Bonjour à toutes et à tous :) Si vous êtes ici, c'est que vous avez (normalement) lu les chapitres précédents et même probablement le Tome 1. Du coup, vous avez ci-dessous le chapitre 5 du tome 2.

Dans les nouvelles d'écriture, j'ai plus ou moins terminé le chapitre 1 du tome 3. Autrement dit, ça avance bien :)

Mais, avant tout, les réponses aux reviews :)

Reading In Moonlight : Merci pour ta review :) Ouaip, Saphir a trouvé l'anagramme. Je trouvais que si c'était Anthony, c'était vraiment trop prévisible, surtout qu'il est normalement extrêmement loin d'être bon dans le domaine. Sinon, la suite arrive... bah tout de suite :)

Darboria : Merci :) Effectivement, il y a une coquille, merci pour l'info :) Ouaip, le groupe des quatre ne s'arrête pas souvent. Mais il faut voir aussi que ce sont de très bons élèves. Ils sont tous parmi les dix premiers de leur promo. Et tous les quatre travaillent ensemble, compensant plus ou moins leurs points faibles. Du coup, ils mettent moins de temps pour faire leurs devoirs. Après, il est vrai que dans leurs recherches, ils avancent souvent moins vite en fonction des périodes avec plus ou moins de devoirs.

Concernant l'anagramme, ils sont justement surpris. Ils ont effectivement fait des recherches pour déterminer un potentiel héritier de Serpentard. En revanche, quand ils arrivent à Tom E. Jedusor, ils n'ont que des coïncidences. Aucune preuve formelle établissant que Voldemort est ce dernier. Après tout, il aurait pu naître par hasard d'une autre personne, être échangé et confondu peu après la naissance, que sais-je. C'est l'anagramme qui va leur donner la confirmation. Jusque-là, les coïncidences sont très troublantes voire étranges. Mais avec l'anagramme, ils ne peuvent plus vraiment considérer ça comme une coïncidence à ce niveau-là.

Pour le côté effrayant, il faut dire qu'ils sont conscient d'une chose du haut de leurs douze (et plus de trente pour Anthony) ans. Ils savent que c'est un truc dangereux à savoir. Voldemort n'aimerait certainement pas que l'on révèle son identité et une personne le faisant serait probablement en très grand danger.


Chapitre 5 : Révélation, Informations et Premières Conséquences

Tom Elvis Jedusor correspondait à Je suis Voldemort. Anthony était comme absorbé par le parchemin. Ainsi ils y étaient. Ils ne pouvaient plus faire comme s'ils ne savaient rien. Lui-même ne pouvait plus faire comme s'il ne savait rien. Désormais, tous les quatre savaient. Ils Savaient, avec un s majuscule. Car cela ne pouvait signifier qu'une seule chose. Lily avait eu raison sur absolument toute la ligne. Il était un sang-mêlé. Il cachait son nom par honte de son nom moldu et du nom de sa mère, symbole de déchéance et de pauvreté.

Lily avait aussi eu raison sur un point. Ce savoir était plus qu'une simple connaissance. C'était une véritable bombe nucléaire qui pourrait anéantir une bonne partie des volontés de ralliements à Voldemort. Cela causerait un véritable choc dans toute la société sang-pur. Même Saphir semblait perturbée. Probablement avait-elle pensée qu'il s'agissait d'un sang-pur.

Désormais, plus rien ne serait comme avant. Ils ne pourraient pas faire comme s'ils ne savaient pas. Ils ne pourraient pas faire comme si de rien n'était. Pour Anthony, ils étaient obligés de faire quelque chose. Mais quoi ? Le dire à la presse ? Le dire aux Aurors ? Le dire à Dumbledore ? Il écarta bien vite cette dernière idée. Il ne semblait pas avoir fait grand-chose d'autre que recruter sa tante comme enseignante de DCFM. Ce qui n'était toutefois pas un mince exploit, il fallait l'avouer.

Prévenir les Aurors était probablement la meilleure des solutions. C'était du moins la plus logique. Il pariait sur moins d'une journée avant que son père ne débarque à Poudlard. Et trois jours au maximum pour une véritable descente généralisée à Little Hangleton. Restait encore à en parler à ses trois amis.

« Je peux écrire à mon père. Je lui explique littéralement tout ce que l'on a fait. Je serais peut-être obligé de le dire qu'on l'a fait avec toi Saphir, ajouta-t-il. Il voudra en savoir le plus possible. Il est même possible qu'il débarque avant la fin du lendemain à partir du moment où je lui aurais envoyé ma lettre.

-Est-ce que je risque quoi que ce soit, demanda-t-elle, visiblement stressée ?

-Normalement non. Tu peux avoir le statut de source particulière d'un Auror. Aussi, tu es protégée et peut demander la protection du Ministère si besoin il y a. Mais si tu la joues assez finement, et je t'en crois capable, tu n'en auras même pas besoin.

-Je… Alors c'est d'accord pour moi, accepta-t-elle. Evite juste de lui parler de moi dans ta lettre.

-Ne t'en fais, lui fit-il. Il n'y aura aucun nom à part le mien. Mesure de sécurité élémentaire en cas d'interception. »

Il récolta un petit sourire de remerciement avant de se tourner vers Lily et Severus. Ces derniers donnèrent rapidement leur accord. Il s'empara alors rapidement d'une feuille de parchemin.

Poudlard, le 14 octobre 1972,

Cher Papa,

Je t'écris aujourd'hui car ce que j'ai à te dire est de la plus haute importance. Cela concerne toutes les disparitions et l'essentiel des meurtres causés dans la société sorcière depuis plus de deux ans. Mais je vais commencer à la genèse de l'histoire.

A la fin du printemps dernier, au moment de la fin de l'année scolaire, nous avons appris, avec pratiquement le monde entier, que le sorcier derrière ces attaques contre les nés-moldus se faisait appeler Lord Voldemort. Avec mes amis, nous étions persuadés qu'il s'agissait d'un faux nom. En effet, aucun Lord ne s'appelle Voldemort dans les Îles Britanniques et Ecossaises. Il n'y en a pas non plus en France. Nous avions donc décidé de faire des recherches cette année.

Nous sachions, grâce à la source dont je t'ai déjà parlé, qu'il se proclamait descendant de Salazar Serpentard. Nous avons donc décidé de chercher dans la lignée de ce dernier. Or, il est apparu qu'elle s'arrêtait à Merope Gaunt, décédé le 31 décembre 1926 et Morfin Gaunt, actuellement à Azkaban. Grand-Père et Arrière-grand-père ont participé à son affaire de près ou de loin. Ils t'en parleront mieux que moi.

Morfin Gaunt avait assassiné les Jedusor. Or, il est apparu que Merope Gaunt est morte relativement jeune. Nous avons considéré comme possible qu'elle soit morte en couches ou des suites d'un accouchement. Nous avons cherché des noms pour tous les élèves passés par Serpentard et nés entre 1925 et le 31 décembre 1926. Jusqu'à ce que l'un de mes amis tombe sur le nom de Tom Elvis Jedusor.

Oui, ce nom doit te paraître familier. Tom Jedusor était le fils des Jedusor, assassinés en 1943 par Morfin Gaunt. Et Elvis correspond au prénom de… Elvis Gaunt.

Ok, il avait rajouté cette phrase sur les remarques de Saphir. Il devait l'avouer. Elle avait rapidement fait le rapprochement. Ce qui était assez logique.

Tom E. Jedusor est entré à Poudlard en septembre 1938. Il est indiqué comme né le 31 décembre 1926. Soit le jour de la mort de Merope Gaunt. Qui vivait dans le même patelin que les Jedusor. Je ne pense guère que ce soit une coïncidence. La lettre de Poudlard a été enregistrée comme envoyée à l'Orphelinat Wool à Londres. Nous pensons qu'elle a été abandonnée par son mari et a accouché là-bas. Elle est probablement morte en couches mais a eu le temps de donner un prénom et un nom à son fils.

Peut-être l'as-tu remarqué. Mais cet enfant est alors le dernier descendant de Serpentard lui-même. S'il a des noms en Légilimancie, il peut très bien avoir tué les Jedusor avec la baguette de son oncle et lui avoir fait croire qu'il les a tués. Même à quinze ans. Le Ministère n'aurait détecté que l'utilisation de la baguette de Morfin. Pas la sienne.

Peut-être l'as-tu aussi déjà vu. Mais une personne parmi mes amis a fait remarquer quelque chose. Tom Elvis Jedusor est l'anagramme parfait de Je suis Voldemort.

Libre à toi de me croire ou non. Je te prie de me croire. Tout ce que je te raconte est parfaitement vrai. Si tu as un doute, n'hésite pas à venir me voir, même à Poudlard. Je sais que tante Jane sera toujours très heureuse de te voir.

Ton fils qui t'embrasse et qui t'aime.

Anthony McKinnon.

PS : Embrasse maman et sœurette de ma part et dis-leur que je les aime énormément.

C'était écrit. Il replia la lettre et la glissa dans une enveloppe. Ouaip, il en avait toujours sur lui. Ça pouvait servir à tout plein de trucs différents. Ou alors juste comme papier de brouillon. Puis, il partit avec Lily et Severus vers la volière. Il ne fallait pas perdre une minute. Ils laissèrent Saphir à la bibliothèque. Elle ne voulait pas apparaître avec eux dans les couloirs. Et quelqu'un devait ranger leur bazar. Une fois arrivés, il prit l'animal le plus rapide et lui ordonna d'aller aussi vite que possible trouver son père. Et surtout d'insister pour qu'il lise la lettre. L'animal hulula et s'envola dans le ciel, devenant rapidement un simple point à l'horizon, avant de disparaître.

« Alea jacta est, fit alors la voix de Lily.

-Pardon, demanda Severus ?

-Les dés sont jetés, expliqua-t-elle calmement. On ne peut plus revenir en arrière. »

En effet. Les dés étaient jetés. Désormais, plus rien ne pouvait reposer entre leurs mains. Ils ne pouvaient plus rien faire d'autre qu'attendre. Attendre quoi ? Ils n'en savaient trop rien. Mais quand ce fut l'heure du couvre-feu, Anthony n'avait toujours pas obtenu de réponses. Il alla se coucher rapidement.

Cependant, le jeune McKinnon n'arrivait pas à dormir. Il se tournait et se retournait dans son lit, essayant de nombreuses positions plus ou moins invraisemblables. Il finit par quitter son dortoir pour aller dans la Salle Commune. En regardant l'heure, il remarqua qu'il était prêt de minuit. Une fois en bas des escaliers, il alla s'installer sur le canapé face à la cheminée, dont il raviva le feu. Il s'enveloppa dans une couverture rouge et or brodée de nombreux griffons et lions avant de se perdre dans ses pensées.

Anthony n'avait absolument aucune idée de ce que sa lettre pouvait provoquer. Rien du tout comme une réaction en chaîne totalement incontrôlable. Il n'en avait absolument aucune idée. Ne rien savoir le faisait énormément stresser, surtout sur un sujet aussi important. Il voulait pouvoir anticiper un minimum les événements. Là, c'était un véritable saut dans l'inconnu et plus rien ne dépendait de lui. Il était dans l'obscurité complète et sans points de repère ni guide.

Il fut interrompu quand il sentit quelqu'un s'asseoir à ses côtés. En tournant la tête, il reconnut Marlène. Il lui passa une partie de la couverture et elle vint se blottir contre lui. Comme quand ils étaient bien plus petits. Après de longues minutes de silence, elle finit par lui demander quelque chose.

« Pourquoi est-ce que Lily a l'air agitée ? Elle est comme ça depuis le repas et a eu un mal fou à s'endormir. »

Il hésita à lui mentir. Personne hormis Lily, Saphir, Severus et lui n'étaient au courant des origines de Voldemort et de son véritable nom. Et il voulait limiter le nom de personnes le sachant pour limiter les risques de fuites.

Mais c'était Marlène. C'était sa cousine germaine. Celle qu'il considérait comme sa sœur et qui le considérait comme un frère. S'ils s'étaient un peu éloignés à Poudlard, ils restaient toujours très proches. Il savait qu'elle préférerait mourir plutôt que de le trahir. Et la réciproque était vraie. Il finit donc par lui lâcher le morceau.

« On a trouvé le véritable nom de Voldemort.

-Quoi, s'exclama-t-elle, surprise ?

-Ouaip. C'est un sang-mêlé. Dernier descendant de Salazar Serpentard et de la famille des Gaunt. Son père est tout ce qu'il y a de plus moldu.

-Tu veux dire que le type qui terrorise la population dehors, qui veut abattre les nés-moldus et réduire en esclavage les sang-mêlés est un sang-mêlé, s'étonna-t-elle ?

-En effet, confirma-t-il. Il s'appelle même Tom Elvis Jedusor, continua-t-il.

-Ça me fait plus penser au chanteur qu'aime bien tatie Ariane, fit sa cousine en souriant. »

Tatie Ariane était le surnom qu'elle donnait à la mère d'Anthony. C'était assez drôle d'entendre sa mère être appelée ainsi pour être honnête. Ce qui lui fit penser qu'il n'avait pas fait la liaison avec Elvis Presley, que sa mère aimait effectivement beaucoup. La relation était comique, en effet.

« Mais, dis-moi si je me trompe, reprit-elle après un petit fou rire commun. S'il veut réduire les sang-mêlés et traitres-à-leur-sang qui ne sont pas tués en esclavage, comment est-ce qu'il pourra se réduire lui-même en esclavage ? »

Cette fois, ils éclatèrent de rire pour de bon. Il était vrai que vu ainsi, la position de Voldemort était quelque peu… étrange. Surtout ses idéaux. Il le voyait bien se faire réduire en esclavage par ses propres serviteurs devant s'incliner devant lui.

A force de rire et d'imaginer Voldemort dans des situations plus cocasses les unes que les autres, ils se fatiguèrent et finirent par s'endormir d'un profond sommeil sans rêves.

Le lendemain matin, Anthony fit comme s'il ne s'était rien passé la veille avec sa cousine. Même si ces moments lui manquaient un peu. Ce n'était pas la même chose quand c'était Lily. Au final, il dormait tout aussi bien. Il alla donc de relative bonne humeur au petit-déjeuner. Il remarqua avec surprise que ni Dumbledore ni le professeur McGonagall n'étaient présents. D'ordinaire, il y en avait toujours un des deux à la table des enseignants. C'était même le premier le plus souvent absent.

Il remarqua ensuite le concierge pénétrer dans la Grande Salle et se diriger vers le professeur Slughorn. Ce dernier l'écouta quelques instants et sembla rapidement inquiété. Puis, il quitta la table aussi possible que sa lourde masse corporelle le lui permettait et disparut de la Grande Salle, un air inquiet sur le visage.

« Il se passe un truc de bizarre, fit la voix de Potter.

-Que voudrais-tu qu'il se passe d'étrange, demanda Black ?

-McGonagall et Dumbledore ne sont pas à table. Slughorn vient de la quitter, visiblement stressé par quelque chose. Quelqu'un a une idée ? »

Personne ne répondit. Autant, d'habitude, les rumeurs circulaient très vite à Poudlard. Tout le monde pouvait être au courant d'absolument tout ce qui se passait dans le château. Mais là, rien. Même les préfets ne savaient rien. Dans les autres Maisons, les élèves les plus observateurs étaient circonspects. Cependant, Potter avait surpris Anthony avec son observation. Il le pensait moins attentif que cela.

Reportant son attention sur la table des professeurs, il remarqua les airs songeurs et préoccupés de la directrice des Poufsouffle et du directeur des Serdaigle. Effectivement, il se passait quelque chose de grave. Ou de vraiment anormal. Soudain, quelques minutes plus tard, le concierge revint. Cette fois, ce fut la tante d'Anthony et mère d'Alice qui quitta la Grande Salle, l'air plus grave que depuis la rentrée.

Il était sûr et certain qu'il se passait quelque chose. Il n'y avait pas d'autres possibilités. Alors il s'en ouvrit à Lily et Marlène qui étaient assises près de lui.

« Vous pensez que c'est en rapport avec la lettre, demanda le garçon ?

-Ce n'est pas impossible, marmonna Lily. De toute façon, je pense qu'on le saura rapidement.

-Si tatie Jane avait cet air, c'est que c'est extrêmement grave. La seule fois où je l'ai vu l'avoir, c'est quand Alice a tenté de pénétrer dans la partie interdite de l'endroit où ils habitent. Elle s'est pris le savon de sa vie. »

La concernée, qui venait d'arriver, demanda de quoi ils parlaient. Ils lui expliquèrent mais ne put trouver d'autres explications. Elle promit d'aller interroger sa mère, mais ne garantissant pas qu'elle aurait des réponses. Jane ne laissait pas jamais filtrer des informations sensibles ou qu'elle ne pouvait révéler.

A la sortie du petit-déjeuner, Anthony fut intercepté par sa tante. Il lui dit bonjour mais elle l'arrêta en lui prenant le bras. Aussi, il se tourna vers elle :

« Qu'est-ce qu'il y a professeur ? »

Il n'avait pas oublié qu'à Poudlard, il devait l'appeler par son titre. Et pas « tatie Jane ». Cela diminuerait sa crédibilité de manière assez sensible. Et saperait son autorité, ce qui n'était pas une bonne chose.

« Pas de ça pour le moment Anthony. Tu dois m'accompagner sur le champ. »

En voyant son air plus que sérieux, il comprit qu'il ne servirait à rien de protester ou de résister. Aussi, il acquiesça et la suivit. Elle l'emmena à travers un dédale de couloirs et d'escaliers pour arriver finalement dans sa salle de classe. Quand elle l'ouvrit, il bondit de joie et courut. Ses parents étaient là. Il les serra très fort tandis qu'ils lui rendaient son câlin. Oui, il était vraiment heureux de les revoir.

Un toussotement gêné les interrompit. Aussitôt, la petite famille s'écarta. Ce qui donna l'occasion à Anthony de voir qui se trouvait là. Le Vice-Directeur du Département de la Justice Magique en personne, Bartemius Croupton Senior, ainsi que le commandant du corps des Aurors, Frederik Greengrass. Il y avait également le partenaire de son père, Alastor Maugrey.

« Bonjour jeune homme, fit le directeur du DJM après quelques secondes de silence. Je présume que vous êtes Anthony McKinnon, fils de Bertus et Ariane McKinnon ?

-En effet, monsieur le directeur, répondit poliment Anthony après avoir repris une contenance.

-Bien, fort bien, marmonna-t-il. Frederik, il est à vous.

-Comment avez-vous trouvé le véritable nom de Voldemort, l'interrogea ce dernier sans préambule ?

-Je… C'est une longue histoire. Qui est racontée dans la lettre que j'ai envoyée à mon père, expliqua Anthony. »

Il supposait que tous ici en avaient pris connaissance. Sinon ils ne seraient pas là et ils n'auraient pas parlé de Voldemort. C'était pour Anthony, la seule raison qu'il voyait à leur présence.

« Nous voulons l'entendre de votre propre bouche, lui demanda le chef des Aurors. »

Bon. Il n'avait guère le choix. Il s'agissait d'un ordre direct du commandant du bureau des Aurors. Anthony savait exactement ce qu'il risquait s'il refusait de répondre. Il risquait une enquête et une inculpation pour entrave à une enquête de Magie Noire. C'était au moins trente ans à Azkaban. Même pour quelqu'un de son âge.

« Une personne parmi mes amis a émis l'idée en juin dernier que le véritable nom de Voldemort n'était pas Voldemort justement. Nous avons rapidement cherché parmi les noms des sang-purs mais aucun ne correspondait. Un nom pareil ne passe pas vraiment inaperçu. En septembre, nous avons donc commencé à chercher ce que nous pourrions trouver. D'après une source,

-La même que pour le Tabou, demanda Greengrass de son éternel ton brusque quand il travaillait ?

-En effet, confirma Anthony avant de continuer. D'après elle, il se proclamait descendant de Serpentard. Nous avons donc cherché dans la lignée de ce dernier. Qui s'éteint avec Morfin et Merope Gaunt. Or, le premier est en prison et la deuxième est morte en 1926. On en a déduit qu'il descendait probablement d'eux. On a donc cherché tout ce que l'on pouvait trouver. Mais il n'y avait rien à part l'inculpation et la condamnation à Azkaban de Morfin Gaunt pour le meurtre de trois moldus, Tom Jedusor ainsi que ses parents Thomas et Mary Jedusor.

-Et ensuite, insista-t-il ?

-Comme on était plus ou moins au point mort, on a cherché tous les Serpentard nés entre 1925 et 1926 qui ont été à Poudlard. C'était un travail assez long. Et un peu par hasard, nous sommes tombés sur le nom de Tom Elvis Jedusor. Il est né le 31 décembre 1926 dans un orphelinat à Londres. Soit exactement le jour de la mort de Merope Gaunt. En plus de cela, il porte le même prénom et le même nom de famille que Tom Jedusor. Et son deuxième prénom est Elvis comme Elvis Gaunt.

-Cela aurait pu être quelqu'un d'autre, objecta le chef des Aurors.

-De mémoire le prénom Elvis est assez peu donné au Royaume-Uni. Si on ajoute à cela le fait que Tom Jedusor et Merope Gaunt ont vécu dans le même village de leur naissance à environ vingt ans, à savoir Little Hangleton, c'est assez probable qu'ils aient pu se rencontrer.

-Autre chose, demanda le supérieur de son père ?

-Nos hypothèses ont comme principe que Tom Elvis Jedusor est bien Voldemort. Si c'est le cas, il est effectivement descendant de Serpentard lui-même. Il doit avoir des capacités de Légilimancie. Sa mère a probablement été abandonnée à son père puisqu'il a été élevé dans un orphelinat. Vers seize ans, il a probablement retrouvé Tom Jedusor et les a tués.

-Mais c'est Morfin Gaunt…

-On pense que c'est lui, l'interrompit Bertus. Mais ce n'est peut-être pas lui. »

Anthony comprit que ce n'était plus à lui d'intervenir. Aussi, il se concentra sur la future conversation entre son père et son chef.

« Qu'est-ce que tu veux dire Bertus ? Ton propre père a travaillé, et ton grand-père aussi. Ils…

-Je sais quelles sont les preuves, Frederik. Mais tout repose sur sa baguette et ses aveux. Nous n'avons aucune autre preuve. Pas de témoins, rien. La baguette peut avoir été volée et utilisée. Si demain un Mangemort me vole ma baguette et va faire un massacre chez les moldus, je serai accusé. Je me trompe ?

-Certes, accepta-t-il. Mais il reste le problème des aveux.

-Pour un Legilimens presque naturel, ça ne pose aucune difficulté d'implanter profondément des pensées dans une personne. Pour peu que Morfin ait été endormi, c'est encore plus aisé.

-Certes. Mais là n'est pas le problème. De toute façon, ces déductions et recherches ne peuvent constituer une preuve d'innocence. Il faudrait bien plus, les interrompu Bartemius Croupton.

-Je suis d'accord, confirma Bertus. Mais la question est toute autre.

-En effet. Pourrions-nous avoir l'identité de vos camarades, demanda finalement Greengrass à Anthony ?

-Je peux vous les amener ou faire amener ici si vous voulez. Ce sera probablement plus simple. »

Ils acceptèrent et libérèrent Anthony. Ce dernier se précipita alors en courant dans les couloirs. Il était réellement pressé. Il gravit les escaliers quatre à quatre, non sans tomber deux fois et arriva enfin à la salle de classe où il travaillait souvent avec ses amis.

Tous étaient là et furent surpris par son arrivée en trombe. Ils le laissèrent reprendre sa respiration. Quand ce fut fait, Saphir fut la première à parler :

« Qu'est-ce qu'il se passe ?

-Croupton Senior qui est l'adjoint du directeur du DJM, le chef des Aurors et mes parents sont là. Ils voudraient vous voir.

-Sont-ils au courant que…

-Que c'est toi la source pour le Tabou ? Non. Mais ils savent qu'on est amis. Si tu ne veux pas venir, c'est ton choix, lui proposa Anthony. »

Un long silence se fit. Il lui parut interminable et fut insupportable jusqu'à ce que Saphir reprenne la parole.

« Je veux bien venir. Mais il y a le problème des autres élèves dans les couloirs.

-On n'a qu'à y aller deux par deux, proposa à son tour Severus. Toi et moi suivons de quelques dizaines de secondes Lily et Anthony. On a rendez-vous où, interrogea-t-il ce dernier ?

-La salle de classe de DCFM. Ma tante est avec eux. Même si je ne sais pas trop pourquoi.

-Alors on fait comme ça, statua finalement Saphir. Allez-y maintenant, on vous suit. »

Ce fut ainsi qu'ils quittèrent tous les quatre leur salle plus ou moins personnelle. Anthony n'avait absolument aucune idée de ce qui allait suivre. Il ne connaissait pas les intentions de ses parents et de leurs supérieurs. Il redoutait le pire mais savait que cela avait fort peu de chances d'arriver.

Finalement, ils arrivèrent tous les quatre sans encombre à la salle de Défense Contre les Forces du Mal. L'interrogatoire de Greengrass ne consista finalement qu'en une confirmation de ce qu'ils avaient dit. Il releva les noms et leur fit signer un parchemin enregistré par Croupton. Il donna également l'ordre à Saphir de quitter sa maison si jamais elle craignait pour sa vie. Aussitôt, Ariane se proposa pour l'accueillir, en véritable mère poule qu'elle était quand elle avait un bébé.

Anthony était suffisamment conscient quand il l'avait été pour savoir que dans ces moments, il ne valait mieux pas être un enfant menacé. Parce qu'elle devenait une véritable dragonne et extrêmement dangereuse.

Finalement, ils purent repartir avec la promesse qu'ils tiendraient compte de ce qu'ils avaient dit. Ce fut Saphir qui posa la question à mille Gallions.

« Mais pourquoi est-ce qu'il y a eu tout ce chambardement avec le professeur Slughorn, le professeur Fawley ainsi que les professeurs Dumbledore et McGonagall qui n'étaient pas au petit-déjeuner.

-Je n'en sais rien, avoua Anthony. Ils n'en ont pas parlé. Mais je pense que Dumbledore et Slughorn savaient peut-être une partie de la vérité. Après tout, ils étaient déjà professeur quand Voldemort était à Poudlard. Ils ont peut-être été interrogés sur son cas.

-Possible, dit-elle pour toute réponse. »

Le reste de la journée se passa normalement. Personne ne parla plus de la matinée pour le moins étrange. Ils préféraient rester sur leurs recherches et leurs devoirs. C'était, et de très loin, préférable. Ils perdraient du temps et de l'énergie à faire de nombreuses suppositions tout en sachant qu'ils n'auraient pas la moindre réponse. Aussi, ils laissèrent provisoirement tomber ce sujet, ne pouvant plus rien faire à son propos.

Les jours suivants, la vie de l'école reprit son cours. Tout le monde oublia ce qui s'était passé durant le petit-déjeuner du dimanche. Il y avait des choses plus importantes comme les devoirs et les cours. A vrai dire, personne n'avait rien su de ce qu'il se passait, à quelques exceptions près. Exceptions qui n'étaient prêtes de parler à n'importe qui de ce qu'elles savaient. Anthony, de son côté, retourna se préoccuper de ses différents projets. Il avait désormais pratiquement terminé son livre sur les Runes Anciennes. Il commençait également à décortique le sortilège de recopie qu'il avait trouvé à la bibliothèque. Cependant, il lui restait encore une part non négligeable au niveau de la difficulté. Bref, il avait encore beaucoup de pain sur la planche, il fallait bien l'avouer.

Le plus gênant dans toute l'histoire des origines supposées de Voldemort avait été quand Lily s'était rendue que ce qu'elle avait dit en plaisantant était, apparemment, la réalité. Ils avaient bien ri tous les quatre.

Les premiers jours de la semaine ne donnèrent guère l'impression que les Aurors et le DJM savaient quelque chose de très important. Les attaques, meurtres et enlèvements continuaient comme avant. Comme si rien ne s'était passé d'important. Dans la Gazette du Sorcier, toujours la même question sur la protection des civils et des simples habitants du monde magique.

Cependant, le jeudi, ils eurent enfin des nouvelles, mais pas nécessairement de la manière la plus prévisible. Quand ils descendirent prendre le petit-déjeuner, le journal n'était pas encore arrivé. Alors qu'ils mangeaient beaucoup en prévision des deux cours pratiques de Botanique et DCFM pour les Gryffondor, une nuée de hiboux et chouettes investit la Grande Salle.

Anthony paya l'animal qui lui apportait son journal et le posa sur le côté, voulant le lire un peu plus tard. Mais il remarqua bien vite quelque chose d'étrange. Tout le monde s'était arrêté de manger. Aussi, il reprit le sien et regarda le titre. Il comprit aussitôt.

Grande opération des Aurors : Deux Mangemorts tués et trois autres arrêtés.

Hier, lors d'une opération dans un lieu tenu confidentiel par le chef du Bureau des Aurors, une opération conjointe entre les Aurors et la Brigade des Sorciers Tireurs d'Elite a permis l'arrestation de trois Mangemorts. Certains d'entre eux sont d'éminents membres de notre communauté et leur arrestation provoque émoi chez de nombreuses personnes.

Avidement, il continua sur la première page, cherchant les noms de ceux qui auraient pu être arrêtés et tués. Il tomba ainsi sur le nom de Lucius Malefoy, arrêté pour tentatives de meurtres sur des Aurors et résistance à une arrestation. Il y avait aussi ceux de Corban Yaxley, le grand frère de Saphir, lui aussi arrêté. Anthony regarda discrètement à la table des vert et argent les réactions des élèves.

Elles étaient pour le moins partagées. Il pouvait Saphir se contenir d'exploser de joie. Son frère ne serait probablement plus chez elle avant un moment. Ses yeux brillaient d'une lueur qu'il reconnaissait entre mille. Elle riait rarement mais c'était le signe qu'elle était contente.

A l'inverse, de nombreux Serpentard semblaient beaucoup plus atterrés. Surtout parmi ceux qui étaient plus ou moins ouvertement en faveur de Voldemort. Ce qui ne surprenait guère Anthony. Beaucoup semblaient comprendre qu'un rude coup venait d'être porté à leurs aînés. Et que tout ne serait peut-être pas aussi facile.

La plupart des noms disaient quelque chose à Anthony mais il ne s'occupa guère de lire les articles. Ils ne diraient rien d'important. Surtout qu'il avait vu que le chef des Aurors en personne menait l'affaire. Et c'était un véritable coffre-fort de Gringotts quand ça touchait à son travail. Aussi, il n'apprendrait rien. Du moins, rien qu'il ne pouvait déduire de ce qu'il savait déjà.

Les jours suivants, l'ambiance fut soudainement plus légère à Poudlard. La Gazette du Sorcier n'annonça plus aucune disparition et plus aucun meurtre. A l'évidence, les arrestations de Mangemorts semblaient avoir porté un rude coup à ces derniers. Cependant, probablement sur recommandation personnelle de Greengrass, le journal restait prudent, déclarant notamment qu'il était fort peu probable que tous soient sous les verrous.

Anthony, naturellement, n'avait pas eu d'informations de son père. Autant parfois il en donnait quelques-uns sur son travail, autant là, c'était différent. Il n'en avait d'ailleurs pas attendues. Il savait dès le début que cette fois, il ne saurait rien de plus avant un certain temps. Ou alors simplement quelques bribes attrapées au vol quand il serait rentré chez lui pour les vacances de Noël. Et encore, s'il avait de la chance.

Aussi, il se concentra plus fortement sur ses études et ses projets. Autant avancer là où il le pouvait. La conduite de la guerre en cours n'était pas entre ses mains et il était loin de pouvoir donner des conseils de stratégie à son père en la matière. Encore moins à son supérieur d'ailleurs. Cependant, il put remarquer un changement dans le comportement de Slughorn. Ce dernier était beaucoup plus affable avec lui. Comme s'il essayait de le mettre dans de bonnes dispositions. Il était aussi moins courtois envers les enfants de Mangemorts présumés, puisque n'ayant toujours pas été condamnés.

Les autres enseignants, eux, n'avaient rien changé dans leurs manières d'êtres avec les élèves. Le professeur McGonagall était fidèle à elle-même. Au point qu'Anthony se demandait ce qui pourrait causer un comportement différent de sa part en cours que celui habituel. Il supposait que même une fin du monde imminente n'y arriverait pas.

La plus impressionnante restait le professeur Fawley, la tante d'Anthony. Cette dernière avait, au contraire, encore plus durci tous ses exercices. Il avait réellement l'impression de suivre un entraînement militaire, tel que son grand-père maternel le lui racontait parfois. C'était de plus en plus physique. Et tous les élèves de toutes les années étaient soumis à ce même traitement.

Naturellement, les couloirs étaient encore plus calmes. Peu de monde avait l'énergie de se battre lorsqu'il avait DCFM dans la journée. Ou même dans les jours prochains ou passés. Il valait mieux prendre autant de forces que possibles et faire le moins de vagues pour ne pas se faire punir. Car le concierge avait trouvé autre chose pour les heures de colle. A défaut de faire peur en faisant récurer des couloirs, des anciennes salles de classe, la salle des trophées ou des chaudrons, il les envoyait chez Jane. Cette dernière leur faisait alors d'impressionnants exercices physiques qui les lessivaient moralement et physiquement.

Rares étaient ceux qui étaient allés deux fois en retenue avec elle. Ses méthodes étaient peut-être brutales, mais au moins elles étaient efficaces. La seule menace d'une plainte chez elle suffisait à effrayer un élève de Septième Année, même quand elle était prononcée par un élève de Première Année minuscule. Anthony n'allait certainement pas s'en plaindre. Il passait pour le petit garçon parfait auprès des enseignants et se satisfaisait de son image. En plus, il n'avait pas de raisons de désobéir au règlement.

Surtout, malgré quelques accusations de favoritisme, il savait qu'il subirait bien pire que n'importe quel autre élève, à l'exception d'Alice et Marlène, s'il venait à être collé avec sa tante. Et Anthony était peut-être à Gryffondor, mais il était extrêmement loin d'être suicidaire à ce point. Et il subirait deux fois supplémentaires la punition une fois rentré à la maison. Ou plutôt au château.

Au début du mois de novembre, une nouvelle série de meurtres eut lieu. Cependant, elle fut très vite stoppée par quelques arrestations. La presse, qui se résumait à la Gazette du Sorcier se confondait en suppositions diverses et variées. Mais la plupart étaient aussi absurdes les unes que les autres. Anthony avait toute une théorie, qu'il jugeait plutôt plausible.

Ce qu'il supposait était que les réunions de Mangemorts avaient été provisoirement arrêtées. Aussi, une probable surveillance de Little Hangleton n'avait rien pu donner. Et là, cette série de meurtres et enlèvements avait probablement permit de constater qu'il y avait eu une reprise de « l'activité » dans le secteur. Aussi, les Aurors avaient certainement monté toute une opération et capturer quelques Mangemorts.

Mais cette fois, ils n'avaient eu que des petits poissons. Pas un seul prisonnier d'envergure. Ce qui lui fit penser que personne n'avait de nouvelles des autres prisonniers capturés en octobre. Probablement qu'ils étaient très longuement interrogés par les Aurors. Peut-être tentaient-ils d'en retourner un ou deux. Mais il n'en était pas certain. C'était toujours une opération très risquée que d'avoir un espion à l'intérieur d'une organisation d'un véritable paranoïaque.

Lily, Saphir, Anthony et Severus passaient régulièrement du temps ensemble. Cependant, ils remarquèrent bien vite quelque chose d'étrange. Narcissa Black passait régulièrement près de leur coin. Elle se dirigeait à chaque fois vers le rayon Généalogie de la bibliothèque. C'était facile à savoir puisqu'il s'agissait de la seule section après la leur. En revanche, ils ne la voyaient jamais emprunter de livres. Elle était également de moins en moins souvent avec ses camarades de classe. Elle prenait souvent un air pensif et cachait parfois des lettres qu'elle recevait.

Tout cela cachait quelque chose. Anthony hésitait réellement à chercher ce qui pourrait causer un tel comportement chez la jeune femme en dernière année. Etait-ce que parce que son fiancé était emprisonné ? Se cherchait-elle quelqu'un qui aurait le sang assez pur pour lui convenir ? Les Black étaient assez exigeants avec cela. De toutes manières, il ne pouvait certainement pas aller lui en demander la raison, ce serait suicidaire.

Et puis il y avait le problème Dumbledore. Ce dernier était de moins en moins souvent présent aux repas. Comme s'il ne dirigeait plus réellement l'école. Ou qu'il avait quelque chose d'autre à faire, de plus important. Mais Anthony se demandait sérieusement ce qui pourrait le pousser à bouger et surtout pour quelles raisons. C'était tout-à-fait incompréhensible.

En effet, quand il était présent aux repas, il avait parfois comme des absences. Son regard se faisait beaucoup moins pétillant et il semblait alors réfléchir profondément à des sujets complexes. Du moins c'était l'avais d'Anthony et l'impression que cela donnait. Le côté excentrique du directeur n'était que pour masquer sa puissance. Qui était colossale.

Cependant, il eut bien vite la réponse concernant la première question. Vers la fin du mois de novembre, les attaques avaient repris. Mais cette fois, il n'y eut nulles arrestations, à l'exception d'un Mangemort retardataire lors de l'une d'elles. Cependant, il était à noter qu'après plusieurs attaques, il y avait eu une intervention rapide des Aurors et qu'un combat s'était engagé, causant la mort d'un des combattants du Ministère.

Cela fit alors comprendre à beaucoup de monde ce qui se jouait réellement dehors. Il ne s'agissait plus de simples meurtres et enlèvements. C'était la guerre. Et des gens mouraient des deux côtés.

Etrangement, au même moment, quelques rumeurs apparurent sur une possible ascendance moldue de Voldemort. Ces rumeurs furent balayées par quelques partisans de ce dernier mais revinrent bien vite, portées par d'autres voix du camp opposé.

Anthony n'avait pratiquement aucun doute quant à la responsabilité du patron de son père dans ces rumeurs. Greengrass était un Serpentard pur jus mais entièrement dévoué à ses idéaux. Ainsi qu'à la justice. Qu'il soit d'accord ou non avec les idéaux des Mangemorts, et il ne l'était pas, ne rentrait pas en ligne de compte. Ils désobéissaient à la loi, ils devaient être arrêtés et jugés, point à la ligne. Ce qui convenait parfaitement au garçon, qui était partisan de cette ligne.

En cette fin du mois de novembre, Anthony marchait dans un couloir désert avec Marlène. Ils étaient un mercredi en début de soirée et ils avaient voulu passer un peu de temps ensemble. Ils l'avaient décidé peu après leur petite nuit l'un à côté de l'autre dans la Salle Commune. Elle en profita pour s'excuser de son comportement des premières semaines de Première Année, mais il lui pardonna très facilement. Après tout, elle s'était ensuite rattrapée.

Alors qu'ils avançaient, ils entendirent soudain un bruit sourd devant eux. Ils s'interrogèrent du regard, décidant d'aller voir. Ce fut alors qu'ils entendirent plus ou moins distinctement :

« Sale sang-de-bourbe… toucher… conséquences ? »

Anthony écarquilla les yeux en comprenant ce qu'il se passait probablement. Il remarqua alors Marlène avancer en marchant aussi vite que possible. Sa baguette n'était pas dans une main. Et surtout, elle laissait des traces flamboyantes sur le sol. Le garçon comprit aussitôt ce qu'il se passait et lâcha un grossier « Et merde ». Il se précipita à sa suite et parvint à la devancer.

Le tableau qui se présentait à lui était pour le moins violent. Trois élèves de Serpentard lançaient des sorts à une fille à la chevelure rousse prostrée au sol. Ou plutôt, deux élèves lançaient des sorts et une troisième regardait ailleurs. Il ne fallut guère de temps à Anthony pour reconnaître Lily. Instinctivement, il sortit sa baguette. Il n'avait aucune chance de les battre. Mais il vendrait chèrement sa peau. Il était à Gryffondor, par Merlin. Il devait se battre pour la défendre. Accessoirement parce que c'était aussi son amie.

Son arrivée avait au moins eu le mérite de surprendre ses trois adversaires. Le temps s'était comme figé alors qu'ils se fixaient. Finalement, le premier sortilège partit des vert et argent. Il parvint à les esquiver. Et à répliquer.

« Expelliarmus ! Stupefix ! Petrificus Totalus ! »

Mais ses sortilèges et maléfices ne purent percer les boucliers mis en place par les Serpentard. Ces derniers commencèrent alors à répliquer. Anthony parvint à en esquiver quelques-uns mais il ne put échapper à la salve suivante. Il fut brutalement projeté en arrière et percuta violemment un mur. Le noir l'envahit pendant un temps indéterminé.

Anthony sentit alors une énorme bourrasque de vent souffler. Chose qui était fort étrange, surtout dans un couloir de Poudlard. Laborieusement, il reprit conscience de ce qui l'entourait, se souvenant par la même occasion de l'altercation. Il finit par ouvrir les yeux. Le couloir était un véritable champ de bataille.

Les armures gisaient en de nombreux morceaux sur le sol. Le métal était enfoncé et éraflé, comme si elles venaient de livrer bataille. Toutes les vitres du couloir avaient tout bonnement disparues. Il apercevait un certain nombre de morceaux de verres sur le sol. Mais pas de quoi suffire. Le reste devait être en contrebas. Le sol était parsemé de traces comme s'il avait brûlé.

Mais plus impressionnant était la personne qui se tenait devant Lily et lui. La rousse était toujours prostrée sur le sol. Peut-être en larmes. Cependant, une autre chevelure encore plus rousse qu'il aurait reconnue entre mille autre se tenait debout, les protégeant ainsi.

C'était Marlène McKinnon dans toute sa fureur. Oh, il plaignait les Serpentard devant l'affronter. Mais il n'aurait certainement pas pitié d'eux. Il ne fallait pas déconner non plus. La jeune fille était réellement impressionnante. Elle semblait mesurer désormais plus de deux mètres.

Son ouïe s'éclaircit et il put comprendre la conversation, ou plutôt la dispute entre sa cousine et les vert et argent.

« Comment osez-vous vous en prendre à elle, hurlait la rousse ! C'est une élève de Deuxième Année !

-C'est une sang-de-bourbe, lui répliqua violemment l'un des Serpentard, dont il ignorait le nom. Elle n'a rien à faire ici ! Elle a volé sa magie à un sang-pur et doit mourir pour ça ! Tout comme toi, sale traître-à-ton-sang !

-Aïe, murmura Anthony pour lui-même. »

Il savait ce qui allait arriver. Et ne se trompa point. L'air s'épaissit brutalement. Dehors, la lune et l'éclairage naturel qu'elle fournissait disparurent tout aussi rapidement, couvert par d'immenses nuages noirs. Le couloir fut soudainement plongé dans la pénombre. Qui devint pratiquement de l'obscurité au fur et à mesure que les pouvoirs de Marlène se déchaînaient. Une immense bourrasque de vent fit chanceler leurs aînés.

Anthony savait ce qui allait arriver. Mais il n'allait certainement pas intervenir tout de suite en faveur de ceux qui étaient la cause de la douleur qui lui vrillait la tête. Le vent s'intensifia et sembla mystérieusement les épargner Lily et lui. Les Serpentard semblaient désormais morts de trouille. Pourtant, il était bien connu à Poudlard qu'il ne fallait pas pousser Marlène à bout. Mais ils semblaient l'avoir oublié ou l'avoir sous-estimé. Et ils allaient le payer cher.

« Je vous interdis de dire des choses pareilles, hurla encore plus fort la jeune fille ! Vous n'êtes qu'une bande de lâches qui ont peur d'attaquer leurs égaux ! Et quant à me traiter de traitre-à-mon sang, savez-vous au moins la vérité sur les origines de votre Voldemort de pacotille que vous aimez tant, ricana-t-elle méchamment ? C'est sang-mêlé qui a en plus un père moldu, s'esclaffa la rousse ! Un sang-mêlé élevé dans un orphelinat tout ce qu'il y a de plus moldu, continua-t-elle sur sa lancée. Un type qui s'appelle Tom Jedusor ! »

Le visage des Serpentard venait de passer par plusieurs émotions. La haine mais aussi l'effarement et finalement le doute. Anthony pouvait presque sentir leurs pensées. Ils se demandaient si elle avait raison ou tort. Ils n'allaient pas la contredire. Toutes leurs baguettes gisaient sur le sol. Durant son discours, Marlène les avait tous emprisonnés par des Maléfices du Saucisson. Elle reprit ensuite la parole.

« Peut-être devrais-je lui envoyer un message en utilisant vos cadavres, ricana-t-elle méchamment. »

Heu… Anthony aurait préféré ne pas entendre cela. Il sentait que Marlène perdait peu à peu le contrôle d'elle-même. Lily était toujours prostrée sur le sol. Et il n'y avait que lui qui semblait avoir une chance de la calmer. Il chercha sa baguette mais elle avait roulé loin de là. Et surtout elle était brisée, il ne savait trop comment. Alors que sa cousine continuait à menacer les vert et argent qui semblaient se faire pipi dessus, Anthony parvint à se relever, non sans moult difficultés.

Ses lunettes étaient cassées. Il voyait certes encore mais la douleur au crâne lui donnait l'impression que le monde tanguait dangereusement. S'aidant des murs, il s'approcha de Lily, qui était la plus proche de lui. Il remarqua alors sa baguette, gisant au sol. Elle était en saule avec un crin de licorne à l'intérieur. Elle le lui avait dit un jour.

Il hésitait à la prendre. Ce serait comme violer l'intimité d'une personne. Une baguette magique était une chose très personnelle pour un sorcier. Utiliser celle d'une autre personne était régulièrement difficile. Mais il voyait Marlène qui s'enfonçait de plus en plus. Il savait qu'à ce rythme, elle finirait par effectuer tuer les trois vert et argent. Il n'avait pas le choix.

Anthony prit la baguette en murmurant des excuses à Lily. Puis, il essaya un simple Sortilège de Lévitation sur un morceau de verre. Ce dernier se passa sans problèmes. Il remercia intérieurement la baguette. Après tout, d'après Ollivander, elles avaient une conscience. Puis, la mort dans l'âme, il visa le dos de sa cousine, tout en tentant de faire fi de son mal de tête qui devenait toujours plus atroce.

« Petrificus Totalus, parvint-il finalement à murmurer. »

L'effet fut net. Le silence revint d'un seul coup. Puis, toute l'obscurité disparut tout aussi rapidement. Marlène s'effondra au sol, les bras alignés de long du corps et les jambes collées ensemble. La douleur à la tête devint toujours plus violente et Anthony finit par s'effondrer contre le mur, près de Lily. Ce fut à nouveau le noir complet.

La première chose que sentit Anthony en se réveillant fut une grande sensation de bien-être. Il se sentait bien. Il n'avait plus mal nulle part, à part un petit peu encore à la tête. Il parvint à lever les bras et se toucha le crâne. Ou du moins, ce qui était autour de ce dernier puisqu'il sentit un épais bandage. Il finit par ouvrir les yeux. Sans guère de surprises, la première chose qu'il vit fut le plafond blanc de l'infirmerie. Le bandage l'avait de toute façon mis sur la voie, il fallait être honnête.

Anthony commença à regarder ensuite autour de lui, gardant néanmoins les yeux mi-clos, pour s'habituer à la lueur du jour. Il supposait être resté inconscient au moins une demi-journée. Puisqu'ils étaient le soir quand il y avait eu l'altercation. Dont il n'avait absolument aucune idée des suites. Il remarqua sur sa droite une table de chevet avec quelques potions. Il y avait aussi ses affaires sur une chaise. Il décida alors de tourner la tête de l'autre côté.

Ce qu'il vit le surpris énormément. Lily était avachie sur une chaise, le corps penché en avant. Sa tête reposait sur le bord du matelas. C'était étrange qu'il ne l'ait pas sentie d'ailleurs. Mais bon. Elle semblait avoir veillée sur lui et être épuisée pour dormir ainsi. Machinalement, il lui passa la main dans les cheveux. Son lit était entouré de rideaux, probablement pour l'isoler du reste de l'infirmerie et qu'il soit au calme.

Les minutes passèrent et la jeune fille commença à remuer. Il enleva bien vite sa main de sa chevelure et la laissa se réveiller. Elle leva alors vers lui une tête endormie.

« Salut, salua-t-il Lily gaiement. Tu as bien dormi ? »

Le regard de la jeune fille se fit surprit avant de s'écarquiller. D'un seul coup, elle ne semblait plus du tout endormie, du moins sur le visage. Les cheveux, c'était autre chose. Un large sourire barra le visage de son amie. Sans qu'il ne le sente venir, son visage fut submergé par une cascade de cheveux roux. Et sa cage thoracique écrasée entre les bras et le corps de Lily Evans, qui semblait vouloir le tuer puisqu'il avait du mal à respirer.

« Du… du calme Lily, parvint-il à dire. Tu… Tu me fais… mal.

-Oups, pardon, s'escusa-t-elle en s'écartant. Mais tu comprends. Tu étais le premier à me venir en aide et quand tout était terminé tu étais inconscient. Et ça fait plusieurs jours que tu étais inconscient. Tu devais être transféré à Sainte-Mangouste demain si tu ne te réveillais pas. Mais comme tu t'es réveillé, tu ne seras pas transféré. D'ailleurs, Saphir est impatiente de te revoir et Sev a commencé à te préparer quelques potions qu'il connaît pour que tu te sentes mieux, débita-t-elle à toute vitesse. »

Il n'avait pratiquement rien compris. Il devait être honnête, il n'avait rien compris à ce qu'elle venait de dire. Ou si, il avait bien saisi quelques brides. Devant son air perdu, Lily se mit à raconter toute l'histoire, depuis le début. Et c'était édifiant.

Elle se baladait dans un couloir pour trouver un portrait avec qui elle voulait converser quand plusieurs Serpentard l'avaient surprise. Elle n'avait pas eu le temps de se saisir de sa baguette qu'ils lui avaient lancé divers sortilèges. Ils s'étaient alors « amusés » à l'insulter elle et sa famille, ses amis mais aussi à lui faire mal à cause de la magie. Elle lui montra alors son avant-bras. Il était écris sang-de-bourbe dessus. C'était une cicatrice. De celles qui restaient pour toute la vie. Cela fit bouillir le sang d'Anthony qui commença à s'énerver.

Etrangement, Lily le prenait relativement bien et le calma rapidement. Elle lui répondit qu'elle s'en moquait. Et que Severus était en train de chercher une potion qui permettrait d'effacer la cicatrice en question. Anthony était certain que si c'était possible, son ami vert et argent en trouverait le moyen.

Elle continua ensuite son histoire en lui comptant comment il était intervenu alors qu'ils allaient se détourner d'elle. Ils avaient gagné le duel mais Marlène était intervenue à ce moment-là. Il lui raconta ce qu'il savait et avait vu avant qu'elle ne put continuer son récit.

La suite était encore plus surprenante. Narcissa Black, une des préfètes, passait par là par hasard. En entendant les cris et hurlements, elle avait finalement décidé de venir. Elle était arrivée au lieu de l'affrontement quelques secondes après qu'Anthony eut immobilisé sa cousine. De ce que la rousse avait entendu, elle s'était précipitée à leur chevet pour vérifier d'éventuelles blessures. Elle avait réalisé les premiers soins avant de s'occuper des élèves de sa maison.

Ensuite, des enseignants, alertés par la jeune femme, étaient arrivés. Ils avaient eux aussi constatés les dégâts. Marlène fut libérée et craqua en voyant Anthony complètement inconscient. Tout le monde fut transporté à l'infirmerie. Lily n'eut guère besoin de prendre un Philtre de Paix, tout comme Marlène.

Les Serpentard, pendant ce temps, se firent copieusement enguirlander par le directeur juste à l'extérieur de l'infirmerie. A l'intérieur de celle-ci, l'infirmière s'occupait de lui sous les regards de Marlène, Lily mais aussi Narcissa. La rousse lui raconta alors une conversation qu'elle avait eu avec elle à ce moment-là, à voix basse.

« C'est vrai ce que la cousine de McKinnon a dit à propos du Seigneur des Ténèbres, demanda à la surprise de la jeune fille l'aînée ?

-Ça l'est, confirma-t-elle. On a un certain nombre de preuves et le reste ce sont des déductions logiques.

-Je m'en doutais, confirma la blonde. J'ai commencé à chercher depuis les rumeurs dans la presse. Il y avait un certain nombre d'éléments guère nets dans son histoire. Pourrais-tu m'indiquer ou trouver les preuves, demanda-t-elle très poliment ?

-Naturellement, répondit distraitement Lily. »

Ouaip. Vraiment, ça s'était bizarre. Narcissa Black qui regardait les origines de Voldemort et qui parlait à Lily pratiquement comme d'égale à égale, ça valait le détour. Sur le coup, la jeune fille n'avait pas réalisé qu'elle avait donné une information à une potentielle fidèle de Voldemort. Cependant, Anthony lui rappela que ce n'était peut-être pas ce que cela semblait être.

En effet, cela faisait quelques temps qu'il avait remarqué, avec ses amis, le comportement étrange de Narcissa Black. Comme si elle manigançait quelque chose en sous-main. Elle semblait souvent ailleurs. Et là, ce n'était que la suite logique de tous ces événements. Surtout, en sauvant une née-moldue et deux traitres-à-leur-sang des griffes de vert et argent, elle risquait gros. Très gros même. Et elle était même parfaitement au courant de ce qu'elle risquait.

C'était l'erreur que beaucoup de gens commettaient en la voyant. Anthony devait avouer que Narcissa était belle. D'une beauté froide et aristocratique. Mais si elle avait porté un autre nom que Black, il était certain qu'elle aurait eu foule de prétendants à Poudlard. En revanche, elle était bien plus qu'un beau minois. Même si elle n'était pas exceptionnelle, c'était une redoutable duelliste, une fois poussée dans ses retranchements. Elle était aussi excellente en Sortilèges et en Potions. Dans toutes les autres matières, elle n'était pas moins que très bonne à excellente.

Ouaip, Narcissa Black devait être parfaitement au courant de ce qu'elle risquait. Elle devait avoir mesuré les risques, et ainsi de suite. C'était une Serpentard pur jus. Elle incarnait pratiquement la maison à la perfection. Encore mieux que son probable ex-fiancé, toujours sous les verrous au Ministère, qui prenait la mouche dès qu'une personne l'insultait. A se demander comment il pouvait servir Voldemort. C'était un grand mystère pour Anthony.

D'après Lily, les Serpentard avaient été copieusement punis, non seulement par le directeur mais aussi par Slughorn. Lily était parmi ses élèves préférés et s'attaquer à elle était presque comme s'attaquer à lui. Elle lui raconta que selon Saphir et Severus, l'ambiance chez les vert et argent était étrange. Comme s'il y avait une ambiance de fin du monde disait-il. Pratiquement plus personne n'osait dire un mot de peur de se faire punir par Narcissa. Comme si quelque chose attendait d'exploser et que tout le monde angoissait à cette idée.

En dehors de cela, la vie normale avait rapidement continué au château. Ils étaient le dimanche après-midi. Il avait donc passé quatre jours totalement inconscient. C'était Marlène qui avait assuré la tenue du CAC. D'après Lily, cela avait été extrêmement calme. Son « exploit » lors de l'affrontement contre les Serpentard avait été très vite connu de tout le château. Aussi, personne dans le club n'avait semblé vouloir la contredire.

Lily avait assuré toute seule le Cours d'Education Sorcière, en leur expliquant pourquoi il n'était pas là. Elle était angoissée à l'idée d'avoir fait un seul truc de travers. Mais elle avait respecté tout le programme et avait tout fait comme il le fallait. Du moins, ce fut ce qu'il dit pour la rassurer. Cela avait eu au moins un mérite. Elle avait été obligée de prendre seule la parole en public et il n'était pas là pour la soutenir. Elle devenait peut-être de moins en moins timide avec le temps.

C'était Mary MacDonald et Alice qui avaient tenu le Club Moldu il y avait encore quelques dizaines de minutes. Lily, elle, voulait veiller sur lui. Il lui demanda alors :

« Mais tu as dormi combien de temps depuis mercredi ? »

La jeune fille rougit et ne répondit pas. Ce qui voulait certainement dire qu'elle n'avait pas beaucoup dormi. Il la soupçonnait de s'être inquiétée pour lui. C'était très gentil de sa part et réconfortant de voir qu'il comptait un peu pour elle. Elle devait certainement, du coup, le considérer comme un ami proche.

Dans tous les cas, cette évocation fit bailler Lily aux corneilles. Il voyait ses yeux commencer à lutter contre le manque de sommeil. Aussi, il lui ordonna de se coucher, si besoin était sur un lit de l'infirmerie. Après tout, il n'y avait pas réellement grand-monde dans cette pièce du château. Alors autant en profiter. Elle obéit et sortit du périmètre délimité par les rideaux avant d'aller probablement se rallonger et se rendormir. Elle semblait réellement épuisée.

Le reste de la journée fut assez calme. Ses amis et sa famille à Poudlard vinrent lui rendre quelques petites visites, leur racontant au passage quelques potins. Marlène profita de l'occasion pour s'excuser de son comportement. Elle semblait sincèrement regretter de s'être emportée et d'avoir failli tuer les trois élèves sur un coup de colère. Evidemment, Anthony le lui pardonna bien vite. Elle n'y était pas pour grand-chose. Il supposait que cette fois, sa colère avait été amplifiée par la peur de perdre Lily et lui. C'était même fort probable selon lui.

Naturellement, Lily ne put s'empêcher de lui donner immédiatement les cours et tous les devoirs. Néanmoins, l'infirmière décida de le garder encore au moins deux jours. Deux jours qui semblèrent une éternité pour Anthony. Il s'ennuyait à mourir. Il lisait autant que possible, avançait autant que possible. Mais c'était loin d'être assez pour combler toute une journée du début à la fin.

Le mardi, Ollivander arriva dans l'infirmerie, mandaté par ses parents. Il était chargé de lui fournir une nouvelle baguette magique. Anthony en essaya de nombreuses mais finit par trouver la sienne. Elle était en bois de cèdre avec une plume de phénix. Il trouvait qu'elle était fort adaptée à sa personnalité. Le bois signifiait qu'il avait une grande force de caractère et une grande perspicacité, bien qu'il doutait souvent de cette dernière. Enfin, cela signifiait aussi qu'il était d'une grande loyauté et qu'il valait mieux éviter de s'en prendre aux gens qu'il aimait. Ce qui était fort à propos puisqu'il avait défendu Lily.

Finalement, le mercredi matin, il put rejoindre ses camarades pour le petit-déjeuner, provoquant ainsi une grande acclamation à la table des rouge et or. Immédiatement, il rougit et voulut s'enfuir en courant. Ou disparaître littéralement. Ouaip, cette dernière solution était moins radicale et tout aussi efficace. Et même plus spectaculaire. Les cours reprirent normalement pour lui. Slughorn se montra étrangement joyeux de le revoir, de même que Flitwick.

Si cela ne le surprenait pas tant que ça pour l'enseignant des Potions, puisqu'il avait commencé depuis la visite des Aurors et du DJM à Poudlard à propos des origines de Voldemort à tenter d'entrer dans les bonnes grâces d'Anthony, cela le surprenait plus de la part du professeur de Sortilèges.

Anthony n'avait jamais eu l'impression d'être parmi les favoris de Flitwick. Au plus était-il un très bon élément de la classe. Mais quand on avait Lily Evans dans la même maison et la même année, c'était difficile d'être dans les préférés du professeur avec des ancêtres gobelins. Aussi, il se demandait ce qui avait bien pu se passer.

Le jeudi, il eut à nouveau un cours pratique de DCFM. Cependant, dans son « infinie bonté » selon les propres mots de sa tante, cette dernière permit à Anthony de ne faire qu'une séance allégée. Il avait été lourdement blessé et il ne fallait pas trop pousser, au risque de se blesser ou de se sentir mal. Ce qui aurait été particulièrement stupide. Cependant, il participa aux duels, où il put constater qu'il n'avait pas perdu la main depuis l'altercation avec les élèves de Septième Année.

Le vendredi matin, le cours de Sortilèges fut tout aussi étrange pour le garçon. Le professeur, alors qu'ils travaillaient en binôme sur le sortilège de Danse Endiablée. Anthony avait un peu de mal. Et, à sa grande surprise, le professeur Flitwick s'arrêta près de lui pour lui montrer personnellement comment faire. A partir de là, au troisième essai, il réussit parfaitement à lancer le sort.

Aussi, il s'en ouvrit à Marlène, avec qui il était en binôme dès la fin du cours, alors qu'ils se dirigeaient vers celui d'Histoire de la Magie.

« Qu'est-ce qu'il a Flitwick, demanda-t-il ? Il est bizarre depuis mercredi.

-Il était le premier professeur à arriver là où nous nous sommes battus la semaine dernière avec les Serpentard. Je pense qu'il a eu peur que tu ne meures ou un truc dans le genre. Sans compter que Lily était complètement traumatisée les jours suivants. Et ce n'est que mardi en Sortilèges qu'il a pu voir qu'elle allait mieux. Ce qui correspondait avec ton réveil.

-Heu…

-En gros, il a compris qu'il avait failli perdre ses deux meilleurs élèves de cette classe de Sortilèges, résuma finalement Marlène. Et Lily était chamboulée parce que tu étais inconscient et elle avait du mal à faire ses sortilèges.

-Mais pourquoi ça ? Elle m'a dit qu'elle s'est rapidement remise de l'affrontement et qu'elle avait décidé de passer outre ? »

Anthony ne comprenait absolument rien de ce que voulait peut-être sous-entendre sa cousine. Absolument rien du tout. Elle parlerait gaélique qu'il comprendrait un peu mieux. Encore que ce n'était pas certains puisqu'ils parlaient tous les deux un petit peu le gaélique. C'était utile pour les défenses de Caisteal Maol.

« Tu lui a emberlificoté le cerveau, lui répondit Marlène en levant les yeux au ciel.

-Ça veut dire quoi, « emberlificoté le cerveau », demanda Anthony en fronçant les sourcils ? »

L'arrivée devant la salle d'Histoire de la Magie permit à la destinataire de la question de ne pas avoir à répondre. Anthony, lui, oublia la fin de la conversation en haussant les épaules. Il aimait bien l'Histoire de la Magie. Si l'on exceptait le professeur Binns et ses cours, c'était assez intéressant. Il envisageait même, pour le moment, de garder la matière pour les ASPIC. Il avait de bonnes notes et travaillait le strict minimum.

Le vendredi signifiait aussi le retour du CAC pour Anthony. Il fut acclamé par tous les présents. Ces derniers semblaient sincèrement heureux de le revoir. Il avait l'impression de leur avoir un peu manqué. Cependant, ils déchantèrent bien vite quand il décida de reprendre exactement comme avant l'affrontement avec les Serpentard. Il apprit également que Marlène avait menacé de s'énerver sur tout élève tentant de se venger sur des vert et argent. Cela avait suffi à calmer toute velléité de vengeance.

Puis, il réintégra le Cours d'Education Sorcière. Juste au moment où il y avait une leçon sur le Magenmagot et les privilèges des familles de l'aristocratie magique. En réalité, cette leçon devait courir sur plusieurs semaines tellement elle était longue. Mais il tenta de la rendre intéressante. Ces jeunes enfants, bien qu'il fût à peine plus âgé qu'eux, devaient savoir où ils mettaient les pieds. Et surtout, qui ils pouvaient offenser ou non, quelles étaient les forces en présence et ainsi de suite.

En réalité, cette leçon était l'une des plus importantes selon lui. Car elle introduisait tout ce qui allait suivre derrière. Les cours pour bien paraître en société quand ils étaient en contact avec des sang-purs fortunés faisant partie des hautes sphères de la société. Ils devaient l'apprendre pour leur futur.

Trois questions revinrent tarauder Anthony. Celle de former le CAC pour les élèves actuellement en Première Année était la première. L'altercation avec les Serpentard avait eu pour effet de faire revenir la question dans ses pensées. Il ne voyait pas d'objections théoriques à faire la même chose pour eux.

La deuxième question était de faire la même chose que le CES pour les élèves de son année. Eux aussi méritaient cette formation. Ils n'avaient pas de raison de se voir être défavorisés pour des simples questions d'âges. Ou alors mettre ça en place l'année prochaine. Il devrait en parler avec Kervan et Mary.

La dernière question était liée à la première. Il envisageait de créer la même chose que le CM pour les élèves de l'année en dessous. Voire même de l'étendre à eux. Ouaip. Cette solution était peut-être préférable. Il se jura de finaliser ce projet pour le CM du dimanche et de demander leur avis aux élèves présents. Le but serait de les intégrer après la rentrée de Janvier. Mais il avait encore un peu de temps.


J'espère que ce chapitre vous aura plu et je vous dis à la semaine prochaine pour le prochain chapitre :) Comme d'habitude, n'hésitez pas à laisser des reviews pour dire ce qui vous a plu ou non, vos réflexions et vos éventuelles questions sur l'histoire, des personnages ou même sur ma vision de l'univers Harry Potter :)