Chapitre 3

Il entendit plus qu'il ne vit la détonation et le noir se fit en un instant…

Fin du flash back

Encore aujourd'hui, il ne revoyait que dans un brouillard les minutes qui avaient suivi. Il s'était réveillé dans une ambulance l'emmenant aux urgences. C'est ce qui avait suivi qui était devenu intéressant.

POV de Daniel

Bon sang, il détestait cette ville. Quand tous les 4, ils s'étaient lancés à la poursuite de ce cinglé de Walter Mabry et de Chase McKinney. Il n'était pas dans son état normal et ne pensait pas à réfléchir correctement.

Non, s'il voulait être tout à fait honnête avec lui-même, il ne pensait pas du tout. Il avait fallu pour cela que Merrit lui fasse remarquer l'évidence. Ils n'avaient pas besoin de les suivre directement, ils savaient déjà la direction qu'ils prenaient.

Ils emmenaient Dylan au port et aux vues du coffre-fort qu'ils avaient aperçu, ce n'était pas pour faire une promenade de santé à Dylan. Il ne pouvait qu'imaginer l'horreur de la situation de Dylan. Il ne s'était pas senti aussi mal et impuissant depuis…

Flash back

Voilà deux semaines qu'il était revenu à Washington. Malgré tous ses efforts, il n'était pas parvenu à oublier le fameux baiser que Dylan et lui avaient échangé. Il avait passé au moins trois soirées de suite sur le toit en face de celui de Dylan.

Il avait pu constater le talent de Dylan pour se faufiler sans qu'on puisse l'apercevoir. Il pensait être prêt à cette seconde confrontation, il avait déjà tout préparé dans sa tête. Toutes ses pensées furent cependant englouties dans le regard perçant de Dylan.

Il l'avait laissé le souffle coupé sur sa faim par un baiser encore meilleur que le premier. Il pouvait se vanter d'être un homme à femme, il n'y avait jamais eu d'ambiguïté pour lui. Du moins, il n'y en avait pas eu jusqu'à Dylan.

Il ne savait pas comment concilier tout cela. Dylan avait raison, c'était à lui de faire son choix et à personne d'autre. Il en était là de ses réflexions quand quelques jours plus tard en zappant devant la vieille télé du motel où il était installé.

« Dernières nouvelles : un agent du FBI blessé au cours d'une intervention. D'après, nos premières informations, il s'agirait de l'agent Dylan Rhodes connu pour… »

Il avait vécu le reste de l'intervention dans un brouillard. Tout ce qu'il voyait, c'est que Dylan était blessé et avait été transporté en urgences dans un hôpital de Washington. Il n'avait pas réfléchi plus de quelques minutes.

Prenant quelques précautions, il avait pris le premier métro qui le mènerait à Dylan. Il se fichait que l'endroit risquait de grouiller d'agent qui seraient ravis de l'attraper. Au final, il avait passé plus facilement qu'il l'aurait imaginé la sécurité.

Il avait été légèrement rassuré en réalisant que Dylan n'était pas ou plus dans une salle d'opération mais dans une chambre individuelle. Il resta un instant bloqué devant la porte hésitant et craignant ce qu'il allait découvrir derrière.

Il ouvrit tout doucement la porte et immédiatement l'odeur caractéristique des chambres d'hôpital l'agressa. Une petite chose le rassura immédiatement les bips réguliers de la machine marquant le rythme cardiaque de Dylan.

A pas lent, il pénétra dans la chambre aux aguets prêts à battre en retraite au moindre soubresaut, à la moindre petite alerte. Il commença par jeter un bref coup d'œil au lit où gisait Dylan. Cela lui fit l'effet d'un coup de poing dans l'estomac.

Ce dernier gisait parfaitement immobile sans connaissance, un bandage paraissant énorme sur son front. Il n'avait même pas essayé de savoir de quoi il retournait au niveau de la blessure. Il ne perdit pas plus de temps et s'approcha de Dylan.

Il resta planté un instant devant le lit hésitant à prendre la main inerte de Dylan sur le drap. Presque timidement, il prit finalement cette dernière espérant que ce simple contact le ferait réagir mais en vain. Dylan ne semblait pas conscient de sa présence.

« Dylan, dit il réalisant à peine qu'il murmurait. Tu m'entends ? Je sais pas si tu m'entends mais bon je suis là alors tant qu'à faire. Ne nous laisse pas tomber, t'as pas le droit, tu sais, ils ont besoin de toi… Non, j'ai besoin de toi, dit-il après un instant de silence. Je serais là quoi qu'il arrive, je te laisse pas même si je dois me retrouver en taule. Je sais ce que tu diras que je suis un idiot désobéissant mais je… Voilà, je tiens à toi. Je…, commença-t-il en s'interrompant entendant des bruits de pas se dirigeant vers la chambre. »

Fin du flash back

Les minutes qui avaient suivi son petit discours étaient restées graver dans sa mémoire. Maintenant il fallait qu'ils le retrouvent à temps coûte que coûte.

POV de Dylan

L'air commençait à se raréfier alors que l'eau montait inexorablement. Il avait beau se tourner dans tous les sens, aucune issue ne lui semblait possible. On dit que lorsque la mort approche votre vie défile devant vos yeux.

Et bien, pour lui, ce n'était que ces 18 derniers mois. Lorsqu'il s'était retrouvé dans cette fameuse chambre d'hôpital, il n'avait eu qu'une hâte la quitter au plus vite mais c'était compter sans Daniel Atlas. Il était totalement imprévisible et c'est ce qui lui plaisait.

Flash back

Il détestait les hôpitaux, cela lui donnait l'impression d'être prisonnier et le rendait vraiment claustrophobe. Cependant, le médecin qui l'avait pris en charge ne s'était pas laissé démonter malgré ses tentatives pour s'échapper.

Elle lui avait indiqué avoir bien l'intention de ne le laisser partir qu'après un bilan complet, accompagné d'un scanner. En effet, la balle qu'il avait reçue n'avait fait que lui effleurer le cran creusant un long sillon sur son visage.

Cependant, étant donné qu'il avait perdu connaissance, il ne pouvait pas échapper à la mise sous observation. Il était sur le point de filer à l'anglaise quand il avait aperçu Daniel par la fenêtre de sa chambre.

La surprise l'emporta sur l'envie de quitter cette chambre. Il n'avait pas vraiment l'intention de dissimuler le fait qu'il soit conscient mais sentant l'hésitation de Daniel, il savait que s'il se dévoilait trop tôt, il risquait de ne jamais entendre ce que Daniel avait à dire.

Il allait se dévoiler quand il entendit l'arrivée d'une autre personne. Bon sang, cet idiot risquait de se faire surprendre mais il continuait à lui tenir la main fermement.

« Oh, j'ignorais que Mr Rhodes avait de la visite. C'est bien qu'il se soit endormi, cela lui permettra de récupérer plus vite.

Comment va-t-il docteur ?

Vous êtes de la famille, interrogea-t-elle.

Nous sommes ensemble, répondit Daniel sans hésitation.

Et bien Mr Rhodes a eu de la chance, la balle n'a fait que lui frôler le crane. Nous avons craint un traumatisme crânien voir une commotion cérébrale suite à sa perte de connaissance initiale mais le scanner n'a finalement rien détecté. Quelques jours de repos et il n'y paraîtra plus. Si tel est son désir, il pourra sortir dès qu'il sera réveillé.

Merci docteur. Bon quand es-tu décidé à me dire que tu es réveillé, dit Daniel la porte à peine refermée sur le médecin.

Alors tu…, dit Dylan en rouvrant les yeux.

Je ne suis pas bête, j'ai bien remarqué le changement de rythme cardiaque lorsque le médecin est rentré.

Je…

Non, laisse-moi parler. Je ne t'en veux pas après tout ce sont mes propres hésitations qui nous ont conduit ici.

Je n'avais pas l'intention de te faire croire quoi que ce soit tu sais. Comme je te l'ai dit, c'est ta décision, je ne veux pas t'influencer.

Ta blessure n'a en rien influencé mon choix, elle m'a juste ouvert les yeux. Je sais que je ne suis pas le champion des grandes déclarations.

Tu ne t'en sortais pas si mal, dit Dylan mi-moqueur, mi-sérieux.

Je veux qu'on tente le coup tous les deux, je suis prêt à prendre le risque et advienne que pourra.

Tu es sûr de toi.

Pourquoi toi non ?

Non, j'y suis prêt aussi. »

Aucune autre parole ne fut échangée entre eux, mais leur premier vrai baiser eut lieu dans cette chambre d'hôpital.

Fin du flash back

Ce fut le premier d'une longue série qui les avait entraîné jusqu'à un pout de non retour quelques semaines auparavant. Aucun d'eux n'avait imaginé les répercutions de leurs actes sur leurs vies à tous les deux ainsi qu'à celle de toutes les autres…

A suivre