LETTRES ANONYMES

Et ENCORE une fiction sur SysyTheHotdog et DidiChandouidoui, sorry not sorry. [Sydi]

Nota Beignet (haha lolilol quel humour) :

Les deux personnes réelles qui inspirent cette histoire ne m'appartiennent évidemment pas, j'ai inventé une partie de leurs personnalités pour les besoins de cette fiction. Voilà, ça tombe sous le sens mais je le précise pour la forme.

Les gars, si vous tombez là-dessus… Patapé, please ^^

Bonne lecture, les gens ! :)

Arcs-en-ciel, pandas et licornes x3


Chapitre 6 : Accalmie


C'est tellement rare que le ton monte comme ça entre nous deux, ça me déstabilise et je me sens mal de le mettre dans cet état. Car, inutile de le nier, c'est à cause de moi s'il est comme ça. J'essaie de rester calme et de mettre de l'ordre là-dedans, mais ce n'est vraiment pas facile.

« - Didi… Si je suis pas venu avant, c'est juste que j'osais pas. Je savais pas quoi te dire. Je savais même plus ce que je pensais, moi.

- Ah ouais ? Bah je sais pas, apparemment, ça te « faisait quelque chose ».

- Oui bah c'est pas le truc le plus évident à comprendre, hein ! Mais pourquoi tu crois que je suis gêné, moi aussi ? Pourquoi tu crois que je viens t'en reparler ? Pourquoi tu crois que j'essaie de t'approcher ? Ça sort pas de nulle part !

- Bah excuse-moi, mais c'est l'impression que ça me donne. Comment tu veux que je sois sûr de pouvoir croire à tout ça ? Tu me laisses comme ça pendant une semaine, et là tu viens me balancer qu'en fait t'as des sentiments pour moi toi aussi, ou je sais même pas quoi, genre t'as chopé ça entre deux ?

- Mais arrête, un peu ! Déjà, d'une, t'as jamais répondu au téléphone, donc c'était pas très encourageant non plus ! »

Bon, dans tout ça, j'aurai au moins eu un argument à peu près constructif. Après tout, c'est vrai, rien ne l'empêchait de donner signe de vie. Heureusement que je prenais des nouvelles par l'intermédiaire d'Anaïs, sinon j'aurais eu des sueurs froides plusieurs fois.

« - Et de deux, non, j'ai pas chopé ça, comme tu dis. J'y ai réfléchi, et la semaine qui a passé, ça a servi à quelque chose là-dedans, figure-toi.

- Ah, et donc en une semaine t'aurais découvert ça ?

- Bah…

- Excuse, mais ce genre de truc, ça arrive pas comme ça, au milieu de nulle part, après des années d'amitié ! Tu crois quoi ? Que mes sentiments datent de mes premières lettres ? »

Je sens que ce début d'engueulade, en plus d'avoir ni queue ni tête, n'arrange rien du tout. De toute façon, une dispute n'arrange jamais vraiment les choses. Le problème, c'est qu'il est vraiment contrarié, et il a surtout peur que je ne sois pas vraiment sérieux. Et ça se comprend… C'est vrai, après tout, il m'a fallu ça pour me rendre compte que le terme « meilleur ami » n'était peut-être pas ce qui le qualifiait le mieux par rapport à moi, à ce que je pense de lui, à comment je le considère. Et c'est arrivé d'un coup, comme s'il avait simplement fallu que je sache que lui est amoureux de moi… Ce n'est peut-être pas un hasard.

Au fond, ça expliquerait tout. Enfin, ou presque. J'ai peut-être simplement eu besoin d'un déclic… Qu'est-ce qui prouve qu'il n'y avait pas ce petit quelque chose, enfoui dans les tréfonds de mon esprit, jamais révélé car tellement improbable et inadéquat, si l'on part du principe qu'on est « meilleurs amis » ? D'ailleurs, là encore, comme par hasard, l'idée de me choque pas plus que ça. Et puis, d'après ce qu'il me dit, ses sentiments envers moi dépassent l'amitié depuis un moment déjà… Mais alors, ça voudrait dire qu'il se cache depuis tout ce temps !

« - Sysy…? »

Il a soudainement baissé d'un ton, visiblement inquiet que je ne dise plus rien. Et, sans que je m'y attende, il se rapproche, de lui-même, me fixant d'un regard adouci.

« - J'essaie juste de te comprendre… Comment t'as pu te rendre compte de ça comme ça, en quelques jours, juste en sachant que c'était le cas pour moi ? Alors que moi, j'ai mis des années à comprendre…

- Ah oui… ?

- Ben, ouais. Donc, tu vois, ça m'emballe moyen que tu viennes, si c'est pour me donner de faux espoirs. Parce que si ce que tu ressens, ça disparaît aussi vite que c'est venu…

- Mais nan, c'est pas arrivé comme ça, justement ! »

Là, je crois que mon agacement et mes longues réflexions intérieures ont parlé pour moi, ou devrais-je dire gaffé pour moi. Enfin, est-ce vraiment une gaffe ? Après tout, je voulais lui parler sincèrement, alors pourquoi cacher ça, puisque ça m'a tout l'air d'être une vérité que je viens moi-même de découvrir plus ou moins ?

« - Je suis perdu, Didi… Moi-même, je comprends à peine ce qui s'est passé. Je t'ai dit, tes lettres, ça m'a fait quelque chose. Ça m'a ému de savoir ce que tu ressens pour moi, tous tes aveux et tes compliments me faisaient de l'effet, et… Et puis merde ! Je sais pas d'où ça sort, ni depuis combien de temps c'est comme ça, mais ça a fait ressortir un truc, voilà ! »

Un silence des plus pesants prend place à nouveau, plus ça va, plus c'est embarrassant, je suis de plus en plus mal à l'aise, non seulement à cause de mes aveux, mais aussi du fait qu'il n'ait pas l'air totalement convaincu.

« - Ressortir un truc ? »

Sa voix intriguée brise le calme un peu trop bien installé jusqu'alors.

« - Parce que c'était déjà là ? »

Même si je me posais déjà la question intérieurement, ça reste tout récent, et le fait de l'entendre de sa part me trouble encore plus.

« - Je… J'en sais rien, putain… Ouais, peut-être… Ouais… »

Je suis moi-même surpris d'en être arrivé à dire ça. Même si lui est manifestement encore plus étonné, ce qui est logique. Mais, au-delà de ça, je me sens… Soulagé. Comme si le fait de me l'avouer et de le lui avouer avait ôté un poids de mes épaules. Un poids que je ne ressentais pourtant pas auparavant, malgré le fait que j'ai l'étrange sensation que j'ai longtemps masqué mes sentiments, comme ça a été le cas pour lui, sauf que pour ma part, ça se faisait de manière complètement inconsciente. Le cerveau humain est parfois si étrange…

Étant donné qu'il s'est adouci, je me sens un peu plus confiant et audacieux. Je me rapproche alors encore un peu plus de lui.

« - Je suis désolé, je voulais pas te faire de peine. Vraiment, je t'assure.

- Je sais… J'ai juste eu peur que tu dises ça sans y avoir vraiment réfléchi, parce que c'est quand même une sacrée coïncidence.

- Peut-être pas… »

Je hausse les épaules et esquisse un timide sourire, qu'il me rend de façon tout aussi hésitante. Mais je crois qu'on s'est compris, ce n'est peut-être pas une coïncidence si nous sommes restés proches depuis tout ce temps, si nous avons développé les mêmes sentiments vis-à-vis de l'autre, de façon plus ou moins consciente.

« - Tu sais, je dis ça aussi pour tout le reste du temps… Tout celui où tu te traînais ça aux pieds sans jamais le dire.

- Tu pouvais pas savoir. Mais… Et toi, alors ?

- J'y pensais jamais, en fait. C'est sûrement resté planqué quelque part, et c'est jamais sorti. Peut-être que… Je sais pas, que mon propre inconscient me protégeait, ou j'en sais rien…

- Faudrait que je réfléchisse à une vidéo sur des théories sur le cerveau. »

D'abord surpris par cette remarque qui sort de nulle part et tranche complètement avec notre discussion, j'éclate de rire et lui tapote l'épaule d'un geste taquin.

« - N'empêche… Ça a vraiment l'air d'être ça. Je me le cachais tout seul, ou je sais pas…

- Sûrement. C'est pas impossible. Et c'est peut-être pas plus mal.

- Ouais. Mais après… Du coup, avec le recul, je crois que… D'une certains façon, je me suis toujours senti attiré… Enfin, pas forcément comme ça, tu vois, mais… Je pensais pas que ça pouvait être plus que de l'amitié entre nous, donc j'y réfléchissais même pas. »

Je laisse partir les mots sans même y réfléchir, comme s'ils dépassaient ma pensée et s'échappaient de ma bouche sans être passés par la phase cérébrale auparavant. Je déballe mon ressenti, bien que très vague et incertaine, sans artifices. Et, en fait, ça fait du bien.

« - Et j'ai toujours apprécié le fait d'être le plus proche de toi, par rapport à d'autres. Enfin, t'es proche d'autres gens, et heureusement, hein ! Mais des fois, tu… Tu me « privilégies », d'une certaine façon, et ça m'a toujours fait plaisir de me sentir… Je sais pas, spécial, peut-être. Même si c'était pas pour tout, tout le temps. Et… Je crois que tes lettres ont fait revenir tout ça. Je me suis senti spécial à tes yeux, et… Enfin, voilà. Ouais, finalement, ça vient peut-être pas de rien. »

Par automatisme, je me suis encore rapproché de lui en parlant. Mes mains sont venues se poser sur ses bras, et mon regard n'a quasiment pas quitté le sien. J'ai l'impression d'être dans un navet de romance niaise truffé de scènes de déclarations pathétiques écrites avec les pieds… Mais, étrangement, ça ne me dérange pas plus que ça.

« - Je sais pas exactement ce qui m'arrive, et je sais pas vraiment d'où ça sort. Mais… C'est là, je m'en rends bien compte. Et… J'ai pas envie de gâcher ça. Plus je te lisais, plus j'avais envie de partager tout ce dont tu me parlais avec toi. Et… C'est toujours le cas. »

Je sens la chaleur me monter à la tête et mon corps frémir de plus en plus, l'évocation de ces quelques souvenirs ayant éveillé ces sensations en moi. J'ose à peine bouger, le souffle court. Lorsqu'il relève la tête, son regard croise le mien pour ne plus le quitter.

« - C'est vrai… ? »

Je hausse vaguement les épaules en guise d'acquiescement, ne sachant que dire de plus. L'air incertain, il prend ma main, la caresse doucement et rapproche son nez du mien, l'effleurant presque. Nos respirations un peu plus rapides et saccadées que la normale se mêlent, ses yeux éclairés d'une lueur d'envie se baissent à nouveau.

« - Embrasse-moi… »

D'abord pris de court par cette demande on ne peut plus directe, je laisse tomber toute trace d'hésitation et de réflexion, désireux dans le suivre sur cette voie. J'attrape sa nuque de ma main libre et scelle nos lèvres en un baiser passionné et tendre, qui nous fait tous les deux frémir d'aise, de soulagement, un peu de nervosité. Un baiser inédit, au goût de sentiments longtemps cachés enfin révélés au grand jour, de nouveauté fascinante, d'aventure, et d'une certaine innocence. Un baiser qui semble assez intuitif pour lui, un peu moins évident pour moi, mais dans lequel je me laisse bien volontiers entraîner.

Tout cela devrait nous paraître totalement inapproprié, nous rebuter, nous refroidir, nous effrayer. Mais c'est tout le contraire, pour lui comme pour moi, nous sautons tous les deux à pieds joints dans le délire, tous les deux sur la même longueur d'ondes.. Et tout ce qui semblait s'embrouiller dans ma tête a l'air désormais beaucoup plus clair, l'avoir tout près de moi de cette façon semble répondre à toutes les interrogations en un clin d'œil.

Même si je suis un peu déstabilisé et hésitant, je sens toute son euphorie passer dans ce premier baiser que nous partageons tous les deux. Ses lèvres continuent de chercher frénétiquement les miennes, ses doigts resserrent nerveusement ma main, son bras libre me presse contre lui, son souffle est de plus en plus troublé. En tout cas, il semble plus confiant et à l'aise que moi, même si c'est loin, très loin de me déplaire.

Au bout d'un moment, il se recule, sans pour autant me lâcher, et me regarde avec un petit sourire timide, les joues rosies par la gêne.

« - J'en ai rêvé, tu sais… »

Bien que je sois toujours un peu nerveux, cet aveu de sa part me fait sourire. Je le savais déjà plus ou moins, grâce à ses déclarations manuscrites censées être anonymes, mais ça me fait vraiment quelque chose de l'entendre, en direct, de sa voix.

« - Moi non, mais… Quand t'en parlais dans tes lettres, l'idée me déplaisait pas vraiment.

- Oh, c'est vrai ça ? »

Devant son regard pétillant et son sourire malicieux, j'acquiesce silencieusement et baisse mes bras pour les passer autour de sa taille, répondant à son étreinte. Visiblement encore plus emballé par ces mots, il attrape ma tête entre ses mains et m'embrasse un peu plus fougueusement. D'abord un peu déstabilisé, je m'accoutume à ce baiser et y réponds avec d'autant plus de ferveur, resserrant machinalement le tissu de son T-shirt dans son dos.

Les sensations et les émotions déferlent en moi, monopolisant mon corps et mon esprit. Je me perds dans cette vague immense, entre ses baisers insistants, son souffle haletant qui se mêle au mien, la douce tiédeur de ses lèvres, ses caresses fébriles sur mon visage et dans mes cheveux, sa chaleur corporelle tout près de moi et sous mes mains…

J'ai tout de même du mal à mettre de côté l'idée que ça me fait quand même bizarre. Car, après tout, je n'aurais jamais imaginé tout ça i peine quelques semaines. Je n'aurais jamais cru qu'il m'aimait de cette façon, et à ce point, tant il réussissait à me le cacher. Je n'aurais jamais cru remettre mes propres sentiments en question suite à ça. Et je n'aurais jamais cru me retrouver là, dans ses bras, en train de l'embrasser, de le serrer de cette manière contre moi, de ressentir de telles choses avec lui.

Mais en même temps, c'est vraiment agréable, et je ne peux pas passer à côté de ça. Il m'a avoué ce qu'il ressentait, je me suis moi-même rendu compte qu'il ne me laissait pas indifférent, on a finalement pu en discuter, et maintenant, tout semble clair. Je perçois dans chacun de ses gestes toute l'affection et tout l'amour qu'il a pour moi, et qu'il s'était pourtant résigné à masquer en permanence, déversant toute sa frustration dans des lettres dont je n'aurais a priori pas dû découvrir qu'elles étaient de lui.

Lorsqu'il se recule, sa bouche descend dans mon cou, où il dépose quelques petits bisous, tout en faisant glisser ses mains jusqu'à mon buste. Puis, il brise le silence d'une voix timide.

« - Je suis désolé pour l'autre jour… J'aurais pas dû partir comme ça. J'ai eu tellement peur, j'ai pas su quoi faire d'autre…

- T'excuse pas, j'aurais pas fait le malin non plus, à ta place. Et puis… C'est peut-être pas plus mal, on aura eu le temps d'y réfléchir chacun de notre côté.

- Moui. Mais bon, quand même…

- Te mine pas pour ça. C'est passé, maintenant. »

Appuyant mes propos, je le regarde avec un sourire et dépose un baiser sur son front. Il glousse un peu nerveusement, puis il prend ma main et se recule.

« - Viens avec moi. »

Il m'entraîne avec lui hors de la pièce pour aller directement à sa chambre. Un peu surpris et douteux, je me laisse tout de même embarquer, curieux de savoir ce qu'il a en tête. Il ferme la porte et s'assied sur son lit, puis me regarde en tapotant la place à côté de lui, m'adressant un sourire complice.

« - On sera mieux, là. »

Toujours un brin suspicieux, je m'installe près de lui et il m'enlace aussitôt, me serrant fort contre lui. Troublé mais enthousiaste, je réponds à son étreinte et n'oppose pas la moindre résistance lorsqu'il relève la tête pour m'embrasser à nouveau. Je le sens encore plus exalté, plus pressé que tout à l'heure, et ce de plus en plus au fil des secondes, où ma bouche flirte avec la sienne, mes mains caressent doucement son dos, mon corps se presse par automatisme contre le sien.

Envahis par une euphorie fiévreuse et une passion incontrôlée, nous poursuivons dans cette lancée, avec des gestes de plus en plus frénétiques, la respiration haletante, le cœur battant à la chamade.


Eh ouais, ma gueule, j'ai arrêté là ! HAHAHA JE SUIS DEMONIAQUE 8D

Une petite idée de la suite… ? Allez, vous me connaissez, maintenant, c'est pas dur à deviner :p (spoil de grand malade, haha)