Auteur : Lady Zalia
Type : Humour, Romance Yaoi et vampirisme
Couple : HPxDG / Drarry
Disclaimers : Je n'ai aucun droit sur l'univers fantastique créé par J.K. Rowling. 3
Je n'ai pas de beta lecteur donc malgré mes relectures il peut subsister quelques fautes.
Mon inspection s'est bien passée et les vacances arrivent enfin ! \o/ Je suis crevée et prend n'importe quelle excuse pour lire des fanfics au lieu de faire mon boulot. _ Du coup j'ai genre 140 copies pour les vacances… O_o Et après les conseils de classe. T_T Comptez désormais environ 2 semaines entre chaque chapitre. Désolé !
***/+/*** Chapitre 6
Au mois d'Avril, le ciel avait nettement commencé à montrer des signes annonciateurs de l'été et j'avais dû me montrer attentif à certaines parties du château particulièrement ensoleillées. Je ne pouvais décemment pas porter une capuche en cours et si Pansy Parkinson faisait de réels efforts pour arranger mon quotidien, c'était avant tout parce qu'elle pensait encore avoir une chance de me séduire. Milicent et Daphnée s'étaient montrées plus réalistes et m'ignoraient ostensiblement. Cela avait donné lieu à un épisode pathétique où, en sortant des cours vers 12h, le soleil avait envahi le couloir. Je m'étais arrêté juste devant une zone éclairée, me demandant quelle serait la manière la moins ridicule de la traverser sans récolter de vilaines brûlures au visage. Mes camarades de Serpentard ne m'avaient pas attendu, conséquence de ma très nette baisse d'influence depuis le début de l'année. J'hésitai entre me couvrir la tête de ma robe de sorcier ou courir assez vite pour n'espérer récolter que des brûlures superficielles mais il fallait que ma vitesse demeure suffisamment naturelle pour ne pas éveiller les soupçons sur ma nature…
R- Harry, mate un peu la tronche de Malefoy !
Je me retournais pour voir Harry et son inséparable Wesley qui sortaient du même cours que moi. Mon amant secret me jeta un regard indéfinissable mais poussa fermement sa belette devant lui.
H- Fous-lui la paix Ron.
Je serrai les dents, n'ayant pas le cœur à la répartie. Mon instinct de vampire était terrorisé par le soleil et je peinai à réfléchir de manière objective.
R- Avant ça t'aurait fait rire…
Avant je lui aurais aussi sans doute jeté un sort ou à défaut une réplique cinglante… Et avant je n'aurais pas non plus été ridiculement effrayé à l'idée de passer au soleil... Avant je n'étais pas en couple avec Harry…
Ils me dépassèrent, Harry semblant chercher quelque chose dans son sac tout en continuant la conversation comme si je n'étais pas là.
H- J'ai grandi et lui aussi. Il ne t'insulte plus si tu avais remarqué et tu devrais essayer.
R- Dis plutôt que ta nouvelle cible c'est Nott !
Je vis Harry regarder derrière moi mais le couloir était désert. Je me retins de leur dire de dégager. Dès que Harry et Wesley seraient partis je n'aurais plus à me soucier des témoins et je pourrais utiliser n'importe quel moyen pour m'éloigner du soleil. Ils continuèrent de quelques pas puis, sans un signe avant-coureur, Harry me jeta une étoffe de tissu que je reconnu comme sa cape d'invisibilité. Je compris qu'il l'avait fait sans que Wesley ne s'en aperçoive et je m'en recouvrai immédiatement. Il fallait retenir le tissu pour ne pas qu'il glisse sur ma tête mais je pu passer sans encombre le couloir et ses maudites fenêtres. J'étais juste derrière Harry et je profitais de le dépasser pour glisser une main sur ses fesses. Il poussa un petit cri de surprise, faisant se retourner son camarade.
H- Je crois qu'un moustique vient de me piquer.
R- Moi je crois surtout que tu manques de sommeil. Dumbledore t'en demande trop ! Comme si l'année dernière ça n'avait pas suffi. Moi je pense…
Harry l'interrompit.
H- C'est bon Ron. J'ai déjà bien assez de Hermione pour les leçons de morale sans que tu en rajoutes une couche.
Je restai un instant près d'eux dans l'espoir d'en apprendre davantage mais Harry devait se douter de ma présence car il orienta habilement la conversation sur le repas du midi.
Pour ma part, je décidai de rejoindre ma chambre avant de retirer la cape, retrouvant avec bonheur la fraîcheur des cachots. La fin de l'année allait me paraître longue ! Je m'étais arrangé pour refaire parvenir sa précieuse cape à Harry pendant le cours d'Enchantements en m'asseyant juste derrière lui et en la glissant dans son sac. Harry serait décidément le calice parfait. Suffisamment intelligent pour ne pas attirer l'attention sur nous mais aussi attentionné envers mes besoins.
Le soir même, je confiais à mon hibou une commande prépayée à destination de Fleury et Bott pour le livre « Vampire et calice, le lien immortel » de Vlatislav Strigoi et au nom d'Harry Potter. Le documentaire était un peu romancé mais ça irait très bien pour renseigner Harry et éventuellement le convaincre de sauter le pas.
Le lendemain matin je me rendis au cours de Potion avec un certain soulagement à l'idée que je n'aurais pas besoin d'affronter l'astre solaire. Il allait falloir que je trouve rapidement une solution si je ne voulais pas que les intercours se transforment en humiliations. Peut-être que Mme Pomfresh ou Severus pourraient m'aider mais cela reviendrait à reconnaître mes faiblesses devant eux.
Alors que j'étais vaguement concentré sur le cours, j'aperçus Harry me faire signe de sortir mon parchemin à double sens. Je le vis écrire et, après quelques secondes, son message se matérialisa sous mes yeux : « Je l'ai dit à Hermione. Elle n'a pas eu l'air surprise. Elle m'a simplement demandé si j'étais heureux. »
Je pris ma plume pour lui répondre : « Alors, l'es-tu ? »
« Je pense. »
« Tu n'en es pas sûr ? »
« Ce serait plus facile si je n'étais pas censé être le sauveur. C'est vrai, se préoccuper de passer ses ASPIC c'est tellement commun ! Sans oublier que tu es un Malefoy et un vampire. Je pouvais pas tomber amoureux d'un mec normal j'imagine. Je crois que je suis maudit. »
Je relevai la tête pour le sonder du regard, soucieux à l'idée d'une crise existentielle en plein cours. Heureusement il souriait malicieusement.
« Tu as aussi révélé à Hermione ma nature ? »
« Elle était aussi déjà au courant. En fait elle pensait même que je l'ignorais peut-être. Elle m'a dit genre "Mais… est-ce que tu ne le trouves pas un peu étrange depuis la rentrée?" Elle tournait autour du pot en tortillant ses cheveux… Finalement elle m'a dit "Tu sais ce qu'il est hein ?". Ça m'a fait un peu dédramatiser la chose. Je lui ai dit que ça ne changeait rien pour moi et je le pense. Je lui ai aussi dit que tu ne buvais pas mon sang et elle a eu l'air étonné. »
« Normal. Notre relation est atypique pour un couple sorcier-vampire. J'imagine qu'elle a déjà lu tous les livres sur le sujet… D'ailleurs demain matin tu devrais recevoir un livre que j'ai commandé chez Fleury et Bott. Essayes de le lire si tu as le temps. »
« Tu me donnes des devoirs en plus ! Comme si j'avais le temps. »
« Tu préfères que je demande à Rogue de surveiller ta prochaine retenue ? »
« Pour l'instant Rogue me laisse tranquille et je ne vais pas m'en plaindre. Mais je le lirais, ne t'inquiète pas. »
Satisfait, je tendis l'oreille un instant vers le prof. Slughorn, bien que qualifié pour le poste, avait ce petit côté Gilderoy Lockhart et était en train de raconter comment le flacon qu'il tenait entre ses mains lui avait un jour sauvé la vie. Inutile de l'écouter davantage donc. Et une chose m'intriguait bien plus.
« Harry, passe le parchemin à Granger un instant. »
Il releva la tête pour me regarder et je fis mine de toiser l'ensemble de la classe. La plupart des élèves baillait à s'en décrocher la mâchoire et ne prêtait aucune attention ni à Harry ni à moi. Wesley semblait même proche de s'endormir. Nous pouvions donc continuer notre bataille de regards sans éveiller les soupçons. Je vis Harry pousser le parchemin vers Granger qui devait bien être la seule à prendre des notes. Elle l'interrogea du regard et il tendit son menton dans ma direction.
« Granger ! Dis-moi comment as-tu deviné ? »
Elle rougît un instant et se mordit la joue.
« S'il te plaît ? Et pour te répondre, l'année dernière, Harry était obsédé par toi. Et cette année alors qu'il a décidé que Nott était son nouvel ennemi numéro 1, je te voyais souvent en train de le regarder, comme si son attention te manquait… Ensuite quelques indices m'ont permis de comprendre qu'il y avait quelqu'un dans sa vie. Le fait que ce soit toi m'a semblé comme une évidence... »
Je secouais la tête.
« Non je te parle de l'autre chose que tu as deviné. Il me semblait n'avoir rien laissé paraître... »
J'attendis sa réponse mais elle se contentait de me regarder avec un regard à la McGonagall. Comprenant finalement où elle voulait en venir, je repris ma plume.
« … S'il te plaît. »
« Je ne t'ai plus vu manger depuis le début de l'année, tu as abandonné toutes les matières en extérieur, y compris la botanique, alors que tu veux te spécialiser dans les potions, tu ne joues plus au Quidditch ni ne sort à Pré-au-Lard. Sans oublier le fait que tu sois soudainement devenu meilleur que moi en Enchantements et en Métamorphose. »
Je clignais des yeux. Cette miss Je-Sais-Tout méritait bien son surnom. Elle avait été perspicace.
« Merci. Et aussi pour ne pas avoir descendu ma relation avec Harry. »
« De rien. Tu lui offres ce que personne d'autre ne peut lui offrir. Ne le trahit pas et ne le blesse pas, c'est tout ce que je demande. »
Elle repassa le parchemin à Harry et se remit à prendre des notes comme si de rien n'était. J'avais levé les yeux au ciel en lisant son dernier message. Comme si je pouvais lui faire du mal. Je voulais en faire mon calice et je l'aimais ! Si elle avait lu un minimum sur les vampires, elle savait pertinemment que je serais la dernière personne à le blesser !
Harry me regardait en souriant et cela suffit à illuminer ma matinée. Je devais virer Poufsouffle pour être aussi mièvre !
Je ne reparlais pas du projet « calice » avec Harry de tout le mois. Il m'avait demandé du temps et le harceler n'amènerait rien de bon. Je savais qu'il avait commencé sa lecture car je l'avais surpris à lire pendant ses heures libres mais il ne m'avait posé aucune question. Je me doutais qu'il préférerait demander à Granger mais je ne pouvais m'empêcher de m'en vexer. S'il y avait une seule personne véritablement compétente en vampirisme à Poudlard c'était tout de même bien moi !
Au début de mois de mai, un évènement me fit cependant totalement oublier ma rancœur. Nous étions mercredi et je travaillais tranquillement à la bibliothèque lorsque Blaise Zabini et Pansy Parkinson se précipitèrent sur moi l'air particulièrement excités.
P- Drago !
Le cri de Pansy résonna tellement fort dans la bibliothèque que Mme Pince jeta un sort pour que tous les livres de ma table se ferment d'un seul coup et nous jeta dehors sans sommation.
D- Et bien merci ! Je travaillais, même si ce verbe ne doit pas avoir la même signification pour les cancres que vous êtes !
B- Ne dit plus rien, tu n'en reviendras pas ! Potter et Nott se sont battus ! Et Potter a jeté un sort de magie noire sur Nott et l'a envoyé à l'infirmerie. Il paraît que Nott pissait le sang comme si on l'avait égorgé ! Tu imagines, saint Potter utiliser la magie noire !
Je ricanais, plutôt agréablement étonné. J'ignorais que Harry connaissait de tels sorts mais Nott avait dû dépasser les bornes pour qu'il en utilise un. Je ne pouvais que me satisfaire de sa victoire, quel qu'en soit la méthode utilisée.
Lorsque je rejoignis mon appartement vers 21h, Harry m'y attendait déjà, recroquevillé sur mon lit. Et il ne semblait pas partager mon allégresse.
H- Je savais pas… J'ignorais les effets de ce sort. Si j'avais su je l'aurais jamais lancé !
D- Et je peux savoir depuis quand tu lances des sorts au hasard dans un duel ? Et où tu l'as appris ?!
Je m'assis à ses côtés sur le lit et il commença à me raconter comment il avait utilisé durant toute l'année un vieux manuel de Potion avancées appartenant à un certain « Prince de Sang mêlé ». Je ne connaissais aucun sorcier qui utilisait ce pseudonyme mais là n'était pas le principal problème.
D-… Si tu m'avais montré ce livre ou même si tu m'avais parlé de ce sortilège j'aurais pu te prévenir ! Mais non tu ne me fais manifestement pas assez confiance pour ça non plus !
Je pris conscience que Harry pleurait, les mains sur ses yeux.
H- Je t'en prie, pas toi ! Je dois subir les sermons d'Hermione, toute l'équipe de Quidditch de Gryffondor m'en veut parce que je ne pourrais pas jouer au dernier match de la saison et je vais passer tous mes samedis avec Rogue jusqu'à la fin de l'année à faire je ne sais quelle punition humiliante ! Poudlard entier me considère comme le dernier des abrutis ou comme un mage noir en puissance…
Je me relevai du lit pour me donner contenance. Je ne voulais pas me disputer avec lui mais les multiples secrets qui entouraient son quotidien m'énervaient.
D- Je ne te reproche pas d'avoir utilisé ce fichu bouquin ou ce sort. Mais je ne veux plus de secrets entre nous. Moi je t'ai tout dévoilé, tu en sais plus sur mon existence qui quiconque d'autre en ce monde tandis que toi tu refuses de me dire ce que tu fais avec Dumbledore, la nature des missions qu'il te donne et même quelque chose d'aussi anodin que la raison de tes fulgurants progrès en Potion !
H- Écoute… je parlerais à Dumbledore de nous deux. Je ne peux pas prendre la décision de révéler quelque chose d'important à quelqu'un qui ne fait pas partie de l'Ordre du Phénix. Mais pour le reste je te promets. Ce n'est pas que je doute de toi Drago. Ça me dépasse, c'est tout. Dumbledore ne me dit pas tout non plus. Tout ce que j'ai fait au cours de ces séances c'est visiter des souvenirs en rapport avec Voldemort. Dumbledore veut que je connaisse toute sa vie pour pouvoir l'affronter… Mais pour l'instant je ne vois pas en quoi ça pourrait m'aider, c'est juste perturbant. Il a commis son premier meurtre lorsqu'il avait notre âge. Il a tué plusieurs membres de sa propre famille puis d'autres sorciers simplement parce qu'ils possédaient des objets précieux… D'ailleurs tu savais que son père était un moldu ! Ce taré promeut la pureté de sang mais est un sang mêlé. Bref. J'ai pas vraiment envie de parler de lui quand je suis avec toi. J'ai envie de pouvoir oublier toute cette histoire d'Élu et être juste un garçon amoureux…
Je ne pouvais plus lui en vouloir encore après un tel discours. Je me demandai distraitement si mon père savait pour son cher patron. Plus j'en apprenais et plus je le méprisais. Je m'allongeai sur le lit et attirai Harry contre moi, son dos contre mon torse. Je pouvais sentir sa chaleur à travers ses vêtements, percevoir les battements de son cœur. Cette nuit-là nous restâmes sages, se contentant de caresses et de baisers. Et pour une fois il resta toute la nuit à mes côtés, nous endormant dans cette étreinte si rassurante. Je pourrais vider l'intégralité de mon compte en banque si cela pouvait m'assurer de pouvoir rester à ses côtés loin de la guerre…
Quelques semaines passèrent et je n'insistais plus pour savoir ce qu'il faisait avec Dumbledore. De toute façon je finirais bien par l'apprendre… Harry avait pris l'habitude de dormir à mes côtés le mercredi soir. Ce matin-là je l'embrassai… une dernière fois avant le drame qui marquerait la fin de l'année. Nous étions jeudi matin et si j'avais pu deviner la suite des évènements, nul doute que j'aurais essayé d'intervenir. Mais encore une fois je fus mis devant le fait accomplis.
La nuit était déjà bien avancée et je lisais tranquillement dans ma chambre lorsque je sentis plus qu'entendis un sortilège être jeté sur ma porte. Quelqu'un venait de m'enfermer dans ma propre chambre ! Je me jetais sur ma baguette pour essayer de défaire le sort mais la voix bien connue de mon parrain retentit derrière ce qui était devenu un épais mur de pierre.
S- Inutile de tenter quoi que ce soit Drago, j'ai promis à ta mère de te protéger. Tu ne pourras pas sortir tant que je n'en aurais pas décidé autrement.
J'entendis une explosion résonner au loin.
D- Non ! Laisse-moi sortir ! Severus !
S- Les mangemorts et l'Ordre du Phénix sont là Drago. Il serait regrettable que tu sois pris entre deux feux. Je tâcherais de couvrir ton précieux Potter si je le peux.
Collant mon oreille contre le mur, je l'entendis s'éloigner. Je ne pouvais rien faire. Mon amant était en danger et j'étais prisonnier de mes appartements. J'essayais de faire marcher mon cerveau pour envisager toutes les possibilités mais je me doutais que mon parrain avait soigneusement prévu son coup. Harry m'avait simplement prévenu qu'il avait rendez-vous avec Dumbledore le soir même mais comme d'habitude je n'en savais pas plus. J'enrageais pour ne pas avoir insisté davantage pour l'y accompagner.
Je tournais en rond comme un lion en cage pendant une durée indéfinissable, soudain ma porte réapparu. Sans perdre une seconde je me précipitai dans les couloirs à la recherche de mon précieux compagnon. Harry… Je n'osais imaginer le pire et bousculai les élèves sans me préoccuper de leur état. Je sentis l'odeur du sang dans le château mais elle était faible, il ne devait donc pas y avoir beaucoup de blessés. La plupart de ceux que je dépassais ne semblaient pas en savoir plus que moi. Je rejoignis l'infirmerie à une vitesse surhumaine.
D- Où est Harry !
Wesley était présent ainsi que Granger et Londubat.
Le rouquin me jeta un regard féroce mais sa copine s'interposa.
He- On ne sait pas Drago. Peut-être dans la cour. Il poursuivait Rogue et Nott de ce que j'ai entendu.
Je n'attendis pas plus pour sortir du château, concentrant tous mes sens vampiriques pour le retrouver. Rapidement, un attroupement au pied de la tour d'astronomie attira mon attention. Harry était là, vivant…Mais manifestement sous le choc. Il était agenouillé sur le sol devant le cadavre d'Albus Dumbledore. Mais le plus stupéfiant étant sans aucun doute la tempête de magie pure qui s'agitait autour de lui. Il ne s'en était sans doute pas aperçu mais les élèves et les professeurs s'étaient écartés de plusieurs mètres. Le demi-géant Hagrid l'appelait mais Harry restait immobile, le regard posé sur le directeur, sans même cligner des yeux. Il ne pleurait pas mais semblait bloqué dans sa prise de conscience.
D- Harry !
Je tendis la main vers la manifestation de magie pure et fut projeté en arrière. Je grognais. Il était hors de question que j'abandonne.
D- Harry Potter je te parle ! Je viens te chercher !
Je me fichai bien des élèves et des professeurs qui me regardaient. Tout ce qui comptait était Harry. Je me jetai quelques enchantements de protection et pris mon élan. Je bondis sur lui, m'accrochant de toutes mes forces à son corps. On aurait dit une statue. Je savais exactement quoi faire. Faisant saillir mes canines en un clin d'œil, je plongeai vers sa carotide. J'avais imaginé notre première fois à plusieurs reprises mais jamais dans de telles circonstances. J'aurais aimé que nous soyons seuls, dans un lit ou sur un canapé. J'aurais aimé qu'il s'offre à moi. Mais c'était une urgence. Heureusement que nous étions en pleine nuit.
Sa vitae me parvint avec une déferlante d'émotions. Peur, tristesse, haine… Par ma morsure je l'apaisais et il me suffit de deux gorgées pour le faire sortir de son état. Je l'avais senti se détendre dans mes bras et les éclats de voix choqués que j'entendais à présent signifiaient que la tempête de magie avait disparu. Je relâchai immédiatement la pression de mes crocs et léchai la blessure pour la faire cicatriser. En buvant son sang j'avais aussi vu ses souvenirs, son escapade avec Dumbledore puis Nott, les mangemorts… et mon parrain. Harry les avait poursuivis et tenté d'affronter Rogue mais ils étaient parvenus à s'enfuir.
Mes bras toujours autour de son torse, je le relevais doucement.
D- Viens. Rentrons.
Il se laissa faire sans un mot et personne ne tenta de nous retenir. Je le conduisis machinalement jusqu'à l'infirmerie et il sembla reprendre conscience peu à peu.
H- Je ne suis pas blessé.
D- Je sais. Mais tes amis y sont.
H- Qui est mort ? Nott a dit qu'il avait enjambé un corps !
Je haussais les épaules.
D- Je ne sais pas mais tout à l'heure il n'y avait pas de cadavre à l'infirmerie.
Effectivement lorsque nous passâmes le pas de la porte, les visages semblaient plutôt soulagés. Wesley et Granger y avaient été rejoints par le lycanthrope Lupin et une sorcière aux cheveux gris qui avait un étrange air de famille avec tante Bellatrix.
Granger se précipita sur nous et je m'écartai d'un pas pour la laisser le serrer dans ses bras.
He- Ca va, Harry ?
H- Bien…
Le petit groupe s'écarta et nous pûmes aviser celui qui occupait le lit. C'était l'un des frères Wesley à en juger par la couleur de ses cheveux, mais son visage était terriblement lacéré comme si sa peau avait été un simple parchemin qu'on aurait déchiré. Je reconnaissais là l'œuvre de Fenrir Greyback, l'immonde loup-garou au service du Seigneur des Ténèbres. Madame Pomfresh était en train d'étaler un onguent vert sur les plaies mais j'avais du mal à croire qu'il pourrait un jour arborer de nouveau un visage humain.
H- Bill ! Vous ne pouvez pas le soigner avec un sortilège ou quelque chose comme ça !
Je secouai la tête mais l'infirmière répondit à ma place.
P- Aucun sortilège ne peut agir sur de telles blessures. J'ai essayé tout ce que je connais, mais il n'y a pas de remède contre les morsures de loup-garou.
R- Il n'a pas été mordu à la pleine lune. Greyback ne s'était pas métamorphosé donc Bill ne deviendra sûrement pas un… un vrai…
Wesley ne semblait pas très sûr de sa théorie. Il se tourna vers Lupin.
Re- Non je ne pense pas que Bill deviendra un vrai loup-garou. Mais cela ne signifie pas qu'il n'y aura pas une certaine contamination. Ce sont des blessures ensorcelées. Il y a peu de chances qu'elles guérissent jamais complètement et… et il se peut que Bill ait désormais certaines caractéristiques du loup.
R- Peut-être que Dumbledore connaît un remède qui serait efficace ? Où est-il ? C'est sur son ordre que Bill s'est battu contre ces fous furieux. Dumbledore a une dette envers lui, il ne peut pas le laisser dans cet état…
Je me retins de me taper le front du plat de la main. Wesley et l'art et la manière de mettre les pieds dans le plat. Comme personne ne semblait répondre, je me dévouai pour plomber un peu plus l'ambiance.
D- Dumbledore est mort Wesley…
Ce fut le lycanthrope qui réagit, me faisait sursauter.
Re- Non !
Je ne l'avais jamais vu aussi agité et le vampire en moi m'intima de m'éloigner. Il s'effondra cependant sur la chaise la plus proche, le visage entre les mains.
Harry raconta tout ce qu'il avait vu et entendu depuis leur retour à Poudlard. Dumbledore, Nott, Greyback et les Carrows puis Rogue… J'avais encore du mal à accepter ce que Rogue avait fait. Pour peu je m'en serais assis comme Lupin. Lorsque Harry termina son récit, un étrange chant retentit dans tout le château.
McGonagall arriva bientôt en compagnie des parents Wesley et de l'élève qui avait représenté Beauxbâtons en 5e année. Je compris un peu après qu'il s'agissait de la fiancée de Bill Wesley. Je me sentais de trop dans cette pièce pleine des membres de l'Ordre du Phénix mais je n'avais aucune envie de m'éloigner de Harry et heureusement personne ne semblait me prêter attention. Leur monde et leurs amitiés m'étaient tellement étrangers...
Peu après, McGonagall demanda à Harry de la suivre et je m'apprêtai à leur emboîter le pas lorsqu'elle s'interposa.
M- Désolé monsieur Malefoy mais je désire voir Harry seule.
Je clignais des yeux, signe que j'avais bien compris et que je ne comptais pas faire d'esclandre mais Harry m'attira à lui et m'embrassa devant tout le monde.
Ce n'était qu'un simple baiser mais le faire devant la famille Wesley, McGonall et l'ordre du Phénix était bien la dernière chose à laquelle je m'attendais !
H- Je reviens. Attends-moi ici.
Il me planta ainsi à l'infirmerie, suivant McGonagall qui sembla faire comme si elle n'avait rien vu. Wesley en revanche manifestait tous les symptômes de l'apoplexie, Granger souriait et Lupin me regardait comme si un tentacule venait de me pousser au milieu du front.
R- Tu… Il…
Tâchant de recomposer un visage de circonstance, je plaçais ma main devant ma bouche pour masquer le sourire bienheureux que je devais probablement arborer.
D- Et bien quoi Wesley tu n'as jamais vu deux hommes s'embrasser ?
Le jeune Wesley se tourna vers Granger en me pointant du doigt, ayant manifestement perdu les mots pour exprimer sa pensée. Celle-ci se tourna vers moi.
He- Allons Drago, inutile d'être sur la défensive. Harry et Drago sortent ensemble Ron. Et crois-moi, personne ne l'a ensorcelé, il est juste très amoureux de son Serpentard !
Cette situation semblait beaucoup l'amuser et son sourire contamina celle qui se faisait appeler Tonks.
N- Alors c'est toi Drago Malefoy ! Si tu es amoureux de Harry alors tu es dans notre camp ! Je suis Nymphadora Tonks ! Je suis ta cousine. Ma mère est Andromeda Tonks, la sœur de ta mère !
Elle me rejoignit en un clin d'œil et se saisit de ma main pour la serrer. Je me sentais affreusement mal à l'aise. Je savais que ma mère avait une autre sœur avec qui elle n'avait plus aucun contact mais je n'avais jamais su pourquoi et ce genre de chose était tabou dans la famille. Je ne savais pas quoi dire. Granger avait raison, il allait bien falloir que je me rapproche d'eux si je voulais pouvoir rester aux côtés de Harry. Je pesais soigneusement mes mots pour ne pas paraître méprisant.
D- Je n'ai jamais eu l'ambition de faire partie de votre Ordre… Mais soyons clair, je suivrais Harry où qu'il aille. Il est hors de question que je rentre sagement chez moi à attendre le mois de septembre en espérant que Harry soit encore vivant d'ici là. À l'heure actuelle je ne suis même pas sûr qu'il y aura une rentrée ici l'année prochaine. Je sais que vous ne me faites pas confiance. Je ne me ferais pas confiance non plus si j'avais été à votre place. Mais ne me mettez pas de côté. Je protégerais Harry quoi qu'il advienne. Je ne vous demande rien d'autre.
J'essayai de maîtriser ma voix mais je sentis bien que ma dernière phrase avait résonné comme une supplique. Je n'attendais pas une réponse immédiate. Je me tournai vers une fenêtre, le dos appuyé contre le mur, les bras croisés.
Ron et Hermionne quittèrent bientôt l'infirmerie pour rejoindre leur salle commune. Lupin discutait encore à voix basse avec les parents Wesley et Tonks s'approcha de moi.
N- Je sais qu'on n'a jamais pu se connaître avant mais si ça peut te rassurer ma mère serait contente de te rencontrer je pense. Je ne sais pas ce qu'il sera décidé pour la sécurité de Harry mais vous serez les bienvenus chez nous.
Je haussais les épaules.
D- Ce sera à Harry de décider maintenant. Il sera majeur en juillet. Mais merci pour la proposition.
Mon compagnon nous rejoignit de longues minutes plus tard mais il semblait pressé de rejoindre son dortoir. J'aurais voulu l'avoir pour moi seul, revenir sur la morsure que j'avais été contraint de lui infliger, lui faire l'amour aussi…
H- Désolé Drago mais Ron doit m'attendre et j'ai besoin de lui expliquer tout ce que j'ai fait avec Dumbledore. Il m'avait fait promettre de ne rien raconter à qui que ce soit hormis à Ron et Hermione. Et j'ai besoin d'en parler.
D- Dans ce cas laisse-moi venir avec toi. Je suis au courant de tout maintenant. J'ai vu tes souvenirs… Dans la caverne… Il y a encore des choses que j'ignore ou que je ne comprends pas. Mais j'ai besoin de connaître toutes les pièces du puzzle.
Comme il baissait les yeux, je pris ses mains dans les miennes pour les tenir contre mon cœur.
D-… Je t'appartiens Harry Potter. Même si tu ne désires pas devenir mon calice. Sers-toi de moi comme d'une arme ou comme d'un bouclier. Laisse-moi être ton ombre. Ne te préoccupe pas de ce que j'ai pu penser ou faire par le passé car désormais je n'aspire qu'à être un prolongement de toi. Je suis mort en buvant le sang de mon père et je suis rené pour toi lorsque tu m'as accepté à tes côtés.
Il m'embrassa, cette fois bien plus intensément que la précédente.
H- Viens.
Main dans la main nous rejoignîmes le dortoir de Gryffondor. La salle commune était pleine et lorsque nous passâmes le portrait ensemble, tout le monde se tût. Harry les ignora magnifiquement, m'entraînant vers son dortoir. Pour ma part, je regardai obstinément le sol, faisant abstraction des chuchotements qui bruissaient à notre passage. Ron était seul et semblait attendre Harry, tel que celui-ci l'avait prédit. Harry nous raconta alors toute l'histoire des Horcruxes, tout ce que j'ignorais et tout ce qui s'était passé cette nuit-là. Quand finalement Ron se coucha et que les autres membres de son dortoir rejoignirent leurs lits, Harry et moi nous glissâmes dans le sien.
Je jetai un sortilège de silence sur le baldaquin qui nous entourait.
D- Harry ? Est-ce que tu te souviens de ma morsure ?
Je vis sa main rejoindre sa gorge pour en palper l'emplacement mais il n'en restait plus deux discrets points blancs.
H- Oui. Je sais aussi pourquoi tu l'as fait. Ça m'a apaisé. C'est grâce à toi si j'ai pu raconter ensuite…
Je déposai un simple baiser sur sa joue.
D- Ça ne compte pas comme une première fois. Quand tu le décideras, quand tu voudras être mon calice, je te donnerais plus de plaisir que tu n'en as jamais ressenti. Je te ferais ressentir l'extase de la morsure vampirique. Et quand nous ferons ça ce sera parfait.
Il redescendit sa main pour caresser mon bras qui enserrait sa taille.
H- Pour l'instant je n'ai pas la tête à ça… Mais merci d'être là pour moi. C'est ta présence à mes côtés qui me permet de garder la tête hors de l'eau. Je t'aime Drago.
D- Je ne t'abandonnerais jamais. Tu ne seras plus jamais seul. Et c'est un vampire qui te fait cette promesse.
Nous nous endormîmes l'un contre l'autre et j'eus une certaine satisfaction à l'idée que pour la première fois je dormais dans son lit.
Les jours qui suivirent furent assez particuliers. Conformément à mon souhait, je suivais Harry comme son ombre mais personne ne s'en offusqua. Ses camarades de Gryffondor faisaient comme si j'étais invisible et seuls Hermione et plus rarement Ron daignaient m'adresser la parole. Mon rapprochement avec le Survivant avait aussi été remarqué par quelques Serpentard mais comme les cours avaient été annulés, ils n'avaient pas été suffisamment téméraires pour venir me parler au milieu du trio de Gryffondor.
Finalement le jour de l'enterrement de Dumbledore arriva. J'étais retourné dans ma chambre pour faire mes valises et Harry avait demandé à Dobby de mettre nos affaires ensembles. Je ne pouvais m'empêcher de sentir mes intestins se tordre à l'idée du lendemain. Harry rejoindrait ses moldus et j'avais réussi à le convaincre de m'accepter à ses côtés sous cape d'invisibilité. Ma mère ne m'avait plus renvoyé de lettre mais je me doutais qu'elle était désormais au courant de ma relation avec Harry. Ma tête était d'ores et déjà mise à prix comme un traître à son sang. Le moindre écart me serait fatal tout autant qu'à Harry.
Le soleil brillait haut dans le ciel et je m'étais réfugié à l'orée de la forêt interdite, caché sous la cape d'invisibilité. Je serrai les dents en voyant Scrimegeour suivre Harry mais mon amant parvint à s'en débarrasser rapidement, me rejoignant ensuite à l'ombre des arbres, bientôt suivit par Ron et Hermione.
He- Que voulait Scrimgeour ?
H- La même chose qu'à Noël. Que je lui donne des informations confidentielles sur Dumbledore et que je fasse de la publicité du ministère.
Je souris en voyant Ron avec la farouche envie de frapper son frère qui se trouvait être l'assistant de Scrimgeour. Finalement j'apprenais à apprécier son caractère impulsif et bagarreur. Il ne manquait pas de courage, tout comme Hermione. Ils me le prouvèrent une nouvelle fois quelques minutes après.
R- On viendra te retrouver Harry.
H- Quoi ?
R- Chez ton oncle et ta tante. Et on t'accompagnera… on vous accompagnera, où que vous irez.
Je savais qu'Harry voulait accomplir sa mission seul. J'avais déjà eu suffisamment de mal à le convaincre. Mais il ne pouvait rien face à la résolution de ses deux meilleurs amis.
Le voyage en train paru à la fois interminable et bien trop court.
L'ambiance n'était guère à la fête, loin de là, pourtant plusieurs amis de Harry s'étaient rassemblés dans notre compartiment : Ron et sa sœur étaient restés à Poudlard avec leurs parents jusqu'au rétablissement de leur grand frère mais Hermione, Londubat et Lovegood étaient là. Je m'étais assis dans un coin, le plus éloigné possible de la fenêtre, ma capuche rabattue sur mon visage et faisais mine de dormir. Harry prenait ma main de temps à autre pour la caresser doucement tout en continuant à discuter à voix basse. Il parlait de tout et de rien avec ses camarades, comme si rien n'avait changé. Lorsque le train commença à ralentir, il les salua chaleureusement.
H- Luna, Neville, faites bien attention à vous.
N- Toi aussi Harry. Je veux dire… Faites attention tous les deux.
Je hochais simplement la tête, ignorant le visage extatique de Luna Lovegood.
C'était le début des vacances pour eux. C'était le début d'une nouvelle vie pour nous. Nous n'étions pas certains de les revoir et je me surpris à penser que j'aurais plus envie de les voir que la plupart de mes anciens camardes de Serpentard. Décidément Harry m'avait vraiment changé…
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Fin du chapitre ! (Pour une fois ça ressemble à une fin.) Et fin du tome 6 ! J'ai déjà (un peu) commencé le chapitre 7. Jusqu'à présent j'ai fait pas mal d'ellipses temporelles mais dorénavant Drago et Harry ne vont plus se quitter. Alors ça y est Drago a mordu Harry, mais j'imagine que vous ne vous attendiez pas à ça. J'espère que vous n'êtes pas trop déçus. Promis y aura une belle scène dans le chapitre 7 !
Honnêtement je n'ai aucune idée de nombre de chapitre total mais comme l'histoire devrait encore couvrir toute l'histoire du tome 7, comptez bien encore 5 chapitres.
J'espère que ça vous plaît toujours autant ! Gros bisous !
