Kaminari aurait pu s'enfuir, avec ses pouvoirs électriques il aurait vaincu tous les monstres rencontrés sans aucune difficulté. Mais il ne le ferait pas. Il avait l'intention de profiter de son infiltration pour glaner des informations sur les hauts placés aujourd'hui à porter de main. La veille, son idée avait été tout autre il avait voulu frapper quelques imbéciles soldats dans leurs sommeils et leur chef avant de rentrer. Finalement son plan avait changé lors de sa rencontre avec Todoroki. Il avait pris conscience du danger que pouvait représenter le nombre de ses opposants et, suite à la demande de l'homme à la cicatrice, il était maintenant suivit de près par le lieutenant. Il acceptait de jouer le jeu stupide d'être le petit novice de l'armée si cela lui permettait de découvrir des points faibles et astuces à apporter à Bakugou et les autres. Il était heureux à l'idée d'être félicité. Il espérait ne plus être la « femmelette » pleurnicharde du groupe, et servir réellement lors des missions. Ainsi les entraînements qu'il allait suivre aux cotés de son coach Inasa lui seront bénéfiques. Il l'observa. Ce n'était qu'un tas de muscles benêt qui avait l'air de vouer un culte à son beau supérieur. Midoriya qui bavassait avec lui s'était révélé courageux et avec des techniques à l'épée maîtrisées. Ce n'était donc pas simplement un jeune curieux à la recherche d'emploi. Il était un aventurier rêvant d'entrer dans l'ordre, cela sautait aux yeux, et cet enthousiasme qu'il avait de vouloir défendre la royauté frustrait le blond au plus haut point. Les douleurs qu'avait vécu Kaminari jaillissaient de ses veines et le brûlait de l'intérieur. Si il fermait les paupières l'obscurité devenait très vite insupportable.
Il fit un teste, les ferma, et son cœur se mit à remuer trop vite. Il y avait aussi un bruit pénible de chaînes qui retentissaient dans ses oreilles. C'était un fantôme demi réel qui parut véritablement audible lorsqu'il transposa le son de frottement des armures marchant autour de lui comme étant le même. Il préféra se remettre à examiner Yoarashi et Izuku. Ces derniers échangeaient toujours sur leurs habilités. Et ils étaient seuls à briser le silence de la clairière que nous traversions.
Un grognement fit brutalement trembler la terre, le garçon électrique n'était pas du tout préparé à la secousse et tomba sur les genoux. Les oiseaux s'envolaient en piaillant et les soldats se positionnaient pour affronter le danger. Ils n'avaient pas fait attention au sorcier désormais à l'écart de la troupe. Un ours géant à la queue de serpent écaillé sortit de derrière les arbres et fonça droit sur ce dernier. Le lieutenant à sa charge murmura son nom d'inquiétude près à foncer pour le secourir mais des brindilles et des cheveux rouges et blancs virevoltèrent l'espace d'une seconde. Todoroki s'était déjà précipité près du reclus et tranchait le ventre du colosse qui tenta une ultime attaque ratée avant de s'effondrer. Resté bouche bée devant la qualité de l'attaque personne ne dit mot.
Shoto se retourna froidement et s'approcha de Yoarashi Inasa qu'il gifla froidement.
« Je vous avais dit de ne pas le quitter des yeux. »
« Je vous pris de m'excusez, je ne ferai plus une telle erreur. »
« Ce ne sera pas la peine, à présent le soldat Kaminari sera en tête du régiment sous ma garde. Concentrez vous sur la protection de nos arrières.
L'importance qu'avait le général pour la sécurité de tout le monde était immense, c'est ce qui lui avait valu autant d'adorateurs et de loyauté. Il était très différent des autres guerriers de son titre, qui pour la plupart, étaient des êtres malveillants, sévères et mauvais. Ils ne voyaient pas les individualités dans leurs bataillons et ces dernières leurs paraissaient remplaçables et jetables telles des objets. Ce n'était pas le cas pour tous les généraux non plus heureusement. C'est ce que Midoriya apprit de la part du colonel sur la route qu'ils avaient reprise. Il demanda ensuite ce qu'il en était de All Might, cet épéiste incroyable qui avait atteint les sommets le sourire aux lèvres. Malencontreusement ce dernier avait du prendre sa retraite à cause d'une blessure il y a des mois de ça et faisait maintenant parti de la garde personnelle du roi. Des informations qui n'avaient pas été transmises officiellement et qui abasourdir le jeune aux taches de rousseur.
Les heures passèrent, des couchés, des levés, et le village était à porté de vu. Izuku avait continué à demander des conseils pour les combats. Kaminari avait bien suivi ses entraînements à l'aube et ses nuits lui avaient parues être raccourcies par la fatigue. Il avait aussi pu observer de près son sauveur qui en faisait tout autant. Ils s'étaient guettés hardiment tous les deux comme si, grâce à ce système, ils pouvaient percevoir la nature de l'autre. Ils ne s'étaient en revanche pas parlé. Le blond était mal à l'aise d'avoir été protégé par son ennemi. Il se sentait embarrassé et vulnérable face à Todoroki mais en même temps libre de ses pouvoirs loin de Bakugou et ses directives.
La troupe pénétra les petites agglomérations de maisons dont les fenêtres étaient fermées et les portes claquées dès qu'ils furent découverts. Des pierres étaient jetées des ruelles sur leurs armures. Ils n'y firent pas attention et rejoinrent le maire du village, un vieil homme peureux, qui dut se plier aux obligeances dictées par l'élégant chef à la brûlure. Le dialogue était ouvert et dura une demie journée entière. Il n'était pas question que les impôts et taxes soient moins élevées mais on leur promit des aides pour faire grossir leurs récoltes. Des hommes seraient envoyés pour travailler leurs champs avec eux. Tout se passa convenablement. Les soldats rentreraient le lendemain après une nuit d'auberge et un bon repas sans aucune perte dans leur rang. La mission semblait réussie mais c'était sans compter une attaque nocturne inattendue de sorciers. Pris de court de nombreux combattants moururent empoisonnés par des liquides gluants d'une étrange couleur rose. Un gaz soporifique avait été préalablement lâché dans le bâtiment et ils n'avaient rien vu venir.
XXX
Une puissante et nauséabonde odeur me piqua le nez alors que j'étais en pleine réflexion et que les bras de Morphée m'échappaient, elle était si particulière que je décidai de boucher ma respiration à l'aide de mes vêtements sans me poser de question. Je courus ensuite hors de l'édifice puis inspirai une grosse gorgée d'air. J'entendais de plus en plus de bruit du au frottement d'armes blanches et des cris d'agonies. Je décidais alors de me ré-aventurer dans l'auberge en usant de prudence et de précautions. J'ouvris la porte la plus proche et vis un soldat raide mort, une flèche dans le torse. À proximité un homme avec des antennes et une étrange peau colorée portait déjà son arc vers moi. Je le détournais pour l'immobiliser d'un coup net de pommeau dans la nuque puis je brisai la fenêtre pour dissiper le gaz de la pièce. Je pénétrai ensuite de nombreuses chambres et découvrais toujours la même vision douloureuse.
Les adversaires n'étaient pas faibles mais ils manquaient de vitesse et de puissance au corps à corps. Je me battis bravement jusqu'à ce que Todoroki m'ordonne de sortir immédiatement avec tout les blessés et survivants que je pouvais trouver. Son visage était tiré dans une colère noire épouvantable tout comme le mien qui exprimait mon dégoût et ma rancœur. Quelques minutes plus tard, je me trouvais à l'extérieur et aidais à soigner la vingtaine de personnes affaiblies avec des médecins du villages et la patronne du bâtiment où nous couchions. Apparemment nous étions les seuls à avoir été attaqué, les villageois étaient tous saufs et cela me rassurais. Cependant je pris conscience d'une possible trahison humaine. Un villageois ayant des liens avec ce clan de sorciers nous avait vendu. C'était la seule explication plausible.
XXX
Shoto tranchait ses opposants sans une once de pitié. Il se devait d'effacer cette menace au plus vite. C'était pour le bien des siens. Au bout d'un couloir vide et sombre il vit le Denki attaché au niveau des pieds et des mains qui tentait de se débattre désespéramment. Une femme rosée pointait son épée sur son torse et lui proposait un marché.
« Si tu me donnes des informations sur les dirigeants du royaume je te libère. »
« Vous êtes qui vous bon sang ? Je ne sais rien moi sur les dirigeants t'façon ! »
Il était près à utiliser ses capacités mais le général vint à leur rencontre. Il ne put s'empêcher de s'empourprer en le voyant. Pourquoi vient-il toujours ? Et, alors qu'utiliser les autres est un hobby, pourquoi je n'aime pas profiter de lui ? Kaminari détourna les yeux en gonflant les joues. Il ne se comprenait plus vraiment et c'était frustrant.
« Relâche le tout de suite ! Je suis le plus apte à répondre à ta demande. »
« Séduisant pour un humain. Ha ha. »
« Es-tu le leader de ce groupe ? Sache que j'ai fais taire tes compagnons avec ce sabre. Si tu veux ta vengeance affronte moi !»
La sorcière baissa sa garde un instant, son teint devint plus pale et une larme coula sous ses yeux. Tout se passait très vite. Todoroki voulu profiter de l'inattention de la jeune fille pour s'approcher d'elle, mais elle s'était ressaisie, et dans sa hargne, avait planté son arme dans le bras du blond qui grimaça de douleur. Mais une seconde plus tard elle était déjà tuée de deux coups violents dans l'abdomen.
« Est-ce que ça va soldat ? Laisse moi regarder... Je vais devoir la retirer. »
« Le général qui s'occupe de moi he-he, sans dec' le lieutenant Inasa va… »
Pour dissiper un peu la souffrance Shoto avait posé la tête du mutilé sur son épaule.
« … être jaloux. »
Quand la lame fut enlevé du sang gicla sur leurs visages. La plaie commençait au milieu de l'avant bras et remontait un peu plus haut que le coude. Elle était profonde et difficile à supporter pour Kaminari qui n'avait jamais subit ce genre de blessure. Il plissa les paupières et enfonça son nez contre le cou de son bienfaiteur. Il détacha ses liens.
« Arg... »
« Tu t'en tireras facilement, ce n'est qu'une petite blessure. »
«J'ai pas l'habitude de me prendre des coups d'épées... »
Kaminari s'évanouit dès que son regard se porta sur son bras meurtri. L'idée d'une cicatrice à cette endroit l'avait totalement déprimé. Il ne pouvait pas supporter cette image laide alors son cerveau disjonctant l'avait rendu inerte durant une journée entière. Quand il se réveilla il était sous la tente de Todoroki qui se reposait en lisant un bouquin acheté au village. Ils n'y étaient d'ailleurs plus. En effet ils avaient repris la route, emmenant avec eux les cadavres de leurs alliés. Ils avaient installé leur camp sur une nouvelle colline pour que tout le monde se repose. Ça n'aurait peut-être pas été aussi facile si ils étaient restés dans le lieu de la catastrophe.
« Tu ne dors plus? »
Le blond se redressa.
« Pour quelles raisons suis-je ici ? »
« Je devais m'assurer moi même que tu allais bien. Tu es sous ma protection rappelles toi. »
« C'est vrai... »
« Je vais changer ton bandage. »
Il ferma son livre pour s'asseoir sur le matelas et défaire les tissus rougeoyants mais Kaminari ne le laissa pas y toucher. Il l'écarta froidement.
« J'ai pas besoin de l'aide de quelqu'un comme vous. »
«Pourquoi ? »
« Je vous déteste… Et si j'avais pu ce soir là, si je m'en étais senti capable, je vous aurais tué. »
Il faisait référence à la nuit durant laquelle il s'était introduit dans le couchoir de toile de Shoto. Ce dernier esquissa un sourire sincère. Il pensait connaître les raisons de la haine de son soldat. Selon lui ce n'était qu'une victime des agissements de son père.
« Tout ce que je peux faire face à ceux qui ont été offensés et qui me haïssent comme toi c'est montrer la force de ma volonté à faire le bien. Vous ne voulez généralement pas d'une aide financière ou de ce genre de chose... Je ne peux pas tout gérer seul, apporter la paix partout est impossible... Et j'ai beau me montrer tel le parfait colonel qu'on me croit être, il y aura toujours des gens pour me rappeler mes faiblesses...»
Denki ne savait pas exactement à quoi pensait son opposant. Peut-être qu'il parlait pour toutes les personnes indirectement touchées par le système, ou bien de quelque chose de plus personnel. Il ne pensait cependant pas que Todoroki sache qu'il soit un sorcier. Malgré tout, ses mots le touchèrent. Lui aussi avait toujours essayé de faire de son mieux pour ses amis. Mais il était toujours à la ramasse et enchaînait les faux pas.
« Tu ne vas pas me faire taire après une telle révélation? Et si je décidai vraiment de te tuer ?»
« Je n'ai pas peur de ce qui pourrait m'arriver, et personnellement je n'ai rien contre toi... »
Le blond n'eut pas le cœur à refuser à nouveau quand l'homme brûlé attrapa son bras de manière impassible pour le soigner.
