Bonjour à tous !

Je me suis dépêchée pour vous livrer ce chapitre avant le week-end ! Je sais que je n'ai pas vraiment tenu mes délais, mais j'ai été pas mal prise ces derniers temps... Enfin, j'y suis tout de même arrivée !

Bref, je ne vais pas m'étendre d'avantage, sinon remercier tous mes lecteurs, tous mes reviewers, Cixy, Morrigane, Severus86, Diox Vertae, Justabook, Super-ketchup (tu la trouves nunuche ?), Diiane, Alatariel Melawen, Mephitis (tu verras, j'ai encore l'intention de la torturer...), cool (oui sur toute la ligne), Ilda, vivi (voilà pourquoi il faut avoir pitié d'elle !), Pitchoune-Bella, Eileen19, et Callymereaux...Vos encouragements et vos remarques me font extrêmement plaisir ! Merci mille fois !!!

Morrigane, je n'ai pas encore eu le temps de répondre à tes très gentilles reviews. Mais je le ferai, promis ! De telles reviews méritent des réponses construites...

En espérant que ce chapitre vous plaise, je vous souhaite une très bonne lecture et un bon week-end !


CHAPITRE 6 : FUITE

Tant de choses dans sa tête l'empêchaient de continuer tranquillement sa route – quoique tranquillement et « au service du Lord » n'étaient pas vraiment une association des plus harmonieuses !

Depuis que cette pourriture de Malefoy avait annoncé la naissance de l'enfant de Rogue et Granger, Percy ne parvenait plus à trouver le sommeil. Même la journée, ses pensées ne cessaient de l'assaillir, ne lui laissant que peu de répit.

Et si…

Non ! Ce n'était pas possible !

Mais il y avait pourtant des coïncidences… Sang de celui qui a trahi…

Non ! La vieille folle devait encore être victime de ses excès de xérès !

La coïncidence était néanmoins plus que troublante…Chair de celle par qui par deux fois poignarda…

Par qui deux fois… Par qui deux fois… Il ne voyait pas… C'est vrai que Granger avait blessé Potter en le quittant, mais à part ça…

Il se tortura les méninges, essayant désespérément de comprendre comment la jeune femme aurait pu une seconde fois atteindre le survivant. Il avait beau réfléchir et retourner les choses sous différents angles, rien de bien probant ne lui venait à l'esprit…

Percy se massait inconsciemment les tempes, tout en arpentant les larges lames de pin que l'usage et le temps avaient fini par blanchir. Le parquet craquait légèrement sous la semelle de ses chaussures et il pouvait presque entendre la voix autoritaire mais néanmoins aimante de sa mère… « Percy chéri, continues à faire les cents pas, et ce salon finira réellement sous terre… ».

C'était comme ça, et bien malgré lui, il n'y pouvait rien. Il avait pourtant essayé, mais chaque fois qu'il se sentait mal, chaque fois qu'il avait besoin de prendre une décision importante ou tout simplement de réfléchir, Percy revenait au Terrier…

Bien sûr, depuis que le reste de la famille avait emménagé au 12 square Grimmaud, la maison n'avait plus rien à voir avec cet intérieur farfelu et ô combien chaleureux, baigné de joies et de rires, qu'il avait toujours connu… Aujourd'hui, les araignées, doxys et autres bestioles colonisaient les recoins de la vieille bâtisse, les quelques portraits d'ancêtres de la famille ne tenaient plus au mur que par miracle – certains ayant même décidé d'emménager définitivement chez la tante Muriel - et la précieuse horloge de sa mère avait disparu. Mais il était chez lui...

La colère le submergea lorsqu'il réalisa que, malgré tous ses efforts pour rayer sa famille de sa vie, inexorablement, c'était vers elle qu'il se tournait dans les moments troubles ! Le spectre de sa famille aurait été plus juste, mais au final, cela ne changeait pas grand chose au fait qu'il n'arrivait pas à se décider quant à cette étrange coïncidence !

Que devait-il faire de cette information ? La donner immédiatement au Lord ? Attendre encore ? Il ne savait pas…

D'un coup de pied rageur, il envoya valser contre le buffet de chêne un gant de quidditch que ses frères avaient dû laisser traîner à terre après une partie. Un mulot, apeuré par le bruit, sortit le museau de dessous le meuble et renifla l'air avant de s'y cacher rondement. Quelques secondes plus tard, le rongeur pointa de nouveau le bout de ses moustaches frémissantes.

- Avada kedavra ! Le sort propulsa au milieu de la pièce le petit animal qui retomba sur le parquet dans un bruit sourd.

Percy s'approcha du cadavre, les jambes tremblantes, et observa pendant plusieurs secondes les deux petits globes noirs, démesurément ouverts vers le plafond.

C'était la première fois qu'il lançait ce sort. La première fois qu'il osait même prononcer tout haut ces deux mots. Il avait toujours imaginé cet impardonnable particulièrement difficile à jeter, mais la facilité déconcertante avec laquelle le sortilège de la mort était sorti de sa bouche, associé au geste quasi instinctif de sa baguette le stupéfièrent !

Il se pencha au dessus du mulot, incroyablement immobile. Les petits yeux sans vie le fixaient de manière obsédante, de manière dérangeante… Il se sentait presque mal à l'aise…

Brutalement, il détourna le regard de l'animal, tout en reculant maladroitement de larges pas… Lorsqu'il sentit ses mollets buter contre un des fauteuils du salon, il s'y laissa choir, inspirant largement l'air poussiéreux de la maison afin de se ressaisir…

Ce n'était qu'un animal… Ce n'était qu'un animal… Un stupide animal !

Et il n'était pas un poltron ! Même s'il ne l'avait pas encore affecté aux missions de terrain, le Lord ne l'avait-il pas marqué comme un des siens, un fidèle Mangemort ?

Sans compter qu'il disposait maintenant de toutes les cartes pour changer la donne…

ooOoOoOoo

Les poings serrés contre sa poitrine, Gabrielle courait à perdre haleine, le vent mêlé d'embruns fouettant sauvagement ses longs cheveux. Elle ne voyait plus rien devant elle. Ses larmes lui brouillaient la vue. Des larmes d'impuissance. Des larmes de rage.

Dans sa course folle, son pied buta violemment contre une grosse pierre et la jeune fille s'écrasa de tout son poids sur l'herbe humide, à moins d'un mètre du haut de la falaise. Lorsqu'elle réalisa, avec horreur, qu'elle aurait pu chuter plusieurs dizaines de mètres en contrebas, un cri plaintif s'échappa de sa gorge serrée. Par crainte de tituber et tomber, elle n'osa pas se relever, mais rampa fébrilement afin de s'éloigner du vide.

Derrière elle, la voix du maître des potions se rapprochait, dure et autoritaire.

- Revenez ici, stupide gamine ! Vous n'arriverez qu'à vous blesser. Je ne tiens pas à ramener votre corps sans vie aux Tonks, alors soyez raisonnable, ordonna t-il.

Le cœur de Gabrielle se serra sous le ton froid, presque cruel de Severus. Comme elle avait mal !

Et comment pouvait-il lui parler de raison alors qu'elle lui avait ouvert son cœur, alors qu'elle lui avait avoué ses sentiments ? Elle s'était offerte à lui et en réponse, il lui avait craché sa femme au visage !

Oui, Severus ne voyait qu'Hermione ! Comme elle pouvait la détester, elle et sa saleté d'intelligence ! Elle, dont personne à la communauté ne prenait de décision sans écouter les conseils ! Elle, dont chacun vantait tant la logique que le bon cœur !

Oui, elle détestait Hermione, mais elle détestait également Severus de ne pas lui reconnaître ces mêmes qualités ! Elle aussi était tout ça, mais il ne le remarquait pas !

Oh oui, comme elle pouvait le détester ! Comme elle aurait voulu le voir souffrir ! Qu'il paye pour l'humiliation qu'il venait de lui faire subir, sans même sembler vouloir s'en excuser !

- Je te hais ! Je te hais, tu entends ! cracha t-elle en le regardant se rapprocher, son joli visage dévoré par les larmes. Ne t'approche pas… je ne veux plus jamais te revoir…

Alors qu'il n'était plus qu'à quelques mètres d'elle, Severus vit la jeune fille se saisir de sa baguette avant de s'évanouir soudainement dans un plop sonore. Hébété, il resta ainsi quelques secondes à observer l'endroit où Gabrielle était tombée, avant de réaliser que la jeune fille s'était bel et bien enfuie !

Pour rare que cela était, la situation lui avait complètement échappée !

Oui, Gabrielle l'avait mené par le bout du nez, lui, le redouté directeur de Serpentard, l'ancien Mangemort ! Sans vraiment s'en rendre compte, il était tombé dans les filets d'une gamine de dix sept ans ! Il n'avait rien maîtrisé, non, rien de rien, et il détestait ça !

Un rire sinistre sortit de sa gorge alors qu'il laissait ses genoux glisser vers le sol, emprisonnant son visage entre ses paumes ouvertes. Qu'avait-il fait - ou plutôt, rectifia t-il ironiquement, qu'avait-il omis de faire - pour en arriver là ? La jeune Delacour lui était tombée dessus et il n'avait rien vu venir !

En temps normal, il n'aurait pas accordé autant de crédit à cette histoire. Une lubie d'adolescente qui passerait avec le temps… Il se serait juste contenté de l'ignorer, et aurait évité de croiser son chemin… A force, la gamine aurait bien fini par oublier !

Mais là, la situation était complètement différente. Leur communauté ne comptait qu'une quinzaine de sorciers et il lui serait tout bonnement impossible de se dérober ! Comment allait-elle réagir vis-à-vis de lui, maintenant qu'il l'avait repoussée ? Sans compter que les Tonks étaient leurs hôtes…

Et il y avait Hermione.

Severus était certain que Gabrielle ne manquerait pas de tout lui raconter, trop heureuse de semer la discorde dans son couple. Pire, elle était parfaitement capable de mentir en prétendant qu'il avait tenté de la séduire… Il l'avait vu, dans ses yeux assombris par la folie, dans sa voix transpirante de haine, derrière ses mots emplis de malveillance…

Il devait tout raconter à Hermione, sans rien omettre. Le petit manège de Gabrielle, son baiser volé, sa colère, sa fuite…

Merlin, tout puissant, sa femme n'avait pas besoin de toutes ces contrariétés. Pas en ce moment !

Severus se releva, les yeux obscurément fixés sur les vagues qui venaient se briser avec une rare violence contre les rochers tranchants. Tant de questions se bousculaient dans sa tête… Comment Hermione réagirait-elle ? Allait-elle le croire ? N'allaient-ils pas devoir quitter Searing Moor ? Et dans ce cas, où Diable iraient-ils ? Quel avenir pourrait-il offrir à sa femme et à son enfant ? Merlin…

Ignorant son pantalon et son pourpoint que l'herbe avait trempés, le maître des potions sortit sa baguette, ses longs doigts étreignant avec force le bois d'ébène, et transplana aux limites de Searing Moor.

ooOoOoOoo

- Je ne veux pas que tu y ailles, c'est trop dangereux… Severus… Pas en pleine nuit !

- Ce n'est pas la première fois que je quitte le manoir la nuit et ce ne sera certainement pas la dernière, Hermione. La voix basse et rauque de son époux raisonnait dans son corps alors qu'il la serrait tout contre lui.

- Je le sais… admit-elle d'une voix lasse.

- Il ne m'arrivera rien. Prends-le comme n'importe quelle autre mission, continua t-il en déposant délicatement ses lèvres sur les siennes.

- Mais Ron a dit que les Mangemorts avaient redoublé leurs patrouilles ! S'ils venaient à te capturer… trembla t-elle sur ses lèvres entrouvertes tout en respirant son odeur, détaillant chaque note, comme s'ils devaient ne plus jamais se revoir…

- Ils ne m'auront pas, lui assura t-il sereinement. Je connais leurs habitudes et je sais utiliser leurs faiblesses. N'est pas Severus Rogue qui veut ! ajouta t-il d'un air crâne.

- Severus, ne plaisante pas…

- Je n'ai pas l'impression de plaisanter, répondit-il avec sérieux.

Hermione leva les yeux au ciel, un pauvre sourire aux lèvres. Ce qu'il pouvait être agaçant lorsqu'il faisait ça !

- Justin t'as proposé de t'accompagner. Tu devrais accepter. Elle se doutait bien que son époux refuserait l'aide du jeune homme, mais elle se devait d'essayer !

- Hors de question, la coupa t-il sèchement. Il ne fera que me retarder. Et plus le temps passe, plus nous risquons qu'elle se fasse prendre ! Stupide gamine ! Fuguer en pleine nuit ! Gryffondor, que cela ne m'étonnerait même pas !

- Serpentard… répliqua t-elle aussitôt. Mais le cœur n'y était pas…

Hermione frissonna en pensant à la jeune française, seule au milieu de la nuit. Même Gabrielle ne méritait pas une telle punition !

Pourtant, au fond de son cœur, elle ne pouvait s'empêcher d'en vouloir à la jeune fille. Gabrielle avait tenté de séduire son mari, s'était jetée à son cou, l'avait embrassé… et… Hermione se raidit. S'était-il passé autre chose, pour que la simple évocation de la jeune fille le fasse se crisper à ce point ? Pourquoi tenait-il tant à partir à la recherche de Gabrielle ? Un autre aurait très bien pu s'en charger…

- Pourquoi toi ? Ted, Justin ou Roger pourraient parfaitement partir à sa recherche !

Severus ne répondit pas face à l'insistance d'Hermione.

Son absence de réponse… son air grave et concentré… La jeune femme se mordit inconsciemment la lèvre en réalisant que son mari se sentait bien plus fautif que ce qu'elle avait cru de prime abord.

- Tu n'es pas responsable Severus ! cria t-elle vivement dans l'espoir fou de le voir rester.

- Bien sûr que je suis responsable, Hermione…

La jeune femme eut immédiatement un mouvement de recul qu'elle ne chercha même pas à dissimuler. D'un geste vif, Severus la retint à lui, l'entourant aussitôt de ses bras. Il ne la laisserait pas s'enfuir… Il ne la laisserait pas s'éloigner de lui…

- Non, ce n'est pas ce que tu penses… Jamais…

Hermione remarqua ses lèvres tremblantes, son regard dévorant de fièvre, alors qu'il lui assurait son attachement, alors que ses mains s'accrochaient à elle, chaudes et possessives.

- Alors pourquoi ? insista t-elle, au bord des larmes.

Blême, les traits tendus, il sembla hésiter quelques instants.

- Elle était sous ma responsabilité ce soir, confessa t-il d'une voix éteinte. Je devais lui enseigner et la protéger et j'ai manqué à un de mes devoirs. C'est inadmissible.

Hermione connaissait bien cet air, ce ton grave… Elle avait envie de hurler. Toujours cette foutue culpabilité ! Ses mauvais choix ! Son allégeance au Seigneur des Ténèbres ! Lilly ! Se pardonnerait-il un jour ses fautes ? Arrêterait-il un jour de se punir ? Aurait-il encore longtemps besoin de se sacrifier pour racheter ses erreurs ? Car il n'était plus tout seul maintenant ! Elle était là ! Et il allait être père ! Il n'avait pas le droit de se sacrifier ! Il n'avait plus le droit ! Plus maintenant !

- Gabrielle a sa part de responsabilité ! Ce n'est plus une enfant ! Elle a essayé de te séduire ! cria t-elle, furieuse, en se dégageant de l'étreinte de son mari, sa main droite inconsciemment posée sur son ventre.

Severus ne cilla pas face aux deux yeux noisette brillants de fièvre qui le défiaient. Depuis qu'il avait commencé son récit, il s'attendait à ce que sa colère éclate, cherchant sur le visage de sa femme le moindre signe susceptible de dévoiler ses émotions.

Si une partie de lui, la plus instinctive, était furieuse qu'Hermione puisse simplement penser qu'il était capable de la tromper, une autre partie, plus rationnelle, comprenait son inquiétude et ses craintes… Car, comment aurait-il réagi à sa place ? Comment aurait-il réagi si un autre homme avait osé poser ses lèvres sur celle de sa femme !

Sa femme, si intelligente, si déterminée, si vive, et néanmoins si fragile… Sa femme, qu'il protégeait si jalousement…

A cette pensée, son cœur s'emballa si fortement que son sang pulsa dans ses veines. Il sentait son pouls battre dans ses tempes, de façon rythmique. Puis, brusquement, tous ses nerfs se crispèrent jusqu'à ce qu'un flot de magie déferle en lui. L'intensité du fluide était si puissante que le maître des potions dut resserrer les poings pour l'empêcher de s'échapper ! Par Merlin, il fallait qu'il se calme, qu'il retrouve le contrôle !

Lorsqu'Hermione réalisa la violence avec laquelle elle avait répondu à Severus, sa gorge se serra de douleur. Pour une fois, elle ne savait plus quoi dire, encore haletante, son regard embué accroché à celui de son mari.

Sur le coup, ce dernier n'avait pourtant pas semblé s'émouvoir de son emportement. Il était resté égal à lui-même, imperturbable. Puis, elle avait vu son corps trembler, sa mâchoire se crisper, ses poings se serrer, avant de retrouver son habituelle impassibilité. Ce bref changement, à peine perceptible, serait passé inaperçu pour la plupart, mais elle, connaissait suffisamment Severus pour comprendre que quelque chose l'avait affecté…

- Severus… susurra t-elle avec une émotion à peine contenue. Ce n'est pas ta faute…

Le maître des potions expira profondément tout en relâchant légèrement ses épaules.

- La situation me paraissait si surréaliste que j'en ai oublié la prudence la plus élémentaire. J'aurais dû la stupefixer et la ramener ici de force, qu'elle le veuille ou non ! Au lieu de ça, je l'ai laissée s'éloigner… J'ai manqué de jugement Hermione, déclara t-il gravement.

- Ce n'est pas une raison suffisante pour prendre des risques inconsidérés ! Attends demain ! tenta de convaincre la jeune femme.

- Elle est en danger. Si les Mangemorts venaient à lui mettre la main dessus... Et en se baladant dans la nature, cette petite écervelée fait courir un risque à la communauté toute entière. A toi. A notre enfant… continua t-il calmement en la regardant droit dans les yeux.

Lorsqu'elle entendit les derniers mots de Severus, Hermione frissonna de tout son corps. Bien sûr que Gabrielle les mettait en danger ! Severus avait immédiatement compris… Comment elle, la jeune femme que tous jugeaient brillante, avait-elle pu ignorer ce fait jusqu'à présent ? La Hermione qu'elle connaissait n'aurait jamais commis une telle erreur ! Elle aurait agi ! Mais que lui arrivait-il ? La jalousie était-elle si vive, que son bon sens semblait s'être évanoui ? Il fallait qu'elle se ressaisisse, et vite !

- Malheureusement, je crois que tu as raison, admit-elle à regret en essayant de retenir ses larmes. Elle voulait être forte pour lui. Ne pas pleurer.

Franchissant les quelques pas qui la séparaient de Severus, elle et se jeta dans ses bras.

- Je reviendrai vite, je te le promets, susurra t-il au creux de son oreille.

Elle voulut lui dire qu'on ne pouvait pas promettre ce genre de choses, qu'on en avait pas le droit, mais s'abstint lorsqu'il resserra son étreinte. Son corps chaud contre le sien avait le don d'anesthésier toute pensée cohérente… Et pour quelques minutes encore, il était à elle… A elle…

ooOoOoOoo

- Plus un pas ! ordonna une voix rocailleuse.

Gabrielle ne voyait rien d'autre que le bout éclairé de plusieurs baguettes pointées dans sa direction. Elle distinguait à peine l'emblème de Poudlard sur les hautes grilles qui gardaient le château.

Un bruit métallique lui indiqua que quelqu'un sortait de l'enceinte pour venir à sa rencontre. Lorsque, quelque secondes plus tard, elle sentit une baguette tout contre sa jugulaire, son cœur s'emballa malgré elle. Par Mélusine ! Elle n'avait pas entendu le Mangemort approcher ! Elle n'osa tourner la tête vers le sorcier qui la menaçait…

Gabrielle priait si fort pour que le Mangemort abaisse sa baguette qu'elle ne remarqua l'arrivée d'un autre homme qu'au lumos qu'il lança sur le petit groupe.

Quand un sorcier sans âge aux yeux fous, injectés de sang, lui adressa un sourire sadique, découvrant des dents inégales et noircies, la jeune fille hoqueta malgré elle. Oh, mon Dieu, dans quel guêpier était-elle allée se fourrer ? Elle tenta de contenir la panique qui prenait peu à peu le dessus sur sa volonté et articula nettement :

- Je désire voir Lucius Malefoy.

Au début, le Mangemort resta sans voix, puis finit par éclater de rire, aussitôt rejoint par ses compagnons.

- Lucius Malefoy ne reçoit personne, ma jolie… Par contre, nous…

Gabrielle frissonna de tout son corps sous ton vicieux de l'homme qui l'observait d'un regard lubrique. Elle ne devait pas le laisser mener le jeu !

- J'ai des informations susceptibles de l'intéresser, le coupa t-elle aussitôt, la peur au ventre.

Les rires se tarirent pour laisser place au silence. Gabrielle osa se retourner vers la grille et remarqua plusieurs Mangemorts dont les visages trahissaient un intérêt soudain. Après tout, ils n'étaient pas si coriaces qu'on ne le laissait entendre dire !

- Quelles informations ?

- Je ne parlerai qu'à Malefoy…

Les Mangemorts échangèrent plusieurs regards entendus. Enfin, après ce qui lui parut être une éternité, le sorcier dont la baguette était pointée sur sa gorge recula de deux pas.

- Avance ! aboya t-il en la poussant rudement, sa baguette maintenant pointée dans son dos.

Pas un bruit, pas un son, aucune parole ne furent échangées, alors que trois Mangemorts l'escortaient au travers du dédale de couloirs et d'escaliers menant au second étage de ce qui était devenu l'antre du Seigneur des Ténèbres…

ooOoOoOoo

- Donnez-moi une seule bonne raison de ne pas vous tuer sur le champ ? Ou peut-être préféreriez-vous moisir dans un cachot jusqu'à ce que la folie vous consume ? Je pourrais vous laisser le choix…

Comment une voix aussi douce et mélodieuse pouvait-elle proférer de telles monstruosités ? Gabrielle tremblait de peur mais ne détourna pas les yeux de Lucius Malefoy qui lui adressait un sourire ironique. Maintenant qu'elle était là, elle ne comptait pas reculer ! Et le pouvait-elle seulement ?

Peu importe, Severus n'aurait que ce qu'il mérite ! Il s'était ouvertement moqué d'elle ! Il l'avait humiliée ! Il l'avait repoussée ! Et maintenant, elle était seule ! Complètement seule sans lui ! Seule, encore une fois…

- Severus Rogue.

- Bien…

ooOoOoOoo

Il accéléra sa cadence, sa longue cape virevoltant derrière lui au rythme de ses pas. L'obscurité l'empêchait de voir où il marchait, mais il ne voulait pas prendre le risque de se faire repérer à cause d'un lumos…

ooOoOoOoo

- Je vous livre Rogue et en échange, vous nous oubliez, d'accord ? La voix frêle, presque éraillée de Gabrielle, trahissait sa nervosité. Un manque d'assurance que Malefoy avait parfaitement perçu !

- Evidemment… répondit posément le blond, un sourire satisfait s'inscrivant sur ses lèvres fines.

Le bleu acier des yeux de l'homme la transperçait d'un regard concupiscent, presque impatient, qui lui refroidit les os. Ne commettait-elle pas une erreur en lui accordant sa confiance ? Pouvait-elle croire en les paroles d'un Mangemort, d'un criminel ?

Elle paniqua presque en pensant au sort que réservait Lucius Malefoy au maître des potions… Il le détestait et le faisait rechercher depuis que son rôle d'espion double avait été dévoilé. Et Malefoy ne pensait plus qu'à une chose : faire payer à Severus sa traitrise, l'humilier, lui faire comprendre qu'on ne quittait pas aussi aisément le Seigneur des Ténèbres ! Il avait même déclaré dans la Gazette qu'il lui réservait un sort bien plus terrible que la mort…

Que pouvait-il y avoir de pire que la mort ?

Toute sa famille était morte, assassinée par les serviteurs du Mage Noir et elle n'avait jamais autant souffert que le jour où elle les avait vus mourir un à un… D'ailleurs, elle ne voulait pas que Severus meurt ! Elle voulait qu'il paye, qu'il souffre, qu'il se rende enfin compte qu'on ne pouvait pas traiter quelqu'un de cette façon ! Oui, elle voulait se venger de lui, et Lucius Malefoy serait l'instrument de sa vengeance…

- Que comptez-vous faire de lui ? ne put-elle s'empêcher de lui demander, feignant l'indifférence.

Le Mangemort ne fut cependant pas dupe du désintérêt de la jeune fille. Mieux valait-il qu'il ne lui avoue pas ses véritables intentions envers ce traitre de la pire espèce… Cette petite gourde serait encore capable de tout arrêter, alors qu'il se trouvait si près du but ! Et il le voulait !

Oui, il voulait le maître des potions ! Même s'il ne savait pas encore avec exactitude ce qu'il allait faire de lui… Il avait souvent réfléchi à des méthodes de torture, à des humiliations, toutes plus cruelles les unes que les autres, mais ce qui était sûr, c'est que Severus allait regretter jusqu'au jour de sa naissance ! Cela valait bien sa déloyauté envers le Lord, mais surtout envers lui !

Le baiser de Judas ! Dire que Severus avait été son ami était peut-être exagéré – un Malefoy n'avait pas besoin d'amis, un Malefoy accordait un peu de son temps à certaines personnes qu'il jugeait dignes d'intérêt, mais ne s'abaisser jamais à dépendre de quelqu'un qui pourrait ensuite exploiter la moindre faille ! – cependant, avec le temps, il avait fini par tisser une relation d'estime et de confiance avec le maître des potions. Il lui avait fait partager un peu de son intimité, lui avait ouvert les portes de son manoir, avait fait de lui le parrain de son fils unique… A lui, ce sang-mêlé ! Et qu'avait-il récolté de sa noblesse d'âme ? Une traitrise de la plus haute infamie !

- L'amener face au Seigneur Noir… répondit-il avec décontraction.

- Mais…

- … qui le jugera pour ses fautes et le punira. Surement quelques doloris… Jusqu'à le faire ramper, jusqu'à ce que ce traitre supplie le Maître de le reprendre à ses côtés, ricana-il. Dans sa grande mansuétude, il est possible que notre Seigneur l'accepte comme simple domestique au service de ses fidèles Mangemorts…

C'était à peu près ce que cette petite traitresse attendait, non ? Une bonne humiliation ! Qu'avait bien pu faire Severus pour qu'elle le haïsse à ce point ? Il observa attentivement la jeune fille en face de lui. Elle était belle, très belle, même… Peut-être l'avait-il repoussée après l'avoir baisée !

- Bien, conclut-elle d'une voix froide.

Après tout, il le méritait ! Et Hermione serait seule… Elle n'avait eu que trop de chance et il était temps que la roue tourne…

- Si le Seigneur des Ténèbres me le confie, continua Malefoy d'un regard enfiévré, ne remarquant même plus la présence de la jeune fille, je le ferai s'agenouiller face à moi, je le ferai plier, je le détruirai… Et il me remerciera de seulement lui permettre de me lécher les bottes ! Cher Severus… tu ravaleras ta fierté ! cracha t-il avec hargne.


L'engrenage se met en marche...

J'espère que vous avez aimé ce chapitre ! ? N'hésitez pas à apporter vos commentaires...

Bisous et à bientôt

khalie