revenir, entrer dans la pièce comme une furie totalement essoufflé et se précipiter vers lui, tombant à genoux.

Jin les secours sont là, ils arrivent !

.

Jin ?

Ce n'est pas ta faute Pi, tu n'y es pour rien.

Oi bakanishi qu'est ce que tu….

Tomo-chan, tu m'as sauvé la vie, mais je….

Ne dis rien, l'arrêta Yamapi de plus en plus inquiet.

Il posa ses yeux sur le jeune qui avait apparemment sombré dans l'inconscience et afficha un sourire emplit de tristesse. Cependant les mouvements de Jin étaient de plus en plus fébriles, saccadés et un sanglot lui échappa, secouant ses épaules de spasmes incontrôlables. Il resserra son emprise sur le corps qu'il tenait contre lui et posa ses lèvres sur celles glaciales de son cadet, laissant ses larmes chaudes tomber à nouveau sur son visage et couler sur ses joues de porcelaine. Yamapi ne comprenait pas l'état de son meilleur ami et il prit une des mains de Kame dans les siennes pour la réchauffer et l'aider à tenir encore quelques instants. Cependant la réalisation le cloua sur place, ses yeux grands ouverts reflétant l'effroi qu'il venait de ressentir. Ses doigts glissèrent sur la paume et allèrent serrer son poignet dont le pouls était inexistant. Il releva la tête. Jin qui pleurait. L'eau de la douche qui coulait toujours. Jin qui résistait contre les secouristes qui tentaient de l'éloigner. La buée qui stagnait tel un brouillard permanent autour d'eux. Jin qui posa ses yeux dans les siens. Le sang qui coulait sur le carrelage froid. Le vide dans les pupilles de Jin. La main inerte qui retomba au sol. Yamapi hurla.

***

END

Au départ je ne pensais pas à ce genre de fin, mais c'est venu tout seul. Mais j'ai possibilité de faire un épilogue pour ceux que ça intéresse ^^.

Alors, épilogue ?