Chapitre 6 : Brilliant and deviant

La chose la plus désagréable en ce bas monde est de se payer un bad trip au beau milieu d'une soirée fabuleuse entre collègues...

Et c'est ce qui était arrivé à B.

Outre le fait que la vision valsait à lui en coller la nausée, ce fut A. qui se plut d'occuper le devant de la scène :

"A., apprends-moi tout ce que tu sais."

La demande était tombée un soir, alors que B. était installé en bas du canapé, tête reposant entre les jambes de A. et qu'elle caressait sa chevelure épaisse et hirsute tandis que son bras à lui reposait sur la cuisse de A.

Car oui, B. avait bien senti que la sexualité de A. était déviante. Et qu'elle n'avait pas pu la construire de son propre chef.

A. eut un haut-le-cœur et se leva précipitamment pour se diriger rapidement aux toilettes et rendre.

B. se profila dans le cadre de la porte qu'elle n'avait pas eu le temps de fermer, bras croisés.

"A ce point ?..." lèvres étirées dans un sourire particulièrement pervers.

A. tira la chasse et profita du lavabo proche pour faire sa toilette, toujours sous le regard de B.

"Qu'est-ce qui... te prend de me demander ça, B. ?"

"Un retour de service."

"Il faudrait... du matériel... que nous ne pouv..."

"Y'a des clubs dans le quartier. J'ai checké."

"Pourquoi est-ce que... tu me fais revivre ça, B. ?..." plantant son regard clair dans l'hétérochromie de B.

"Ça te sera peut-être moins désagréable avec moi." frottant son épaule contre l'ébrasement de la porte étroite, sans lâcher A. du regard.

"Ne pourrions-nous pas nous contenter de... vivre normalement, B. ?"

"Nous ne sommes pas des personnes lambda, A. La Wammy's nous a élus. Nous possédons ce que peu de personnes possèdent et ça nous tire du lot."

"Tu te sens élu, B. ?..."

"Absolument. Et tu verras qu'un jour je battrai L. sur son propre terrain. The worst puzzle is one without an answer."


B. s'affala sur le canapé, tête reposant sur le haut du dossier, sourire aux lèvres. "C'était... très instructif, A. J'en avais entendu parler mais... putain, ouais, le pratiquer c'est autre chose."

A. se laissa tomber à côté de lui, attrapant les pans ouverts de sa chemise portée sur débardeur sombre.

"T'avais raison... avec toi, ça me plaît !..."

"Hé." caressant les anglaises blondes de sa belle, laissant les boucles élastiques glisser mollement hors de ses doigts, sourire fin plaqué sur le visage, l'observant avec un certain désir assoupi. "T'as plus envie de courir te vider l'estomac aux chiottes, hein ?..."

B. apprit rapidement à maîtriser le vocabulaire particulier du vice. Et il excellait dans les expressions à la fois rabaissantes et excitantes.

D'ailleurs, B. et A. ne dialoguaient plus que de cette manière, exclusifs.


Connaissez-vous le nom de la première victime de B. ?...

Nee Watchman.

Nee était le genre de cas social pourri qui vivait des aides de l'État sans se préoccuper de l'éthique ; simulant à merveille l'alcoolique invétéré frappé d'un mal physique. En réalité, Nee était un pourri qui ne cherchait qu'à nuire à son entourage et qui, la nuit, dépensait pour s'octroyer les faveurs payées des putes du quartier, leur imposant des jeux écœurants.

Oui, Nee était... l'un de ceux que B. prit rapidement en grippe. Et qui signa son arrêt de mort lorsqu'il osa porter la main sur A.

Il avait fini par acculer A. dans un coin, main osant remonter le long de ses jambes.

L'attitude fit revenir A. du temps où les amis de son père s'étaient changés en bourreaux !...

"J'peux te tenir chaud pendant que ton mec est au boulot, t'en penses quoi, ma poulette ?..."

Comme à l'ordinaire A. n'avait pas crié, se contentant de crisper le visage en attendant que ça passe.

Elle arrivait à maudire sa beauté de poupée qui attirait tous les regards - ceux masculins notamment. L'idée de se défigurer lui avait souvent traverser l'esprit mais le courage lui avait manqué... et puis, concrètement, elle craignait de regretter son geste et d'en souffrir davantage.

"Elle est rudement bien gaulée, votre salope, voisin. Elle pourrait vous rapporter un max si vous la faisiez tapiner."

Ça, définitivement, avait été la phrase en trop. Dès lors, B. se mit à nourrir une haine viscérale pour cette pourriture.

Et c'est arrivé un soir, dans une ruelle sombre. Le premier meurtre de B. ; acte durant lequel il apprit beaucoup sur la nature humaine face à la mort.

Il avait frappé au couteau mais s'en était pris plein la gueule en retour car, pourri ou pas, l'homme tient à la vie, même à la plus misérable qui soit.

B. avait eu un mal fou à le maîtriser - à croire que la vue de la mort seule octroyait un surplus de forces au plus faible des hommes ! - et lui arracher la vie avait été une entreprise ardue.

Gisant devant le cadavre baignant dans une mare de sang, corps couvert de coups aléatoires, B. s'était juré qu'il ne s'y reprendrait plus jamais de cette façon. Il en était arrivé à la conclusion qu'il fallait d'abord endormir les victimes pour pouvoir procéder à sa guise ensuite. Les morts par lutte n'étaient décidément pas du tout du goût de B.


Ma main chemine jusqu'au sexe. L'attaque est frontale, directe. Aucune fioriture.

Je le tire de sa sieste, armé d'un sourire carnassier.

Sous ma paume, ça ne tarde pas à réagir. Vite. Très vite.

Et mon corps engrange. A la même vitesse.

"Tu kiffes, hein, Girl ?..." glissant une main derrière sa tête hirsute.

Je suis... dingue de ce mec !... Il pourrait me demander n'importe quoi que je m'y plierai sans discuter.

Sa main ne tarde pas non plus à venir me chercher, déboulant du majeur en pleine moiteur.

"Haaaaan... petite... puuuute..." sur un rauque presque grogné.

Son hétérochromie vient de se parer de ce voile trouble, signe que le plaisir le submerge.

Ce que je fais coulisser dans mon poing vibre d'impatience.

"Girl, Girl, Girl... j'vais te défoncer."

Je ne demande pas mieux !... Mais je connais l'animal ; il va s'amuser, gland contre moiteur jusqu'à en jouir, comme à la Wammy's. Et j'adore ça !...

Nous y sommes, je me glisse sur lui, dos contre torse.

Son sexe me salue pendant qu'il se dirige par la base. "Tu kiffes, hein, petite pute ?... haaaan, that's it, Giiiirl !..." se cambrant sous l'afflux de plaisir intense qui le traverse.

Mon corps se tend et se détend en rythme.

Il appelle toujours plus de moiteur, à son grand délice pervers.

"Girl !... Haaaan Girl !... t'es bonne !... t'es b..."

Nos jeux continuent, faisant grimper la pression par des mouvements vifs puis ralentissant.

"T'es... sacrément baisable, Girl..."

Sa tête dodeline sur l'oreiller de garniture du canapé.

Ses hanches se meuvent presque malgré lui, appelant toujours plus de sensations aiguës.

"Haaaaaa !... Giiiiirl ! Ma putain de... queue va... exploser !..."

Et ça se meurt dans un sourire terrible tandis que plus bas ça suinte de plaisir.

Il se redresse un instant sur le coude pour varier l'angle d'attaque.

Je ne suis plus que souffles et appels.

"Giiiiiirl ! J'vais... gicler !..."

Et ça ne tarde pas. C'est généreux, crié à gorges déployées ; lui dans les rauques et moi dans les aigus.


B. traînait dans ce quartier chaud de L.A. qu'il connaissait bien et où il était également connu.

"Hey, beau brun !... Ca te dirait de prendre un peu de bon temps avec moi ?..."

"Tu cherches de la compagnie, beau gosse ?..."

Se faire courtiser était agréable. Même si la recherche pécuniaire en était le moteur.

B. affichait ce sourire gonflé d'assurance, traînant sa carcasse nonchalamment, mains dans les poches.

Il s'amusait à voir les dates danser sur les têtes des filles.

Il se les était déjà offertes ; deux minimum, parfois trois. Il avait les moyens. Étrangement... ça n'avait pas le même goût que les relations aiguës qu'il pouvait avoir avec la petite dinde dévoyée à ses quatorze printemps. Il grimaça. "Tu kiffes de m'avoir jeté ce putain de sort, hein, Girl ?"

Se forcer à rester. Afficher ce sourire du mâle terriblement attirant mais inaccessible - pour le moment, sait-on jamais si la tendance venait à s'inverser !...

Pour l'heure...

Retour à la case maison pour m'y retrouver, endormie sur le canapé, télécommande de l'écran plat à la main, jambe glissée le long du canapé.

B. demeura un moment là, à me regarder, se déplaçant autour du canapé avant de soulever la jambe endormie de la sienne, me forçant au réveil, sourire cruel venant se ficher sur ses lèvres.

"Tu profites de la vie, Girl ?"

Je ronchonnais en retour, me retournant pour lui présenter mon dos.

"OK." se rendant jusqu'à la cuisine aménagée, récupérant une cruche d'eau froide, revenant sur ses pas, armé, commençant à verser le liquide au niveau du visage, cruche tenue haute.

"ESPÈCE DE... !" me débattant pour m'éviter de prendre tout le contenu sur le corps.

En face ça ricane, cruche toujours menaçante.

Je le fixe comme si mes yeux étaient capables de l'éviscérer.

"Qu'est-ce que t'as à me fixer comme ça, Girl ?"

"Ne t'avise plus jamais à..."

Il bloque mon index accusateur, sourire se faisant plus carnassier encore.

"A quoi ? T'es ici chez moi, Girl. Si t'es pas satisfaite, tu dégages, c'est aussi simple que ça."

J'affiche un joli sourire de guerre. "C'est ça. Qui ne tarderait pas à me trousser à travers tout l'aéroport avant que je ne saute dans le premier avion retour ?"

Il cligne, son œil de la mort devenant cramoisi de rage.

"Tu penses que je te courrai après, Girl ?"

"Je dis juste que..."

Il m'attrapa à la gorge, serrant fort d'emblée, montant un genou sur l'assise pour mieux affirmer sa prise.

"Tu pourrais crever que je ne bougerai pas le p'tit doigt, Girl."

Ça crissait de rage !...

Je l'observais, écartant patiemment un doigt refermé autour de mon cou après l'autre.

Il grimaçait, incapable de resserrer ses doigts après que je les eus tordus, jointures blanchies.

"Fous le camp d'ici, Girl."

Le ton avait été neutre.

Je me relevais, rassemblant mes affaires dans le silence pesant tandis qu'il se gavait de confiture à la fraise, assis à même le sol de la cuisine.


B. notait le ballet des camions de déménagement dans la villa attenante. Des voisins. Ah quelle poisse !...

B. se jeta sur le canapé, coulis de fraises à proximité, attrapant son portable pour chercher un logement à sa convenance et à la mesure de son train de vie.

Celui-ci possédait une exposition idéale, dans un quartier plutôt chouette, lumineux.

B. dégaina son smartphone, contactant l'agence immobilière pour une visite rapide.


On ne refuse rien à B. Non seulement son charme naturel agit pour lui mais en plus son salaire de pilote a de quoi flatter l'intérêt.

L'agent immobilier est une femme. Une de ces filles au visage de poupée que B. affectionne particulièrement. Et le psychopathe a les crocs.

Aucun mot. Simple échange de regards pour être compris, s'assurer qu'ils ne vont pas dans le mauvais sens. OK. Parfait. Tout est sous contrôle. Charmant, ce solitaire qui trône en bonne place sur son doigt. Promesse de mariage. Le sourire de B. se fait carnassier et sa queue se lève, inondant son bassin d'une sensation aussi agréable qu'impérative.

Sans perdre son objectif de vue malgré les sensations vissées aux reins, la visite reste pro.

Le bien correspond aux attentes de B.

Au moment de quitter les lieux, la main de la jeune femme tremble sur la poignée de porte.

B. se trouve dans son dos. Exceptionnellement patient.

Lentement, elle se retourne, trouble voilant son regard clair.

Sous la lentille, le rouge crépite, fixant la date qui flotte au-dessus du carré brushé. Oh, il lui reste encore de belles années à vivre !...

Les lèvres de B. se mettent à piquer ; la sensation est aussi vive qu'agréable. Plus bas, ça se dresse davantage.

Elle plaque mollement son dos contre le mur nu. Et B. en épouse la forme, sans être brusque, posant une main sur la hanche.

Elle choisit de ne pas l'embrasser. Tant mieux en un sens ; ce n'est pas nécessaire à B.

B. descend la main entre ses jambes, relevant ce qu'il faut de la jupe pour la caresser. Lentement. Patiemment.

Elle a tôt fait de geindre d'un plaisir montant, baigné d'interdit.

Toujours contre ce même mur, B. se déboutonne et s'extirpe presque délicatement pour butiner et appeler d'autant plus de moiteur. L'instant est délicieux...

Il finit par s'introduire et la hisser sur ses hanches pour basculer, tant excité qu'il les conduit au septième ciel en un rien de temps.

Putain... les mots crus lui manquent... cette "complicité" avec sa Girl fait cruellement défaut à cet échange mais il finit par en jouir, se congratulant de mettre à mal tant de belles promesses et résolutions.

Une fois l'acte accompli et qu'il récupère contre la peau de cette parfaite inconnue, il lui demeure un sentiment étrange. Une insatisfaction et une envie redoublée de cracher des insanités.

"Nous reverrons-nous ?..." demanda-t-elle, honteuse d'en réclamer davantage.

"Pour la signature du compromis de vente."


Le déménagement vient d'occuper une bonne partie de la semaine de B.

Enfin, il se pose dans ce loft refait à neuf.

Le large canapé borde une rangée de fenêtres, ce qui offre un côté extrêmement lumineux.

B. savoure sa réussite.

Mais... quelque chose fait défaut. Il aimerait s'en réjouir avec quelqu'un... inviter des collègues ?... Pourquoi pas.

B. dégaine son smartphone dernier cri et y pianote un message, envoyant une photo du loft aménagé. Destinataire : Girl. Objet : Pendaison de créma. Il ajoute une photo du bas de son corps affalé sur le canapé, face à la cuisine.

Puis il adresse une invitation à ses collègues. Une telle réussite se fête dignement !...

Son frigo est plein à craquer de confiture et coulis à la fraise.


Le couloir de débarquement crache son flot de passagers et je suis du nombre.

Il patiente, nonchalamment accoudé à la glissière mobile.

"Le pilote était une catastrophe." dis-je en rapport à l'atterrissage sans douceur et mal négocié.

"Wawrzyniak. Tout le monde se demande s'il a reçu son diplôme dans un paquet de Lucky Charms(*). T'as eu du bol d'échapper au crash, Girl." amusé.

"Fais-moi plaisir, vire-moi de connard."

"Il est dans le collimateur de la DRH. T'as un bagage à récupérer, Girl ?"


En route :

"Qu'est-ce qui t'a pris de déménager ?"

"L'arrivée de voisins. Envie de changement." laconique, comme à l'ordinaire.

Je dévore des yeux son profil - ce sourire particulièrement sûr, notamment.

Ah la la... B.

"J'ai invité quelques collègues. Va y avoir foule, Girl."

"Tant mieux. Je vais pouvoir leur dire à tous quel monstre tu es."

"Tu comptes faire une déclaration publique ?" amusé.

"Chiche."

"Ta parole contre la mienne. J'parirai pas gros, à ta place."


Nous entrons dans le parking souterrain où ne sommeillent que de grosses caisses.

Direction l'ascenseur. Dos collés sur la paroi opposée, nous observant à loisir.

"Tu bandes ?"

"A ton avis, Girl ?" croisant les bras, affichant ce petit sourire carnassier que je lui connais bien, à présent.

"T'as pas trouvé de poupée à baiser entre temps ?"

"J'peux pas afficher les mêmes ambitions avec elles qu'avec toi, Girl. Là, satisfaite ?..."

"Pas encore... mais ça ne saurait tarder."

Les portes de la cabine s'ouvrent. Je le précède, le laissant reluquer à sa guise.

"Toujours aussi bien foutue, Girl."

"Contente de te plaire."

"En même temps, ça fait presque onze ans que ça dure, ce bordel."

"Tu nous as laissés une petite marge de manœuvre avant l'arrivée de la troupe ?"

Il glisse la clé sécurisée dans la serrure, regard explicite. "Tu crois vraiment que j'ai envie de l'avoir en l'air durant toute la soirée ?"

Je hausse les épaules. "J'sais pas. Tu peux peut-être trouver ça agréable."

Petit rire en m'ouvrant la porte. "J'ai déjà visité l'appart dans cet état, merci, ça ira."

Je m'y invite, déposant mon bagage dans l'entrée.

"Et qu'est-ce qui t'a fait triquer ?"

"L'agente immobilière."

"Oh, je vois. Et ?..." découvrant la vaste pièce contenant le canapé et la cuisine.

"Sympa." laconique, se laissant tomber dans le canapé clair. "J'sais pas si elle va pouvoir se passer de moi." me regardant parcourir la cuisine.

"Elle est vraiment très mal tombée."

Il renifle, peu sensible à mes attaques. "Tu ferais mieux de plaindre son fiancé."

Je siffle, sans lui prêter le moindre regard. "Tu te surpasses, B."

Il se cale un peu plus à son aise dans le canapé. "Ma cuisine t'intéresse vachement, je note."

"Jaloux ?"

"Impatient."

Je me tourne vers lui, me posant contre le four bas, bras croisés, regard posé sur lui.

"Ça m'énerve quand tu fais ça, Girl." en riant presque de contrariété.

"Alors comme ça, ça n'était pas convaincant avec l'agente ?... C'est plutôt ennuyant ça, hein, B. ? T'as tiré une cartouche pour rien."

"Heureusement, je recharge vite. T'es plutôt bien placée pour le savoir, hein, Girl ?..." sourire saturé d'assurance.

"T'as pas l'impression d'avoir perdu ton temps ?"

Il sourit, carnassier. "J'ai surtout l'impression d'en perdre maintenant."

Je m'avance vers lui, lentement, un pas après l'autre.

"Tu kiffes, hein, Girl ? T'as intérêt à ce que ce soit royal."

"T'ai-je déjà déçu ?..."

"Ça va les chevilles, Girl ? T'es loin d'être le meilleur coup du monde, tu sais."

"C'est pas ce qu'il m'avait semblé quand je t'entends les fois où on baise, pourtant."

"T'sais, dans le feu de l'action, on raconte beaucoup de conneries."

Je suis proche, donnant un léger coup à son genou, le fixant en souriant, appétit à son comble.

Vif, il m'attrape par la taille pour me basculer sur le canapé et me dominer, main rassemblant mes poignets au-dessus de ma tête, l'autre glissant habilement sous mon haut.

"Tu veux comment, Girl ?... Par devant ou par derrière ?"

Je le fixe, paupières mi-closes. "Carte... blanche."

Il se soulève légèrement, me basculant sur le ventre.

Il retrousse ma jupe et fait descendre le tanga des deux mains.

Il se déboutonne et s'extirpe, jouant un moment entre mes fesses.

"Ooooh putain, Giiirl !..." jouissant presque à la sensation.

Il se presse d'une main, sans douceur, contre et entre les lobes.

Je ne suis plus que souffles vacillants sous l'assaut.

Haut du corps relevé au moyen de son bras le long du dossier, il vient de s'attraper par la basse, se frappant littéralement le sexe contre le rebondi des fesses.

"Ce que... tu vas te prendre... Girl !..." étranglé de plaisir. "Oh... putain !..." se faisant du bien à en perdre les sens.

Je suinte et réclame d'être remplie, le cherchant de la main.

Il ricane au geste. "Impatiente... Girl ?..."

"B. !... Espèce de..."

Négociation brute des hanches, sexe glissant en moi sans rencontrer la moindre résistance.

"Oooooooh ! Giiiiirl ! Putain !... Qu'est-ce que... t'es bonne !..."

J'écarte les jambes au maximum que le permet le tanga baissé sur les cuisses.

Il approche le visage de mon oreille : "T'es décidément ma... pute préférée... Girl."

Arqué, il bouge loin en moi, faisant monter un plaisir spectaculaire.

"Alors ?... C'est qui le meilleur coup ?"

"Te flatte pas, Girl."

"Ils viennent quand, tes potes ?..."

"Alors déjà, c'est pas mes potes mais mes collègues. Ensuite faut que j'aménage la pièce." caressant mon bras, suivant attentivement le tracé de ses doigts du regard.


Le buffet est installé.

Les collègues de B. arrivent. Ils charrient B. à mon propos : "Dis donc, on commence à la voir souvent !..." "Attention, ça devient sérieux !..."

B. se contente d'un sourire énigmatique.

Les cadeaux offerts sont somptueux - on sent qu'on est sur le dessus du panier là !...

Je me pose, regard allant droit sur B., debout devant le buffet.

B.

La copie. La sauvegarde. Backup.

L'élève qui a dépassé le maître dans bien des domaines(**).

B. a surpassé L.

B. si charnel.

J'adore B. Je suis frappée de B.

Son copilote préféré s'installe à mes côtés. "Je voudrais bien qu'on me dévore des yeux de cette manière. Brian a beaucoup de chance."

Oh, tu sais, juste en passant : Brian est un pseudo. Celui qui se tient devant toi se nomme Beyond Birthday et non seulement son Q.I. dépasse largement celui du commun des mortels mais en plus il a hérité dès le berceau d'un œil de shinigami. B. peut légitimement se considérer comme un dieu.

"Ça fait longtemps, vous deux ?"

"Un petit moment, oui."

Débauchée à l'âge de quatorze ans !...

"Petit cachottier..."

"Ouais, il est très secret sur ces choses-là."

"Et je peux t'assurer qu'il t'a dans la peau vu la façon dont il refuse souvent les avances de certains membres du personnel féminin. Vache, un moment on l'a carrément pensé gay !..." se marrant.

"Hmm... non, pas à ma connaissance."

Cette façon qu'il a de regarder au-dessus des têtes !... Ce doit être étourdissant tous ces noms et ces dates qui dansent sur le dessus des têtes !... Assurément, B. dispose là d'un atout considérable sur L. !...

Je me lève pour le rejoindre, piochant quelques amuse-bouches sur le buffet.

"Je vais te coller ma main aux fesses, Girl." à mon oreille, discret.

Dépasser L. ne suffisait pas. Pour exister, la copie devait détruire l'original.

"J'attends que ça." en retour murmuré.

B. a toujours joint le geste à la parole.

"Tu veux un scoop ?..."

"Dis toujours, Girl." se servant de plusieurs canapés.

"L. était raide dingue de Misa Amane(***)."

B. tourne la tête pour me fixer, yeux finissant par se plisser. "De cette... cruche ?" amusé.

"Hmm mmm."

Il pouffe puis est soudain emporté dans un rire endiablé qui fait se retourner les convives tant ses accents sont sadiques. Il rit. Il est incapable de cesser. Il rit à gorge déployée.

Les invités se regardent, ne sachant comment réagir.

Je les fixe un à un.

B. se calme lentement. "C'est à... se pisser dessus !..." essuyant un nouveau hoquet. "Oh putain... faut que tu leur racontes cette blague !..."

OK. La véritable blague ou un bobard ?...

"Allez, Girl, sois gentille et raconte-la, cette vanne terrible."

Je choisis le thème de l'aviation, montant le truc vite fait.

C'est l'éclat de rire général.

"Ne me fais plus jamais ça !..."

"Hey, c'est toi qui racontes des trucs à se tordre au plus mauvais moment."

"Je saurai m'en garder la fois prochaine."

Il hoquette, amusé. "Note que ça m'étonne à peine. La vie sexuelle de L. doit sans doute se résumer à deux ou trois branlettes au plus haut de sa libido."

"Nourri au sucre."

"Sûr que niveau endurance, L. s'en tenait là. Les putains de neurones avant tout."

"Pas comme toi. Et ce depuis la Wammy's. Tu dévores, mon cher B. Définitivement charnel."

Il s'installe sur le canapé, m'invitant en travers de ses cuisses. "T'avais tellement chaud au cul à la Wammy's, Girl, que c'aurait été une putain d'offense de te laisser dans cet état." à mon oreille.

"Plus chaud que A. ?"

"Compare pas, Girl." plus sec.

"Y'a quand même une raison qui fait que tu m'aies choisie. J'aimerai savoir."

"Va te faire mettre par qui tu veux, Girl."

"J'ai ma p'tite théorie là-dessus."

Ses oreilles aimeraient s'en priver mais son œil camouflé réclame.

"Parce que tu savais que son heure était proche."

"T'imagines ce que tu veux, hein, Girl."

OK. Il ne contre-argumente pas. Donc je suis sur une bonne voie.

"J'te boufferai, Girl." à mon oreille.

"A la vue de tous, ça ferait désordre dans la petite vie bien rangée de Brian..."

Il referme les bras autour de ma taille, attirant certains regards bien jaloux, ce qui nous amuse tous deux.

Ses yeux me niquent littéralement sur les vêtements.

"J'te kiffe, Girl, un truc de malade."

Je m'en mordille la lèvre tant la déclaration a de l'impact sur moi.

"J'vais te baiser si fort tout à l'heure que tu te souviendras plus de ton putain de prénom."

La tête me tourne à l'appel et mon bas-ventre en palpite. "Enfoiré..."

"Ouais. C'est faible, ça, comme contre-attaque, ma Girl. T'as déjà été plus en forme." caressant ma cuisse.

J'attache mes bras autour de la nuque. "Tu veux que je m'applique ?" tentatrice.

"Tu vas... morfler, Girl." se levant pour me faire quitter ses genoux.


"Et réveille pas tes voisins en faisant écrouler tout l'immeuble !..." le taquine son copilote préféré, tapant du poing contre son épaule. "Parce qu'on a tous remarqué à quel point t'es accro !..."

"Dégage." tendre. "On se voit mercredi."

"Ouais. T'as intérêt d'être en forme, canaille !..." clin d'œil.

La porte se referme.

Je m'avance.

"T'avais aussi envie de moi à ce point à la Wammy's ?..."

"Disons que... tes chemises de nuit aux motifs nounours dopaient peu la libido."

"Ah ?... Et ce qui se cachait dessous ?..."

"Autre chose." se tournant vers moi, félin.

"C'est à blâmer..."

"Quoi ?" s'avançant à la même allure.

"L'effet que tu me fais."

"Parce que tu crois que c'est agréable de bander durant toute une soirée, sérieux ?"

Mon regard s'arrête sur le renflement.

"Parce que tu vas me faire croire que c'est désagréable ?" croisant les bras, sourire terrible.

"Quand tu peux rien en foutre, ouais."

Je l'attire à moi par les passant du jeans. Le contact immédiat nous électrise et nous fait pousser une belle vocalise commune. Je l'écrase littéralement contre moi et il ploie les jambes pour se mettre à la hauteur de mon bassin.

Ses paumes échouent sur mes fesses, massant, littéralement lové sur moi, sourire carnassier, pupilles ardentes.

"Vire nos putains de frocs, Girl."

C'est littéralement grogné contre mes lèvres.

Frénétiquement, nos bas nous quittent.

Le contact, peau contre peau, nous fait presque hurler de plaisir.

"Haaaaaaaaaaaah ! Giiiiiiiiiirl !..."

Il en mordrait presque tant son désir est urgent !...

Je grimpe à moitié sur le meuble derrière et il m'y hisse des deux mains sur les hanches, cherchant sans attendre entre mes jambes, du renflement suintant.

Il est beau à s'en damner ; pupilles à la dérive, expression de pur plaisir plaqué sur le visage.

"B. !..." cherchant à le guider en moi.

Il y glisse sur une exclamation vive, perdu de sensations.

Sitôt engoncé, il bouge énergiquement, relevant le visage à mesure que monte la vague en lui.

Perdu.

Et ça éclate, brut. C'est un tel élan que je le sens gicler au fond de moi, généreux.

Nos respirations sont erratiques. Nous peinons à nous regarder. Il ricane. "Ah... foutue Girl..."


Reposer sur le canapé qui borde les vitres, après une énième joute. Je caresse les cheveux de jais.

"Dis-le, B."

"Hmm ?" encore shooté aux endorphines.

"Que je suis le meilleur coup de ta vie." glissé à son oreille.

Il ricane. "On peut pas dire... que tu te la joues modeste, Girl."

"Dis-le." me laissant couler en bas, avisant son sexe avec appétit.

Il renifle. "T'es vachement plus dégourdie qu'à la Wammy's." glissant la main le long du corps pour atteindre ma nuque.

"La meilleure. Dis-le."

"T'as un putain de potentiel."

Première salve qui le fait soulever à moitié ; ultra-réceptif.

Il en rit tant mon corps appelle le sien, faisant s'ériger les pointes de ses seins de façon indécente tant l'onde qui vient de le traverser voyage à sa guise.

"Tu veux... quoi, Girl ?..."

"L'entendre."

Il se redresse, me prenant entre ses jambes ouvertes tandis que je suis à genoux.

Le geste qui vient dans mes cheveux est presque doux. "OK. J'suis accro. J'en ai baisé un paquet... pour savoir reconnaître quand une fille est bonne. Et visiblement, tu fais partie du lot, Girl."

Il se lève alors, rêvant d'une douche.


"C'est vachement sympa, ce que fait le Capitaine Boyd au monté des passagers !... C'est la première fois que je vois un pilote faire ça." s'extasiait la jeune Sonia.

"Ah, il le fait depuis ses débuts. C'est une règle à laquelle il ne déroge pas." patientant devant la machine à café de luxe réservée au personnel naviguant.

"Et... il est célibataire, ce beau garçon ?..."

Petit rire en face. "Fais voir." glissant la main sous son menton pour envisager le visage de Sonia. "Ouais, tu pourrais être son genre."

La joie vient loger les traits de la jeune hôtesse.

"On s'est souvent interrogés sur ses goûts. Et on a eu l'honneur de voir son... officielle."

Le visage de Sonia se referme.

"Une poupée. Et il en est accro. Un conseil : va pas te casser les dents sur Brian."

"Et... y'a pas espoir ?..."

"Accro, je te dis !..."


"Elle n'est pas avec toi ?"

"Hmm ? Oh, elle avait des trucs à faire, j'crois."

Dans le carré VIP d'une boîte branchée.

"T'es célib ce soir, alors. Tu devrais en profiter."

"Tu proposes ?" montant le poing au niveau de la tempe, corps basculé de côté sur le canapé.

"Pas moi. Sonia."

Le regard de B. bascule lentement sur ladite Sonia. Rousse. Jolie. Mouais, ça pourrait passer.

Il revient sur Tina, arborant ce petit sourire sauvage.

"Me sort pas la rengaine habituelle, Brian."

"Bon, allez, j'te promets de la faire danser tout à l'heure, dès que j'ai terminé mon verre."

"Tu fais chier, Brian."

Le sourire s'affine.

"C'est quoi ton problème, dans le fond ?..."

"D'être fidèle ?... Hahahaha ! Ouais, c'est con à dire !..." trouvant la conversation follement amusante.

"Une petite entorse de temps en temps..."

"Jamais avec le crew. C'est aussi immuable que saluer les passagers à leur montée à bord."

"Pfff." exaspérée.

"Sonia, lâche Brian cinq minutes, tu veux ?" intervient son copilote.

B. lui tape dans la main.

"Des rapaces !..."

"Ouais."

B. termine son verre et le pose sur la table basse. "Bon. J'ai promis..."

Il se lève, pantalon sombre seyant, vernis et chemise blanche. Direction Sonia. S'arrête devant elle, lui tendant la main. "On danse ?"

Ils rejoignant la piste.

Le slow tombe à pic. Sonia hésite un moment avant de monter les bras pour les attacher autour de la nuque de B., c'est B. qui intime le geste, souriant, lui attrapant les hanches.

"Casé, à ce qu'on m'a dit. Et plutôt bien casé..."

"Les nouvelles vont vite. C'est quasi du supersonic !..." amusé.

"Dommage."

"T'sais ça m'est un peu tombé dessus comme ça..."

B. s'étonne lui-même de son honnêteté.

Elle cache son visage contre son épaule, refusant d'en entendre davantage, profitant du seul instant qui lui sera probablement offert avec tant de bonté.


Je suis vautrée sur le canapé lorsqu'il rentre, chemise courte légère et transparente.

"Having a good time ?..."

"Hmm mmm." quittant ses vernis dans l'entrée.

Il quitte son pantalon et chemise, déambulant en boxer sombre, se servant un smoothie fraises dans le frigo.

Il s'installe, montant ses pieds nus sur la table basse, savourant sa boisson.

"Manque un écran et une console ici." désignant la table basse.

"Amazon est ton ami." ramenant mes jambes pliées sur l'assise.

"T'as raison, j'vais faire ça de suite." récupérant son portable pour passer la commande en prime, évidemment. "Oh, t'as vu les figurines d'Assassin's Creed ?... Ça fera super, allez, hop ! Je m'en prends trois."


Il déballe les précieux colis avec le soin particulier d'un collectionneur combiné au trépignement d'un gamin.

La console a été installée en un tour de main. Reste les ajustements de base.

C'est fou... contrairement à L., B. a été foutu de s'inventer une vie après la Wammy's.


"Merde... j'vois pas pourquoi ce voyant reste allumé. Selon le carnet de vol..." feuilletant le document.

B. se penche et appuie sur un pressoir sur le panneau de commandes, ce qui éteint immédiatement le récalcitrant.

Décidément, il faudra songer à le faire virer aussi, celui-là.

B. place son casque sur les oreilles, ignorant le regard totalement admiratif de son copilote.

"T'as bouffé la bible de commandes, ma parole !..."

"Ouais et tu ferais bien d'en faire autant." grogné en retour.

Quelle plaie !...

Il a viré de couleur. C'est assez amusant à voir.

"Le... souffle redouble... selon le..."

"Ta gueule, tu fous ma concentration en l'air. J'le sens jusque dans le manche."

Bien. Atterrissage par vent de travers. Super !... Le souffle est constant ; pas de rafales.

De facto : atterrissage de-crab, crab ou sideslip(***).

Bon, là, il faut combiner le crab au sideslip.

C'est pas aujourd'hui qu'on va crever, Messieurs, Dames, je l'ai lu au-dessus de vos têtes !...

OK. C'est parti.

Respire. Souple sur le manche.

Voilà. C'est bon.

"Aérofreins et reverses."

Le personnel de cabine applaudit avec les passagers.

Ouais. On est bon, là.


"Super atterrissage, Brian." le congratule Sonia alors que le copilote est allé se vider l'estomac sur le tarmac.

B. lève le pouce à son attention.

Elle s'installe sur le fauteuil voisin.

"C'est vrai ce qu'on raconte ; le meilleur ?"

"C'est ce qui se dit ?"

"Oui. La direction aurait même une peur bleue de te voir filer à la concurrence." posant sa main sur l'avant-bras de B.

B. observe, sourire en coin.

"Bon, tu m'excuseras, ce putain de vol m'a décalqué." récupérant ses effets sur le tableau de bord.


(*) Célèbre marque de céréales aux E-U.

(**) Précisé dans Another Note, page 105.

(***) Selon le roman "L change the World".

(****) Techniques de vol permettant de positionner au mieux l'appareil par rapport au vent dominant pour l'atterrissage.