Les vacances passèrent lentement, j'étais si impatient d'aller à Beauxbâtons que chaque jour me semblait durer une éternité. Malgré ma correspondance assez fréquente avec Athéna et Claire que je voyais presque chaque jour, je ne pouvais me retenir d'éprouver un petit pincement au cœur à l'idée que, bien que je sois un sorcier, je ne pouvais rien faire de plus extraordinaire que de nettoyer la cage de ma chouette.

Minerve était très drôle, son jeu préféré était de se cacher quelque part dans la maison et d'attendre que je la retrouve pour s'envoler et me fouetter le visage avec ses minuscules ailes. Cela me chatouillait et je riais alors qu'elle partait trouver une nouvelle cachette à tire d'aile. Elle se nourrissait seule, sortant à l'aube et au crépuscule pour chasser. J'avais pris l'habitude de laisser ma fenêtre ouverte la nuit pour éviter d'avoir à me réveiller à des heures indues. Ainsi, je n'avais presque rien à faire pour m'occuper d'elle à part nettoyer sa cage une fois par semaine. Elle aimait également se percher en haut des meubles, notamment la bibliothèque du premier étage d'où elle voyait tout l'étage y compris la porte de ma chambre. Elle pouvait rester stationnée sur son perchoir pendant plusieurs heures ne bougeant que la tête pour observer son territoire. Et j'eus la surprise de découvrir qu'elle raffolait des insectes, gobant les insectes volants attirés par ma lumière la nuit.

Les pires jours furent ceux de Septembre. En effet, la rentrée étant fixée le dix-sept Septembre, Athéna et son père ne viendraient me chercher que ce jour-ci vers neuf heures. Ce qui signifiait qu'à partir du premier Septembre, j'étais tout seul chez moi, puisque Georges et Amina étaient rentrés sur le Havre et que ma mère et ma sœur allaient à présent au collège. Même Claire, qui était entrée en sixième, ne put venir que le week-end. D'ailleurs, elle trouvait très bizarre que la rentrée soit aussi décalée par rapport à celle du collège. Je tournais comme un lion en cage, même jouer avec Minerve ne m'amusait pas tellement.

Enfin, le dix-sept Septembre, je pus mettre mon réveil à sept heures comme ma sœur. J'avais fait ma valise la veille et je passais ma dernière matinée chez moi en comptant les minutes qui me séparaient de l'heure fatidique. J'attendais en tournant en rond, angoissant à l'idée qu'Athéna m'oublie ou que son père refuse à la dernière minute de venir me chercher. Enfin, à neuf heures, j'entendis un craquement retentir dans l'entrée. Je me retournais et vit M de Blancbaston qui me souriait et m'avançais vers lui pour lui serrer la main.

« Je m'excuse de transplaner directement chez toi, mais je ne pouvais pas le faire sur le perron puisque les voisins auraient pu me voir apparaître.

-Ne vous inquiétez pas, messire, c'est normal. Athéna n'est pas là ?

-Elle est déjà devant l'entrée du tunnel. Je préfère transplaner avec une seule personne à la fois au bras. Ta malle est prête ?

-Oui, messire. Elle est là.

-Bien. Attends, je m'en charge. Locomotor Barda. Voilà.

-Merci Messire.

-Ce n'est rien. Prends mon bras, voilà. Serre-moi bien. Tu es prêt ? Allons-y. »

Je fus alors plongé dans les ténèbres, je ne voyais plus rien. En outre, j'avais la désagréable sensation de passer dans un tuyau de caoutchouc trop étroit. J'étais serré de partout et cependant, je sentais que je serrais encore le bras de M de Blancbaston et je savais qu'il ne pouvait rien m'arriver. Ou du moins, je le pensais très fort afin de ne pas paniquer. Au bout d'une seconde, la sensation disparut et je m'aperçût que le décor avait changé. Décidément, je n'appréciais pas les transports sorciers.

A la place de mon entrée, je me trouvais à présent dans une salle richement décorée où se tenaient un vieil homme au front dégarni et une jeune fille que je reconnût aussitôt.

« Athéna ! Je suis si heureux de te revoir !

-Moi aussi Laurent je suis contente de te revoir. Prêt pour le grand jour ?

-Ça fait des semaines que je l'attend. »

Le vieil homme nous interrompit alors pour nous demander où nous comptions nous rendre. Athéna répondit que nous voulions aller au bateau pour Beauxbâtons. L'homme demanda alors deux heaumes chacun, je réglais rapidement tandis que M de Blancbaston faisait de même pour sa fille. Puis le vieil homme nous conduisit jusqu'à une porte qu'il ouvrit pour nous en nous disant « Bon voyage. » Je me demandais ce qu'il voulait dire par là.

Nous marchâmes une vingtaine de mètres dans un tunnel sec et bien éclairé avant d'arriver devant une nouvelle porte que j'ouvris. Nous émergeâmes alors dans une salle identique à la première à l'exception de l'homme qui était devenu grand et brun. Je demandais alors à Athéna

« Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

-Ah oui, tu n'as jamais pris de tunnel ! Nous sommes à Marseille, dit-elle en riant.

-A Marseille ? Tu es sérieuse ?

-Oui, très sérieuse. C'est là tout l'intérêt du Tunnel de Transportation, tu peux aller à l'autre bout de la France en moins d'une minute. Allez, viens, il faut sortir de la salle de Transportation avant qu'il y ait de nouveaux arrivants. »

Je la suivis machinalement en me demandant combien de surprises de ce genre allaient encore m'arriver. Je chassais vite cette pensée de ma tête, il me restait beaucoup à découvrir et je ne voulais surtout pas gâcher les moments que je passerais à Beauxbâtons par des interrogations inutiles. Je bavardais donc gaiement avec Athéna, heureux de la retrouver après tout ce temps.

Lorsque nous sortîmes de la salle, un autre sorcier était là pour nous accueillir. Il était de taille moyenne, ses longs cheveux blonds étaient réunis en catogan et il avait de beaux yeux noirs. Sa peau était pâle comme s'il n'était pas allé souvent au soleil. Il nous sourit et nous fit signe de le suivre, nous précédant dans un grand couloir qui menait à un embarcadère où un énorme bateau était arrimé. Le bateau était d'une couleur bleu pastel et arborait le même écusson sur son drapeau que ma lettre, deux baguettes d'or croisées surmontées de six étincelles d'argent. On voyait inscrit sur une plaque à l'avant « Le St Renaud »

L'homme nous laissa monter dans le bateau avant d'aller chercher de nouveaux élèves. Nous fûmes alors pris en charge par un vieil homme à la peau burinée par les éléments. Cependant, il était tout de même d'une stature imposante et avait l'air sévère. Il nous dit de nous installer dans les cabines le temps que le bateau parte avant de charger nos malles dans la soute à l'aide de sa baguette.

Je suivis Athéna en bavardant avec elle puis je me souvins d'un détail :

« Tu n'as pas dit que tu avais un demi-frère de dix-sept ans ?

-Si, mais il ne va plus à Beauxbâtons. Il a arrêté après son Brevet et a été engagé comme apprenti par un Apothicaire. Mon père était furieux, c'est la seule fois où je l'ai vu vraiment en colère. Car il aurait voulu que son fils fasse de longues études pour devenir Échevin ou un autre métier respectable. Tu comprends, Apothicaire n'est pas vraiment un métier respectable, du moins pour une famille noble, c'est juste un commerçant.

-Je vois ce que tu veux dire. Je ne savais pas qu'on pouvait abandonner les études comme ça.

-Eh bien si, il suffit d'avoir le Brevet pour avoir le droit d'utiliser la magie à l'âge de dix-huit ans, la majorité chez nous.

-Ah oui, les Moldus ont un peu la même chose, même s'il n'y a rien d'aussi important que la magie chez nous. Donc, dis-je en changeant de sujet, là, on est dans le bateau qui va nous amener à Beauxbâtons ?

-C'est exact. Viens, on va essayer de chercher une cabine libre. Le bateau doit partir à neuf heures et demie et il est neuf heures vingt, donc il doit y avoir beaucoup de monde.

-Oui, c'est sûr. »

Nous recherchâmes ainsi une cabine libre. La plupart étaient pleines à craquer, mais nous finîmes par en trouver une où il n'y avait qu'un seul élève. Nous toquâmes à la porte et il nous fit signe d'entrer.

« Bonjour, commença Athéna, je suis Athéna de Blancbaston et voici Laurent Eliham, un ami. Est-ce qu'on peut s'asseoir ?

-Bien sûr. Je suis Louis Sèvres, enchanté.

-Tu viens d'où ? demandais-je.

-Rennes, en Bretagne. Et vous ?

-Nous sommes tous deux de Normandie, répondit Athéna, mais Georges habite à Bernay alors que je suis de Caen. Mon père est Bailli et ma mère Médicomage et toi ?

-Je suis de double-lignage, ma mère est une sorcière et mon père un Moldu. Elle est journaliste sportive. Vous avez peut-être lu certains de ses articles dans le Souaffle ou dans la rubrique sportive de la Dépêche du Mage.

-Ah oui, Catherine Sèvres, c'est ça, dit Athéna, mon père trouve qu'elle écrit très bien et qu'elle a une bonne vision du monde sportif d'aujourd'hui. Personnellement, je trouve surtout que ses comptes-rendus de match sont très intéressants et permettent de revivre les grands moments des rencontres.

-Merci, dit-il, et toi, Laurent, qu'est-ce qu'ils font tes parents ?

-Oh, ma mère est directrice de collège et mon père est médecin.

-Tu veux dire Médicomage ?

-Non, médecin, je suis issu de Moldu.

-Quoi ? Tu es issu de la boue ? Tu n'es pas vraiment un sorcier, en fait, dit-il en riant. »

Je ne comprenais pas ce qu'il voulait dire, que signifiait « issu de la boue ». Je me tournais vers Athéna en quête d'explications mais je vis qu'elle semblait énervée. Elle qui était d'ordinaire souriante et d'humeur joyeuse, elle avait à présent les lèvres pincées et ses yeux lançaient des éclairs. Cependant, Louis ne semblait pas l'avoir remarqué et me demanda de quitter la cabine car il ne voulait pas la partager avec quelqu'un comme moi. Je compris que c'était les mots de trop pour la jeune fille.

« Tais-toi, Louis Sèvres ! Tu n'es qu'un idiot si tu juges les gens sur leur sang ! Maintenant, sors d'ici avant que je fasse quelque chose que je pourrais regretter.

-Et tu vas faire quoi ? Me frapper ? Allons, tu n'es qu'une fille.

-Je ne suis peut-être qu'une fille, mais je sais lancer quelques sorts, tu veux essayer ? »

Louis regarda un instant la baguette pointée sur lui, puis le visage furieux d'Athéna. Il sembla comprendre qu'il était allé trop loin et prit aussitôt ses affaires pour chercher une autre cabine. Lorsqu'il eût précipitamment claqué la porte, j'éclatais de rire, vite rejoint par mon amie. Lorsque nous fûmes calmés, je demandais :

« Mais, que signifie issu de la boue ? Et pourquoi t'es tu fâchée ?

-Eh bien, en fait, on a trois grandes catégories de sorciers, que l'on classe en fonction de leur ascendance. Ainsi, les sorciers qui, comme toi, sont nés de parents Moldus, sont dits issus de Moldus. Ceux qui ont au moins un ancêtre Moldu sont dits à double-lignage ou de double-lignée, on fait ainsi référence au fait qu'il y a une lignée sorcière et une lignée Moldue dans leur arbre généalogique. Enfin, les sorciers n'ayant que des ancêtres sorciers sont dits de pur lignage. Cependant, cela est purement théorique puisque tous les sorciers ont un peu de sang Moldu, même les plus vieilles familles.

» Néanmoins, certaines familles se disent de pur lignage. Et certaines d'entre elles haïssent les Moldus et considèrent que les sorciers issus de Moldus ne peuvent pas être de vrais sorciers. Elles ont donc forgé ce terme d'issu de la boue pour les insulter. C'est une insulte très grave, c'est pour ça que je me suis énervée, il n'avait pas à te dire ça. »

Je hochais la tête, soudain grave. Je me rendais compte que certains allaient me juger avant même de me connaître, me haïr pour la simple raison que je n'étais pas issu du même milieu qu'eux, que je n'avais pas de parents sorciers. Et en même temps, je sentais une horrible pensée m'étreindre, et si Louis avait raison et que je n'étais vraiment pas un vrai sorcier ? Puis, je vis Athéna ma sourire, et je repensais à la fierté que j'avais eu quand j'avais obtenu ma baguette « très particulière » et je me dis que j'étais idiot de penser ça. J'embrayais sur un autre sujet afin de me changer les idées.

« Au fait, comment je fais pour envoyer des lettres aux Moldus ?

-Ben, tu utilises Minerve. Je sais que ce serait son premier voyage, mais ne t'inquiète pas, les hiboux sorciers sont spécialement élevés et sélectionnés pour ça.

-Non, ce n'est pas ce que je voulais dire. En fait, j'ai une amie à Bernay à qui je voudrais écrire.

-Et alors ? Ah oui, bien sûr, tu ne peux pas lui envoyer Minerve, dit-elle en riant, j'avais oublié que les Moldus n'utilisaient pas ça. Dans ce cas, c'est très simple, tu envoies Minerve comme pour tes parents, sauf que tu ajoutes via Poste Moldue sur l'adresse, Minerve l'amènera à la Poste du Quartier Sorcier où ils peuvent transformer les lettres sorcières en lettres Moldues et vice-versa. Ainsi, elle recevra tes lettres comme si elles venaient de la poste Moldue.

-D'accord. Et c'est quoi l'adresse ? Parce que Académie de Magie de Beauxbâtons risque de lui donner quelques soupçons...

-Oui, je pense, dit-elle en riant, dans ce cas utilise la fausse adresse de l'Académie. Je m'en rappelle, c'est Académie St Renaud, 17 Rue d'Esterel, Marseille. Mais je ne connais pas le code postal ou je ne sais quoi.

-Merci, je lui dirais. Tu me sauves la vie, et je ne plaisante pas, si je ne lui écris pas, elle va me tuer à Noël. »

Nous éclatâmes de rire et continuâmes à bavarder avec insouciance jusqu'à ce que le bateau arrivasse à quai. Lorsque nous fûmes à quai, on entendit la voix sèche du Capitaine retentir : « Les Premiers banquets descendent d'abord, le directeur vous attends. Allez, on se dépêche. Le reste des Banquets, vous rejoignez le Directeur-adjoint. Enfin, les Chasses, vous allez avec le Gardien des Clefs. »

Je suivis Athéna, me demandant pourquoi nous n'allions pas chercher nos malles. J'allai le demander aux autres, mais je fus séparé d'elle par la cohue de tous les élèves descendant du bateau. Je ne pus la retrouver qu'une fois sur le quai, alors que tout le monde semblait s'être rangé convenablement.

« Ah, tu es là, dis-je. Athéna, pourquoi n'a-t-on pas récupérés nos bagages ?

-Ce sont les Elfes de Maison qui vont s'en occuper je pense. Maintenant, tais-toi, le directeur est là. »

Je hochais la tête et regardais en direction du directeur. C'était un homme assez grand, avec un début de calvitie dans ses cheveux gris. Il semblait vieux, mais encore en bonne santé et il nous souriait aimablement. Il monta sur une caisse pour que tous puissent bien le voir et ouvrit les bras pour réclamer un silence qui se fit aussitôt.

« Bonjour à tous, dit-il d'une voix forte, je suis ravi de vous accueillir dans l'enceinte de notre école aujourd'hui. Comme vous le savez, aujourd'hui, c'est le jour de la St Renaud, notre fondateur. C'est pourquoi la rentrée est aujourd'hui.

» Je vous souhaite donc la bienvenue. A partir d'aujourd'hui, je voudrais que vous considériez cette Académie de Magie comme une seconde maison et que vos camarades et vos enseignants soient comme votre famille. Pour ma part, je sais que je vous apprécie déjà et je vous souhaite de belles et heureuses années d'études dans cette école.

» Pour cela, il vous faudra des enseignants. Vous serez répartis en dix classes, chacune avec un Professeur Principal. Je vais maintenant laisser la parole à mes collègues qui appelleront chacun leur tour leurs classes. Les élèves appelés, rangez vous derrière votre professeur principal et suivez le à la fin de l'appel. Merci et bonne journée. »

Le directeur descendit de la caisse et y fut remplacé par un des dix professeurs qui s'étaient rapprochés pendant qu'il parlait. Un homme monta alors à sa place. Il se présenta comme M de Puy-en-Loire, Professeur Principal des Premiers Banquets A. Il commença l'appel d'une voix monocorde, les élèves appelés se dirigeaient vers lui. Au bout d'une vingtaine, il referma son rouleau de parchemin et descendit de la caisse pour partir vers le bâtiment que l'on voyait au loin.

L'appel se continua ainsi pendant plusieurs minutes. Enfin, pour les Premiers Banquets E, une femme s'avança. Elle avait l'air un peu vieille et me rappelait vaguement quelqu'un bien que je ne l'ait jamais vu. Je sentis alors Athéna me donner un coup de coude et me glisser « C'est ma tante, Honorine de Blancbaston. Elle enseigne la Métamorphose à l'Académie. » Je compris alors que je lui trouvais un vague air de ressemblance avec M de Blancbaston.

Elle commença à faire l'appel et je sursautais à moitié lorsqu'elle appela Athéna. Je pensais qu'elle ne serait pas dans cette classe, puisque sa tante en était professeur principal. Néanmoins, je croisais les doigts pour aller avec elle. Et en effet, quelques instants plus tard, Mme de Blancbaston appela « Eliham, Laurent ». Je souris et alla rejoindre Athéna. Peu après, je grimaçai en entendant que Louis était aussi appelé ici.

Le professeur de Blancbaston nous conduisit jusqu'au bâtiment que j'avais déjà remarqué en passant à travers de somptueux jardins à la française. Elle présenta le bâtiment comme le Palais et nous expliqua qu'il contenait la plupart des services de l'école dont les salles de cours et le réfectoire. Elle nous conduisit ensuite dans une salle de cours où elle distribua les emplois du temps et fit une présentation de ce que nous allions faire cette année. Enfin, elle nous demanda de la suivre pour faire une visite du Palais. Elle nous expliqua que les deux cycles, Chasse et Banquet, étaient nommés en fonction du nom de leurs internats respectifs, les Pavillons de la Chasse et celui des Banquets.

Après que nous ayons visité l'école, le professeur de Blancbaston nous conduisit au réfectoire où un repas nous attendait. Elle nous dit que nous avions un après-midi libre pour découvrir le parc, les chambres et tout le reste de l'école et qu'un grand festin était prévu ce soir pour célébrer le jour de la St Renaud et l'arrivée des élèves. Enfin, les cours commenceraient demain, jeudi 18 septembre selon l'horaire normal de notre emploi du temps. Elle alla ensuite rejoindre la salle des professeurs, nous laissant nous asseoir là où nous le voulions.

J'observais ensuite le réfectoire. Il s'agissait d'une grande salle décorée de grandes bannières aux couleurs de Beauxbâtons. On pouvait y voir plusieurs tables de bois rectangulaires. Elles étaient grandes et bordées de chaque côté par des bancs de bois sur lesquels on pouvait asseoir une vingtaine d'élèves. Il y avait assez de ces tables pour faire manger un bon millier d'étudiants. Dans une salle légèrement séparée, les professeurs pouvaient manger en paix, mais Athéna me dit que le mur était transparent de leur côté afin qu'ils puissent surveiller le réfectoire. En outre, les Maîtres des Leçons patrouillaient entre les tables sous la supervision du Gardien des Clefs.

Athéna me montra une table où il y avait encore quelques places libres. Je l'y suivis. Nous nous installâmes et là, je me demanda comment nous étions censés manger puisque nous n'avions pas de plateaux et qu'il ne semblait pas y avoir de cuisines. C'est alors que je vis le Gardien des Clefs rentrer dans la cantine et annoncer « Midi, premier service ! » avant de partir vers la salle des professeurs.

Je me demandais ce qu'il voulait dire par là lorsque j'eus un hoquet de surprise. En effet, devant moi, sur la table, des dizaines de plats étaient apparus. Je m'interrogeais un instant sur ce miracle avant que la faim ne triomphe et que je ne commence à me servir en salade de tomates. Mais, tout en mangeant, je demandais à Athéna qui semblait au fait de tout ce qui se passait ici.

« Comment ont-ils fait pour servir aussi vite ?

-Je ne sais pas vraiment, mais ils doivent utiliser de la magie.

-Oh, c'est facile, dit un élève de Deuxième Banquet à côté de nous, mon frère m'a dit que des Elfes de Maison travaillent dans les cuisines. Ils préparent les plats et les téléportent par magie sur les tables lorsque le Gardien des Clefs en donne le signal.

-Merci du renseignement, lui dis-je, tu t'appelles comment ?

-Je suis Henri de Lasalle, mais appelez moi Henri, et vous ?

-Athéna de Blancbaston, et tu peux m'appeler Athéna. Voici Laurent Eliham. De Lasalle ? Alors, ton frère doit être Jacques, c'est ça ?

-Oui, et toi tu es la fille de François de Blancbaston. La nièce du professeur de Blancbaston, je suppose ?

-C'est exact. Je vois que tu as bien appris tes leçons, dit-elle en souriant.

-Je puis en dire de même pour toi. Peu de Grandes Familles s'abaissent à apprendre les arbres des de Lasalle.

-Oh, mon père vous apprécie assez et vous n'êtes pas non plus la première famille de parvenus. Mais laissons-là ces civilités, je pense que Laurent s'ennuie. Si tu nous faisais visiter le château après le repas ? Je crois que nous n'avons pas tout retenu de la visite de ma tante. »

Henri sourit et accepta de bon gré. Nous finîmes vite notre déjeuner avant de le suivre hors du Réfectoire. Il nous conduisit d'abord dans les jardins que nous avions traversé en allant dans le Palais. Il nous expliqua que c'était ici que les élèves allaient se délasser lorsqu'il faisait beau et qu'ils n'avaient pas cours. Je regardais et, malgré que la plupart des fleurs soient fanées, je vis que les jardins devaient offrir un merveilleux spectacle en été.

Puis il nous emmena dans le Pavillon des Banquets. C'était là, nous dit-il que nous allions dormir durant toute l'année. Nous aurions le droit à une chambre chacun. Les petits-déjeuners et dîners étaient pris dans la Chambre de Dîner, qui faisait à peu prés la même taille que le Réfectoire. Il nous indiqua ensuite les deux ailes en nous expliquant qu'il y en avait une pour les filles et une pour les garçons. Enfin, il nous dit que le Pavillon était surveillé par les Maîtres des Études, qui avaient leur bureau à côté de la Chambre de Dîner.

Nous sortîmes du Pavillon des Banquets pour nous diriger vers les Installations Sportives incluant un terrain qu'on me décrit comme étant celui de Quidditch, un terrain de Rugby que je fus assez étonné de trouver ici, un Gymnase, une piscine et des courts de tennis. De là, on voyait également le Pavillon de la Chasse, l'internat réservé aux élèves de la Chasse, l'équivalent du lycée pour les Moldus. Nous pouvions également voir que le Domaine formait une presqu'île s'enfonçant dans la Méditerranée. La plupart du temps, ce n'étaient que des rochers, mais il y avait une plage près du Pavillon des Banquets et une autre près des Fermes.

Il nous dirigea ensuite vers les Serres où d'étranges plantes poussaient dans des pots entreposés dans des serres ou plantées dans des potagers entretenus avec soin. Il nous montra également les Fermes qui étaient destinées à loger le personnel de l'Académie, comme les professeurs ou le Directeur Adjoint. Le Directeur étant logé dans les Étuves, situées à proximité du Palais. En remontant vers le Pavillon des Banquets, je vis une Ferme en assez mauvais état.

« Et celle-ci, quelqu'un y vit ?

-Non, il y a plus de Fermes que de membres de l'Académie puisque la plupart des professeurs rentrent chez eux en transplanant ou habitent assez prés pour venir à pied. Du coup, certaines sont peu à peu abandonnées, mon frère me dit que celle-ci n'a pas été utilisée depuis au moins dix ans, bien qu'elle soit la plus près du Pavillon des Banquets. Ce qui fait que les Elfes de Maison, qui sont déjà débordés de travail, la laissent dans cet état.

-Je comprends. Cela fait un peu bizarre quand même, alors que le reste du Domaine est bien entretenu d'avoir des bâtiments aussi délabrés. »

Nous continuâmes notre chemin vers le Pavillon des Banquets. Là, nous nous séparâmes, Henri rejoignant des amis qui l'attendaient à la bibliothèque, tandis qu'Athéna et moi préférions continuer à visiter le domaine. Bien sûr, nous avions tout vu, et même certains endroits plusieurs fois. Mais il faisait trop beau pour rester enfermés dans un bâtiment, d'autant que cela ne durerait peut être pas très longtemps, bien que nous étions au Sud de la France, l'automne s'approchait à grands pas.

C'est Athéna qui suggéra d'aller se baigner. J'approuvais cette idée et nous nous séparâmes pour aller nous changer. Ne sachant pas où était ma chambre, je demandais à un Maître des Études qui m'orienta vers une chambre du deuxième étage. J'y allais et la découvris avec joie, elle était joliment meublée et surtout bénéficiait d'une magnifique vue sur la mer bleue et la plage. Je me changeais rapidement, bénissant au passage la présence d'esprit qui m'avait fait mettre un maillot de bain dans ma malle, et courus rejoindre Athéna qui m'attendait en bas. Elle portait un maillot une pièce d'une belle couleur blanche orné de sirènes dorées qui me faisaient des signes de la main ou nageaient doucement.

Elle rit en me voyant regarder avec effarement les sirènes, puis nous allâmes nous baigner. Nous fîmes la course jusqu'à la plage dite de Moby Dick, qui était juste en face de notre Pavillon, et je fus battue à pleine couture par les fines jambes de la jeune fille. Nous passâmes ainsi tout notre après-midi à nager ou barboter dans les vagues si bleues. Nous vîmes beaucoup d'autres résidents des Banquets nous rejoindre ou nager un peu plus loin et je devinais que la Plage des sirènes, la plage située à l'autre bout de la presqu'île, près des Fermes devait être pleine d'élèves de la Chasse.

A la fin de la journée, alors que le ciel commençait à s'assombrir, nous rentrâmes prendre le dîner, après nous être changés et séchés. Comme c'était la St Renaud, nous fûmes conviés à aller dans la Salle à Manger pour participer au Banquet de Bienvenue. Ce fut fabuleux, il y avait tant à manger que l'on ne pouvait pas goûter à tout sans exploser et, bien que je sois affamé après avoir nagé toute l'après-midi, je pus manger autant que je le voulais sans même avoir l'impression que les plats avaient diminués.

Le directeur fit un nouveau discours, depuis la table des professeurs qui avait été installée sur une estrade pour l'occasion, mais je ne l'entendis pas vraiment, il commençait à se faire tard et j'étais fatigué par la nage. En outre, avoir le ventre plein invite toujours à faire un somme et je dus donc me faire violence pour ne pas m'endormir à table. Après que le directeur nous en ait donné la permission, nous allâmes nous coucher.