Scène 4 : Perceval et Caradoc
.
Ils s'étaient occupés des blessés et ils avaient enterrés leur mort. Maintenant, ils étaient réunis autour d'un feu de camp et ils mangeaient... sauf Merlin. Le serviteur du Prince Arthur s'était assis contre un arbre après avoir terminé de préparer le dîner et il s'était rapidement endormi. Il faut dire qu'Arthur n'avait pas été très tendre à son égard après l'attaque. Comme pour se venger de l'inquiétude qu'il lui avait causé, Merlin avait été de toutes les corvées.
« Il va attraper froid. » murmura Eolhsand en se levant.
Par leur lien reconstitué, elle avait senti des frissons. Elle prit une couverture dans son sac pour aller en recouvrir le jeune homme. Les autres la suivirent d'abord du regard puis retournèrent à leur conversation. Mais Guenièvre continua d'observer son ami et la Barde. Quelque chose... Quelque chose avait changé. Elle n'arrivait pas à mettre le doigt dessus mais elle le sentait. Quand ils avaient préparé le dîner Merlin et elle, son ami s'était montré rêveur, ailleurs. Il regardait souvent Eolhsand.
Au premier abord, la jeune servante n'avait pas remarqué de différence flagrante dans le comportement de sa maîtresse à l'égard de Merlin mais elle avait tout de même fini par se rendre compte d'une chose. Il y avait une plus grand proximité entre eux, une plus grande connexion... D'un point de vue physique. Eolhsand prenait toujours de multiples précautions dès qu'elle était proche de quelqu'un. Elle ne s'approchait jamais trop des gens, faisait tout pour ne pas les toucher. Merlin avait toujours été de ceux avec qui elle prenait le moins de précaution. Gaïus était l'autre. Mais maintenant... Maintenant Gwen avait l'impression qu'elle n'en prenait plus du tout.
Eolhsand avait délicatement drapé la couverture autour de Merlin mais malgré ses précautions, le jeune homme se réveilla. Son regard resta ancré à celui de la Barde pendant un long moment. Ils n'échangèrent pas le moindre mot mais Merlin fit un signe de tête. Comme s'il venait de refuser quelque chose à Eolhsand et cela fit sourire la femme blanche.
C'était un véritable sourire.
Quelques minutes plus tard, Merlin se levait. La Barde et le serviteur s'éloignèrent.
Guenièvre n'avait pas été la seule à remarquer leur départ.
« Il n'avait aucune chance. »
La servante regarda Caradoc. Arthur prit la parole.
« Je ferai tout mon possible pour que Cenred ne vous rende pas responsable de...
-Merci de votre attention Sire mais il ne peut pas nous faire grand chose...
-Juste ne pas nous payer, intervint Perceval.
-C'est pas faux, fit Caradoc.
-Qu'est-ce que t'as pas compris ? »
Un instant de réflexion.
« Payer. »
Et encore une fois, les deux hommes éclatèrent de rire.
« D'où vient cette plaisanterie ? Leur demanda Guenièvre.
-Quelle plaisanterie ?
-C'est pas faux...
-Ah ça... »
Un regard de connivence.
« Quand nous étions petits, c'est l'archiviste du château qui était notre précepteur, se mit à raconter Caradoc. Il nous posait toujours des questions avec des mots si compliqués. Une fois, alors qu'il me demandait mon avis sur je ne sais plus quoi, je lui ai répondu : ''c'est pas faux''. Et c'est resté.
-Vous êtes de la même famille ?
-Cousins. »
Archiviste... Château... venait de dire Caradoc. Cet homme était-il noble ? Mais n'avait-il pas dit que Cenred les payait pour escorter son émissaire ? Ils étaient des mercenaires en ce cas. Un noble n'était jamais un mercenaire.
« Pourquoi n'êtes-vous pas Chevalier ? Demanda tout d'un coup Yvain.
-Pas envie, proposa Caradoc en riant.
-Mais vous êtes nobles, répliqua l'enfant.
-Pas moi, dit Perceval. Je suis né du mauvais côté du lit. Je ne peux pas être Chevalier. »
L'enfant rougit. Il savait très bien ce que le géant voulait dire par là.
« Je suis désolé. »
Perceval haussa les épaules. Ça n'avait aucune importance pour lui.
« Mais ce n'est pas le cas de mon cousin, ajouta-t-il. Il est bien noble. Lui.
-Je ne le suis plus.
-Pourquoi ? Le questionna Yvain. On ne peut pas arrêter d'être noble.
-Pas si le roi le décide.
-Les Rois ont le droit de faire ça ? »
Yvain se tourna vers Arthur. Le Prince confirma d'un signe de tête que c'était parfaitement possible.
« Pour quelle raison ? » demanda ensuite le page d'Arthur.
Il fallait qu'il sache la raison pour pouvoir savoir si la décision de ce Roi était juste ou non. Le père de Caradoc avait peut-être fait quelque chose de très grave. Il avait peut-être trahi son Roi.
« Parce que mon père a refusé de renier ma mère, lâcha Caradoc après un long silence.
-Elle avait fait quelque chose de mal ?
-Yvain ! »
L'enfant regarda Arthur.
« Tu deviens trop indiscret. » lui dit le Prince.
Le page baissa la tête.
« Je suis désolé.
-Ce n'est pas à moi que tu dois faire des excuses. »
Yvain se tourna donc vers Caradoc.
« Veuillez me pardonner messire. »
Caradoc haussa les épaules tandis que Perceval observait attentivement son cousin. Si le Prince Arthur n'avait pas été présent, aurait-il révélé à ce jeune page la raison pour laquelle sa mère devait être reniée ?
...
PvC : Aaaaaahhhhh enfin nous voilà à Camelot...
Ahélya garde le silence et observe les alentours...
A : Euh... PvC... c'est moi ou... nous sommes toutes seules ici ?
Legend : Merci beaucoup pour la review^^. Pour la fameuse botte secrète, c'était une évidence. Si Perceval et Caradoc étaient présents je devais la faire absolument XD
Et pour tous ceux qui veulent un peu plus de précisions sur nos deux nouveaux arrivants ou sur l'histoire en elle-même, un petit tour sur le forum suffit :
Pour Perceval et Caradoc : http[:/)/]forum[.]fanfiction[.]net/topic/83120/34254935/2/#61946826
Pour la fic : http(:/)/)forum(.)fanfiction(.)net/topic/83120/61652580/1/#61946314
Scène 5 : Merlin et Eolhsand
