Elle avait rassemblé les maigres informations sur l'Occlumancie qu'elle avait trouvé à la bibliothèque et tentait de s'entrainer dès qu'un moment se présentait à elle. La réserve aurait probablement été une source de renseignements plus vaste, mais la peur de se faire prendre l'avait envahie à chaque fois qu'elle s'en était approchée.
Installée dans un coin de la salle commune, elle essaya de fermer son esprit. Les coudes sur la table, le menton appuyé sur les mains, elle regardait fixement son livre, les sourcils froncés.
Un rire dans la salle l'a fit revenir à la réalité. Elle doutait sérieusement avoir réussi à tenir son esprit correctement fermé tout du long. Même l'Occlumancie élémentaire demandait de la pratique afin de vider son esprit de toute pensée et de toute émotion.
Elle leva la tête pour se reconnecter avec les personnes qui l'entouraient. Quelques élèves cachaient le panneau d'affichage sur lequel était annoncé la sortie à Pré-au-lard prévue pour cet après-midi.
Elle se souvint qu'elle devait retrouver son groupe d'amis habituel après le repas. Maureen les accompagnait, mais la convaincre n'avait pas été chose aisée en sachant que Jasson Vorel serait avec eux. Elle comprenait qu'elle les accompagnait seulement pour lui faire plaisir et qu'elle ne resterait en leur compagnie que le temps d'arriver au village. Jasson était plutôt sympathique, cette qualité-là, on ne pouvait pas la lui enlever. Ce fut sans doute pour cette raison qu'elle acceptait de tolérer sa présence quelques heures.
Quant à Marion, elle n'avait jamais avoué son dégout pour les Nés-Moldus à ses amis. Non seulement ils ne comprendraient pas, mais en plus elle risquait de briser quelque chose dans la précieuse amitié qu'elle partageait avec Francis.
Après avoir mangé et s'être changées, elles arrivèrent en bas du grand escalier où elles décidèrent d'attendre les autres en discutant. Un groupe de Serpentard passa à côté d'elles et un des élèves ralentit pour arriver à leur hauteur. Le groupe, en voyant Tom tarder, fit de même.
- As-tu aussi reçu l'invitation de Slughorn? Pour le douze décembre…
- Oui ce matin.
Ils y allaient tous les ans depuis leur première année et il le savait. Alors pourquoi lui poser cette question ?
Francis et le reste du groupe arrivèrent lorsque Jedusor descendit les dernières marches pour rejoindre les Serpentards qui l'attendaient.
- Alors nous nous y verrons, lui répondit Jedusor.
Il s'éloigna vers ses amis en la laissant un peu perplexe. Maureen et Julie semblaient surprises, mais Francis, lui, paraissait irrité.
- Fait attention Marion, ce gars est bizarre, la prévint-il à voix basse.
- Il ne l'est pas tant que ça. Et même si c'était le cas, cela ne te concernerait pas, lui répondit-elle calmement, mais assez sèchement pour qu'il comprenne que le sujet était clos.
Ce qu'il ne compris vraisemblablement pas.
- A partir du moment où un mec étrange s'intéresse de manière suspecte à mon amie, je trouve que ça peut me concern…
- Il n'a rien fait de suspect, le coupa-t-elle. Et on est dans la même maison, il me semble que je le connais un peu mieux que toi, continua-t-elle en tentant de rester posée.
- C'est toi qui vois… Mais plus le temps avance, plus il devient louche. Ajoute à cela tous ces élèves mystérieusement pétrifiés… Je crois que je préfère encore te voir trainer avec Caume.
- Et moi je préfère la compagnie de Tom à celle d'Adrien !
- Tu fais plus que la préférer…
- Si tu veux que l'on en discute, alors fait-le clairement Francis. Qu'est-ce que tu es en train d'insinuer ? Hein ? s'impatienta-t-elle.
Il allait lui répondre quand Julie le coupa timidement.
- Euh… Je ne voudrais pas vous déranger, mais… on pourrait y aller ?
- Oui, tu as raison. Allons-y ! dit-elle, ravie d'avoir trouvé quelque chose pour contourner la discussion, mais le regard de Francis lui fit comprendre que ce n'était qu'un court répit et qu'il remettrait le sujet sur le tapis très bientôt.
Lorsque Maureen commença à trainer à l'arrière avec elle et Jasson à accélérer le pas en discutant Quidditch avec lui, ils comprirent que leurs amis tentaient de les tenir le plus éloignés possible afin de repousser au maximum le moment où le sujet serait à nouveau abordé.
Julie et sa sœur les quittèrent rapidement, ne trouvant personne d'autre particulièrement intéressé à l'idée de s'acheter des nouvelles robes de socriers. Marion avait d'ailleurs horreur des magasins, car ils lui rappelaient sans cesse l'orphelinat, le monde moldu et le peu d'argent qu'elle possédait. A sa grande surprise, Maureen passa une bonne partie de l'après-midi à ses côtés. Elle la soupçonnait de rester juste pour lui éviter de se retrouver face à Francis. Maureen sauta néanmoins sur l'occasion pour engager poliment la conversation avec Black quand elle les salua en passa près d'elles. Elle ne lui en voulut pas non plus lorsqu'elles se mirent à discuter de Divination. Les élèves avec qui était Lucretia s'approchèrent et elle remarqua qu'ils s'agissaient du groupe qui accompagnait Jedusor.
- On va boire quelque chose aux Trois Balais, tu viens ? lui cria sa cousine impatiente.
Lucretia jeta un coup d'œil à Maureen, partagée entre une boisson chaude et leur discussion.
- Viens avec nous, proposa-t-elle. C'est notre dernière année et Walburga veut absolument gouter tous les thés avant de quitter Poudlard, rigola-t-elle.
Maureen était tentée par la proposition, elle le voyait bien.
- Ca ne vous dérange pas ? demanda-t-elle au groupe, mais Marion savait que la question lui était destinée.
Maureen avait quelques remords à la laisser avec Francis. Elle allait refuser la proposition de Lucretia, quand celle-ci comprit la situation.
- Tu peux aussi venir Marion, si tu en as envie, lui proposa-t-elle gentiment.
Génial.
Du coup maintenant c'était à elle de choisir…
Elle sentait la présence de Francis derrière elle. Il discutait avec Jasson, mais elle savait très bien qu'il attendait lui aussi sa réponse.
Elle voulait d'abord refuser, mais en y réfléchissant, elle remarqua que sans Maureen, elle passerait une fin d'après-midi désagréable. Elle savait pertinemment qu'avec le caractère têtu de Francis et sa propre irritation face à sa soudaine protection fraternelle, leur discussion ne finirait pas dans le calme et la maitrise de soi.
Maureen essayant de la faire accepter avec un regard suppliant.
- Pourquoi pas, finit-elle par dire.
Maureen sourit, lui prit le bras et l'emmena vers Walburga qui était à quelques mètres.
Alors qu'elle s'éloignait, Francis retenu Jedusor.
- Je ne sais pas à quoi tu joues avec Marion, mais fait bien attention à ce que tu as l'intention de faire, lui souffla-t-il.
Il le relâcha et personne, du côté des Serpentards, n'avait remarqué l'échange.
Quand Marion se retourna pour dire au revoir aux garçons, elle vit Francis et Tom face à face, se fusillant du regard.
- Il y a un problème ? demanda-t-elle en s'approchant, méfiante.
- Aucun, répondit amicalement Tom en ne le quittant toujours pas des yeux, un étrange sourire aux lèvres.
Il recula, posa sa main dans le creux de son dos sous les yeux furibond de Francis pour la guider un instant vers le groupe qui entrait déjà dans le pub.
Elle n'avait pas du tout réagit au petit manège de Tom, trop surprise pour parler et trop satisfaite d'avoir eu l'occasion d'agacé Francis.
La journée se termina rapidement, sans autres anicroches et ils retournèrent à Poudlard. Ils parlèrent beaucoup, rigolèrent, mangèrent à la Grande Salle et quand vint l'heure d'aller se coucher, ils montèrent chacun dans leur dortoir respectif.
Seul Tom resta encore un moment dans la salle commune.
Elle se leva de bonne humeur, se prépara gentiment avec Maureen et discuta en allant déjeuner.
Elle tartinait un pain toast de beurre quand elle entendit un bout de la conversation entre Lestrange et Avery, un peu plus loin.
- … j'en ai entendu parler, il me semble que c'était un Serdaigle, affirma Lestrange
- Vous parlez du nouvel élève qui a été retrouvé pétrifié ? demanda Walburga en s'asseyant à côté d'elle.
- Ouais, répondit Avery, la bouche à moitié pleine, d'après ce que j'ai entendu, ce serait un sang-mêlé dans les couloirs.
Un sang-mêlé à Serdaigle… Il y en avait tellement.
Son cœur s'accéléra malgré elle.
- Je ne vois pas qui c'est, dit Lucretia. Quelqu'un connait son nom ?
- Moi pas, répondit Walburga. Mais tu l'as croisé hier à Pré-au-Lard, il était avec Maureen.
Elle lâcha sa tartine, se leva et se mit à courir lorsqu'elle fut sortie de la Grande Salle, faisant retourner quelques élèves. Elle monta quatre à quatre l'escalier de marbre, courut à en perdre haleine le long des couloirs, faisant ainsi bougonner les portraits, écartant les élèves qui se trouvaient sur son chemin sans prendre en compte leurs protestations irritées, monta encore quelques escalier et fit irruption comme un ouragan dans l'infirmerie en ouvrant les portes. Plusieurs élèves sursautèrent et protestèrent mais elle se fichait totalement de ces regards sur elle. L'infirmière était penchée sur un élève et il n'y avait que lui qui l'intéressait. Elle reconnut tout de suite Francis totalement immobile, les yeux vitreux et grands ouverts.
On lui expliqua qu'il marchait dans un couloir avec Jasson, peu de temps avant le couvre-feu. Ce fut lorsque Francis se rendit compte qu'il avait oublié son écharpe à la Grande Salle et qu'il se retourna pour rebrousser chemin qu'il fut pétrifié. C'était la première fois qu'un témoignage était possible et les faits partagés par Vorel semblaient inquiéter les professeurs. Personne d'autre n'était présent. Ce fut alors que pour la première fois que l'on n'envisageait plus seulement l'agresseur sous la question qui, mais aussi quoi.
Encore sous le choc, elle n'osait pas regarder Francis, s'en voulant trop de leur dispute si puéril, maintenant qu'elle y repensait. Elle vit Jasson un peu à l'écart, en observant les élèves qui entouraient le lit.
Elle lui lança le regard le plus haineux possible. C'était un Sang-de-Bourbe comme tous les autres pétrifiés, c'était forcément lui qui était visé. Elle avait envie de lui faire du mal, comme elle avait mal en ce moment, mais elle ne le montrerait pour rien au monde.
OoOoOoOoOoO
Comme chaque année lorsque le mois de décembre commençait, Dumbledore passa vers les élèves afin de prendre les noms de ceux qui restaient durant les vacances de Noël.
Elle s'y était inscrite, évidemment, et n'avait pas été surprise d'y voir le nom de Tom.
La liste était courte, ce serait un Noël tranquille.
La soirée organisée par Slughorn était proche et elle n'avait toujours personne pour l'accompagner.
Mais quelqu'un fit en sorte que le cavalier devint une priorité sur toutes les priorités, elle nomma : Adrien Caume.
Il avait voulu l'inviter et elle avait réussi à y échapper en ne lui donnant aucune réponse.
La course était donc ouverte.
Elle devait trouver un cavalier avant qu'Adrien réapparaisse.
La salle commune étant la plus proche, elle accéléra jusqu'à elle. A l'intérieur, se trouvait essentiellement des élèves plus âgés, dont la majorité avait été avec les Black lors de la sortie à Pré-au-Lard.
Elle chercha un garçon avec qui elle avait déjà un peu parlé et qui n'était, à sa connaissance, pas déjà invité par Slughorn. Elle trouva Dolohov en discussion avec Imery Lestrange. Elle s'avança, soudainement intimidée. Elle s'assit près d'eux et opta pour commencer un devoir, elle aurait l'air moins sotte qu'en restant bêtement assise en attendant une soudaine vague de courage. Par chance, Imery la reconnu et la salua poliment. Il l'intégra à la conversation pendant qu'elle faisait mine de les écouter que d'une oreille en travaillant.
- Et pendant les vacances ? demanda Imery.
- C'est ce que je me suis aussi dit ! Je vais essayer de m'arranger avec mon père pour repousser notre départ. Avec un peu de chance, je pourrai trouver un entretien juste avant Noël.
- Je l'espère pour toi en tout cas ! Vous partez où cette année ?
Ils parlaient de Noël et il cherchait un emploi au ministère. C'était le moment idéal, elle ne devait pas laisser passer sa chance. Elle prit son courage et une profonde inspiration qu'elle espéra discrète.
- J'y pense Albert… Il y a la soirée de Noël chez Slughorn. Il se vante souvent d'avoir des invités prestigieux et des sorciers du ministère sont parfois présents… Cela pourrait être un tremplin intéressant pour trouver des contacts.
- Oui je sais, soupira-t-il. Mais je ne suis pas assez bon en potions pour avoir attiré son attention ces sept dernières années. Ce n'est pas maintenant qu'il va se donner cette peine, même si je lui demandais la permission.
- Tu n'as pas besoin d'être bon, mais de trouver quelqu'un qu'il l'est, plaisanta Imery.
- C'est vrai… Je n'ai pas encore de cavalier. Si tu veux, tu peux m'accompagner, proposa-t-elle gentiment.
Albert eut l'air surpris et Imery gêné.
- Je n'ai pas dit ça pour que tu l'invites, s'excusa-t-il. J'ignorais que tu n'avais encore personne…
- Ca ne te dérange pas ? Qu'on y aille ensemble je veux dire, demanda Albert.
- Ce n'est rien Imery, je ne l'ai pas mal pris, rigola-t-elle. Et si cette soirée peut rendre service à quelqu'un, c'est avec plaisir.
- C'est bien samedi ?
- Oui.
- Alors je t'attendrai ici à sept heures.
- Il n'y a pas de soucis ! s'exclama-t-elle en lui offrant son plus beau sourire. Bon après-midi.
Elle se leva et se sortit de la salle commune les mains moites. Elle avait beau avoir été détendue en leur présence, l'idée d'inviter un garçon l'avait angoissée.
Pour éviter d'y penser d'avantage, elle marchait au deuxième étage et s'entrainait à fermer son esprit. Elle avait l'intention de se rendre à l'infirmerie pour aller voir Francis. Elle se débrouillait de mieux en mieux en Occlumancie, mais elle se rendait bien compte que c'était loin d'être encore optimal.
Elle fut surprise en voyant Tom sortir des toilettes des filles. Il s'arrêta net, tout aussi surpris qu'elle, mais se reprit très vite.
- Je peux savoir ce que tu fais là, lui demanda-t-il suspicieux.
- C'est plutôt à moi de te poser cette question, lui répondit-elle au tac au tac, hilare. Franchement Tom, je ne t'imaginais pas du tout comme ça, lui confia-elle malicieuse.
- Tu fais erreur, dit-il froidement.
- Vraiment ? lui demanda-t-elle, rigolant de la situation.
- Je suis préfet, je faisais juste mon travail, je suis dans mon droit.
- Ca ne te donne pas le droit d'entrer et sortir de nos toilettes comme bon te semble, reprit-elle.
- Les toilettes étaient inondées, une première m'a croisé et m'en a informé, se justifia-t-il.
- Ce n'est pas pour rien s'il y a un préfet et UNE préfète. Tu as plutôt l'air de quelqu'un prit en faute qu'un plombier qui vient de réparer un robinet, glissa-t-elle.
- Occupe-toi de tes affaires Emerithe, répondit-il avec froideur.
- Ca va, calme toi… Tu penses vraiment que ta vie m'intéresse à ce point ? Je t'embêtais, rien de plus.
- Tu te moques de moi ? Tu me retiens juste parce que t'avais envie de faire la chieuse ? s'énerva-t-il.
Elle resta d'abord surprise, puis éclata de rire devant le ridicule de la situation. Elle partit en direction de l'infirmerie sans s'intéresser d'avantage à Jedusor, espérant voir Francis, juste avant le premier cours de l'après-midi.
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C'était le même calvaire à chaque soirée de Noël.
Qu'allait-elle porter ?
Elle n'avait que des habits Moldus de l'orphelinat ou des robes de sorciers basiques pour l'école.
Elle était à la recherche de quelque chose de présentable dans sa valise, même si elle savait pertinemment qu'elle ne trouverait rien, quand Maureen rentra dans le dortoir.
- Tu n'es pas encore prête ? s'inquiéta-t-elle. Tu dois retrouver Albert dans un quart d'heure !
- Je suis toujours à la recherche d'une robe, mais je n'en ai encore trouvée aucune qui irait pour ce soir…
- Fallait le dire avant ! dit-elle toute surexcitée.
- Pas la peine de toutes les sortir, je prends la première qui vient, pour autant qu'elle m'aille, rigola-t-elle en la voyant étaler ses robes sur son lit.
Elle prit une robe qui lui paraissait discrète et l'enfila. Après un combat acharné contre la fermeture-éclaire, elle réussit à la mettre. Elle se regarda dans le miroir afin de voir le massacre et fut surprise de voir que ça ne lui allait finalement pas si mal.
La robe était d'un vert foncé, très ajustée jusqu'à la taille et cintrée par un bandeau de la même couleur.
Maureen l'obligea à, pour une fois, détacher ses cheveux qui étaient, comme d'habitude, tressés pour pouvoir les coiffer.
- Je déteste avoir les cheveux détachés.
- Alors pourquoi tu les gardes si longs ?
- Pour justement pouvoir les attacher, dit-elle comme si ça paraissait logique.
Maureen leva les yeux au ciel et lui lança une paire de chaussure. Enfin prête, elles descendirent dans la salle commune, juste à l'heure.
En cavalier poli, Albert la complimenta et ils se rendirent dans le bureau de Slughorn.
La salle, comme chaque année, avait été décorée. Le plafond et les murs avaient été drapés ce qui donnaient l'impression de se trouver sous une vaste tente. Une lampe d'or, accrochée au milieu du plafond et dans laquelle voletait de véritable fées, diffusait une lumière rouge.
Slughorn vinrent les salués et leurs présenta quelques invités de marque avant de partir vers les nouveau arrivant. Il repassa vers eux plusieurs fois dans la soirée pour un peu discuter, mais ils restèrent surtout avec Maureen et Imery.
Ils dansèrent, un peu, mais discutèrent surtout. Alors que Maureen et Lestrange dansaient dans un coin de la salle où l'on chantait à tue-tête, Slughorn était venu chercher Albert pour lui présenter le directeur du département des transports magiques qui pouvait peut-être lui garantir une place de travail, puisqu'il terminait sa dernière année à Poudlard.
- Tu as fait beaucoup de progrès en seulement un mois, lui souffla Tom à l'oreille.
Elle sursauta et se retourna pour pouvoir être face à lui.
- De quoi parles-tu ?
- De ta soudaine passion pour l'Occlumancie.
Donc il était bien Legilimens! Depuis combien de temps l'était-il?
- Depuis toujours.
Il avait entendu ses réflexions... Elle n'eut pas le temps de réagir que déjà elle envisageait tout ce que sous-entendait sa réponse. Cela faisait donc cinq ans qu'il connaissait toutes ses pensées. Qu'avait-il vu ? Etait-il au courant pour ses parents ? De l'endroit où elle vivait. STOP! Elle devait cesser d'y penser, car il était surement en train d'écouter.
- Depuis toujours... Est-ce vraiment possible ?
- Ça arrive.
Il était désespérant, il ne pouvait pas faire une phrase avec plus de trois mots ?
- J'ignorais que la Legilimancie pouvait être innée.
- Je suis un cas à part. Disons que certaines aptitudes familiales peuvent parfois être héritées. Cette réponse te satisfait-elle ou veux-tu que je la rallonge? lui demanda-t-il, un sourire en coin.
- Je croyais que j'avais fait des progrès… soupira-t-elle plus pour elle-même.
- Tu es plutôt douée pour une débutante et tu arrives sans doutes à bloquer l'accès à la plupart des Legilimens, même si ce n'est pas encore très régulier. Mais pas encore assez pour moi.
Au moins maintenant elle savait qu'elle y arrivait…
Une question la poursuivait depuis pas mal de temps et c'était le bon moment pour la lui poser, mais répondrait-il ?
- Essai toujours, lui répondit-il en s'appuyant contre la table derrière lui.
Il commençait à être agaçant...
- Et bien voilà, tu as dit que tu étais Legilimens depuis toujours… On est d'accord ?
- Tout à fait, répondit-il.
- Et personne n'avait encore remarqué que tu l'étais. Alors je vois mal pourquoi moi, j'aurais pu davantage m'en rendre compte que les autres. Ce qui m'amène à penser que…
- Que je t'aurais volontairement fait remarquer ma Legilimancie.
- Oui…
- Tout simplement parce que je savais que si tu apprenais que quelqu'un pouvais épier tes pensées, tu deviendrais Occlumens.
- Tu savais que je… Tu me manipules ?!
- Non, je t'aide. Tu m'as dit une fois que tu envisageais ce genre de magie, je t'ai juste donné un petit coup de pouce pour démarrer, c'est tout. Tu peux très bien arrêter, mais je sais pertinemment que tu ne le feras pas.
Elle allait lui répondre une phrase cinglante pour bien lui faire comprendre qu'elle était maître de ses choix, quand son cavalier revint. Il prit deux verres d'hydromel sur un plateau que transportait un elfe de maison, lui en tendit un, et commença à discuter avec Tom. Maureen et Imery les rejoignirent peu de temps après et Tom finit par se retirer, prétextant avoir laissé sa cavalière trop longtemps toute seule. La conversation finit inévitablement par dévier sur les agressions.
Jasson avait été la sixième victime il y a quelques semaines. Ce fut un choc, car même si elle n'osait pas l'avouer, elle tenait quand même un peu à lui.
- Ca fait six pétrifiés, compta Lestrange, Vous pensez qu'il va continuer à y en avoir deux par mois jusqu'à la fin de l'année ?
Mais elle n'écoutait déjà plus qu'à moitié. Elle n'arrivait pas à chasser de son esprit Francis et Jasson, raides et étendus sur leurs lits d'hôpital.
