Hello ! J'espère que vous allez bien, moi en tout cas, je tombe de fatigue et pourtant, je dors tout le temps. Il pleut depuis un bon bout de temps et je n'ai pas vu de ciel bleu une seule fois depuis presque une semaine, je vous avoue que ça me rend plutôt triste. Heureusement que je pars en vacance dans tout juste une semaine, allez dans 7 petits jours, je suis en Ardèche avec mon gros tas de copine.
Enfin bref, voilà le chapitre 5 que j'espère vous aimerez. Bonne lecture !
Disclaimer : Les personnages viennent de MARVEL -excepté le principal- et le corps de l'histoire est inspiré des films X2 et X3, les répliques des films seront en italique.
Chapitre 5 : Alyssa Fray
— Alyssa.
La jeune rousse plongea ses yeux dans ceux couleur océan que lui reflétait le miroir.
— Tu t'appelles Alyssa et pas Aly la gamine.
Elle ria en s'imaginant Logan lui faire tout un sermon sur le nom Aly qui semblait plus approprié à une fillette de six à huit ans ou encore à un chien. Elle sautillait sur place comme pour se donner du courage et agitait ses mains dans tous les sens possibles. C'était pitoyable de voir qu'un simple surnom qu'on lui avait donné dès son enfance et qu'elle espérait s'en défaire pouvait la mettre dans tous ses états.
— J'abandonne. Soupira-t-elle.
Elle attrapa son gilet gris et l'enfila négligemment avant de sortir de la salle de bains, le dos voûté et le regard baissé. La fenêtre de la chambre était entrouverte et laissait entrer des courants d'air froid et Aly s'empressa de la refermer. Elle avait toujours du mal à bien refermer cette fenêtre capricieuse, surtout qu'elle devait monter sur le petit canapé couvert de coussins pour y arriver.
— C'était quoi ce petit speech au miroir ?
Aly se tourna vers la jeune brune affalée dans son lit, attendant patiemment le début de leur première heure de cours. Elle pinça les lèvres et s'assit doucement sur le rebord de son lit face à Malicia.
— Je m'appelle Alyssa, Aly n'est qu'un surnom.
— Marie.
Malicia afficha un sourire amical qui plongea Aly dans une parfaite perplexité.
— Pardon ?
— Je m'appelle Marie, Malicia n'est qu'un surnom.
Ce fut au tour de la jeune rousse de sourire, mais plus timidement. Alors, sa colocataire avait le même signe distinctif qu'elle, ce n'était pas des plus étonnant. Mais Aly ne saurait dire lequel de Marie ou Malicia la jeune brune portait le mieux, de même que pour elle. Comme si ses pensées s'affichaient au-dessus de sa tête, Malicia lui fit :
— Tu portes mieux Alyssa.
Cette dernière haussa les épaules et attrapa son sac sur son lit. Elle se releva et tendit sa main vers la brune qui s'en empara et se leva à son tour, jetant un coup d'œil à l'horloge qui émanait un horrible tic-tac qui parfois empêchait Aly de s'endormir, contrairement à Malicia qui avait un sommeil de plomb.
— Il est temps d'aller travailler.
Elles dévalèrent les escaliers durant quelques minutes qui parurent interminables pour Aly. Tout en resserrant son livre contre sa poitrine, elle salua rapidement Bobby qui venait vers elles. Les autres élèves autour d'elle chuchotaient à son sujet et elle enfonça sa tête un peu plus dans ses épaules. Allait-elle être la petite nouvelle qui traînait avec Malicia la dangereuse intouchable pendant encore longtemps ?
— J'ai hâte de commencer. fit Bobby qui semblait sautiller sur place. Le Professeur Summers nous emmène en salle de Danger.
— Je déteste cette salle.
Malicia croisa les bras et afficha une moue boudeuse. Le glaçon sur patte approcha sa main de sa joue, mais elle s'éloigna brutalement en le regardant d'une façon désolée, alors il posa sa main contre son bras et la caressa à travers son pull. Aly regarda cette scène d'un œil attristé, elle ne savait pas qui plaindre le plus. Bobby qui devait durement contrôler son désir de la toucher sous peine de souffrir ou Malicia qui devait elle aussi refusée tout approche probablement toute sa vie dont elle rêvait surement dans son sommeil.
Elle ressentit alors l'excitation des élèves autour d'elle et elle comprit rapidement que toute cette joie était due à l'arrivé des deux professeurs qui les encadraient pour cette heure. Le professeur Summers ainsi que Tornade.
— Bien ! fit cette dernière pour les calmer. Nous allons vous séparer en deux groupes, les moins de 16 ans, vous serez avec moi tandis que les autres iront avec le Professeur Summers.
Tout en s'expliquant, elle agitait ses mains dans tous les sens et finit par montrer Scott du doigt avant de les relâcher contre ses cuisses. Les élèves présents n'étaient pas beaucoup, ils étaient sélectionnés en fonction de leur âge. Ainsi Tornade encadra une dizaine de mutants tandis que Scott se retrouva entouré de Bobby, Malicia, une petite brune dont une mèche lui tombait sur le front, ainsi que Aly.
Cependant, il manquait quelque chose à l'appel et la rousse ne put s'empêcher de regarder autour d'elle. Il manquait la présence de l'Allumette. C'était étrange de voir à quel point c'était plus fort qu'elle de lui porter de l'intérêt. Regardant derrière elle, elle le vit arriver d'un pas rapide, les mains dans les poches.
Tout en gardant le regard rivé sur lui, elle resserra encore plus son livre contre sa poitrine jusqu'à que ça lui fasse mal. Il croisa alors son regard et afficha un sourire carnassier tout en la bousculant. Son livre s'écrasa sur le sol ouvert à la page 394 sur les axes dorso-ventraux ou antéro-postérieurs des animaux. Il ne put s'empêcher de rire en voyant le sujet sur lequel elle s'était trompé et ou il l'avait corrigé, se sentant largement supérieur. Lui qui pensait qu'elle était intelligente.
Mais elle ne l'est pas.
— Bien on peut y aller. fit la voix monotone de Scott.
Aly ramassa son livre tout en grommelant toute sorte d'insanité à l'égard de l'Allumette. Elle se promit de se venger, après tout, elle s'était déjà promis cela la dernière fois qu'il l'avait énervé et elle ne l'avait toujours pas fait. Remarque, il serait dur de lui rendre la pareille, car il l'énervait rien qu'en respirant le même oxygène qu'elle.
Le professeur les amena dans une grande salle pareille à celle où Aly s'était entraîné sur le sac de sable. Elle était bien plus grande, plus ronde, vide et fade. Néanmoins, il y avait une petite pièce carrée derrière une vitre épaisse, qui enfermait de grand plateau recouvert de centaines de boutons de toutes les formes et de toutes les couleurs.
La jeune fille détailla rapidement la tenue que le Professeur leur avait ordonné d'enfiler. C'était une sorte de pantalon de cuir plutôt confortable qui lui collait à la peau et épousait parfaitement la forme de ses jambes. Puis un simple sweat bien trop grand qui n'arrêtait pas de tomber de son épaule et de dévoiler la bretelle rose bonbon de son soutien-gorge.
Scott leur ordonna de se positionner au milieu de la salle et s'enferma dans la petite pièce. Néanmoins, il s'arrêta juste derrière la rousse et lui glissa quelque mots à l'oreille.
— Je sais que tu viens d'arriver dans cette école, mais il faudra t'y habituer.
La jeune fille fronça les sourcils et dévisagea le Professeur qui s'éclipsa derrière la porte de la petite pièce. Elle n'avait jamais réellement adressé la parole à Scott Summers et pour cause, il y avait quelque chose chez cet homme qu'elle n'aimait pas. Elle ne saurait dire ce que c'était, mais l'air qu'affichait Scott en permanence ne lui donnait pas l'envie de l'approcher.
— Grâce aux quelques entraînements que vous avez subis, vous allez être confronté à un univers apocalyptique, ne vous inquiétez pas se sera un niveau faible pour commencer, vous allez devoirs faire équipe et..
Aly qui était désormais en retrait n'écoutait que d'une oreille les instructions de Scott. Quels entraînements ? Elle n'avait jamais eu d'autres entraînements que ceux du Docteur Grey. Et pourquoi allaient-ils être confronté à une sorte de simulation de guerre ? Appart pour de l'amusement, ce qui n'était certainement pas le cas. En quoi ceci avait un but éducatif ?
— Je m'appelle Kitty. fit une petite voix derrière elle.
Elle se retourna et vit la jeune fille toute petite aux cheveux bruns coupés en un carré au dessus de ses épaules. Elle avait les yeux marron et une mèche qui lui tombait sur le front et qui s'arrêtait au-dessus de ses sourcils, autour de son visage en forme de losange aux joues roses. Ses mains qu'elle tournait dans tous les sens discrètement montrait sa timidité.
— Aly.. ssa. Je m'appelle Alyssa.
Aly -ou plutôt Alyssa- sourit et Kitty lui répondit d'un timide sourire. La rousse montra du doigt le professeur Scott tout en fronçant ses sourcils d'incompréhension.
— Pourquoi fait-on ça ?
— C'est comme si l'on avait un cours de sport en fait.
Kitty fronça les sourcils à son tour comme si elle-même ne savait pas non plus pourquoi ils étaient ici. La jeune rousse soupira et donna un coup de pied dans le vide avant de s'approcher des trois autres adolescents. Elle se glissa derrière l'Allumette et le détailla de haut en bas. Il avait beau être petit pour un garçon il faisait une tête de plus qu'elle, elle avait toujours été considérée comme une naine, un insecte, un minimoys par ses amis. Les cheveux laissés en arrière du brun étaient toujours bien ordonnés et pourtant, ils semblaient négligés, c'était intriguant et aussi insupportable d'être aussi intriguant pour la jeune fille. Elle s'arrêta quelque seconde sur ses fesses.
Il a un plus beau cul que toi.
Elle sentit alors un regard brûlant sur elle, en levant les yeux, elle croisa ceux de John. Il la regardait avec intérêt, un sourcil haussé et cet habituel sourire carnassier collé au visage. Il l'avait prise en flagrant délit et n'hésiterait pas à lui rappeler pensa-t-elle. Elle était fichue.
Soudain, la salle ronde autour d'eux se transforma en un immense terrain vague détruit par une probable guerre. Le ciel était gris de cendre et la nuit était à son point culminant, il y avait du feu un peu partout et Alyssa remarqua vite que John semblait tout excité. Des cadavres jonchaient le sol et des grosses voitures de guerre étaient arrêté par-ci par-là, certaine d'entre elles n'étaient que des épaves détruites.
— Sérieusement ? s'écria Alyssa.
Elle détailla chaque endroit de ce champ de bataille et soupira brutalement. Elle se laissa choir sur le sol avec une grâce digne d'Alyssa Fray et laissa échapper un petit gémissement en sentant les graviers s'enfoncer dans son postérieur.
— J'ai 18 ans, je ne suis pas une guerrière accomplie.
— Tant mieux nous non plus.
Elle dévisagea le jeune brun qui faisait claquer son Zippo et fronça d'autant plus les sourcils devant son air sérieux Malgré son indéniable sourire carnassier. Bobby s'accroupit devant elle en faisant craquer les os de ses genoux, il passa une mèche de ses cheveux rouge qui s'échappait de son habituelle queue de cheval derrière son oreille sous le regard désapprobateur de Malicia.
— Ecoute Aly, Malicia et Kitty aussi ont 18 ans, John et moi avons 19 ans. Ce n'est pas sérieux tout ça, dis-toi que l'on est dans un cours de sport pour mutant.
— C'est comme ça qu'ils entraînent les adolescents à une probable guerre, j'ai vu ça en histoire.
Bobby pinça les lèvres en baissant les yeux. Il trifouilla ses doigts sous le regard impitoyable que lui lançait la jeune adolescente.
Arrête de t'inquiéter, c'est une simulation, enfin, je crois.
— C'est bon, ça suffit.
Soudain, elle sentit une puissante poigne lui prendre le bras et la relever violemment. Elle se retrouva alors à tout juste deux centimètres du visage de John, ce dernier paraissait lassé et énervé par son comportement. Son souffle chaud s'écrasait contre le visage pale de la rousse, et elle le soupçonnait d'être constamment chaud. Son souffle comme toutes les autres parties de son corps.
— Tu vas bouger ton petit cul de rouge. Tu es une mutante et ça, c'est ton monde, la guerre n'existe peut-être pas. Pour le moment..
— John, mets la en veilleuse. fit Bobby en posant une main sur l'épaule de son ami.
L'Allumette dévisagea la rousse puis il relâcha alors sa poigne autour de son bras non sans la bousculer un temps soit peu. Cette dernière replaça correctement son sweat sur son épaule et se dirigea d'un pas digne vers Malicia. Malgré son humeur qui ressemblait fortement à des montagnes rousse, se fut au tour du jeune homme de descendre sur ses courbes, tout en affichant son sourire carnassier. Ce mec était plus que lunatique.
Ils entendirent alors un moteur en marche et au dessus de la colline, deux gros tanks roulèrent dans leur direction. Bobby resserra son poing tout en le gelant, John actionna son Zippo en s'empara d'une petite boule de feu, Malicia se recula et Kitty semblait dans un autre monde.
Les deux tanks dirigèrent leurs canons vers eux et deux gros missiles en jaillirent dans un gros bourdonnement. Bobby lança un long jet de glace vers le premier et il s'écroula sur le sol à tout juste un mètre de lui. L'Allumette allait s'occuper du deuxième mais prise d'une certaine excitation -et surtout d'un esprit de compétition- Alyssa se plaça devant lui et tendit ses mains vers le missile.
Ce dernier se mit à trembler, mais continua sa route vers eux. John allait s'en charger, mais elle s'empressa de lui écraser le pied violemment et il recula en jurant, tout en serrant ses orteils dans sa main.
— Aly.. fit le glaçon sur patte, la voix tremblante en sautillant sur place.
Elle se concentra un peu plus et le missile tremblota plus fortement et sa trajectoire vira soudainement sur la droite et il explosa derrière un tank. Des centaines de morceaux de métal furent projetés vers les mutants et Alyssa fit monter une sorte de champs de force devant les jeunes mutants et les projectiles s'écrasèrent contre ce dernier et tombèrent uns à uns sur le sol.
Derrière l'horrible bourdonnement qui résonnait à ses oreilles, elle entendit les applaudissements de Malicia. Mais avant d'avoir pu la gratifier d'un sourire, plusieurs soldats se dirigèrent vers eux en criant. Bobby se chargea de deux d'entre eux en piégeant leurs pieds ainsi que leurs mains dans de gros bloc de glace avant de les assommer de coup de poing. A son tour John se chargea des autres et Alyssa détourna le regard, n'ayant nullement l'envie d'admirer le carnage qu'il allait faire.
C'est alors qu'elle sentit le manche d'un fusil de guerre s'enfoncer violemment dans sa nuque, elle poussa un hurlement de douleur et s'écroula sur le sol. Sa vue se brouilla et en passa une main dans sa nuque, elle aurait juré sentir un filet de sang chaud, mais quand elle jeta un coup d'œil sur ses doigts, il n'y avait rien, aucune trace de sang.
Plutôt bonne comme simulation.
Elle se retourna alors sur le dos. Au dessus d'elle se tenait un soldat qui la menaçait avec son arme. Arme qu'elle envoya virevolter plus loin d'un rapide geste de la main avant de ramper en arrière, car son adversaire la regardait méchamment et elle pouvait presque voir dans son regard son envie de l'assaillir de coup. Puis soudain, son uniforme s'enflamma et le soldat hurla en tombant à ses côtés. Alyssa sursauta et repoussa son corps parcouru de spasmes par sa force mental avant de se tourner vers l'Allumette qui affichait un sourire satisfait.
— Ne me remercie pas.
.
.
— J'ai mal.
— Cesse de te plaindre, gamine.
Alyssa soupira et pinça ses lèvres en serrant fort le haut de sa cuisse lorsque Logan posa une compresse imbibée de désinfectant sur son épaule dénudée et blessé. Portant simplement son soutien-gorge rose bonbon vraiment laid et trop petit qui lui compressait sa poitrine, elle se sentait gêné et n'arrêtait pas de garder ses mains autour de son corps pale. Voyant son geste Logan esquissa un petit rire et appuya un peu plus sur sa blessure et la rousse émit un autre gémissement de douleur.
— Sérieusement, c'est qu'une simulation de blessure demain tu n'as plus rien.
— N'empêche que ça fait mal.
Lors de la simulation elle avait reçu une fausse balle dans l'épaule. Cette attaque simulait la douleur et les conséquences identiques à l'attaque d'une vraie balle. Sauf que les effets se dissiperaient d'ici la nuit, ce qui était plutôt agréable. Mais malgré ça, la rousse avait l'impression de saigner abondamment et de perdre son bras. Mais tout cela n'était encore une partie de la simulation.
Maintenant, elle se trouvait dans une sorte de grande infirmerie située aux sous-sols de l'Institut. Il y avait tout sorte de machines étranges qui émettaient des sons plus que désagréable. Elle était assise sur un lit froid entre deux rideaux blancs laids qui lui donnaient envie de vomir.
— Sa ne devrait pas être Tornade qui à le rôle de l'infirmière ? Sans vouloir te vexer, je ne t'imagine pas en blouse. fit-elle sur le même ton qu'il avait pris lors d'hier.
— Arrête de poser des questions stupides.
— Pourquoi nous faire faire ça ?
— Qu'est-ce que je viens de te dire ?
— Ce n'est pas une question stupide.
Elle regarda Logan d'un air de défis et ce dernier soupira en s'emmêlant dans les fils qu'il allait utiliser pour recoudre la plaie, bien qu'il n'en ait pas vraiment besoin. Logan n'avait pas des mains d'infirmier doué, ni les capacités d'un bon soigneur et cela commençait à inquiéter légèrement la jeune fille.
— J'en sais rien gamine.
Alyssa savait qu'il mentait, mais elle ne dit rien. Préférant se voiler la face et enfouir sa curiosité au plus profond d'elle-même. Elle ne comprenait pas pourquoi les élèves comme elle, de son age, devait faire des cours pareils. C'était insensé, c'était comme les préparer à une guerre. Mais elle avait bien appris en histoire que les guerres avaient une cause. Et cette guerre qu'elle se tuait à se mettre dans la tête, avait-elle une cause ?
Premièrement, il n'y a pas de guerre, idiote. Deuxièmement, il va falloir que tu limites les films de ce genre.
— Occupe toi de ça, je reviens. grogna t-il.
Il lui balança la boule de fil au visage et tourna les talons, passant derrière un rideau blanc qu'il referma mal. Elle jeta un coup d'œil qu'elle aurait dû garder pour elle. Car en effet, elle tomba sur un dos nu, blessé sur le bas à droite. Elle connaissait cette blessure, c'était le dos de l'Allumette. Lui aussi avait reçu une balle. Alyssa se souvenait de son hurlement et de sa rage à se relever, faisant abstraction de la douleur. On aurait dit un vrai soldat, un mutant luttant pour sa cause.
Alyssa ne put empêcher son regard de descendre plus bas. Il n'était pas trop musclé, mais c'était acceptable. Ses épaules étaient relâchées comme d'habitude et ses omoplates bien dessinées, tout comme les courbes que formaient ses muscles. Il n'avait ni la peau trop pale, ni trop bronzé.
Durant quelques secondes, elle eut envie de le parcourir de ses mains. Sentant le rouge lui monter aux joues et la chaleur de la pièce augmenter, elle se concentra de nouveau sur les fils. Quelle idiote elle faisait, de penser une chose pareille envers quelqu'un pour qui elle éprouvait rien d'autre que de la haine.
Entre autres.
— Ils ne t'ont pas raté. entendit-elle.
Alors elle tendit l'oreille et se décala vers le bout de son lit. Elle s'appuya sur son épaule et grogna sous les picotements désagréables qu'elle ressentit.
— J'ai l'habitude.. soupira l'Allumette.
Elle se rapprocha encore plus.
— Pas comme d'autre.
Logan avait parlé froidement et Alyssa se doutait qu'il parlait d'elle. Comme s'il lui en voulait d'être faible, de sentir la douleur ou encore de se plaindre. Seigneur ! Elle venait de recevoir une balle, en simulation certes, mais la douleur reste la même. Elle arriva désormais sur le bout de son lit.
— Elle va bien ?
BOUM.
Alyssa perdit soudainement l'équilibre et s'écroula sur le sol. La commode d'urgence fut entraînée dans sa chute et son contenu se déversa à terre. Elle cria sous la surprise que lui provoqua sa blessure et y porta sa main, laissant une vue totale sur tout le haut de son corps dénudé, mais surtout son horrible soutien gorge rose bonbon enfantin.
Le rideau grinça et Logan apparut, dévisageant la rousse puis les affaires de médecine éparpillées sur le sol.
— Qu'est-ce que tu fous par terre, gamine ?
Elle tenta alors un regard vers le jeune mutant derrière Logan, qui se contentait de la regarder de façon moqueuse. Mais quand elle se redressa en position assise, elle sentit son regard brûlant sur chaque parcelle de sa peau nue, elle s'empressa de cacher sa poitrine du mieux qu'elle pouvait.
— Je suis tombé, ça se voit pas ? fit-elle froidement.
John esquissa un rire sadique et la regarda toujours avec ce regard moqueur mais aussi lassé comme si elle était une vulgaire bestiole. Pourtant, elle y vit comme du désir.
— Et pourquoi t'es tombé ?
Elle s'apprêta à répondre, mais se rétracta. Pourquoi était-elle tombée ? Elle avait sursauté de surprise. Et pourquoi ? Parce que John, ici présent et complètement à l'ouest, s'était "inquiété" à son sujet. C'était de l'inquiétude réelle ou simplement de la curiosité afin de se délecter de sa souffrance ?
— Ramasse-moi tout ça, fit-il en désignant tout le bazar du doigt, j'arrive dans une minute.
Puis il disparut derrière le rideau. Alyssa redressa la commode et s'empressa de tout ranger. C'était le bazar dans les tiroirs et un d'eux avait du mal à se refermer, mais au moins il n'y avait plus rien au sol.
Logan revint et elle entendit la porte de l'infirmerie coulisser et se refermer dans un bruit sourd et sec. John était parti. Tant mieux se dit-elle. Elle retrouva un semblant de conscience et tendit le fil qu'elle avait soigneusement démêlé à son soigneur.
Il s'empressa de le jeter sous le regard médusé de la rousse. Il lui répondit qu'il se contenterait juste d'un bandage. Il déposa une petite compresse sur la blessure et s'empara avec douceur du petit bras qu'il enroula peu à peu de long bandage. Alyssa sursauta au contact froid des doigts de Logan et elle s'étonna elle-même en cet instant de penser aux mains brûlantes que John avait une fois -une seule fois mais c'était assez- posé sur ses hanches.
— Je te fais pitié ?
Logan esquissa un petit rire sadique et appuya sur la blessure, récoltant un tas d'insultes de la part de la jeune mutante. Il termina le bandage et coinça le petit bout de tissu en dessous. Alyssa passa une main dessus et le remercie d'un signe de tête.
— Pour l'instant, oui.
— Pour l'instant ?
— Tu as du potentiel, il suffit juste que tu le découvres.
— Je te demande pardon ?
— Il suffit juste que tu le découvres.. fit-il de façon provocante.
.
.
La porte grinça quand elle l'ouvrit et elle ferma les yeux, priant Dieu que personne ne l'entende. Pourtant, il n'y avait aucun problème, le Professeur Xavier désirait la voir à une heure tardive. Il n'y a aucun problème à cela.
Paranoïaque.
— Bonsoir Alyssa.
Elle fut étonnée qu'il ne l'appelle pas Aly. Le fait qu'elle désire qu'on la nomme de nouveau Alyssa n'avait pas encore fait le tour de l'Institut. Mais après tout cet homme, voyait, entendait et savait tout. C'est pour cela que sans s'en rendre vraiment compte, elle fermait son esprit afin de ne pas passer sous le regard analyseur du vieil homme.
— Bonsoir Professeur. fit-elle en prenant place sur un des fauteuils.
— Je voulais te voir moi-même cette fois-ci. J'ai envoyé le Docteur Grey en mission et..
— Que se passe-t-il ? le coupa-t-elle.
Se rendant compte de l'immense preuve de son impolitesse, de son égoïsme et de sa grande curiosité, elle s'excusa du regard et le baissa vers ses mains entrelacées. Tiens, son vernis rose pale s'écaillait, elle devrait en remettre une couche.
— Tu penses vraiment que je vais te le faire savoir ? fit-il en haussant un sourcil.
— Pardonnez-moi Professeur.
— Peu importe, Alyssa. Lors de ma première intervention dans ton esprit j'ai dû faire face à un blocage assez puissant, une sorte de bouclier contre toute intrusion étrangère. Ce n'est pas étonnant le Docteur Grey et moi-même comme tout autre télépathe sommes dans la capacité de produire le même. Non ce qui est le plus étrange : c'est que tu peux l'utiliser pour te protéger toi-même.
Devant son incompréhension et sa moue complètement perdues, il ajouta :
— Physiquement tu peux reproduire ce bouclier pour te protéger. J'ai remarqué que sa force n'était pas identique à la forme d'un bouclier uniquement psychique, j'ai donc pensé à cela.
— C'est insensé.
— Notre race entière est insensée, Alyssa.
Pour la première fois depuis cet entretien, Alyssa plongea son regard dans celui du Professeur. "Notre race" avait-il dit, notre race. Elle qui avait toujours cru être un simple humain comme les autres, ne s'étant jamais qualifiée de "race" qu'elle accordait juste aux animaux. La race animale, la race humaine. Maintenant, elle faisait partie d'une race : la race mutante.
Elle se sentait mal soudainement. Si les humains abaissaient les animaux aussi dangereux qu'ils soient à une race inférieure, qu'en serait-il des mutants ?
— Maintenant j'aimerais que tu t'entraînes à visualiser ce bouclier et à le projeter.
Alyssa fronça les sourcils, en cet instant une équation complexe de mathématiques aurait été plus simple à résoudre. Il était complètement fou, ce Professeur était définitivement et complètement fou. Visualiser le blocage qu'elle avait en son esprit et le projeter autour d'elle. C'est du n'importe quoi, du grand n'importe quoi pensait-elle.
Mais elle se souvenu de ce matin, sans s'en rendre compte elle avait réussi à former une sorte de bouclier. Mais encore une fois, ce n'avait été que la chanche du débutant.
Pourtant au lieu de regarder fixement le vieil homme avec un air je m'en foutiste et j'abandonne, elle se concentra. Pourquoi faisait-elle ça ? Parfois, elle espérait que tout ceci n'était qu'un rêve et que sa mère la réveillerait en plaquant ses mains froides sur ses joues, puis Alyssa sentirait ses grosses bagues de toutes les formes s'enfoncer dans sa chair et elle se réveillerait un sourire aux lèvres en détaillant les traces de peinture sur le visage de sa mère qui était peintre. Et les mutants n'existeraient pas.
Mais les mutants existaient, et elle en était une.
Alors elle chercha à provoquer ce blocage, elle s'imaginait que le Professeur allait entrer dans sa tête et découvrir tous ses petits secrets comme celui du je-matte-ma-colocataire-de-chambre-quand-elle-est-nue ou celui je-me-suis-déjà-imaginé-un-plan-à-trois-avec-elle-et-son-petit-ami. Automatiquement, elle rougit et son blocage refit surface. C'est bon elle l'avait, elle le voyait bien cette barrière autour de son esprit. Elle tenta de l'agrandir et de le projeter autour d'elle, comme elle avait dût le faire ce matin.
Cependant, l'air devint irrespirable et presque inexistant autour d'elle. Portant une main à sa gorge, elle enfonça ses doigts dans l'accoudoir du fauteuil. Il fallait que cela s'arrête de suite, elle n'y arrivait pas et elle n'avait pas envie d'y arriver si pour cela, elle devait en souffrir. Le blocage disparut difficilement, mais l'air revint et la jeune fille inspira une grande bouffée qu'elle souffla longuement.
Comment elle avait fait ?
— Je crois qu'il n'est pas encore possible que tu manifestes ce don pour le moment.
— C'est-à-dire ?
— Bonne nuit, Alyssa.
Bonne nuit ? Non vraiment, c'était tout ce qu'il avait à lui dire ? Déçu, en colère et cependant bien fatigué, elle lui souhaita une bonne nuit en retour et sortit de la pièce en traînant des pieds contre la moquette.
Pourtant quand elle arriva dans sa chambre, elle sentait que quelque chose manquait. Malicia dormait à poings fermés, elle ronflait presque : ça, c'était normal. La lumière de la salle de bains que la brune oubliait toujours d'éteindre : c'était normal. Le bazar qu'elle laissait traîner avant de dormir et qu'Alyssa s'empressait de ranger : c'était normal, et très lourd.
Son regard se dirigea alors sur sa table de chevet. Voilà ce qui manquait : son bien. Son petit truc à elle, sa petite breloque, son petit porte bonheur. Il avait disparu. Dans un bruit épouvantable à réveiller une troupe de paresseux, mais pas Malicia, elle se jeta au sol et regarda partout, sous son lit sous celui de sa colocataire sous les deux tables de chevet puis un peu partout dans la chambre.
Elle se prit la tête dans ses mains et se laissa tomber dans son lit. La fatigue prit le dessus sur son inquiétude à propos de son grigri. Elle s'endormit rapidement, non sans garder la main posée sur son guéridon, comme si cela allait le faire réapparaître sous sa paume.
— Je vais te retrouver, Papa.
Merci d'avoir lu !
