Chapitre 4
Dean s'écrasa rapidement sur le premier lit le plus près de la porte de leur chambre. Sans ménagement, il lança ses chaussures dans un coin de la pièce et s'installa plus confortablement sur son espace de repos. Lui et son frère avait passé le restant de l'après-midi à essayer de trouver différentes tactiques qui résoudraient les problèmes auquel ils faisaient face. Après plusieurs heures à se creuser les méninges et à faire des recherches sans succès, les deux Winchester étaient crevés. Ils avaient donc quitté le domicile d'Audrey et Laurence en leur inculcant des notions élémentaires de protection contre le démon qu'ils avaient rencontré et s'était arrêté au motel le plus près.
Sam s'assit lui même sur son lit et à ses sourcils froncés, Dean devina que son frère pensait encore intensément à la situation.
Tu sais Sammy, c'est pas parce qu'on a une nouvelle sorte de job qu'il faut être aussi soucieux lui lança Dean.
Je ne vois pas de quoi tu parles en disant que c'est une nouvelle sorte de job.. Tuer ce démon va être difficile mais on a fait pire..
Pas cette job là que je parle Sam; mais bien d'amener ta belle Audrey sous la couette avec toi. J'ai raté ma propre chance, essaie de ne pas en faire autant!
Non mais t'es vraiment qu'un con, ces filles sont en danger et tu penses qu'à ça?
Bah non, on détruit l'enfoiré au yeux noirs puis après on s'amuse, tu veux jamais de mes trucs mais...
Soyons sérieux Dean, coupa le frère cadet, les deux filles sont dans un sale pétrin et on ne sait pas du tout comment les en sortir. Ce démon est très dangeureux et jamais je n'ai entendu parlé du fait qu'on peut transmettre un don d'une personne à une autre...
On n'aura qu'à demander à Bobby demain s'il en sait quelque chose, il a toujours des livres anciens qui contiennent pleins d'information utiles. Pour le démon, avant de franchir les barrières de l'appartement, on aura un appel des filles et on se rendra illico-presto sur place pour le zigouiller avec le colt.
Si seulement tout était aussi simple soupira Sam.
Coucher avec une fille est beaucoup plus réaliste.
Ferme la, Dean.
Laurence regardait avec détachement les volutes d'humidité qui montait lentement au plafond de la salle de bain. Elle s'enfonça un peu plus pronfondément dans le bain d'eau quasi bouillante qu'elle s'était concoctée et la fatigue lui rapella qu'elle avait nettement besoin d'un peu de sommeil. Elle ignora ce que son corps lui demandait car elle savait d'avance que si elle s'étendait, ce ne serait pas repos qu'elle aurait mais plutôt les mêmes pensées qui la tarauderait toute la nuit comme elles le faisaient depuis des heures. Ce ne serait pas mieux dans ses prochaines heures de travail, la nuit à l'hôpital serat longue...
Les frères l'avaient très bien aidées elle et Audrey , Laurence ne pouvait pas le nier. Leur appartement ressemblait plus à un mur de grafiti avec tout les symboles qu'il y avait d'écrits, mais elle s'y sentait quand même un peu plus en sécurité. Tout au long des dernières heures, Dean et Sam, patients avaient expliqués les bases de comment se protéger contre les démons. Laurence se sentait mieux outillée mais pourtant, les connaissances qu'elle venait d'acquérir lui foutait la trouille. Ce qu'elle aurait voulu que guider encore des esprits innofensifs vers le paradis!
Laurence soupira et rajouta de l'eau chaude à son bain; elle voulait à tout prix allonger le temps qu'il lui restait avant qu'elle dévoile à Audrey que l'esprit de John Winchester était venu la voir.
Vous, vous êtes.. ?
On ne peut pas nier les airs de famille chez les Winchesters, il est vrai. John Winchester se présenta l'esprit, enchanté.
Laurence frissonna et détourna le regard. Sa colère contre Dean la taraudait toujours et elle n'avait pas envie de discuter avec le père des deux frères. Elle se doutait bien qu'il allait lui demander de travailler avec ses fils et cette manigance bien connue des esprits finirait par la faire exploser.
Aller manipuler quelqu'un d'autre, Monsieur Winchester, murmurra t-elle tout bas pour éviter que les visiteurs du parc la prennent pour une folle.
Je pourrais bien, mais j'aimerais que vous veniez me rejoindre avec Audrey dans quelques décennies plutôt que quelques jours.
Les esprits ont un fabuleux don pour dire des phrases à prendre au sérieux dans des moments sut alors qu'elle était acculée au mur. Et cela ne lui plaisait pas, mais alors pas du tout. Elle devrait écouter l'esprit et probablement travailler quelques temps avec les deux frères pour se protéger du démon qu'elle venait de voir. Elle sortit avec des gestes rapide son cellulaire et fit semblant d'amorcer une conversation; c'était le meilleur moyen, grâce à la technologie, de parler à un esprit et que les autres n'y voient que du feu.
Vous êtes venu chercher votre don? Dit Laurence d'une voie sarcastique.
Ne t'inquiète pas, il était tien dès que Luc t'a vu, même si j'étais vivant, il ne me l'aurait pas légué.
Alors pourquoi a-t-il quand même envoyé une lettre?
Pour m'attirer sur son lit de mort et dire qu'un au revoir; les chasseurs se sentent seuls Laurence, il n'y avait plus personne à ses côtés. Quitter en compagnie d'un chasseur aurait été une mort plus noble pour lui.
Laurence regarda John droit dans les yeux et remarqua le même air mesquin que Dean pouvait afficher. Elle détailla le visage de l'homme une seconde et ne put s'empêcher de se dire que la beauté des frères Winchester ne tenait pas du voisin. John lui fit un large sourire et lui dit, taquin:
Dommage que je sois mort, mais Dean est un très bon parti, lui aussi.
La jeune femme sentit le feu lui monter aux joues et elle se maudit intérieurement; elle oubliait toujours que les esprits pouvaient lire dans ses pensées. C'est d'ailleurs comme cela qu'ils savaient qu'elle les voyait car automatiquement lorsqu'elle en remarquait un, il se retournait, étonné d'entendre parler de lui-même et la retrouvait facilement.
Votre fils n'est qu'un enfoiré, rétorqua t-elle.
Dean protègera au péril de sa propre vie ceux qu'il considère innocents bon gré mal gré, tout comme son frère Sam. Même si tu l'envoie paître, ils vont revenir à votre insu et vous protéger. Comment pensez vous que les visites d'esprit malins et les crises de panique d'Audrey ont cessées tout d'un coup alors que ça s'intensifiait?
Laurence resta bouche bée un instant. Elle regarda au loin et pensa un moment à la nouvelle perspective des frères qu'elle avait devant elle.
Ce n'est que le début Laurence, le fait que Luc vous a donné un don a éveillé la curiosité de personnes malsaines, la nouvelle s'est répandue comme une trainée de poudre dans l'eau-delà. Ceci ne s'est presque jamais produit et le premier qui mettra la main sur la manière de procéder aura un effet d'envergure s'il a des idées noires pour bouleverser le monde. Il te faudra être sur tes gardes Laurence.
Et pourquoi? Si personne ne le sait ou presque depuis des années...
Luc vous l'a donné alors qu'il était sur le point de mourir. Il ne faut pas beaucoup de quotien intellectuel pour vouloir essayer cette méthode en te mettant au même stade pour quérir tes deux pouvoirs... Je ne dis pas que tu vas devoir te cacher comme une ermite pour le restant de tes jours, mais comme ce sont les démons les plus vivement intéressés par toi, il faut que tu saches comment t'en défendre. Si tu leur laisse une chance, Dean et Sam t'aideront, même si cela ne te plaît pas.
Je vois donc que je n'ai pas le choix.
On ne peut pas tout faire ce qu'on veut Laurence, surtout pas quand on rentre dans ce monde..
Gardez votre morale pour vous, je n'ai rien demandé à personne!
Pense tu que j'ai souhaité le décès de ma femme?, dit John, d'une voix éteinte.
Les regards entre le mort et la vivante se croisèrent à nouveau et la peine que lut Laurence dans les yeux du père Winchester la toucha droit au coeur. Elle comprit sans que John le dise qu'il lui demanderait si elle était prête à voir la même chose à un de ses proches, notamment Audrey. Juste à y penser et sa gorge se serrait sous la panique.
Me laissez vous le droit d'envoyer votre fils vous voir dans les prochaines années, pour l'éternité?
Seulement si tu ne leur dit pas que je t'ai visité.
Mais.. Mais pourquoi? Les proches des décédés ont besoin d'avoir leurs messages, vous ne pourrez me contredire là-dessus.
Laurence, j'ai trouvé un moyen sans me faire tuer par tout les démons que j'ai envoyé en enfer pour venir te voir et si mes fils le savaient, ils essayeraient de me rejoindre par ton intermédiaire. Cela se fait, mais d'une manière qui me metterait à la vue de tous et je doute que j'en sortirais vivant et que quelqu'un prend ma place. Crois moi, tu ne veux pas être possédée.
Ils vont me tuer de leur cacher cela, John.
C'est mieux ainsi.. Je dois rentrer, je ne sais pas si je vais pouvoir revenir, bonne chance, et attend avant de m'envoyer Dean, il a encore besoin de maturer ici bas.
Laurence accorda pour la première fois un sourire à John et se dit qu'elle se serait sûrement bien entendue avec l'homme, pas mal mieux qu'avec Dean, ça c'était certain.
Ne me tente pas à rester plus longtemps, la taquina John en disparaisant peu à peu.
Laurence sursauta un peu et se dit qu'elle devrait vraiment faire taire toutes les pensées qui lui trottaient dans la tête. Avant de fermer son cellulaire, elle ne put s'empêcher de redire la même phrase pour le départ de l'esprit que celle qu'elle avait prononcé quelques minutes plus tôt:
Maudit soient les Winchesters.
Et alors, il ne faut pas du tout leur dire? Demanda Audrey
Rien, nada. J'espère te faire confiance Audrey.. Même quand Sam va te le demander en te regardant droit dans les yeux et que tu pourras même plus répondre de tes autres actes, il faut que tu restes forte !
Mais tu vas bien arrêter !
Ça sent le ''je-vais-devoir-endurer-ce-Dean-pendant-une-journée-complète-car-les-tourtereaux-vont-occuper-l'appartement'' bientôt.
Non mais t'es vraiment imbécile Laurence Côté !
Bah quoi, faut bien se détendre non? Dit Laurence d'un ton plus sérieux, on risque d'avoir de sérieux problèmes Audrey.
Tu t'es toujours foutu dans la merde Laurence et moi je t'en sortais, ça sera juste un plus gros problème à surmonter à quatre cette fois-ci.
Qu'est ce que je ferais sans toi Audrey?
Tu serais présentement en retard pour aller travailler cette nuit, allez, allons nous changer en espèrant que les médaillons pour ne pas être possedée qu'ils nous ont donnés fonctionnent bien.
Malgré le fait qu'il était tard dans la journée, l'humidité étouffante d'une journée d'été suiva une brunette et une blonde dans le petit restaurant de fast-food qui essayait de conserver une température froide tant bien que mal grâce à un climatisateur prêt à rendre l'âme d'une minute à l'autre.
La serveuse salua les deux femmes et les invita à prendre la table qu'elle leur présentait. La brunette refusa gentiment et lui indiqua que les deux hommes situés au fin fond du restaurant les attendaient. La blonde emprunta le pas à son amie qui se faufilait entre les chaises et ne remarqua pas le regard d'envie que la serveuse leur lança.
Contentes d'être encore en vie? Lança Dean quand Audrey et Laurence purent l'entendre.
J'ai passé une nuit exécrable au boulot et une incapacité totale à dormir, mais apars cela, ça va très bien lança sèchement Laurence,on peut savoir pourquoi vous nous avez demandé de venir?
On a trouvé une job, pas loin d'ici, dit Sam.
Une job? Demanda Audrey, un tantinet inquiète.
Vous nous avez demandé comment combattre les démons, autant aller sur le terrain! Nargua Dean.
Quoi, couina Laurence, c'est une blague j'espère !
Hé non, leur dit-il en leur lançant un journal du jour ainsi que plusieurs articles datant de dates diverses.
Lorsque les deux filles observèrent les pages des journaux et y lirent les lignes principales. Plusieurs personnes avaient été tués de manière violente, toutes près du même quartier centenaire et de manière semblables. Les seules différences notables entre les articles étaient la date d'émission: le même scénario se répétait mais dans des décennies différentes.
Et comment vous êtes aussi sûr que ce soit une job, dit Laurence en butant sur ce mot qu'elle détestait déjà.
Un tueur en série humain ne vit habituellement pas cent ans, sauf s'il a commencé en très bas âge et terminé en étant octagénaire dit Sam, c'est une piste parfaite pour un démon.
Mais on a pas assez de boulot avec le démon au tatouage qui nous traque, demanda Audrey.
Notre ami Bobby effectue des recherches en ce moment; on lui a donné pas mal de piste et ça peut prendre des jours avant d'avoir une vraie réponse. Si l'on croise le démon-tatoo, on improvisera lui répondit Dean.
Improviser? Mais vous êtes malade! s'exclama Laurence.
Audrey mit la main sur le bras encore blessé de son amie, l'incitant à se taire. Tout les clients du restaurant la regardait, ainsi que les employés. Elle marmonna qu'elle détestait les endroit publics pour une discussion discrète comme celle-ci. Elle pigea rapidement dans l'assiette de Dean qui défendit vertement son repas. Les paires de yeux braqués sur la table du fond s'estompèrent peu à peu.
Commande toi quelque chose si tu as faim, intima Dean
Soit content que ça a fait diversion lui siffla Laurence.
T'en veux, ils mettent beaucoup trop de patates frites dans leur portions, proposa gentiment Sam à Audrey, esperant éviter l'incendie qui se préparait.
Tu vois, lui au moins c'est un gentleman qui sait plaire !
Je connais d'autre façon de plaire à une femme que de léguer mon assiette, rétorqua le frère aîné.
Le silence se fit autour de la table. Laurence vira cramoisi et Sam leva les yeux aux ciel; il était évident que un jour ou l'autre, son frère lâcherait par idnavertance un commentaire de cette sorte.
Un gars comme toi en serait incapable. Grand parleur, petit faiseur, tu connais ce dicton? demanda douceureusement Laurence.
C'est pas parce que t'es mal baisée que tu dois trouver des remontrances à faire à ceux qui sont satisfait ! Lui répondit Dean.
Ce fut la goutte qui fit presque déborder le vase, si Audrey n'avait pas tapé du poing sur la table de bois qui y gémit doucement.
C'est assez ! Couchez ensemble si c'est pour vérifier vos thèses mais on est ici pour parlez de démons, par pitié !
Laurence regarda franchement son amie, piqua une deuxième fois des frites dans l'assiette à Dean et souria tranquillement au frère aîné.
Je ne couche pas avec des chasseurs, désolé.
Je ne couche pas avec des apprentis médium, désolé, répondit Dean sur le même ton, piqué au vif.
Bon, on partage les tâches pour faire ce job maintenant? Demanda Sam, soulagé que cette tempête-ci soit passée.
Un, je suis ridicule. Deux, ça ne marchera pas. Trois, pourquoi je suis en équipe avec toi, Dean? Demanda Laurence en marchant lentement vers une porte.
Un, tu as l'air en effet ridicule. Deux, ça va marcher si tu te calme. Trois, je suis pris avec toi pour que Sam et Audrey couchent ensemble.
Laurence s'arrêta et regarda Dean derrière de fausses lunettes qui lui donnait un air trop sévère. Il portait le même complet qu'à leur première rencontre et s'était totalement transformé en un charmant journaliste.
Dean, tu pourrais arrêter d'utiliser des termes aussi peu flatteurs? C'est pas parce que toi tu fonctionne aux baises d'un soir que c'est nécéssairement ce que ton frère et mon amie désirent.
L'homme se tourna à son tour vers Laurence et s'empêcha de sourire à son tailleur-jupe noir trop sobre qui lui donnait un air frigide. Il avait maintenant une nouvelle cible à ses tirades, d'autant plus qu'elle réagissait encore plus fortement que Sammy.
Du calme le lion, je blague d'accord? Et on est ici pour interroger ce voisin, pas pour discuter de ce que nos deux tourteraux pensent en ce moment même. Quand et comment ils vont en profiter, je ne veux pas le savoir. Puis t'a pas protesté contre la mise en équipe pas que pour voir mes beaux yeux, n'est ce pas? J'en connais une qui est autant dans le coup que moi.
Très drôle Dean, répliqua sèchement Laurence. Donc, nous sommes deux journalistes du Journal de la Ruelle qui veulent savoir ce qui s'est passé aux environs de la maison. On accentue nos questions sur le surnaturel, sans être trop agressant.
Surtout que ce Monsieur Robert semble peu enclin à de la visite, mais c'est notre seule chance avant ce soir. J'espère vraiment qu'il était avec la victime lors de la dernière attaque du colon fou.
Laurence soupira intérieurement et s'avança avec Dean vers la porte d'entrée. Elle se crispa lorsque le jeune homme appuya sur la sonette. Quand la porte s'ouvrit, elle se détendit un peu; manipuler l'homme louche qui venait de répondre pourrait peut-être être plus facile que prévu.
Tu crois qu'ils vont y arriver? Demanda Sam, assis sur le siège du conducteur.
C'est un miracle que l'un n'ait pas décapité l'autre encore soupira Audrey, profitant du moment de répit qu'elle avait de ces deux là.
Ils suivirent des yeux le couple déguisé qui s'arrêta brusquement au millieu de l'allée de la maison. Les faits et gestes de la brunette et du frère aîné menaçaient une autre incartade imminente.
Laurence est tellement suceptible, commença Audrey.
Et Dean en profite à la moindre occasion termina Sam.
Ils se regardèrent et rirent doucement. Après l'épisode du restaurant miteux, l'équipe s'était rendu à l'apartement des deux femmes pour y travailler en tranquilité. Quelques heures avaient suffit pour que des recherches intensives soient faites et les résultats n'auguraient rien de bon. Si le meurtrier avait été découvert comme étant un ancien colon fou à lier, aucune traces de ses ossements ou de l'endroit de sa sépulture étaient présentes. De plus, la nuit même était la dernière avant une décennie où un affront avec l'esprit était possible. L'entrevue avec le voisin de la maison, qui avait un lien d'amitié avec une des victimes de l'esprit, constituait l'unique et l'infime chance de découvrir où étaient les os de l'esprit-meurtrier.
Audrey jeta un bref regard à Sam. Elle profita du fait qu'il regardait Laurence et Dean commençer à s'engeuler pour détailler une fois de plus son visage. Elle promena son regard sur les yeux bleu-verts qui la transperçaient doucement quand ils la regardaient, puis sur la bouche finement dessinée qu'elle mourait d'envie d'embrasser. Cela faisait un bout de temps que Audrey ne s'était pas intéressé à un membre de la gente masculine et les sensations qui frétillaient dans son corps la fesait trembler. Elle ressentait encore un peu de la méfiance alimentée par Laurence mais celle-ci diminuait peu à peu, remplacée par l'impression d'une douce amitié.
La jeune femme eu l'intuition de tourner la tête, ce qu'elle fit. Elle sentit un regard sur elle et se retint de sourire en remerciant son don de pouvoir détourner la tête à temps. Elle en avait assez de son amie qui la taquinait beaucoup trop à son goût la est certain qu'Audrey adorait Laurence et que le lien d'amitié qui les unissait était indestructible depuis des années mais l'arrivée des deux frères rajoutait un peu de piquant dans leur relation. Laurence bougonnait continuellement sur le fait de faire équipe avec les garçons, mais elle n'était pas stupide au point de refuser leur aide précieuse. La vision d'un rapprochement entre elle et Dean ne s'était pas encore présentée mais Audrey savait qu'un jour ou l'autre, cela allait arriver, même si sa meilleure amie se vantait haut et fort qu'elle coucherait avec un troll avant de le faire avec un vantard comme l'aîné Winchester.
Audrey était contente que malgré l'augmentation du nombre de ses visions, elle les maîtrisait plus; de moments sporadiques dans ses rêves, elle parvenait à les rendre plus reconnaissables. Sans vraiment savoir comment, la jeune femme réussisait à allonger le moment de sa vision jusqu'à parfois avoir un élément clé qui la situait quelque part, que ce soit dans le temps ou à un endroit. L'inconvénient majeur qu'elle désirait améliorer était de ne pas les avoir soudainement, comme c'était toujours le cas. Par contre, de là à savoir comment procéder, elle nageait dans l'incertitude et commençait à penser que c'était impossible.
Au moment même où elle pensait à son don, une odeur horrible de renfermé et de moissisure chatouilla ses narines. Encore une autre, pensa t-elle, et je crois pas que je vais aimer ça !
Qu'est ce que vous voulez, vous?
Le ton aggressif fit penser à Dean sa première incartade avec Laurence. C'était voué à l'échec d'avance, songea t-il. Et Dean détestait l'échec, surtout quand des vies humaines étaient en jeu. Leur dernière carte allait être très difficile à jouer.
Bonjour Monsieur Tom Robert, je me présente, Dean et voici ma collègue Laurence. Nous sommes deux journaliste du journal de la Ruelle. Nous voulons écrire un article sur vous pour notre prochain numéro.
Quelques questions et ce sera terminé, ça ne devrait prendre que quelques minutes de votre temps, continua Laurence.
Dean regarda attentivement Laurence, et vit à sa surprise qu'elle jouait bien le jeu. Totalement détendue, elle souriait à l'homme devant elle avec une certaine confiance. semba hésiter face à l'approche douce de la jeune femme, mais se ravisa aussitôt.
Je n'ai aucune envie de discuter avec vous, de piètres journalistes qui veulent seulement déformer ce qui s'est passé. La police a eu le rapport et c'est maintenant terminé. Dégagez.
Laurence fut rapide et bloqua la porte d'entrée avant que la ferme. Elle obliga l'homme à la regarder dans ses yeux.
Ce n'est pas ce que Mary aurait voulu, Tom.
De quel droit tu peux me dire ça, lui répondit l'homme, le visage ravagé par la douleur.
Se protéger l'un et l'autre, quoi qu'il arrive, sans quoi l'essence de l'amour ne serait pas, cita Laurence mécaniquement, ça ne vous dit rien?
Dean perdit un peu de son sourire. Cela ne faisait absolument pas parti du plan et il trouvait le discours de sa collègue totalement insensé. Pourtant, Laurence avait l'air d'avoir toute sa tête et lorsque Dean regarda , celui-ci semblait étonné et ne tenait pas la porte aussi fermé.
Comment vous savez ça? Balbutia-t-il
Mary est ici, avec moi. Elle veut vous parler et que vous nous aidiez, c'est très important. Nous laissez vous entrer?
Sam exhala un soupir lorsqu'il vit rentrer le couple dans la maison de . La prochaine heure allait être décisive et il savait comment ce job était important pour Dean et lui. Non seulement le démon pouvait faire d'autres innocentes victimes, mais il fallait prouver à Laurence et Audrey que faire ce métier sordide valait la peine et que les deux frères étaient en mesure de les aider. Ce principe très vite assimilé par Audrey, ne l'était pas avec son amie qui tout en n'étant pas fermée d'esprit, démontrait des signes que la confiance n'était pas totalement installé comprenait Laurence et Audrey, qui devaient en avoir plein les bras avec leur don respectifs, même si l'ainé des deux filles prenait la situation beaucoup plus facilement que l'autre.
Il jeta un regard rapide vers Audrey en s'assurant que les yeux bleus ne remarqueraient pas les siens. Le calme de la jeune femme contrastait avec l'exubérance habituelle de son frère et il appréciait cette nouvelle tranquilité. Puis il ne pouvait ignorer le fait que la jeune femme avait un attrait qu'il devait considérer. Sauf que la priorité était au danger des prochaines victimes de l'esprit ainsi que la menace du démon tatoué qui pouvait survenir n'importe quand.
Une inhalation subite de la part d'Audrey le tira de ses pensées. La blonde avait une expression dédaigneuse sur le visage et fronçait les sourcils, le visage crispé. Ses yeux ne fixaient rien et si Sam n'avait pas passé la dernière heure auprès de la jeune femme, il aurait conclu qu'elle était présentement sous l'effet d'une drogue hallucinatoire. Il devina assez vite qu'Audrey était en train de vivre une vision et que mentalement, elle n'était plus dans l'impala.
Sam se demanda bien ce qu'il devait faire et devint tendu. Devait-il parler à Audrey? La secouer? Ou bien ne rien faire et la regarder vivre une expérience qui semblait particulièrement dégoutante? Se souvenant qu'il avait déjà entendu Audrey dire qu'elle pouvait maitriser ses visions, il pris son mal en patience et attendit.
La porte d'entrée s'ouvrit sur des remerciements de la part de . Dean regarda Laurence échanger des derniers mots avec , tout à l'écoute de l'homme en deuil. Elle avait su trouver les mots pour faire l'intermédiaire entre l'esprit et Tom, soutirer les informations nécéssaire et amener Mary à son dernier repos dans le calme et le silence. Ce que Dean savait, l'action, la rapidité, les réflexes, rien de tout cela n'avait servi dans la dernière heure et l'homme détestait se sentir inutile. Mais il se consola intérieurement, c'est ce soir que tout allait se passer et il se demandait comment Laurence allait y réagir.
Les quelques pas entre la maison et l'Impala se firent en silence. Chacun pris place dans la voiture et Dean regarda Sam en disant que les os de l'esprit se trouvaient au sous-sol.
Dans la deuxième pièce, tout au fond, poursuivit Audrey.
Laurence et Dean se retournèrent vivement vers la blonde.
Mais comment tu sais ça toi? Dit Dean
Je l'ai vu. Murmurra Audrey
Et t'aurait pas pu le dire avant? Enfin, le voir avant? Soupira Laurence
Allons nous préparer pour ce soir dit Sam.
Et sans un mot de plus, l'Impala démarra. Le décompte avant minuit approchait.
Laurence, tes ongles rentrent dans ma peau.
Ah, désolé Audrey dit la jeune femme.
Les yeux bleux rencontrèrent ceux bruns de son amie, agrandis par la terreur. Laurence était totalement collée sur Audrey, tenant mollement le pistolet prêté par les frères Winchester. Sam à l'arrière et Dean à l'avant montaient la garde tandis qu'ils pénétraient tous dans la vielle maison poussièreuse.
Je me rappelle que c'est à droite ici, et fait attention à la première marche.
Audrey vit Dean s'arrêter précautionnesement et ne pas mettre son pied dans le trou béant qu'elle avait vu dans sa vision. Il fit signe au reste du groupe de s'arrêter et jeta un long regard dans le sous-sol avec sa lampe torche. Il descendit doucement et cria que la voie était libre. Elle-même se crispa quand elle descendit les premières marches et remarqua le contraste total avec les deux frères qui étaient à l'aise dans la vielle maison décrépie.
Un bruit rythmé se fit entendre et Audrey se demanda ce que c'était. Il s'était fait entendre tout à l'heure mais concentré sur le chemin à suivre et dire, la blonde ne trouvant pas le tintement dangeureux, n'y avait porté attention. Et elle ne l'avait pas vu dans sa vision, mais pas plus que l'esprit. Et si c'était un signe avant-coureur de l'esprit, quelque chose d'essentiel? Elle jeta un coup d'oeil autour d'elle et ne vit rien. Elle se tendit et le bruit s'amplifia un peu, le rythme devint plus rapide.
Laurence, ça va aller d'accord? Lui dit Sam
Audrey jeta un coup d'oeil vers le plus jeune Winchester. Pourquoi lui disait-il ça maintenant? Elle regarda la brune et remarqua qu'elle tremblait de tout ses membres, faisant tinter son bracelet contre le pistolet, ce qui créait le bruit mystérieux. Tout comme elle, Sam l'avait entendu. Elle entoura les épaules de Laurence et lui dit qu'elle était là, ainsi que les deux frères. Audrey savait que cela ne ferait que très peu d'effet mais que Laurence apprécierait ce contact. Levant les yeux, elle vit l'impatience de Dean car le groupe s'était arrêté. Il ne dit rien, voyant que cela augmenterait la tension déjà palpable. La blonde regarda sa montre; 30 minutes avant que l'esprit se réveille pour sa boucherie habituelle. Ils devaient se dépêcher pour faire brûler les os et anéantir le pouvoir du colôn fou avant d'être ses proies.
Une odeur de moissisures se fit sentir et Audrey sut qu'ils étaient proches du cadavre qu'ils recherchaient. Elle indiqua le fond du sous-sol et regarda silencieusement les frères commencer à déterrer les os. Avec des gestes qu'elle qualifierait de professionnel, elle vit les deux Winchester préparer la série de geste qui stopperait les massacres. Ils faisaient cela avec habitude, dans la rapidité et le silence. Malgré leur assurance, son coeur battait à tout rompre et elle avait un mauvais pressentiment.
Un flash, tel un éclair, troubla ses yeux. Un pistolet qui tombe, un corps qui se fait projeter au loin. Du sang partout. Les yeux terrifiés qui se ferment.
Non !
Les deux frères s'arrêtèrent et regardèrent Audrey. Celle-ci les ignora et se mit près de son amie. Laurence était figée, les bras ballant. Le tintement avait cessé.
Il est là, il est là. Murmurra t-elle
Dean bondit, revolver à la main. Car ni Audrey ni les autres sauf Laurence ne voyait l'esprit.
Tire dessus, tire Laurence ! Lui dit Sam
Aller, vas-y ! Vite, lui intima Dean, réveille Laurence !
Mais les yeux terrifiés restait fixés sur un point inconnu, le corps ne bougeait pas. Audrey se serra contre son amie, décidée de la protéger jusqu'à la fin. Elle lança un cri de mort qui fit sursauter Laurence, qui réalisait peut-être que c'était bientôt la sienne. La brunette leva son pistolet et essaya de viser mais ses mains trahissait son trouble et sa peur. Audrey eu juste le temps de voir apparaître l'esprit que deux coups de feu retentirent à l'unisson. Une forte odeur de souffre ainsi qu'un cri inhumain emplit la pièce.
Dean et Sam avaient tirés de façon certaine, en se fiant à la piste donnée par Laurence réalisa Audrey, les deux femmes l'avaient échappée belle.
Il ... Il est parti? Demanda Laurence d'une voix chevrotante
Non, il va vite revenir lui répondit Sam, Dean?
J'y vais.
D'un commun accord, Sam se mit près des filles tandis que Dean se dépêchait de finir le rituel purificateur. Tous étaient sur le qui-vive. Laurence tremblait de tous ses membres mais c'est d'un cri certain qu'elle pointa en une nouvelle direction; l'esprit était revenu. Sam ne perdit pas une seconde et la balle remplit de sel toucha la cible voulue. Ce manège continua pendant quelques minutes, jusqu'à temps qu'une odeur de fumée chassa celle de l'humidité. Tous soupirèrent de soulagement lorsqu'un dernier cri envahit l'air: celui de l'esprit quittant désormais le monde terrestre. Le groupe se dépêcha de sortir de la maison qui commençait à brûler.
Ils marchèrent ensemble une centaine de mètres plus loin et se rendirent dans l'impala. Ce n'est qu'à l'intérieur que tout le monde se détendit après ces heures mouvementées.
Alors, ce baptême des jobs? Lança Dean en riant
Ferme ta gueule, Dean dit Laurence d'une voix froide
Laurence, arrête, c'est fini maintenant lui dit Audrey,
C'était juste une blague, n'est ce pas Dean? Dit Sam, regardant sévèrement son frère.
Ouais, ouais c'est ça répondit-il, allez on rentre.
Personne n'ignora le regard noir que se lancèrent Dean et Laurence. Le restant du voyage se passa en un silence lourd et épuisé. Les deux filles soupirèrent de soulagemente en voyant leur appartement à travers la vitre, ce qui voulait dire du repos bien mérité.
Ce fut Audrey qui brisa le silence en remerciant les gars pour la soirée.
C'est rien lui répondit Sam, une créature maléfique de moins sur la terre.
Au fait demain, petit déjeuner au restaurant du coin? Je paie la tournée! Proposa Dean
Compte pas sur moi lui répliqua Laurence, aggressive.
Allez Laurence, ça va tous nous faire du bien et on en reparlera demain dit Audrey.
Reparler? Reparler de quoi, que j'ai eu la peur de ma vie et que j'ai faillit y laisser ma peau? Je suis désolée Audrey, mais si tu veux apparaître dans la rubrique des morts la semaine prochaine, c'est ton choix. Moi, je veux plus avoir affaire à vous.
Sans un mot de plus, la brunette déboucla sa ceinture et sorti, claquant la portière du véhicule tandis que Dean grommela face à son bolide malmené.
Je crois qu'elle n'a pas apprécié la soirée constata Sam.
Elle était morte de peur, je la comprend, c'est elle tout craché... soupira Audrey Bon, merci encore et c'est à quelle heure demain?
