Bonjour à tous ! Cette semaine le chapitre arrive un peu plus tôt que d'habitude mais j'ai autre chose de prévu pour ce soir donc je passe ici d'abord. Merci beaucoup pour les rewiews (vous n'avez pas idée à quel point ça me fait plaisir de recevoir les mails d'alerte ^_^).

Avant de vous laisser lire ça, je dois peut-être m'excuser : il ne se passe pas grand chose dans ce chapitre mais j'aime bien prendre mon temps pour écrire les événements, donc il n'est pas impossible que ça se reproduise à nouveau plus tard.

FMA ne m'appartient pas et c'est bien dommage (quoique je ne sais pas si j'arriverais à la cheville d'Arakawa-sensei ^_^).

Et comme toujours, merci à mon bêta-lecteur, toujours là pour me donner ses premières impressions.

Bonne lecture !


Chapitre 04

Quelques instants après le départ du train, Kimblee prit conscience de l'étrange atmosphère qui régnait dans le compartiment. Il ferma les yeux pour éviter de les lever au ciel et décida de relancer ses hommes sur les objectifs de la mission. Il se tourna donc vers eux. Ce mouvement attira l'attention des cinq personnes.

« Scar a sans aucun doute pris de l'avance sur nous. Le dernier témoignage date d'hier et le situe aux alentours de Broford. Depuis, il doit avoir fait du chemin et ne doit plus être très loin de West City. Mais l'armée le serrant de près, nous arriverons bien à le retrouver, lui et son compagnon. », dit-il aux soldats.

« Il y a donc peu de chances qu'il nous échappe. », dit Meyer, d'une voix timide.

« Exactement. », lui répondit Kimblee avec un léger sourire.

« Et si d'autres l'arrêtent avant nous ? Ou le tuent ? On fait demi-tour ? », demanda Morris.

Kimblee lui lança un regard amusé, en souriant franchement. « Avez-vous donc si peur que ça de quitter Central que vous voulez déjà y rentrer ? », dit-il en lançant un regard de biais à Julia et Meyer. Ce dernier se fit encore plus petit qu'il ne l'était déjà, tandis que la jeune femme leva les yeux au ciel lorsque l'alchimiste reporta son attention sur Morris.

« Sachez que l'individu qui accompagne Scar a aussi des comptes à rendre au gouvernement. Alors même si l'Ishbal est abattu, nous devons encore nous charger de son compagnon de route. Donc pour que les choses soient claires : nous allons jusqu'à West City et nous aviserons sur place. », conclut l'écarlate.

Les soldats acquiescèrent et le silence retomba à nouveau sur le petit groupe, chacun plongé dans ses réflexions, réfléchissant au rôle qu'ils auraient à jouer en cas de contact avec Scar.

« Qui peut donc bien être cette personne pour que nous devions aussi nous en soucier ? », se demanda Julia, qui se remettait finalement de son trouble. « Kimblee n'a pas divulgué son identité mais il doit la connaitre, sinon il n'aurait pas été aussi sûr qu'il s'agissait de la bonne personne lorsqu'il a lu les témoignages. Pourquoi ne pas nous le dire ? »

Cette pensée la travailla pendant une bonne partie du trajet. Kimblee remarqua d'ailleurs qu'elle était tracassée par quelque chose mais décida de ne pas l'interroger tout de suite afin de ne pas la replonger dans son embarras. « Autant ne pas abuser des bonnes choses. », se dit-il.

Le trajet se passa sans problème quand au bout d'une heure trente, le train s'arrêta en gare d'Ashmore. L'alchimiste découvrit alors avec une certaine stupeur que le convoi y faisait désormais un arrêt d'une trentaine de minutes afin de changer la locomotive. Il donna l'ordre aux soldats de descendre se dégourdir les jambes et les suivit, n'ayant rien de mieux à faire à part ronger son frein jusqu'au départ du train.

Ashmore constituait le premier arrêt dans la région de l'Ouest. C'était une ville de taille moyenne qui était bordée par les premiers versants des montagnes, caractéristiques de la zone. De nombreux pins et autres épicéas l'entouraient tandis qu'une vallée s'étendait au loin. La vue depuis les quais de la gare en aurait donc laissé plus d'un rêveur. Pourtant, Kimblee ne s'en préoccupa pas, occupé qu'il était à compter les minutes. « Depuis quand ce train s'arrête-t-il ici comme cela ? », se demanda-t-il alors qu'il regardait distraitement les manœuvres de changement de locomotive. Il commençait à se maudire d'avoir fini en prison sept ans plus tôt. « Je suppose que j'ai dû en rater des choses en sept ans. C'est agaçant. », songea-t-il en secouant la tête.

Les autres soldats avaient décidé d'aller jeter un œil en ville, histoire de marcher un peu mais Julia ne les avaient pas accompagnés car même si Kimblee les avaient empêchés tout à l'heure d'en venir aux mains, elle en voulait toujours à Meyer de l'avoir insultée de la sorte. Elle avait donc préféré rester dans la gare. Elle parcourut les quais en observant les alentours et finit par apercevoir l'alchimiste qui marchait le long de la plate-forme d'où devait repartir leur train.

« Il a l'air préoccupé. », murmura-t-elle. Elle vit aussi les regards impatients que l'écarlate lançait aux mécaniciens et comprit : « Bien sûr, il ne peut pas savoir pourquoi on s'arrête ici désormais. » Elle prit donc son courage à deux mains et alla rejoindre l'alchimiste.

« C'est à cause l'accident qu'il y a eu il y a quatre ans. », lui dit-elle alors qu'il lui tournait encore le dos.

« Pardon ? », répondit Kimblee en se retournant.

Julia déglutit et continua : « La raison pour laquelle le train s'arrête ici, c'est à cause d'un accident qui s'est produit dans la région il y a quatre ans. » Et voyant que l'alchimiste ne répondait pas, elle prit cela comme une invitation à poursuivre son explication.

« Pour aller à West City, le train doit traverser une partie des montagnes. Or il y a quatre ans, un convoi en provenance de Central les traversait lorsqu'il y a eu un violent orage. La locomotive, balayée par les vents et par la pluie a perdu de la puissance et a provoqué le déraillement du train, allez savoir comment… Il s'est retrouvé en contrebas. Comme c'était un train de nuit, le nombre de personnes présentes à bord était bas, sinon ça aurait été une véritable catastrophe. Depuis, on s'est rendu compte qu'il fallait des locomotives plus puissantes et on a décidé de faire le changement ici, vu que c'est la dernière ville avant de vraiment pénétrer dans les hauteurs et qu'elle possède une gare assez grande. »

Tout en racontant son histoire, Julia avait pris place à côté de Kimblee et ils parcouraient ensemble le quai.

« Je vois. Je n'étais pas au courant de cela. », dit finalement l'alchimiste. « Quelle réponse intelligente, Solf. Comment aurais-tu pu être au courant ? », se dit-il en fermant les yeux une seconde. « La bêtise de ces recrues va finir par m'atteindre si je n'y prends pas garde. »

Au moment où il rouvrit les yeux, il vit que Julia fixait les alentours avec un léger sourire aux lèvres, éblouie par la beauté du paysage. Kimblee sourit aussi mais pas pour les mêmes raisons.

« Je vous remercie pour votre explication. », lui dit l'alchimiste. « Mais dois-je en conclure par-là que c'est pour cette raison que vous ne sembliez pas vouloir me suivre dans cette région ? Peut-être souffrez-vous d'une peur irrationnelle des accidents de train ? », continua-t-il sur un ton moqueur.

Julia sentit le rouge lui monter aux joues de colère mais aussi de gène. « Je n'ai pas vraiment envie de lui raconter mon aventure avec Meyer. »

« Euh… Non, pas du tout. », répondit-elle. « Je dois trouver un moyen de détourner la conversation. Pourquoi Meyer n'est jamais là quand on a besoin de lui !? », songea-t-elle. « Á moins que… » Elle se tourna vers Kimblee et après avoir rassemblé son courage encore une fois, lui demanda :

« Vous connaissez la personne qui accompagne Scar, n'est-ce pas ? »

Kmblee fut surpris par sa question mais ne le montra pas. « Un élément brillant, je le savais. », pensa-t-il.

« En effet, je sais qui il est. », lui répondit-il simplement.

« Pourquoi ne pas nous le dire alors ? Ça pourrait nous faire gagner du temps. », répliqua Julia.

« Vraiment ? Vous avez son signalement, cela suffit amplement. Le reste ne concerne que moi et le gouvernement. », lui dit Kimblee.

« Je vois. », fit-elle.

« Alors c'était cela qui vous tracassait depuis notre départ de Central ? », continua l'alchimiste avec un sourire en coin.

« Oui. », murmura Julia.

« Ne vous en faites plus avec cela. Vous en savez assez, croyez-moi. », dit Kimblee avant de s'asseoir sur un des bancs présents sur le quai. Julia hésita à faire de même mais l'alchimiste l'invita d'un regard à prendre place à ses côtés. Ils restèrent silencieux quelques minutes jusqu'à ce que la jeune femme reprenne la parole :

« Au fait… », commença-t-elle. « Vous connaissez bien la région ? »

« Pourquoi me demandez-vous cela ? », répondit Kimblee.

« Pardonnez-moi, je ne voulais pas être indiscrète mais vous aviez l'air surpris quand nous nous sommes arrêtés toute à l'heure et je pensais que c'était parce que vous connaissiez la ligne et que vous ne vous attendiez pas à cet arrêt prolongé… ». Elle s'arrêta là, n'osant pas continuer de peur que l'alchimiste n'apprécie pas sa curiosité.

Kimblee sourit à cette question. « Vous avez raison. J'ai voyagé plusieurs fois sur cette ligne avant la guerre d'Ishbal. J'étais stationné au QG de Central mais j'ai eu de nombreuses missions dans l'Ouest. », expliqua-t-il en reportant son regard sur le paysage qui les entourait. « Et curieuse avec cela. Même si je me demande pourquoi je lui ai répondu… », songea-t-il.

« Oh. », fit simplement Julia. Et elle se plongea, elle aussi, dans la contemplation de leur environnement.


Pendant que Kimblee et Julia discutaient, les quatre soldats étaient donc en ville mais avaient pris soin de ne pas trop s'éloigner de la gare, au cas où le train repartirait en avance. Ils marchaient donc dans le centre tout en surveillant l'heure.

« Il a fait quoi !? », s'exclama Morris.

« Il est entré dans le compartiment avec ses gros sabots et il s'est mis à se disputer avec elle. », lui répondit Maxims, entre deux rires. « Et tout ça devant Kimblee ! »

De nouveaux éclats de rire accompagnèrent cette dernière déclaration.

« Oh, ça va. On voit bien que ce n'est pas vous qui devez la subir ! », s'énerva Meyer.

« En effet, on n'a pas de problème avec elle, nous ! », dit Morris. « Sans compter que… Bon sang tu aurais pu te retenir de te disputer avec elle devant Kimblee. »

« Oui. », repris Mitchell, toujours en riant. « Tu aurais dû voir sa tête quand l'autre est intervenu ! »

« En parlant de tête, Meyer… », commença Maxims qui avait quelque peu retrouvé son sérieux. « Tu as vu celle que Morton a tiré quand Kimblee s'est penché vers elle pour vous parler ? »

« Non, évidemment. J'étais occupé à essayer de rester en vie. », gronda l'intéressé. « Pourquoi tu me demandes ça ? »

Son collègue soupira. « Pour rien… »

« Ah mais tu ne vas pas t'y mettre aussi ! C'est quoi cette manie de ne pas me répondre quand je demande quelque chose ? D'abord Morton, maintenant toi ! », cria Meyer.

Les rires fusèrent à nouveau parmi les soldats.

« Ha ha ha… Pas de panique… Ha ha ha… Je plaisantais… », essaya de lui dire Maxims. « C'est juste qu'on aurait dit qu'elle était subjuguée par son regard. »

« Imbécile ! », lui répliqua Meyer. « Morton n'est pas aussi idiote. Elle est insupportable mais pas idiote. Tu as rêvé, c'est tout. »

« Non, je sais ce que j'ai vu. », affirma Maxims.

« C'est vrai qu'elle avait une drôle de tête quand je suis arrivé dans le compartiment mais de là à dire que c'est le coup de foudre… », ajouta Morris.

« Elle avait peut-être une drôle d'expression parce qu'elle a eu peur. », hasarda Mitchell. « Tu as bien vu comme ils leur a parlé, non ? »

« C'est vrai. De toute façon, ce n'est pas mon problème. », dit Maxims.

« Bon trêve de bavardage. », dit Meyer que la conversation agaçait. « Il faudrait peut-être retourner à la gare, non ? »

Visant l'horloge qui se trouvait sur la façade du bâtiment et qui indiquait que la demi-heure était presque passée, ils se remirent en route et débouchèrent bientôt dans le hall. Ils s'attendaient à y trouver Julia qu'ils avaient laissée là mais quand ils ne la virent pas, ils supposèrent qu'elle était peut-être partie faire un tour elle aussi ou qu'elle les attendait déjà sur le quai. Ils ne furent donc pas surpris de la trouver sur le banc.

« Ah, la voilà ! », s'exclama Maxims.

Ils s'empressèrent de la rejoindre.

« Alors, on rêvasse ? », lui lança Meyer en arrivant à sa hauteur.

Julia ne sursauta pas car elle les avait entendus arriver mais elle lui lança un regard noir.

« Ah ! Encore fâchée. », dit le jeune homme.

« Ça t'étonne ? », lui lança-t-elle en se levant.

« Oh allez, pardon. Je ne voulais pas être aussi méchant. », lui dit son collègue.

La jeune femme soupira et s'apprêtait à lui répondre durement lorsque les paroles de Kimblee lui revinrent en mémoire :

Au prochain débordement de ce genre, je vous éjecte de la mission.

« Très bien, j'ai compris. », pensa-t-elle en soupirant à nouveau. « Tu es vraiment pénible mais je sais que si je reste fâchée avec toi, la mission va devenir impossible. Mais je te préviens, la prochaine fois que tu me sors quelque chose d'aussi dégueulasse, Kimblee ou pas, tu es mort. », lui lança-t-elle.

« Promis. », lui dit Meyer en souriant.

« En parlant de Kimblee, où est-il au fait ? », demanda Mitchell

« Euh… », commença Julia qui savait où était parti l'alchimiste puisqu'il était encore à ses côtés quelques minutes avant leur arrivée mais commençant à trouver la demi-heure longue, il était parti se renseigner pour savoir quand le train allait repartir. En y réfléchissant, elle n'avait pas vraiment envie de leur répondre car connaissant Meyer, il était capable de demander comment elle le savait et donc faire des suppositions insensées. « Pas si insensées que cela, puisque tu étais avec lui, ma fille. », pensa-t-elle.

« Vous me cherchez, messieurs. », leur dit une voix derrière eux, avant que la jeune femme n'ait pu poursuivre. « Je ne crois pas devoir justifier mes déplacements, il me semble. »

Il les fixa d'un regard perçant avant de poursuivre : « Le train va bientôt repartir. Je vous conseille donc de monter à bord si vous ne voulez pas rester ici encore un bout de temps. » Et comme pour montrer l'exemple, il se hissa dans le train, suivi de Julia. Les autres soldats s'empressèrent de faire de même. Ils reprirent les places qu'ils avaient au départ de Central et bientôt, le convoi redémarra pour les conduire vers leur destination première : West City.

« Si au moins j'avais pu tous les perdre en ville. Ou les y oublier. Au choix. », se dit Kimblee. « Enfin presque tous. »