Bruce se réveilla en colère.
Très en colère.
En colère contre lui-même.
Il avait perdu le contrôle, s'était humilié, et avait mis Tony dans une situation embarrassante.
Je te déteste, se dit-il à lui-même en serrant les dents. Tout ce que tu fais c'est foutre les choses en l'air. Il sentit l'adrénaline parcourir son corps, son cœur battant dans sa poitrine, et sous la rage une lointaine partie de lui réalisa qu'il avait besoin de s'aller dans la pièce verte. C'était trop tard pour sa méditation régulière, la rage avait mijoté en lui pendant qu'il dormait, lui chuchotant dans ses cauchemars.
Il s'extirpa du lit, trébuchant sur une couverture qui s'accrochait à lui. Il fut pris d'un nouvel élan d'agressivité.
Je veux écraser quelque chose! Malgré le fait que ces mots étaient ceux d'Hulk, il les pensait quand même. Il avait le temps d'arriver jusqu'à l'ascenseur.
Bruce ouvrit la porte de sa chambre avec force, forçant un gond mal fixé hors du mur. Il baissa le regard sur son bras et vit qu'il devenait vert.
Tout est de ta faute, pensa-t-il en chancelant dans l'ascenseur. Si t'étais autre chose qu'un loser pleurnichard et pathétique, tu serais pas en train de perdre le contrôle maintenant. Tu serais pas en train de virer au vert comme un monstre mutant répugnant.
Bruce hurla et écrasa sa main contre le mur de l'ascenseur, y laissant une entaille.
"Avez-vous besoin d'assistance Dr. Banner?" lui demanda l'AI britannique poliment.
"Oui! Emmène-moi dans cette foutue salle de confinement!" cria Bruce à l'ordinateur, se retenant à peine d'injurier JARVIS. Il avait essayé de trouver le bon étage lui-même, mais à chaque fois qu'il regardait tous ces boutons les nombres flottaient devant ses yeux et le rendaient complètement fou.
"Tout de suite," répondit JARVIS, et l'ascenseur commença à bouger.
Bruce se mit à arpenter la petite cabine qui rétrécissait lentement, serrant les dents pour retenir ses rugissements et ses hurlements. Sans succès. Ils lui échappaient quand même. Il se jeta contre les murs en hurlant, en donnant des coups de pieds, en s'arrachant les cheveux.
Hulk voulait écraser. Hulk voulait écraser le stupide et chétif Bruce Banner.
Non, Bruce supplia son traître de psychisme. Non, je ne veux pas ça.
Oh mais si. Il le voulait tellement. C'était tout ce qu'il voulait, tout ce qu'il avait toujours voulu. Juste déchiqueter, détruire et terroriser. Comme ça personne ne lui ferait de mal, jamais plus. Il était le plus fort qui soit.
Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent et Bruce tituba aveuglément dans le hall. Sa vision se teintait de vert, il ne restait presque plus rien de lui. Bientôt il ne serait plus là.
Il baissa les yeux sur son bras vert, et musclé, ses énormes mains. Il n'avait peut-être pas encore disparu, mais Hulk était déjà là. Il rugissait avec sa voix, un cri à en faire trembler la terre qui secouait son corps démesuré. JARVIS, dans sa grande sagesse artificielle, lui ouvrit les portes de la pièce verte. Bruce avait dépassé le stade où il pouvait encore le faire lui-même.
Dans un dernier éclat de conscience il se jeta à l'intérieur, se laissant aller seulement une fois que les portes se refermèrent derrière lui.
J'aurais voulu que Tony soit là. Fut sa dernière pensée avant de perdre conscience.
À ce moment, Tony était dans son laboratoire à travailler. Ses tentatives de faire la sieste avaient été aléatoires, et avaient duré moins d'une heure. Ayant abandonné, il avait décidé de faire plaisir à Pepper en travaillant sur ces schémas.
"Monsieur, quelque chose est arrivé. Le Dr. Banner est actuellement en train d'utiliser la pièce Hulk," lui dit JARVIS.
Tony fut pris d'un étrange mélange d'inquiétude et de tranquillité. Il laissa ses appareils et se dirigea vers l'ascenseur.
"Merci JARVIS, et on appelle ça la 'pièce verte' maintenant."
"Je mettrai mes entrées à jour, monsieur."
À l'intérieur de l'ascenseur Tony inspecta les dégâts causés. Il y avait une entaille relativement superficielle à hauteur de poing d'un côté de l'ascenseur, et plusieurs entailles plus profondes à hauteur de pied de l'autre. Il vit des mèches des cheveux gris/bruns de Bruce arrachées sur le sol. Il y avait aussi quelques boutons qui ne pouvaient venir que de la chemise qu'il portait.
Qu'est-ce qui l'a mis hors de lui? Se demanda Tony. Il ne pouvait s'empêcher de penser à la crise de panique. Il n'y avait eu aucun signe de Hulk à ce moment; Bruce n'avait même pas lutté contre l'étreinte de Tony, ce qu'il arrivait aux personnes qui paniquaient de faire des fois à ceux qui essayaient de les aider. Il avait juste sombré contre lui, tellement fragile…
Tony regarda de nouveau les entailles. Bruce n'était certainement pas fragile à cet instant.
En arrivant dans le hall de l'étage de la pièce verte, Tony fut alarmé par les vibrations secouant les murs. La pièce verte avait été complètement insonorisée, et pourtant il pouvait quand même entendre de faibles éclats de hurlements. Bruce l'avait assuré que ses constructions retiendraient Hulk, mais il avait apparemment oublié d'utiliser l'expression "à peine".
"JARVIS, montre-moi la vidéo diffusée, en muet s'il te plaît."
Un écran holographique apparut sur un mur à côté des portes de la pièce verte. Tony s'avança et observa la scène qui se déroulait à seulement quelques mètres de lui derrière ces portes.
Il fut très inquiet par ce qu'il vit, mais au lieu d'avoir peur tout ce qu'il ressentit fut de la tristesse. Tout ce que les autres voyaient en regardant Hulk c'était le danger, la destruction, ou quelque chose de diabolique. Ce que Tony voyait à cet instant c'était de la souffrance. Plus de souffrance qu'il ne pourrait même pas envisager de comprendre, le tout pesant sur les épaules de l'homme qu'il aimait.
Hulk n'avait même pas montré la moitié de cette férocité la fois où Tony l'avait rencontré. Pendant la bataille il s'était essentiellement amusé, écrasant joyeusement tout ce qu'il voulait. Il lui avait même renvoyé un sourire bestial.
Là tout de suite il n'était pas en train de sourire. Il martelait le mur au même endroit encore et encore, causant les vibrations que Tony sentait de l'autre côté. Il pouvait voir la colère de Hulk de multiplier chaque fois qu'il écrasait le mur et que le mur refusait de s'écraser.
Tony ne pouvait pas l'observer plus longtemps. C'était trop douloureux et il se sentait trop impuissant.
"JARVIS, montre-moi l'enregistrement où Bruce se transforme. Avec du son, volume à 50%." Peut-être qu'il pourrait mieux comprendre pourquoi Bruce s'était transformé.
La première chose qu'il vit fut la porte de Bruce qui s'ouvrait brusquement, et un Bruce teinté de vert tituber à la lumière. Il regardait ses bras et, poussé par ce qu'il voyait, se précipitait dans l'ascenseur. À l'intérieur, l'expression d'une rage terrible sur son visage éprouva le coeur de Tony. Il était peut-être recouvert de veines vertes, mais c'était toujours le visage de Bruce, et n'aurait jamais pu imaginer que ce visage puisse se tordre aussi monstrueusement. Il vit Bruce crier et frapper le mur. C'était la voix de Bruce mutilée par la rage, et c'était Bruce qui continuait de se jeter violemment contre les murs, ayant sérieusement l'air d'essayer de se cogner jusqu'à en mourir.
Non, ne fais pas ça, pensa Tony en grimaçant de douleur. C'était pire que d'observer Hulk, mais il ne pouvait se résoudre à détourner le regard.
Le vert de sa peau prenait une nuance plus profonde, et comme son poids augmentait, sa chemise se déchirait et faisait sauter les boutons. Les coutures de son pantalon se déchirèrent aussi mais il resta en place. Puis la caméra changea pour montrer à Tony une vue depuis le hall où il se tenait maintenant, et il regarda les dernières traces de Bruce Banner s'évanouir dans la rugissante et gargantuesque créature qu'était le Hulk. Même à 50% du volume, ses hurlements menaçaient de le faire saigner des oreilles.
L'enregistrement s'arrêta, et Tony resta là avec l'impression de s'être fait rouler dessus par un bus.
Honnêtement il n'avait pas soupçonné que Bruce puisse avoir ça en lui.
Je suis toujours en colère, avait-il dit. Et pourtant Tony ne l'avait pas cru, pas vraiment. Ce n'est qu'après avoir été témoin d'une transformation de Bruce contre son gré pour la première fois qu'il commençait tout juste à comprendre à quel point il ne comprenait pas. Peut-être qu'il se trompait, et que Hulk avait vraiment entièrement consumé l'esprit de Bruce à cet instant, mais à ses yeux, c'était Bruce qui avait hurlé de rage. C'était Bruce qui avait essayé de se heurter jusqu'au sang contre les murs de l'ascenseur. C'était Bruce qui s'était arraché ses propres cheveux, ses cheveux que Tony aimait tant.
Il savait déjà que Bruce détestait Hulk, mais il réalisait pour la première fois que Bruce se haïssait tout autant.
Il fut tiré de ses pensées en se rendant compte que les vibrations autour de lui s'étaient énormément amplifiées.
"JARVIS, montre-moi l'intérieur de la pièce, maintenant!"
Hulk était en train de casser le mur.
Ses muscles se bandaient de façon incroyable, ses veines saillaient le long de son corps, et le sang vert lui montait tellement à la tête qu'il virait presque au noir. Ses points avaient pilonné le mur jusqu'à creuser une bosse presque aussi grosse que lui.
Ce n'était pas censé être possible. Hulk n'était pas supposé être aussi fort. Tony ne l'avait jamais vu aussi fort, dans aucune des vidéos qu'il avait regardées, et il les avait toutes vues. Et de nouveau, il réalisa qu'il ne l'avait jamais vu aussi en colère auparavant. De toute évidence Hulk n'appréciait pas d'être enfermé.
Qu'est-ce que je fais? Se demanda Tony, qui commençait à paniquer. S'il sortait de cette pièce, alors tout était fini. Bruce quitterait la Tour de son plein gré, ou bien contre, traîné par le S.H.E.I.L.D. Tony pourrait ne jamais le revoir. Et Bruce perdrait tout l'espoir pour lequel Tony s'était démené à lui donner.
C'était Bruce dans cet ascenseur, pensa Tony, frappé d'une soudaine certitude. Et là tout de suite c'est lui dans cette pièce.
"JARVIS, laisse-moi entrer!"
"Dans la pièce verte, monsieur?" demanda JARVIS, incapable de comprendre quelque chose d'aussi peu intuitif.
"OUI!" cria Tony.
"Monsieur, le protocole de sécurité-"
"Annulation code 23367489! Et ferme les portes derrière moi!" hurla Tony à l'ordinateur.
"Très bien, monsieur," concéda JARVIS, incapable de discuter. Les portes de la pièce verte s'ouvrirent.
Tony courut à l'intérieur, et ce ne fut qu'une fois qu'il se retrouva enfermé avec un monstre de deux tonnes aveuglé de rage qu'il réalisa qu'il aurait dû mettre l'armure d'Iron Man avant.
"Hulk!" cria-t-il. Pourquoi? Le géant vert n'avait même pas remarqué qu'il était là, il aurait eu une chance de se glisser dehors s'il l'avait juste fermé.
Mais maintenant Hulk avait cessé son assaut contre le mur et s'était tourné face à lui. Il le regarda, la respiration sifflante et haletante comme celle d'une bête sauvage, soulevant sa musculature verte et massive. Ses poumons étaient tellement puissants que Tony pouvait sentir sa respiration réchauffer son visage à dix mètres de distance. Même à cette distance, le colosse semblait se dresser au-dessus de lui. Les vagues de force et de haine irradiant de lui étaient palpables. À cet instant, Tony devint vraiment, vraiment conscient de combien il serait facile pour Hulk de l'écarteler bout par bout, jusqu'à ce qu'il ne reste rien de lui sinon des lambeaux de chair baignant dans le sang. Éclaterait-il ses organes dans ses mains comme s'ils n'étaient que des ballons? Casserait-il ses os en deux, ou les utiliserait-il simplement pour continuer de frapper le mur? La destruction de Tony Stark ne serait-elle rien d'autre qu'un moment de distraction dans la quête de Hulk pour s'échapper?
Tony était terrifié.
Il n'avait jamais été aussi terrifié de toute sa vie. Il ne s'était pas senti aussi proche de son propre décès lorsqu'il avait vraiment été mourant. Il souhaitait sortir de cette pièce plus qu'il n'avait jamais souhaité sortir de la cave d'Afghanistan.
Il fit un pas en avant.
Hulk lui hurla dessus, lui explosant quasiment les tympans.
Tony fit un autre pas en avant.
Hulk frappa le sol du poing, faisant trembler la pièce entière, et secoua Tony d'un autre rugissement.
Tony continua d'avancer pas après pas jusqu'à raccourcir la distance entre eux de moitié. Cinq mètres plus loin, il devait toujours se déboiter le coup pour regarder Hulk, mais il ne le quitta pas des yeux. Il fixa son visage et commença à verser de lentes, silencieuses larmes.
Il ne savait pas ce qui l'accablait le plus, à quel point il était mort de peur, ou à quel point il n'en avait rien à foutre.
"Je t'aime," lui dit-il.
Ce qui arriva ensuite fut tellement incroyable que pendant un instant Tony oublia qu'il ne croyait pas en Dieu.
Hulk pencha sa tête massive sur le côté, son regard passa de meurtrier à curieux.
"Iron?" demanda-t-il, sa voix était tellement grosse et maladroite que c'en était presque... presque drôle.
Tony était bouche bée. Hulk venait de lui parler. Et il n'avait plus l'air d'être sur le point de le tuer.
"Oui! Je suis Iron Man!" s'exclama-t-il finalement après avoir retrouvé sa voix, celle qu'Hulk avait reconnue.
Hulk détourna paresseusement le regard de Tony pour regarder son entaille dans le mur en fronçant des sourcils. Puis il s'assit avec un bruit sourd.
"Pourquoi Hulk est dans grand piège, Iron?" demanda-t-il à Tony.
"Eh bien, euh…" Je l'ai construit pour que ton alter ego puisse t'y enfermer? "Ce n'est pas vraiment un piège mais plutôt une euh… salle de repos." Sérieusement Tony? "Un endroit sympa pour que tu puisses… te poser. Et te détendre."
Hulk se contenta de grogner.
Il a vraiment gobé ça? Se demanda Tony avec surprise.
"Iron homme gentil," fit Hulk avec désinvolture, comme s'il engageait une nouvelle conversation.
Tony était stupéfait. Et flatté.
"Hum, merci. Merci beaucoup," répondit-il.
"Hulk attrape Iron," continua Hulk, l'air fier de lui.
"Mais oui!" acquiesça Tony, content qu'Hulk se souvienne que lui vivant était une bonne chose. "Merci à propos. Je serais mort si tu n'avais pas été là."
Hulk se renfrogna. "Iron pas mourir," affirma-t-il, l'air très contrarié par cette idée.
"Je ferai de mon mieux."
Hulk se pencha en avant, le regardant avec insistance.
"Pourquoi Iron pleure?" demanda-t-il.
Heummmm… il n'avait aucune idée pour répondre à ça. Il le regarda simplement, les yeux écarquillés et l'air inquiet.
Hulk haussa les épaules, laissant tomber.
"Iron laisse Hulk sortir?" demanda-t-il à la place.
"Hum, mince mon pote, je le ferais bien, sauf que là tu ne passerais pas vraiment la porte. Si tu attends jusqu'à redevenir petit, tu n'auras pas à démolir ta super salle de repos."
"Hulk n'aime pas être chétif. Hulk aime écraser!" répondit-il le sourire aux lèvres.
"Mais, hum…" Tony se creusa la tête pour trouver quoi dire. "Si tu recommences à frapper on ne pourra plus parler. Tu aimes me parler, pas vrai?" demanda-t-il, offrant au Hulk une version nerveuse de son plus beau sourire.
"Hulk aime bien Iron…" acquiesça Hulk pensivement, ses yeux fixèrent Tony intensément. Il jeta un œil à l'entaille dans le mur, puis regarda Tony de nouveau. "Hulk aime Iron plus que frapper," décida-t-il.
Alors ça c'était possiblement le meilleur compliment que Tony ait jamais reçu.
"Moi aussi je t'aime bien, vieux," répondit Tony, disant la vérité. Une fois sa misérable terreur surmontée, Hulk lui avait prouvé qu'il était un interlocuteur très plaisant.
"Iron a dit… Iron aime Hulk," dit Hulk d'un air confus.
Tony déglutit. Il s'en souvient?
"C'est quoi 'aimer'?" demanda Hulk.
Oh mon Dieu. Sérieusement? Je dois expliquer l'amour à Hulk? Je serais incapable d'expliquer l'amour à un môme de cinq ans, alors encore moins à un géant vert ayant passé sa vie haï et chassé. Et puis il y a ce détail tellement pratique, ça lui arrive de se transformer en l'homme que moi j'aime, il est une extension de cet homme, alors vraiment je l'aime aussi, et, oh mon Dieu. Dieu, si t'es vraiment là, merci de ne pas m'avoir transformé en confiture maison de chez Hulk, mais ça c'est... c'est..."
"L'amour c'est quand tu tiens à quelqu'un plus que tu ne tiens à toi-même," lâcha Tony, les mots sortant de sa bouche de façon spontanée.
Hulk le fixait en silence.
"…Iron tient à Hulk?" demanda-t-il d'un air sceptique.
"Oui. Beaucoup," admit Tony.
Hulk fronça les sourcils en une expression de réflexion très, très intense. Il semblait lutter avec des idées dépassant un peu ses capacités mentales.
"Hulk aime Iron," dit-il finalement, comme s'il le réalisait.
"Vraiment?" demanda Tony, sincèrement surpris et extrêmement touché.
Hulk hocha la tête. "Oui. Hulk attrape Iron. Quoi qu'il arrive. Hulk attrapera toujours Iron."
Tony sentit des larmes inonder de nouveau ses yeux. C'était… C'était…
Trop adorable, réalisa Tony, abasourdi. Putain, Hulk est adorable!
"Hum, merci," dit Tony reniflant et en s'essuyant les yeux. "Je peux… Je peux te faire un câlin?" demanda-t-il, submergé d'une soudaine envie.
Hulk n'avait apparemment aucune idée de ce qu'il venait de lui demander, mais il hocha quand même la tête. Tony avança les cinq mètres qui les séparaient et serra l'imposant torse vert d'Hulk dans ses bras, ses mains atteignant à peine ses côtes.
"C'est agréable," grogna Hulk avec appréciation.
"Ouais," approuva Tony en enfouissant se joue contre son énorme torse. Sa peau était beaucoup plus chaude que celle d'une personne normale.
"Mmmmh… agréable," ronronna Hulk.
Il se passa un certain moment avant que Tony ne remarque qu'Hulk rétrécissait dans ses bras. Lorsqu'il s'en rendit compte, Hulk n'avait déjà plus que la taille d'un homme très baraqué, et le vert s'estompait.
"Salut Iron," lui sourit Hulk, avant de tourner de l'œil et tomber inconscient.
Tony le regarda rétrécir jusqu'à ce que ce soit Bruce Banner gisant inconscient à ses pieds, petit et rose, et habillé d'un pantalon sévèrement déchiré.
Mmmmmh… Est-ce que cette expérience lui avait endommagé le cerveau? Tony ne pouvait apparemment plus penser de façon cohérente. Qu'est-ce que je fais de lui? Se demanda-t-il, observant le visage endormi du docteur.
Ils se ressemblent vraiment beaucoup, pensa Tony. Ouais enfin, mis à part que l'un est énorme et vert, et l'autre pas tellement. Leurs visages sont pas si différents.
Tony détourna le regard du visage de Bruce et se rendit alors compte que ce dernier était presque nu.
Tu dois arrêter de faire ça, se dit-il. Arrête de le mater quand il est inconscient. C'est pas correct.
Ça ne l'empêcha pas d'admirer ô combien Bruce était joliment musclé.
Pourquoi n'ai-je pas remarqué plus tôt que les muscles étaient très appréciables? Parce qu'ils sont genre, vraiment très appréciables. Il avait déjà remarqué, bien entendu, mais il n'avait jamais réalisé qu'il avait remarqué. Il avait regardé des hommes avec une belle carrure et s'était demandé quels genre d'exercices ils faisaient au lieu de penser à... euh, à ce à quoi il pensait maintenant.
Tu es vraiment la pire personne qui existe. Il vient juste de vivre une expérience traumatisante, en plus d'une autre expérience traumatisante, et toi t'es là à essayer de l'imaginer sans ce pantalon ridicule. Tony Stark tu es un goujat.
Le goujat Tony Stark fut tiré de son conflit intérieur quand Bruce commença à remuer.
"Mmn…que-?" marmonna-t-il en revenant peu à peu à lui-même.
Bruce évalua sa situation. Il était dans la pièce verte. Il ne portait quasiment rien. Et Tony était penché au-dessus de lui, l'air inquiet.
"Est-ce que je t'ai blessé?" demanda-t-il faiblement, essayant de se concentrer malgré sa migraine.
"Nope. J'vais très bien. Toi et moi avons eu une petite conversation."
Bruce fixa Tony. Il avait sûrement mal compris.
"Attends… toi et moi… pendant que j'étais le Hulk?" Il était complètement paumé.
"Amène-toi," lui dit Tony en lui tendant la main. Bruce dut attraper son pantalon pour l'empêcher de glisser.
"Il y a un enregistrement vidéo que tu dois voir."
