Hellooo ~

Avant-dernier chapitre déjà ! Un sanglant cette fois (oui je sais le dernier l'était pas du tout) !

Je vous souhaite une bonne lecture et merci à tout ceux qui me suivent et me laissent des review 3

L'Amour et la Haine.

Le Chirurgien de la Mort avait longuement observé sa création. Elle apprenait vite et se liait rapidement d'amitié avec les membres de son entourage. Rien de bien étonnant puisqu'elle construisait sa vie. Mais le capitaine la trouvait en somme trop gentille, et ce n'était pas pour lui plaire. Il aurait une chose ou deux à lui apprendre et le plus tôt serait le mieux.

Il sortit de sa cabine, ses pas résonnant dans les couloirs métalliques du navire. Il n'eut pas à chercher bien loin pour trouver son navigateur, un log pose au poignet, en train de bavarder avec un autre membre de l'équipage. Il n'attendit pas longtemps que la conversation s'interrompt et put enfin converser avec l'homme en combinaison blanche. Il lui demanda si l'île suivante était encore éloignée puis, satisfait de la réponse, le congédia. Il n'aurait qu'à attendre le lendemain et il pourrait voir l'île depuis le pont du navire.

Il retourna ensuite dans sa cabine. Elle était suffisamment spacieuse pour contenir plusieurs étagères ainsi qu'un bureau comprenant des cartes et des piles de documents. Il y avait également un tableau cloué au mur entièrement recouvert de notes et de quelques avis de recherche qu'il jugeait intéressants. Une seconde porte - autre que celle de l'entrée - reliait la pièce à sa chambre et une troisième à un laboratoire lui-même voisin d'une salle d'opération.
Il se saisit pour commencer d'un journal de bord dans lequel il nota toutes ses observations de la journée - surtout celles concernant Aoi - puis reprit la lecture d'un livre de médecine qu'il avait acheté à leur dernière escale. Ses dernières expériences l'avaient tellement distrait qu'il avait un peu oublier de reprendre sa lecture là où il l'avait laissée. Il se plongea donc entre deux schémas du corps humain et une masse informe de mots scientifiques compréhensibles seulement d'un médecin expérimenté tel que lui.

Le lendemain, ils accostèrent une île. C'était un petit bout de terre paisible, recouvert de verdure et de fleurs colorées. Il y avait un petit village peu visible non loin, c'était l'objectif du capitaine des Heart. Il s'y rendit seulement accompagné de quelques de ses hommes auxquels il avait au préalable donné des ordres, et de Aoi.
Ce dernier découvrait à peu près tout, les plantes, les animaux, il devait souvent demander comment se disait telle ou telle chose. Le village lui paraissait encore plus étrange, lui qui n'avait jamais vu que les murs jaunes du sous marin. Tout lui était tellement nouveau que c'en était fascinant.

Il y avait des gens qui vivaient dans cet ensemble d'habitations. Des créatures qu'il n'avait jamais vu sur le navire, appelées "femmes", et d'autres que l'on disait "enfants". Il y avait quelque chose d'étrange chez eux, il fixait Law et leurs visages étaient loin d'être joyeux. Où étaient donc les sourires ? Cette atmosphère douce ? Pourquoi tout ici semblait sous pression ?
Que de questions qui se bousculaient dans sa tête, sans réponse à apporter. Car comment aurait-il pu connaître ce sentiment qu'était la peur ? Il ne l'avait jamais vu, ni ressenti.

Le jeune homme allait sourire d'un air rassurant à quelqu'un au bord des larmes lorsqu'une lame transperça cette personne. Lorsque l'arme fut retirée de la poitrine de la jeune femme, un liquide étrange rougit l'espace, le sang. Il l'avait déjà vu, mais jamais en aussi grande quantité.

Les gens s'enfuirent en hurlant. Law les suivit tranquillement, un large sourire sur le visage. Aoi ne reconnaissait plus le capitaine, il semblait... différent. Et ces agissements lui donnaient des frissons dans tout le corps. Des émotions contradictoires se livraient bataille en lui, il ne savait plus où se mettre, ni que penser.

Les hommes d'équipage firent barrage à la fuite des villageois, les obligeant à rester dans le champ d'action du capitaine, tuant les plus audacieux. Le chirurgien de la Mort n'utilisait même pas son pouvoir, seule la tuerie pure l'intéressait sur le moment.

Aoi les vit tous se faire massacrer, un à un, sous ses yeux écarquillés. Les supplications n'atteignaient pas le capitaine qui tranchait sans se préoccuper ni de l'âge ni du sexe, un sourire inhumain lui déformant les lèvres. Si le jeune homme ne parvenait pas à mettre de mots sur ce qu'il se passait, il comprenait tout de même que ce qui se passait mettait fin à quelque chose. Une fin à quelque chose de précieux. La vie.
Le sang éclaboussait le sol, des gens agonisaient entre les cadavres. Les larmes coulaient, les cris, le sang, le sang, le sang... le sang !

Finalement, toutes ces émotions, toute cette horreur en fait, le firent bouger. Il s'accrocha au bras du capitaine, les yeux grands ouverts, du sang sur lui et dit d'une voix mal assurée, confuse :

- A ... Arr... Arrête...

Il n'eut comme retour qu'un regard froid et impitoyable. Trafalgar se dégagea et continua sa boucherie, ne se préoccupant même plus de sa création désorientée.
Et cela recommença, les pluies de sang, de cris et de larmes... Tous ces hurlements se répercutaient dans sa boîte crânienne... Il lui semblait que son cerveau bouillonnait, il ne comprenait plus rien, il ne savait pas quoi faire, quoi dire ou quoi ressentir. Il finit par se prendre la tête dans les mains, se bouchant les oreilles et fermant les yeux à la scène. Sa respiration était devenue sifflante, des nausées le prenaient...

Il finit par exprimer toute sa confusion, toute son incompréhension, en un long hurlement suraiguë. Il lui semblait qu'on venait de le taillader à coups de couteau, alors que ce n'était même pas lui la victime dans toute cette histoire... dans ce massacre...

Lorsque la voix lui fit défaut, il prit tout simplement ses jambes à son cou, délaissant ce lieu macabre qu'il ne pouvait plus voir. Il courut sans regarder derrière lui, hurlant parfois, pleurant d'autres. Il ne savait plus ce qu'il pensait, ce qu'il ressentait... Il voulait juste fuir, fuir loin de tout ça.
Il finit par s'arrêter, ses poumons le brûlant tout comme sa gorge. Il se laissa tomber au pied d'un arbre. La respiration forte, il avait les yeux écarquillés, les images de meurtre semblaient le poursuivre, quoiqu'il en soit loin. Il agrippa sa poitrine de la main gauche, il avait mal, terriblement mal... Pourquoi devait-il ressentir tout cela ?
Il finit par se rouler en boule, parcourut de tremblements incontrôlés. Il respirait mal et tout se mélangeait dans sa tête, que devait-il faire ?

Une main se posa sur sa tête brune.
Il leva le regard, une petite fille se tenait devant lui, une "enfant". Elle était très mignonne avec ses couettes blondes et ses grands yeux verts. Mais ce qu'il y avait de magnifique chez elle, c'était son sourire, si charmant, et si innocent.

Aoi eut envie de lui sourire lui aussi, puis un bruissement attira son attention sur le côté. Trafalgar surgit des buissons, sa lame ensanglantée à la main, son regard froid se posa successivement sur le jeune homme, puis la petite fille. Il s'approcha, son visage impassible ne permettait pas de deviner ses pensées.
Lorsqu'Aoi comprit qu'il se dirigeait vers lui, il eut un mouvement de recul. Il allait faire jaillir son sang à lui aussi ? Parce qu'il n'avait pas pu rester là-bas.

Mais Law n'en fit rien, il s'arrêta devant lui et lui tendit son arme. Aoi fixa la longue lame sur laquelle gouttait du sang frais. Il ne pouvait pas en détacher son regard, et la petite fille non plus. Son sourire s'était effacé, dans ses yeux transparaissait sa frayeur, émotion qu'Aoi ne parvenait pas à nommer de lui-même. Elle restait là, pétrifiée, observant le liquide écarlate encore frais s'écraser sur le sol.

Le capitaine commença à s'impatienter, il força le jeune homme à prendre la garde entre ses doigts, et désigna du menton la petite fille. Aoi comprit ce qu'il voulait. Mais lui ne désirait absolument pas le faire, il aurait voulu encore fuir, se dérober à cette tâche qu'il savait mal.
Law articula des mots très simples, qui étaient un simple ordre mais sonnaient comme une menace.

-Fais-le.

Aoi déglutit. Tout son corps lui demandait de fuir, et il aurait vraiment aimé l'écouter en cet instant. Mais s'il faisait ça, peut-être que le capitaine le rejetterait, ou le tuerait. Mais il ne voulait pas être détesté, il l'aimait, il lui devait tout. Il jeta un dernier regard suppliant vers cet homme impassible. La froideur qu'il lui renvoya lui fit finalement prendre une décision.

Il ne voulait pas le perdre, et choisir entre une inconnue et cette personne qui comptait vraiment pour lui était facile. Certes cette tâche n'était pas aussi agréable que les autres, mais il le devait. Comme ça il l'aimerait encore, et ne le rejetterait pas.
Sa respiration se bloquant dans ses poumons, il saisit plus fermement la lame, et l'orienta vers la petite fille qui le fixait de ses yeux larmoyants. Il devait le faire, il n'avait pas le choix.
Tout en fermant les yeux, il abattit la lame.

Un liquide chaud lui éclaboussa le visage, sa peau se colora de rouge et il regarda le petit corps s'effondrer en arrière. Il observa d'un air vide ces yeux grands ouverts où perlaient quelques larmes. Cette image sembla se graver dans son esprit, et il se sentait incroyablement calme, comme s'il ne ressentait plus rien.
Son esprit avait fait comme un blocage et il ne se sentit même pas lâcher l'arme. Il aurait pu rester debout longtemps ainsi, à fixer le cadavre, ne sachant plus à quel monde il appartenait. Quelque chose en lui semblait mort, et il ne savait pas quoi, il ne comprenait pas pourquoi.

Une main se posa sur sa tête pour lui ébouriffer les cheveux. Il releva le regard, pour croiser celui de Trafalgar Law. Il lui souriait, il semblait être redevenu l'homme d'avant. Cela suffit à Aoi.

Il lui rendit son sourire tâché de sang.

Et voili voilou j'espère que ça vous aura plus (et satisfait tous les psychopathes qui m'en voulaient d'avoir posté un chapitre sans une goutte de sang la semaine dernière).

Donc comme je l'ai dit plus tôt le prochain chapitre sera le dernier et je pense que vous avez deviné comment ça va finir même si je ne vais rien dire ~