Wesh wesh wesh ! L'heure a sonné... L'heure du chapitre 6 ! Et c'est parti pour de nouvelles aventures !
Quoi de neuf chez les SLG ? Hum... Ah oui ! La grande annonce de Mathieu à ses personnalités ! Et sinon ben toujours les mêmes points de vue, et des flashbacks un peu compliqués. Je suis désolée par avance quant-à ce dernier point. C'est pourquoi je m'engage à vous répondre si vous avez des questions ! Alors n'hésitez surtout pas si vous avez du mal à comprendre !
Sur ce bonne lecture mes petits nenfants !
(Merci encore une fois pour les reviews, merci de me lire.
Réponse à Era12 : NOOONNNNNN ! Pourquoi le Hippie ?! Pourquoi ?! Pour une fois qu'il n'y avait aucun double sens ! Même si en fait tu as raison et que ça porte à confusion. Sinon moi aussi j'aime bien la phrase un peu poétique ;) Et désolée pour la mise en page, j'ai des progrès à faire la dessus. En fait comme on nous apprend au lycée à faire de gros paragraphes bien tassés (ce que je ne supporte pas non plus), je garde l'habitude ici :/ )
Disclaimer : Les deux seuls personnages qui m'appartiennent dans cette fanfiction sont Kate et Carla (ainsi que quelques autres persos secondaires dans les flashbacks). Tous les autres sont la propriété de Mathieu Sommet et... d'Antoine Daniel (qui bien évidemment s'appartient à lui même également ;) ).
Chapitre 6 : Quand faut y aller, faut y aller !
Mardi soir :
Mathieu : Tout le monde est réuni dans la cuisine et me dévisage. Bien que j'ai l'habitude d'être celui qu'on écoute et qui donne les directives, c'est tout de même assez gênant. Et j'ai encore la gueule-de-bois pour accentuer le côté agaçant de l'affaire.
Le Panda a les yeux grands ouverts, la Fille a laissé son téléphone cinq minutes le temps que je fasse mon annonce et le Geek, assis le plus loin possible du Patron a les yeux rivés vers le sol. Qu'est-ce-qu'il a encore fait ? Bref, pas le temps de m'en occuper pour l'instant. Un problème après l'autre.
On entendrait une mouche voler dans la pièce. Je me racle la gorge et prends la parole après avoir vérifié que j'avais bien l'attention de tout le monde :
"Bon les gars, j'ai une bonne nouvelle à vous annoncer..." J'essaye de mettre de l'entrain dans ma voix mais ça sonne faux.
"Voilà. On va avoir de la visite.
- Des putes ?
- Justin Bieber ?
- Mamie rhubarbe ?
- Jambon de Bayonne !
- Très bien un nouveau cobaye...
- Tu crois qu'il voudra bien être mon ami ?
- C'est qui ? On le connait ? Il aime chanter ?
- J'ai changé d'avis les mecs. Honnêtement, je m'en fous finalement. Sauf si...
- Je lui montrerai mes jeux vidéos !
- Il va falloir que je trouve le moyen de l'emmener de force dans mon labo...
- J'espère que c'est un beau mec musclé...
-... ok, mais avec une grosse bite alors !
- Les capitalistes auront vos âmes !
- Je me demande si il est plus Call of duty ou my little pony...
- C'est une femelle panda ?
- Braquemart ou vagin ?
- VOS GUEULES !"
Mes personnalités stoppent net et se retournent vers moi, comme si ils se rappelaient subitement de ma présence. Ils me tueront. Vraiment. Ils vont m'achever. J'avais déjà mal a la tête à la base, et là... Du calme. Ça va aller. Je dois respirer. Rester calme.
"Bon alors... Elle s'appelle Carla et...
- Une femme ? Ça me plaît gamin.
- Boobies ?
- Mais vous allez la fermer nom de Dieu ? Alors elle s'appelle Carla, elle est speed et un peu bizarre mais...
- Laisse moi deviner, tu veux qu'on te laisse seul avec elle... Et bien sur c'est encore moi qui vais être responsable du Geek pendant que les autres iront s'amuser..."
Le Panda a parlé d'une voix lasse, tandis que le Geek le regarde d'un air affligé. Dans trois secondes il va se mettre à pleurer. "OUINNNN ! Personne ne m'aime !" Qu'est ce que je disais ?
"En vérité, je voulais vous la présenter..." Voilà, c'est dit. J'attends de voir les réactions...
"Je croyais qu'on n'était pas censés rencontrer de fans parce que le Docteur, rester en sécurité, blablabla ?
- Oui mais non. Et arrête de me contredire ou je diminue ton budget expériences en tous genres.
- Alors là ça n'est pas très sympathique de ta part.
- En plus il a raison Mathieu, on devait pas être prudents ?"
Voila. J'en étais sûr... Le Prof et le Panda allaient forcément dire quelque chose.
"Attends une minute gamin. Tu vas nous présenter une femme ? Tu vas ME présenter à une femme ? Dis-donc, merci du cadeau.
- IL EN A TROP PRIS ! BIEN TROP PRIS !"
Cette fois TOUTES mes personnalités me dévisagent. Elles sont visiblement en train de se demander si pour une fois, la dernière intervention du Hippie ne serait pas fondée. Moi-même je ne sais plus très bien où j'en suis. Si même le drogué croit que cette histoire peut s'avérer dangereuse... D'un autre côté je ne peux pas me permettre de décevoir Carla. Ses yeux brillants de joie me reviennent en mémoire... Connasse, tout ça c'est de sa faute.
"Bon écoutez les gars, je sais tous ce que vous pensez. Je suis taré...
- OUAIS !
- Mais en même temps, je pensais que ça vous ferait plaisir.
- Ça c'est le moins qu'on puisse dire gamin !
- Désolé pour toi mais je ne compte pas la lâcher d'une semelle.
- Il y a juste quelque chose que je ne comprends pas Mathieu. Pourquoi cette fille plutôt qu'une autre ?"
Le Panda me regarde droit dans les yeux. Nous ne sommes pas souvent en conflit lui et moi, mais je crois savoir ce qui le dérange. Que je mette notre famille en danger... Sauf qu'il n'y a aucun danger. Je crois.
"Parce que j'ai confiance en elle et que ça avait vraiment l'air de lui tenir à cœur.
- Tu la connais depuis combien de temps ?"
Nom de Dieu mais il ne va pas me lâcher. En plus j'hésite vraiment à leur dire la vérité. Comment réagiraient-ils tous si je leur disais que je l'ai rencontrée hier ? Que je l'ai à peine vue une heure en tout ? Même moi je ne comprends pas pourquoi je fais tout ça.
"C'est une amie d'enfance et je viens de la retrouver par hasard, hier." Voilà. C'est la vérité. Enfin presque. J'en ai juste rajouté un peu. Pas tellement. Le Geek s'approche de moi, visiblement calmé, et lâche après avoir marqué un temps d'hésitation : "Mathieu tu es amoureux ?" Son habituelle voix aiguë résonne dans mes oreilles et je manque de m'étrangler avec le café que j'étais en train de boire. J'entends la Fille glousser et s'exciter derrière moi. Quand je regarde à nouveau l'assemblée le Patron fait semblant de vomir, un doigt dans la bouche. "Qu'est ce que c'est que ces conneries ? Pourquoi je serais amoureux ?" C'est tout ce que j'ai trouvé à dire. Les filles ce n'est pas un sujet tabou pour moi. J'en ai eu, j'en aurai. C'est juste que ça ne m'intéresse pas spécialement. Et le fait que ça soit ma personnalité la plus timide qui me demande ça c'est vraiment perturbant.
Chacun de mes "frères" représente une partie de moi. Le Geek, ne marque pas seulement mon amour des jeux vidéos. C'est aussi moi quand j'étais gosse. Perdu, timide, lâché trop tôt dans un monde de grandes personnes, jamais au bon endroit au bon moment. Le pauvre garçon qui a du mal à comprendre. Avec les membres du sexe opposé, j'avais toujours eu du mal. Lui aussi. Le fait que ça soit lui qui me demande ça, tout timide, rougissant, hésitant sur les mots... C'est touchant et en même temps c'est horriblement déplacé. Il ne comprendra jamais les sentiments des grands. Il ne saura jamais vraiment ce qu'est l'amour. Il ne peut pas savoir. Ce n'est pas étonnant qu'il pose cette question.
"Euh non. Je ne... Qu'est ce que... Et... Mais... Euh... C'est pas parce que tu n'as pas d'amis et encore moins d'amie avec un "e" que tu peux te permettre de tout confondre !
- Mais...
- Bon je l'amènerai demain après-midi. Allez je vais travailler!"
Et je sors vite fait de la pièce pour aller m'enfermer dans le bureau. Je n'en pouvais plus du regard amusé et sarcastique du Patron. Je voyais bien que même s'il faisait mine de ne rien en avoir à faire, il n'avait pas la même expression que d'habitude. Son léger sourire carnassier trahissait son excitation. Même le Hippie avait l'air content. Seuls le Prof et le Panda paraissaient contre l'idée qu'une étrangère pénètre dans notre maison de fous. Mais bon, comment aurais-je pu leur en vouloir ?
Geek : Je ne sais toujours pas quoi faire. Je maudis ma faiblesse. J'ai peur. Mais je suis fatigué aussi. Toujours perdu, je ne comprends jamais rien. C'est fatigant d'être le petit dernier toujours à la traîne. J'aimerais tellement pouvoir changer. Chose impossible. On ne change pas ce qu'on est. Pas quand on est une personnalité.
Il y a trop de questions en moi. Trop de bruit, pas assez d'espace. J'ai l'impression d'étouffer. Pourquoi le Patron m'a-t-il laissé partir dans les escaliers ? Pourquoi Mathieu a-t-il dit que l'homme en noir avait eu une vie difficile ? Comment est-ce que le criminel pourrait avoir un passé quand nous n'en avons pas ? Le créateur et le psychopathe auraient-ils quelque chose à cacher ? Pourquoi le Patron s'est-il énervé contre Mathieu hier ? Comment le Patron peut-il me faire des avances et l'instant d'après se montrer si froid envers moi et dire que je ne compte pas pour lui ? Pourquoi est-il venu dans ma chambre cette nuit ? Qu'est-ce-qu'il m'a fait ? Pourquoi n'a-t-il rien dit, pas même placé un regard sadique à mon attention qui m'aurait dit « je t'ai eu, c'est fini »? Pourquoi moi, qu'est ce que j'ai de spécial ? Pourquoi est-ce-qu'il ne me laisse pas tranquille ? Qui-est-cet homme et surtout que me veut-il ?
Autant de questions qui restent sans réponses et qui tournent dans ma tête, me rongeant de l'intérieur. Je dois faire quelque chose. Je ne peux pas rester là les bras ballants, ou je vais craquer. Il me faut quelque chose de brutal qui puisse me faire sortir de mon délire. Un saut dans le vide. Une discussion qui m'aiderait à obtenir le silence dans ma tête, quitte à y laisser quelques plumes. J'ai envie d'en finir une bonne fois pour toutes, et plus le Patron sera violent avec moi, plus vite je pourrai retrouver ma vie d'avant. Tomber pour mieux repartir. A présent je n'ai plus qu'un seul objectif en tête : obtenir des explications.
Malheureusement pour cela, je vais devoir me confronter à l'une de mes plus grandes peurs : le Patron. Car je prends des décisions dans ma tête pour l'instant, je me sens fort, j'ai un plan. Mais je sais bien qu'une fois en face de lui tout cela sera fini. Adieu le courage, retour au petit garçon victimisé, faible. Il va me massacrer. Pourtant, je sais que je dois le faire. Ça fait à peine une journée que j'endure ce calvaire, mais je sais déjà que je serai incapable d'en supporter plus. J'ai tourné en rond toute la journée, incapable de me concentrer sur mes jeux vidéos. Je n'ai jamais réussi à nourrir Canne-à-sucre, et elle est morte, alors que c'était mon poney préféré. Il y avait des voix qui résonnaient dans mon crâne et réclamaient des réponses à leurs pauvres interrogations. Des voix qui hurlaient, mais que je m'efforçais d'ignorer. Je comprends mieux Mathieu, être schizo ça ne doit pas être facile tous les jours. Mais je m'écarte, je dois rester fixé sur mon objectif. Qui est de forcer le Patron à m'apporter les réponses que je convoite. J'ai déjà un nom pour ma mission : confrontation. Le problème, c'est qu'on ne provoque pas le criminel sans en payer les conséquences. C'est ce qui m'effraie. Les dommages collatéraux. Je vais devoir être malin. Devenir ma cible, me mettre dans sa tête pour le battre à son propre jeu. La stratégie ça me connaît après tout. Merci Starcraft 2.
Bon maintenant, je vais pouvoir passer à autre chose. Mathieu ramène une fille à la maison. C'est intéressant. Pas seulement parce qu'elle a des boobies. Mais aussi parce que je vais justement avoir besoin d'une fille dans mon plan.
Omniscient : Une fois enfermé dans son bureau Mathieu s'assit sur son fauteuil et soupira longuement. Il comprenait bien les craintes du Panda et du Prof. Lui-même aurait réagi de la même façon si l'une de ses personnalités avait ramené une inconnue chez eux. Pourtant il faisait confiance à Carla. Même si ça ne l'empêchait pas de rester méfiant. Après tout, le Docteur n'était jamais bien loin. Il frissonna au souvenir des asiles et médicaments, des traitements soit-disant efficaces et certainement pas dangereux. Il se plongea dans ses souvenirs. Son enfance. Tout. Il se rappelait de tout. De ses cauchemars. De ses parents effrayés parce qu'ils le croyaient fou. D'eux qui faisaient tout leur possible pour le bonheur de leur enfant, mais qui en réalité le détruisaient à petit feu. De tout ce qu'ils avaient fait pour guérir leur gosse à la suite du dédoublement de sa personnalité. De Mathieu bis devenu réel. Du psychologue adoré que les adultes avaient renvoyé. Des docteurs qui s'étaient ensuite succédés. De la trahison de ses parents qui non-contents d'avoir viré le psychologue préféré de Mathieu avaient en plus dégagé Mathieu bis. Qui l'avaient chassé, abandonné. Parce qu'ils pensaient que cette "chose" était un monstre créé par leur fils dément. Il se remémorait aussi les larmes, les cris, les protestations, les hurlements. La séparation qui avait été un déchirement. Les adieux criés à Mathieu bis, à lui-même. Il se rappelait de lui incomplet. Et encore des docteurs, des docteurs, des médicaments, des pilules, des docteurs, des gélules bleues... Il se souvenait de la peur. De la tristesse. Du vide en lui. De la haine qu'il accumulait. Tout. Il se souvenait de tout. Et la blessure était encore bien ouverte.
Patron : Tu parles d'une journée. Tu parles d'une vie. Je suis crevé, je n'ai quasiment pas dormi cette nuit. Pas parce que j'étais occupé à faire des choses coquines. Même si c'est comme ça que ça aurait dû se passer. J'aurais dû baiser le Geek. Mais non, bien sûr c'était trop facile ! Il a fallu que ce petit salopard parle dans son sommeil. ME parle dans son sommeil. Pire que ça, il a fallu que je panique. Forcément que j'ai paniqué, ce n'est pas comme si il avait dit n'importe quoi ! « Arrête de faire semblant. » Putain, pourquoi ses mots à ELLE sont-ils sortis de sa bouche à LUI ? Résultat j'ai fait des cauchemars toute la nuit. Ou plutôt le même cauchemar, trois fois de suite. Bordel.
Du coup j'ai passé ma journée au bordel. Je partageais mon temps entre sommeil et discussion avec Tatiana. Maintenant que la baiser n'est plus dans mes préoccupations premières je me rends compte que ce n'est pas juste des boobs ou une bouche. C'est aussi une femme avec du caractère. Et ça me plaît. On se ressemble assez tous les deux. A part le fait qu'elle ait un vagin et moi une grosse paire de couilles, bien entendu. A part ça, elle est douée pour écouter. Et c'est assez agréable de parler avec une personne autre qu'un Sommet, qui ne se pâme pas à la moindre petite histoire de meurtre. Si je raconte une quelconque anecdote sanglante à la maison je m'en prends tout de suite plein la gueule (je ne parle pas de sperme). Tatiana, elle, rit. Et moi je l'observe. Ça doit être agréable de rire. Moi qui n'ai pas de sentiments, je ne sais pas ce que ça fait. Ou plutôt je ne sais plus. Alors quand je la vois s'écrouler par terre parce que je viens de lui raconter la fois où j'ai torturé un homme, juste avec une petite cuillère (une histoire très sympa), ça me fait toujours bizarre. Les seules fois où je ris c'est quand je suis sur le point d'achever l'une de mes victimes. C'est assez paradoxal puisque ce sont ensuite ces histoires de meurtre qui font sourire Tatiana. La boucle est bouclée.
Bref, ce fut assez sympa. Mis à part le fait que parler me faisait ressasser mes problèmes. Ça soulageait quand même un peu de se confier à quelqu'un qui n'en avait rien à foutre.
Je suis rentré juste à temps pour dîner. Tout le monde était dans la cuisine et quand j'ai fait mon entrée ils se sont tous tournés vers moi. La première chose que je me suis dite c'est « Putain ça y est ils ont découvert ma cave... Ça va encore être ma fête ! » Mais non, en fait je ne me suis pas fait engueuler. C'était juste qu'ils m'attendaient tous depuis une demie-heure pour que Mathieu puisse enfin faire son annonce de merde. Qui en fait ne s'est pas révélée être aussi merdique que cela. Ce con va ramener une femme à la maison. Ça promet d'être intéressant. La pauvre ne doit pas se douter de ce qui l'attend... L'ennuie ça va être Mathieu. Il ne me laissera pas l'approcher. Pourtant, je dois à tout pris me la faire. De une, ça pourrait me changer les idées. De deux, je pourrais tenter un petit jeu intéressant. Me servir d'elle pour toucher le Geek. Le rendre jaloux ou je ne sais pas trop quoi. Il faut que je le rende complètement fou. Qu'il soit à ma merci. Que je le rende accro, sans le forcer. Le mieux ça serait qu'il vienne de lui même jusqu'à moi. Si j'y arrive il ne repartira jamais.
Définitivement je pense que baiser le Geek est la seule solution à mes problèmes. Finis les cauchemars. Finie la torture mentale que je m'afflige pour je ne sais quelle raison. Finie la faiblesse. Finies les questions. Retour à ma superbe vie d'avant. Le problème c'est que j'ai juste envie de vomir chaque fois que je pense à ça. Je me dégoûte.
Hippie : Mathieu a parfois de drôles d'idées. Ramener une fille chez nous ? Mais qu'est ce qu'elle va penser en voyant un mec déguisé en panda lui offrir du bambou ? Ou en découvrant un sosie de Mathieu avec des seins, se pavaner tout de rose vêtu et chantant du Justin Bieber ? Et moi ? Qu'est-ce-qu'elle va se dire ? Bof, je le sais déjà... Elle va d'abord me trouver drôle et puis ensuite me lancer des regards pleins de pitié et d'empathie. Beurk...
La seule raison pour laquelle j'ai fait semblant d'être d'accord c'est parce que ça avait l'air de faire plaisir à Mathieu. Je me suis dit que ça aurait pu être une bonne occasion pour lui de décompresser. Et peut-être de reprendre un peu ses esprits.
Néanmoins je resterai méfiant. On ne sait jamais. L'avantage c'est que si elle cherche des embrouilles je le verrai tout de suite. Tapis dans l'ombre elle ne fera pas attention à moi.
Flashback :
Omniscient : « Maman, Maman !
- Mon chéri arrête de pleurer. S'il te plaît. Papa ne voulait pas te faire de peine. »
C'était le même discours à chaque fois. Toujours le même. Il finissait par y être habitué.
« Pou-pourquoi est-ce-qu'il ne m'aime pas ? »
La mère frissonna. Comment dire la vérité à Mathieu ? Comment lui avouer que si son père le repoussait sans arrêt, que si son attitude était si horrible envers lui c'était parce qu'il était un enfant adopté ? Bien sûr que Mathieu était au courant. Et bien sûr que lui dire que c'était en partie pour cela que son père le haïssait n'était pas la solution. A la place, la femme aux cheveux blonds caressa ceux châtains de son fils et lui murmura « Mais si il t'aime. Il ne sait juste pas comment te le montrer.» Puis, elle serra l'enfant contre son cœur. « Arrête de cacher tes yeux. Ils sont si beaux. Ma mère me disait toujours que les yeux sont le miroir de l'âme, le reflet de tes émotions, de tes sentiments... Ne les cache pas mon cœur, ne te cache pas du monde extérieur. » Et elle sortit de la chambre. Derrière le mur, elle soupira. Elle venait de mentir à son fils. Elle le savait. Jamais, jamais le mafieux alcoolique qui lui servait de mari n'accepterait Mathieu. Il avait mis trop d'espoirs vite déçus en lui. Le gosse était trop chétif, trop faible, trop frêle. Il n'était pas accepté à l'école. Il se faisait frapper par ses camarades. Il n'avait aucun ami. Il ne parlait quasiment pas... Comment réussir à se faire accepter par un père mafieux qui était l'exact opposé de ce gosse ?
Mathieu bis s'était arrêté de pleurer à la suite des mots de sa "maman". Il était tellement seul. Seul. À bout. Vide. On l'avait d'abord abandonné, arraché à son créateur. À la personne qui l'avait toujours soutenu, aimé. À Mathieu. Ils étaient frères et s'étaient jurés de ne jamais se quitter, de rester ensemble quoiqu'il arrive. Et on l'avait rejeté, comme un vulgaire malpropre. On l'avait renié, insulté, traité de monstre. On les avait séparés. Et ce qui faisait le plus de mal à Mathieu numéro 2, c'était de savoir qu'on prenait son homologue pour un fou. Tous les traitements qu'on lui infligeait, toutes les larmes qu'il versait, il les sentait aussi. Et ça le détruisait.
Finalement il avait retrouvé une famille qui l'avait recueilli. Mais quelle famille ? Un père qui se moquait constamment de lui, qui le reniait, le rabaissait ? Il voulait être comme lui et essayait pourtant de faire des efforts. Oui, il le croyait, il pouvait être fort, aussi puissant que cet homme respecté. Mais il ne l'était pas, et si il se berçait de tendres illusions c'était uniquement pour survivre à la torture que la vie lui infligeait. Seul, vide, traumatisé, frappé par ses camarades... Pas étonnant que son père ne l'aime pas.
Seule sa nouvelle mère le soutenait. Elle était belle. Blonde, grande, fine, avec un accent de l'Est. Un sourire doux qui le rassurait toujours dessiné sur ses lèvres. Elle le consolait, le prenait dans ses bras, l'appelant "mon cœur", "mon petit prince"... C'était bien loin du surnom rabaissant que lui donnait son père.
Mathieu bis recommença à pleurer silencieusement. Il était bien trop jeune pour souffrir autant.
Omniscient : « On doit parler.
- Ça tombe mal c'est pas vraiment le bon moment.
- Il faut que tu arrêtes d'être aussi dur avec Mathieu. Le pauvre est désespéré ! Comme si ce n'était pas déjà assez dur pour lui !
- Assez dur pour lui ? Assez dur pour lui ?! Et pour moi ? HEIN ?! TU CROIS QUE ÇA ME FAIT QUOI D'AVOIR UN FILS PAREIL ?! CE GAMIN EST UN FARDEAU ! UN BOULET ! UNE VICTIME ! Comment oses-tu venir le défendre encore une fois ? Comment oses-tu me parler comme ça ? A moi, ton mari. Celui qui t'a sorti de ta misère. Hein petite pute ? T'étais bien contente à l'époque quand je t'ai sortie de ton bordel, non ? Tu critiquais pas trop. Trop contente de profiter de mon fric. »
La femme ne répondit rien, choquée par la violente réaction de son mari. Pas de doute il avait bu. La tirade que cet homme venait de délivrer lui avait fait l'effet d'une gifle. Mais malgré tout elle était trop fière pour pleurer. Pourquoi ? Comment en était t-elle arrivée là ? Ça faisait longtemps qu'elle ne se faisait plus d'idées sur sa relation avec le criminel. Néanmoins elle aimait ses enfants tendrement et elle voulait les protéger. Autrefois rester avec ce salop paraissait être la meilleure solution. Mais maintenant elle n'était plus sûre de rien.
"Alors on dit plus rien ? Tu sais quoi connasse, va retrouver ton fils. Et fais en un homme. Comme autrefois. Tu te souviens ? Qui sait, peut-être que si tu le suces il arrêtera de chialer un moment..."
La gifle partit d'un coup. Mathieu bis caché derrière le mur sursauta avant d'étouffer un cri avec sa main. Sa mère venait de commettre une erreur, il le savait. Elle venait de perdre son sang-froid et la réaction du mari ne se ferait pas attendre :
"Petite traînée tu vas le payer cher...
- Je- je vais partir avec les enfants. Loin. Tu ne pourras plus dire que je profite de ton argent. Tu ne pourras plus faire de mal à aucun membre de cette famille. Je...
- CONNASSE ! SALE TRAINEE !"
L'homme attrapa la femme et se mit à la secouer dans tous les sens avant de l'envoyer valdinguer à l'autre bout de la pièce où elle alla s'exploser contre le mur. Puis elle s'écroula au sol et il lui envoya un coup de pied dans les côtes.
Mathieu était parti depuis longtemps, dès le moment où son père avait commencé à secouer la belle blonde. Il ne pouvait plus supporter. Il ne savait pas quoi faire. Il était faible. Il était mort de peur. Son visage déjà défiguré par la solitude était maintenant bouffi par les pleurs. Il courait, ne sachant où aller. Perdu, coupable, écoutant les gémissements, les plaintes, les suppliques. Comment pouvait-il abandonner sa mère dans un moment pareil ? La culpabilité le rongeait.
"TU VAS M'ÉCOUTER MAINTENANT SALOPE ! Tu vas m'écouter... J'en ai absolument rien à foutre de ce gosse, tu vois. Mais apparemment toi tu as l'air attachée à lui. Alors ça serait dommage qu'il lui arrive quelque chose n'est ce pas ? Mais ne t'inquiète pas, tant que tu restes ici avec moi tu n'as rien à craindre. En revanche si tu pars..."
L'ancienne prostituée se releva avec difficulté et regarda son mari dans les yeux avant de cracher :
"Tu-tu es un grand malade. Je ne te laisserai jamais faire du mal à mes enfants."
Et elle courut pour atteindre la porte. Son but était de rejoindre Mathieu et Gabrielle afin de les emmener le plus loin possible de cet endroit de malheur, loin de cet homme dangereux.
Mais elle ne sortit jamais de cette pièce. Le mafieux ayant compris les intentions de sa femme la doubla brusquement, la poussa et après être sorti de la pièce il verrouilla la porte. A travers le bois il lui lança : "Pauvre conne. Tu as fait ton choix, soit. Dommage que ce soit le mauvais." Et il partit dans un fou rire démentiel, ses lèvres se tordant en un rictus malsain.
Il n'arriva rien à Mathieu et à Gabrielle. Le mafieux n'eut pas le temps d'assouvir sa vengeance. A peine avait-il fait un pas qu'il entendit des bruits de verre brisé venant de l'endroit où il avait enfermé sa femme. Des coups de feu retentirent. Des hurlements. Encore des tirs. L'homme ne réfléchit pas. Pris d'un instinct de survie, il courut le plus vite possible pour rejoindre un endroit sûr, abandonnant sa femme.
