Chapitre 4 (Partie 1) - Deux Heures

Deux heures.

Deux heures que je suis dans mon lit, à regarder le plafond, en espérant trouver, peut-être, un sens à ma vie. Deux heures que je reste là, allongé, à écouter les gouttes de pluie taper contre les vitres de ma chambre. J'adore ça, les week-ends pluvieux, tu es obligé de rester cloîtré chez toi à ne rien faire. Tellement passionnant...

Je me relevais, retenant par la même occasion une grimace de douleur, et observais longuement ma chambre. Tout était tellement monotone et rangé qu'on se serait cru dans une chambre d'hôpital… J'en avais marre de ces murs unis, de ces cadres photos vieillis par le temps, de ces rideaux poussiéreux, de ces décorations qui avaient un air moyenâgeux, de ces horloges réglées à la perfection, de toute ce... Parfait… De tout ce soigné, tout rangé bien à sa place... De cette vie monotone...

Et pourtant...

Et pourtant, hier, quelqu'un avait réussi à changer ma perception de la vie, un total inconnu avait mis des couleurs dans ma misérable existence, l'espace d'un instant…

Tout était tellement bien chez lui... Tout paraissait joyeux, chaleureux... Surtout ces photos accrochées au mur et toutes ces décorations... Et même ce semblant de bazar sur la table de son salon, même cette veste accrochée à la va-vite sur le porte-manteaux de l'entrée et ces chaussures qui traînaient près du canapé... Tout ça me paraissait tellement parfait comparé à mon "chez moi"...

Il me paraissait tellement parfait... Attentionné, sûr de lui, amical, compréhensif... Comparé à mes parents...

Toujours le ton hautain, hilare, qui vous juge de haut en bas avant de vous parler, qui font attention à chaque détail, à chaque imperfection… Et très axés sur la religion et sur l'éducation... Mon petit frère était un vrai mouton de Panurge. Il avait suivi leur endoctrinement sans la moindre hésitation... D'ailleurs, il n'arrête pas de se faire féliciter par mes parents pour ses médailles de natation...

Et moi...

Et moi, dans tout ça... J' ai l'impression d'être le petit mouton noir, le vilain petit canard. Celui qui ne fait aucune activité extrascolaire, qui reste cloîtré dans sa chambre. Celui qui ne se fait jamais féliciter par ses professeurs. Celui qui ne ramène jamais de médailles ou de prix à la maison. Celui qui fuit tout enseignement religieux. Celui qui n'est pas à sa place, et dont personne ne voudra jamais.

Plic, ploc, plic, ploc…

Je n'avais décidément que ça à faire, d'écouter la pluie tomber. Mes parents ? Absents depuis le début de la semaine "pour le travail"… Mon frère ? Parti en stage de perfectionnement depuis deux jours avec son équipe de natation… Le petit chéri avait besoin d'un stage de perfectionnement, écoutez-moi ça… Comme s'il n'était pas déjà assez parfait…

À croire que mes parents avaient fait exprès de me laisser seul… Qui sait, je suis tellement bon à rien et tête en l'air que je vais en oublier de me nourrir, et me laisser crever peut-être ? Ou bien tout simplement étais-je trop invisible pour que mes propres parents me voient… Oui, c'était sûrement ça…

Ça m'énervait, de rester là, à repenser a ce qu'il s'était passé. Tout ce que j'avais voulu éviter, mes pires cauchemars étaient finalement arrivés. Je n'avais aucune envie de repartir au lycée, aucune envie de continuer à me morfondre sur ce lit, et encore moins de rester ici… Je me mis à réfléchir. Encore plus qu'avant. Je veux partir de chez "mes parents". Je veux partir d'ici, de cette vie. Mais où pourrais-je aller ? J'étais encore mineur, après tout, même si je ne les aimais pas, et eux non plus, d'ailleurs, j'étais encore sous leur autorité… À vrai dire, j'étais assez chamboulé par tout ça. Beaucoup trop de questions tournaient en boucle dans ma tête. Tout était si compliqué…

Mais j'avais enfin pris ma décision, j'allais partir sans rien dire. Je m'en fichais de partir sans savoir ou aller. Mon seul objectif à présent était de m'enfuir, loin d'ici. Je pensais à faire une lettre pour au moins signaler mon départ, mais je me rappelais en préparant un minimum d'affaires que de toute façon, ils s'en ficheraient. Après tout, ils ne s'occupaient même pas de moi… Peut-être même qu'ils ne s'interrogeraient même pas sur mon absence…

Julien prit ses affaires et parti, jetant une dernière fois un œil à sa chambre, le regret commençant à germer dans son esprit, il ferma prestement la porte derrière lui, un pincement au cœur et concluait ainsi définitivement cette partie. Du moins, il l'espérait.

Après avoir erré dans Paris durant deux bonnes heures, je me décidais à partie en direction de chez cet homme qui m'avait sauvé la vie. Je n'étais pas très doué pour retenir les noms, Sebastien, c'est ça ? Oui, c'est ça… Sebastien... J'avais des sensations bizarres. Je me sentais un peu patraque, je ne sais pas si c'était dût à mes blessures ou bien alors l'appréhension de le revoir, ne serait-ce que quelques jours… S'il m'acceptait bien chez lui… Ne m'avait-il pas dit que je pouvais revenir chez lui à n'importe quel moment ? Oui, mais… C'était déplacé d'arriver comme ça chez quelqu'un sans prévenir… Mais… Je ne pouvais pas retourner chez moi… Oh et puis merde, on verra bien, après tout, tu es un grand garçon maintenant Julien, tu te débrouilleras assez bien tout seul…


Et voici (enfin) la première partie du chapitre 4. Nous sommes vraiment désolées d'avoir mis autant de temps à la sortir. L'inspiration ne venait malheureusement pas, et ça a été difficile d'écrire avec les cours. Mais on vous promet de faire de notre mieux pour la suite ! En tous cas, nous espérons que vous avez aimé cette partie, et on vous dis à bientôt, pour la partie 2 !

C'était Twili' et Shy', Oh Yeah, allez, m'by-bye !