6. Potions
L'air serpentait entre les arbres de la forêt interdite, apportant avec lui les senteurs de la forêt, le fumet de ses proies, l'odeur poivrée du loup et celui plus fade des humains. Le vampire, cependant renifla cette dernière avec intérêt. Son repas venait de lui être apporté sur un plateau. Une femme en plus ! Avec un jeune homme !
-Mmh, c'est Noël avant l'heure.
Grimpant lestement dans un chêne centenaire, Calypsos réfléchissait à comment il ferait peur à son futur repas. Arrivé subrepticement par derrière et attendre qu'il se retourne avant de lui sourire ? Ou le siffler depuis les arbres avant de lui tomber dessus ? Ou encore, ce qu'il préférait, faire paniquer son repas en émettant quelques bruits inquiétants comme celui d'un loup qui hurle. Oui ! Il aimait ça. Surtout que mélangée au sang, l'adrénaline donnait un petit arrière goût exquis qui imprégnait son palais plusieurs heures après avoir vidé son repas.
Sautant souplement et rapidement d'arbre en arbre, le chef des vampires de la forêt interdite arriva enfin au-dessus des ses proies. La femme et le jeune homme, plus jeune, étaient en train de cueillir des plantes, profitant de la lune montante et se croyant en sécurité, ici, à la limite des protections du château de sorcellerie. Les fous.
Bougeant silencieusement, il vint se placer de manière à couper la retraite à ses proies. Désormais placé entre le château et les humains, la probabilité que les deux sorciers lui échappent étaient aussi grande que de voir un vampire voir un vampire participer à une campagne de don du sang.
Sautant brusquement à terre, son apparition eut l'effet escompté. L'élève sauta en derrière pour tomber sur ses fesses et la femme devint plus blanche qu'un linge. Il lui reconnut cependant un certain courage lorsqu'elle le menaça de sa baguette magique.
-Bonsoir, repas ! J'espère que je ne trouble pas votre cueillette ? Vous alliez aux champignons ?
-Veuillez reculer, vampire. La sorcière affichait un air déterminé. Cependant, le vampire entendait son cœur battre la chamade comme s'il voulait sortir de sa poitrine. On ne trompait pas le chef des vampires.
-Ou bien ? Vous allez me tuer ? Trop tard, je crains. En revanche, vous …
Mais le vampire n'eut pas le temps de finir sa phrase. La femme venait d'envoyer à ses pieds une fiole qui explosa et le transforma en torche humaine. La femme saisit alors l'élève et le tira de toutes ses forces vers le château. Malheureusement, pour cela, ils devaient passer devant le vampire en feu. Même dans l'état où il était, le celui-ci réussit à attraper l'un des deux sorciers par la jambe et le fit tomber à terre.
-Cours ! Va te mettre à l'abri ! Préviens Matthew qu …
Mais elle ne put finir sa phrase, la main du vampire serrant à présent trop sa gorge. L'élève n'hésita pas un instant et trois secondes plus tard, il lavait regagné la protection de Poudlard.
-Imbécile ! Tu viens de faire fuir la moitié de mon repas ! Je vais t'apprendre à me faire cela !
Projetant sa tête en arrière il découvrit ses longues canines et s'apprêtaient à les planter dans le cou de la femme lorsqu'il fut coupé brusquement dans son élan par une voix.
-Bon appétit Calypsos !
Dire que le vampire fut surpris aurait été un euphémisme. Il tourna sa tête si brusquement qu'il en serait mort si ce n'était sa condition de vampire. Un craquement sonore de vertèbre résonna dans la nuit. Devant lui se tenait une femme, il le sentait plus qu'il ne le voyait. Ses sens olfactif lui apprirent qu'elle était très jeune, mais également en pleine forme physique. Son fantasme d'un bon dessert fut cependant calmé lorsqu'il reconnut les vêtement que portait la femme : une cape mauve en cuir de basilique portant le dessin d'un dragon crachant du feu et déployant ses ailes.
-Bonsoir Chevalier. Ca faisait longtemps que je n'avais pas croisé l'un d'entre vous. Si ma mémoire est bonne, je dirais un petit peu plus de sept cent ans.
-Ta mémoire ne te trompe pas, Prinţ umbră. Veux-tu bien à présent relâcher le professeur O'Connell. Je crains qu'elle attrape mal à la gorge, par cette froide nuit d'octobre.
Si le vampire relâcha sa prise, se fut plus par surprise d'entendre un mortel prononcé son titre de chef des vampires, Prinţ umbră, que par obéissance. La femme s'effondra au sol, peinant à respirer. Cependant, ses yeux ne décollaient pas de la scène qu'elle avait devant elle.
-Comment me connais-tu, mortèle ? Je suis sûr de ne jamais t'avoir croisée !
-Passé un certain âge, Calypsos, il est difficile de ne pas se retrouver fiché, tu sais. Surtout après la cinq-centaine. Même chez les vampires.
-Est-tu totalement folle pour te confronter à moi, ou inconsciente. Si tu me connais, tu connais mes goûts pour les personnes de ta condition … et de ton sexe. Les jeunes femmes ont le meilleur sang !
-Tu vas bien vite en besogne, Calypsos. Tu bois le sang avant même d'avoir sorti tes canines.
Le prince des vampires fondit sur la jeune femme si vite qu'il ne laissa pas une seule ombre derrière lui. Ceci ne rendit le choc avec le mur invisible que plus intense. Tous ses os explosèrent sous la pression du choc et il resta au sol pendant plus de dix secondes, le temps que son organisme reprenne le dessus. Lorsqu'il se releva, la femme était à présent aux côtés de celle qu'il avait attrapé à la gorge. Cette fois, il vit la barrière infranchissable érigée tout autour des deux humaines, crée par une rune tracée rapidement à même le sol, dans l'humus qui tapissait la forêt. La plus jeune fit boire à la plus âgée une potion qui lui redonna des couleurs avant qu'elle ne s'endorme. Le Chevalier fit alors léviter le corps endormi jusqu'à la limite du parc de Poudlard, et le posa doucement dès qu'elle eut franchi les barrières protectrice. Une couverture apparut sur le corps. Puis elle se tourna vers lui, sa tête à présent découverte. La femme qu'il avait devait lui avait des cheveux noir jais et des yeux d'un vert émeraude qu'il aurait reconnu aux Enfers, où sa place était sans doute déjà réservée.
-Samia Potter ?
-Rose Heather. Potter était le nom de ma mère.
-Mais tu es …
-Morte ? Marrant comme question venant de ta part. Vraiment !
Les deux Etres magiques se jaugèrent plusieurs secondes durant. Le vampire ne savait pas vraiment comment il devait réagir à tout cela. Et pour quelqu'un qui a plus de huit cents ans, ce n'était pas peu dire.
-Pourquoi ne m'as tu pas achevé lorsque j'étais au sol. Tu aurais eu le temps d'aller chercher le pop-corn avant de me tuer et de profiter du spectacle.
-Cependant je ne l'ai pas fait. Et ça te tracasse. Pourquoi une sorcière, Chevalier de Poudlard et qui a du entendre toute son enfance durant que les vampires étaient de grands méchants ne t'a pas achevé ? Etonnant comme les humains sont toujours aussi surpris de voir quelqu'un qui ne profite pas de leur faiblesse, n'est-ce pas ? Même toi, Prinţ umbră Calypsos.
-Je crois qu'une discussion s'impose, Chevalier, répondit ce dernier.
-Je crois aussi. Tu comprendras cependant surement que j'exige une garantie concernant ma sécurité. Non pas que se retrouver en présence du prince des vampires m'effraie, mais un accident est si vite arrivé…
Le vampire ne put s'empêcher de rire à cela. Et s'il y a bien quelque chose dont peu de mortels peuvent témoigner, et être encore vivant pour cela, c'est d'avoir jamais vu un vampire rigoler.
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Calypsos avait connu la plupart des membres de la famille Potter. Il avait connu James, puis Harry Potter et combattu aux côté de ce dernier. L'homme lui avait assuré de peser de tout son poids plus tard pour que les vampires qui étaient prêts à jurer sur leur vie de ne pas attaquer d'humains puissent retrouver certains privilèges réservés aux sorciers mortels. D'abord très septique et après avoir tenté de tuer l'homme, Calypsos dut se rendre à l'évidence. Cet homme n'était pas comme les autres. Ne serait-ce parce qu'il ne l'avait pas tué lorsqu'il l'avait attaqué, ce qu'aurait fait n'importe qui d'autre – ses amis notamment. Il frissonnait encore de peur, lui, le prince des vampires, au souvenir du regard de Sylvia, la future Lady Potter, lorsque son attaque sur Harry avait échouée. Non, l'homme lui avait tendu la main et ensemble ils avaient combattu le mage noir de l'époque. Calypsos ne s'était jamais reconnu aucun chef, autant lorsqu'il était mortel qu'après avoir été mordu. Sauf une fois. Cette fois-ci fut le jeune Potter. Il avait été fier d'être un de ses lieutenants dans la dernière guerre contre Lord Voldemort. L'homme avait plus d'une fois combattu à ses côtés, et jamais il ne s'était senti plus accepté pour ce qu'il était – Calypsos, un vampire, pas une créature de l'ombre.
Lorsqu'ils eurent remportés la guerre, le jeune Potter avait tenu à ce qu'il reçoive sa part de récompense. Il avait du faire des pieds et des mains pour lui obtenir son ordre de Merlin deuxième classe, mais le sorcier l'avait obtenu et fait clairement savoir qu'il était fier d'avoir Calypsos pour ami. Il avait pu de nouveau déambuler sur le Chemin de Traverse en plein jour, ce qu'il n'avait pas fait depuis huit cents dix-sept ans, la veille de sa morsure. Boire du sang d'animal pour se nourrir avait été un bien petit prix pour retrouver une vie comme celle-ci.
Malheureusement, la protection du sorcier ne tint que le temps qu'il vécut. Peu après sa mort, les choses redevinrent ce qu'elles étaient avant le « triomphe de la Lumière », comme Calypsos s'amusait à l'appeler – jeu de mot qu'il trouvait assez marrant, compte tenu de son statut de vampire. Il dut de nouveau se cacher et reprit sa vie d'antan, à la différence près qu'il regroupa plusieurs dizaines de vampires en une communauté soudée. Son expérience et ce qu'il avait fait pour son espèce avec l'Elémentaire de l'Air lui assurèrent le titre de Prinţ umbră, le Prince de l'ombre.
Il emmena la jeune femme au siège de sa communauté.
Dire que son arrivée avec une mortelle à son bras n'était pas passée inaperçu aurait été loin de la réalité. Tous les vampires les regardèrent, la plupart se délectant déjà de l'odeur de la femme qui était pour eux comme l'odeur d'un gâteau tout juste sorti du four. Et bien sûr, un des vampire, Temere, s'était empressé de rappeler les lois qui gouvernaient le monde des vampires : tout mortel passant le seuil de leur quartier général devait relever un combat à mort. Calypsos allait s'occuper lui-même de cet imbécile et lui dire qui était cette femme lorsque Rose lui avait fait signe de lui laisser gérer la situation.
Qui eut crût que la chaire de vampire brûlée sentait aussi mauvais ?
Tenus par leurs propres lois, les vampires durent tous prêter serment de ne pas attenter à la vie de l'humaine. Après ça, plus personne n'avança le bout de sa canine vers la jeune femme, même lorsqu'elle préleva sur ce qui restait du corps les deux canines de celui qui s'appela un jour Temere.
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Dans son lit, Rose était agité par un cauchemar. Le cauchemar qui avait marqué le début de sa descente aux Enfers. Le jour où sa mère avait été assassinée.
Flashback :
Musique : The Blessed Spirits, Vanessa Mae
Les deux femmes sortirent de la pièce secrète, la refermèrent et s'apprêtèrent à sortir du coffre. Mais lorsqu'elles ouvrirent la porte, une vingtaine d'hommes menaçants portant tous des vêtements du Ministère pointaient leur baguette sur elles.
Samia n'eut même pas le temps de comprendre que déjà sa mère claquait violemment la porte au moment où les premiers sorts allaient les atteindre.
Ce qui suivit allait marquer à tout jamais la jeune fille.
En sa qualité de Capitaine des Aurors, Julia Heather Potter savait gérer une situation de crise et celle-ci s'annonçait très critique. Se retournant vers l'intérieur du coffre elle prononça la phrase commandant l'ouverture de la pièce secrète
« Je suis arrivée, Godric Griffondor. Ouvres-toi pour les enfants de tes enfants »
Derrière elles, les sorts avaient cessé de frapper la porte. Un murmure semblable à une chanson se fit entendre, étouffé par la porte qui séparait la mère et la fille des sorciers. Julia n'avait pas manqué de remarquer quelques gobelins sur la gauche. Ils devaient en ce moment même être en train de forcer la porte. Cela devrait leur laisser quelques heures.
Julia pris sa fille par la main et descendit rapidement les escaliers, sans prononcer un seul mot, obnubilée uniquement par la question : comment s'en sortir. Il n'y avait pas la moindre question sur le motif de la présence des sorciers de la Brigade Spéciale, l'unité des missions spéciales du gouvernement. Arrivée en bas des escaliers, elle ferma le passage et commença à mettre au point un plan. Elle comptait sur au minimum quatre heures avant que la porte ne tombe.
Cinq heures plus tard, la porte fit entendre une dernière plainte avant d'être vaincue et de tomber dans le coffre, ses gonds pendant lamentablement sur les côtés.
La troupe de la Brigade Spéciale était sur le côté gauche. Les gobelins, tous ou presque armés jusqu'aux dents d'épées, de piques et d'armures, étaient sur le côté droit. Sur un signe du chef de la Brigade Spéciale, ils surgirent en même temps dans le coffre, prêts à faire feu sur la première chose qui bougerait. En moins de trois secondes, les vingt-quatre hommes et les vingt gobelins furent tous dans la pièce, cherchant tous de leur regard où se trouvaient les deux sorcières.
Mais il n'y avait rien, ni personne.
A ce moment là, l'escalier caché fut activé et tous les occupants du coffre pointèrent de leurs armes l'entrée de l'escalier. Pas une mouche n'aurait pu sortir vivante de la pièce cachée.
Sans qu'un mot ne soit échangé, deux équipes de quatre hommes chacune se mirent d'un côté de l'escalier au bord de la première marche, baguettes à la main. Sur un signe de tête de leur supérieur, ils commencèrent à descendre l'escalier. Arrivés au milieu, huit autres hommes disposés de la même manière, descendirent à leur tour les escaliers.
Mais lorsque l'un des huit premiers hommes posa le pied sur la dix-septième marche, il activa l'enchantement placé par Godric Griffondor et les seize hommes disparurent en un instant.
Ils venaient de prendre un billet sans retour pour « Jurassic Park ».
Les occupants restant n'eurent pas le temps de comprendre ce qui venait de se passer qu'ils entendirent, médusés, la femme invoquer le traité de Ragnarok :
-Moi, Julia Heather Potter, invoque pour moi-même et ma fille Samia Heather le traité de Ragnarok et sa promesse faite le 18 mai 1799 aux sorciers qui assure la protection de tous les clients de la banque Gringrotts dans l'enceinte de l'établissement si ceux-ci n'utilisent pas la force.
Quinze minutes plus tard, après une fouille minutieuse mais infructueuse des deux femmes, quatre wagonnets arrivèrent au rez de chaussé de la banque où d'autres hommes de la Brigade Spéciale attendaient. Lorsqu'ils virent que des vingt quatre hommes il n'en revenait qu'un tiers, leurs yeux faillirent sortirent de leurs orbites. Un homme corpulent aux cheveux blonds cendrés affichant un visage dénué de sympathie s'avança.
-Lieutenant, au rapport !
-Mon Capitaine, les deux femmes ont invoqué le traité de Ragnarok et sont pour le moment sous la protection des gobelins.
-COMMENT ! MAIS VOUS FOUTEZ DE MOI !
-Malheureusement non mon capitaine. Il en allait de la vie de tous les gobelins présents et de celle du Directeur de la banque, Teethcrok. Nous avons néanmoins minutieusement fouillé les deux femmes. Elles ne portaient aucun objet sur elles.
-Le Capitaine Julia Potter sans une seule baguette sur elle ? VOUS VOUS FOUTEZ VRAIMENT DE MOI ? Elle a toujours au moins deux baguettes sur elle !
-Pas cette fois, mon Capitaine. Nous avons fouillé tous les vêtements. Pas une seule allumette, ni aucun briquet comme vous le craigniez. Les gobelins les protègent tant qu'elles sont dans l'enceinte de la banque, mais dès qu'elles auront passées les portes, ils nous les laissent.
-Bien Lieutenant. Allez vérifier qu'il n'y aucun feu, aucune bougie allumée dehors. Je ne veux prendre aucun risque. Ces animaux sont plus dangereux que des chimères. Nous les stupéfixerons dès qu'elles auront mis un pied hors de cette foutue banque et elles seront amenées immédiatement au Ministère pour être passées au travers de l'Arche. Elles sont les dernières. Toutes les autres missions ont été un succès. Après cela, il n'y aura plus un seul Elémentaire sur cette terre.
Les deux femmes furent amenées hors des wagonnets, entourées par des gobelins qui semblaient très peu apprécier de devoir les protéger. Mais arrivées au milieu du hall, l'ex Capitaine des Aurors stoppa et tourna sa tête vers Daniel Dirtre, le Capitaine des Brigades Spéciales.
-Je te préviens, Daniel. Si toi ou l'un de tes hommes tente la moindre chose contre ma fille ou moi, je ne serais plus Julia Heather, Capitaine des Aurors, mais une mère prête à tout pour défendre sa fille. Je tuerai le premier qui lèvera sa baguette sur nous. J'espère que tes hommes le savent. Ils vont laisser derrière eux une veuve et des orphelins. Vous êtes prévenus.
-Fais-moi pas rire, Julia. Nous sommes à cent contre une femme désarmée et une gamine. Il n'y a pas une seule bougie d'ici au Ministère. Avec toi et ta fille vont disparaître les derniers Elémentaires ! Oui, les derniers ! Je viens d'assister à l'exécution de tes chers frères et sœurs, de tes parents, de toute ta grande famille. Ils n'ont pas eu le temps de dire quidditch !
Daniel Dirtre se mit à rire à gorge déployée devant l'expression de choc extrême qui se peignit sur le visage de Julia. Il allait enfin être débarrassé de sa grande rivale, la puissante et noble Julia Heather Potter. Il était sûr de devenir le prochain ministre de la Défense ou de l'Intérieur désormais !
-En route ! Je veux quinze hommes devant et vingt derrière. Lieutenant, vous vous chargez de les neutraliser sitôt sorties !
La troupe, ou plutôt le - futur - cortège funéraire se mit en marche. L'avant garde sortie en première, sous la pluie battante et l'orage qui venait d'éclater.
Mais le lieutenant, juste derrière Julia Heather du s'arrêter brusquement, quand devant la porte, alors qu'il avait déjà le sort à ses lèvres, celle qui fut son instructrice stoppa et se retourna.
-Tu veux savoir Dirtre pourquoi les sangs-purs ne font presque jamais d'invention ?
L'homme ne put empêcher un de ses sourcils de se soulever lorsqu'il entendit la question si inattendue. Cependant, la prisonnière n'attendit pas de réponse et continua :
-Vous croyez tout savoir et pensez que les autres peuples ne peuvent rien vous apporter. Mais si tu avais ne serait-ce fait qu'un petit peu de sciences moldue, tu aurais entendu parler de la chimie. Elle t'aurait peut-être sauvée.
La femme leva alors doucement ses mains. Tous remarquèrent alors la poudre rouge qu'elle avait sur le pouce et le majeur de chaque main. Mais ils n'eurent pas le temps de comprendre ce que cela signifiant qu'elle claqua ses doigts des deux mains.
Les rares témoins survivants eurent alors une idée de ce que seraient les Enfers s'ils y allaient un jour.
Une petite étincelle naquit de ce frottement au moment où un éclair coupa le ciel en deux. Assez pour qu'en moins d'une seconde une boule de feu de la taille d'une balle de foot apparaisse dans chacune de ses mains. Moins d'une seconde plus tard, une main vers l'avant garde, une autre vers les hommes encore à l'intérieur de la banque, on ne distinguait plus que la silhouette de Julia Heather dans le déluge de flammes qui vint faucher les vies de ses bourreaux comme s'ils n'étaient que fétus de paille, baignés par le coup de tonnerre qui vint annoncer aux humains et gobelins présents leur départ pour le royaume d'Hadès.
Sans attendre plus longtemps, Julia saisit Samia par la main et se mit à courir dans la rue sous la pluie. Mais elle n'avait pas fait vingt mètres qu'une pluie de sorts et de flèches vinrent s'abattre sur elles. La mère, dans un geste qui sauva sa fille, se mit entre Samia et là d'où provenait l'attaque. Elle reçut dans l'épaule gauche le sort que sa fille aurait prit en pleine tête. Son épaule se mit à saigner abondamment.
Julia prit sa fille dans ses bras et courut au porche le plus proche. Mais juste au moment où elles allaient être à couvert, une flèche gobeline vint lui transpercer l'arrière du genou droit. Julia s'effondra, projetant la petite fille sous l'abri sommaire qu'était le porche.
Les sorciers et les gobelins placés sur le toit n'attendirent pas. Julia vit le sortilège de mort sur la bouche des plusieurs aurors et le reflet métallique des flèches qui fusaient vers elle.
-GODRIC !
Les aurors entendirent tous le cri désespéré de la femme, le cri d'une mère qui va mourir pour son enfant. Tous, même les fiers gobelins, suspendirent leur geste l'espace d'une demi-seconde.
Au moment où la première flèche n'était plus qu'à un mètre d'elle, un bouclier en métal aux armoiries de la famille Potter, rouge et or, apparut dans la main tendue de Julia. S'en couvrant, les attaquants crurent rêver lorsqu'ils virent et entendirent sorts après sort, flèche après flèche, venir frapper le bouclier sans réussir à ne laisser aucune trace sur ce dernier.
-Le bouclier de Godric Griffondor ! murmura un jeune gobelin, ébahi.
Le rêve se transforma cependant en cauchemar lorsque la femme se releva, tant bien que mal en s'appuyant sur le bouclier et que d'un simple mouvement de sa main elle fit apparaître de sa paume un phénix de feu qui s'envola sur le toit. Les uns après les autres, les attaquants durent faire face à un être feu qui semblait être une extension de l'esprit de l'Elémentaire. Le phénix volait d'homme à gobelin, les traversant lorsqu'ils étaient encore vivants pour les laisser morts moins d'une seconde plus tard, transformés en brasier. Certains tentèrent de survivre en se lançant un sort de gèle-flamme. Ce fut leur dernière erreur.
Plusieurs hommes et gobelins préférèrent sauter du toit où ils étaient piégés. Ceux qui atterrirent dans la rue principale eurent face à eux le Capitaine des Aurors, blessée au genou gauche et à l'épaule, mais néanmoins debout et tenant fermement une épée et un bouclier. Elle empêchait quiconque d'approcher d'une petite ruelle qu'elle avait dans son dos. S'ils avaient regardé plus attentivement, ses attaquants auraient vu la petite Samia se cacher derrière un tas d'objet.
La bataille qui suivit resta à jamais gravé dans les esprits, autant dans ceux des gobelins que dans ceux des sorciers. Le mythe de l'Elémentaire brilla ce jour-là dans les pages sombres de l'Histoire comme un phare dans une tempête céleste.
L'air ne fut plus que brasier. Un cercle de feu vint entourer l'ex auror, empêchant quiconque à l'extérieur de ce feu de voir ce qu'il se passait à l'intérieur.
Dans la panique, les sorciers et les gobelins brisèrent les puissants charmes anti transplanage et anti portoloin, autant pour fuir que pour attaquer. Plusieurs unités humaines se rassemblèrent avant de transplaner à l'intérieur du cercle de feu. A l'extérieur, une dizaine de gobelins portant des parures élaborées entama un chant guttural et fit vibrer l'air de son incantation. En même temps, ils se mirent à tracer des runes à la peinture sur le sol et les bâtiments.
Tout le temps que dura l'incantation, des sorciers transplanèrent derrière le rideau de flammes pour tenter de tuer la femme et d'éteindre l'incendie monumental qui venait d'attaquer la banque comme un lion saute sur sa proie.
Lorsqu'enfin les gobelins achevèrent leur incantation, les flammes furent comme étouffées.
Samia n'avait pas réussit à s'arracher à ce spectacle morbide. Elle avait le pressentiment que si elle partait, elle ne reverrait jamais sa mère. Que tant qu'elle serait là, sa mère survivrait. Elle avait senti les barrières anti portoloin disparaître et tenait le sien serré, entre ses petits doigts fins d'enfant. Mais le besoin, vital, de voir sa mère encore quelques secondes se faisait plus fort que tout.
La petite fille retint son souffle lorsque le cercle de feu s'évanouit. Elle comprit qu'il n'y en avait plus longtemps.
Sa mère était mortellement blessée en de multiples endroits. Elle avait perdu beaucoup de sang et sa jambe droite ne supportait plus son poids. Autour d'elle ne gisaient que corps brûlés ou coupés, fauchés par la froide lame d'acier.
Julia Heather sut qu'elle ne pourrait plus tenir longtemps. Elle savait aussi que sa fille avait eu le temps de prendre le portoloin pour revenir à leur maison dont les protections devaient lui assurer une relative sécurité, provisoirement.
Sachant qu'une mort lente mais douloureuse l'attendait, l'auror n'hésita pas lorsqu'elle vit le trait vert se diriger vers sa tête. Elle fit disparaître son armure et son épée d'un geste de sa main, sachant que sinon, elles seraient récupérées par les gobelins. Dans un dernier élan de fierté, Julia Heather Potter se redressa pour se tenir droite et lorsque le sort de mort vint la percuter en plein front, sa dernière pensée alla à sa famille.
L'image de sa mère s'effondrant sans vie, projetée en arrière, fut comme brûlée sur la rétine de la petite fille. C'est presque inconsciente qu'elle activa le portoloin et disparut pour réapparaître à plusieurs centaines de kilomètres de là, dans une maison vide.
Vide de vie.
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Mardi vit le jour se lever sur un château pris dans le brouillard d'automne. Comme à son habitude, Rose se rendit assez tôt dans la Grande Salle afin d'éviter le gros des élèves et aller s'entraîner à sa métamorphose pendant une heure avant le début des cours. Mais même ainsi, elle ne put éviter d'entendre pleins de commentaires sur ce qui s'était passé le samedi précédent au Ministère. Les élèves, comme les professeurs, ne parlaient que de cela. Si on avait dit à Rose qu'apprendre le sort de Tête en Bulle lui permettrait un jour de survivre aux sables mouvants et de se faire passer pour un spectre, elle aurait bien rit. Pourtant, c'est ce « miracle » qui lui avait finalement assuré le statut de « spectre d'Harry Potter ». Ca et l'indivigo-sorcier qui avait décrit tous les traits magiques propres à Harry Potter, un cas d'école, qu'il avait relevé lors de la confrontation.
Sans oublier le coup de la baguette de son ancêtre. L'ironie de l'histoire, c'est que lorsqu'elle avait permuté sa baguette et celle qu'elle avait attirée à elle juste avant le duel, elle avait utilisé un vieux truc de « magicien » moldu pour que personne ne puisse la voir faire l'échange. Plus d'une centaine de sorciers bernés par un tour de passe passe moldu !
Greenspich, de son côté, semblait ne pas avoir beaucoup apprécié la visite des aurors et du Ministre chargé de la justice venus lui demander comment la baguette du Survivant avait quitté son bureau. Mais après tout, il l'avait cherché. N'est-ce pas lui qui avait refusé de prévenir les aurors lors de l'effraction de son bureau ?
L'annonce du spectre concernant Gringrotts avait créé un énorme remue-ménage et il ne s'était pas écoulé une heure après le départ du spectre que la banque était prise d'assaut par les sorciers venus fermer leurs compte. Une file de plusieurs heures avait bouchée le Chemin de Traverse. Et depuis, cela n'avait pas cessé. Rose comptait sur ce retrait massif d'or pour retarder la guerre qu'elle sentait imminente entre les deux peuples magiques. Ce n'était pas innocemment qu'elle avait accepté de parler avec Calypsos. Sans compter qu'elle s'était assurée que ceux qui l'avaient volée ne se retrouveraient pas sans rien. Ca aurait vraiment été dommage qu'ils ne puissent pas la rembourser.
Déjà, trois personnes s'étaient rendues à la banque suisse pour lui rendre ce qu'ils lui avaient volé et avaient signés le contrat magique. A présent, avec environ un million de gallions en poche, elle n'avait plus à s'en faire financièrement. Certes, ces trois personnes n'avaient joué qu'un petit rôle dans la perte de ses parents, mais ils en avaient eu un quand même.
Le Ministère ne s'était cependant pas encore exprimer sur le sort de Philippe Heather. Qu'adviendrait-il de l'homme qui était retenu à la prison d'Azkaban ?
L'attaque de la professeure de potion vint cependant faire concurrence à l'apparition du spectre de Potter lorsque l'élève qui avait été en retenue avec la professeure avait raconté ce qui s'était passé. Comment les deux sorciers s'en étaient sortis presque sans une égratignure relevait du mystère pour presque tous. Seule la professeure de Potion en savait un petit peu plus, mais pour une raison évidente, elle n'avait rien dit à Mario sur ce sujet. Elle savait qu'il trouverait quelque chose, n'importe quoi, pour trouver qui était le Chevalier. Et le moins qu'elle pouvait faire pour remercier la personne qui l'avait sauvée, c'était de passer quelques secondes de ses péripéties sous silence. Elle avait également assez de jugeote pour savoir qu'il valait mieux ne pas se mettre quelqu'un qui pouvait neutraliser un vampire pendant plusieurs secondes à dos. Surtout un vampire comme celui-ci. Quarante huit heures plus tôt, elle aurait parié son chaudron en or que la potion qu'elle avait lancé pour se défendre aurait tué n'importe quel vampire. Il devait être très puissant pour avoir survécu.
Plus tard, Rose fut heureuse lorsqu'elle quitta la Salle sur Demande. Elle venait de franchir un cap dans sa métamorphose. D'ici un mois, elle serait capable de se métamorphoser totalement. Cela lui permettrait de réaliser la phase trois de son plan.
Jeudi après-midi, elle se rendit à son TPR de potion avec le sourire. Elle avait fini son protocole expérimental et allait le présenter à son professeur. Elle descendit aux cachots et entra dans la classe.
Ils n'étaient pas très nombreux à prendre potion pour leur TPR. Cinq élèves avaient relevés le défi. Stanley Lancer et Kendra Dunkerly de Serpendtard, Audric Amandra de Poufsouffle, Cindy Baude de Gryffondor et Ryan Chalm de Serpentard. Cependant, Stanley Lancer n'aurait pas du en faire partie. C'était on père qui l'avait obligé alors qu'il était pour le moins maladroit en potion. Mais Greenspich n'avait pu refuser la demande express de Lord Lancer, qui avait politiquement et monétairement un certain poids. Ce dernier voulait voir son fils avec un diplôme de médicomage et Greenspich n'avait eu d'autre choix que d'obliger O'Connell à accepter l'élève en TPR de potion. Pour Rose, la question n'était pas de savoir s'il y aurait un accident, mais quand. Elle éprouvait de la peine pour son camarade, qui, s'il était maladroit en potion, excellait en arithmancie. Il mettrait longtemps à trouver sa voie avec un tel père sur le dos.
Une fois en cours, la professeure vint à sa table pour voir où son élève en était. Lorsqu'elle avait lu le devoir supplémentaire qu'elle avait donné à Rose et Chloé, elle avait vite compris qui avait fait rater la potion. Cette élève avait simplement le niveau pour devenir Maître des potions. Depuis, elle avait suivi d'un regard intéressé les progrès de son élève et avait été ravie de la voire faire son travail de recherche en potion. Elle enviait son collègue Septimus pour l'avoir dans sa maison, aussi était-elle très heureuse de l'avoir dans son cours. Mais tout ce qu'elle avait appris sur son élève n'aurait jamais pu la préparer au choc qu'elle eut.
-Alors mademoiselle Weinberg, avez-vous trouvé votre problématique ? Il serait temps afin que vous puissiez commencer à mettre au point un protocole expérimental.
-Tenez.
Ce fut le seul mot de la jeune femme qui lui tendit plusieurs feuilles blanches.
-Qu'est-ce ? Eliane O'Connell n'avait jamais vu de feuille blanche moldue.
-Oh ! Ça ? C'est du papier moldu. Il est beaucoup plus pratique que les parchemins et beaucoup moins cher.
-Mais quelle plume avez-vous utilisé ? Je n'avais vu ceci, dit-elle en désignant les lignes écrites au stylo bille.
Rose lui tendit son stylo et lui fit signe de l'essayer.
-Mais … n'y a-t-il pas besoin d'encre ?
La professeure de potion fut ravie du résultat. Venant d'une famille de sang-purs, elle n'avait jamais touché à un tel stylo, mais comprit dès le moment où elle écrivit son premier mot qu'elle allait en faire une grosse consommation. Fini, les plumes qu'on trempe dans l'encre ! Fini les plumes cassées et les bouteilles d'encre renversées ! Fini les bavures d'encre !
Cependant, son choc ne fit qu'augmenter lorsque ses yeux se posèrent sur les lignes bleues.
-Vous voulez créer une potion capable de guérir les effets d'une exposition prolongée aux détraqueurs ? Aussi douée que vous soyez, mademoiselle Weinberg, je n'en rêverais même pas à votre place. Je ne pense pas que je serais capable de trouver les bases d'une telle potion, et s'en me vanter, je pense pouvoir me compter parmi les meilleures maîtres de potion de ces cent dernières années.
-Avez-vous lu la suite professeur ou seulement le titre ?
Si quiconque d'autre que Rose Weinberg lui avait dit cela, il serait déjà en train de mettre des yeux de triton en pot.
Rose vit sa professeure blanchir à la vue du protocole expérimental. Elle commença à s'asseoir et seul les réflexes de son élève permirent de ne pas tomber par terre : une chaise fut conjurée au dernier instant. Regardant les autres pages, elle vit qu'elles étaient remplies de longs calculs complexes.
-Le professeur Schneider a une copie des feuilles de calcul. Il a gentiment accepté de les vérifier.
-D'où vous est venu d'associer trois gouttes de sang de dragon avec un demi gramme d'oxyde cuivre ? C'est assez …
-Inattendu ? Je suis tombé sur un ouvrage de Laurette et Neville Longdubat dans la réserve de la bibliothèque, avec le passe que vous avez bien voulu me donner. Je l'ai trouvé très intéressant.
-Quoi ! Ne me dites pas que nous avons « De l'alchimie moldue et sorcière » à la bibliothèque ! Je cherche ce livre depuis plus de dix ans et ai retourné toute la bibliothèque de Poudlard trois fois. Je ne peux pas croire être passée à côté !
Et merde ! pensa Rose. Difficile d'avouer d'où venait réellement l'ouvrage. « Oui, il vient du coffre des Potter, non, pas celui où ils avaient leur argent, un autre, secret. Vous ne saviez pas ? »
-Il était derrière d'autres ouvrages. Je l'ai trouvé par hasard.
-Vous devez me le montrer ! Je tuerai pour passer une heure en sa possession. La professeure était à présent comme une gamine à qui on venait d'annoncer qu'elle aurait tout ce qu'elle voudrait pour son anniversaire.
-C'est-à-dire que …
Mais Rose n'eut pas besoin de finir sa phrase. Un des préfets de Serpentard venait d'entrer en courant dans la classe, un journal à la main !
-Professeur ! le Directeur vous demande de toute urgence dans son bureau ! Il m'a chargé de vous donner ceci.
Le journal était une édition spéciale. En gros caractères, on pouvait lire :
LES GOBELINS FERMENT GRINGROTTS !
Puis en sous-titre
IMPOSSIBLE D'ACCEDER AUX COFFRES ! AUCUNE PRÉCISION SUR UNE ÉVENTUELLE RÉOUVERTURE
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Greenspich et les quatre directeurs de maison étaient en train de parler dans le bureau directorial de la situation. A n'en pas douter, elle était devenue critique. Le peuple Gobelin, même s'il était dénigré par une majorité de sorciers, venait d'envoyer un signal fort à la Communauté sorcière. Fermer Gringrotts était un symbole puissant, c'était signaler qu'il n'y avait pas de discussion possible et que l'heure n'était plus aux marchandages. C'était exprimer le ras de bol de toute une population. Et cette population était supérieure en nombre à celle des sorciers.
-Mario, nous devons prendre des mesures supplémentaires pour protéger les élèves ! On ne sait pas ce qui peut se passer ! S'ils nous attaquent …
-Ils n'attaqueront pas Éliane ! Nous avons toujours maté les révolutions gobelines, et jamais elles ne se sont intéressées à Poudlard. De plus, …
Mais trois coups frappés à la porte vinrent l'interrompre. Greenspich voulu utiliser son lien avec le château pour connaître l'identité de la personne derrière la porte, mais la réponse qu'il reçut ne fut pas celle attendu. Une voix se fit entendre derrière la porte :
-Je suis le Chevalier de Poudlard.
Un silence pesant s'installa pendant quelques secondes. Greenspich se leva et fit signe aux autres professeurs de sortir leurs baguettes. Ils se disposèrent en arc de cercle et le Directeur informa le visiteur tant attendu :
« Entrez ! ».
La porte s'ouvrit. Face à lui, Greenspich avait un homme vêtu d'une tenue élégante mauve sur laquelle figurait un dragon crachant du feu. Mais ce ne fut pas cela qui le retint d'envoyer son sort. Ce fut le professeur Smith qui était à côté, baguette à la main et visiblement prêt à défendre celui qui leur rendait si courtoisement visite.
-Matt … Matthew ? Vous … vous …
-Je viens de rencontrer le Chevalier en bas de l'escalier. Je n'en sais pas plus que vous.
-Mais … vous ne l'avez pas …
-Neutralisé ? c'était la voix masculine et jeune de l'homme en mauve qui se fit entendre. Non, il n'a rien tenté contre moi, Directeur. Allez savoir comment, il savait que je ne présente aucun danger, lui. L'homme avait pris soin d'accentuer son dernier mot. Et même si les occupants de la pièce ne pouvaient pas voir le visage du Chevalier, ils n'en sentirent pas moins son regard sur leurs baguettes dirigées vers lui. Parmi les cinq occupants, seule la professeure de botanique n'avait pas sorti sa baguette. O'Connell, après une rapide réflexion, était arrivée à la conclusion qu'il valait mieux pas que le Directeur apprenne qu'elle devait sa vie au Chevalier. Greenspich se retourna vers ses employés et posa à Hinch la question qu'elle attendait :
-Maria ?
-Avec tout le respect que je vous dois, monsieur le Directeur, vous nous avez menti lorsque vous nous avez parlé de la personne qui avait ouvert la grotte. Ou bien, mais j'aurais du mal à le croire, vous ne vous êtes jamais intéressé ou n'avez jamais lu l'Histoire de Poudlard.
Les trois autres Directeurs de maison présents écoutaient désormais la Directrice de Serdaigle avec attention.
-Sinon, vous auriez su que celui ou celle qui était capable d'ouvrir la grotte était destiné à devenir Chevalier de Poudlard et que cette fonction l'empêche de nuire d'une quelconque manière à la sécurité de cet établissement. C'est pourquoi je ne tenterai rien contre lui. En revanche, j'aimerai que vous nous expliquiez votre comportement.
La tension se fit tout d'un coup palpable. Mais le l'homme en mauve vint couper court à cela.
-Je ne suis pas ici pour vous voir laver votre linge sale en famille.
Les regards surpris et étonnés des professeurs accueillir l'expression moldue. Mais elle fut vite oubliée à l'entente de la phrase suivante.
-Je suis venu annuler le Tournoi des Trois Sorciers.
