- Tu es bien plus humaine que la plus part des personnes que j'ai rencontré dans ma vie, Ariel. Et tu sais très bien que ce n'est pas mon genre d'inventer des compliments aux gens.
Ariel sent le souffle chaud de son professeur près de son visage, mais elle n'a ni la force ni le courage d'ouvrir les yeux. C'est seulement quand une paire de lèvres chaude, douce et fine se pose sur sa bouche qu'elle se décide à le faire. Sa créature est aux anges de cette proximité avec son compagnon. Sans réfléchir, la jeune elfe répond avec enthousiasme à ce baiser et entour le cou du Maître des Potions de ses bras délicats alors qu'il fait la même chose avec la taille de l'adolescente. Severus approfondit le baiser et prend le contrôle de la situation pendant que Ariel se laisse faire avec joie.
Sa nature elfique la pousse qu'à une seule chose, rendre son compagnon heureux. Et en connaissant un minimum la personnalité de ce dernier, elle sait très bien qu'il adore avoir le contrôle de la situation, peut importe la situation. Quand leurs lèvres se séparent pour reprendre leur souffle, Ariel le regarde dans les yeux, l'air complètement perdu.
- Pourquoi?
- Je n'ai pas envie de vivre sans toi, Ariel. Accepte mon marché, s'il te plait, lui demande Severus contre ses lèvres.
- C'est vraiment ce que vous voulez? Demande la jeune fille, le regard emplie de doute.
- S'il te plait, ne fait que lui demander l'homme en noir en face d'elle.
- D'accord, je vais y réfléchir, soupir Ariel en fermant les yeux.
Elle reprend ensuite son apparence habituelle et attend la suite. Elle est surprise quand il reparle de l'antidote. Comme si leur moment d'intimité n'avait jamais existé, mais elle ne s'en formalise pas et ne se vexe pas non plus. Elle s'approche alors de la table de travail et fait ce que l'enseignant lui demande.
Ariel lui explique ce qu'elle sait des antidote Moldus, ils sont basés sur le venin d'un animal ou d'un insecte, tout comme les vaccins contre certaines maladies, comme la rage, la grippe ou les hépatites. Elle lui soumet l'idée de chercher un vaccin pour la lycanthropie de cette façon. Ils s'égarent du sujet principal pour se concentrer sur celui du vaccin pour les Loup-Garou. La jeune fille prend alors son livre de notes de potions et gribouille quelque chose dedans.
- Puis-je? Demande le Maître des Potions en posant son regard sur le carnet de l'adolescente.
- Bien sûr, lui dit Ariel en lui tendant. Mais si il y a des trucs stupides, faites juste vous rappelez que je ne suis qu'en 5e année à Poudlard, dit-elle avec un sourire en coin.
Il hoche lentement de la tête en parcourant le cahier. Plus il lit, plus ses sourcils montent haut sur son visage. Quand il a terminé, il le lui rend avec un regard perplexe.
- Vous allez bien? Demande Ariel avec inquiétude.
- Oui, je me demandais, d'où te vient l'idée d'agencer des runes avec les potions?
Elle lui parle alors de ce que sa mère faisait dans la vie avant de rejoindre l'Ordre du Phénix et comment elle voulait agencer son amour des potions avec la passion de sa mère, les runes. Le Maître des Potions se lève alors et s'approche vers elle. Ariel se lève alors et il la prend dans ses bras avec tendresse.
- Ariel, je sais que tu n'as pas encore pris ta décision concernant l'union. Mais, s'il te plait, ne me laisse pas seul dans ce monde, lui murmure l'enseignant avant de reposer ses lèvres sur les siennes. C'est la première fois qu'une personne est aussi… attirante, dans tout les sens du terme, à mes yeux. Le monde, sans toi, n'aurait plus aucun intérêt. Je n'ai pas envie de survire à cette guerre, si tu n'es plus là. Penses-y, d'accord?
Elle hoche doucement la tête et sort du laboratoire pour se rendre à sa chambre. Elle y reste un bonne partie de la journée et Kreattur lui amène ses repas. Sirius passe son temps à frapper à la porte pour qu'elle lui ouvre, mais elle ne veut rien savoir de le voir en ce moment.
C'est quand Harry frappe à la porte qu'elle se décide à ouvrir et le laisse entrer.
- Je suis désolé, dit-il d'un air de chien battu avec des yeux de basset.
- Ça ne sera pas suffisant, lui répond Ariel d'une voix amer.
- Remus m'a dit que tu allais mourir à ta majorité magique si tu ne te liais pas à ton compagnon d'ici là! S'exclame Harry, lui aussi en colère contre elle.
- Et alors? Ça ne te donnais pas le droit de dire mon secret aux autres! Ça ne te donnais pas le droit de parler de la situation au compagnon de ma créature contre ma volonté! Ça ne te donnais pas le droit de me trahir comme tu l'as fait!
- Bon sang! Ariel! Depuis quand es-tu devenue aussi égoïste! S'écrit Harry en la prenant par les épaules et en encrant son regard vert dans celui, violet de la jeune fille.
- Égoïste! Moi?
- Oui! TOI! Égoïste parce que tu préfères mourir sans te battre! Mourir par choix, alors que la guerre est là et que les gens qui meurent autour de nous, ne le choisissent pas! Tu penses que mes parents, ta mère, Cédric et tant d'autres ont eu le choix? Et moi! Tu y as pensé? Comment je vais faire, moi, quand tu seras plus là? De savoir pourquoi tu serais morte et que je n'ai rien dit à Rogue? Tu n'as aucune idée de ce qu'il aurait choisis! Tu n'as pas le droit de choisir à sa place! Tu n'as pas le droit de mourir et de le laisser seul! De NOUS laisser seuls. Sirius, Remus, Rogue… moi, sa voix se casse sur le dernier mot.
- Tu es loin d'être seul, dit Ariel en haussant les sourcils de surprise. Tu as Sirius, Remus, Hermione, les Weasley, Dumbledore…
- Ils n'en ont rien à faire de moi, dit Harry d'une petite voix. Sirius ne voit que James en moi, Remus passe son temps à garder ses distances, Hermione et les Weasley, si ils apprennent que je suis attiré par… le Prince de Basil, ils vont me pendre par les couilles et Dumbledore fait son mieux pour m'éviter, fait comme si je n'existais pas. Tu savais que c'est lui qui m'a laissé chez les Dursley? Bin oui, Hagrid est plutôt bavard avec du vin de pissenlits! Tu peux me dire pourquoi Hermione et les Weasley sont si… fermés d'esprit sur le sujet?
Ariel ferme les yeux et va s'assoir sur son lit, le dos contre la tête de lit et propose à Harry de s'installer à côté d'elle, comme la veille au soir.
- Pour ce qui est de Hermione, c'est pas très compliqué, dit Ariel en le regardant dans les yeux. Elle a beau chercher le plus de compétences et de connaissances possibles et imaginables, elle reste une Né-Moldu. Et j'imagine que ses parents croient en Dieu et qu'elle aussi. Donc, pour elle, l'homosexualité est quelque chose de sale, de contre nature. Dieu a créé l'homme et la femme et bla bla bla. Tu vois le genre?
- Oui, dit Harry avec gravité. Les Dursley sont pareils. Et pour les Weasley?
- Tu sais, ils n'ont pas le statut de Traitres à leur Sang pour le plaisir, Harry. Ils le sont parce qu'ils ont quitté le clan des 29 sacrés, 29 familles de Sang-Pur qui ont un poids particulier au Magenmagot. Mais aussi parce qu'ils ont adhérés à beaucoup de croyances Moldues qui n'ont rien à voir avec le monde magique. Tu sais, dans le monde magique, l'homosexualité, l'hétérosexualité, la bisexualité, la transsexualité, la polygamie, se sont des concepts que nous respectons depuis toujours, dit-elle en haussant les épaules. Tous les enfants sorciers, qui grandissent dans notre monde, savent qu'ils pourraient devenir le compagnon ou la compagne d'une créature magique, mâle ou femelle n'a pas d'importance. Donc, dans le monde sorcier, il n'y a pas vraiment d'orientation sexuelle, tu comprends?
- Oui, je crois, répond Harry, le regard vague. Mais quel est le rapport avec les Weasley?
- Les Weasley ont intégré, dans leur mentalité, depuis plusieurs générations, les préjugés Moldus sur plusieurs sujets. Dont l'orientation sexuelle. Ils ne fêtent plus les rituels, les fêtes ou les événements annuels ancestrales, ils ont laissé leurs valeurs sorcières à la poubelle pour les troquer contre celles Moldues. Les enfants de Moldus arrivent dans notre monde avec leurs connaissances, leurs expériences et leurs croyances. Ils les imposent à notre monde et on les laisse faire. Quand Granger a commencé sa campagne pour libérer les elfes de maison, je me suis retenu de ne pas la gifler en plein réfectoire.
- Pourquoi?
- Parce que les elfes de maison ont BESOIN de la magie d'un sorcier pour vivre. L'absence de magie endommage leur système nerveux central et ils finissent par devenir complètement fous. Ceux qui sont reliés à Poudlard ont plus de temps, mais ça leur arrivera quand même. Notre monde est rempli de règles de ce genre que les Né-Moldu refusent de connaître et de reconnaître, Harry. Ce n'est pas pour rien que Voldemort réussi à convaincre aussi facilement les Sang-Pur. Je ne dis pas que je suis d'accord avec lui, loin de là. Mais je pense que les Né-Moldu devrait s'adapter dans le monde dans le quel ils vivent, et non que le monde dans le quel ils débarquent doit s'adapter à eux. Si un jour tu vas dans un autre pays, tu te pratiques à parler leur langue et de connaître certaines choses importantes sur ce territoire. Tu ne t'attends pas à ce que tout le monde, rendu là-bas, se plie à tes coutumes et tes habitudes bien anglaises. Et bien pour les Né-Moldu, ça devrait être la même chose. En fait, ce l'était, avant que Dumbledore ne devienne directeur de Poudlard.
- Qu'est-ce que tu veux dire?
Ariel lui explique donc qu'avant, il y avait des cours obligatoires à Poudlard pour les enfants qui ont grandi dans le monde Moldu sur la société sorcière. Dès la première année, les élèves du monde Moldu avaient des cours particuliers pour leur apprendre comment vivre dans leur nouveau monde. On ne fêtait pas Noël à Poudlard, mais Yule, il n'y avait pas de banquet de Halloween, mais le rituel de Samain. Et bien d'autre. Les solstices et les équinoxes étaient aussi célébrés. De nos jours, seuls les vieilles familles de Sang-Pur le faisaient encore. Et ses fêtes sont maintenant vue comme des célébrations de puristes, alors qu'elles sont, en partie, le fondement de leur société.
Harry garde le silence pendant un long moment en méditant sur ses nouvelles connaissances.
