Bonjour tout le monde !

Me revoici pour le cinquième chapitre de cette fiction ! Merci à tous pour vos reviews très encourageantes =) Ca me fait chaud au coeur =p

Pour répondre à Roze Potter, les modalités de la libertés sous tutelles seront précisées plus tard. A vrai dire, elles sont plutôt lâches, car je me suis plus intéressée à l'évolution de la relation des personnages qu'aux conditions de cette réinsertion. Il n'y aura donc pas de visites à un centre carcérale. Concernant le petit déjeuner xD Il est servi jusqu'à dix heures, donc ils peuvent le prendre avant. Après, j'ai laissé jusqu'à dix heures car pendant les vacances, les enfants ont quand même tendance à se lever plus tard qu'habituellement. Pour le menu, je dois avouer que je me suis plutôt basée sur le français, car je ne suis jamais allée en Angleterre et que ça me semble quand même plus équilibré. Après, comme tu le dis, ce n'est qu'un détail x)

Pour le chapitre 6, je ne sais pas du tout si j'aurais le temps de le poster la semaine prochaine =/ Je verrai en fonction des devoirs et des leçons à réviser !

En tout cas, ce chapitre 5 devrait répondre à plusieurs de vos attentes, notamment concernant Blaise et les jeux vidéos =p Je n'en dis pas plus et je vous laisse découvrir =)

Bonne lecture =)


Drago déglutit très difficilement, et lança un regard anxieux à Granger. Cette dernière semblait à deux doigts d'exploser, et sa colère était d'ailleurs palpable. Tant et si bien que le Serpentard eut presque envie de prendre ses jambes à son cou pour rentrer au manoir à toute vitesse.

- Veuillez m'excuser un instant, s'excusa-t-elle d'une voix contenue.

Les personnes présentes hochèrent silencieusement la tête et se mirent à murmurer entre elles. Les yeux de Drago rencontrèrent un regard émeraude qu'il aurait reconnu entre tous. Un sentiment de haine remonta en lui, cependant insignifiant face à l'angoisse qui l'habitait et qui ne fit que s'accroître lorsqu'il entendit la chaise de Granger racler le sol avec fracas. Il déglutit une nouvelle fois. Merlin, dans quel pétrin s'était-il encore fourré ?

S'il avait écouté le petit bonhomme saoul du département de la justice plus sérieusement, il aurait su que la jeune femme était actuellement en réunion.

Hermione remercia brièvement l'assistance, se leva, empoigna littéralement Drago par le bras avant de le traîner dans le couloir, en prenant bien soin de refermer la porte derrière elle.

Sans le lâcher, elle le tira jusque dans une autre pièce qu'elle verrouilla et insonorisa.

Une troisième fois encore, Drago déglutit bruyamment et pria silencieusement Merlin et tous les dieux qu'il connaissait d'être clément avec lui. Malheureusement, ils restèrent sourds à ses prières. Le Serpentard eut tout juste le temps de bondir afin d'éviter que la main de Granger ne lui arrive droit dans la figure dans une gifle magistrale.

La colère de la jeune femme s'envola dès l'instant où elle prit conscience de son geste et de l'effet qu'il avait produit sur le jeune homme. Ce dernier s'était réfugié dans un coin de la pièce et, tremblant de la tête aux pieds, il la regardait à présent avec des yeux paniqués et blessés.

Prise de remords, la Gryffondor se morigéna pour son manque de self-control. Trop énervée de le voir interrompre sa réunion, elle n'avait pas réfléchi et, trop impulsive, s'était laissée aller à un accès de violence démesuré. Evidemment, elle aurait du se douter que le moindre geste hostile envers lui effraierait le Serpentard, qui ne recevait plus que des coups depuis plus de sept ans. Mais même si Poudlard remontait à loin, les réflexes d'alors étaient revenus en même temps que le Serpentard.

- Malfoy… voulut-elle s'excuser en avançant d'un pas.

Mais le Serpentard, effrayé, se tassa contre le mur, frissonnant tout entier.

- Je suis désolée, murmura-t-elle, dépassée par les événements.

Il ne répondit pas, et c'est avec résignation qu'elle se retourna pour sortir son téléphone de sa poche et qu'elle composa le numéro du manoir.

- Allô ?…Blaise ? Oh Merlin merci !

Jamais la jeune femme n'avait été si soulagée en entendant la voix chaude et puissante du métis.

- Oui. Oui, il est là ! Est-ce que tu pourrais venir le chercher ? demanda-t-elle d'une voix presque suppliante. Je t'expliquerai plus tard, mais s'il te plait, dépêche-toi ! Il est dans mon bureau. Non tu n'auras pas de problèmes, l'étage est désert du fait de la réunion. Merci, tu es génial !

Elle referma le téléphone et leva les sorts posés sur la porte.

- Blaise va venir te chercher, dit-elle doucement au Serpentard, qui ne répondit pas. Je suis désolée, répéta-t-elle tristement avant de sortir.

Drago attendit que la porte soit fermée et que la rumeur des pas de la jeune femme se soit estompée pour se détendre quelque peu. Malgré tout chamboulé, il s'adossa contre le mur et ferma les yeux un instant, désillusionné. Il avait cru qu'une fois sorti d'Azkaban, les coups cesseraient de pleuvoir. Il s'était trompé, désespérément trompé. Même sorti de prison, on le frappait encore. Ou du moins on voulait, car s'il n'avait pas esquivé à tant, Granger lui aurait donné une gifle.

Il se laissa glisser au sol et enfouit son visage dans ses bras, comme il le faisait à Azkaban en attendant que le temps passe. Ce n'est que lorsque la porte de la pièce s'ouvrit et le tira de ses pensées morbides qu'il releva la tête pour croiser le regard inquiet de Blaise. Ce dernier vint s'accroupir à ses côtés en comprenant qu'il avait du se passer quelque chose de grave pour que le Serpentard soit dans cet état.

- Ca va ? s'enquit-il devant le silence du jeune homme, auquel il n'était pas habitué.

Aucune réponse. Le métis pinça les lèvres et se releva.

- Allez viens, je te ramène, dit-il en tendant une main au blond. Tu m'expliqueras quand on sera rentré.

Ce dernier saisit sa main sans un mot et Blaise le releva sans effort aucun, ce qui le fit grimacer. Même s'il avait remarqué la maigreur du jeune homme, il ne s'était pas attendu à ce qu'il soit aussi léger qu'un adolescent de 13 ans.

- Mets-ça, ajouta-t-il en lui tendant une cape. C'est pour qu'on ne te reconnaisse pas, expliqua-t-il après un regard interrogateur de la part du Serpentard. Tu n'es pas censé être ici.

Les yeux de Drago s'assombrirent plus encore et c'est tel un automate qu'il suivit son ami jusqu'aux ascenseurs. S'apercevant que son silence mettait mal à l'aise son ancien camarade de classe, il prit sur lui pour engager la conversation.

- Comment tu as su que tu devais venir me chercher ? s'enquit-t-il alors que les portes de la cabine se refermaient sur eux.

- Hermione m'a téléphoné.

- Ténéconé ?

- Téléphoné, rectifia machinalement Blaise. C'est un système de communication moldue. Qu'y a-t-il ?

Il dévisagea son meilleur ami qui le regardait d'un air curieux en retour. La nostalgie apparut soudain sur son visage et Blaise crut qu'il allait pleurer.

- Drago, est-ce que ça va ? s'inquiéta-t-il.

- Tu sais, cette impression dont je t'ai parlé tout à l'heure, que je trouvais tout le monde bizarre… comment l'héritier Malfoy.

- Oui ?

- Elle s'accroît au fur et à mesure que tu parles.

Blaise fronça les sourcils, ne comprenant visiblement pas l'insinuation.

- Blaise, tu viens de me dire que tu as utilisé un système de communication moldu ! Tu m'as repris sur un terme moldu ! Et tu as confirmé mes doutes quand à ton amitié avec Granger ! Avoue quand même que ce n'est pas un comportement normal chez toi ! se lamenta Drago, complètement désespéré de sa journée et de ce manque de compréhension.

A vrai dire, il se sentait horriblement seul, entouré de personnes qu'il ne comprenait plus et qui lui renvoyait à la figure son ignorance des dernières années.

Blaise en resta interdit… puis éclata d'un rire tonitruant qui attira sur eux quelques regards alors qu'ils traversaient le hall pour rejoindre les cheminées.

- Ah non Drago, Drago, Drago ! s'exclama-t-il en essayant de se calmer face à la moue dépitée du blond. Ahlala, t'es vraiment perdu hein ? T'inquiète pas va, à ta place j'aurais réagi pareil ! Je vais t'expliquer tout ça, t'en fais pas !

Il lui donna une bourrade amicale puis le laissa se placer dans la cheminée.


- Donc, pour résumer, tu travailles chez Fleury & Bott depuis quatre ans. Et donc, forcément, tu y a souvent croisé Granger, qui y va régulièrement. Et puis….

- On a parlé, d'abord de nos opinions sur certains livres, puis d'autres choses, et on a finalement sympathisé. Et ça fait maintenant un peu plus de trois ans que l'on est ami, finit Blaise avec un sourire. C'est si dur que ça à avaler ? ajouta-t-il, moqueur, en voyant Drago grimacer sur le dernier mot.

Loin de Granger et plus serein quant à son avenir, le Serpentard s'était calmé et avait réussi à passer outre le geste violent et blessant le la Gryffondor.

- Un peu, oui. Mais... comment tu en es arrivé à travailler dans une librairie ? Je savais que tu lisais parfois, mais pas au point de passer ta vie entre deux rayons poussiéreux couverts de bouquins !

Blaise ne releva pas la remarque péjorative, mais sourit en pensant qu'Hermione en aurait grincé des dents.

- Et bien, pour tout te dire, c'est arrivé comme ça. Jusqu'alors, je n'avais pas vraiment travaillé, avec l'argent que ma mère avait hérité de ses nombreux maris, je n'avais pas besoin de ça. Et puis, avec le temps, je me suis rendu compte que ma vie était d'un ennui profond. Certaines de mes connaissances, rencontrées lors de soirées organisées par ma mère et auxquelles j'étais obligé d'assister, parlaient avec enthousiasme de leur travail, de leurs collègues. Moi, lorsqu'on me demandait ce que je faisais, je n'avais rien à répondre. Et puis, un jour, je suis passé devant la boutique, et j'ai vu qu'ils cherchaient quelqu'un. Sans trop savoir comment, je me suis retrouvé à l'intérieur, à demander si le poste était libre. Ils m'ont pris à l'essai deux mois, puis m'ont embauché. Maintenant, je suis le second du patron. Il commence à se faire vieux et j'espère bien reprendre la boutique lorsqu'il partira en retraite.

- Mh-hmm... n'empêche que je ne comprends pas comment tu as pu sympathiser avec Granger ! reprit Drago, qui ne s'y faisait vraiment pas. Tu te rends tout de même compte qu'elle est la meilleure amie de St Potter et de Weasmoche, qu'elle était à Gryffondor, et qu'elle est une sang de …

Il s'interrompit en voyant que Blaise fronçait les sourcils, désapprobateur.

- Parfaitement ! répondit le métis à la question muette de son ami, qui le fixait d'un air indécis. Je suis passé outre ces idées de sang débiles, depuis un moment d'ailleurs. Et je ne tolérerai pas que tu insultes Hermione devant moi. Ca fait longtemps que j'ai abandonné ces préjugés infondés. Et je pensais que tu en avais fait autant !

Drago prit le temps de réfléchir quelques secondes à cela, replongeant dans un de ses silences qu'il avait délaissé durant sa conversation avec Blaise.

A vrai dire, le sang n'avait plus aucune importance pour lui. Mais Granger... et bien il avait toujours appelé Granger Sang-de-Bourbe, et avec le temps, c'était plus devenu une habitude qu'une insulte sur son sang. A partir du moment où il avait compris que ça la blessait, il l'avait toujours surnommée ainsi.

Il fit part de cela à Blaise, qui se contenta d'une brève onomatopée en guise réponse, même si son regard sévère en disait long sur ce qu'il pensait.

Finalement, ils changèrent de sujet et passèrent le reste de l'après-midi à bavarder de choses et d'autres, et le métis prit grand soin de ne pas réaborder le sujet Azkaban.


Blaise était parti depuis une heure, et Drago, seul avec la horde de gamins du manoir, attendait le retour de Granger avec une anxiété croissante. Allongé sur son lit, un livre à la main et un nœud dans l'estomac, il jetait frénétiquement des coups d'œil vers son réveil, qui bizarrement ne possédait pas d'aiguilles, mais indiquait tout de même l'heure au moyen de chiffres bleus lumineux.

Le jeune homme sursauta lorsqu'on frappa à la porte de sa chambre. Le gugusse en armure qui la gardait lui demanda s'il pouvait laisser entrer le nouveau venu. Le Serpentard ne répondit pas, et le chevalier prit son silence pour un oui. Après tout, qui ne répond pas consent.

La tête de la jeune fille qu'il avait aperçue en début d'après-midi, Arya, apparut par l'entrebâillement. Constatant que Drago ne disait rien, elle entra.

Le jeune homme ne l'avait aperçue que de loin, aussi n'avait-il pas pu voir son visage, d'une froide beauté. Un visage fin aux traits réguliers et harmonieux, aux pommettes hautes, aux lèvres parfaitement dessinées mais qui, Drago le devina, ne devaient pas sourire souvent. Ses yeux d'un gris soutenu étaient parfaitement insondables, mais reflétaient une grande intelligence et une maturité profonde. Un regard gris impassible que Drago avait déjà croisé à deux reprises depuis qu'il était ici. Il ne put s'empêcher de frissonner en y repensant.

Arya lança un regard circulaire à la pièce mais ne fit aucun commentaire. Le jeune homme nota alors qu'elle était habillée d'une manière assez négligée, d'un jean troué et d'un T-shirt trop grand et délavé. Ses cheveux étaient retenus en une banale queue de cheval faîte à la va-vite, et une large mèche dégradée lui retombait sur l'œil droit, cachant à moitié l'orbe argentée.

Cinq minutes passèrent en silence, si bien que le Serpentard commença à perdre patience. Le silence ne le dérangeait pas, du moment qu'il en était à l'origine. Que quelqu'un d'autre reste buté dans son mutisme l'agaçait fortement.

- Qu'est-ce que tu veux ? finit-il donc par demander, hargneux.

- J'ai appris que tu avais débarqué comme une furie au ministère, je voulais voir si tu en étais ressorti.

- Et bien comme tu peux le voir, c'est le cas, donc maintenant tu dégages ! s'exclama-t-il avec humeur en se levant avec la ferme intention de la mettre à la porte.

- Est-ce que Hermione va te renvoyer à Azkaban pour ça ? interrogea la jeune fille alors qu'il avançait vers elle.

Drago se figea et pâlit à cette pensée. Un frisson de frayeur le parcourut tout entier et il se força à déglutir pour se détendre un minimum.

- Je ne sais pas, souffla-t-il d'une voix chevrotante.

La rouquine n'eut pas l'air satisfaite de sa réponse mais elle reprit bien vite son masque d'impassibilité, si bien que Drago finit par douter de ce qu'il avait vu.

- Bonne soirée, lança-t-elle en sortant avant qu'il n'ait pu la mettre lui-même dehors.

Blanc comme un linge, Drago fit quelques pas chancelant jusqu'à son lit, sur lequel il se laissa tomber de tout son poids. C'est plus anxieux que jamais qu'il attendit que la propriétaire des lieux rentre chez elle.

Deux heures passèrent ainsi. Son réveil affichait dix-neuf heure vingt lorsque Drago émergea du demi-sommeil dans lequel il était plongé. Il s'étira, faisant craquer quelques uns de ses os, puis sortit de sa chambre pour aller manger.

Il emplit une assiette de crudités et s'installa dans un coin reculé de la pièce, à l'écart des nombreux adolescents, beaucoup trop nombreux et beaucoup trop bruyants à son goût.

Quelques minutes après qu'il se soit installé, un plateau se posa en face du sien. Interrompant son geste, Drago leva les yeux vers l'individu.

- Euh… Est-ce que je peux manger avec toi ? bredouilla Grégoire qui, debout derrière sa chaise, semblait plus que mal à l'aise.

Surpris, le Serpentard reposa sa fourchette et dévisagea le gamin une seconde, s'interrogeant sur sa santé mentale. Rien qu'à voir ses yeux fuyants, il devinait à quel point il avait peur de lui. Trop choqué pour garder le silence, il ne put s'empêcher de demander.

- Non mais tu plaisantes là ? Tu ne peux pas aller manger avec quelqu'un d'autre ?

A présent rouge brique, le gamin regardait ses mains qu'il tortillait nerveusement, gêné. Il répondit cependant d'un hochement de tête négatif.

- Tu n'as pas des amis ? Ou bien ton frère tiens ! Pourquoi tu ne vas pas manger avec lui ? questionna Drago, que l'envie de manger avec un mioche qui allait sans aucun doute lui casser les pieds n'enchantait pas le moins du monde.

- Il ne veut pas de moi quand il est avec ses copains. Je suis trop jeune pour eux, répondit le gamin. Et puis les autres mangent en groupe alors… je suis tout seul.

Drago considéra un instant le mioche en silence, s'efforçant de repousser le sentiment grandissant qui montait en lui. Non, ce gamin ne lui ressemblait pas. Certes les autres ne voulaient pas de lui et il se retrouvait tout seul, mais sur ce dernier point, Drago s'écartait par choix. Ce qui n'était pas le cas du gamin, vraisemblablement. Même si son état devait s'approcher de celui de la dépression pour qu'il vienne lui demander à lui s'il pouvait manger à sa table.

Ainsi, ce n'est pas à cause de cette impression de ressemblance qu'il céda finalement et lui permit de s'asseoir, mais tout simplement parce qu'il souhaitait manger en paix sans entendre les jérémiades du garçon. Du moins, il essaya de s'en convaincre.

- Va pour cette fois, céda-t-il alors que le visage de Grégoire s'éclairait subitement.

- Merci Drago ! s'exclama-t-il avec un immense sourire.

Le jeune homme regretta aussitôt d'avoir accepter quand il tira la chaise sans la lever, faisant racler les pieds sur le sol. Remarquant la grimace que le blond esquissa, l'adolescent prit soin de ne pas faire de bruit en se rapprochant de la table.

Ils mangèrent en silence, le plus vieux ignorant superbement le plus jeune qui n'osait pas relever les yeux de son assiette et mesurait tous ses gestes pour ne pas faire de bruit, même si les piquants de sa fourchettes raclèrent plusieurs fois la porcelaine de l'assiette. Puis, prenant son courage à deux mains, Grégoire ouvrit la bouche, car ce silence lui devenait insupportable tant il le mettait mal à l'aise.

- Et sinon euh… tu te sens bien ici ? demanda-t-il, tremblant.

Il déglutit difficilement lorsque Drago leva vers lui ses yeux inquiétants.

Le Serpentard ne répondit pas immédiatement, prenant le temps d'avaler. Le gamin n'y croyait plus lorsqu'il prit la parole.

- D'après toi ? cingla-t-il. Après Azkaban, n'importe quel lieu me conviendrait, je ne vois même pas pourquoi tu poses la question. C'est débile.

Et il se reconcentra sur son assiette, faisant fit de l'adolescent qui rougit jusqu'à la racine des cheveux et s'empressa de baisser les yeux. Malgré tout, ce dernier décida de ne pas rester sur un échec et prit sur lui pour refaire un essai.

- Mais euh… tu aimes bien ici ? Ou tu aurais préféré être autre part ?

Cette fois, la réponse fusa, sèche et directe.

- J'aurais préféré un endroit sans mioches dans ton genre, et sans Granger en guise de tutrice, siffla Drago.

Mortifié, Grégoire baissa la tête, visiblement déçu. Comprenant que ses tentatives pour engager la conversation n'étaient pas des plus appréciées, il se tut et continua de manger en silence.

- Hermione ! s'exclama-t-il soudainement après avoir relevé la tête.

Les doigts de Drago se crispèrent sur sa fourchette et il se retourna vivement, pâle comme un linge. La Gryffondor se tenait sur le pas de la porte, et les observait avec un regard indescriptible, ses yeux passant de lui à Grégoire, pour ensuite revenir sur lui. Visiblement, elle se demandait ce qu'il faisait avec le mioche _ et Drago lui-même en était toujours à se poser cette question. C'est peut-être pour cette raison qu'elle se dirigea vers eux.

Elle s'installa à côté de Grégoire, à qui elle ébouriffa gentiment les cheveux, avant de risquer un regard vers le blond.

- Salut, marmonna-t-elle, gênée.

Il ne répondit pas, et, s'efforçant de rester impassible, il se pencha de nouveau sur son assiette. L'estomac noué, il n'arrivait cependant plus à avaler la moindre bouchée. Il but une gorgée d'eau pour masquer son trouble tandis qu'en face de lui, Grégoire racontait sa journée à Granger avec enthousiasme.

- Et il a réussi à convaincre Drago ! disait-il. Tu aurais vu la tête qu'il a fait quand il a vu les Eclairs de Feu ! Et puis quand on lui a dit qu'on jouait dans la pâture ! Trop trop drôle ! Mais il est fort quand même ! Moins que Ginny, mais plus qu'on ne pensait au début ! Avec de l'entraînement, je suis sûr qu'il pourrait même rejoindre son équipe ! Mais c'est dommage, il est parti tout d'un coup et…

- Grégoire ! l'interrompit Andrew en s'avançant vers leur table, accompagné de deux autres garçons. Tu viens faire une partie de Halo avec nous ? Il nous manque un joueur et Seth veut pas jouer.

Le gamin n'hésita qu'une seconde, le temps de se tourner vers Drago, de regarder Hermione, puis il sauta de sa chaise et rejoignit ses pairs pour se diriger vers le salon.

Restée seule à table avec le Serpentard, Hermione, mal à l'aise, ne savait que dire et que faire.

Drago n'en menait pas large non plus. Incapable d'avaler quoique ce soit, il tournait frénétiquement sa fourchette dans son assiette, jouant avec les aliments restant.

- Grégoire ne t'as pas trop embêté ? demanda alors la jeune femme, le faisant sursauter et lâcher le couvert par la même occasion.

Il se crispa quand la fourchette heurta la porcelaine de l'assiette et s'empressa de la poser sur le côté.

- Non, répondit-il sans la regarder, tapant nerveusement sur la table du bout de des doigts. Non, répéta-t-il. Ca… a été.

Désolée de l'état dans lequel elle le mettait, la Gryffondor s'efforça cependant de poursuivre la conversation.

- Il n'a pas beaucoup d'amis ici. Il est le seul de son âge, et Andrew préfère jouer avec les enfants plus vieux qu'avec lui, expliqua-t-elle. Il va sûrement venir te voir régulièrement, ajouta-t-elle après une courte hésitation. Mais il n'est pas méchant. Il est… facile à vivre, contrairement à certains, précisa-t-elle à voix basse en songeant à une certaine rouquine.

Tendu au maximum, Drago ne put en supporter d'avantage. Ses nerfs allaient lâcher d'une minute à l'autre s'il restait assis là sans bouger. Il se leva vivement, faisant sursauter la jeune femme, et sortit de la pièce à toute allure pour monter s'enfermer dans sa chambre.

Derrière lui, Hermione se mordit les lèvres, coupable. Qu'est-ce qu'elle pouvait regretter son geste de tantôt ! Déjà avant cela, le Serpentard n'était pas rassuré en sa présence, mais désormais, il avait peur d'elle...


Il était près de vingt-deux heures lorsque Drago fut tiré du sommeil par le portrait qui gardait sa porte. La fatigue qui pesait sur ses paupières ne l'empêcha pas de lancer un regard noir au petit chevalier qui, vexé, prit un air pincé pour répondre.

- On demande à entrer.

- Ca je m'en doute un peu tu vois, cingla Drago d'un air exaspéré. Si tu m'annonçais plutôt de qui il s'agit, au lieu de me dire des choses que je sais déjà !

Outré, le personnage ouvrit la bouche avec une expression indignée. Ne trouvant rien à répliquer, il la referma. Jamais les pensionnaires que lui avait confié Hermione n'avaient eu la langue aussi aiguisée que ce maudit blondinet squelettique et délavé, aussi manquait-il d'entraînement en matière de joutes verbales.

- Grégoire, lâcha-t-il alors en se détournant pour préserver le peu de dignité qu'il lui restait.

Drago soupira, agacé.

- Qu'est-ce qu'il veut ? marmonna-t-il en se laissant retomber sur ses oreillers.

Le portrait ne daigna pas répondre et laissa la porte s'ouvrir. La petite tête brune du gamin apparut dans l'obscurité. Comme il n'y voyait rien, il alluma. Avec un juron, Drago se couvrit les yeux d'un bras.

- Dégage, grogna-t-il en se retournant.

Debout sur le pas de la porte, Grégoire ne savait que faire. Il n'avait pas voulu réveiller le Serpentard, mais l'idée que le jeune homme puisse dormir à une heure pareille ne l'avait pas effleuré. Il s'apprêtait à s'en aller quand il se ravisa. Après tout, maintenant qu'il ne dormait plus, il pouvait bien annoncer le motif de sa venue.

- Ca te dirait de venir jouer avec nous à la console ? interrogea-t-il.

Il s'était senti un peu coupable de l'avoir laissé en plan tantôt alors qu'il avait accepté de manger avec lui, aussi avait-il décidé de se racheter en l'invitant à partager son activité.

- Je ne sais pas ce que c'est qu'une console, crétin ! pesta le blond. Et éteins-moi cette lampe, par Merlin !

- Ah oui c'est vrai, tu ne sais pas… Et bien on va te montrer ! reprit-il avec gaieté.

- Casse-toi ! Je n'ai pas envie de voir vos trucs moldus à la con !

- S'il te plait Drago. Juste pour essayer, si ça ne te plait pas tu arrêtes et puis voilà !

Le jeune homme ne prit même plus la peine de répondre, tant cet adolescent l'agaçait.

- C'est juste au bout du couloir en plus ! insista ce dernier. Les autres regardent la télé en bas alors on est monté ! C'est à même pas vingt mètres Drago ! S'il te plait.

Exaspéré, le blond finit par rouler sur le dos et rejeter sa couverture. Il se leva avec humeur et poussa le môme hors de la pièce. Il le mena au pas de course jusqu'au salon de l'étage où se trouvaient Andrew et un autre garçon du même âge. Les ignorant superbement, il se laissa tomber sur un des canapés. Impatient de retourner se coucher, il se mit à jouer frénétiquement du bout des doigts sur l'accoudoir.

Andrew lui planta une chose blanche difforme entre les mains et s'assit à ses côtés. L'autre adolescent resta assis sur le tapis et les deux garçons échangèrent un regard exaspéré. Visiblement, Grégoire avait pris seul la décision d'inviter Drago.

L'écran noir blanchit soudainement, et des phrases apparurent. Du charabia tout ce qu'il y a de plus moldu auquel Drago ne comprit pas un traître mot. Une animation se mit en route pour former les mots « Halo 2 ».

- C'est un jeu de guerre, lui expliqua Grégoire, c'est des humains qui se battent contre des aliènes.

Si le blond ne répondit pas, il n'en pensa pas moins. Faire des jeux de simulation de guerre ! Comme s'il n'y en avait pas assez dans le monde réel ! Et puis, non content de cela, ces idiots de moldus venaient après se plaindre que leurs enfants devenaient de plus en plus violents ! Inutile de chercher pourquoi !

Il était tant absorbé par ses pensées qu'il n'entendit pas un traître mot de ce lui dit Andrew.

L'écran se divisa en 4 petits carrés. Et Drago ne savait absolument pas comment on se servait de l'arme qui était à l'écran. Il savait que c'était une arme, puisque c'était un jeu de guerre, ça paraissait logique. Même s'il ne voyait pas comment on pouvait se battre avec une chose aussi étrange et aussi… moldue.

- Ralala ! Râla Andrew en lui arrachant la manette des mains. Tu es vraiment nul comme joueur !

- Si t'es pas content, je m'en vais ! D'ailleurs, c'est ce que je vais faire, rétorqua-t-il en se levant.

- Non ! s'écria Grégoire.

- C'est toi qui m'a dit que je pouvais partir si ça ne me plaisait pas. Et ça ne me plait pas !

- T'as même pas fait une partie ! Tu ne peux pas dire que tu n'aimes pas ! Fais une partie et on verra après ! Je vais te ré-expliquer attend ! Alors, le bouton A sert à…

Comprenant qu'il lui faudrait se résoudre à l'écouter s'il voulait en finir au plus vite, Drago se rassit sur le canapé turquoise est blanc et se força à garder son attention sur le flot de paroles que débitait le jeune garçon. Il lui expliqua donc les fonctions des différents boutons, ce que Drago trouva très complexe, puisqu'il y avait des boutons sur la manette et derrière la manette !

« Sont complètement fous ces moldus pour aller mettre ça derrière, là où on ne les voit pas ! » pensa-t-il encore avec mépris.

- Ca y est, tu as compris ? lui demanda Andrew quand son frère lui eut tout expliqué trois fois de suite pour être sûr qu'il ait tout assimilé.

Drago haussa les épaules et Grégoire lança le jeu. Plusieurs jurons furent prononcés lors des premières minutes de jeu, se servir du « stick analogique » pour faire bouger « l'Arbiter » se révélant aussi compliqué que les explications ! Mais après deux longues minutes, le jeune Malfoy réussit _ enfin _ à faire avancer son personnage.

- Drago ! Tu n'es pas dans la bonne direction, c'est la montagne par là ! le prévint Grégoire alors que le Serpentard voyait son bonhomme dégringoler d'une falaise pour tomber dans l'eau.

- Gandalf que t'es nul ! murmura le jeune garçon alors que, par miracle, le personnage de Drago ressuscitait.

- Grantarf ? s'étonna l'héritier des Malfoy. C'est quoi ça, un Gantarf ?

- Gandalf ! Pas Gantarf ! C'est le magicien dans le Seigneur des Anneaux !

- Et c'est quoi le Seigneur des Anneaux ?

- Un film super génial ! lui apprit Andrew avec enthousiasme.

N'ayant pas envie de passer pour un idiot, même s'il n'y avait pas de quoi se vanter d'avoir des connaissances moldues, Drago ne lui demanda pas ce qu'était un film.

- Tire ! hurlèrent soudain les gamins, le faisant sursauter.

- C'est quelle…

- Touche RT, derrière la manette, côté droit ! lui répondirent-ils, sa question à peine formulée.

Drago retourna sa manette, analysa les boutons, regarda l'écran et remarqua que le viseur était vert. Ca devait être bon. Il appuya sur le bouton et ne put retenir un sourire fier de lui quand son ennemi fut à terre.

- Bordel Drago, c'est sur les ennemis qu'il faut tirer, pas sur moi ! pesta le troisième garçon, ouvrant la bouche pour la première fois.

- Et ben quoi ? Le viseur était vert, j'ai tiré !

Les trois garçons soupirèrent de lassitude et échangèrent un regard ennuyé, ce que ne comprit pas Drago. Il avait tiré, il avait tué le bonhomme en face de lui, et ne voyait dont pas ce qu'on lui reprochait !

- Mais quand le viseur est vert c'est que ce sont tes alliées ! soupira Andrew.

- Je ne savais pas moi, comment j'aurais pu deviner ? répliqua-t-il, non content de se faire rabaisser de la sorte par un ado.

- Qu'est-ce qui se passe ici ? demanda alors la voix de Granger en provenance de l'escalier.

Drago se raidit et se tourna vers la Gryffondor, qui une fois de plus, le regardait avec des yeux surpris, se demandant sûrement ce qu'il faisait là avec ses gamins à jouer à des jeux moldus auxquels il ne comprenait rien.

- Drago est nul ! Il arrête pas de me tuer alors que je suis son alliée ! pesta le troisième gosse.

Le jeune Serpentard lui jeta un regard assassin suite à cette exagération. Il ne l'avait tué qu'une fois, pas cinquante !

- Et c'est pour ça que vous faîtes autant de bruit !

- Il ne sait pas jouer !

- Mais il n'y a jamais joué non plus Maxence ! Comment veux-tu qu'il sache sans en avoir jamais vu avant aujourd'hui !

- Grégoire lui a expliqué comment ça marchait ! insista le gamin avec une moue méprisante.

Son air hautain ne plut pas à Drago qui plissa les yeux. La Gryffondor n'eut pas l'air d'apprécier non plus, car elle répliqua :

- Et alors ? Quand tu es arrivé à Poudlard, McGonagall t'a expliqué le geste à faire pour un Wingardium Leviosa pendant une heure, et il t'a fallu une semaine pour réussir à faire frémir ta plume ! Tu es mal placé pour faire des reproches il me semble !

L'adolescent se renfrogna avec un grognement mécontent. La jeune femme l'observa quelques secondes avant de reporter son regard sur Drago. Elle sembla hésiter, puis tendit la main. Son cœur se serra quand il recula vivement sur le canapé, apeuré.

- Passe la manette, ordonna-t-elle doucement.

Il la considéra un instant, regarda ce qu'il tenait entre les mains, puis revint sur elle. Prudemment, il posa la manette sur le canapé et s'en écarta.

Retenant un soupir, Hermione s'en empara.

- Ce n'est pas compliqué comme jeu, dit-elle alors en s'asseyant sur l'accoudoir d'un autre canapé aux coussins gris et noirs. Tu avances et tu tues tous les monstres.

Elle était consciente que le Serpentard s'en fichait royalement, et, qu'à en voir ses cheveux en désordre, Grégoire l'avait tiré du lit pour qu'il vienne jouer avec eux. Aussi devait-il être impatient de retourner se coucher.

Andrew lança la partie, et elle joua avec les trois adolescents un bon quart d'heure avant de reposer la manette. Puis elle se leva et s'apprêta à redescendre.

- Pas trop tard les garçons, leur rappela-t-elle avant de s'engager dans les escaliers.

- Bon, on change de jeu ? proposa Maxence

- Mais… on a même pas jouer à celui-là ! balbutia Drago, déconfit.

Il n'allait tout de même pas arrêter le jeu alors qu'il avait enfin compris comment ça marchait, si ?

- Parle pour toi ! On vient de faire tout un niveau avec Mione, on n'a plus envie de jouer à ça ! On fait une partie de Mario Kart ? proposa Andrew.

- Je ne connais aucun de vos jeux, comment veux-tu que je te donne mon avis ? grinça Drago.

- C'est justement ça qui est bien, on peut proposer n'importe quel jeu, tu ne diras pas non, puisque tu ne sais pas ce que c'est !

Le jeune Malfoy esquissa un rictus haineux et le laissa changer tous les trucs.

Ils changèrent donc de jeu, et, à la plus grande horreur de Drago, de manette également.

- Mais pourquoi on ne prend pas l'autre ? demanda-t-il d'une voix virant dans les aigus, horrifié à l'idée de devoir tout réapprendre avant de pouvoir aller dormir.

- Parce que ce n'est pas sur la même console ! C'est sur la Game Cube là !

- Bon, je vais encore tout te ré expliquer ! Alors…

Et c'est ainsi que, deux heure plus tard, dans le salon turquoise, blanc, gris et noir du dortoir des garçons, Andrew, Maxence et Grégoire se résignèrent à éteindre consoles et télévision, et à laisser Drago dormir sur l'accoudoir du canapé, où il somnolait déjà à moitié, les yeux bizarrement rouges et voilés.