salut !
Un très long chapitre ! Encore ! Avec beaucoup beaucoup beaucoup d'action ! Un peu d'humour distillé de ci de là mais bien moins que dans le précédent chapitre …Chapitre assez sombre et technique… En gros, accrochez-vous, ça va secouer !
je fais de gros bisous à ma petite Lunachoue qui nous rejoindra pour le prochain chapitre ! c'est ma faute, j'étais tellement inspirée que j 'ai écrit tout ça très vite et ma ptite pitchoune n'a donc pas eu de place pour s'exprimer dans ce chapitre ! la prochaine fois, elle revient, pas vrai, ma belle?
rar:
Merci à Mikishine, Titus de Mystique, Lied, the Wendy Malfoy, Kawaï Shina, Zazaone, Ma Floon, ma Luna, ma Lolie, ze1telotte, Alexis, Valerie L, Lilas, Xaveria, Celia Anges, Snapye, Laetitia Rogue, Darklinn, Tyto27, Xyrae, Neteria, DarkSev', Mirliton, Bee et latiteelfemagique, Fanette31, Aurore blackcat (merci à twwwa! )et Alma….
je n'ai oublié personne?
franchement.. Vous êtes géniaux ! (message subliminal : continuez comme ça , mdr)
RARA sur le Lj (pour ceux qui n'ont pas de comptes sur ff.)
Bêta lectrice : Shaia alias Bibidiba, ma grande sœur ! merciiiiiiiiii ! la prochaine fois je te fais un code de couleur ça évitera qu'on ne se parle plus de la soirée.. TT
disclairmer: rien n'est à moi...C'est m'dame jk R qui m'a juste prété qqs persos !
Résultat des sondages :
joshua à la corbeille : (en comptant les votes par msn..) SOIT/ 17 Voix !
Joshua en récupération :0
Bah tiens, c'est étrange ça ! mdr ! Ok.. Le ptit Josh va être viré ! kkyyyyaaaaa !
Bonne lecture !
Chapitre -6 : Peut-on illuminer un ciel bourbeux et noir ?
Vendredi 12 Avril 1999. 14h00 pile, plage de Seagull-lame village.
Hermione balance ses jambes dans le vide, faisant mine de s'emplir du panorama moutonneux de la mer. Au demeurant, elle le trouve vraiment pittoresque, avec les quelques vieilles barques de pécheurs mouillant au large.
Elle entend des pas derrière elle. Elle ne se tourne pas. Elle sait que c'est lui.
.- « Il a ses petites habitudes. Chaque jour, à 14hOO, Anton Sticks vient prendre l'air sur la jetée et remettre ses idées en place. Il y reste précisément un quart d'heure. Autant dire que tu auras peu de temps, Hermione. Ce gars est réglé comme un hibou Suisse. » L'avait informé Draco, rapport à la main.
L'homme se laisse tomber à sa gauche. Elle tourne lentement la tête vers lui. Ne pas le fixer. Elle sourit poliment en guise de bonjour. L'homme hoche sa tête. Elle se replonge dans sa contemplation de l'eau bleuâtre.
.- « Belle journée, n'est ce pas. » dit-elle.
Elle est fort heureuse qu'il y ait peu de ce crachin horrible. Elle avait prévu de commencer son introduction par cette phrase et n'avait vraiment rien trouvé de plus banal ! Cela aurait totalement été gâché si la pluie annoncée s'était mise de la partie.
.- « ça va. »
Trois minutes s'écoulent dans le plus profond silence.
Elle soupire dans une assez bonne imitation d'une amoureuse de la nature comblée par la vision qui s'offre à elle. Mais bien sûr, elle a lu dans la presse qu'un chalutier avait fait nettoyer ses cales dans le coin la semaine passée, cela refrène un peu son ardeur. L'homme ne semble pas s'en apercevoir. Il esquisse un sourire et se tourne vers elle.
.- « Vous n'êtes pas d'ici, mademoiselle, hein ? Ça se voit. »
Hermione refoule sa joie d'avoir noué le contact avec la cible.
.- « Non, vous avez raison, monsieur. Je suis de Londres.
.- Et vous venez vous relaxer un peu. Profiter de vacances… »
Elle incline la tête et rit doucement.
Elle se permet de le fixer comme il l'ose. La cinquantaine, les cheveux sombres et bouclés, des yeux noisette, un début de barbe noircissant ses joues creuses. Il a l'air surmené.
.- « oh . Euh.. Pas vraiment.. Je suis ici pour.. Affaires…. »
Elle joue la demoiselle frivole en laissant un intervalle de suspens pour souffler comme une conspiratrice le dernier mot.
Elle attend sa réaction.
Il lance un regard méfiant derrière lui, la considère et hausse les épaules, un air avenant sur ses traits.
.- « oh, vous êtes une de ses étudiantes qui espère trouver de quoi faire un exposé sur le commerce du hareng.(1) Beaucoup de vos camarades passent par ici, chaque année. Je peux vous conseiller. »
Hermione tortille une mèche de cheveux.
.- « Vous êtes bien sympathique, Monsieur... Monsieur...
.- Sticks. Anton Sticks.»
Elle lui tend sa main. Il la lui sert. Vigoureusement. Elle sourit follement. L'homme est tombé en plein dedans.
.- « Lucilla MacLane. »
Elle baisse la tête et se mord la lèvre.
Elle laisse quelques nouvelles minutes s'écouler.
A ses cotés, le Sorcier tire une montre-bracelet de sa poche de jean. Hermione y jette un coup d'œil. Il ne devrait pas tarder à partir.
Il se lève. Elle fait de même.
Prenant une grande inspiration, elle se lance :
.- « Est ce que vous pouvez vraiment me conseiller ? » se risque t'elle.
Elle a tellement peur d'échouer…
Sticks, sa montre toujours à la main, ricane.
.- « Vous êtes une grande timide, vous ! »
Elle se mord l'intérieur de la joue.
L'homme se frotte le menton.
.- « Hum, rumine t'il, vers qui pourrais-je vous envoyer ?. Il y a bien Sachs mais il est dans sa période grincheuse….Sinon… Hum... Non. Le plus simple, miss MacLane serait que vous me disiez ce qui vous intéresse exactement. »
Il relève les yeux.
« Voilà, tout va se jouer ici, ma fille. »
Elle s'efforce de moduler sa voix :
.- « Bien, en fait, je voudrais savoir comment, avec votre petite élite Moldue, vous comptez venir à bout de Voldemort. »
oOo
Ronald Weasley, pose son panier à sa droite, s'assit tranquillement, sifflote un air appris par Charlie et ouvre les pans en osier. Il extrait délicatement une petite boite de fer qu'il sait grouillante d'asticots et une canne qu'il entreprend laborieusement de monter.
Un coup d'œil sur le bout de la jetée, pour s'apercevoir que Sticks est en train de se laisser séduire par les sourires de sa jolie amie, et que l'homme ne risque pas de voir qu'il s'est enfoncé l'hameçon dans le pouce, comme l'amateur qu'il est.
Il déteste la pêche.
Ok. Tout se déroule bien. Pas de panique.
Il dévisse la boîte, sifflotant toujours. Un autre coup d'œil
Oulalla.. Les choses se gâtent.
Sticks et Hermione se font face. Les traits de l'homme sont altérés par la méfiance, et l'incrédulité. D'une des nombreuses poches de son accoutrement de pécheur moldu, le plus jeune garçon Weasley extrait une oreille à rallonge qu'il fait glisser dessous les lames de bois vermoulues de l'esplanade. Faisant mine de renouer un lacet –tout ce qu'il y a de plus solidement attaché-, il se penche en avant et colle son oreille au lobe de l'invention familiale phare.
Sticks, nerveux, tient des propos saccadés.
Hermione cherche à le rassurer, agitant les mains vers lui, comme prête à le retenir si besoin est.
.- « Vous en êtes, marmonne finalement le Sorcier.
.- Oui… De l'Ordre du Phoenix…Murmure Hermione.
.- ON VOUS PREND AU BERCEAU, MA PAROLE ! » Hurle Sticks.
Mais la fureur cède place à l'admiration.
.- « j'ai presque vingt ans, Monsieur Sticks, et en voilà maintenant neuf que je me bats à ma manière contre Voldemort. » Explique patiemment la jeune femme.
Ron entend Sticks frémir et siffler de ne pas re-prononcer ce nom.
Hermione hausse les épaules.
La toile brute gène Ron à l'entrejambe.
Rien ne vaut une bonne robe.. Puis, j'air l'air con penché comme ça…
Grimaçant, il continue d'espionner.
.- « l'Ordre aimerait établir une collaboration avec 'Freedom', Mr Sticks. » Insiste Hermione.
Merlin, ça gratte….
L'homme hésite. Anxieux. Pris au dépourvu.
.- « Bien… Suivez-moi. Nous serons plus tranquilles chez moi, pour en parler, mademoiselle…
.- Appelez-moi, Lucilla. Monsieur Sticks, je vous dois bien ça »
Ron lâche l'oreille à rallonge vivement, et surmontant sa répugnance plonge trois doigt dans la gamelle à appâts. Les petits vers orange se tortillent allégrement entre ses doigts quand Hermione et Stiks passent dans son dos, omettant de le saluer. Lui, dans son rôle, soulève un bord de sa casquette à carreaux.
Leurs pas résonnent sur la surface de bois.
Il consulte sa montre.
Bien joué, ma belle !
Il est très exactement 14h15.
oOo
Lundi 22Avril 1999. 21h30
Severus Snape saisit le heurtoir en airain et du bec du busard appuie contre le bois de la porte. Dans un craquement alarmant, le bois se fendille et la pièce métallique lui reste dans la paume. Severus éléve un sourcil en chapeau chinois.
Le pas affaibli de M. Tillmore résonne dans le hall.
.- « Oui ? » Commence le vieux majordome avant de s'éclipser contre le châssis. « Monsieur, quelle joie de vous voir. »
Il est évident, au regard de Severus qu'il s'en réjouit, en effet : La bouche s'incurve vers le bas, les joues se creusent, le dos se voûte et les yeux expriment la plus profonde indifférence. Mais c'est ainsi que la politesse exige de saluer tout visiteur, n'est ce pas ? Cependant, Severus n'est pas dans un bon jour.
.- « Changez de refrain, Tillmore, cette musique est démodée. » Attaque t'il et il lui lance l'ancien heurtoir au visage.
Du coin de l'œil, il voit le valet dans sa livrée empesée le récupérer laborieusement de ses deux mains chevrotantes rassemblées en une imitation de pince à gavial et y jeter un œil incrédule.
Severus se dirige dans les couloirs sombres, passe devant la moustache rousse de Oncle Algernon, le sale petit regard porcin et méprisant de son arrière Grand-tante Lilas –qui y était allergique et d'ailleurs, en mourut, assassinée sournoisement par sa belle fille figurant, elle, en place d'honneur sur le palier du premier étage avec en main un de ses petits sachets d'aromates violets et odorants qu'elle glissait entre les plumes d'oies de l'oreiller de sa victime- et finit son avancée devant la porte du bureau de son Père.
Il frappe succinctement et entre sans préavis.
Crassus Snape affûte la pointe d'une plume. Surpris par l'arrivée inattendue de son unique héritier, il s'entaille superficiellement l'épiderme. Une goutte macule la pointe blanche de la plume abandonnée.
.- « Bien le bonjour, Père. » Salue Severus en baissant et relevant aussi sec le menton. « Je vous apporte cette potion pour votre.. Femme. »
Il pose cinq petits flacons bouchonnées soigneusement et recouvert d'une pellicule cireuse sur le dessus de bureau- pur cuir de dragon-.
.- « Qu'elle l'utilise avant la fin du mois. » Ajoute t'il.
Crassus Snape baisse les yeux sur les fioles. Dans la semi obscurité de cette pièce, leur couleur rose vire en une teinte rebutante.
Severus tourne le dos et s'éloigne déjà vers la porte. Il pose sa main sur la clenche et imprime un mouvement de poignet pour déverrouiller le mécanisme quand la voix molle de son père le stoppe dans la manœuvre :
.- « Je m'étonne encore de ce qu'Il ne vous ait pas tué, renégat. »
Severus considère le chambranle dont le verni s'écaille. Une araignée a entreprit d'élire domicile dans les défectuosités du bois humide. La bile monte le long de son oesophage. Lui ne s'en étonne pas.
.- « Il préfère frapper dans le dos, en traître lui même, Le Lord trouve cette situation bien plus ironique et jouissive. » Il marque un temps d'arrêt. « Parfois, vivre est plus douloureux que mourir. »
Un rictus apparaît sur ses lèvres. L'araignée pendue au plafond, tisse sa toile, méthodiquement.
.- « C'est ce qui m'a convaincu d'accéder à votre requête. » Ment-il, odieux.
Il ne se retourne pas. Il a beau essayer de ne pas se laisser dominer par ses sentiments, entendre que son Père souhaite lui survivre et pis, désire sa mort, épice d'un goût saumâtre tout son être.
.- « Craignez-vous donc qu'Il ne se camoufle dans notre cuisine pour que vous vous permettiez d'entrer comme un Seigneur par la porte d'entrée ? »
Severus se retourne. Un sourire flotte sur leurs lèvres. Mais leurs dents sont scellées. Par le ressentiment, le mépris, le dégoût l'un de l'autre.
.- « J'avais envie de faire travailler Tillmore. Il s'encroûte dans sa vieillesse. Peut être devriez vous le remplacer ? Vous savez, Dans votre laboratoire ? Ou peut être devriez vous essayer avec Lovise ? Qui sait, cela fonctionnerait peut être. Et au pire, hé bien, vous trouverez quelle est cette erreur qui vous pénalise depuis tant d'années. »
Le sourire de Crassus Snape n'est plus.
.-« N'avez-vous pas une nouvelle cuisinière ? En êtes-vous satisfait ? Bavasse Severus.
.- DEHORS ! »Hurle Crassus Snape, les joues pigmentées de taches lie-de-vin, les mains claquées brutalement sur son bureau.
Severus papillonne des yeux. Il n'attendait que cela. Placide, il tourne la poignée.
Crassus respire avec force, écumant de rage. Ses poumons sifflent.
.- « Ne remerciez pas, ce fut un plaisir. » Soutient Severus.
Il fait trois pas dans le couloir, écoutant la chanson de cette hargne en lui puis transplane.
oOo
Mardi 23 Avril 1999. 17H00, Chez Sweetie et TooBlond
Lola Clunster lui ressert une tasse de thé, repose la théière en fonte sur un dessous de plat en argent représentant un adorable reptile –une tortue - et relève la tête, plissant les yeux, amusée.
.- « Allez, va.. Laisse-nous, trésor » Souffle t'elle.
Elle envoie un baiser à son fiancé récalcitrant. Draco Malfoy quitte la pièce en traînant des pieds, chose qui fait s'esclaffer Hermione, peu habituée à cette attitude indolente du blond.
La frêle demoiselle s'installe gracieusement sur une chaise en merisier et lève un menton interrogateur vers son invitée. Elle a hâte de savoir les petites nouveautés ou le réchauffé de la vie de son amie.
.- « Alors, ma belle, as-tu trouvé ?
.- Oui, j'en ai été contente » Murmure Hermione, soudain renfrognée.
Elle glisse un sucre dans sa petite tasse et observe la masse se dissoudre dans le liquide presque incolore.
Lola fronce les sourcils.
.- « Es tu ne l'es plus ? »
Hermione relève les yeux et pose sa tasse. Elle n'a pas soif. Et elle va tacher la superbe nappe crème à tenir ainsi le récipient de ses mains qui tremblent.
.- « Je voulais l'aimer en tant qu'amie et lui trouver quelqu'un qui l'aime d'amour. Mais quelque part en route, il semblerait que….
.- Je vois. »
Hermione de ses deux mains se comprime les joues, leur ôtant toutes couleurs avant de se tirer les cheveux vers l'arrière.
.- « Mes capteurs masculins sont défectueux…Ricane t'elle amèrement. J'ai peur.. D'un rejet je crois… Par toutes les fées, je me fait honte.. Je lui ais dis, tu sais, Lola. S'embrouille t'elle, dénudant tout ce qui lui passe par la tête.
.- Pour tes capteurs ? »
Elle parvient à sourire.
.- « Non. Mon sentiment. On n'en a pas reparlé. Et j'ai paniqué. J'ai réalisé seulement à ce moment où les mots sont sortis de moi. Que c'était plus qu'une passade. Et j'ai une attitude des plus horribles avec …Lui.
.- Quitte-le. »
Hermione porte une main à sa bouche pour y étouffer une expiration abattue.
.- « Oui, tu as raison. Opine t'elle.
.- J'ai toujours raison. Joshua, il.. Que t'apporte t'il… ?
.- Inconfort.
.- Même au lit ? Demande Miss Clunster d'un ton docte.
.- Lola ! » Rit Hermione.
Des taches rouges viennent colorer ses joues. Elle tend le bras et s'indigne de ne pas trouver de lait sur la table.
.- « Tu ne mets jamais de lait dans ton thé vert. Je te connais, va. Ne détourne pas le sujet. »
Hermione, occupant son bras ballant, envoie, faussement enragée, un sandwich vers le visage rieur tourné vers elle..
.- « Si tu veux savoir, c'est pas terrible… »
La future madame Malfoy, hoquette, à demi renversée sur sa chaise, et s'applique une serviette sur le bas du visage pour étouffer ces gloussements.
.- « Merlin, tu sembles avoir raison… Pour tes capteurs, c'est la cata.. »
Hermione se gondolant à son tour, croque à pleines dents dans un muffin. Mine de rien, les confidences, ça creuse.
oOo
Mercredi 24 Avril 1999. 15h26, QG de Freedom, aile psychiatrique de l'hospice désaffecté de Pembroke, à vingt miles de Seagull-Lame Village.
Il entre d'un pas mesuré dans une longue salle voûtée aux murs blanchis à la chaux. La lumière y nimbe le peu de meubles d'une aura exceptionnellement vive et ses yeux lui brûlent.
Le tirant par la manche de son col roulé en fine laine noir, Lucilla MacLane, de son nom d'emprunt le conduit vers un soubassement. Il y découvre un petit escalier de pierres calcaire du pays et galamment, cède le passage à sa compagne. Elle s'y engouffre. Severus Snape s'étonne de cette facilité d'adaptation acquise par sa jeune amie. Elle a passé autour de ses doigts et de son cou d'innombrables breloques scintillantes qu'Hermione Granger détesterait et s'est juchée sur de hautes sandales perlées pour se marier sensuellement avec sa robe moldue en tissu synthétique crème et tabac, cintrée sur sa taille fine, emprisonnant ses hanches, et munie d'une fente montant haut sur la cuisse. Elle adopte aussi un petit accent des plus mutins dés qu'elle ouvre la bouche. Et rit pour un rien. Sottement.
Justement, elle laisse échapper un gloussement. Il fronce les sourcils.
.- « N'en faites pas trop, tout de même. Ronchonne Severus. Les meilleurs mensonges sont ceux qui se rapprochent le plus de la vérité.
.- Je ris car j'ai hâte de vous appeler Basile, Basile ! » Se moque t'elle, reprenant un vouvoiement de circonstance.
Il secoue la tête, levant les yeux au plafond et elle pivote vers lui, souriant, joyeuse.
Spontanément, elle lui adresse un clin d'oeil avant de lui saisir le poignet et tenter de l'entraîner à sa suite. Mais, il ne bouge pas ce qui ramène Hermione à son point de départ, face à lui, à une marche de distance. Il se courbe vers elle qui attend tête levée vers lui.
.- « Lucilla.. Chuchote t'il, appuyant sur le prénom. Ce n'est pas un jeu.
.- Je ne le sais que trop, mais ces .. » Elle baisse la voix. « Moldus sont confiants et affichent un caractère bon enfant. Par ailleurs, je leur suis apparue comme une jeune fille délurée et un rien idiote. Et je le leur confirme depuis maintenant deux semaines. Allons, viens, il ne m'a pas été des plus simples de convaincre Sticks de t'introduire même après lui avoir relaté l'affaire en détail. Seulement, sachant que je ne parvenais pas à démasquer H seule, et que lui-même n'ose croire que parmi les trois autres recrues du mois, l'une joue la supercherie, il lui a bien fallu se soumettre. »
Elle se mord la lèvre. Ils en ont parlé des heures et des heures, au QG de l'Ordre, en compagnie de Harry, Ron et d'Albus. Ils ont mis toutes leurs stratégies au point, fouillant sans vergogne dans les souvenirs prêtés par Hermione qui tourbillonnaient dans une pensive, faisant défiler les têtes de chaque membre de 'freedom', se renseignant auprès des autorités sur chaque cas, analysant chaque geste, chaque regard, chaque parole de chacun, pour supposer que peut être, ce pouvait être Patrick, ou encore Tomas, ou alors Beau.. Mais ils n'ont rien trouvés. Rien. Et pendant ce temps, le Lord continue à être informé. De tout. Alors que l'Ordre patauge. Et cherche désespéramment cet ennemi au nom de code H.
.- « Sev-.. » Supplie t'elle.
Mais il écarquille les yeux et regarde par dessus son crâne.
.- « -rer ! Sevrer un veau ! Vous avez assisté à cette abomination ! » Improvise Hermione avant de se retourner et de secouer sa main gauche, un rien crétine. « Hey ! Salut, Janice ! »
Une grande perche au visage froissé –comme si un Hippogriffe l'avait foulé de ses sabots cornus – leur jette un regard vert des plus méfiants.
Hermione-Lucilla descend les deux marches restantes en souriant jusqu'aux oreilles et désignant Basile Grampth d'un doigt insolent, roule des yeux.
.- « Janice, je te présente Basile. Il parait qu'il a des idées straté.. Satigé.. Stratégiques absolument géniales ! Sticks m'a chargé d'aller le chercher. Il entre dans l'équipe ! Cool, non ? Il est dans la recherche. Un métier de dingue, je te dis. .. Un veau.. C'est si mignon, si..Euh.. Mignon. Pauvre bête privée de sa maman. …Ne restez pas coincé, enfin, Basile, venez dire bonjour. C'est comme une famille ici. »
Severus Snape réprime par un rictus habituel cette bouffée de rage qui monte en lui. Hermione Granger sait très bien ce qu'il en coûte de se moquer ainsi effrontément de lui, et la petite garce s'en ait donné à cœur joie. Déjà quand la veille, elle a décrété que les habits qu'il s'était procuré étaient des nippes hideuses et qu'elle se chargerait donc de le vêtir avec classe, il en avait frissonné. Bon, il est vrai que la drôlesse avait respecté ses goûts vestimentaires et qu'il n'arbore que du noir. Mais, une gentille leçon la remettrait à sa place et diable, il a envie de la titiller comme elle se permet insolemment de le faire.
Alors, se reprenant bien vite, il salue la dénommée Janice –Janice Cooper, Quarante ans, Moldue de pure souche, mère célibataire, n'a aucun casier judiciaire. Se charge de la statistique pour le mouvement 'Freedom' – d'un baisemain enjôleur qui fait rougir la dite dame comme un coquelicot.
.- « Une famille, vous dites ? » Susurre t'il de sa voix de miel. « C'est charmant. »
Hermione Granger plisse sa bouche rose en une moue capricieuse et claque des talons.
Touché..
.- « Bien, c'est par ici. Suivez-moi. Fait-elle sèchement.
.- Puis-je me permettre de vous prendre la bras, mademoiselle Janice, » Triomphe Snape.
Flattée et sitôt séduite, Janice Cooper accepte. Ils emboîtent le pas à Miss Lucilla MacLane, marchant à grandes enjambées rageuses :
.- « Elle semble de mauvaise humeur, Murmure Janice, passant au stade de la confidence amicale. Elle a même prononcé un mot dont je croyais qu'elle ignorait le sens. « Abomination ».Sans parler de sevrage. C'est incroyable. Un problème de cœur, vous croyez ?
.- j'en suis sûr ! Ah ! L'amour…..Tout est mystère dans l'Amour.(2 ) » Poétise t'il à haute voix.
Miss MacLane trébuche sur son escarpin.
Coulé.
ooOoo
Le parfum capiteux de Miss Cooper, lui monte au nez et il sent venir la migraine. Il se pince l'arrête du nez et s'agite sur sa chaise.
Hermione lui dédie un regard glacé. Il lui sourit avec sympathie. Il arrête là pour aujourd'hui sa petite revanche. Mais, Lucilla reste renfrognée et pivote vers un trentenaire à la dentition parfaire qui baisse fréquemment les yeux sur son décolleté plongeant : Beau Tyler. Il porte bien son nom. Grand et trapu, une fossette charismatique sur son menton ferme, de savants restes d'une barbe blonde parcheminée sur un visage halé de marin.
-Beau Tyler, 29 ans, Enfant né sous X. Célibataire. Joueur et séducteur invétéré. Pas de casier. S'occupe de la commission média au sein de 'Freedom' crée à son arrivée le 03 Avril 1999. -.
Anton Sticks distribue des projets de mission.
.- « Tenez, Lucy-Pretty, le vôtre. Enfin, où est votre bonne humeur ? » Louvoie le pécheur au physique d'Apollon. « Vous êtes toute taciturne, je veux dire, ahem pardon, silencieuse.. »
Basile –Severus la voit ébaucher un sourire bécasse dessus la table et dessous crisper les poings. Cela doit drôlement lui changer de jouer une écervelée dont le vocabulaire n'assimile pas même le mot 'taciturne'.
Severus Snape réprime un ricanement qui échoue comme une petite houle naufragée dans l'air ambiant tendu.
.- « Merci, c'est chou, de votre part. » Renifle Hermione d'une voix où affleure les larmes.
Elle évite de regarder dans sa direction.
A sa droite, Tomas Ames toussote et remonte sur son nez des lunettes de myope. Il passe une main sur sa calvitie reluisante.
- Tomas Ames. 5O ans. Marié, trois enfants. Moldu de pure souche. Ingénieur informatique. Informatise toutes les données du réseau depuis son arrivée le 13 Avril 1999 -
Brown Jonas, -44 ans, RAS. Membre depuis un an . – fait courir son bic à toute vitesse sur ses feuilles A4 quand il ne se dispute pas avec Ettore Di Brochionni, -62 ans, attention, ancien mafioso, expert en armes de tir et détonateurs en tous genres ainsi qu'en technique de tortures. Homme de main principal de l'Organisation 'Freedom' depuis sa création.-. Ce dernier se racle en permanence la gorge comme pour y déloger une seconde peau de récidives.
Suit un silence intense pour assimiler le contenu de la paperasse.
.- « rien que ça. »
Patrick Crew – 34 ans. Divorcé, pas d'enfants à charge. Ancien plombier. Se prête à toutes sortes de rôle pour servir son pays et blabla.. Entrée dans l'équipe 'freedom' : le 20 Avril 1999 – jette un froid sur l'assemblée.
Le « rien que ça » désigne un projet de démantèlement de la ligne de chemin de fer et de destruction de la gare d'arrivée située près de la plage, qui apparaît aux Moldus comme :
.- « La voie de ralliement de ses malades ? Vous êtes sur, Monsieur Sticks ? » Demande Janice en sortant une fiole de parfum de son sac de tricot canari.
Severus l'empêche de s'en asperger en le lui retirant des mains, faisant mine d'être très intéressé par l'étiquette de ce produit d'épicerie.
.- « Elle les approvisionne. J'en ai eu l'information. C'est confirmé, n'est ce pas.. Basile ? »
Il acquiesce.
Ces rails posés voilà deux ans auraient été commandés à la société par leur dirigeant fantôme, un certain Lucius Malfoy que personne n'a rencontré et dont le nom figure sur l'arrêté officiel. Par ailleurs, les autorités Britanniques n'ont pas même le souvenir de l'existence du rail ou de l'homme.
.- « Personne ne l'utilise ! » Fait observer Bobeccker.
Severus ne se hâte pas de lui apprendre que si, Un Sorcier Particulièrement Craint, en use. Ayant lancé sur l'installation Moldue un charme de glissement invisible, moins énergétique que le transplanage et surtout utile à tous ses sbires inhumains ne voulant pas se faire localiser. Ainsi, sans utiliser leur propre signature magique –dont le contrôle est renforcé depuis des mois-, trolls, nains, velanes, loups-garous se rendent en son antre, facilement, discrètement, rapidement et donc efficacement..
Stiks s'assied lourdement en bout de table.
.- « Eh bien, c'est une erreur de penser cela. Il vous faudra, Jonas, écarter les jeunes délinquants qui viennent y consommer leurs substances nocives la nuit. Ettore, peux tu te charger de nous fournir en explosifs ? »
Hochement de tête.
.- « Janice tu seras en observation du haut du clocher de l'église... Beau, vous m'accompagnerez avec Basile. Tomas et Patrick vous épaulerez Ettore. Ok ? Je m'entretiendrais avec chacun de vous d'ici au jour J. Des questions, des opinions ? »
Lucilla MacLane, épatante dans son rôle de -.quel est ce nom déjà ?- Bimbo –encore une de ses idées originales- , lève une main en l'air.
Voyant que personne ne daigne s'intéresser à elle, elle écrase son poing sur la table. Severus réussit à ne pas bondir comme ses voisins et l'approuve du regard. Il la voit rosir mais met cela sous le compte de la colère.
.- « Oui ! Et moi, je sers à quoi ? » Roucoule t'elle, furieuse.
Patrick Crew lance un regard aux fausses pierreries qui ruissellent en cascade bariolée sur sa peau crémeuse.
.- « Sans vouloir vous vexer, ma poule, je me le demande bien aussi ! »
oOo
Jeudi 25 Avril 1999. Appartement d'Hermione Granger. 22h00.
L'étudiante frisonne et ramène la couette sur ses épaules. Elle tourne la tête sur sa droite, Joshua, la nuque surélevée par un oreiller dodu, attend de comprendre la raison de son malaise.
.- « Josh…Je ne pourrais pas répondre à l'invitation de tes parents.
.- Comment ? S'étrangle t'il, interloqué. Mais tu m'avais dis que tu étais ravie. Ils s'en font une joie. Ils nous attendent.. Ils ont obtenu les autorisations pour le Port-au-loin, ont programmés leur semaine en fonction de notre venue. Ils ont même refait ma chambre pour qu'on ait un nid douillet, pour te dire ! »
Elle soupire.
Pattenrond se faufile dans la pièce par la porte entrouverte et d'un bond vient s'installer à ses pieds..
.- « Je me sens terriblement mal à l'aise, vis-à-vis de ça.
Joshua fronce les yeux puis sourit et l'attire à lui, entremêlant leurs membres.
.- Il n'y a pas de raison, puce, puisque tu parviendras à te libérer. C'est notre semaine de vacances. Changer d'air te fera le plus grand bien ! Je vais te faire rencontrer des cow-boys. Bouffonne t-il. On ira à Chicago, il y a des tas de musées. »
Il ponctue chacune de ses phrases de légers baisers sur le visage anxieux tourné vers lui.
Hermione se redresse sur ses coudes.
.- « je ne verrais pas Chicago, ni ses musées. Pas plus que les cow-boys et tes parents. Ce n'est pas que je ne veux pas. C'est que je ne peux pas. »
Elle roule sur le coté.
Son chat, indigné, miaule.
Elle aurait vraiment aimer visiter toutes ces villes fortes en histoire, manger ces saletés d'hamburger et oublier un peu la guerre.. Seulement, il y a l'opération « seagull-lame Village » à mener sur les deux fronts et cet ennemi à démasquer.
Hermione se masse les paupières pour s'enjoindre au calme.
.- « Je ne peux pas. » Répète t'elle.
D'un geste sec, Joshua écarte les draps, saute sur ses pieds et renfile sa robe.
.- "Oh, je t'en prie, arrête, Hermione! A t'entendre, on te croirait investie d'une mission divine.
.- Divine, non. »
Joshua siffle, railleur et enfile une paire de chaussettes en sautant sur place pour ne pas perdre l'équilibre..
Hermione s'assied, emmitouflée dans le couvre-pied en patchwork de sa tante Rose..
.- « Cela semble te gêner siffle t'elle Tu n'admets pas le fait que je ne sois pas toujours disponible. Ecoute, je suis réellement désolée !»Poursuit-elle, suppliante et honnête, r'assieds-toi… »
Elle tapote le matelas. Il s'y assied avec raideur après l'avoir foudroyé du regard. Elle se rapproche de lui.
.- « Etre amie avec Harry, comme tu te doutes, ne me permet pas d'être insouciante….Nous en avons parlé déjà… Et depuis que nous sommes repartis sur des bases différentes, à l'extérieur de Poudlard, tu ne peux pas nier que tout va mieux entre nous. »
Joshua considère fixement la main de son amie posée sur sa cuisse.
.- « Si j'occulte nos soirées que tu annules à la dernière minute, tes fréquentes évasions rêveuses dés que nous sommes en tête à tête et les petits cœurs que tu gribouilles sur ton agenda avec un S en leur centre ! »
Du bout de l'ongle, elle dessine des cercles sur le tissu en peau de pèche, refermant hermétiquement la trappe où s'agitent tumultueusement ses pensées et ses craintes.
.- « Je.. Pour tes parents, je me rattraperais.. Elude Hermione.
.- Pas la peine. »
Il attrape son poignet et l'écarte de lui résolument.
.- «Une dernière fois ; sois franche. Hermione, s'il te plait.
.- Tu y tiens vraiment ? »
Il opine. Il n'aurait pas dû. Comme elle n'aurait pas dû poser cette question !
En fait, elle l'a menée exactement vers là où elle voulait qu'il aille : A la supplier d'avouer, de tout rejeter, de tout dévoiler et de cesser de se voiler la face. Là où elle serait enfin forcée d'admettre, de s'accepter elle-même, et de se satisfaire de ce qu'elle ressent pour Severus Snape..
Elle le réalise au moment même où toute cette vérité qu'elle-même se refusait à croire s'extraie de sa poitrine, déferle hors de sa bouche et échoue, comme des phares de voiture trop aveuglants, sur le beau visage de Josh Brolin.
.- « J'ai cru que tu me ferais oublier quelqu'un d'autre et je me trompe. Je ne t'aime pas. J'ai été égoïste. J'ai aussi voulu croire en toi, et j'ai fait fausse route. Tu peux m'insulter, je le mérite. Oh.. Oui… Parce que toi, tes charmes, ta gentillesse et ton amour, se sont fait devancer par mon envie d'être avec un homme au profil ingrat qui aurait l'âge d'être notre père. Voilà ! »
Elle sent les larmes lui monter aux yeux. Pattenrond, de sa petite langue légèrement râpeuse lui lèche l'avant bras et fouette sa nuque de sa queue orange touffue..
Blême, résigné, malade, le jeune homme la jauge, la main sur la poignée, prêt à partir.
.- « Je ne t'insulterais pas, Hermione. Je vais juste prendre mes cliques et mes claques et t'oublier. Pour de vrai. Dans les bras d'une autre qui se pliera en quatre pour notre couple. Ce qui, il me semble, n'est pas une préoccupation de ce cher S, un rien lugubre qui ne te préféreras sans doute pas à ces chaudrons…ah, oui aussi, si tu t'en inquiètes je me permets d'avance de te garantir que cette personne qui m'acceptera n'aura pas les dents jaunes, elle !»
oOo
Vendredi 26 Avril 1999. Place de l'hôtel de ville de Seagull-lame village. OOh30 précisément.
Un chien hurle.
Basile balaie de sa lampe torche à piles, ces petites réserves énergétiques Moldues, la berge qui s'étend, caillouteuse, sur sa gauche. Dans le halo de lumière pâle l'eau, au loin, apparaît d'une étrange teinte rouge opaque. Comme sanguine. Et cette couleur le perturbe. Elle semble.. Non pas naturelle, évidement ; mais comme préméditée…
Basile fronce les sourcils et continue d'avancer, ses pas bercés par les chuintements métalliques de ce talkie-walkie que Stisks agite fiévreusement dans sa main gauche. Sur sa droite, seule une fenêtre est allumée, au niveau d'un calvaire : le fournil de la boulangerie.
.- « Merde ! On a un mauvais contact dans ce périmètre ! »
Le sorcier cherche à régler son matériel et entend finalement des craquements puis des sifflements. Une respiration ? Severus n'y entend rien à ces machineries moldues mais opine du chef.
.- « Les ondes. » Lui explique Sticks.
Severus s'entend lui répondre d'une voix cinglante, qu'il sait pertinemment « merci ». Sticks blêmit et regarde vivement sur sa droite pour vérifier que Beau Tyler ne semble pas trouver cela étrange qu'un chimiste n'y connaisse rien en Mécanique Ondulatoire élémentaire. Mais, le beau gosse de l'équipe s'est arrêté pour soulever une bouche d'égout et permettre à Patrick Crew de sortir de là-dessous, une fois qu'il aura fait ses branchements sous les piliers porteurs du bâtiment visé.
.- « .. Chef.. ? chzzhhtt. Vous m'entendez ? »
La voix étouffée de Janice Cooper sort de la petite boite plastique et Sticks, appuyant sur un bouton se met à chuchoter dans l'outil.
.- « C'est bon, Janice. On en est où ? »
Il lâche le poussoir et la radio grésille.
.- « Jonas est pas encore sorti de la ..Cchhc….Gare. J'y ai vu entrer trois ados et deux chiens y a de ça deux heures. »
Sticks consulte sa montre et plisse les yeux vers le bâtiment de briques rouges qui se profilent au bout de la rue pavée, essayant de percer les ténèbres et d'y trouver une réponse.
.- « Ok, Janice. Merci. »
L'émetteur-récepteur est passé dans une sangle de la ceinture. Puis ressorti aussitôt. Cette fois, c'est Ettore au rapport.
.- « Si, Anton ? Le C4 est posé aux points A et B. J'ai envoyé Tomas au C, en aval. Je me rentre. On se retrouve au point D comme prévu.
.- Non changement de cap. Tu passes à la gare, sortir Jonas et les jeunes qui squattent. On se retrouve après. Ok. » Il laisse un instant de pause avant de couler un compliment, histoire de ne pas frustrer l'orgueil de ce type : « Boss ? »
Grésillements caractéristiques. Le mépris du Rital échoue à leurs oreilles tendues pour distinguer nettement les mots au fort accent.
.- « Che cosa? On ne pourrait pas plutôt envoyer, l'autre gourde ? La madonna ? è una calamità ! Elle m'empêche de bosser tranquillement. Elle s'est penchée pour trifouiller à je ne sais quoi, y a eu comme une décharge magnétique et elle est tombée à la renverse sur le sac de matériel. »
Stiks soupire. Presse le bouton, le lâche, indécis, envoie un regard désappointé à Basile, superviseur en chef des opérations bien que seul les sorciers en soient au courant et r'appuie fermement.
Severus sourit. Il s'entend rappeler à Hermione que l'utilisation du contre-sort pour défaire le charme sur la ligne de chemin de fer, nécessite concentration et équilibre car le déferlement magique résultant avait tendance à être renversant. Apparemment, elle en est venue au bout.
- « Non. Cela ferait trop plaisir à ces petits marsupiaux qui ont sniffés je ne sais quelle merde. Alors, per favore, Ettore, mon vieil ami, vas-y et dis-lui de se rendre au point D.
..- Mamma Mia. » Entend Severus soupirer avant que la boite Pvc soit définitivement rangée.
Il hurle mentalement au scandale devant ce manque d'organisation du réseau.
.- « Un champ magnétique, hein ? » Ricane Beau Tyler.
Une demi-heure s'écoule, durant laquelle, les trois hommes extirpent de la cave d'une échoppe abandonnée, les détonateurs emmagasinés ici même, la veille, par les bons soins d'Ettore Paulie Di Brocchionni, enfoncés au plus profond de caisses de bois portant la mention 'vin de France' et dissimulés sous des boules de raphia sèches comme du papier de verre, enroulées à la manière de buissons d'amarante. Passée la séance de déballage, suit, toujours dans le plus profond silence, l'installation, au point D, soit 200 m en amont de la gare, dans le soubassement creusé pour la nouvelle piscine de l'Hôtel-restaurant 'Des Huîtres Jolies'.
Un dauphin rieur en céramique turquoise se fait éclipser par une silhouette svelte vêtue de marron qui saute à pieds joints sur le sol bétonné et atterrit avec panache et sans égratignures près des quelques membres de l'équipe.
Sticks lève les yeux et le rebaisse aussitôt. Rien à redire sur cette arrivée.
.- « Salut. » Chuchote Lucilla. « J'ai croisé la patrouille de la ville. Mais c'est bon. »
.- «C'est bon quoi ? » Marmonne Crew.
Il entreprend de descendre l'échelle de fer, malgré ses mains glissantes des résidus de canalisation, suivi de Tomas Ames qui rechigne visiblement à poser ses doigts là où son camarade a mis les siens.
.- « Laissez-là, les gars. Elle dit que c'est bon, donc, y a pas de pépins. Intervient Tyler diplomate.
.- Je leur ai dit que j'allais voir mon fiancé ! Okay, coco ?
.- ah ouais ? Avec des docs Martins au pied et une imitation de treillis sur le dos ! Ricane durement l'ancien plombier. Mais ma pauvre fille, t'y connais rien en histoire de guerre. Je suis sure que t'as chialée en te cassant ton ongle sur la rame tout à l'heure. Tu vas tout faire capoter, tu sais ça ! »
ooOoo
Lucilla MacLane, véritablement énervée cette fois, de toutes ses insinuations masochistes et sexistes qui n'en finissent plus, s'apprête à envoyer, quitte à foutre son anonymat aux chiendents, une réponse bien cinglante à son interlocuteur qui a, sans prudence, haussé la voix mais Severus l'en empêche en apposant sa main sur son coude. Instantanément, Hermione se calme. Elle relève le menton, en inspirant fortement par le nez et tourne la tête sur le coté, rageuse, dents serrées à s'en faire mal aux gencives… Pour apercevoir du coin de l'œil Beau Tyler ranger un sifflet tel qu'elle qu'en a vu en vente le mois denier…
Elle se penche vers Severus.
.- « j'ai déjà vu ce gadget… »
Lui aussi. Lui aussi a déjà confisqué ses babioles à ultrasons modifiés qui transmettent un signal sonore à la personne en possession du bouchon récepteur en silicone… S'il en a confisqué à Poudlard, c'est que…
Beau Tyler surprend leur regard et brandit une baguette dissimulée dans sa manche.
.- « Merlin, SEVERUS, C'EST BEAU ! »Hurle t'elle, sortant sa baguette de sa chaussure montante droite.
Au même instant, Janice les informe qu'il ne reste personne dans le périmètre de la gare et que Jonas et Etorre viennent de la rejoindre dans le minibus qui doit les reconduire à Pembroke.
Au même instant, Ames, effaré par le hurlement de Hermione appuie sur le détonateur.
.- « A TERRE ! » Hurlent Severus et Anton Sticks.
Comme un coup de canon, un bruit sourd résonne dans le noir. Et des éclats et poussières volent, dans des sifflements d'airs assourdissants, au dessus d'eux.
Dans la seconde qui suit, alors que Hermione, les oreilles bourdonnantes se retrouve un équilibre, dans des 'pop' qu'elle n'entend pas, une douzaine de Mangemorts apparaissent sur les rebords de la cavité vide d'eau. … Les encerclant…
Dans la radio, des hurlements stridents se font entendre, un cou de feu, un cri, un bruit de corps qui s'affale contre un mur de tôle, un deuxième, d'autres bruits de chute. Des crissements de pneus alarmants... Puis.. Rien. Silence radio.
.- « Bordel ! » S'alarme Sticks.
Il dégaine à son tour son bout de bois.
Hermione se met à appuyer fiévreusement, de sa main libre, sur la barrette qui maintient ses cheveux. Elle prévient l'Ordre de rappliquer au plus vite.
Secoués, poussiéreux, toussotant, Crew et Ames, se relèvent.
.- « Qu'est ce qui se passe ? » demande le premier, avant que d'un moulinet de baguette, un encapuchonné ne le fasse tourbillonner dans les airs comme on évacue l'eau par un siphon.« Oh.. Non ! Au … Au secours ! A l'aide ! »
Il se tait. Maintenant, ses membres s'écartent du corps. Il hurle. Il pleure. Ses larmes coulent sur ses joues devenues cireuses.
« Il est en train de se faire écarteler ».. Se décompose Hermione.
Elle élève sa baguette et vise la forme tordante de douleur à près de six mètres au-dessus d'elle.
.- « FINITE INCANTATUM ! » Hurle t'elle avant d'embrayer : PROTEGEO ! »
Son bouclier de base fait ricocher un doloris.
Severus, agissant à sa suite, lève sa baguette pour amortir la chute de Crew, âprement délaissé.
Un second sort impardonnable atteint, cette fois, Ames. Désarmée, impuissante, Hermione ne peut le dévier à temps, assaillie par des sorts de pétrification, pas plus qu'elle ne peut empêcher Beau Tyler, d'un sort de catapultage de se retrouver en compagnie des siens. Elle l'entend se mettre à rire, démentiel..
Ames se tord sur le sol, gémissant comme un veau qu'on mène à l'abattoir.
« L'Ordre devrait être arrivé. L'Ordre et Harry devraient être là. Les Aurors devraient être ici. »
.- « Severus… Sev… Ma pince à cheveux s'est brisée. Tout à l'heure, je suis tombée .. Et le signal ne passe pas .. » Informe t'elle, d'une voix faible, son compagnon d'infortune.
Hermione se tait quand la voix de Bellatrix Lestrange retentit :
.- « Snape, mon ami, ne devrais-tu pas être en haut avec nous ? »
Dans ce gouffre où ils se trouvent, elle résonne comme une complainte infernale.
.- « Hé, ma jolie, comment vas-tu depuis la dernière fois ? C'était au ministère, n'est ce pas ? Avec ton ami, le Survivant ? Bien vous êtes prêts à faire un peu de brasse, mes chers ? »
Hermione, les yeux agrandis par l'effroi voient soudainement toutes les baguettes des serviteurs de Voldemort se pointer vers leur groupe de cinq personnes. Des jets d'eau monstrueusement puissant en découlent..
Hermione en un coup d'oeil survole la scène : au dessus d'eaux : des meurtriers. A terre, Crew qui rampe sur des tas de gravas. Ames qui porte une main à son entrejambe, mouillée de son urine chaude, essaie d'enfoncer sa tête dans sa poitrine et se met à sangloter.
.- « Venez, On sort de là. »
Severus Snape lui saisit fortement l'épaule et murmure une incantation aux mots ronflants. Dans un réflexe, elle amène à elle, d'Accio énergiques, les corps pétrifiés et courbatus de Crew, Ames et Sticks et les englobe dans son plus puissant charme de bouclier. Le dôme argenté se colmate à la seconde même où les jets l'assaillent. Sa surface bruisse et craque sous les meurtrières trombes d'eau déversées.
Hermione se secoue et rassemble rapidement ses idées.
« Ok, Ames s'est fait dessus. Il a paniqué. Nous sommes trois sorciers contre une douzaine d'autres plus ceux qui ont accueillis Ettore, Janice et Jonas. Mortellement accueillis. Ok….C'est normal qu'il panique.. Reste calme.. Severus est là.. Il connaît des tas de sorts. L'ordre va arriver même s'ils n'ont pas le signal… Nom d'un dragon : Le bouclier va flancher. Et en plus de ça… »
.- « Je suis un cracmol, Lucilla ! S'écrie Sticks.
.- Je ne veux pas mourir ! Gémit Ames.
.- Qu'est ce que vous êtes, lâchez-moi. Ne me touchez pas ! Démons ! MONSTRES ! » Résiste Crew, tremblant.
Elle leur apprend, faisant tout son possible pour rester calme, qu'elle se nomme Hermione Granger, et, quand Severus, Snape, abaisse sa baguette vers le sol, elle lui saisit la main et lui insuffle toute sa force, là, dans ses pupilles opaques. D'elle à lui.
.- « Accrochez-vous. » Murmure t'elle.
ooOoo
Il se concentre sur se sort qui ne lui a jusqu'à maintenant jamais servi. Néanmoins, c'est le seul qui lui a semblé approprié dans l'instant car perturbateur. Et Severus Snape sait qu'il faudra bien plus qu'un élément de distraction pour venir à bout de cette horde criminelle.
Alors qu'il prononce les dernières incantations, sa baguette, tellement saturée d'efflux de magie noire se met à vibrer et il crispe ses doigts. Il lâche Hermione, mais celle-ci se colle contre son flanc avant d'attirer rapidement à elle les autres. Il entend sa voix posée. Il entend cette voix qui se veut réconfortante et sait qu'elle est en mesure de les protéger tous pendant qu'il s'occupe de leur « remorquage ». Aucune goutte ne vient le perturber. Elle a eu l'idée ingénieuse et instinctive de les protéger d'un bouclier solide.
Alors que sa voix chute, il sent la prise ferme d'Hermione Granger sur sa main et relève les yeux pour plonger dans la marée whisky qui le fixe avec confiance.
Severus et Hermione ne remarquent rien de la puissance visuelle du sort : Jaillit de la baguette fermement maintenue, un mélange gazeux dont les atomes sous pression s'entrechoquent avec fureur les propulse par delà le muret clôturant le domaine hôtelier et les laisse tout étourdis sur le front de mer..
Perdus dans les prunelles de l'un l'autre, ils ne voient rien. Ils ressentent, et sentent, et lisent c'est tout. Et c'est déjà assez consistant.
Eux seuls, ne hurlent pas. Eux seuls ne ferment pas les yeux et assistent sans rien découvrir d'autre qu'une foi absolue en l'autre. Une poussée brutale les renverse dans l'atmosphère. Leurs poumons brûlent de ce revirement de situation soudain. La fumée grisâtre émise fait pleurer leurs yeux grands ouverts. L'odeur de souffre dégagée s'insinue dans leurs narines. Le choc de l'asphalte contre leur dos leur coupe le souffle. Et les vertiges incommodants les empêchent le temps d'un battement cardiaque de bondir sur leurs pieds.
Juste ça. Et tout ça.. Dans les prunelles d'Hermione Granger. Un monde nouveau.
.- « Wow. Renversant. Murmure Hermione sonnée en se massant le crâne.
.- Joli Bouclier. Quel livre ? »
Il lui tend une main pour l'aider à se relever.
.- « Aucun. Une pratique accrue, très cher. Sourit elle en glissant sa paume dans la sienne.
.- Maman.. MAMAAN ! Hurle Crew.
.- Taisez-vous ! »
Severus le somme d'arrêter, mais l'ennemi alerté, déjà, arrive.
Dans la rue, les lumières rallumées des maisonnées anxieuses et terrorisées par l'explosion s'éteignent, se font oublier. Dehors, une guerre fait rage. Une guerre qu'ils ne connaissent pas. Les habitants de Seagull-lame Village s'enferment chez eux. A double tours. Et poussent le verrou.
Hermione déglutit et resserre sa prise sur sa baguette.
Severus pose une main sur son épaule. Elle plisse les yeux. Les mangemorts, courent dans toutes les directions, comme.. Pris au dépourvu.. ?
.- « Sticks, Crew, Ames, allez à couvert derrière les rochers et FERMEZ-LA ! » Braille t'elle.
.- Hé ! Tu veux me rendre sourd, ma parole ? S'exclame Ron d'une voix grincheuse.
.- C'est pas le moment de plaisanter, Ron. » Siffle t'elle. « Ron ? »
Elle se retourne vivement pour découvrir le rouquin, un sourire sur le bas du visage.
La paluche posée sur son épaule est la sienne. A quelques mètres de là, Severus se jette dans la mêlée, ripostant aux faisceaux verts par des brassées de charmes rouges..
Hermione saute au cou de son ami.
.- « Dieu du ciel. Le signal avait été broyé. Comment avez-vous-
.- Un signal de rechange. Viens.. »
Il cherche à l'attirer à l'écart mais, Hermione reste inerte.
.- « Severus avait aussi une barrette avec des paillettes roses? »
Le rouquin ricane.
.- « Pas que je sache. Encore que c'aurait été sympa à voir. Allez viens ! Allons rejoindre les Moldus, et Stisks, j'ai un portoloin programmé.
.- Mais eux ? »
Elle désigne du menton la trentaine de combattants sur la place de l'hôtel de ville. Tonks qui essaie de maintenir à distance la police locale. Lupin et Me Pomfresh qui sortent quatre corps inanimés du minibus renversé sur le bas-coté. Elle entend des gyrophares d'ambulances Moldues tourner.
.- « Il y a Harry, Dumbledore, les trois quart de l'Ordre et un délégation d'Auror. Viens.. »
ooOoo
Harry Potter résiste brillamment aux assauts multiples d'une Bella acharnée. Ils s'envoient des rayons mortels à tout va.
A quelques mètres de là, Albus Dumbledore, virtuose, se bat avec sa grâce sereine de grand homme. Sa barbe blanche oscille au gré de ses gestes.
Un rayon vert fuse à quelques centimètres de l'épaule de Severus. Il pivote brusquement. Severus Snape s'étonne de ne pas sentir les pans de sa robe heurter ses mollets.
.- « Albicans revelo !(3) » Murmure t'il.
La capuche de son agresseur se soulève. Severus est déconcerté. Il s'agit de Crabble Senior. Il semblerait qu'il ait décidé de toucher la prime. Sa tête de traître doit valoir très cher pour qu'un pleutre pareil ose lui dédier un Avada Kedavra.
Severus le stupèfixie en deux trois mouvements.
Un éclat de voix l'attire.
.- « TYLER S'ENFUIT ! »
Severus voit Hermione Granger, rejeter le bras de Ronald Weasley et se lancer à la poursuite du mangemort dévoilé.
ooOoo
Elle cavale derrière lui aussi vite qu'elle le peut. Elle ne laisse pas Beau Tyler la distancer. Elle enjambe une borne de pierre. Ils courent sur les grèves. Elle commence à avoir un point de coté. Ses pieds glissent sur les galets mouillés.
.- « REVENEZ ! »
Ils ont maintenant tous deux de l'eau jusqu'aux mollets.
Mais cela n'empêche pas Beau d'accélérer, puis brutalement, fait volte-face. Un rictus déforme son visage qu'elle trouvait si aimable.
.- « EXPERLLIARMUS ! » l'attaque t'il.
Elle s'apprête à invoquer le sort du bouclier quand son épaisse semelle caoutchouteuse ripe.
Le sort la frappe en pleine poitrine. Sa puissance lui arrache sa baguette des mains et elle se fait catapulter vers le large.
.- « Non ! » crie t'elle.
Mais trop tard.
Elle voir rouge. Rouge sang. Elle va se faire aspirer. Dans ce liquide couleur d'enfer.
Une peur panique s'empare d'elle.
Le froid mordant de l'eau lui coupe le souffle alors qu'elle heurte brutalement la surface aqueuse.
Elle s'enfonce. Dans le vermillon. Dans l'hémoglobine. Dans le sang.
Ses yeux la piquent. Tout est trouble. L'eau est salie de minuscules particules... Rouges sang.
« Des algues. » Pense t'elle. « Ce ne sont que des algues rouges.. »
Elle agite le bras, les jambes, et tant bien que mal remonte à l'air libre.
Bientôt, elle refait surface et brusquement remplit ses poumons.
Elle rit, nerveusement.
A-t-elle vraiment cru à une apocalypse ? A-t-elle été stupide au point de croire que cette eau de mer s'était véritablement transformée en sang ? Que Voldemort avait lancé cette mise en scène biblique pour les effrayer encore davantage ? Oui… Ciel.. Elle se sent bête… Si idiote. Ça n'est qu'une marée rouge. Un bloom d'algues accumulées près de la berge…Un phénomène naturel !
schlllep.
Elle tourne la tête. Calmée soudain. Ses yeux s'écarquillent.
Affolement.
Elle frissonne. Une nageoire. Qui tourne autour d'elle. Une nageoire jaunâtre, pourfendue en deux.
Ses prunelles se dilatent.
Effroi.
« Non ! »
Elle tourne sur elle-même suivant le mouvement qui l'englobe, qui la ferre. A faire pivoter sa tête de mouvements brutaux, elle envoie des gerbes d'eau glacée autour d'elle.
Schllep.
La nageoire se rapproche.
« Oh.. Merlin… Non ! Non ! »
Des petites bulles d'encre verte éclosent à la surface, se mêlant au rouge environnant.
Un sliedarh.
La créature est un sliedarh, et, au regard de sa trajectoire : il est en chasse...
Dans un sursaut, elle réalise qu'elle est … La proie !
Elle pousse un cri terrifié. Puis, se met à nager. Désespéramment. S'éloigner. De cette créature. Carnivore… Vite…Loin…
Gênée par ses vêtements, et le poids de ses chaussures de cuir brut, ses mouvements manquent de style, mais Hermione y met toute sa vigueur fendant l'eau de ses bras, agitant frénétiquement les jambes. Elle à l'impression de faire du sur-place. Pourtant le ponton est tout prés. Quelques mètres.. Quelques mètres pour qu'elle s'y hisse, qu'elle soit sauve.
La nageoire disparaît.
Hermione comprend. Hermione sait. Avant de sentir.
Une douleur puissante dans la cheville. Fugace. Qui se répercute dans tout son corps. Il a traversé le cuir, le muscle, touché l'os... Et un nerf.
Prise de spasmes, les muscles raidis, elle hurle.
Alors que la douleur s'estompe, elle sent une emprise glacée autour de son tibia. Il s'est accroché. Et de nouveau, il mord. La chair cette fois. Les épines qui entourent ses maxillaires se plantent dans la peau.
De son autre pied, Hermione tente de déloger la bête, donnant des coups de talons.. Cependant, l'être marin résiste, plantant dents et aiguillons aisément. L'eau devient visqueuse : les bulles d'encre. Gélatineuses. Hermione se fatigue… Pour rien.
.- « Au... Au secours -» S'essouffle t'elle, éreintée, à bout de forces, de souffle.
La grippe se resserre… Elle pressent. Elle a peur.
Et coule. Entraînée dans le fond.
Elle lutte, agitant les bras, cherchant à regagner la surface. Elle n'a pas eu le temps de prendre son souffle.
Les yeux plissés, elle se contorsionne, essayant de se pencher, de déloger la mâchoire de cette bête de son mollet. Avec ses mains, en pinçant, en griffant, en frappant.
Mais elle n'y voit rien. Le dos de la créature, en périphérie de sa nageoire, est maculé d'étranges cloques infâmes, qui libèrent cette étrange substance verte.
Hermione s'agite et se fatigue. L'eau n'est plus fluide. Hermione a l'impression de donner des coups dans de la gelée alimentaire périmée.
Bom pom.
Bom pom..
Son cœur tambourine dans sa cage thoracique, dans ses sinus, à l'arrière de son crâne.
Bom pom.
« Je vais me noyer. »
Le sliedarh, lui, de ses trois nageoires caudales les entraîne. Il fait plus d'un mètre de long. « C'est une femelle. »Parvient à analyser Hermione avant de se rappeler que.. « Les femelles dévorent entièrement leurs victimes. »
Elle semble déjà avoir commencé : de sa mâchoire, elle bave sur les plaies qu'elle a faites, comme pour amollir l'épiderme afin de faciliter la digestion des tissus. De ses griffes, elle enserre son genou.
Bom pom.
Hermione, se met à écorcher, à taper, serrant tour à tour les poings, ou sortant les ongles.
Bom.
Elle se sait pleurer. Mais l'eau se mêle à ce rouge et à ce vert et se durcit doucement. Elle va s'étouffer. Ses poumons la brûlent.
Pom.
Puis sa vision s'obscurcit.
Elle entend des bruits…assourdis… « Au dessus.. »
« Le ponton. »
Des bruits de pas..
« Severus… »
L'espace d'un instant, oubliant qu'elle est sous l'eau, elle tente de l'appeler. Mais ne parvient qu'à boire la tasse. Elle n'en peut plus…
Suffocant, elle se cambre en arrière.. Et heurte. Une masse dure.
« Un pilori. »
Y voyant là sa dernière chance, elle parvient à se retourner et jette ses bras autour. Péniblement, elle s'y hisse, les mains tremblantes. Des échardes se plantent dans ses paumes. Mais, elle s'élève. Serrant les dents. Le haut de son crâne émerge. Ses cheveux se collent à son front, lui retombant déjà en paquets infâmes sur les paupières. Un dernier effort… Elle parvient à s'extraire jusqu'au cou. Elle s'entend haleter entre les battements fous de son coeur. Elle n'y voit rien mais elle respire.
Cette voix…
.- « HERMIONE ? » L'appelle vigoureusement Severus.
Elle secoue la tête, et resserre sa prise sur le bois. La bête, toujours enroulée à elle, s'énerve.
« Ici…Severus.. Dessous.. »
Elle ne peut pas parler. Elle tousse. Rejette de l'eau. Respire encore... Fort..
.- « Hermione ? »
Cette voix, tout près.
Elle l'entend se laisser tomber au sol.
A travers le voile épais de ses cheveux plaqué sur son visage, elle parvient à voir sa tête apparaître à l'envers, en contre-jour.
Il s'exclame.
D'un coup d'œil, il survole la scène. Les substances gélifiées dans la masse de cheveux de la jeune fille, ses traits convulsés par la souffrance, l'énorme poisson accroché à elle.
Il pointe sa baguette.
.- « Avada Kedavra ! » Lance t'il.
ooOoo
Il a encore les oreilles pleines du rire de Tyler.
Celui qui enrobait cette phrase :
.- « Ta jolie amie sait nager, j'espère ? »
Même alors qu'il gît sur le sol, en piètre état. Même alors qu'il le dépasse en s'éloignant à rapides enjambées ; il l'entend rire. Dans sa boite crânienne.
« Est-ce qu'elle sait nager ? »
Il court.
L'autre, abandonné sur le sable, ne rira plus avant longtemps. Severus le lui en a fait passer l'envie, il le craint. Il ne tolère pas qu'on s'en prenne à ses amis et encore moins quand ce sont des femmes. Oh, certes, il ne l'a pas tué. Il ne tue plus. Il s'est libéré de cette plaie. Mais il l'a salement amoché. L'autre l'avait cherché à rire comme un fou en projetant violemment Hermione Granger vers la mer. Oui, il l'avait cherché. Etre dans le mauvais camp, était une erreur tactique. Le laisser vivre, non. A Azkaban , Tyler, ne rira plus.
« Merlin. Faites qu'elle sache nager… »
Severus Snape se précipite vers l'avancée de bois.. Il se hâte.
L'eau est calme. Il appelle son alliée, mais rien ne répond. En tout cas pas sa voix claire. Seul un insignifiant clapotis à la surface. Pus fort, il réitère son cri.
.- « HERMIONE ! »
Le silence est troublé par un toussotement étranglé et un bruit de régurgitation. L'eau clapote. Il entend respirer. Où... À droite, à gauche... ?
.- « Hermione ? »
Quelqu'un halète… Sous ses pieds.
Baguette toujours en main, il se jette à plat ventre sur les lattes de bois sommairement clouées, et glisse sa tête par-dessus un bord. Il découvre sa fine silhouette se découpant dans un coin d'ombre.
Elle est mal en point. Elle peine à se tenir au ponton. Elle semble à bout de force. Et elle n'est pas seule…
Il vise la forme sombre accrochée à son amie.
Il vise en y mettant toute sa haine. Il tue. Il décime.
Il voit Hermione fermer les yeux.
Puis, chavirer en même temps que cette bête morte.
. – « Bon sang ! Ce n'est pas le moment de s'évanouir. » Marmonne t'il avant de plonger
Il s'étonne de s'enfoncer mollement dans l'eau. Ou plutôt cette espèce d'eau.. Gélifiée.. La créature devait avoir un système d'attaque particulièrement efficace pour affecter des m3 de fluide.
En quelques mouvements de crawl( 4), Severus Snape cueille la jeune femme dans ses bras. La soutenant par la taille, il regagne la petite esplanade et parvient à l'y hisser. Il grimpe à son tour. Pestant contre cette poisse. Émerveillé de la ténacité de la jeune femme.
Et aussi.. Paniqué… Encore.
Le souffle court, il se laisse choir sur ses genoux, à ses cotés. D'une main, Severus relève le dos d'une Hermione amollie, et, du plat de l'autre, écarte la masse folle de ses cheveux maculés et trempés pour dégager son visage.
Il hésite un instant sur la marche à suivre. Puis décide qu'il a suffisamment perdu de temps.
Sèchement, il lève la main et la gifle.
Il ne connaît que ce moyen là. Et il est payant. Elle ouvre les yeux et toussote à nouveau, rejetant de l'eau. Il soupire et cligne des yeux.
Affolé, le regard de la rescapée divague. Délicatement, il passe sa seule main libre sur sa joue. Il s'attire son attention.
.- « ça va aller, maintenant. »
C'est la seule consolation – tristement banale- qu'il parvient à articuler.
Il se sent encore tout engourdi de cette peur qui l'a submergé à ne pas la trouver.
Hermione, crachotant, se relève précautionneusement, un peu, et se niche contre lui. Passant un bras autour de son cou, l'autre à son col.
Severus ne la rejette pas. Il fait glisser son propre bras autour de son épaule. La pauvre petite…
Elle tremble. Puis, le second, autour de sa taille. Il a eu peur… De la perdre…
Elle grelotte un peu moins.
Il pose son menton sur le haut de son crâne. Là où il s'équilibre si bien, une nouvelle fois.
Vraiment vaillante…
Elle cesse de frissonner.
Severus a toujours un peu froid,lui. Le vent s'est levé et souffle, impitoyable, les laissant dans leurs tenues glacées et douchées. Mais, en dehors de ce facteur physique, il est bien. Psychiquement bien. Et sait qu'elle aussi. Qu'elle récupère. Qu'elle se sent... En sécurité. Au chaud. Dans ses bras. Mais ce ne doit pas être. Ce ne doit pas devenir une habitude. Elle est jeune, indépendante, vive, destinée à faire de belles et grandes choses.
Il pense à cette déclaration, près de son armoire aux milles délices comme il l'appelle secrètement. Ils n'en ont pas parlé depuis.
.- « Ce n'est qu'une lubie. » Murmure t'il.
Hermione ne répond rien. Elle comprend très bien de ce dont il lui parle.
Elle ne veut pas répondre. Elle a juste envie de dormir. Ici. Bien lovée contre cet homme. Même soigner sa jambe peut atteindre, car elle sait que la substance larguée par le Sliedarh n'est pas venimeuse. Puis il faudrait qu'elle délaisse cette étreinte. Elle s'y refuse. Alors, elle fait un geste. Un seul. Qui contredit tout. Qui dénie cette idée de fantaisie amoureuse : elle se tord le bras gauche pour le passer par-dessus sa propre épaule.
Severus sent une petite main, toute fripée par le long séjour dans l'eau, se glisser dans la sienne... Et les doigts d'Hermione Granger, exerçant une délicieuse pression, s'entremêler aux siens.
.- « Je t'embrasserais si je ne craignais pas que tu me rejettes à l'eau. Murmure t'elle finalement, d'une voix somnolente, dans son cou.
.- Ce que je ferais, assurément. » Reconnaît-il.
Elle rit doucement et se pelotonne encore.
Je mens…Pense t'il.
Sans raison aucune, il se met à la bercer et un sourire doux-amer éclot sur ses fines lèvres.
Severus lève les yeux sur cette lune qui brille hautement dans le ciel obscur, nimbant gracieusement la surface humide sur laquelle ils ont échoués d'un halo argenté. Il reste là songeur, cette femme dans les bras, les prunelles rivées sur cette lune, sauvage, qui les illumine.
A suivre….
(1) note à Floon et Darklinn et Lolie : j'aurais du mettre aussi les morues, les tites z'huitres et surtout crier 'la pêche c'est tabou ! on en viendra tous à bout !'
'
(2) Jean de la fontaine.
(3) vive le Gaffiot. Pour les paroles en italien, vive les traducteurs basiques du net. !
pleins de bisous doux à tous et toutes! je vous adooore ! bidi
et un petit clik bien sûr ! -
