Disclaimer : Tout est à JK Rowling, sauf les idées loufoques !

Béta : BettyMars

Bonjour à tous

Je vous ai encore fait attendre pour avoir le nouvel OS … j'en suis désolée. La fin de l'année est toujours source de beaucoup de boulot chez moi donc j'ai privilégié l'écriture de Perpétuelle Obsession quand j'avais du temps libre. Bref, il est là donc c'est le principal !

Comme vous allez le remarquer, il est construit un peu différemment que les précédents, et j'espère qu'il vous plaira quand même.

Normalement, le prochain arrivera dans un mois, le 1er mars. Il est déjà entamé donc ça ne devrait pas poser de problèmes !

Sur ce, bonne lecture !


Situation : Dernier trimestre de la 6ème année des Maraudeurs.


Mauvaise Perspective.

Quand James n'avait rien d'autre à faire, ou plutôt qu'il ne pouvait rien faire d'autre, il faisait le point sur sa vie. Courte vie certes, car il n'avait pas encore dix sept ans. Mais c'était un passe temps comme un autre. En fait, il faisait le point sur plein de choses. Sur les bons souvenirs comme sur les mauvais. Sur les punitions trop imaginatives de ses parents ou sur le nombre de fois où il avait réussi à les berner. Il avait déjà inventorié toutes ses maladies, allant du rhume le plus simple à l'horrible gastro qui vous donnait l'impression d'avoir élu domicile dans les toilettes. Mais ce qu'il faisait le plus, c'était de faire le tour de tout ce qu'il aimait. Car il aimait beaucoup de choses.

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James Potter aimait les petits pois. Peter raffolait les pommes de terre. En purée, sautées, en frite ou juste avec un peu de beurre dessus. Il pourrait en manger à tous les repas, tous les jours, sans jamais s'en dégoûter tant il en était accro. Remus, le gentil préfet apprécié de tous, pouvait se transformer en horrible bête méchante et sanguinaire pour un peu de chocolat. Noir ou au lait, en tablette ou en chocogrenouille, tant que c'était du chocolat, il était comblé.

Sirius, c'est la viande saignante qui le faisait saliver. S'il pouvait planter ses dents dans un bon steak à peine cuit pour le déchirer voracement, il en gémirait d'extase. Il l'avait fait une fois au milieu d'un repas familial au manoir Potter et s'était attiré des moqueries, gentilles, des parents potter. Ce qui avait été une de ses plus grandes hontes et l'avait empêché de se laisser aller par la suite. James lui, c'était les petits pois qui l'envoyaient au septième ciel.

Pas les petits pois mélangés à des carottes. Ni ceux qui étaient mous et chauds. Non, lui ce qui le bottait, c'était les petits pois crus. Et ce n'était pas une lubie récente. Non, cela venait de très loin dans son enfance. Il était alors un petit garçon adorable … non, innocent … enfin c'était un petit garçon dont on sentait bien qu'il ne serait pas aussi sage qu'une image. Ce jour là, il était à la charge de ses grands parents pour à peine quelques jours et pour grand-père Potter, c'était déjà presque trop.

Après avoir passé une bonne partie de l'après midi à écouter son babillage enfantin et à répondre rapidement à ses trop nombreuses questions – Pourquoi l'herbe est verte ? Pourquoi t'es vieux ? Pourquoi les oiseaux volent ? Pourquoi maman dit 'oui continue' quand papa fait des bonds sur elle le soir dans leur lit ? Pourquoi la pluie mouille ? Pourquoi mamie elle a un dentier plus grand que le tien ? ... – grand père Potter avait décidé que si son petit fils continuait à lui donner la migraine, il allait lui apprendre à voler loin … et sans balai …

Désireux d'avoir la paix pour finir de lire son journal tranquillement, il l'avait attrapé par la main et l'avait traîné jusqu'à la cuisine où un elfe de maison était en train de s'occuper des légumes qu'il venait ramassés au jardin. Là le vieil homme l'avait lâchement abandonné avant de repartir profiter de son fauteuil. Après tout, l'enfant était gourmand, alors passer un peu de temps dans cette pièce ne pouvait que lui plaire. Pourtant la culpabilité l'avait rattrapé et moins de vingt minutes plus tard, il était retourné sauver son elfe de l'ouragan James.

Sans surprise, il avait retrouvé la petite créature à la limite de la crise de nerf regardant, affolé, un petit garçon surexcité qui s'extasiait de tout. Pour le faire enfin taire, papi Potter lui avait proposé de goûter à tout ce qu'il voyait sur la table. La bouche pleine, il se tairait n'est-ce pas ? Et en vieux farceur, il n'avait pu manquer le fait que tout était cru dans les divers récipients. Les carottes avaient intéressé l'enfant, mais il les préférait râpées qu'entières. Les haricots verts l'avaient fortement fait grimacer alors que les cornichons l'avaient presque fait vomir.

Mais les petits pois … c'était doux, croquant, juteux et sucré. Et sous les regards ahuris de son grand père et de l'elfe, il avait dévoré le saladier. Par la suite, James avait souvent refusé de manger ses petits pois s'ils étaient cuits. Il avait même poussé le vice jusqu'à aller les manger directement dans le jardin, enfin lorsqu'il échappait à la vigilance de ses grands parents. Jusqu'au jour où il avait demandé à ses parents d'en faire planter tout un champ derrière leur manoir afin de satisfaire ses envies passagères. Et cela faisait maintenant plus de dix ans que cela durait.

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James Potter appréciait aussi de se faire passer pour un gentil garçon afin d'obtenir de l'attention et des friandises. C'était tellement facile et efficace ! Bébé, c'était inné. Un sourire, un « gah ! » expressif, un gazouillis, une bulle de salive, il pouvait faire n'importe quoi, tout le monde s'extasiait sur lui en le touchant, en le chatouillant ou juste en s'exclamant : « quelle merveille ! ». Il n'en avait aucun souvenir, mais il était certain que même quand il poussait dans ses langes, il rendait toutes les femmes folles de lui.

Sa mère lui avait souvent raconté que lorsqu'elle le changeait, il avait l'habitude de lui faire pipi dessus et il s'était demandé si en pissant sur les vieilles rombières, il avait aussi récolté des compliments. Mais comme il préférait éviter que ses parents lui ressortent ces vieilles anecdotes humiliantes lors des repas du gratin mondain, il n'avait pas cherché à en savoir plus. C'était déjà bien suffisant embarrassant qu'ils ressortent, à chaque visite qu'on leur faisait, des photos compromettantes. Il se jurait qu'un jour, il arriverait à faire brûler ce cliché de lui tout nu en train de jouer avec la baguette de son père tout en jouant innocemment avec ses testicules…

Plus tard, quand il avait eu cinq-six ans, James avait aimé faire des risettes aux invités. Il regardait sa victime avec de grands yeux bien écarquillés remplis de douceur et de tendresse. En principe il avait droit à un câlin et des bisous des dames et quelques bonbons des messieurs. Ça marchait à tous les coups. Parfois il allait même se pelotonner sur les genoux des pires vieilles biques de l'humanité et restait sagement là, à sucer son pouce. Au début réticentes, les vieilles bourriques finissaient par se plonger dans leur discussion avant de se rendre compte « qu'il est calme et gentil ce petit garçon ! Un vrai petit ange ! ». Et James repartait avec sa sucette.

Evidement, ses parents avaient bien vu son manège mais n'en avaient rien dit à personne. Pendant que leur fils jouait à l'angelot immaculé, au moins il ne faisait pas de bêtises … comme mettre le feu aux capes des invités en jouant avec une baguette qu'il aurait dérobée quelque part par exemple. Ils n'étaient pas idiots, ils avaient donné naissance à une petite tornade plus chipie qu'un lutin de Cornouailles. Heureusement, il était à un âge où ils arrivaient encore à lui faire faire la sieste. Une goutte de potion de sommeil sans rêve dans un verre de lait et le tour était joué.

A dix ans, James avouait que les papouilles et les tirages de joues façon « mais qu'il est mignon ! » ne l'attirait plus autant. Lui ce qu'il voulait, c'était que sa petite bourse tinte de quelques noises et mornilles. Et s'il arrivait à soutirer un gallion à quelqu'un, c'était la récompense suprême. Mais le challenge était aussi plus difficile. Il n'avait plus sa petite bouille potelée qui le faisait apparaître comme un gros bébé et il était hors de question de faire des bulles avec sa salive sous peine de s'attirer quelques grimaces de dégoût. La sienne en premier.

Non, maintenant, il devait en plus faire attention à ce que sa tenue soit impeccable, ses dents bien brossées … et que ses yeux ne trahissent pas le fait qu'il avait mis du poil à gratter sur la lunette des toilettes. Il devait aussi se contrôler afin de toujours être poli, de proposer son aide pour servir ou pour aller chercher quelques gâteaux supplémentaires. En principe, quand la phrase « mais quel garçon serviable ! C'est tellement rare à son âge », il savait qu'il avait gagné. Le nombre de pièces qu'il récupérait alors, dépendait totalement de sa prestation.

A bientôt dix sept ans, James était content d'avoir acquis tant d'expérience. Dorénavant, quand il utilisait sa tactique de charme sur les vieilles biques, ce n'était plus pour quelques gallions. Non. L'argent n'était plus son plus gros souci car son père lui remettait de l'argent de poche régulièrement. Bien que régulièrement celui-ci lui soit coupé pour cause de punition suite à une bêtise. Mais ça, il préférait ne pas le retenir. Non, maintenant quand il jouait à l'angelot déchu tombé du ciel, c'était pour attendrir McGonagall et éviter les retenues que ses amis et lui passaient leur temps à récolter. Et heureusement, cela marchait assez souvent, il fallait bien l'avouer.

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James Potter affectionnait ses amis. Il les avait rencontrés sur le quai 9 ¾ le jour de leur première rentrée scolaire. Et depuis, ils étaient inséparables. Remus disait qu'ils étaient un peu comme les quatre mousquetaires, Peter comme les quatre roues d'un carrosse et Sirius comme les cinq doigts de la main d'un type qui se serait fait amputer de l'auriculaire. Lui, il préférait ne pas se perdre en conjonctures diverses et profiter de leur lien, tout simplement.

Pourtant, il devait bien avouer que leur amitié, indéfectible depuis cinq ans, avait subi une violente avarie en début d'année. La rentrée s'était parfaitement bien passée car pour la première fois, Lily Evans avait salué poliment son soupirant de toujours. Pas une grande effusion, mais rien que son sourire forcé constituait un mieux comparé aux autres années. A ce moment là, James avait eu bon espoir d'enfin se rapprocher d'elle pour quelque chose d'un peu plus poussé qu'une vague amitié.

Le mois de Septembre n'était pas fini et les Maraudeurs ne s'étaient pas encore fait remarquer. Enfin pas trop. Mais moins d'une semaine de retenues assortie d'une vingtaine de points en moins pour quatre, c'était réellement pas grand-chose pour les plus grands préposés à l'astiquage sous la houlette de Rusard. Même la vieille McGonagall les avait envoyés chez Pomfresh pour vérifier qu'aucun virus ne les avait rendus malades tant ils étaient calmes et tant elle était inquiète.

Le fait que Sirius avait quitté la maison ancestrale des Black y était pour beaucoup. En principe, à chaque rentrée il était si énervé de ses vacances qu'il avait besoin de se défouler. Il fallait bien avouer que pour cet adolescent surexcité, qui était incapable de s'épanouir dans le calme, les leçons de maintien et les études, être ainsi brimé, dénigré et rabaissé par ses propres parents, était réellement une situation explosive. Aussi, à chacun de ses retours au château, il fallait qu'il passe ses nerfs sur quelque chose. Sur Snape et son frère de préférence d'ailleurs. Ce qui faisait que les punitions pleuvaient presque dès le premier jour.

Cette année avait été un peu différente. Dès son retour au Square Grimmaud, sa mère lui avait indiqué qu'ils allaient commencer les cours de magie noire et qu'il avait intérêt à être attentif sous peine de se prendre quelque doloris. Et comme obéir à ses parents ne faisait pas parti des priorités de Sirius, il avait pris quelques corrections douloureuses durant une poignée de semaines. Même pas un mois. Car quand le chaudron fut plein, le garçon avait entassé ses affaires dans une grosse malle et avait fait le mur au milieu de la nuit.

Quelle n'avait pas été la surprise des Potter quand, au petit matin, ils l'avaient découvert endormi sur leur paillasson. Il leur avait demandé l'hospitalité le temps de se retourner, grâce à l'argent légué par son grand oncle, et au final il n'avait pas été autorisé à repartir. Elisabeth avait été claire là-dessus, s'il osait s'enfuir, elle le retrouverait et lui offrirait la plus terrifiante punition qu'il n'avait jamais reçue. Connaissant son sadisme par James, il avait fait profil bas. Non, en fait il avait été plus que ravi de rester avec son ami et finalement, la contrainte n'avait été qu'une excuse pour prendre ses marques dans sa nouvelle chambre.

Du coup, il avait passé les meilleures vacances de toute sa vie et n'avait pas ressenti le besoin d'évacuer son ressenti sur les Serpentards. Du moins durant les premiers temps. Car par la suite, les choses avaient assez mal évoluées. Regulus, qui pourtant avait un caractère assez effacé, avait fait circuler la rumeur comme quoi son frère avait été banni de la famille et jeté à la rue comme le traitre à son sang qu'il était. Evidement cela avait enflé, s'était propagée et Sirius avait été la cible de nombreuses railleries de la part des préposés à la magie noire.

Remus, Peter et James avaient tenté de faire front avec lui mais il s'était un peu renfermé sur lui-même, semblant ruminer sa rancœur. Dès la fin septembre, il avait commencé à être assez virulent contre Snape qui était un acteur principal aux rumeurs. Et il s'en donnait à cœur joie. Surtout que depuis leur BUSE de Défense Contre les Forces du Mal, Lily était furieuse contre son ancien ami et ne cherchait plus à les empêcher de lui faire des misères. Même si elle n'approuvait pas, ses yeux parlant pour elle, elle n'intervenait plus.

Et cela avait dérapé un soir de pleine lune où Sirius avait envoyé un Snape trop curieux dans la cabane hurlante afin de lui révéler un de leurs secrets. Heureusement, James avait eu le temps d'intervenir avant que Remus ne se fasse les dents sur le Serpentard. Mais cela avait apporté un froid dans leur groupe pourtant si soudé. Pour la sécurité du loup-garou, Dumbledore n'avait pas été aussi sévère avec le jeune Black qu'il aurait dû l'être. Ce qui ne plut pas à Snape qui leur promit, au détour d'un couloir, de se venger.

Mais cela n'avait pas été le plus important pour les Maraudeurs. James avait été énervé du comportement irréfléchi de son ami et frère. Même s'il n'aimait pas Snape, jamais il n'aurait souhaité le voir mort par leur faute. Sirius, bien que penaud en réalisant ses actes, n'était pas arrivé à complètement faire profil bas. Snape l'avait provoqué et même s'il avait eu une réaction démesurée en entrainant ses amis dans ce fiasco, il avait estimé qu'il avait eu sa leçon. Remus avait été blessé que son ami ait tenté de faire de lui un meurtrier, bien qu'involontaire, et Peter s'était retrouvé au milieu d'eux sans savoir comment arranger les choses.

Au fil des semaines et des retenues, Sirius avait fini par réaliser complètement la portée de ses actes. Se venger de Snape était une chose, mais si James n'était pas intervenu, la vie de Remus aurait été détruite. Il n'avait pas pensé à cela sur le coup, bien évidement, et il se sentit minable. Son ami n'acceptait déjà pas sa condition de loup-garou, et lui avait cherché à se servir de lui pour une idiotie. Bref, il avait réfléchi sérieusement pour la première fois de sa vie et avait décidé de s'écraser devant Remus aussi longtemps qu'il le faudrait pour avoir son pardon le plus sincère.

Cela avait duré des mois. En fait, même blessé, Remus avait assez rapidement pardonné à son ami. Il le connaissait assez pour savoir que jamais il ne chercherait à lui faire délibérément du mal. Encore une fois il avait prouvé combien son caractère était explosif et spontané. Sauf que James l'avait aussi très mal pris et qu'il avait refusé que le Lycan lui donne l'absolution trop vite. Il s'était justifié en disant qu'il fallait que la punition soit à la hauteur de la faute.

Jusqu'à noël, Sirius n'avait plus été autorisé à les accompagner durant la pleine lune et le reste du temps, il était éjecté de leur groupe à chaque fois qu'il commençait à faire preuve de trop d'enthousiasme envers une nouvelle blague. Oh, bien évidement, les Maraudeurs ne restaient pas stoïques face aux attaques sournoises de Snape. Et dans ces moments là, leur complicité revenait pleinement. Mais le reste du temps, Remus et James avaient pris l'habitude de brimer leur ami.

Puis le jour de noël, ils avaient craqué en voyant l'air malheureux et penaud de l'animagus et lui avaient avoué qu'ils avaient un peu profité de la situation. Sirius avait bien un peu boudé d'avoir été ainsi malmené. Mais au final il avait compris. Il s'était excusé une nouvelle fois auprès de Remus, lui promettant de ne plus jamais recommencer une telle irresponsabilité. James lui avait d'ailleurs promis de lui lancer quelques sorts si jamais il voyait qu'il recommençait à déconner. Suite à cela, leur amitié était revenue plus forte que jamais.

Et pourtant il n'aurait pas cru cela possible car ils étaient déjà très soudés avant. Mais visiblement, surmonter ensembles les épreuves que la vie mettait sur leur chemin, avait raffermi leur lien d'amitié. Et l'année 1977 avait débuté avec un regain d'énergie de leur part. Les Maraudeurs frappèrent plus souvent et de façon plus innovatrice également. Comme la fois où Sirius avait transformé, pour Pâques, toutes les armures en armures en chocolat afin d'offrir quelques douceurs à Remus. Ou encore celle où James avait transformé les robes d'école de Regulus en fourreau rouge de femme fatale. Oui, cette amitié lui était indispensable pour s'épanouir.

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James Potter raffolait de pouvoir faire des tours aux autres. Principalement aux Serpentards. Particulièrement au frère de Sirius. Et c'était encore mieux quand il s'agissait de Snape. La première fois qu'il l'avait vu, c'était dans le Poudlard Express, juste avant sa rentrée en première année. Ce jour là, il avait déjà fait la connaissance avec ceux qui deviendraient ses meilleurs potes. Lui qui avait affiché un air rassuré à ses parents, était bien loin d'être aussi fier une fois arrivé à la gare. Dire qu'il pétochait grave était encore en dessous de la réalité.

Mais après avoir rencontré Sirius, Remus et Peter, il avait retrouvé un moral d'acier. Il avait mis à profit une pause pipi pour visiter le train, découvrant les us et coutumes de la faune poudlardienne. Il devait avoir quelques armes en main pour ne pas rester sur la touche. Il était un Potter, il ne pouvait pas se retrouver ignoré dans un coin ! Il avait été un peu dégoûté par quelques couples d'adolescents qui cherchaient visiblement à aspirer la langue de l'autre … la langue et sûrement tous les boyaux qu'il y avait après … en conclusion : beurk.

Il avait grimacé en voyant certains élèves plongés dans leurs livres de cours. Bon sang, ils étaient encore en vacances et ils travaillaient déjà ! Des fous ! Il avait vite passé son chemin de peur d'être contaminé. Puis il s'était figé devant un compartiment. Il venait de voir la plus belle fille au monde de l'univers ! Une rouquine aux yeux si verts qu'il en avait été ébloui. Il venait d'avoir son premier coup de cœur de préadolescent. Rien de sexuel bien évidement, juste un truc affectif qui faisait qu'on rougissait rien qu'en se frôlant les doigts sans même penser qu'un jour on pourrait même pousser le vice jusqu'à attraper la main de l'autre.

Sa vision idyllique avait rapidement été ternie par l'espèce de freluquet décharné qui lui tenait compagnie. Il avait de longs cheveux dont la propreté était assez douteuse, un nez trop gros et trop long pour son visage maigre, des yeux noirs un peu enfoncés dans ses orbites et des habits que même son grand père n'oserait plus porter tant ils étaient démodés et dépareillés. Bref, il avait sous ses yeux l'illustration vivante du conte de la Belle et la Bête. Ce jour là, il s'était mis à détester ce type qui faisait rire cette jolie inconnue. Et depuis, il n'avait eu de cesse de le lui montrer.

S'en suivi alors, cinq années de batailles incessantes entre le Serpentard et les Maraudeurs. Au début c'était assez soft. Quelques jambencoton, rictusempra ou tarantallegra. Plus le temps passait et plus les sorts devenaient retors avant qu'ils n'utilisent des potions de plus en plus vicieuses. Chacun de leur côté faisait preuve de géni et d'inventivité pour faire plus fort que l'autre et que la dernière fois. Ainsi Snape s'était retrouvé, au fil des ans, avec les cheveux de toutes les couleurs possibles et imaginables, Sirius avec une opulente poitrine ou des pieds palmés, Peter avec des pattes de poulet à la place des jambes, Remus avec des serpents à la place des cheveux et James atteint d'une incontinence terriblement dérangeante.

Et le tout sans oublier les quelques ratés dus à l'interaction entre les différents sorts ou potions de chacun. Cela avait duré ainsi jusqu'à leur BUSE l'an dernier. Si avant cela, Lily Evans essayait, souvent en vain, de contenir les deux côtés, après avoir été insultée de Sang-de-Bourbe par le Serpentard, elle avait arrêté d'intervenir dans leurs disputes. Ce qui avait ravi James car il avait enfin gagné. La Belle avait été sauvée de la Bête grâce à lui et ses amis. De quoi gonfler un peu plus son ego assez démesuré, il fallait bien l'avouer.

Cet évènement aurait pu marquer un nouveau départ dans les hostilités et particulièrement dans la force des hostilités, mais ce n'avait pas réellement été le cas. Après les vacances d'été et la fugue de Sirius de chez ses parents, si Snape avait été le plus vindicatif, les Maraudeurs s'étaient à peu près tenu à carreau … jusqu'à l'histoire de la rencontre du Serpentard et de Remus un soir de pleine lune bien sûr. Suite à cela, le groupe étant un peu fâché et Severus ruminant dans son coin, il y avait eu une sorte de trêve froide entre eux.

Il avait fallu attendre le mois de janvier pour que les choses redeviennent purement et simplement explosives. Chacun faisant preuve d'un peu moins de retenue qu'avant. Si les professeurs avaient pu leur tomber dessus pour les prendre en flagrant délit, il était évident que ces cinq adolescents auraient été expulsés du château pour une longue durée. Pas une punition définitive car il n'y avait pas mort d'homme mais ce n'était sûrement pas très loin. Sauf que les garçons avaient pour une fois accordé leurs violons, ne se faisant jamais prendre.

Evidement, tout le monde savait ce qu'il se passait entre eux mais personne ne pouvait rien y faire pour les arrêter. La guerre avait été déclenchée et la soupape de sécurité qu'avait été Lily n'étant plus là pour les réguler. Cette guerre était presque sans merci. Entre nouveaux sorts qu'ils inventaient régulièrement ou les potions qu'ils développaient en secret, le niveau de leurs attaques avait atteint des sommets encore inégalés. Même Peeves évitait de se trouver entre eux.

Une des attaques dont James était le plus fier, était celle qu'ils avaient faite deux mois plus tôt. Durant trois jours, Snape n'avait pu que s'écrier « Les Gryffondors sont les meilleurs » avant de rugir comme un lion, à chaque fois qu'il s'apprêtait à les insulter. Autant dire que durant ces trois jours, il avait largement fait l'éloge de la maison adverse ! Car bien évidement, le temps que Pomfresh fasse quelques recherches pour le guérir, tout était revenu à la normale.

Si l'infirmière n'avait pu contrer ce maléfice, c'était dû au fait que c'était un mélange de leur cru qui avait eu cet effet là. Ils avaient guetté Snape avec la Carte du Maraudeur et avaient agi quand il était seul. Peter l'avait d'abord stupéfixé afin que le Serpentard soit à leur entière merci. Puis Sirius lui avait jeté un sort de Confusion avant que James ne lui fasse ingurgiter une potion. Ce ne fut pas facile car leur victime était figée mais il avait réussi à lui en faire avaler la moitié de la fiole. C'était une préparation qui avait un peu le même principe que l'Imperium, à plus petite échelle bien entendu. Et enfin, Remus avait été celui qui avait installé le déclencheur avec un sort hypnotique.

Autant dire que pour isoler les différents sorts et la potion, il avait fallu du temps et finalement tout s'était arrêté avant que qui que ce soit ne puisse indiquer ce qui avait plongé le Serpentard dans cet état. Si les Maraudeurs n'avaient pas fanfaronné, c'était juste pour éviter que Dumbledore ne leur tombe dessus. Personne n'avait aucune preuve physique qu'ils étaient dans le coup après tout. Et si on pouvait penser les Gryffondors stupides, irréfléchis et gaffeurs, ce groupe là avait appris depuis longtemps à protéger au mieux leurs arrières, surtout quand la faute était importante.

Bien évidement, ils s'étaient attendu à une réponse piquante de Snape et avaient fait un peu plus attention à eux après que leur camarade ennemi soit sorti de l'infirmerie. Pas assez prudent visiblement car trois semaines plus tard, le Serpentard les avait surpris au détour d'un couloir. Avant qu'un sort ne soit lancé, il avait jeté une fiole de potion sur James avant de fuir en brisant la règle préférée de Rusard : ne pas courir dans le château.

Sur le coup, le brun à lunettes avait juré vivement car sa robe avait commencé à grésiller comme si de l'acide était en train de la bruler progressivement. Il s'était empressé de la jeter au sol avant de se rendre compte que le bruit venait maintenant de son pull. Quand il avait fini torse nu dans les courants d'air, plus aucun crépitement ne s'était fait entendre. James avait lancé un regard inquiet à Remus qui fronçait les sourcils. Mais comme plus rien ne s'était passé par la suite, il avait renfilé tous ses vêtements en se faisant la remarque qu'ils n'avaient même pas été endommagés.

Constatant que le mauvais coup de Snape avait visiblement échoué (ça arrivait rarement, mais en cinq ans et demi, les deux côtés avaient eu leur lot de ratés après tout), les quatre amis avaient poursuivi la journée comme si de rien n'était. James s'était même permis un regard supérieur face à son ennemi quand ils étaient allés manger. L'air narquois qu'il avait reçu en retour l'avait tout de même un peu déstabilisé. Et s'il y avait bien une réaction à la potion et qu'il ne l'avait pas encore découverte ?

Et cela avait été le cas. Alors qu'il était en train de se préparer pour aller au lit, James avait découvert une horreur sans nom, réalisant enfin ce que l'autre lui avait fait. Heureusement qu'à ce moment là il se trouvait dans l'intimité des toilettes car cela avait été terrible de découvrir que son sexe avait la couleur et la taille d'un pénis de lutin de Cornouailles. Il avait eu la honte de sa vie et avait préféré ne rien dire sur sa déconvenue. Il n'avait donc pas été voir l'infirmière, refusant de devoir lui montrer le problème.

Mais il n'avait rien dit non plus à ses amis. Evidement, son comportement avait légèrement changé et cela avait attiré leur attention. Remus l'avait regardé en cherchant ce qu'il tentait de leur dissimuler alors que Sirius, avec sa désinvolture habituelle avait essayé de lui tirer les vers du nez. Et durant les cinq jours traumatiques suivants, les ricanements incessants de Snape, à chaque fois qu'ils étaient à proximité, n'avaient pas arrangé les choses. James s'était promis de prendre sa revanche.

Sauf que sa virilité avait durement souffert de leur dernière confrontation alors il avait décidé de revenir à quelques blagues un peu plus basiques. On pouvait de nouveau voir, déambulant dans les couloirs, Snape avec les cheveux roses, Sirius avec un bec de canard et des cornes de bouc, Regulus devant se priver du confort de ses sous vêtements car ils avaient été accrochés partout dans le château, Remus parlant avec une voix aigue de fille, James sous sortilège de confusion et Peter préférant se terrer dans le dortoir pour éviter la honte de se montrer rond comme un ballon. Bref, la routine était revenue.

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James Potter adorait voler. Il était persuadé qu'il était né sur un balai. Bon, techniquement, il ne voyait pas trop comment sa mère aurait pu accoucher dans les airs, allongée sur une Etoile Filante. Ni comment il aurait pu tenir assis dessus alors qu'il subissait le traumatisme de sortir de cet endroit douillet qu'était le ventre maternel. Mais vu qu'il était très doué naturellement, il ne voyait pas trop comment exprimer cela autrement. Avec un peu de modestie, il aurait pu trouver une autre façon de le dire. Mais ce n'était pas une discipline qu'il maîtrisait correctement alors il préférait ne pas essayer.

Et puis d'aussi loin qu'il se rappelait, il avait toujours été génial sur un balai alors on ne pouvait pas lui reprocher de frimer un peu non ? En fait, il n'avait aucun souvenir de son premier balai. Il l'avait cassé très vite en même temps que sa jambe et son épaule droite en réussissant à le faire voler plus haut que la limite magique intégrée, avant de percuter violemment un arbre. Il parait que son grand oncle, qui lui avait offert le jouet, avait fait un scandale dans le magasin afin de montrer son mécontentement.

Mais comme il était un peu dérangé (enfin d'après ses parents, car d'après son grand père, un verracrasse lui aurait aspiré la cervelle quand il était jeune tant il était fou), il avait fini par passer la nuit au bureau des Aurors, enfermé dans une cellule. Au final, son père avait réussi à troquer les dommages et intérêts que le magasin demandait pour cette agression verbale contre les frais des soins médicaux qu'il avait dus dépenser à cause de cet accident. Le compromis avait été accepté, l'affaire étouffée et le grand oncle, renvoyé dans son asile psychiatrique.

Comme James n'était encore qu'un tout petit garçon, il avait vite guéri sans garder aucun souvenir avant de vite remonter sur son nouveau balai. Sa seule contrainte avait été de ne s'en servir qu'en présence d'un adulte responsable. Et le jouet restait sous clé le reste du temps. Cela avait duré quelques années durant lesquelles, Henry et Elisabeth Potter avaient souffert d'entendre leur fils réclamer son balai à longueur de temps. Il aurait aimé dormir avec, l'avoir à ses côtés pour manger, le nettoyer dans son bain …

Il avait bien tenté une grève de la faim pour les faire céder mais comme le gourmand qu'il était n'avait tenu que le temps d'un goûter, ce n'avait pas été très efficace. Sans compter que les adultes n'avaient cessé de lui répéter, tout au long de la journée, que c'était une bonne chose qu'il ne mange pas, car cela en ferait plus pour eux. Du coup, ce manque d'intérêt l'avait vexé et le soir même, il avalait toute son assiette … même les choux de Bruxelles qu'il n'aimait pourtant pas. Mais cela ne l'avait pas démoralisé.

A chaque fois il revenait à la charge, se faisant plus rusé au fur et à mesure qu'il grandissait. Et quand il eut atteint ses dix ans, il fut enfin autorisé à voler seul, sans aucune surveillance. Il avait été si fier de sa performance de persuasion, qu'il avait paradé dans toute la maison avec son balai à l'épaule, le dos bien droit et un air plus péteux que jamais. Cela dura bien deux jours, avant qu'il ne se rende compte (merci papi Potter pour le lui avoir rappelé) qu'il n'avait rien gagné du tout. Il avait juste atteint l'âge buttoir fixé par ses parents pour ne plus être chaperonné quand il volait. Ce jour là, il avait compris combien ils pouvaient être plus malins que lui.

Arrivé à Poudlard, James avait tenté d'amadouer sa directrice de maison pour qu'elle l'autorise à faire parti de l'équipe de Quidditch bien qu'il soit en première année. – Je suis le meilleur, grâce à moi Gryffondor gagnerait toutes les coupes ! – Venez me voir voler, vous pourrez constater que je ne vous mens pas – S'il vous plaiiiit, laissez moi jouer dans l'équiiiipe – Si grâce à vous je fais parti de l'équipe je vous promets de toujours être le meilleur en cours … de ne plus faire de bêtise alors ? – Je serais votre esclave jusqu'à la fin de l'année – Et elle avait fini par flancher devant ses beaux yeux noisette … le lendemain du dernier match de l'année …

Malgré sa petite vexation, dès sa deuxième année, James avait passé les épreuves de sélection et avait obtenu le poste de poursuiveur. Pour son premier match, contre Serpentard, il avait joué à fond, amenant son équipe à la victoire avec une avance de points non négligeable. Il s'était d'ailleurs payé le luxe d'aller voir Minerva McGonagall pour lui indiquer que si elle avait fait un effort l'an passé, Gryffondor n'aurait alors pas perdu la coupe de Quidditch. Et il avait récolté une semaine de retenues.

Par la suite, Sirius avait également eu un poste dans l'équipe en devenant batteur. Très rapidement les deux garçons étaient devenus la coqueluche des filles de l'école tant ils se déchaînaient pour leur offrir un spectacle époustouflant. Si James avait toujours adoré voler, depuis que ses hormones avaient commencé à le travailler, ce sport avait pris une nouvelle dimension. Même si son cœur battait pour une jolie rouquine, on ne pouvait empêcher un adolescent de tester son charisme. Et James aimait beaucoup cette petite notoriété.

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James Potter savourait le fait de plaire aux filles. Et ça avait commencé durant sa troisième année. Avant cela, il savait déjà qui plaisait beaucoup aux gens mais quand il s'était rendu compte que les demoiselles étaient folles de lui, cela rengorgea son ego. Bien qu'il ne souhaitait attirer l'attention que d'une certaine Gryffondor, il ne crachait pas sur la petite renommée qu'il avait acquis grâce à ses blagues de Maraudeurs et à sa place dans l'équipe de Quidditch.

Si Remus n'était pas le dernier à participer à toutes leurs petites machinations et mauvais coups, il préférait ne pas attirer l'attention plus que de nécessaire sur lui. La crainte que quelqu'un découvre sa condition de créature des ténèbres devait y être pour beaucoup. D'ailleurs quand il commençait à en avoir assez de tout le fan-club de James et Sirius, il allait se cacher dans la bibliothèque afin de se fondre au milieu des rayons avec un bon bouquin que lui seul trouvait intéressant.

Peter aurait aimé un peu plus d'attention de ces filles là. Il n'était adulé que parce qu'il était en compagnie de James et Sirius. Quand il se promenait seul dans les couloirs, personne ne le regardait avec admiration, personne ne chuchotait sur son passage, personne ne le montrait du doigt avec des cris étouffés de bonheur. Non quand il était seul, personne ne se rendait compte qu'il était un Maraudeur, ni même qu'il était là. Mais ce n'était pas grave. Car quand il était avec eux, il avait lui aussi droit aux gloussements de leurs admiratrices.

Sirius était son double. A eux deux, ils pouvaient faire s'extasier tout un groupe de premières années rien qu'en jouant avec son vif d'or. Sur un clin d'œil de leur part, les deuxièmes années s'évanouissaient. Ils faisaient hyper ventiler les troisièmes années d'un sourire et les quatrièmes d'une main ébouriffant leurs cheveux. Les cinquièmes années attrapaient des bouffés de chaleur lorsqu'ils relevaient leurs manches, dévoilant leurs bras élégamment musclés.

Pour les autres c'était un peu différent. Les sixièmes années bavaient devant leurs derrières moulés dans leurs pantalons de Quidditch. Enfin sauf une qui aurait certainement préféré y enfoncer leur balai. Mais bon, comme leurs rapports s'étaient un peu améliorés, James espérait que Lily ne passerait jamais à la pratique. Quant aux septièmes années, les deux garçons reconnaissaient, sous couvert de leurs discussions secrètes, qu'elles leurs faisaient un peu peur. Même s'ils étaient flattés de leurs regards, ils avaient juste un peu peur de se faire violer au détour d'un couloir ou s'ils restaient malencontreusement seul dans les vestiaires après un match ou un entrainement.

Cela ne changeait rien au fait que l'un comme l'autre appréciait de faire autant d'effets à la gente féminine. Et cela ne s'arrêtait pas aux élèves. Même si l'infirmière était plus indulgente avec Remus qu'avec eux, elle avait tendance à râler fortement avant de presque tout leur passer. Presque, parce que quand ils arrivaient dans un sale état dû à un sortilège, une métamorphose ou une potion et qu'un Snape amoché n'était pas loin, alors Pomfresh devenait bien moins complaisante. Une dragonne à qui on aurait retiré son œuf serait alors bien plus gentille qu'elle.

Il y avait aussi le professeur de divination. Elle devait bien avoir l'âge de la mère de Dumbledore, au moins, mais il suffisait que James lui fasse une petite bouille d'angelot naïf avec de grands yeux mouillés, le tout en lui disant qu'elle lui rappelait à sa pauvre mamie décédée, pour réussir à la faire fondre et ainsi obtenir de meilleures notes sans jamais avoir à se creuser la tête pour déchiffrer ces maudites feuilles de thé au fond de leur tasse. Sirius aussi arrivait à un bon résultat. Avec un peu de flatterie enfantine avec un air de gentil petit garçon qu'il n'était plus depuis longtemps.

Le professeur de Runes était plus méfiante envers le jeune Black dont elle connaissait bien la famille. Par contre, James était son chouchou. Il suffisait qu'il lui dise qu'il avait été aveuglé par sa beauté et qu'il n'avait pas entendu sa question, pour qu'elle se répète sans se douter qu'il n'écoutait tout simplement pas. Il avait même réussi à lui faire gober que le crapaud d'une deuxième année avait été pris d'un coup de folie et qu'il avait fait des copeaux avec son devoir. Remus avait roulé des yeux, Peter avait souri en regardant son ami avec admiration alors que Sirius avait essayé de se retenir de rire.

Il y avait bien la nouvelle bibliothécaire, la jeune Irma Pince, qu'il n'arrivait pas à faire tomber sous son charme. Elle était amoureuse de ses livres et aimait le calme dans son antre afin de s'adonner à sa passion pour la lecture. Elle tolérait Remus car il était le plus studieux et qu'il était très précautionneux envers les ouvrages qu'elle gardait avec fureur. Mais elle ne supportait pas quand les deux stars de Gryffondor passaient la lourde porte de la bibliothèque. Leur réputation de troublions ne leur permettrait jamais de plaire à cette dame là. Aussi, après leur premier échec, ils n'avaient cherché à retenter leur chance avec elle.

Pour ce qui était de leur professeur de métamorphose, c'était un peu mitigé. Elle avait beau les apprécier et les couvrir quand elle le pouvait, elle ne pouvait pas se permettre d'être trop laxiste. Elle était leur directrice de maison après tout. Ils ne comptaient plus le nombre de fois que McGo les avait punis ni le nombre de points qu'ils avaient perdu avec elle. Mais ils savaient que s'il n'y avait qu'elle en témoin, alors elle leur faisait un léger sourire avant de poursuivre sa route sur un avertissement qui en avait la forme sans en avoir le fond.

Oui, les Maraudeurs plaisaient, James et Sirius en tête de lice. Tous deux aimaient ça. Ils se baignaient dans la félicité que cela leur apportait. Cela leur montait régulièrement à la tête, qui avait souvent besoin d'être dégonflée. Mais ils s'en moquaient car cette renommée était plus que flatteuse pour l'ego de jeunes adolescents bourrés d'hormones en folie. Et surtout, cela permettait à James de retrouver la confiance en lui que Lily passait son temps à détruire.

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Ce que James Potter vénérait le plus au monde, c'était la belle Lily Evans. Elle avait des cheveux de feu si longs et si beaux qu'il avait juste envie d'y glisser les doigts ou d'y frotter son visage. Elle avait des yeux verts étourdissants. Quand il y plongeait, il avait juste l'impression qu'il pouvait s'y noyait et il ne demandait rien de plus que de mourir de cette merveilleuse façon. Elle avait une taille proportionnée comme il le fallait. Ni trop large, ni trop maigre, juste ce qu'il fallait pour qu'il puisse y glisser son bras.

Et il pouvait continuer ainsi longtemps en parlant de ses longues jambes parfaitement fuselées qui lui donnaient le vertige rien qu'en les regardant, de ses petits pieds tout mignons qu'il était prêt à baiser jour après jour, de ses mains fines sur lesquelles il fantasmait tant il rêvait de les sentir sur lui, de son cou gracile qui appelait sa langue taquine, de sa bouche adorable qu'il souhaitait dévorer à chaque fois qu'il la voyait, de ses fesses rebondies et fermes qui incitaient au pelotage…

Il était même certain qu'il pourrait louer un culte à ses coudes ou à ses oreilles sans avoir à se forcer. Il était accroché depuis la première fois qu'il l'avait vue. Son coup de cœur s'était amplifié au fil des ans. Après avoir juste cherché à la voir le plus souvent possible afin de soupirer sur elle, après avoir bavé sur elle, après l'avoir kidnappée jusqu'au fond de ses rêves d'abord tendres puis humides, il pouvait enfin avouer que oui, il l'avait dans la peau.

Il avait bien essayé de nier les choses, de repousser les remarques et autres taquineries de ses amis, il avait même tenté le déni. Mais maintenant, à bientôt dix sept ans, il avait décidé de faire face à la réalité et avait accepté le fait qu'il ait été pris dans les filets de la sirène qu'il rêvait d'avoir au bout de sa canne à pêche. Le chasseur était finalement devenu la proie. Et le pire, c'était que même s'il était gravement atteint dans sa dignité de mâle dominant, il était parfaitement satisfait de la situation.

D'ailleurs il ne savait pas pourquoi il continuait à faire le point sur les différents trucs qu'il aimait alors qu'il tenait la plus belle fille au monde … de l'univers même … bien calée au fond de ses bras virils. Il avait une main perdue dans sa chatoyante chevelure de braise alors que l'autre caressait sa taille fine en laissant ses doigts glisser sur la naissance de ses fesses. Il ne put s'empêcher de gémir en sentant les élégantes mains de sa partenaire se faufiler entre les boutons de sa chemise afin de toucher sa peau frémissante.

Lily avait accepté de sortir avec lui et il en était plus que ravi. Ses plus beaux rêves étaient finalement bien fades comparés à cette merveilleuse sensation du corps de sa rouquine blotti contre lui. Il pouvait sentir la douce poitrine s'appuyer contre son torse. Il arrivait même à en distinguer les pointes tendues. Par le caleçon percé de Merlin s'il n'arrivait pas à se contrôler un peu, il ne pourrait s'empêcher de les attraper de ses grandes mains avant de les masser avec délice.

Et il n'osait même pas penser aux merveilles que sa jupe et sa culotte cachaient encore. Car là, il était presque certain de passer pour un éjaculateur précoce. Bon, il n'était peut-être pas un dieu du sexe et il se rendrait certainement minable lors de leur première fois. Mais s'il pouvait éviter la honte de venir dans son pantalon juste avec quelques caresses, ce serait déjà une très bonne chose. Son cerveau se déconnecta d'un coup dans Lily lui palpa le popotin en se tortillant un peu plus contre lui.

- James …

Oui, c'était si bon de la sentir aussi bouillante dans ses bras … après avoir tant enduré depuis tant d'années, il avait déjà l'impression d'être au septième ciel.

- Hum James …

Il ne savait pas ce que la suite serait et il n'osait pas l'imaginer. Il s'était tellement trompé dans tous ses pronostiques lors de sa non relation avec elle, qu'il préférait ne pas spéculer inutilement. Mais une chose était certaine, si le paradis ressemblait à ça, il était prêt à abandonner sa place parmi les Maraudeurs pour avoir la chance d'y passer l'éternité !

- James … oh …

Oui, juste là. James sentit son cœur palpiter dangereusement et il se demanda s'il n'aurait pas besoin de faire un tour à l'infirmerie s'il voulait éviter la crise cardiaque. Même si mourir ainsi était une belle mort, il n'était pas prêt à arrêter cette expérience aussi rapidement après l'avoir commencé.

- James !

- Hein quoi ?

James cligna des yeux avant de les refermer brutalement. Que la lumière pouvait faire mal quand elle était trop forte ! Il prit un instant pour retenter de soulever ses paupières avec précaution. Tiens, mais où donc était le lac ? Et l'herbe sur laquelle Lily et lui étaient allongés ? Il baissa un instant la tête et regarda son parchemin couvert d'écriture, bien que l'encre ait bavé à certains endroits. Il s'attarda sur le titre de la liste qu'il avait devant les yeux : ce que j'aime.

Il fronça les sourcils avant de regarder de nouveau autour de lui avant de soupirer. Il était en cours d'histoire de la magie, avait voulu passer le temps et s'était endormi sur un merveilleux rêve bien loin d'être réel. Il jeta un coup d'œil à Lily, un peu plus loin. Même si leurs rapports s'étaient améliorés depuis le début de cette année, il était encore loin de pouvoir la serrer dans ses bras. Même pour un simple baiser, alors pour une séance plus coquine, il pouvait largement s'asseoir dessus.

Il sentit qu'on lui donnait un coup dans le bras et se tourna vers son voisin. Il tomba sur le visage grimaçant de Sirius qui le regardait avec désespoir.

- Faut que tu me couvres, car va falloir que je fasse une sortie discrète. J'me tiens une bonne chiasse et je crois que je vais finir par chier dans mon froc tant ça ballonne dans mes intestins.

Et voilà comment on donnait une bonne claque au glamour : avec un Sirius au système gastrique malade et qui avait autant de délicatesse qu'un dragon dans un magasin de lingeries en dentelle fine … y avait-il une chance qu'il puisse reprendre son rêve là où il avait été dérangé s'il arrivait à se rendormir ? Puis en restant pragmatique, il se dit que si ce n'était pas possible, alors il aurait au moins la chance de ne pas avoir à se trimballer avec une érection d'abraxan en sortant du cours … Sirius y ayant largement remédié …