Explications
Ses beaux yeux bruns paniquaient. Son fils avait vu ce qu'elle-même ne voulait pas croire réelle. Avant son mariage avec Albert, mariage forcé évidemment, elle habitait chez Lynne Mooney et sa mère. Ses parents s'éteignaient alors à petits feux à cause de la peste. Ils l'avaient donc envoyée chez leur plus grande amie, Rose. Le mari de cette dernière, décédé dans de tragiques circonstances un peu nébuleuses…
Elle y avait élu domicile un bon moment, avant que sa grande tante prenne la décision de la placer le plus vite possible, pour laisser la pauvre famille Mooney en paix.
La tante ne pouvait savoir à quel point cette décision attristait tout le monde. Rose adorait la présence de Nellie dans la maison, car elle affirmait que cette dernière respirait la joie et la bonté qu'il y manquait. Lynne pleura toutes les larmes que son corps, déjà très bien développé, pouvait contenir. Les deux jeunes femmes s'étaient rapprochées d'une façon inexplicable, un évènement enchanteur arrivait à accomplir des merveilles…
Et la pauvre Nellie là dedans! Elle se retrouvait dans les pattes d'un vieux cochon qui la dépassait en âge et en désirs sexuels. Sa première fois fût avec Lynne, qui se déclarait ouvertement lesbienne et dégoûtée par les hommes. Le mariage de Nellie avec Albert les avaient blessées, bien que «l'heureuse» mariée ne se disait pas amoureuse de la jeune femme. Elle avait apprécié ce moment, mais pour une raison inexplicable, les hommes l'intéressaient toujours plus.
Et dès que Lynne quitta le magasin de tourtes, Mme Lovett chercha Toby dans toute la maison, pour finalement le retrouvé, assis à la table de la cuisine, fraîchement souillée par le sang et les larmes de Nellie. Elle prit place près de lui en le regardant d'un œil perplexe.
- Écoute Toby, je sais ce que tu as vu et je suis plus que consciente que c'est déplacé pour un jeune homme de ton âge. Mais je ne suis pas attirée par les femmes, seulement qu'après ce qui c'est passé cette nuit je…je…
La voix de la cuisinière s'étrangla et elle ravala toutes les larmes accumulées depuis un moment déjà. Son fils adoptif la regarda, étonné. Il ne savait rien du bailli…Elle l'avait complètement oublié!
- De quoi vous parlez?, chuchota l'adolescent.
- Le bailli. Il est venu ce soir., souffla Nellie rapidement.
- Il ne vous a pas touchée j'espère?, s'indigna son fils.
- Non.
Elle mentait tellement mal. C'en aurait été presque amusant si la situation n'était pas aussi dramatique.
- Oh non c'est pas vrai! Je vais le tuer! Sérieusement Madame Lovett! Il ne vous a quand même pas violée?, hurla le garçon.
- Calme-toi, Toby!, chuchota la cuisinière. J'ai besoin de détente!
- Pardonnez-moi…Alors il a vraiment…?
- Oui. Mais ce n'était pas…habituel, il faut dire.
- Et Monsieur Todd? Il n'est pas venu vous aider? Il n'était pas dans son magasin?
- Il s'y trouvait, oui. Mais il…il ne devait pas savoir…
Nellie réfléchit. Elle se souvenait d'avoir criée plutôt fort. Il l'avait peut être entendue après tout. Imbécile, laissé une femme se faire violer sous lui. Elle avait bien fait d'essayer de l'oublier…
- Peut importe!, assura Mme Lovett. Ta soirée c'est bien passée au moins?
- Oui, très bien même!, répondit Toby. Et j'ai pensé à quelque chose…J'aurais besoin de vos conseils!
- Ah oui? À propos de quoi?
- Hum…, il rougit. Vous savez, ce qui c'est passé dans la salle de bain…
- Oui?, demanda la cuisinière troublée.
- Et bien je…je…, le garçon bégayai de plus en plus.
- Ah! Je vois…Tu…tu n'aimerais pas mieux en parler avec Monsieur T? Parce que je vais seulement pouvoir te donner mon avis de femme ce qui n'est pas excellent dans ta situation je pense.
- Ne vous inquiétez pas, sa sera parfait!
- Commence pas me dire pourquoi tu veux savoir toutes ses choses.
- Et bien…J'ai envie d'avoir une première expérience réussit si on veut…
- Toby! Tu m'as caché que tu avais une amoureuse? Qui c'est?, s'informa Nellie avec une curiosité très mal dissimulée.
- Il n'y a personne dans ma vie.
- Mais alors comment veux-tu…Toby!, cria Madame Lovett. Tu ne va quand même pas te trouver une prostituée dans un bordel?
- Écoutez-moi Madame Lovett! J'ai 16 ans, j'ai beaucoup de désirs et la femme que j'aime ne pourra jamais faire pareille pour moi. Alors je n'ai pas d'autres choix pour le moment.
Les yeux du garçon restaient fixés au plancher. Il venait noir sur blanc, encore une fois, de lui avouer qu'il l'aimait. Mais en même temps, elle ne voulait pas le laisser dans les bras d'une vulgaire femme qui ne l'aimerait pas et qui ferait ça seulement pour l'argent qu'il lui reviendrait par la suite. La vérité, c'était qu'elle n'était pas indifférente au charme de son fils. Mais il demeurait trop jeune pour elle…
- Toby…, soupira Nellie. Je ne suis pas attirée par toi, mais je comprends tes désirs et sache que j'aimerais mieux le faire avec toi que te voir avec l'une de ces femmes…Mais je n'ai jamais eu de bonnes expériences avec les hommes à ce niveau donc je ne suis pas celle qui te faut.
En effet, les relations sexuelles de Nellie Lovett avec des hommes étaient loin d'être positives ou encore douces. Le bailli, Albert qui la forçait tout le temps en ne faisant pas attention à ce qu'elle pouvait ressentir…
- Je ferais attention à vous, Nellie…, murmura Toby en lui caressant délicatement la joue.
Elle frissona. C'était la première fois qu'il l'appelait par son prénom.
- Je…je ne peux pas, tu es mon fils! Et tu es beaucoup trop jeune! Tu sais quel âge j'ai?
- Non…
- J'ai 32 ans Toby. Soit le double de toi.
- Je m'en fiche et vous le savez très bien!, répliqua t-il, insulté.
- Oui mais pas moi! Mon corps n'est pas celui d'une jeune femme de ton âge…Je vais te dire ce qu'il faut savoir mais promet moi seulement d'être doux avec celle avec qui tu essayeras!
- Oui, bien sûr. Même si elles n'ont pas le métier le plus gratifiant du monde, elles méritent le respect.
- Bien alors écoute-moi…
Et Nellie lui expliqua calmement tous ce qu'il fallait savoir au sujet des femmes, de leur bien être, des préliminaires, de la pénétration… Au bout d'un moment par contre, elle ne tenait plus sur ses pieds et faillit s'évanouir tellement la fatigue la ravageait.
- J'espère t'avoir été utile Toby mais je me meurs de fatigue j'ai mal partout, je dois dormir…
- Bien sûr, merci Madame Lovett. Vous avez besoin de quelque chose?
- Tu es gentil mon chéri mais tu ne peux rien faire pour mon dos endolorit!, ricana la femme. Dort bien!
Et elle l'abandonna ainsi dans la cuisine. Elle s'effondra sur son lit mais se redressa brusquement en apercevant la porte s'ouvrir. Toby. Heureusement, elle portait encore sa nuisette et n'avais pas eu le temps de la retirée pour dormir…
- J'y est réfléchit et oui, je peux vous aider.
Il contourna le lit et vint s'asseoir derrière Mme Lovett, le dos de cette dernière collé contre le torse du garçon. Il releva les cheveux de la cuisinière et les fixa sur le dessus de sa tête en un chignon négligé. Il embrassa la nuque de Nellie en douceur, à l'endroit même où se terminaient ses cheveux. Le frisson que ressentit la femme descendit le long de sa colonne et passa par la pointe de ses seins durcis.
- Toby…, gémit Nellie. Je n'ai pas la force de vivre ça à nouveau, pas deux fois dans la même soirée…S'il te plait…
Toby sursauta en sentant une larme glissé le long de la joue de celle qu'il aimait et s'écraser lourdement sur les draps frais.
- Oh Madame Lovett…Je…je voulais seulement vous masser pour soulager votre douleur…
- Désolée j'ai cru…J'ai cru…
- Ce n'est pas grave, j'aurais dût vous expliquer…
Toby pris tranquillement les épaules de Nellie entre ses mains chaudes et les caressa lentement. Elles se déplaçaient de haut en bas, touchant au passage le cou soyeux. Il commença à les masser légèrement en mettant la pression sur les points qui semblaient les plus douloureux. Un baiser affectueux s'égarait parfois dans le dos nu et sur les épaules dénudées. En continuant de presser ses paumes un peu partout où s'accumulait la tension, Toby caressa du bout des doigts la nuque sensible. Il la sentait qui s'endormait de plus en plus sous ses mains tendres…
- Je vais vous laisser sinon vous aller m'emporter avec vous dans votre agréable sommeil…, souffla Toby au creux du cou de Mme Lovett en embrassant sa joue.
- Merci pour ton massage, mon chéri…, soupira Nellie avec contentement.
Elle se laissa choir sur son lit et le garçon quitta la pièce en souriant. Elle était terriblement séduisante lorsque ses yeux se fermaient paresseusement et que ses lèvres pulpeuses s'entrouvraient, comme pour lui chuchoter un «je t'aime» tant espéré…
