salut salut ! voilà le chapitre 4 ! N'hésitez pas à me mettre une pettite review si le coeur vous en dit :)

Enjoy, Yelrak.


POV Quinn :

J'ai sauté le petit-déjeuner, oui, j'ai osé. Les souvenirs de la nuit d'hier, le bien et le froid de l'eau et le regard de Kurt, brulant, m'ont tordus le ventre, si bien que j'ai dut courir aux toilettes.

Il était tôt, personne n'a entendu, je crois.

J'espère.

J'ai dit que je ne me sentais pas de manger quand Charlie m'a dit de venir. J'ai grogné plutôt.

Je préfère le jour, c'est moins dangereux. Les mots sortent vite, les rires sont clairs et franc. Les gens ne nous fixent pas pendant ce qui parait des heures.

Je descendrai, peut-être. Mais pas avant d'être sûre que Kurt ait disparu.

Il me fait renoncer à toutes les promesses que je me suis faite.

Il suffit que j'interrompe son regard braqué sur moi pour que, dans la minute, je passe de l'envie de rire à celle de pleurer.

Je me suis promis de ne plus souffrir. Je me suis promis de ne plus l'aimer, lui, et peut-être à la limite, de ne plus aimer du tout.

Je me suis promis de ne plus être faible, et de faire ce qui est bon pour moi.

Sauter le petit déjeuner n'est peut-être pas une bonne chose pour moi, en y repensant. Le petit déjeuner est sacré ici.

POV Charlie.

Le petit déjeuner est sacré ici. Tellement que, petits, Sam et moi avions peur de représailles si nous en rations un seul.

De toute façon, je passe, et j'ai toujours passé toutes mes nuits d'été ici. Il n'y a jamais eue aucune raison que j'en rate un.

Je suis la plus petite, celle qui a les meilleures notes. Ce qui fait que je ne sort pas pendant la semaine, et rarement pendant le week-end. Je reste à la maison, je révise, où alors je m'avance sur mes cours de la semaine.

Sauf ici. Ici, je regarde la télé le soir, avec Ellen et Maman, ou je me fais des soirées pyjamas avec Sam. Et le lendemain, je suis toujours là pour le petit déjeuner.

Quinn ne se lèvera pas. Ou alors, elle émergera vers 15 heures et se plaindra d'avoir faim. Je l'ai entendue vomir ce matin. Je ne suis pas allé la voir.

Elle m'aurait envoyé boulé si j'avais montré que je m'inquiète pour elle. Pourtant c'est le cas, mais elle ne me parle plus.

-Hé, Charlie ! Tu planes ?

Je lève les yeux un instant et me heurte à ceux de Kurt. Je replonge le nez directement dans mon assiette.

-Non, j'ai juste peu dormis.

Kurt se désintéresse de la chose dans la nanoseconde qui suit. Pas Sam. Sam ne se désintéresse jamais de rien.

-Tu m'étonnes, tu m'as encore fais regarder tous les films qui à tes yeux ont une bonne fin.

Je souris. Je n'aime pas les fins heureuses. C'est surprenant, pas vrai ? Je n'aime pas les fins où tous les problèmes se résolvent par magie. J'aime les fins constantes. Mais cette fois, ça n'a rien avoir au fait que je sois peureuse.

-Ce n'est pas très raisonnables de vous coucher si tard…

Oui, ma mère s'amuse à faire comme si j'avais besoin qu'on me dise ce qui est raisonnable ou non. C'est faux. J'ai besoin qu'on me montre ce qui ne l'est pas.

-C'est bon, Judy, c'est les vacances, soupire Ellen en lui donnant une petite tape sur l'épaule.

J'admire leur complicité. J'admire aussi qu'elles arrivent à se compléter avec tant de perfection qu'on dirait que ça sort d'un des livres que Quinn lisait avant.

POV Quinn :

Je lisais beaucoup avant. Je me perdais dans des histoires, pas si différente que celle qu'on raconte aux petites filles, où les gens finissaient avec un sourire sur les lèvres.

Puis, d'un coup, ça ne m'a plus plu. Je me suis dit que, moi aussi, mon histoire avait des sourires, alors à quoi bon en lire d'autres.

Je sortais avec Kurt.

Puis, ça m'a rendu en colère, parce que je me suis dis que les histoires vrais, celles de la vraie vie ne finissaient jamais avec des sourires, alors à quoi bon me bercer d'illusion.

J'avais rompu avec Kurt.

J'ai eu d'autres petits copains avant lui. Des amourettes ridicules qui ne dépassaient pas les deux semaines et qui s'arrêtaient sur un SMS. Puis, il y a eu cet été là, celui de mes 16 ans. Celui où a commencé à me tourner au tour. Celui où j'ai répondu sans remords et sans doutes à ses avances.

Je me disais que ça ne pouvait pas être vrai. Que c'était Kurt, et qu'il jouait, par ce que c'est ce que Kurt fait. Je ne pensais pas que je pouvais perdre.

Puis il m'a embrassé, un soir, dans la piscine, dans le calme du noir et l'agitation des vagues que nous faisions en chahutant. Il m'a embrassé entre deux mondes.

C'était une semaine avant qu'on reparte. Ca a été une semaine bien. C'est étrange l'effet que ça peut avoir sur quelqu'un, de seulement savoir qu'une personne vous aime. Ou vous aime seulement bien. Vous aime assez, au moins, pour vous embrasser pour de vrai.

On est rentrés. Il m'avait dit que ça ne changerait rien. Je l'avait cru.

Ce n'était pas vrai, parce que c'est là que ça a commencé à me bouffer.

Son absence, d'abord simple point de désagrément dans le milieu ventre, était vite devenu un gouffre sans fin, qui m'aspirait tout entière.

Ses visites, ses appels, ça ne changeait rien. Je n'étais qu'encore plus triste quand il repartait ou raccrochait.

Kurt m'était devenu vital, à la façon d'un venin qui s'insinue doucement dans les veines.

Une fois, Charlie s'était glissée dans mon lit. Après un temps de silence elle m'avait dit, avec une petite voix «Tu l'aimes, pas vrai ?». J'avais répondu que oui, juste pour qu'elle se sente aussi mal que moi.

Je n'aimais pas Kurt, Je l'avais aimé, pendant les vacances, quand il était toujours là et qu'il se plaisait a attiré mon attention, mais à la maison, je ne l'aimais pas. J'étais accroc.

Et la différence, c'est la prison.

POV Charlie :

Sam m'emprisonne dans ses bras. Je me débats en riant, de ce rire que notre vraie maison n'a jamais entendu.

-Arrêtes de bouger, c'est la tradition.

Kurt rit aussi et m'attrape les jambes.

Le lancé de Charlie n'est pas vraiment une tradition, sinon, l'année dernière, Kurt n'aurait pas passé toutes les vacances à à son job d'été, il serait au moins venu pour le lancé de Charlie.

Je ne leur dis pas, ça serait de trop. La plupart des choses que je pense serait de trop.

Les garçons me portent jusqu'au bord de la piscine. Sam souffle à cause de l'effort, plus que les années passées. Je me sens rougir de honte.

J'ai grossit, un petit peu. Pas assez pour que ça se voit et que ça m'ennuie, mais assez pour que Sam ait du mal à ma porter.

Les kilos en trop de la fille qui ne sort pas.

-Un…dit Kurt.

Ils commencent à me balancer de droite à gauche. Encore une fois, je prie pour qu'il ne me lâche pas du coté du sol. Je ris encore, parce que c'est drôle.

C'est drôle que ce soit moi qu'ils balancent dans l'eau, année après année, et pas Quinn. C'est drôle parce que Quin ne trouverait pas ça drôle du tout, surtout plus maintenant.

-Deux…répond Sam.

C'est un peu dommage, mon pyjama est confortable. Je vais devoir le mettre à sécher en espérant qu'il soit prêt pour ce soir. Je sais qu'il ne le sera pas.

Je me secoue un peu, pour les faire rire. Ca fonctionne. Je sais que je ne pourrais pas me libérer, même en m'agitant dans tous les sens. Mais si je ne le faisais pas, ils trouveraient ça trop facile, et ils arrêteraient peut-être.

-Trois !finissent-ils en chœur.

La seule chose sur laquelle ils sont d'accord, c'est sur le moment où m'envoyé dans la piscine.

J'atterris dans un SPALSH retentissait, et l'impact me coupe le souffle. De toute manière, grande nouvelle, je ne peux pas respirer sous l'eau.

Comme à chaque fois, la panique m'envahit un instant. Mes cheveux se déplient autour de ma tête, dans mes yeux, dans ma bouche, et le poids de mon pyjama m'entraine jusqu'au fond. Ca ne dure qu'un instant, un instant où je me sens plus en vie que jamais. Puis mon pied rencontre le carrelage de la piscine et je donne un coup dessus. Je remonte d'un seul coup et prend une grande inspiration en sortant la tête de l'eau. Les garçons se tiennent au-dessus de moi, secs, bien entendu. Il me regarde avec attention, et un grand sourire.

-Je vous hais, je déclare, bien qu'essoufflée par mon bain forcée.

Kurt rit doucement alors que Sam s'esclaffe carrément. Il s'approche de moi et me tends la main pour m'aider à me relever, alors que Kurt va s'allonger sur une chaise longue, en silence.

-Tu as besoin d'aide ?

Je lui attrape les mains, et je le laisse me hisser, même si il grimace encore. Et une fois debout à coté de lui, je le pousse à son tour.

Kurt sourit derrière ses lunettes de soleil. Avec un peu de chance, je l'ai impressionné. Il ne faut pas trop rêver.

Je retourne à l'intérieur et vais dans ma chambre pour me changer.

J'ai riposté. J'ai fais sourire Kurt. Je n'ai pas rougie.

J'aime ce que je deviens.

POV Quinn :

Ca fait drôle, de se regarder dans un miroir et de ne pas aimer ce qu'on devient. Surtout quand on a été habituée à être belle toute sa vie.

Les gens me disaient que j'étais belle, je les croyais. C'était facile, presque trop.

Kurt ne m'a jamais dit qu'il m'aimait. Il m'a dit que j'étais belle, plusieurs fois, mais jamais plus.

J'ai toujours attendu mon premier bal de promo avec impatience. Je m'imaginais, dans une longue robe bleue, ou rose, ou rouge, ça dépendais de mon âge, et mon cavalier, beau, grand, me tendais la main avec un sourire.

Ca ne s'est pas passé comme ça.

J'ai mis des semaines à convaincre Kurt. Il disait qu'il n'aimait danser. Je me disais qu'il devrait m'aimer bien assez pour ne pas avoir besoin d'aimer danser.

Il a finit par accepter. Je sais maintenant que c'est Ellen qui l'a convaincu, et non pas mes supplications.

Il a fait la tronche toute la soirée.

J'ai pleuré. Il m'a dit que j'étais ridicule. Il m'a dit qu'il savait depuis le début qu'on n'aurait pas dut se mettre ensemble.

Je lui ai dis d'aller se faire voir.

Le lendemain, il m'avait laissé un message, dans lequel il me disait qu'on devrait peut-être prendre le temps de réfléchir. Je lui en ai mis un aussi, dans lequel je lui disais que je n'avais pas envie de réfléchir.

Il n'a jamais réessayé de m'en parler. Les vacances suivantes, il n'est pas venu, même pas une journée, soi-disant à cause de son travail d'été qui lui prenait tout son temps.

Pendant l'année, il est venu une fois, avec son père, sa mère et son frère. Il m'a dit bonjour comme si je ne comptais pas.

C'était fini.

C'était tout.

POV Charlie.

J'ai finis de m'habiller. Ca m'a pris un peu plus de temps que de raison, à cause de mes mains qui tremblaient. Une poussée d'adrénaline d'avoir fait quelque chose qu'on n'attendait pas de moi, sans doute.

C'est une des rares choses que nous avons en comment Quinn et moi. Nous réagissons toujours dix fois plus que la plupart des gens. Qualité associée à la théâtralité, mais en réalité, défaut souvent impossible à gérer. Pour moi. Parce que Quinn arrive à tout gérer. Ou c'est ce qu'elle essaie de faire croire.

Je m'apprête à sortir de la salle de bain, mais Kurt apparait dans l'encadrement de la porte. Son bras me bloque la sortie, et sa présence la respiration.

Mon bras effleure sa hanche. Je m'accroche à ce contact, l'amplifie. Je ne suis plus que ce petit morceau de peau contre le tissu de son short, cet assemblement purement scientifque de cellule en ébullition.

-Alors, petite Charlie ?

Sa voix est basse, comme si il me disait un secret que nous seul connaitrions.

-Comment va ton copain ?

Je tique, lui non.

-Je n'ai pas de copain.

-Ah non ? Et… Matthew ?

Il fait exprès d'hésiter sur son prénom. Pour faire comme s'il n'était pas capable de retenir n'importe quel prénom, n'importe quand.

-Matthew est un ami. Il m'a apporté les cours une fois. Depuis, Maman se raconte n'importe quoi.

Il hausse un sourcil et s'installe plus confortablement contre le mur.

-Petite Charlie a un ami garçon….

-Qu'est-ce que tu veux dire ?

Il y a silence, lourd de sous-entendus. Un silence où il m'explique quelle petite sainte je suis, et un silence où je lui en veux de me voir comme ça, mais où je m'en veux encore plus, parce que c'est ce que je suis.

-Rien.

Il se décolle du mur, s'éloigne de moi. Mon corps tout en entier me brûle. Je pourrais tout aussi bien me jeter à terre, pour lui montrer comme j'ai besoin de lui. Comme j'aimerai revenir quelques années en arrière, et qu'il me fasse danser, à nouveau, pour la première fois.

-Il y a la soirée des Welter ce soir. Tu viens avec nous.

Un arrêt.

Il vient de donner une chance à petite Charlie d'entrer dans la vie. Il vient de me donner une chance de me sentir importante.