Je suis en route pour aller chez Tegoshi. Au moins je suis sîr qu'il sera chez lui cette fois puisque c'est lui qui m'a invité. Motif : se faire pardonner pour le comportement de Nishikido la dernière fois. En même temps, ça m'arrange bien parce que j'ai besoin de lui parler... encore ! Je suis devant sa porte. Je ne suis pas très à l'aise. Peut être que je ne devrai pas faire ça ? Je lève la main, la porte s'ouvre avant que j'ai eu le temps de faire quoi que se soit.
« Ah ! Keii-chan ! Pile à l'heure ! Vas y entre ! Installe toi, j'arrive je vais chercher des verres...
Arigatou... »
Je m'assois sur le canapé... Me ravise, regarde autour de moi... Il y a quelque chose qui me dérange, je ne sais pas quoi... Je fais le tour de la pièce. Je repère un objet sur la table que j'identifie comme appartenant à Nishikido. S'il est là je ne sais pas si je vais pouvoir poser mes questions franchement. J'entends du bruit. Je retourne m'asseoir.
« Désolé de t'avoir fait attendre ! Je mettais les ramens à chauffer... Je suis vraiment désolé pour le comportement de Ryochon !
Hoy ! Je t'entends ! » Je vois une tête qui passe dans l'embrasure de la porte de la cuisine. « Yo !
Tu m'as dit au téléphone que tu avais quelque chose à me demander non ?
Euh... c'est à dire que...
Non mais t'inquiète pas, fais comme si j'étais pas là ! J'écoute pas de toute façon !
Ne t'occupe pas de cet idiot ! » Il me fixe. Il attend que je parle. Je n'ai pas vraiment le choix.
« Dans l'hypothèse où... euh... où j'aurai éventuellement des sentiments qui vont au delà de l'amitié fusionnelle pour... pour...
Shige ! Vas y ! on va pas y passer la nuit non plus !
Hoy ! Je croyais que tu écoutais pas Chou ? Et tu devais pas passer un coup de téléphone d'ailleurs ? Discrètement bien sûr !
Hai ! J'ai compris...
J'aurais pas du venir je suis désolé ! Je vais vous laisser je crois...
Non ! Si tu as fait tout ce chemin c'est que tu attends des réponses non ?
...
Alors qu'est ce que tu veux savoir ?
Euh bah... » Je m'assure que Nishikido est occupé et qu'il n'entend pas ce que l'on dit. Je reprends en chuchotant. « Euh... Comment ça se passe ?
... Euh... Tu parles de quoi au juste...
Mais si tu sais... pour... pour...
Ah bah non là je vois pas...
Je veux dire après qu'on accepte les sentiments que l'on a... Il faut... Enfin...
Ah ! Fallait le dire plutôt, tu veux dire SEXUELLEMENT parlant !
Pas si fort ! » Un éclat de rire arrive jusqu'à nous, je ne sais plus ou me mettre...
« Bah ça dépend de quel coté tu te places. Te connaissant... Vaut mieux que tu demandes tout ça à Tesshi ! » Je remarque qu'en venant à nous Nishikido est toujours au téléphone. Ce qui signifie que... son interlocuteur a tout entendu ! Non pas possible !
« Euh Ryo-chan tu es avec qui au téléphone ?
... Hein ? Ah avec Shige... » Oh mon dieu ! Non ! Pourquoi ? Qu'est ce qu'il va s'imaginer ? « Mochi mochi ? Ah non désolé c'était Yamashita !
Chou ! Arrête avec tes blagues c'est pas drôle !
Gomen gomen ! Bon j'y retourne !
Désolé Keii-chan ! Ça va aller ? Tu es tout pâle !
Je... Je...
En fait ça se passe normalement... »
-l-
Mon téléphone sonne. Je décroche. C'est Ryochon ! J'écoute attentivement ce qu'il me dit. Il chuchote. Shige face à moi me fixe. Je lance un regard à Massu pour qu'il fasse diversion mais il ne comprend pas de toute évidence ce que j'attends de lui. Il me fixe aussi. Je ne peux pas écouter ce que Ryo a à me dire si ils écoutent tous les deux. Pourquoi es tu autant tête en l'air Massu ?
« Désolé c'est un appel privé vous pourriez faire semblant de parler entre vous s'il vous plaît !
Ah gomen ! » Au moins cette fois je suis sûr qu'il a compris quoi que... Je reporte mon attention sur mon interlocuteur. Je me lève et m'éloigne du salon.
« Gomen, tu peux répéter doucement... Si j'ai bien compris on passe en phase 2 de notre plan ? Alors il a enfin accepté... Il aura mis le temps quand même... Donc on fait comme on a dit... » J'éclate de rire. Ce que je viens d'entendre est tout simplement tordant. Ryo a le dont de mettre les gens mal à l'aise. J'aurais vraiment aimé voir la tête de Koyama au moment où il lui a dit qu'il le voyait comme Tesshi ! « Hai ! Tu es incorrigible ! Pourquoi tu lui a dit ça il va être encore plus mal qu'avant...
J'ai pas pu résister ! Et puis il squatte tout le temps avec nous alors je peux bien l'embêter un peu ne... Comment va Shige ?
Franchement j'ai vu mieux, il n'a même trouvé ça louche que Massu se ramène chez lui avec des bières en même temps que moi... Mais avec ce que tu viens de me dire il va pouvoir reprendre vie... On se tient au courant ... »
Je raccroche et rejoins les autres au salon. J'ai l'impression que Masuda fait un monologue. Ils me fixent tout les deux. Ils ont du m'entendre rire. Est ce que je dois me justifier ? Non, le plus important c'est de faire comprendre à Shige ce qui se passe dans la tête de Koyama. Ça devrait pas être difficile... enfin j'espère. Je me rassois avec eux. Je vais attendre que l'on ai entamé les bières et mangé les pizzas avant de commencer la seconde phase du plan. Je fais un petit geste à Massu pour lui faire comprendre la situation. Aucune réaction. Pas étonnant venant de lui. « Ahhh » il vient de comprendre, il me regarde avec un grand sourire. J'aime sa discrétion...
Trois bières après, je pense que c'est le moment !
« Je ne voudrais pas remuer le couteau dans la plaie mais faudrait peut être qu'on parle non ?
Hai !
Non mais Massu c'est pas pour toi que je dis ça! On s'en fout de ta vie secrète !
Ah gomen ne !
...
C'est pas comme si tu avais le choix de toute façon... »
J'espère que Masuda se souvient de ce qu'il doit dire sinon on va pas s'en sortir. Je le regarde fixement une fois de plus. C'est toujours incertain avec lui, on peut jamais prévoir quelque chose. Il me sourit bêtement.
« Mais en fait, Shige, tu pourrais m'expliquer ce qu'il s'est passé exactement. Bon, parce que je n'étais pas là. Du coup, je suis pas vraiment au courant de ce qu'il y a eu après le concert... »
J'hallucine. Il a pas oublié. C'est marrant il y a des trucs comme ça dont il se rappelle parfaitement.
« Demande à Yamashita ! Il était là !
Bah, c'est assez simple. Shige a essayé de violer Koyama dans un coin . Ce qu'il n'a pas du apprécier parce qu'il est parti en courant! »
Il réagit enfin. Je le vois se lever précipitamment du canapé et se poster face à moi.
« Si c'est pour dire des conneries pareilles tu peux dégager ! Si c'est pour te foutre de ma gueule... ! Arrête de rire toi ! Tu peux dégager toi aussi !
C'est dingue ce que certaine personnes peuvent avoir l'alcool mauvais !
Shige tu peux te calmer s'il te plaît tu me fais peur là !
Raison de plus, j'ai rien demandé ! Laissez moi tranquille ! » Je vois Massu qui se tourne vers moi et échappe un « Tu y as peut être été un peu fort là non ? » J'éclate de rire. Je me lève à mon tour. Je saisis Shige par les épaules et le force à me regarder.
« Si tu ne veux pas que les gens racontent n'importe quoi c'est à toi de dire les choses telles qu'elles se sont réellement déroulées !
... Mais... » Je vois que son regard se tourne vers Massu. Sa présence le gêne. Il faut que je trouve les mots.
« Tout ce qu'on veut c'est t'aider ! Je suis pas venu pour te juger ni quoique se soit d'autre. Même si en ce moment, je ne suis pas très présent, je m'inquiète pour toi... »
-l-
Les derniers mots de Massu me touchent.
« Je suis désolé si je t'ai inquiété mais ce n'est plus la peine, j'en ai déjà parlé avec Yamashita, je vais quitter le groupe.
Tu y as bien réfléchi ? Tu es sûr de toi ? C'est vraiment ce que tu veux ?
Oui c'est tout réfléchi !
Tu sais que tu ne le verra plus ?
Oui je sais !
Que... Il ne sera plus la première personne que tu verras le matin...
Oui...
Que... Que vos délires n'existeront plus... sans compter le KoyaShige...
... »
Je ne peux pas retenir mes larmes plus longtemps. Je baisse la tête et retourne m'asseoir. J'entends ce qu'ils se disent.
« C'est pas toi qui y as été un peu fort cette fois ?
Gomen ne ! J'ai pas voulu aller jusque là ! » Je ne suis plus à même de réfléchir. Ma bouche s'ouvre.
« Quand Yamashita nous a enfermé tout les deux, je lui ai balancé ce que je ressentais sur le moment ! Et...
Et... ?
Je... Je l'ai embrassé par erreur...
Mais comment tu peux embrasser quelqu'un par erreur ?
Bah vu qu'il s'est enfui quand tu as ouvert la porte j'en déduis que c'était une terrible erreur...
Mais c'était une erreur agréable ? Ou c'était vraiment une grosse erreur ?
Bah... euh...
Non mais ce que veut dire Massu c'est... Euh... Mais en fait quand tu l'as embrassé ça a été long non ? Parce que entre le moment où tu as arrêté de crier et le moment où j'ai ouvert y a eu quand même... au moins... 2 minutes qui se sont passées !
Je... On n'a pas... Enfin j'ai pas fait attention...
Attend attend ! Tu as entendu comme moi Yamashita ? Le « on » ?
Hai ! Ah ! Mais oui ! C'est vrai ! Pour embrasser faut être deux non ?
Je... Je... Il a... répondu ?
C'était toi dans le placard. C'est toi qui doit savoir ce qui s'est passé non ?
En fait... de ce moment je me souviens surtout de l'instant où il s'est enfui...
Tu veux que je te dise ce que j'ai vu en ouvrant la porte ?
Il... m'a... embrassé aussi ?
Enfin !
Vous êtes sûr ?
Souviens toi de votre échange ! C'est quelque chose que tu désirais depuis longtemps... essaye de te souvenir de tout... »
Ses lèvres étaient chaudes. Mon cœur battait aussi vite qu'il le pouvait. Nos corps étaient collés. Ses mains... ses mains s'agrippaient à moi ? Et... et il a... répondu... à... mon baiser !
...
Dix heure du matin pour une répétition qui commence à midi c'est un peu abusé. Pourtant je me souviens bien de ce qui s'est passé. Au moment où je les ai raccompagné jusqu'à la porte, je me souviens de la tête de Massu quand Yamashita nous a annoncé le rendez vous à dix heures. C'était trop drôle. Il avait l'air outré. J'avoue, j'aurai bien voulu dormir un peu plus. J'ouvre la porte de la loge. Je suis le premier en plus. C'est pas possible. En même temps, je préfère, ça me laisse le temps de me préparer à la confrontation. J'ai une boule au ventre rien que d'y penser. Je m'assois sur le canapé, respire profondément. « Bon aller ! Je vais me changer avant que les autres arrivent. Aller je me motive, un peu de courage... C'est pas un drame non plus. Avec ce qu'ils t'ont dit aucune raison d'avoir peur... »
-l-
J'espère que je suis le dernier à arriver comme ça ils seront tous déjà changé. Même si c'est juste retarder un peu plus le moment fatidique. Qu'est ce que je vais lui dire ? J'y ai réfléchi mais j'ai oublié. Je pose ma main sur la poignée de la porte de la loge. Aucun bruit. Je tremble un peu. J'ouvre la porte. La scène devant mes yeux est... indescriptible. Il est... Il est de dos. Il défait les boutons de sa chemise. Il la fait glisser sur ses bras. Il continue en retirant son débardeur. J'ai chaud. J'ai très chaud. J'ai l'impression que c'est la première fois que je le vois. Son dos nu est... m'empêche de respirer. Il passe sa main dans ses cheveux. Faut pas que je pense à ça. Son jean est vraiment taille basse. Son caleçon redessine parfaitement les courbes de ses hanches. Ah non c'est pas possible ! Il commence à descendre ses mains pour défaire le bouton de son pantalon. Je suis pas sûr de pouvoir le supporter. J'essaye de respirer, j'ouvre grand la bouche dans le plus grand désespoir qui puisse exister. Ça y ait, c'est ouvert. Non ! Je vois de plus en plus son postérieur... « Stop ! Pas le pantalon ! »
-l-
Je me retourne surpris de ce cri sorti de nulle part. Je me retrouve nez à nez avec Koya. Il est là dans l'embrasure de la porte. Ah ! Non pas maintenant je suis pas prêt ! Et pas dans cette tenue.
« He ?
Oh ! Eh ! Takaki ! Moins de bruit je m'entend plus fa... penser ! Ah ces jeunes ! »
Il me prend pour un baka je sais très bien qu'il n'y a que nous aujourd'hui aux répétitions. En plus il est rouge. Il n'ose même pas me regarder. C'est trop adorable. De nous deux c'est lui le plus âgé mais il est comme un gamin en ce moment. Kawaii ! Il rentre dans la pièce et ferme la porte derrière lui. Qu'est ce que je suis supposé faire ? Je peux continuer de me changer ? Non peut être pas. Je le suis du regard pendant que lui s'applique à ne pas croiser le mien. Il s'assoie dos à moi sur un des canapés. Je le vois quand même dans les miroirs qui nous font face. Il est trop adorable. Il jette des coups d'œil discret, genre je le vois pas. Pire qu'un gamin.
« Non mais Keii-chan tu crois que je te vois pas?
Ah ? ... En parlant de voyeurisme ils sont où les autres ?
Bah je sais pas... Je les appelle ou tu le fais parce qu'il est bientôt 10h30 quand même !
Je m'en occupe... ça répond nulle part !
Rrrrhh Yamashita tu me le paiera !
Eh ? Nani ?
Non rien désolé je réfléchissais à voix haute !
En parlant de réfléchir... Je suis désolé pour...
Pour...
... Ce que je t'ai fait subir ces derniers temps...
Ah ça !...
Oui... J'étais un peu perdu avec tout ce qui s'est passé...
Quand tu dis tout ce qui s'est passé, tu parles de notre dispute à Osaka ?
Pas seulement...
Comment ça ?
Comment dire... alors... euh... quand... j'étais malade. Il se pourrait que j'ai eu des brefs moments où j'étais conscient...
Comme quand ? »
Non pas ça ! J'espère qu'on parle pas de la même chose sinon...
« Tes gestes... à mon égard... Remettre une de mes mèches de cheveux... Dans l'ascenseur quand j'étais mal... Mais il n'y a pas seulement ce que tu as fait c'est aussi... ce que j'ai pu ressentir dans ces moments là... vis à vis de toi... Tu es mon meilleur ami depuis des années et là ce qui se passait c'était pas vraiment de l'amitié... C'était un peu indescriptible... J'ai toujours cru que c'était une amitié fusionnelle entre nous mais quand j'ai réalisé ce que ça pouvait être... J'ai eu peur... Je pense que le moment qui a tout déclenché c'est quand... tu m'as porté dans le lit parce que j'avais cogné Massu... Je me suis senti...
Koyama ?
Tellement bien... ça m'a perturbé un peu mais moins que... notre dispute dans le... placard... Du coup il fallait que j'en parle avec quelqu'un... et je me suis dit... que
Keii-chan ?
La personne la mieux placée c'était Tesshi...
Oh... Les cons !
Eh ?
Euh... Comment dire il semblerait que la communication au sein du groupe soit presque parfaite...
Eh ?
Non c'est pas grave je réfléchissais encore à voix haute... »
-l-
Il a rien écouté de ce que je viens de lui dire. Je viens seulement de réussir à lui exprimer ce que je ressentais. Et lui pendant ce temps il ose réfléchir à la communication dans le groupe ! Je le fixe. Je suis furieux, frustré, ou peut être déçu, peut être même les trois à la fois. Non ! Il a pas le droit de me faire ça. Il faut que je sorte !
« Non tu restes là !
Eh ?
J'ai écouté ce que tu m'as dit... »
Comment il a su ? Comment il a fait pour savoir ce que je pensais ? Ses mains. Il a posé ses mains sur mes épaules pour m'empêcher de me lever. Il les laisse. J'ai comme une bouffée de chaleur.
« Hoy ! Là c'est toi qui m'écoute pas !
Ah gomen ! Tu disais ? » Il reste.
« Rien je rigolais de toi ! »
Il était obligé de se pencher comme ça et de me le murmurer à l'oreille ? Avec son souffle dans mon cou, ses mains qui s'appuient encore plus sur mes épaules... Comment on fait pour respirer ? ... Il s'amuse avec moi !
« Shige ? Tu t'amuses bien ?
Oui tes réactions sont au delà de mes espérances...
Ravi que ça te plaise ! »
Je sens qu'il se redresse. Il retire ses mains de mes épaules pour les poser sur le canapé. Je me retourne, me met à genoux toujours sur le canapé pour être à sa hauteur.
Note : Audi-chan : Merci pour la review ! On a pourtant laissé des indices (bon, des faux aussi, mais c'est pour faire durer le suspens ^^). On espère que ce chapitre t'as plu autant que les autres !
