Base : Bleach

Genre : romance, angst

Statut : sans vouloir être décevant, il n'y aura pas quarante chapitres

Rating : pas pour les enfants (y'a des gros mots) walller... on va dire M.

Pairing : Byakuya/Renji (et l'inverse)

Disclaimer : naaaooonnn ! ils sont pas (pleure) mais alors pas du tout (snirfle) pas du tout à nous (ooouuuiiinnn) mais à Tite Kubo et lui seul (va mettre fin à ses jours).

NA : voici la suite (chose promis, chose due) de Sept jours pour guérir... avec de belles références et (on espère) toujours autant d'humour.


QUARANTE JOURS ET UNE RECHUTE !


Le déni VI

« qui révèle les secrets perd son crédit et ne trouve plus d'ami selon son cœur »
Ecc. XXVII, 16


Le retour fut dramatique. D'abord, une tonne de paperasse l'attendait sagement sur son bureau. Une tour de Pise de papier qui menaçait de crouler à chaque seconde, une tour Eiffel, toujours plus haute, une véritable tour infernale.
Son second lieutenant l'attendait, mouche vivante derrière ses énormes lunettes noires. Elle travaillait dans le silence et l'abnégation et elle avait déjà prévu un tas haut comme deux Yachiru de papiers à lui faire signer.
Et puis, un petit shinigami à moitié endormi l'attendait sagement sur une chaise, un filet de bave au coin des lèvres. Un petit shinigami qui avait, lui, passé toute la journée avec Renji, qui avait sûrement passé une excellente journée, sans boulot, sans chef, sans soucis.
Le tout ayant le don de le déprimer terriblement, surtout après la journée de merde qu'il venait de passer.
Il se tourna tout de même vers son lieutenant.
- Cherchez-moi une circulaire de la neuvième division sur l'ouverture d'une enquête à propos de Ren_du lieutenant Abarai.
- Oui capitaine.
Tout en soulevant des monceaux de papiers, la shinigami s'enquit poliment.
- La réunion s'est-elle bien passée ?
L'aura polaire qui submergea la pièce la réduisit au silence.
- Réveillez ce... il chercha un instant ses mots... c'était énervant cette mémoire pourrie pour les noms de ses subalternes. D'habitude, Renji était là pour lui souffler les noms. Non, ne plus penser à Renji. Bref, réveillez-le.
- Rikichi. Debout.
- Hein... oui... je suis là. À vos ordres capitaine !
- Ton rapport, fit Kuchiki, laconique.
- À vos ordres capitaine. Et bien, tout s'est bien passé aujourd'hui, les dossiers traités sont au nombre de cinq et le capitaine est en excellente forme.
Le bonheur des autres ayant toujours le don de nous mettre en rogne, le capitaine râla intérieurement sur l'injustice qui pesait sur lui. Et puis il reprit, plus pour la forme que par réel intérêt.
- Rien de spécial à l'hôpital ?
- Heuu...
- Oui ?
Rikichi hésita. Cela n'avait rien à voir avec sa mission proprement dite mais comment passer sous silence les évènements de la matinée ?
- C'est-à-dire, c'est secondaire mais ce matin, il y avait une certaine confusion à l'hôpital. Il semble qu'un lieutenant de la quatrième division ait contrevenu au règlement, ce qui a provoqué la colère du vice-capitaine Kotetsu.
- D'accord. Personne n'a rendu visite à Renji ?
- Ben justement. Ce qui a été reproché au lieutenant en question c'est d'avoir rendu visite au vice-capitaine Abarai pendant la nuit et de ne...
- Pendant la nuit ? Le coupa brusquement le capitaine. Qu'est-ce qu'il y faisait ?
- Je n'en ai aucune idée, capitaine, mentit Rikichi qui était pourtant rudement bien placé pour savoir tout ce qu'on pouvait faire avec Renji en une nuit.
- Capitaine, voici la note en question, intervint Musokuri, sauvant de justesse le pauvre Rikichi d'un interrogatoire plus poussé.
- Bien.
Se plongeant dans la lecture du papier, Kuchiki épargna (pour l'instant) le jeune shinigami. Et la lecture lui en apprenait de belles ! Blablabla... "préconisation de mise à l'isolement du vice-capitaine Abarai pour la durée de l'enquête". Comment ça « isolement » ? C'est pas vrai. Ils vont pas me le rendre ? Fulmina intérieurement le capitaine avant de se reprendre avec fureur. Pas « me » le rendre, le rendre à sa division, le rendre à son travail en retard. Non, je ne veux pas particulièrement et personnellement ce bon à rien. Pas si bon à rien que ça, susurra une cruelle petite voix intérieure : il est bon au moins à une chose, non ?
- Sûrement pas !
- Pardon capitaine ?
- Non, rien, ce n'est rien.
Mais sérieusement, si c'était quelque chose. Il avait... il refusait d'envisager qu'il ait pu prendre l'initiative d'une telle chose si honteuse, si indigne... Bien sûr, il avait déjà enfreint des tabous de son monde. Mais sa relation avec Hisane avait été un modèle de pureté et de noblesse, et à ses yeux aucune femme n'avait été aussi digne d'être appelée Kuchiki que Hisane. Adopter Rukia n'avait été qu'une conséquence naturelle, comme l'enfant qu'ils n'avaient jamais eu, Rukia était autant à lui qu'à sa défunte femme, il avait tenu sa promesse par delà la mort. Avec Renji, rien de tout cela, ni noblesse, ni promesse, ni pureté ; bien au contraire, il n'avait répondu qu'à un désir soudain, une pulsion méprisable et passagère. D'ailleurs, comment pouvait-il en être autrement ? Pouvait-on aimer un homme ? On ne pouvait guère qu'en faire un objet de plaisir, la relation charnelle était là mais il se refusait à imaginer qu'il puisse y avoir autre chose.
La honte, maintenant, seule restait. La honte qui l'empêchait de se reprendre.
La honte, parce que le souvenir aussitôt refoulé revenait plus fort encore, et lui faisait perdre ses moyens.
Bien sûr, il désirait le retour de Renji mais sans accepter d'en entendre les raisons profondes. D'un autre côté, il aurait donné cher pour que Renji disparaisse de sa vie définitivement, que rien ne se soit jamais passé.
Revenant au document, il parcouru distraitement les dernières lignes, essayant de se distraire de son désarroi intérieur.
"Pour une réclamation de la part de l'intéressé ou de son supérieur hiérarchique, utiliser le formulaire de réponse approprié ci-joint."
- Lieutenant Musokuri, où est le formulaire qui devrait accompagner la note ?
- Je crois bien qu'il est dans le tas confié à Renji, capitaine.
- J'en étais sûr.
Il lorgna d'un œil mauvais sur la pile de boulot qui l'attendait. Une inspiration soudaine lui vint : ce travail qui s'entassait, n'était-ce pas sa punition pour avoir cédé à l'appel de la chair ? Le rachat de sa faute ne passait-il pas par une dévotion entière et parfaite à son travail de capitaine ? Bien sûr, ça ne chasserait pas la honte, mais ça pourrait l'atténuer considérablement.
Ce fut donc le cœur plus léger qu'il annonça à son lieutenant qu'il se chargeait de tout le travail et qu'elle était libre, lui seul portant le poids de la faute. Après lui avoir jeté un regard dérouté, Musokuri sortit derrière Rikichi qui avait littéralement pris la fuite. Elle n'avait aucune idée de ce que pouvait être la faute en question, ni d'où sortaient ces tendances masochistes de son capitaine, mais elle ne se plaignit pas, trop contente d'avoir un soir de libre.


Le lendemain matin se passait bien, du moins pour les glandus de l'hôpital, lorsqu'on frappa à la porte d'une certaine chambre.
D'abord Isane entra, ensuite Kiyone suivit, un sourire triomphant sur les lèvres (sa grande sœur ne pouvait définitivement rien lui refuser), et puis Rukia, l'air des mauvais jours peint sur la figure.
- Salut les filles !
- Salut Renji, salut les gars. Bon, ben je vous laisse. Viens Isane, on va écouter le bruit des bébés crocodiles dans l'œuf.
Isane haussa les épaules et se laissa entraîner par sa sœur tout en précisant :
- Une heure pas plus !
- Merci, je vous revaudrai ça les filles.
En hochant la tête, signe qu'elles le garderaient dans un petit coin de la tête, les deux sœurs sortirent, en jetant un regard désolé au pauvre Renji. Ce n'était sûrement pas pour lui souhaiter un prompt rétablissement que Rukia venait le harceler même à l'hôpital. Cette dernière eut un instant d'hésitation en voyant les deux « surveillants » de son ami, puis elle hocha la tête pour les saluer.
- Bonjour, Hanataro et heuu...
- Rikichi.
- Oui, excuse-moi, bonjour Rikichi.
La jeune femme tourna un regard glacial, parfait imitation familiale, vers son ami qui déglutit en sentant qu'il allait passer un sale quart d'heure.
- Heuu quelques secondes, s'teup'. Les gars, laissez-nous seuls quelques instants... jusqu'à cet aprèm', quoi.
- Vice-capitaine, je ne...
- Les capitaines n'en sauront rien, les rassura Renji.
De toute façon, si cela arrivait aux oreilles de son capitaine, il n'aurait plus qu'à s'exiler dans le Rukongai, voire pire, dans le monde des vivants, pour échapper à sa colère.
- Que doit-on faire alors ?
- Ben je sais pas moi... allez aux bains, tiens !
- Vice-cap...
- On ne discute pas. Exécution. Aux bains tout le monde.
S'il y avait bien un endroit dans le Seireitei où ils ne risquaient pas de croiser ni Unohana (pas dans le bain des hommes en tout cas), ni Kuchiki (les officiers avaient leurs bains réservés) c'était les bains publics.
- Ou... oui
- A vos ordres.
Et les deux gamins se faufilèrent dehors, sans oublier de saluer Rukia au passage.
- Bravo.
- T'as vu ça ! Ils m'obéissent comme... heu... hem. Voilà, qu'est-ce qui t'amène dans le coin ?
À la manière dont elle fronça les sourcils, avec une petite veine qui palpitait sur son front, Renji sut que Rukia n'était pas, mais alors pas du tout, disposée à la pitié. Pas avec lui en tout cas. Elle avait sa tête des mauvais jours. Vous savez, les jours où elle peut parfaitement frapper à mort un enfant, pour peu qu'il se mette à chialer au milieu de son feuilleton.
- Toi, fit-elle, le menaçant d'un doigt vengeur.
- J'ai rien dit.
- Ah oui ? Et pourquoi donc mon frère m'a demandé des explications pas plus tard qu'avant-hier ?
- Mais j'en sais rien moi ! Il a juste essayé tout le monde et tu es la seule à lui avoir répondu.
La réponse ne manquant pas de justesse, Rukia hocha la tête. Mais il n'allait pas s'en tirer comme ça. Définitivement pas.
- Tu lui as forcément dit quelque chose.
- Mais pourquoi tu...
- Il se doute de quelque chose !
- Mais non, nia bêtement Renji en fronçant les sourcils, il ne se doute de rien , il est juste très énervé parce que j'ai obtenu une permission sans qu'il soit consulté. Avec un peu de chance, il va juste s'en prendre au capitaine Ukitake. Et lui, il ne dira jamais rien. Pas comme moi.
Il ploya sous le regard suspicieux au possible de son amie.
- Tu n'as rien dit ?
- Mais non, mentit Renji.
C'est vrai ça, il avait dit des trucs mais ça ne pouvait en rien orienter Kuchiki vers sa sœur. Ou alors, pas directement, ou alors, il avait un sixième sens contre lequel ça ne servait à rien de lutter. Mais en tout cas, il pouvait jurer n'avoir jamais cité Rukia dans ses explications.
- Idiote ! Il ne saura jamais rien de moi.
- Il est capable de tout, tu ne le connais pas.
- Mieux que tu ne le crois.
- Pardon ?
- Nan rien, oublie.
- De toute façon, ça va se régler très vite tout ça, fit Rukia avec un petit air satisfait qui ne présageait rien de bon.
- Ha oui ? Pourquoi ?
- J'ai appris que Ichigo venait ici.
- Hein !


Les bains fumants accueillaient deux jeunes shinigamis contents d'avoir une journée de libre, honteux de déserter leur poste aussi facilement. Certes, Renji Abarai le leur avait ordonné, mais il n'était « que » vice-capitaine alors que leurs ordres venaient de plus haut encore. Sauf qu'ils ne voulaient pas savoir ce qu'ils risquaient en refusant d'obtempérer aux ordre de Renji, et ils préféraient ne pas se demander ce qui se passait dans la chambre d'hôpital où ils avaient laissé Rukia et Renji.
Hanataro soupira. Décidément la fierté de leur division, l'hôpital central, tournait de plus en plus mal. Entre les hurlements anormaux c'est-à-dire, hors opération, les capitaines qui se prenaient le bec, les visites nocturnes et autres, bref, ça allait mal dans la quatrième.
Rikichi lui adressa un sourire encourageant, parfaite copie du sourire bravache de Renji mais sur un visage bien plus mignon, ce qui donnait un résultat assez intéressant.
- Ne t'en fais, pas. Les capitaines n'en sauront rien, le vice-capitaine l'a promis.
- Oui, en fait, je ne pensais pas à ça.
En effet, il ne se faisait aucune illusion : les capitaines seraient au courant avant même qu'ils aient le temps d'inventer une bonne excuse. Au Seireitei, il n'y avait guère que les complots de méchants qui restaient secrets longtemps.
- Ha oui ? S'intéressa Rikichi en versant le baquet d'eau de rinçage sur sa tête.
- Mmh, fit Hanataro, ravi de l'intérêt qu'on lui portait (pour une fois), en savonnant à son tour ses cheveux.
- Est-ce que...
- Oui ?
Rikichi secoua la tête. Non, il valait mieux ne pas parler des sujets qui fâchent.
Ce fut Hanataro qui reprit.
- Qu'est-ce que tu penses qu'ils font là-bas ?
- Heuu... Rikichi rougit jusqu'aux oreilles. Il était bien placé pour savoir à quel point Renji tenait à Rukia, il savait aussi combien l'officier débordait de vitalité et aimait à prouver son attachement aux gens qu'il aimait. Il était donc parfaitement logique de soupçonner des tas de choses interdites aux mineurs.
- Je ne sais pas, avoua-t-il en regardant ailleurs.
- C'est que, reprit Hanataro, il ne faudrait pas qu'ils troublent le calme de l'hôpital. Déjà que.. enfin, il y a eu Agido hier...
Le ton lourd de sous-entendu provoqua un mutisme des deux jeunes hommes.
- Le vice-capitaine est... heu... tenta Rikichi, rouge comme une écrevisse à l'article de la mort.
- J'ai remarqué, oui, acquiesça Hanataro, aussi gêné.
L'amitié de circonstance qui s'était établie entre eux depuis les quelques jours qu'ils travaillaient ensemble (si on peut appeler ça du travail) ne les avait encore jamais entraînés sur le terrain des confidences. Encore moins de ces confidences là.
Ils faisaient maintenant joyeusement trempette, entièrement nus dans l'eau fumante, quand Rikichi reprit, soucieux de rendre justice à son supérieur adulé.
- Tu sais, le vice-capitaine Abarai est le meilleur officier que j'ai connu. Il a un vrai sens des responsabilités vis-à-vis de nous, de ses hommes, quoi. Même si on peut le trouver superficiel au premier abord, c'est un homme bien.
Hanataro hocha la tête.
- Je sais, j'ai vu comment il tenait à Rukia Kuchiki, la dernière fois. C'est une bonne chose d'avoir des chefs aussi droits que lui.
Les deux jeunes shinigamis se sourirent. C'était bien d'avoir un sujet qui faisait consensus.
- Mais tout de même... Je sais qu'Agido a sa part de responsabilité mais le vice-capitaine Abarai devrait faire attention à l'hôpital. Ce n'est pas lieu pour ce genre de choses.
Rikichi rougit jusqu'à la racine des cheveux, était-ce le moment d'expliquer que le vice-capitaine était généreux, plein d'ardeur et qu'il aimait donner de l'amour aux autres ? Non, peut-être pas. Il pouvait très bien se contenter de passer un bon moment avec un ami, en batifolant dans les bains chauds et profitant de la vie comme elle venait.
- Ça ne te choque pas, toi ?
- Hein ?
- Hé bien... Hanataro hésita, peut-être qu'il allait critiquer l'idole de la sixième division, mais il avait envie de discuter avec Rikichi, cela faisait pas mal de temps qu'il ne s'était pas aussi bien entendu avec un confrère. Comment dire, qu'Abarai... hem... entretienne de tels rapports avec d'autres hommes ?
- Oh ! Ça.
Hanataro, subitement fasciné par une chenille qui cheminait sur le bord du bassin, hocha la tête lentement.
- Hé bien, comment dire... Rikichi se rongea consciencieusement l'ongle de l'index avant de continuer. Ce n'est pas si exceptionnel que ça. Et puis... le vice-capitaine est si...
- Gentil ?
- Doué.
L'aveu laissa Hanataro comme deux ronds de flan.
- Ah.
- Ce n'est pas ce que tu crois.
- J'ai encore rien dit.
- Je préfère anticiper. Tu sais, c'est plutôt bien.
- Quoi donc ?
- Ben... ce genre de rapports.
- Oh.
Un silence gêné s'installa, chacun des deux shinigamis se passionnant pour la vapeur d'eau qui s'élevait du bain. Qu'est-ce que c'est beau la vapeur d'eau !
Et puis Hanataro brisa la glace, enfin, la vapeur d'eau.
- Et... hem... tu étais... consentant ?
Rikichi ouvrit de grands yeux.
- Bien sûr !
L'autre hocha la tête, pensif, et puis gratifia son ami d'un grand sourire et haussa les épaules. Le sujet était clos. Ce n'était pas aujourd'hui que la réputation de l'hôpital central s'arrangerait.
Et cela suffit pour les remettre en joie et la conversation reprit de plus belle sur tout un tas de sujets complètement inoffensifs.
Rikichi en ressortit tout heureux de sa journée et sa bonne humeur fut à peine entamée par l'air complètement effaré de son vice-capitaine à son retour, air qu'il mit sur le compte de la corvée paperasse, qui était toujours en vigueur.
- Au fait, vice-capitaine, je dis quoi pour le rapport de ce soir ?
- Improvise.
- À vos ordres.
La perspective d'affronter son terrible capitaine ne lui faisait plus ni chaud ni froid. Une riche idée, ces bains. D'ailleurs, Kuchiki croulait sous de vieux dossiers. Un coup d'œil acéré aux diverses armoires appris à Rikichi que la moitié des archives de la division était en cours de compilation.
Ignorant tout de l'impulsion masochiste qui avait poussé son supérieur à s'infliger cette corvée, il admira intérieurement le sérieux et le sens du devoir du noble.
D'un regard fatigué, Kuchiki lui montra qu'il l'écoutait. Malgré son intense fatigue et son désespoir non moins abyssal.
- Vas-y. Que se passe-t-il à l'hôpital ?
S'ensuivit le petit laïus habituel sur les capacités limitées du vice capitaine.
Merci, je suis au courant, je le connais depuis assez longtemps, eût envie de répliquer Byakuya mais une journée de classement l'avait achevé. Il contempla tristement la liasse, toujours aussi fine, de dossiers traités.
- Rien d'anormal ? Tenta le capitaine, convaincu, à présent, que tous ses subordonnés, sans exception, prendrait systématiquement le parti de Renji. Celui-ci pouvait massacrer deux douzaines d'humains tous les matins, personne ne lui dirait rien.
- Hem... non, chuchota Rikichi, en repensant à la visite surprise de Rukia.
- Vraiment ?
- Je vous assure, confirma-t-il, ému à l'idée que Renji puisse avoir besoin de se cacher pour fréquenter la propre sœur de son capitaine.
- Rien de répréhensible ?
- Rien du tout, fit-il encore plus bas, le souvenir de son étrange aveu lui revenant en mémoire. Hanataro avait été plutôt compréhensif et cela le rassurait sur la suite de leurs relations.
Une froideur subite tomba sur la pièce, l'air parût se geler, le regard menaçant de Kuchiki transperça le jeune shinigami.
- C'est faux, lâche-t-il d'un ton sans réplique. Mais de toute façon, je saurais tôt ou tard qui me ment et pourquoi.
D'un geste de la main, il congédia son subordonné qui l'observait comme on regarde un malade en phase terminale.


Dans la somptueuse et néanmoins traditionnelle salle à manger du vaste manoir Kuchiki, Rukia patientait stoïquement. Cela arrivait très souvent que son frère ne la rejoigne pas pour dîner, son travail lui prenait tellement de temps, et Rukia le comprenait parfaitement : elle aussi, si elle avait dû avoir Renji sur les bras tous les jours, elle serait débordée.
Elle soupira. Devait-elle tout lui dire ce soir-là ? Mais dans ce cas, ne risquait-elle pas de voir ses espoirs déçus par la suite. Son frère souffrirait-il de sa décision ? Renji serait-il alors impliqué dans l'affaire ? Ça, à la limite, elle s'en fichait un peu. Mais tout de même, une vague de culpabilité la submergea. Byakuya avait tant fait pour elle, le clan Kuchiki ne verrait-il pas là une nouvelle preuve de l'erreur qu'il avait commis ?
Quand il arriva, il parut surpris de voir sa sœur encore là, à l'attendre.
- Rukia ?
- Mon frère, j'ai quelque chose à vous avouer.

A SUIVRE...


Et les review, c'est bon pour le moral... aller cliquez là juste en bas sur la phrase en vert ^^

Réponse à une review anonyme (une fois n'est pas coutume, mais la question était précise) pour Yuki Hime : pour le nombre de chapitre : encore inconnu et pour le rythme de publication : un chapitre par semaine, sauf pendant les vacances
Pour Crac (on pouvait pas répondre à l'une et pas à l'autre) : oui, vu comment le manga original décrit le Rukongai, on ne trouve pas ça impossible que Renji se soit fait violer mais pour ce qui est de héros torturé, faudra repasser, c'est pas le genre de la maison.