Auteur : Choupette

Titre : Amour et bonbons

Disclaimer : Persos pas à moi.

Couples : Je crois que j'ai plus besoin de le dire.

Avertissments : RAS.

Salut tout le monde.

Oui, je sais je suis à la bourre, voire même très en retard. Désolée, mais maintenant j'ai fini mon rapport de stage, je me suis bien faite démontée par mes profs, donc je suis libre !

Je voulais faire un gros bisous à tous ceux qui ont reviewé le dernier chapitre et espère n'avoir oublié personne pour les RAR . Bisous à Coucinet à qui je n'ai pu répondre directement.

Et un petit message pour Emma de la Bande à Tiyi : 02x05 pris en compte, suis en train de réfléchir, ai commencé quelque chose mais je sais pas quand ce sera prêt. Voilà.

Bonne lecture.


Chapitre 6

« La sale fouine ! »

Ce cri tout droit sorti du coeur, fit sursauter Draco qui se tenait dans la cuisine. Il savait que l'insulte n'était pas dirigée contre lui, pas après toutes ces années. C'était sans doute l'injure suprême pour Ron et un sourire releva le coin de ses lèvres en imaginant la personne affublée de ce surnom. Le blond se pencha en arrière, abandonnant la préparation du repas de ce soir, pour regarder dans le salon. Ron était debout, le visage rougi par la colère, faisant les cents pas autour de la table, le journal à la main.

« Qu'est-ce que tu as chéri ?

- Rita Skeeter ! Personne n'a encore réussi à l'écraser cet énorme cafard visqueux et gluant ! D'ailleurs, c'est à se demander comment elle a fait pour récupérer une place à la Gazette du sorcier !

- Scarabée.

- Ce mille-pattes géant est une plaie pour l'humanité.

- C'est un scarabée.

- Quoi ? Mais de quoi tu me parles !

- Rita Skeeter sous sa forme d'animagus est un scarabée et pas un cafard.

- C'est un insecte, c'est tout ce qu'il y a à retenir ! Tu te rends compte ! Un article de deux pages sur nous alors qu'elle n'était même pas là dimanche matin. Je suis sûr qu'elle a interviewé cette vieille peau frigide. Cet article est une atrocité !

- Ron, tu exagères.

- Ah oui !

Ron se racla la gorge, modifiant légèrement sa voix avant de déclamer cette œuvre littéraire.

« Le retour d'un mage noir, par Rita Skeeter.

Disparu depuis la guerre, le jeune et séduisant Draco Malfoy, dernier représentant d'une lignée de sorciers hors du commun est réapparu au grand jour. N'en déplaise à ses admiratrices, c'est au bras de Ronald Weasley qu'il a été aperçu à Pré-au-lard. Chercherait-il à ternir sa réputation en osant se montrer avec un excentrique qui a totalement tourné le dos au monde sorcier, un désargenté en quête d'une gloire inaccessible ? La renommée du survivant aurait-elle laissée des cicatrices dans le cœur d'un homme qui est resté dans l'ombre toute sa vie ?

Elle me décrit comme un gueux, qui profiterait de ton nom et de ta fortune et qui n'aurait trouvé que ce moyen pour se faire remarquer !

- Elle peut dire ce qu'elle veut. Tu es assez bien placé pour savoir que c'est totalement faux. Mets donc ce torchon à la poubelle et si tu pouvais mettre la table ça serait adorable. J'ai dis à tout le monde d'être là pour 20h et je n'aurais jamais fini si tu ne m'aides pas. »

Draco retourna à son repas pour éviter une carbonisation, alors que Ron grognait, finissant de lire l'article.

« Elle s'en prend même à ma famille !

- Ce ne sont que des mots. Tu t'énerves bien pour rien. »

Ron se retint de répliquer. Draco, luttait intérieurement pour ne pas rire. Ron était si susceptible et impulsif. Tout ça pour quelques lignes sur du papier. Il jeta un coup d'œil vers lui, les yeux toujours rivés sur le journal, son visage prenant des mimiques outrées et horrifiées. Si seulement il pouvait avoir une caméra moldue à cet instant. Il prit en note d'en acheter une très bientôt. Tout à ses pensées de futur réalisateur, il ne vit pas le sourire qui flottait sur les lèvres du roux. Ce dernier se rapprocha doucement de son compagnon, juste assez pour que Draco ressente la chaleur de son corps. Une voix amusée s'éleva dans la pièce.

« Quant à Drago Malfoy, c'est à se demander s'il sort réellement de Serpentard. Tout ce qu'il faisait de lui le prince de cette maison semble s'être évaporé, ne laissant rien qui pourrait même lui permettre d'être accepté à Poufsouffle. »

Ron regarda une veine se mettre à palpiter sur le front de Draco. Malgré la guerre et les querelles à Poudlard, il avait toujours été très fier d'avoir appartenu à Serpentard et Pouffsouffle avait toujours été un lieu de cauchemar, le pays enchanté de Oui-oui et des Bisounours, d'une douceur écoeurante. Il se rapprocha un peu plus, se glissant contre lui.

« Son air fier, son port altier ont laissé place à un être efféminé, dominé par son soi-disant compagnon. Un serpent désormais soumis, une honte pour sa famille. Il est indéniable que ce n'est pas l'amour qui uni ce couple, mais bien un besoin d'autosatisfaction inassouvi. Une tentative désespérée pour mettre de la couleur dans leur triste vie. À moins que cela ne soit simplement, faute de mieux. »

Draco attrapa le journal et le déchira en morceaux direction le vide ordure. Ron observait son visage, sachant pertinemment qu'il s'efforçait de conserver son calme, attendant sa réaction.

« Ron.

- Oui, mon cœur.

- Tu as toujours ces horribles et encombrantes chaussures de marche offertes par ta mère l'année dernière ? Celles que tu n'as jamais mises.

- Bien sûr.

- Demain, nous irons à La Gazette du sorcier, met-les… C'est l'ouverture de la chasse au cafard. »

Ron éclata de rire, attrapant Draco par la taille, il posa sa tête sur son épaule, se blottissant contre lui. Il se cala confortablement, son corps épousant celui de Draco. Il en aurait presque ronronné de bonheur. Si seulement ils pouvaient rester tout le temps ainsi. Mais cela ne dura que quelques minutes à peine avant que Draco ne brise tout.

« Ron, la table ne vas pas se mettre toute seule. »

Le roux se détacha à contre cœur, grommelant contre les insensibles.

-/-

Draco apporta enfin l'entrée sur la table sous les exclamations des affamés. Alors qu'il s'asseyait, Ron prit le relais pour servir tout le monde. Les deux hommes étaient en bout de table, face à eux se tenaient Harry et Ginny. Venaient ensuite Fred et Alicia, face à Blaise et Pansy, George était à l'autre bout de la table discutant avec Hermione et Victor. Le reste de la famille n'avait pu se libérer. Pansy et Blaise avaient vite sympathisé avec les anciens Gryffondors et la soirée se passait à merveille… À un détail près.

Draco jeta un coup d'œil au bout de la table, la place à côté de George était désespérément vide. Lui qui avait tout mis en place pour que George et Andrew se voient, il fallait que l'élément le plus important ait décidé de jouer les filles de l'air. Il était bientôt vingt et une heure et Draco commençait à se poser des questions. Soit ce vendeur de bonbons avait une mémoire de poisson rouge, soit il était trop lâche pour venir. À moins qu'il n'ait une bonne raison, il allait lui voler dans les plumes à ce bellâtre. Cet imbécile allait faire capoter son plan.

Lorsque tout le monde s'était installé à table, beaucoup de questions s'étaient élevées quant à l'invité surprise. George avait fixé son beau-frère à la fois soupçonneux et curieux. Finalement, on avait peu à peu oublié la chaise vide, mais Draco avait laissé le couvert juste au cas où. Une main se posant sur sa cuisse, il se concentra sur ses amis après avoir adressé un sourire au propriétaire de la mimine.

Il avait un peu de mal à suivre les discussions. Entre le quidditch, les bébés, les cours de DFCM et l'expérimentation de produits chimiques moldus sur des bonbons, il était un peu perdu. La prochaine fois, il mettrait les femmes à un bout, les hommes à l'autre. Au diable la parité. Draco les observait, ravi de les voir tous réunis. Il esquissa un sourire lorsque Ginny prit la main de son mari pour la poser sur son ventre. Ce dernier avait une expression de pur bonheur. Ce n'était pas permis de paraître aussi heureux. Des lèvres se posèrent sur la joue de Draco. Ron l'interrogeait du regard, un peu inquiet. Draco lui répondit par un autre baiser. Tout allait bien.

Le bruit caractéristique d'une arrivée en cheminée interrompit les conversations. Tous tournèrent la tête vers ce qui semblait être un sorcier ou un tas de morceaux de tissus. La route avait du être mouvementée, la personne étant les quatre fers en l'air au beau milieu du salon, sa robe passée par-dessus tête. Des grognements de colère, suivis d'une flopée de jurons, moldus donnèrent un aperçu de l'humeur de l'intrus qui bataillait toujours avec sa robe.

« Euh, Ron, qu'est-ce que ça veut dire enfl…

- Tu ne veux pas savoir, Fred. »

Des mèches d'un blond foncé stoppèrent le cours de vocabulaire alors que l'homme se mettait difficilement debout. Draco fut le premier à réagir. George n'arrivait qu'à ouvrir la bouche comme un mérou au départ d'un quatre cents mètre 1et Ron laissait volontiers son amant se dépêtrer avec son rôle de marieuse.

« Andrew ? Ça va…aller ? »

Draco regarda le jeune homme d'un peu plus près. Andrew avait les yeux brillants et le visage rouge. Il semblait avoir du mal à rester debout et de toute évidence il tenait beaucoup moins bien l'alcool que George. L'ex Serpentard s'approcha doucement alors que toute la tablée n'osait piper mot.

« Andrew, je peux vous aider ?

- Vous en avez déjà assez fait ! »

Draco recula, ne s'attendant pas à tant de violence. Ron s'était levé, prêt à s'interposer s'il le fallait.

« Je ne comprends pas.

- Vous m'avez fait croire que je pouvais avoir une chance ! Vous m'avez menti !

- Quoi ? Mais qu'est-ce…

- Pourquoi m'avoir invité ce soir, puisqu'il a déjà quelqu'un ? »

Andrew chancela et se rattrapa au canapé. Draco se tourna vers George, en même temps qu'une dizaine de paires d'yeux.

« Qu'est-ce que tu as encore fait George ?

- Mais rien !

-Mon petit George, tun'a jamais été un modèle de vertu. C'est forcèment de ta faute. Mais d'abord, c'est qui ce mec ? »

Les regards convergèrent de nouveaux vers Andrew qui essayait de compter le nombre de têtes rousses. L'alcool aidant, il se demandait s'il aurait assez de doigts. Il jetait des regards vitreux, un peu perdus à George et Fred, des regards haineux à Alicia.

« Draco, qui est-ce ?

- S'il dessaoule, peut-être le futur copain de George.

- Hahaha, la bonne blague… »

Des regards désabusés se posèrent sur lui alors que son rire s'éteignait. Il avait encore fait une boulette. George regardait avec envie le fond de son assiette. Avec un peu de chance, il pourrait s'étouffer avec un dé de tomate et on le laisserait mourir en paix.

« C'est pas une blague… Mais alors George pourquoi tu l'as mis dans cet état ?

- Mais putain Fred, je ne sais même pas ce qu'il fait ici ! Draco, tu n'aurais pas oublié de me dire quelque chose ?

- Rien du tout.

- Mais bien sûr… Ron qu'est-ce que ce serpent a encore fait ?

- Je n'y suis pour rien, réglez vos comptes entre vous.

- Merci de ton soutien, chéri.

- Désolé mon cœur, mais c'est toi qui l'a voulu.

- « Désolé » ! Et mon cul, c'est de la banane ! Tu te fous de moi !

- Tu ne vas tout me mettre sur le dos, non plus ?

- Mais arrêtez ! Vous avez quel âge ?

- Ginny ne ramène pas ta fraise !

- Fred parle comme ça à ma femme et je viens te mettre mon poing dans la figure.

- Harry, laisse-moi m'occuper de ma famille, on t'a rien demandé. »

Un brouhaha innommable commença à monter de la table. Ron et Draco s'engueulaient à qui mieux mieux, pendant que Fred et Harry se chamaillaient. Victor et Hermione tentaient de les séparer alors que George s'occupait de Ron et Draco. Personne n'entendait Ginny qui leur demandait désespérément de se taire, personne ne vit Andrew s'écrouler lamentablement sur le canapé trop ivre pour tenir debout plus longtemps, trop chamboulé part le fait de voir George en double. Alicia, Pansy et Blaise retenaient avec peine un début de fou rire, préférant les regarder se rendre ridicules.

Le repas de famille tournait vite au vinaigre. Ce n'est que lorsque Ginny hurla dans la pièce que les disputes cessèrent. Le visage de la jeune femme était pâle et ses mains crispées sur mon ventre laissaient entrevoir sa douleur. Harry se rua vers elle.

« Qu'est-ce que tu as chérie ?

- Le bébé… Il vient… Ahhh.

- Mais ce n'était pas prévu avant trois semaine »

Harry commençait à paniquer, osant à peine toucher sa femme qui gémissait.

« J'espère que vous êtes fiers de vous ! Avec vos bêtises, la petite a sûrement du vouloir se mêler à la fête. Harry !

- Oui, je suis là.

- Ta main, s'il te plaît ! »

Harry hésita quelques secondes avant de lui donner sa main et de faire une grimace.

« Ginny… mes doigts.

- Tes doigts ! Et moi, qu'est-ce que je devrais dire !

- Hermione appelle les médicommages.

- Oui, tout de suite. »

Hermione disparut de la pièce, sous les regards éberlués de l'assemblée. Ils regardaient Ginny qui écoutait avec soin les conseils d'Harry quant à sa respiration et qui lui posait des questions inquiètes sur ses contractions. Soudain Ginny leva la tête vers le petit groupe, les yeux remplis de fureur.

« Vous aimez voir les gens souffrir ?

- …

- …

- …

- …

- Alors arrêtez de me regarder, bande de sadiques ! »

Blaise et Pansy et Fred et Alicia remercièrent Draco et Ron en vitesse pour leur hospitalité avant de prendre la poudre de cheminette. Victor les suivit de peu après avoir embrassé Hermione qui allait accompagner le couple à Ste Mangouste. Les médicommages venaient d'arriver et bientôt il ne resta plus que George, Ron et Draco, plantés au milieu du salon, avec le repas sur la table. Ils se jetaient des coups d'œil perplexes, Ron et Draco se préparant mentalement à un deuxième round, lorsqu'un ronflement les tira alors de leurs pensées. Ils se penchèrent au-dessus du canapé pour voir Andrew, profondément endormi, la bouche grande ouverte.

« Quelqu'un peut m'expliquer ce qu'il vient de se passer ?

- Laisse tomber George, on verra ça plus tard. Tu m'aides à porter ton prince charmant dans la chambre d'amis. Draco, tu peux aller chercher une bassine ? Je pense que ça serait plus prudent d'en laisser une à proximité.

- J'y vais. De toute manière, s'il salit la moquette, il nettoie. »

George et Ron agrippèrent le Beau aux bois dormant et le jetèrent sur le lit. Ron s'éclipsa, laissant à George le soin de veiller sur Andrew. En arrivant dans le salon, il vit Draco qui commençait à ranger la table. Il était encore sur les nerfs et devoir tout ranger alors qu'il avait passé tout l'après-midi à cuisiner ne devait pas arranger son humeur. La soirée allait être longue.

-/-

« Hermione vient d'appeler. »

Ron s'appuya au bar de la cuisine. Ils avaient réussi à tout remettre en place, il était minuit, et ils ne s'étaient pas encore adressé la parole. Draco, assit à la table de la cuisine l'air fatigué, le regarda enfin dans les yeux.

« Ginny va bien et la petite Raphaëlle Potter se porte très bien malgré son arrivée imprévue. Elle fait 3kg pour 48 cm.

- C'est génial, je suis vraiment heureux pour eux. Ginny doit être ravie, très fatiguée, mais ravie.

- Nous irons les voir aujourd'hui ?

- Bien sûr, je veux voir la dernière de la famille.

- Il faudra qu'on aille voir Harry aussi.

- Harry ?

- Ma chère sœur lui a cassé deux doigts à force de lui tenir la main.

- Elle ne peut décidément pas renier sa famille.

- Ça veut dire quoi ça ?

- Que votre horrible caractère… vous rend adorables.

- Bon rattrapage.

- En tout cas, je suis vraiment heureux pour eux. »

Le regard triste de Draco démentait ses paroles et son sourire. Ron s'approcha, posant la tête sur son épaule, un baiser sur l'arête de sa mâchoire. Il l'enserra de ses bras, espérant que Draco lui sourit franchement. Cela faisait quelques semaines que quelque chose travaillait son amant. Il n'aimait pas le voir dans cet état. Il respira son odeur alors que Draco se laissait aller dans ses bras, les yeux clos.

Une scène lui revenait peu à peu en mémoire. Il n'y avait pas réellement fait attention auparavant, pensant que c'était peut-être passager, mais l'attitude de Draco était de plus en plus claire.

Peut-être un mois avant l'exposition, avant qu'il n'ait l'esprit trop occupé pour penser à autre chose, il lui avait montré des photos de la famille, des photos d'Harry et de Ginny, dont le ventre était déjà bien rond. Draco avait regardé les photos, envieux. Ron avait pris cela pour un trop plein de solitude.

Il était désormais sa seule famille et le fait que le blond reste seul toute la journée l'inquiétait beaucoup. Draco, malgré leur couple et l'amour que Ron lui apportait, supportait mal de n'avoir personne vers qui se tourner, en dehors peut-être de Blaise et Pansy. De plus, il n'était pas tranquille en raison de son passé de mangemort, il ne sortait pas souvent seul. Le fait que Ron ait une famille nombreuse et soudée n'arrangeait alors rien.

Draco lui avait même avoué un jour qu'il enviait vraiment Harry et Hermione. C'était déjà le cas à Poudlard, mais c'était encore plus flagrant aujourd'hui, puisqu'ils avaient été adoptés par la famille Weasley, alors qu'elle ne savait rien de son existence. Un problème qui ne serait bientôt plus.

Lorsque l'exposition était arrivée Ron l'avait presque bénie, permettant à Draco d'oublier ses problèmes. Ce n'est que quelques semaines plus tard que Ron avait compris ce qui le préoccupait réellement. Il revoyait Draco, se tenant devant la glace de la salle de bain, son tee-shirt relevé, gonflant son ventre et se cambrant légèrement. Il s'était ensuite appuyé au rebord du lavabo, cachant son ventre plat sous le tissu.

Un bébé ?

Draco voulait une famille, sa propre famille. Ron avait trouvé cela curieux parce qu'il était un homme, parce que Draco et lui n'avaient jamais parlé d'avoir des enfants. La grossesse masculine était difficile, mais possible. Ron était prêt à lui offrir cette famille, mais pas tout de suite. Les choses avaient tellement changé en l'espace de quelques semaines. Le succès de l'exposition, l'acceptation de la famille, le fait qu'ils n'auraient plus jamais à se cacher. Tout se bousculait et ils avaient toute la vie devant eux.

Il avait passé des heures à réfléchir au fait de fonder une famille et c'était trop tôt. Ils avaient tout juste 24 ans. Draco et lui étaient ensemble depuis peu de temps finalement. Qui sait ce qu'il pouvait arriver dans un mois ou un an. Faire un enfant maintenant était prématuré, c'est d'ailleurs ce qu'il avait pensé lorsque Harry et Ginny leur avaient annoncé pour Raphaëlle. Ron savait que Draco aurait toujours ce manque au fond de lui et un jour, il serait ravi de le combler, mais il avait quelque chose à faire avant.

« À quoi penses-tu ? »

Ron tourna la tête pour croiser un regard acier.

« Comme d'habitude… À toi. »

Draco tendit ses lèvres que Ron se hâta de ravir.

« Tu sais, je suis désolé pour tout à l'heure.

- Pourquoi ?

- C'est moi qui ai voulu qu'Andrew vienne et je n'avais rien à te reprocher.

- Oh, il y a longtemps que j'ai oublié. Ne t'inquiète pas ce n'est pas grave.

- J'ai quand même honte. Par ma faute, on s'est chamaillé comme des gosses. J'ai eu l'impression d'être retourné à Poudlard tout à coups.

- C'est vrai que ça y ressemblait… Les insultes en moins. En même temps, c'était drôle. Ça fait du bien de retomber en enfance.

- …

- Tu n'es pas d'accord… Draco ?

- Mm.

- Je crois qu'il est l'heure d'aller se coucher.

- Mm. »

Le blond somnolait à moitié et Ron du le guider jusqu'à leur chambre pour qu'il y arrive entier.

-/-

Il faisait chaud, l'air lourd l'empêchait presque de respirer, comme si des fibres de coton s'étaient mêlées à l'oxygène, embrumant tout autour de lui, ainsi que son esprit. Malgré ses efforts, il n'arrivait pas à ouvrir les yeux, un bandeau posé sur ses paupières. Son sang palpitait au niveau de ses tempes, un tambour empirant son mal de tête. Plus il essayait de se réveiller et plus la douleur s'insinuait. Tout devenait orangé autour de lui, il avait l'impression de planer, une envie de vomir lui tenait les entrailles. L'espace d'un instant, il crut être revenu des années en arrière, mais le fait d'être allongé sur un matelas et au chaud contrastait avec ses souvenirs.

Une vague le submergea soudain et son corps réagit de lui-même. Se tournant vers le côté, un flot amer déborda de ses lèvres, lui brûlant la gorge et répandant une odeur âcre. Il n'arrivait plus à s'arrêter et les larmes lui montaient peu à peu aux yeux.

Alors qu'il réussissait enfin à se calmer, une sensation de fraîcheur envahit son visage. Malgré la fatigue et la sensation de malaise, il réussit enfin à ouvrir les yeux. Son regard tomba sur le liquide visqueux au fond d'une bassine et il se fit violence pour empêcher son estomac de refaire des siennes. Il se concentra au maximum sur cette sensation agréable qui l'apaisait et se remit sur le dos.

Ses paupières se soulevèrent sur un lieu inconnu et des flashs lui rappelèrent doucement comment il été arrivé là, à quelle vitesse il avait vidé une bouteille de whisky et s'était rué chez le frère de George. La suite était confuse, il ne voyait que des cheveux roux, il était entouré par plusieurs George alors que des éclats de voix résonnaient dans sa tête.

Il fallait qu'il arrête définitivement de boire ou alors il devait se précipiter au Chicaneur pour trouver Luna Lovegood et lui expliquer la multiplication des George.

« Andrew ? »

Et en plus, il entendait sa voix. Il tourna la tête et se figea en voyant George qui retirait un linge humide de son front.

« Ça va aller ? »

Si le roux n'avait paru aussi inquiet, Andrew se serait sûrement mis en colère. La jeune femme qu'il avait aperçue dans la ruelle était là hier soir. Il s'en souvenait comme par miracle et c'en était assez pour le mettre hors de lui.

« Andrew, vous m'entendez ? »

Il hocha la tête doucement.

« Vous voulez boire quelque chose ?

- Hors de question ! »

George se retint de rire.

« Je pensais plutôt à de l'eau et une aspirine.

- Oh. »

George lui tendit des cachets et de l'eau, qu'il but avidement. Il jeta ensuite un coup d'œil à l'homme qui se tenait assis près de lui. Un teint de porcelaine faisant ressortir les yeux bleus ainsi qui les cernes qui les soulignaient.

« J'ai quelque chose sur la figure ?

- Non, c'est juste que… Non rien.

- Passer la nuit sur une chaise, Ce n'est pas ce qu'il y a de plus reposant.

- Désolé… Je ne me rappelle pas très bien de ce qui s'est passé hier soir. »

Andrew rougit violemment alors que George commençait à lui relater les événements de la nuit. Le visage du blond pâlissait à vue d'œil. Lorsque George termina son récit par le départ de Ginny aux urgences, il cacha son visage entre ses mains, mort de honte. Il aurait préféré ne jamais se réveiller plutôt que de faire une telle scène devant des inconnus.

« Je suis vraiment désolé. Et merde ! Y a que moi pour me ridiculiser autant devant un public.

- Il y avait juste mes deux frères avec leur moitié, ma sœur et son mari et deux couples de nos amis.

- Devant votre famille… Je suis trop con.

- Je pense qu'après tout ça et après t'avoir vu vomir, on peut se tutoyer, non ? Et puis ce n'est pas si grave, se rendre ridicule est assez fréquent dans ma famille, mais j'aimerais beaucoup savoir pourquoi tu t'es pris de passion pour le whisky. »

Andrew soupira. Il n'était plus à une humiliation près, il lui raconta tout depuis le début. George l'écoutait patiemment, fixant son attention sur le jeune homme pour éviter de rire et prenant en note de tuer Draco.

« Enfin, voilà, je crois que je n'ai plus qu'à rentrer chez moi. »

George l'arrêta alors qu'il allait sortir du lit. Andrew avait été franc avec lui, il devait en faire de même.

« Andrew, si Draco t'a invité, c'est parce que… Tu me plais aussi.

- C'était qui alors cette greluche !

- …

- Pardon.

- La greluche est la copine de mon frère jumeau, tu l'as vue hier soir. Tu t'en souviens ?

- Vaguement. J'ai rêvé d'un élevage de Pandas roux et puis plus rien. »

George se retint de lui sauter à la gorge. Après les belettes, les Pandas roux. Pourquoi pas une meute de Garfield ? Il respira à fond, zen. Il s'apprêtait à répliquer lorsqu'une ampoule se mit à clignoter furieusement dans l'esprit d'Andrew.

« Donc ça veut dire que ce n'est pas toi qui étais en train de l'embrasser ?

- Oui.

- Que tu es libre ?

- Oui.

- Que je te plais !

- Oui… Mais la prochaine fois demande avant d'arriver totalement ivre chez des gens que tu ne connais pas.

- Merci de me le rappeler. Je crois que j'ai des excuses à faire.

- En attendant, tu vas aller prendre une douche. Je vais demander à Ron de te prêter des vêtements. Ah et pendant que j'y pense… »

George s'était levé et avait posé sa main sur la poignée de la porte à demi retourné.

« Oui ? »

- Je suis libre lundi soir. »

Il s'engouffra par la porte pour cacher sa gêne et les rougeurs de ses joues. Un cri de joie résonna dans la maison, alors que George pouffait discrètement dos à la porte. Ron qui sortait de sa chambre haussa un sourcil.

« J'espère qui ne fait pas toujours autant de bruit.

- Ronnn !

- Mais si tu veux, j'ai un sort d'insonorisation très au point.

- Je ne veux rien savoir ! »

George plaqua ses mains sur ses oreilles et se dirigea à grands pas vers la cuisine. Ron retourna dans la chambre, hilare, embêter George était décidément trop facile.

-/-

Ron et Draco pénétrèrent dans le bâtiment et se dirigèrent vers l'accueil.

« Bonjour, la chambre de Ginny Potter s'il vous plait.

- Quel service ?

- Minis sorciers.

- Pédiatrie.

- Chambre 701.

- Merci. »

Draco se retourna avant de donner un coup de coude à son compagnon. Ron avait le sourire jusqu'aux oreilles depuis ce matin et sa bonne humeur s'en ressentait dangereusement sur son sens de l'humour. Ils montèrent au service pédiatrique et repérèrent vite la chambre en suivant le vacarme qui en sortait. Toute la famille s'était entassée dans la chambre. Ginny était allongée tenant entre ses bras Raphaëlle qui gazouillait. Harry était assis juste à côté d'elle, la main dans le plâtre.

« Vous voilà enfin ! Je vous signale que vous êtes les derniers !

- Je sais maman, mais nos invités nous ayant laissé en plan hier soir, on a eu du rangement à faire. »

Les concernés levèrent les yeux au ciel, soudainement absorbés par la couleur du plafond. George, qui avait raccompagné Andrew, se tenait dans un coin de la chambre, perdu dans ses pensées.

« Bon, à quoi elle ressemble cette petite puce ? Harry, j'espère qu'elle n'a pas tes cheveux, sinon elle est mal barrée.

- Ne t'inquiète pas, de ce côté-là, elle est totalement Weasley ! »

Ron s'approcha et prit le bébé dans ses bras. La petite ouvrit de grands yeux bleus, il faudrait encore quelque jours pour savoir qu'elle serait la couleur définitive de ses iris. De minis boucles rousses parcouraient sa tête, la rendant adorable.

« Pourquoi elle me fixe comme ça ?

- Elle doit bien t'aimer. »

Ron lui fit quelques risettes dignes d'une grand-mère gâteuse, avant de se tourner vers Draco.

« Tiens, prends-là.

- Je ne sais pas…

- Mais si, vas-y. Après tout c'est ta nièce. »

Ron ne lui laissa pas le temps de dire quoique ce soit et il se retrouva avec le nourrisson dans les bras.

« Draco, tiens-lui bien la tête.

- Euh… Oui… Comme ça ?

- C'est très bien. »

Le blond était légèrement paniqué et n'avait qu'une seule pensée en tête : ne pas la faire tomber, ne pas la faire tomber. Et puis pourquoi elle le fixait comme ça en se marrant, c'était Ron le clown de service pas lui ! Même pas un jour d'existence et pourtant il aurait parié à cette minute précise qu'elle voulait lui en faire voir de toutes les couleurs. Une Potter croisée belette, ça ne pouvait annoncer qu'une catastrophe. Une casse-cou avec un caractère exécrable, autant annoncer la fin du monde tout de suite. Il la rendit à Ginny, le sourire aux lèvres. Il se fit aussitôt happer par Arthur et ses questions farfelues. Il voulut jeter un regard à Ron pour qu'il le sorte de là, mais le roux n'était plus dans la pièce.

Ron se dirigeait à grands pas vers l'infirmière de garde qui se tenait derrière un comptoir blanc.

« Bonjour. Que puis-je pour vous ?

- Bonjour… En fait… Je voudrais avoir des informations quant à la grossesse masculine. Je ne sais pas du tout comment ça se passe. »

L'infirmière lui fit un sourire rassurant. Ron n'aurait jamais cru être aussi nerveux. Lorsqu'il avait vu Raphaëlle dans les bras de Draco, il avait pris sa décision. Peu importe qu'ils soient jeunes ou non. Ils s'aimaient, ils avaient largement de quoi subvenir à leurs besoins et même s'il avait peur il était persuadé qu'ils feraient de bons pères. S'il ne passait pas le cap tout de suite, il pouvait au moins se renseigner.

« Je vais vous donner tous les documents qui expliquent la grossesse masculine. Par contre, je dois vous prévenir que la procédure est longue car il vous faut avoir l'aval du ministère.

- Qu'est-ce que le ministère a à voir là-dedans ?

- D'un point de vue légal, la grossesse masculine est placée au même rang que l'adoption. Une enquête est menée sur le couple pour savoir si l'enfant sera entre de bonnes mains.

- Je ne savais pas. L'accord est difficile à obtenir ?

- En général non. Ensuite, il faudra que le futur porteur du bébé fasse des tests. La grossesse masculine a été élaborée par les médicommages à partir des études ADN moldues. Tout le monde ne peut pas forcément avoir d'enfants. Il faut que vous sachiez que cela ne marche pas à chaque fois.

- D'accord, je vais lire tout ça et réfléchir. Merci beaucoup. »

Ron rétrécit les documents et les mit dans sa poche arrière de son jean. Au même instant, Draco sortait de la chambre et venait vers lui.

« Je te cherchais. Qu'est-ce que tu fais ?

- Je demandais si je pouvais récupérer une tenue d'infirmier. Je suis sûr que ça t'irait très bien.

- Pervers. Comme si on n'avait pas assez de costumes à la maison. Ta… Notre nièce vient de montrer sa première d'intelligence. Ginny a essayé de la faire manger.

- Je ne vois pas ce qu'il y a d'extraordinaire.

- En tout cas, la robe d'Harry est fichue.

- Je sens que je vais l'aimer cette petite, par contre il va falloir éloigner George et Fred avant qu'ils ne la transforment en démon destructeur. »

Draco déposa un baiser sur la joue de son compagnon avant qu'ils ne retournent dans la chambre.

La famille Weasley passa presque son week-end à l'hôpital. Entre les frères, les « jeunes » grands-parents et les amis, ce fut un défilé constant. Harry et Ginny ne purent se reposer qu'une fois le lundi arrivé.

Mais pour certains le lundi n'avait rien d'un jour béni. Ron se tenait face au ministère n'osant passer les grandes portes d'acier. Quant à George, il regardait l'heure toute les cinq minutes, stressé en vue de son rendez-vous.

À 10h50, Fred jeta son frère hors de la boutique.

À 11h15, Ron poussait la porte du ministère.


1 Expression made in Le donjon de Naheulbeuk.

J'ai réusi à finir ce chapitre. J'ai l'impression d'avoir fait beaucoup de blabla pour rien, mais tant pis maintenant c'est fait. L'histoire prend une tournure tout autre de ce que j'avais prévue, à l'origine y avait pas d'histoire de bébé et tout devait se finir d'ici un ou deux chapitres, mais là je sais pas du tout ce que ça va devenir.

Je fais un gros bisous à tout le monde. Laissez-vous tenter par le côté obscur de la review, ça fait toujours plaisir et ça donne vraiment envie d'écrire lorsque le syndrome page blanche pointe le bout de son nez.

Bisous. Choupette (en même temps je vois pas qui ça pourrait ête d'autre)