Bonne année à tous ! Merci pour vos favs et follows et merci à Dream's Team, Boubie, Clélia, Odea, Mariancleapour vos reviews !
En avant pour le chapitre 6 ! (Un peu court cette fois, désolée...)
Chapitre 6
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La semaine qui séparait Noël du Nouvel An donnait toujours l'impression à Bucky qu'elle était piégée dans le temps, bougeant au ralenti. Les gens avaient encore la gueule de bois des fêtes de Noël, et les bruits semblaient assourdis, étouffés, et tout le monde se traînait en attendant le prochain rendez-vous, pour le passage à la nouvelle année.
Il n'arriva rien de particulièrement notable. Bucky raconta à Sam ce qui s'était passé le jour de Noël dans sa famille (ce qui lui valut un regard écarquillé et une tape bien sentie sur l'épaule), et il passa le reste du temps à se traîner sur le canapé ou à aller au VA avec Sam pour les groupes de thérapie (pas de repos pour les guerriers).
Steve lui envoyait régulièrement des messages, que Bucky tentait de prendre avec la distance nécessaire, ce qui n'était pas évident, car Steve semblait absolument enchanté d'avoir trouvé un ami en Bucky, et il ne cachait pas son enthousiasme dès qu'ils se parlaient.
– Je n'imaginais pas le fils du président des États-Unis comme ça, confia Bucky à Sam un matin.
(Natasha étant toujours absente, Sam avait pris temporairement sa place en tant que colocataire, un arrangement qui avait agacé Bucky au début, quand il avait cru que Sam faisait ça parce qu'il avait pitié de lui, mais qui l'arrangeait bien maintenant, parce qu'il n'aimait pas être seul.)
– Et comment tu l'imaginais ? demanda Sam, qui en bon psychologue posait toujours des questions.
– Je ne sais pas. Distant ? Froid et réservé ? Une célébrité, quoi. Pas le genre de type à raconter sa vie alors qu'il te connaît depuis deux semaines.
– Il doit se sentir à l'aise avec toi.
– Je suppose. Ou alors, il veut désespérément avoir un ami et il essaie de toutes ses forces d'y parvenir.
– C'est l'impression que ça te donne ?
– Non, dit Bucky après un instant de réflexion. Ça paraît naturel.
Sam haussa les épaules.
– Ça arrive. Les coups de foudre amicaux. C'est ce qui s'est passé pour moi et Riley : le jour où on s'est rencontrés, c'était comme si on s'était toujours connus.
Riley était l'ancien équipier de Sam chez les paras. Il était mort au court d'une mission, sous ses propres yeux, et Bucky n'osait même pas imaginer à quel point ça devait être dix fois plus terrible que la perte de son propre bras. Au moins, ses Commandos étaient toujours en vie.
– Il n'y a jamais rien eu de… sentimental entre vous deux ? osa demander Bucky.
Sam, heureusement, ne s'offensait de rien, même pas des questions indiscrètes.
– Non. Il avait une fiancée, et je ne le voyais pas comme ça. On était juste comme des frères.
Peut-être que c'était comme ça que Steve le voyait, lui aussi. Bucky, pour sa part, n'avait généralement pas envie de coucher avec quelqu'un qu'il considérait comme un frère…
– Il faut que je trouve une solution, soupira-t-il. Je ne peux pas laisser ma libido gâcher ce qui deviendra peut-être une belle amitié. Je dois trouver une façon de relâcher la pression.
Il y eut quelqu'un, cette semaine-là, un type rencontré au Lucky Bucky, qu'il ramena chez lui (Sam, qui l'avait accompagné au bar, comprit le sous-entendu et rentra dormir chez lui ce soir-là). Par miracle, le type ne prit pas la fuite lorsqu'il vit son bras en métal, même s'il eut quelques réflexions offensantes qui donnèrent à Bucky envie de l'assommer – mais il ne l'avait pas ramené pour qu'ils fassent la conversation, juste pour apaiser ses pulsions, et sur ce plan, il ne se débrouillait pas si mal (probablement parce que Bucky pensait à Steve en même temps, même s'il essayait de toutes ses forces de ne pas le faire).
Le type ne changea pas la face du monde aux yeux de Bucky (il avait oublié son prénom le lendemain à peine), et plus triste encore, il ne parvint pas à lui faire oublier Steve. Bucky haussa les épaules et décida de remettre le problème à plus tard.
Natasha rentra de sa mission le 30 décembre. Comme elle ne pouvait bien sûr pas raconter comment s'était déroulé son voyage, ce fut Bucky qui s'épancha sur son Noël particulier et sur son amitié avec Steve.
– Il m'a offert un smartphone, Natasha.
Natasha haussa les sourcils.
– Le plus impressionnant, c'est que tu aies accepté.
– Je ne pouvais pas refuser, soupira Bucky. Et puis, c'est vrai que c'est pratique.
– Voyez-vous ça.
Natasha l'observa en silence pendant un instant, avant de dire, avec sa perspicacité habituelle :
– Ton nouvel ami n'a pas l'air de te rendre très heureux.
– Si ! s'exclama Bucky. Je veux dire, c'est un type génial, je me sens vraiment très proche de lui. Mais c'est tout le problème. Je ne veux pas tomber amoureux d'un mec déjà fiancé, et je me connais, Nat, c'est ce qui risque d'arriver s'il continue à être aussi adorable.
– Prends tes distances, alors ?
– J'essaie. Mais la plupart du temps, il s'en rend compte, et il me demande s'il a dit quelque chose qui m'a offensé. Je n'ai pas envie qu'il se fasse du souci à mon sujet…
– Parle-lui clairement de ton problème ?
– C'est ça, pour m'humilier devant lui au mieux, perdre son amitié au pire ? Non merci…
– Trouve-toi un autre mec ?
– J'ai essayé. Ça marche pas.
Natasha haussa les épaules.
– Désolée, James. Essaie de trouver une autre solution pour te distraire. Tu veux faire un marathon Le Seigneur des Anneaux ? Je sais que tu en as envie.
Bucky eut un sourire. Il connaissait par cœur la trilogie, à ce stade, mais Natasha proposait le marathon chaque fois qu'elle était à court d'idées pour lui remonter le moral, et pour l'instant, ça avait toujours plus ou moins fonctionné.
– Je vais chercher les blu-ray, dit-il en guise de réponse.
Sept heures, deux bouteilles de vin (majoritairement descendues par Natasha) et trois plateaux de sushis plus tard, Bucky n'avait qu'une conclusion à tirer : quelle que soit la magie du Seigneur des Anneaux, qui fonctionnait toujours sur tout, elle était de toute évidence inefficace en ce qui concernait Steve Rogers.
Vaincu, Bucky profita de ce que Natasha était partie chercher un dessert à la cuisine pour envoyer un texto à Steve.
(Moi) 30/12/2016 22:02
Qu'est-ce que tu fais pour le Nouvel An ?
(Le plus bel homme du bar) 30/12/2016 22:03
Peggy est rentrée de Londres, on le passe ensemble chez mon père, il fait une petite fête :)
Oh. Peggy.
Bucky soupira.
(Moi) 30/12/2016 22:02
Super :) J'espère que tu t'amuseras bien.
Avant que Natasha ne revienne, il se rendit au fin fond de son répertoire, et changea (Le plus bel homme du bar) en (Steve Rogers).
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Le Nouvel An fut aussi tranquille que Bucky l'espérait. Cette année, en plus de Natasha, Sam était là, et loin de protester contre leur façon de passer le réveillon, il s'installa avec eux sur le canapé pour regarder la télévision en descendant une bière.
– Alors, c'est votre tradition annuelle, hein ? Maison, télé, bière ?
– Ça en prend le chemin, en tout cas, dit Bucky en haussant les épaules. Des idées à apporter ?
– Des burgers.
– Des hamburgers le soir du Nouvel An ? Un peu de classe, Wilson, se moqua Natasha.
– Qu'est-ce que tu proposes ?
– De la pizza, évidemment.
Quelques secondes avant minuit, ils regardaient à la télévision la boule lumineuse descendre le long du mât en haut du One Times Square. Au pied de l'immeuble était massée une foule compacte de toutes nationalités, criant et chantant, et Bucky frissonnait rien qu'à imaginer ce que ça ferait de se trouver en plein centre de cette foule en cet instant précis. Personnellement, il avait les boules Quiès de prêtes, à côté de lui, mais avait décidé de ne les utiliser qu'en dernier recours. Il ne pouvait pas passer sa vie à se protéger du monde extérieur.
– Cinq, quatre, trois, deux, un…
– Bonne année !
Sam et Natasha n'étaient pas comme les Commandos Hurlants, qui portaient bien leur nom (et c'était pour cette raison que Bucky avait toujours refusé de faire le Nouvel An avec eux). Ils ne hurlèrent pas, ils ne sautèrent pas à pieds joints, ils se contentèrent de sourire et de se serrer dans les bras, et d'accord, ça manquait peut-être un peu de peps, mais c'était tout aussi bien comme ça. L'important, après tout, c'était qu'ils soient ensemble.
À minuit cinq, Steve envoya un message à Bucky.
(Steve Rogers) 01/01/2017 0:05
Bonne année ! J'espère que tu passes une bonne soirée. Quelles bonnes résolutions pour cette fois ?
Arrêter de s'intéresser aux hommes déjà fiancés, d'une part, songea automatiquement Bucky. Mais au moins, il avait pris la décision de ranger Steve dans la case "amis" plutôt que "partenaire sexuel potentiel", et c'était déjà un pas en avant.
(Moi) 01/01/2017 0:07
Bonne année :) Les bonnes résolutions : arrêter de frimer avec la corvette de Natasha, arrêter de me plaindre de mon iPhone parce que je ne sais pas l'utiliser, arrêter de toujours prendre des Big Mac au Mc Do et essayer de nouveaux menus. Toi ?
(Steve Rogers) 01/01/2017 0:09
Le Nouvel An te rend drôlement audacieux, à ce que je vois. En ce qui me concerne, essayer de faire mon travail du mieux que je peux, être le plus honnête possible envers les autres, me montrer compréhensif, et libérer du temps pour mes amis ! Toi, donc, de façon générale. Je n'ai pas d'amis.
Bucky pouffa.
(Moi) 01/01/2017 0:11
J'aurais dû me douter que tes résolutions ressembleraient à ça. Captain America tout craché.
(Steve Rogers) 01/01/2017 0:12
J'en aurais rajouté une sur le Mc Do, mais je n'y vais jamais.
(Moi) 01/01/2017 0:13
On ne se moque pas.
(Steve Rogers) 01/01/2017 0:14
Jamais. Je peux t'appeler ? Je voulais te parler de quelque chose.
(Moi) 01/01/2017 0:15
Ok.
Et voilà, songea Bucky, c'était le moment où Steve lui disait que finalement, ça ne l'intéressait plus d'être ami avec lui, ou bien qu'il en avait assez de la tension sexuelle à sens unique qui accompagnait leurs rencontres, et qu'il valait mieux qu'ils en restent là. Pendant les quarante-trois secondes que mit Steve à l'appeler, Bucky avait déjà imaginé toute une myriade de scénarios désagréables.
Il n'avait pas imaginé celui-là.
– Bonne année !
– Tu me l'as déjà dit, sourit Bucky.
– Ça ne coûte rien de le répéter. Tu passes une bonne soirée ?
– Oui, et toi ? De quoi tu voulais me parler ?
– Tu ne perds pas de temps, nota Steve.
Parce que l'attente était horriblement stressante, mais ça, Bucky ne lui dirait pas.
– J'ai appris ce soir que l'armée allait donner un gala en l'honneur des vétérans à New York en janvier. Peut-être qu'ils t'auraient de toute façon envoyé une invitation, avec ta Médaille d'Honneur, mais je voulais t'inviter en premier. Tu viendrais ? Peggy sera là, vous pourrez vous rencontrer.
Et merde.
– Wow, tenta de plaisanter Bucky, tu veux déjà que je rencontre ta fiancée ? J'ai l'impression que notre amitié avance un peu rapidement, là.
– Tu ne veux pas ?
Une très nette déception perçait dans son ton.
Pour être honnête, même en dehors de Peggy, qu'il n'avait absolument pas envie de rencontrer, Bucky n'était pas fan des réceptions, et encore moins des galas, ces horribles soirées collet monté où se réunissait la crème de la crème pour se prouver à chacun à quel point ils étaient beaux, intelligents, riches, puissants. Bucky était beau, d'accord, et quoi qu'en dise Becca, il était plutôt intelligent, d'accord aussi ; mais il n'était ni riche, ni puissant, et il avait un bras en métal et des traumatismes handicapants, dont celui de la foule.
– Je peux y réfléchir ? demanda-t-il d'une petite voix. Moi et les réceptions…
– Tu ne t'es pas trop mal débrouillé à celle de ta cérémonie.
– Je pouvais pas vraiment l'éviter, ceci dit, pas vrai ? Ça aurait fait tache que l'invité d'honneur disparaisse sans prévenir. Mais je ne sais pas… En dehors de toi, je ne connaîtrai probablement personne…
– Oh, je pensais inviter Sam aussi.
– Ah.
Une de ses excuses qui partait à vau-l'eau.
– Tu n'es pas obligé de venir si tu ne veux pas, dit Steve d'une voix douce en sentant sa réticence. Je me disais juste que ce serait une bonne occasion de se revoir. J'ai un planning tellement chargé…
– Ok, dit Bucky sans même s'en rendre compte. D'accord, je viendrai.
Il n'avait même pas eu le temps de réfléchir à son changement d'avis que celui-ci était déjà passé par ses lèvres en entendant la petite intonation suppliante de Steve. Impressionnant.
– Vraiment ?
– Ouais, ok. Tu me tiendras au courant des détails ?
– Bien sûr ! s'exclama Steve, tellement enthousiaste que Bucky dut éloigner son téléphone de son oreille. Génial, Bucky ! J'ai hâte de te revoir.
Bucky ne put s'empêcher de sourire.
– Moi aussi, dit-il doucement.
– Bref, il faut que je retourne à la soirée. Merci d'avoir dit oui ! Bonne année !
– Bonne année, Steve. Bonne soirée.
Ce ne fut qu'après avoir raccroché qu'il soupira, se demandant dans quel guêpier il s'était encore fourré. Au même moment, Sam passa la tête par l'entrebâillement de la porte de la cuisine, dans laquelle il s'était réfugié pour téléphoner en paix.
– C'était Steve ?
– Ouais. Sam, ne panique pas, mais je pense qu'on est invités à un gala de l'armée.
Sam ouvrit des yeux ronds. Bucky haussa les épaules, l'air de dire qu'il valait mieux ne pas lui poser de questions.
Il allait donc rencontrer la fiancée de l'homme sur lequel il passait ses journées à fantasmer.
Magnifique.
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Et voilà pour ce chapitre !
*voix de Scarlett Johansson* La prochaine fois, dans I Came Home...
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Lorsqu'un serveur s'arrêta à côté d'eux, Bucky fit une entorse à ses principes de précaution et s'empressa de saisir une coupe de champagne. Heureusement qu'il coulait à flots.
– Comment se passe la soirée, Bucky ? demanda Steve avec son joli sourire.
Il était tellement beau dans son costume que Bucky sentait son cerveau grésiller dès qu'il lui adressait la parole, ce qui n'aidait pas vraiment à la conversation – et c'était sans compter la façon dont Steve le regardait, l'air extatique, comme si Bucky était en fait la seule raison pour laquelle il était venu à ce gala.
Néanmoins, il n'allait pas passer sa soirée à se faire des films en présence de la fiancée, et il s'efforça de sourire en répondant :
– Bien, très bien. Beaucoup de champagne. Canapés au caviar. Je suis tout à fait dans mon élément.
