Bonjour! Et oui un nouveau chapitre! Déjà! Je fais au plus vite pour terminer cette fic car j'ai (enfin) trouvé l'inspiration et terminé la trame de la suite de "Luxure et Prudence"...
Bonne lecture
LA VRAIE JULIETTE
Chapitre 5
Marie Alice et Jasper décidèrent de se perdre dans le grand nord canadien, moins propice aux tentations pour le nomade, emmenant la princesse avec eux. Isabella fit réellement connaissance avec Jasper deux mois après leur première rencontre. Être aussi proche d'un couple de vampires amoureux n'était pas de tout repos mais son bouclier était très utile pour permettre à Jasper de ne pas craquer. Elle ne l'admit jamais mais elle était aussi rassurée de ne pas être seule quand bien même elle passait le plus clair de son temps isolée.
Jasper avait accepté le nouveau régime préconisé par Marie Alice, elle lui assura qu'à long terme il pourrait dominer sa soif et ne pas la ressentir même en présence d'humains. Elle partagea avec eux les visions qu'elle avait eu du clan Cullen, inspirant beaucoup d'espoir et la certitude que ce chemin était le bon.
Isabella partagea l'excitation de la chasse avec Jasper qui ne manquait jamais de vouloir tricher en voulant influencer ses émotions à elle. En échange, elle l'emprisonnait sous son bouclier, parfois à quelques centimètres de sa proie. Une fois la chasse terminée, Jasper n'avait d'yeux que pour Marie Alice, enfin Alice comme il aimait à l'appeler.
Isabella mit à profit cette solitude dans l'immensité du Canada. Ils avaient choisi de rester dans la province de Saskatchewan, dans l'ouest du pays, qui était constellée de milliers de lacs. Au nord, les forêts et le climat avaient découragé les pionniers et offraient un riche terrain de chasse pour les trois vampires. Ils pouvaient agir en plein jour sans craindre d'être vus, s'amuser de leur force et de leurs capacités sans plus aucune contrainte.
Marie Alice avait laissé derrière elle sa vie de charade, Jasper n'avait jamais rien emporté. Aucun d'eux n'avait d'argent, de vêtements de rechange, rien de matériel. D'ailleurs, quand ils étaient séparés, tous étaient souvent nus. Le couple avait un appétit sexuel difficile à combler quant à Isabella, elle aimait nager dans les lacs, courir entre les arbres, marcher sur la roche en sentant le vent, l'eau, le soleil sur son corps.
La princesse Volturi observa la nature au fil des saisons avec fascination. Les excursions au delà des murs de Volterra avaient été si peu nombreuses qu'elle avait failli oublier la sensation des rayons du soleil sur sa peau. Elle se nourrissait plus souvent qu'à l'époque de son régime à base de sang humain. Elle avait à cœur de préserver les troupeaux de bisons et de wapitis et choisissait souvent des proies plus petites.
Deux années passèrent rapidement pour les explorateurs, deux années sans peur, sans beaucoup de tentation, sans restrictions. Alice et Jasper parvinrent peu à peu à passer quelques heures sans s'adonner à leur passion et à ces occasions, se sentant coupables de laisser seule Isabella, ils la retrouvaient et chacun évoquait sa vie passée.
Jasper raconta ses décennies dans le clan de Maria, la cruauté des guerres de territoire et les émotions intenses. Sa peau était marquée en de nombreux endroits de cicatrices de morsures, preuves des combats incessants dans le sud du continent nord-américain. Il n'avait rien vécu à part cette vie puis un couple de vampires l'avait fait douter de sa relation avec Maria et surtout de l'utilité de ces luttes incessantes. Depuis une dizaines d'années, il errait seul, loin du sud et des clans guerriers.
Alice raconta son errance dans l'attente de son grand amour et ses compagnons rigolèrent souvent de ses pérégrinations. Elle avait vécu dans chaque état des États-Unis, avait exploré la frontière avec le Canada et celle avec le Mexique brièvement. Tout le temps où Jasper résidait avec son ancien clan, Alice n'avait pu avoir de vision claire de lu,i ni d'indication sur l'endroit où il se trouvait. La traque, narra-t-elle, avait commencé au moment où son âme sœur avait décidé d'explorer le nord.
Isabella, bien qu'ayant vécu des siècles comme emmurée, eut beaucoup à partager. Elle leur parla de la vie de pachas des Volturis, des querelles, des alliances, des procès, des expéditions punitives et des rares journées où il ne se passait rien. Passionnée par rien mais ne voulant pas mourir d'ennui, la princesse avait lu chaque livre intéressant, appris les cartes du monde, les langues et les coutumes humaines.
« Tu es Juliette ? » la questionna Jasper un matin en la rejoignant avec Alice.
Isabella rabroua son amie, elle ne pensait pas que la légende découlant de sa triste vie d'humaine fut importante.
« Et tu n'as jamais aimé Roméo. » compléta-t-il après l'aveu de la vampire.
« Non. »
« Pourquoi tu n'as pas voulu rétablir la vérité ? Et pourquoi avoir menti dès le début ? À cette époque, dans ce contexte, tes parents auraient peut-être préféré le deuil au déshonneur. »
« Pas mes parents. Et quant à la légende, je n'ai rien su avant de tomber un jour sur un manuscrit de la pièce de Shakespeare. J'ai eu de l'aide pour enquêter, Aro en personne, et Marcus m'a dit tout ce qu'il savait aussi. L'auteur du premier poème sur Roméo et Juliette était le petit-fils de mon frère. Je n'ai pas de raison de douter. Ceci dit je ne sens aucun point commun avec Juliette. »
« C'est le moins que l'on puisse dire. » commenta le vampire.
« Et elle attend son Roméo ! Quel dommage que le don de Demetri n'ait pas pu t'aider. » se désola Alice.
« J'ai tout le temps pour le rencontrer. » plaisanta Isabella en pensant amèrement qu'une vision de plus de son amie pourrait tout changer.
Au troisième hiver de cet exil, les trois vampires reçurent une visite pas si inattendue. Alice avait prédit l'arrivée de Marcus, accompagné de Demetri. Dès qu'ils furent à cent mètres d'eux, la nature se fit silencieuse et craintive. Marcus étreignit de longues minutes sa fille, puis il se plongea dans le regard désormais doré, ignorant le couple. Demetri avait failli à sa promesse mais étant venu avec son père, Isabella le rassura sur la validité de l'accord.
« Je suis fier de toi. » la félicita Marcus.
« Merci Père. »
« Es-tu prête à rentrer ? »
« Ça n'est pas un caprice de ma part. » plaida Isabella.
« Non bien sur, mais tu es partie il y a trois ans, trois longues années sans te voir ou avoir de tes nouvelles. Je me suis inquiété. »
« Pardonnez-moi. »
« Tu n'as pas à t'excuser, après quatre siècles à mes côtés, il était temps que tu explores le monde. Maintenant que c'est fait, reviens-tu à Volterra ? »
« Je ne sais pas, je n'ai pas vu tant de choses d'ailleurs. »
Le regard peiné de son père la dissuada de continuer et à regrets, elle envisagea de retourner en Italie. Elle commença à marcher, Jasper, Alice et Demetri comprirent l'intention et s'éloignèrent aussitôt.
« Serai-je autorisée à me nourrir d'animaux ? demanda-t-elle. Aro risque de ne pas l'accepter pour ne pas influencer d'autres personnes. »
« J'en fais mon affaire, tu es notre princesse, personne n'a le droit de te juger. »
« Père, je me sens si libre ici, tout est si beau et facile. »
« Es-tu seulement en bonne compagnie ? Ce couple a du mal à se tenir tranquille. »
« Ils sont mes amis. »
« Oui je peux le sentir, affirma-t-il sans pour autant s'en réjouir. Isabella, je t'ai apporté de quoi retourner à la vie civilisée si tu le souhaites. Tu me manques mon enfant. »
« Vous me manquez aussi. » convint-elle.
« Mais ? »
« Mais j'ai l'impression de vivre enfin ma vie. »
« Et cette douleur au cœur, la ressens-tu toujours ? »
« Oui. »
« Je reste deux jours à Toronto. Rejoins-moi si tu le souhaites. »
« Au revoir Père. » répliqua-t-elle, malgré elle agacée.
Marcus ne partit pas à vive allure, chaque mouvement qu'il faisait était en ça pétri d'humanité. Demetri apparut entre les arbres et copia le pas du roi. Tous deux s'enfoncèrent encore dans la forêt jusqu'à ce que les oiseaux reprennent leurs chants et les autres animaux sortent de leurs tanières.
Il avait mis les mots pour lui cacher son mécontentement. Elle n'était pas ingrate ou capricieuse mais elle se sentit tout de même honteuse de longues heures après le départ de son père et du garde. Comment se contenter d'une vie étriquée à Volterra alors que le monde était si vaste et magnifique ? En trois ans, elle n'avait rien vu quasiment, elle voulait parcourir le globe latitude par latitude, sentir le soleil chauffer différemment sa peau de marbre. Pourtant la perspective de ce voyage seule ne l'attirait guère et en toute honnêteté, elle ne désirait plus tenir la chandelle à ses amis. Son père avait déjà tout vu et malgré sa force inépuisable, il ne prendrait pas la peine de voyager, même pour elle. Avec qui pourrait-elle voyager ? Personne qu'elle ne connaissait.
« Tu vas partir ? » lui demanda Alice, en s'immisçant dans la retraite de la Volturi.
« Je ne sais pas. Qu'en penses-tu ? »
« Je sais déjà que tu t'ennuieras si tu y retournes. »
« Je n'ai rien décidé. » insista Isabella.
« Mais tu l'as envisagé et je l'ai vu. »
« As-tu aussi vu ce que je m'apprête à te demander. »
« Oui, soupira Alice. Jasper ne veut pas vivre aux crochets des Volturis, il est à peine sevré. Et tu sais ce que je pense de ces rois de pacotille. »
« Je me doutais de cette réponse, répliqua la princesse, faussement joyeuse. As-tu songé au luxe que tu aurais ? Le climat est agréable, non pas que ça nous perturbe. »
Alice rit face aux piètres arguments de son amie. Rien ne pourrait la convaincre d'aller en Italie. Quant à Jasper, il savait qu'il serait utilisé par Aro en permanence et plus jamais, il se l'était juré, il ne serait soumis.
« Va le rejoindre. »
« Bella, tu ne songes pas vraiment à y retourner, hein ? »
« Bella ? » releva la Volturi.
« Isabella est si pompeux. Alors réponds-moi ! »
« C'est mon clan, mon père, contra-t-elle. Je peux continuer à fuir dans le monde entier mais je n'ai nulle part où aller en dehors de Volterra. »
« Et si ils te forcent à te nourrir d'humains à nouveau ? » s'inquiéta Alice.
« Ça n'arrivera pas, j'ai confiance en mon père. »
« Tu vas tellement nous manquer Bella. »
« Je viendrais vous rendre visite dans dix ou vingt ans, promit-elle. Vous allez restés isolés encore longtemps ? »
« Jasper et moi pensons qu'il est temps de rechercher les Cullen. Sans ton bouclier, il a peur de céder a sang a compris que cette famille- »
« Clan. » la reprit Isabella, comme elle le faisait toujours quand son amie parlait comme une humaine.
« C'est une famille, elle pourra l'aider à maitriser sa soif. Ils vivent tous dans le Tennessee en ce moment. »
« Bonne route Alice. »
« Bella, s'il te plait, prends encore du temps pour réfléchir ! Il t'a laissé deux jours de délai, utilise les. »
« D'accord. »
Au bout de vingt-quatre heures néanmoins, Isabella avait pris sa décision. Elle inspira profondément l'air de la forêt et repéra Jasper et Alice. Elle s'approcha d'eux, son bouclier toujours en place depuis la visite de son père. Elle avait hâte de leur annoncer qu'elle resterait encore avec eux, au moins jusqu'à ce qu'ils aient rejoint le clan Cullen. Ensuite, elle voyagerait seule, secrètement à la recherche de son âme sœur.
« Si au moins je savais où et quand elle le rencontrerait. » se lamenta son amie.
« Ça ne sont que des suppositions. »
« Fichu don ! À quoi ça sert de voir l'avenir pour des inconnus mais pas pour sa meilleure amie ? » pesta Alice.
« Ne t'en veux pas, tu n'y es pour rien. Tu lui as donné une raison de se libérer des Volturis et de vouloir être heureuse, tout simplement. Le fait que tu n'aies jamais eu de vision ne fait pas de toi une menteuse. Elle rencontrera un jour un vampire et ce sera un coup de foudre, comme pour nous deux. »
« Elle mérite d'être aimée. » ajouta Alice.
« Je sais, je le lui souhaite. »
Cette vision dans ce bordel était un mensonge, elle avait douté au début mais Isabella avait vu par la suite la véracité des vision d'Alice. Alors Elle avait eu l'espoir de rencontrer ce grand amour. Isabella avait lutté en permanence contre son envie de solliciter Alice pour une autre prédiction. Trois ans qu'elle guettait sans cesse un signe d'une vision sans jamais aucun résultat. Alice lui avait menti le premier jour, en ça elle ne pouvait pas lui en vouloir, elle avait voulu sauver sa peau face aux Volturis. Mais pourquoi ne s'était-elle pas depuis amendée ? Isabella la croyait son amie et en trois ans elles avaient tant partagé.
« Son Roméo est quelque part, peut-être qu'il la cherche aussi. »
« Je ne suis pas certain qu'Isabella soit prête à quitter son clan, avança Jasper. Ces années passées ici ont été comme une parenthèse, juste un changement de décor, une phase. Elle est la princesse Volturi. »
« Ce titre ne signifie rien pour elle. Bella n'est pas comme ça. » la défendit Alice.
« Tu ne dois pas influencer sur sa décision, elle doit penser à elle avant tout. Nous n'avons pas été très présents pour elle, c'est devenu naturel pour nous que d'être en permanence ensemble, mais elle ne peut pas le comprendre. Elle ne t'en veut pas, ajouta-t-il, ressentant les regrets de sa compagne. Elle est heureuse pour toi, pour nous. »
Isabella s'éloigna pour ôter son bouclier et venir à eux cette fois sans se cacher. Elle leur annonça son départ immédiat pour Toronto, elle ne parvenait pas à regarder ses amis en face et Jasper lui insuffla du courage.
« C'est mieux ainsi. Je sais que vous ne pourrez pas me rendre visite mais vous pouvez toujours me contacter là-bas, croyez-moi nous recevons du courrier chaque jour. J'aimerais savoir quand vous serez établis. »
« Tu vas tellement me manquer. » gémit Alice.
« Vous aussi. Prenez soin de vous, ne faites rien qui puisse attirer les gardes. »
« Promis. »
Marcus accueillit Isabella avec soulagement. Avec le garde, ils embarquèrent dans un petit avion privé pour retourner en Italie. En survolant l'océan Atlantique, Isabella ne put que regretter. Si elle avait eu un but à fouiller le monde, elle l'aurait fait même seule. Si son Roméo existait vraiment, elle aurait parcouru les continents pour enfin être avec lui. Mais ces rêves n'étaient rien de plus, des chimères, une utopie. Cette douleur au cœur signifiait peut-être autre chose.
Qu'avez-vous pensé de leur escapade canadienne? Je ne suis jamais allée alors d'avance pardon si j'ai dit des bêtises sur la province de Saskatchewan, j'ai quand même passé une heure à lire sur ce pays!
Alice n'a jamais eu de vision lors de sa première rencontre avec Isabella, à cause du don de celle-ci, j'y reviendrais dans un chapitre à venir. Isabella repart à Volterra, vous en pensez quoi ? Se pourrait-il que son Roméo y soit? Ou bien ne fait-elle que s'éloigner un peu plus ?
