-Mêmes notes pour tous les chapitres.
-Le kusanagi d'Honshu va finalement pointer le bout de son nez ! Le grand, le beau, l'inénarrable Uchiha Sasuke !(Applaudissements. Sasuke arrive sur le tapis rouge avec des lunettes noires de grande marque qu'il m'est interdit de nommer ici pour des raisons publicitaires. Classe, élégant, stylé. Jusqu'à ce qu'il se prenne les pieds dans ledit tapis et qu'il s'éclate les lunettes par terre. Rires moqueurs. Ne vous inquiétez pas, ce n'est pas ce qui arrive dans ce chapitre. D'ailleurs il n'y a pas de tapis.)
- Eh non, ce n'est pas un NaruSasuNaru. Restez quand même !
Chapitre quatrième : les mèches de soleil
Les prairies nues menaient aux montagnes. La terre ici ne lui accordait plus aucune trace, mais ses proies étaient sûrement passées se ravitailler dans l'un des villages isolés qui parsemaient leur route. Restait à savoir lequel.
Le cheval de Naruto s'ébroua, perclus de fatigue. Il lui faudrait penser à en changer. Le blond chercha longuement un cours d'eau, mais les environs en étaient dépourvus. Tant pis.
Il démonta, s'enfonça dans la forêt qui bordait les montagnes, faisant halte à la première clairière. Le soir tombait, et il était presque aussi fatigué que son cheval. Il le dessella et entreprit de faire du feu. Peu lui importait d'être repéré à l'heure actuelle.
Bientôt, les flammes se reflétèrent dans ses yeux trop clairs. À Kyushu, il n'y avait pas grand-monde pour s'en formaliser, mais dans les royaumes supérieurs, on avait toujours aussi peur de lui. Les enfants s'enfuyaient à son approche, criant qu'ils avaient été sages. C'était amusant, mais quelque part il ressentait un pincement au cœur. Il aurait voulu avoir des fils et des filles. Il leur aurait appris à se battre, à se méfier, et eux, peut-être, lui auraient appris la confiance et l'amour.
Mais la nature, en plus de lui refuser des parents, lui avait refusé des enfants. Élevé par un vieux bonze pervers, recueilli par le seigneur en personne de Kyushu, Kyubi-sama, celui que l'on surnommait l'enfant du soleil, car il avait été découvert dans un navire échoué qui venait de l'Est, avait reçu, sinon de l'amour, de l'affection et une éducation.
Naruto pensait parfois qu'il aurait pu se satisfaire d'enfants bâtards, recueillir des orphelins. Mais les enfants avaient peur de lui. Il ressemblait aux démons dont les menaçaient leurs parents, des êtres rouges, bleus, jaunes, féroces comme des ours, rusés comme des renards...
Ses paupières se plissèrent. Ses yeux fatigués étaient toujours fixés sur la danse des flammes, mais il était aux aguets. Il venait d'entendre un bruit qui n'avait pas sa place dans une forêt. Et là ! ce bruissement de métal...
Naruto se jeta en arrière juste à temps pour éviter le kunai qui visait sa tête. Il fit une roulade pour se redresser, épiant les contours de la clairière, mais son feu n'éclairait rien. Il devrait compter sur son ouïe, et sur son odorat, qu'il avait très fin.
Mais il se doutait déjà de l'identité de son agresseur.
– Avance, Sasuke, lança-t-il. Qu'est-ce qu'il y a ? T'as peur ?
– Tssk.
La silhouette élancée d'Uchiha Sasuke s'avança lentement vers le feu. Il avait ôté son armure pour être plus à l'aise, et portait une longue veste de soie bleue. Naruto se détendit légèrement. Apparemment, Sasuke ne comptait pas engager le fer.
Le kusanagi d'Honshu lui adressa un rictus en caressant distraitement le fourreau de son sabre, coincé dans sa ceinture.
– T'appelles ça un sourire ? ricana Naruto.
– Je n'ai pas ton talent pour duper les gens, admit Sasuke de sa voix grave et neutre. Pour leur faire croire que je suis quelqu'un de bien.
– Qui croit ça ? rit le blond.
Sasuke s'avança encore, et s'assit en tailleur devant lui. Étonné, Naruto fit de même, se demandant ce que l'autre avait dans la tête.
– Tu dois te demander ce que je fais là, déclara l'Uchiha. Et comment ai-je fait pour être aussi lent, de façon à ce que tu m'ais finalement rattrapé. Sois content, Naruto : je vais te donner des réponses.
L'autre fit la moue encore une fois, Sasuke le prenait de haut.
– T'as rien à faire de la princesse, hein ?
Il jubila de la surprise que laissèrent voir les traits réguliers et purement japonais de son rival.
– Tu t'es acheté un entendement ? J'ignorais que tu savais à quoi cela servait...
– Teme... T'es venu jusqu'à moi pour m'insulter ? Touchante attention. Maintenant, ferme ta boîte à insultes et explique-moi. Il m'semble évident que tu n'es là que pour servir tes propres intérêts. Et comme ils divergent de la mission que t'a confiée le seigneur Uchiha – ton cher tonton – j'en conclus qu'tu l'as trahi. Et si t'es sur mon chemin, c'est que t'as besoin d'moi.
– Notre petit baka devient merveilleux d'astuce, commenta Sasuke d'un ton ennuyé. Au cours d'une précédente mission, j'ai rencontré Orochimaru, le gourou d'Oto. Il étudie les démons du Sud et en échange de sa... bienveillance, il m'a demandé de lui ramener quelques échantillons. Afin de l'aider à créer une race supérieure de soldats d'élites. Ce qui nous ramène à toi, Naruto.
– Quoi ? Moi ? Mais enfin, j'suis pas... Je sais qu'on pense que j'suis un démon mais je... j'suis un être humain, pas tellement plus fort que toi...
– Moins fort que moi, l'interrompit Sasuke.
– Tu rigoles ? Tu veux te battre ?
– Je t'aplatis les yeux fermés et une main dans le dos !
– Arrête ça teme ! Et c'est quoi ces conneries ?
– C'est pas des conneries. Je suis plus fort que toi. Pour le reste... évidemment que je sais que tu es humain, tu me prends pour un crétin ? Je sais contre qui et contre quoi je me bats. Tu es juste laid, avec tes yeux tous ronds et tes cheveux qui font mal aux yeux comme le soleil.
– Merci...
– Pourquoi serais-je resté à Tokyo ? L'ombre d'Itachi est partout là-bas, immense, elle m'engloutit. Je veux briller. Et toutes ces règles m'ennuient.
– Quoi, le bushido ? T'es sérieux ?
– Allez, Naruto, toi et moi on sait bien que ce qui compte c'est de gagner. L'honneur ne sert à rien.
– Tu veux devenir ninja ?
– Peut-être. Ou pirate. Une fois Orochimaru satisfait, je m'appliquerai à devenir indispensable. Il devrait être facile à tuer ensuite, et j'aurai son armée sous mes ordres. Pour en faire mes soldats, ou mon équipage.
– Ces soldats hybrides, là ?
– Tu ne suis rien à ce que je raconte, Naruto. Orochimaru est un vieux cinglé, s'il croit pouvoir jouer avec la nature, tant pis pour lui. Je veux juste te prendre quelques mèches de cheveux, ça l'occupera bien assez longtemps. Ou un œil, j'avais pensé, aussi.
– J'préférerais les cheveux. Hey, approche pas ! Si tu crois que j'vais te laisser poser ton sabre sur ma nuque, tu te-
Naruto para au dernier moment le katana de Sasuke avec le fourreau du sien, qu'il n'avait pas eu le temps de dégainer. Il roula en arrière et tous deux se retrouvèrent debout.
Ils décrivirent en lent cercle, chacun de son côté du feu qui lançait des étincelles. Les ombres dansaient sur leurs visages et les flammes faisaient étinceler leurs yeux et les protections métalliques de Naruto. Enfin ils choisirent un côté et se lancèrent l'un contre l'autre, la lame levée.
La clairière résonna du bruit sourd de leur lutte, de celui cristallin de leurs sabres qui se tordaient. Comme souvent, ils finirent par abandonner leurs armes et finir le combat à mains nues.
Ils roulèrent par terre, chacun voulant rester au-dessus de l'autre. Naruto, qui avait gardé son armure, était plus lent et moins agile, mais ses coups étaient plus douloureux, et finalement, Sasuke lui demanda d'arrêter. Naruto obéit aussitôt. Il est vrai que la pointe d'un stylet était contre son cou, prête à plonger dans sa carotide.
– Alors, haleta Sasuke, des mèches de cheveux, hein ?
Le brun attrapa les cheveux blonds au niveau du lien qui les attachaient en arrière et trancha avec un kunai. Naruto gémit.
– Pas toute la queue ! J'ai l'air d'un rônin déshonoré !
– Bah ! Tu ressembles à rien à la base, Naruto. Tout le monde ne peut pas être aussi beau que moi, que veux-tu.
– Pirate sans honneur.
– Ce n'est plus une insulte pour moi, crétin.
– Enfoiré !
A SUIVRE... (muahaahahah, quel suspens !)
B: oui, l'auteur a revisionné Pirates des Caraïbes il n'y a pas longtemps. Ça se voit ? *tape sur un tentacule davyjonesien sur son épaule pour le faire gicler*
