Rien de plus agréable que le train.
Sena était dedans et il se disait qu'il n'y avait rien de plus agréable. Les doux bruits, le léger balancement, le paysage qui défilait... tout le monde n'en disait que du mal, à savoir qu'ils étaient toujours bondés, qu'il y avait des vols et des pervers mais lui ne connaissait pas vraiment autre chose que ces trains relativement luxueux, avec l'étage rempli de chaises et une simple allée, et une vitre contre laquelle il s'appuyait toujours.
Apaisé, il avait programmé son téléphone pour le réveiller avant de rater son arrêt. A savoir Funabashi, septième plus grande ville de l'agglomération de Tokyo, située à l'est de cette dernière.
Dans l'ensemble, Sena s'en fichait un peu. Tout ce qu'il lui importait de savoir c'était qu'il s'agissait d'une grande ville. Enfin, du moment qu'il parvenait à s'y rendre, le reste...
Il se laissa bercer par le rythme du train et s'endormi paisiblement. Rien de mieux qu'un train, décidément.
Il dormi plus d'une heure avant d'être violemment tiré de son sommeil par la légère sonnerie du téléphone. Ce genre de chose avait un effet cinglant sur lui qu'il n'appréciait jamais sur le moment, avant de se rappeler la chance qu'il avait de pouvoir émerger rapidement du sommeil. Il refit le point.
Intégrer le gang de Loki, trafiquant de drogues plus ou moins bonnes mais surtout trop bon marché, d'où son succès. Son influence s'étendait et le patron avait sous-entendu qu'il préparait comme des... Succursales. Si on le laissait faire, il pouvait devenir économiquement extrêmement dangereux. Il fallait tuer la menace dans l'œuf.
Il descend à sa gare et décroche son téléphone qui sonne.
"Tu t'es endormi dans le train, fuckin' pucelle?
-Comme toujours, patron.
-Bon. Je suppose que t'es quand même à Funabashi?
-Bien sûr.
-Parfait. Regarde sur ta droite."
Cette manie de poser des questions alors qu'il avait déjà la réponse (ou presque...) décidément le patron est vraiment taquin.
"Que dois-je voir, patron?
-Un homme avec un long manteau noir.
-Celui qui fait penser à un exhibitionniste?
-Exactement. C'est pour avoir l'air cool.
-Raté.
-Silence. Avance."
Sena avance avec le téléphone contre l'oreille, plaquant un air ingénu et totalement innocent sur son visage comme il sait si bien le faire. Il marche en essayant d'éviter les autres personnes qui sortent du train ou y entrent, en s'excusant quelques fois discrètement, sans jamais vraiment regarder la cible.
"Et je demande quoi, patron?" interroge-t-il.
"Tu demandes rien. Tu lui fait la politesse.
-D'accord."
Il dissimule son téléphone et se racle doucement la gorge.
"Bonjour monsieur." Salue-t-il poliment, lui qui est deux fois plus petit que son interlocuteur chapeauté de noir. Ce dernier le toise un instant puis a un sourire en coin.
"C'est toi la crevette?
-C'est moi la crevette." Confirme-t-il simplement en opinant avec un sourire aimable.
"Tiens." Dit l'autre en lui tendant une enveloppe de papier kraft.
"Merci, monsieur. Bonne journée."
Toujours être respectueux envers les contacts du patron. Ce dernier est puissant, il peut donc se trouver des contacts puissants. Et les puissants n'aiment pas qu'on leur manque de respect. Mais alors pas du tout. Et Sena est passé maître dans cet art de la diplomatie.
"Je l'ai, patron.
-Vérifie le contenu.
-A vu de nez," commence-t-il en regardant la fente de l'enveloppe entrouverte: "dans les soixante-dix mille yens, un téléphone pré-payé, une carte d'identité avec ma bouille dessus, une autre carte avec ma trogne dessus, un trousseau de clés, une photo de quelqu'un et pas de porte monnaie.
-Tu te payeras un portefeuille avec les soixante-quinze mille yens que je t'offre, banane. Ta mission pourrait être plus longue que prévu, au besoin tu auras un compte bancaire avec des virements réguliers. Sors le téléphone, recopie le numéro que je t'ai donné et débarrasse-toi de l'ancien.
-C'est fait, patron. Je me débarrasse du portable.
-Où ça?
-Égouts. Personne n'a le bras assez long pour l'y repêcher. La carte SIM aussi. Et maintenant?
-La clé ouvre à ton nouveau domicile, l'adresse est sur le porte-clé. Tu le vire au plus tôt du trousseau.
-Et la carte?
-Celle d'identité t'octroie ton nouveau nom de famille, espion patenté. Quant à l'autre... c'est ta carte d'étudiant."
Sena s'arrête net sur le trottoir, calme mais étranglé net.
"Tu es déjà inscrit au lycée.
-... Patron...
-Il n'y a pas de discussion. Ce sera ton premier moyen d'infiltration. Je me fous de ta réputation dans le lycée tant que tu ne fais pas trop le malin.
-C'est pas mon genre, patron. Mais pourquoi...? Jusque-là...
-Jusque-là il n'y a jamais nécessairement eu besoin de jouer les étudiants, oui. Aujourd'hui c'est différent, j'ai déjà ton mode d'infiltration.
-Sans vouloir t'offenser, patron, ça, c'est mon boulot.
-Je marche sur tes plates-bandes si ça me chante, c'est clair?! Alors boucle-là une bonne fois pour toutes!
-... ...oui patron." Obéit Sena en ployant l'échine.
"Bien. Tu vas te retrouver dans une classe de seconde, rien de bien méchant en matière de camarades de classe. Il faudra juste que tu identifies le rouquin du lycée. Tu as sa photo. Dès qu'il commence à te faire des propositions, accepte tout. Il y a des chances pour que tu te fasses bizuter, après quoi il fera savoir aux autres qu'il a trouvé une nouvelle recrue.
-C'est lui le chef?
-Pas du tout. Loki a des sbires comme le rouquin pour se charger du recrutement. Tu as tout compris?
-Oui patron.
-Bien. Nous sommes dimanche, ta rentrée commence demain. Bon courage. Tût, tût, tût..."
Sena regarde son téléphone avant que ses bras ballants ne battent ses cuisses et qu'il ne lève les yeux au ciel. Qu'a-t-il donc fait pour mériter ça? Le lycée! Pourquoi lui?
Mais il sait aussi une chose avec une certitude totale: Hiruma ne laisse rien au hasard. Tout ce qu'il fait, il le fait pour son bien. Impossible de lui refuser vu son autorité, mais impossible de lui bouder vu ce dernier argument. Sena soupire encore et part s'acheter un portefeuille.
"Bien, aujourd'hui nous accueillons un nouvel élève!" annonce la prof principale, prof d'anglais, plutôt jolie. "Tu veux te présenter à la classe?
-Bonjour, je m'appelle Sena Kobayakawa."
(Merci, merci patron pour ce nom de famille complètement foireux. Merci encore.)
Le silence plane un moment, visiblement ce genre de présentation est beaucoup trop court. L'élève avise la prof;
"Je peux m'asseoir?
-Euh... oui." Admet la blondinette. Sena va rejoindre une place au fond, sans se presser, quand un élève décide de mettre ostensiblement sa jambe en travers de son chemin.
NE FAIS PAS LE MALIN! Beugle une voix dans sa tête, qui ressemble étrangement à celle de son patron. Comme toujours. Sena résiste donc à la tentation d'en faire trop, mais il ne doit pas passer pour le souffre-douleur de service non plus, sinon le plan sera un échec total. Comme s'il n'avait que ça à faire. Donc il s'avance jusqu'à la jambe et, lentement, enjambe l'obstacle en levant ses genoux excessivement haut, comme s'il doit passer au dessus d'un lion endormi. Une fois cela fait, il s'essuye le front pour se débarrasser de quelques sueurs froides imaginaires. Quelques élèves lui sourient. L'un deux, droit devant, tapote une chaise libre sur laquelle il va s'asseoir.
"Eh, te moque pas trop de lui quand même, il a pour réputation de taper la tête des gens contre leur casier quand il est contrarié." l'averti gentiment son camarade à mi-voix. Ce à quoi Sena répond: "C'est tout? Alors ça me va.
-J'espère que t'as la tête dure quand même, parce qu'il est pas vraiment méchant mais... sacré poigne.
-M'appelle Sena.
-Je sais.
-Et toi?
-Ah! Raimon Tarou.
-Rai - mon... Ta - rou... Monta. ça sonne bien.
-D'où tu me décrète un surnom?
-Parce que ça te va bien.
-Hé, au fond, ça commence déjà à bavarder?" Les hèle leur professeur aux airs de gentille institutrice peinée. Sena dégaine alors sa bouille d'inoffensive créature:
"C'est rien, madame, je fais juste mon travail d'intégration."
D'autres élèves pouffent, Sena aussi car il repense à tous ces sermons sur l'intégration dans les pays étrangers (cours de géo) ou les classes, toutes ces conneries.
Si seulement les élèves savaient quelle définition Sena avait du mot "intégration"...
J'ai dit que Sena se trimbalait 75.000 yens: actuellement c'est un tout petit peu moins de 6000 euros, pour vous faire une idée ^u^
Bon, je fais quelque chose de mal, très mal, selon moi: je poste ce chapitre alors que je n'ai même pas écrit la suite: ne vous attendez pas à avoir le prochain chapitre avant looooongtemps, même si j'ai mes idées, cette fic reste encore un peu floue U_U
et vu que j'en écris, quoi, 7 en même temps (pour la plupart des fics de la même envergure sinon pire qu'Amnésie) vous imaginez le taf U_U
Donc honte à moi mais c'est comme ça, la fiction mafiosis je la posterai au fur est à mesure. Hein, quoi? Les autres? Je les finis d'abord! ^^ Comme ça je posterai la suite en fonction des reviews et pour vous ça ira beaucoup plus vite! Je suis gentille, hein? Je vous fais mariner que sur cette fiction! Mouahahaa SBAFF Oui bon d'accord si je me bougeais les fesses ça irait plus vite mais en même temps là je suis à Bac moins 2... (le pire c'est que je stresse même pas 00°°°)
