Ornaluca : Merci pour ton review ! C'est bien et rassurant pour le moral de voir qu'on a une lectrice très très fidèle ! :-D J'espère que cette suite répondra à quelques une de tes questions. Sinon, tu devras continuer à lire ! Mouarf. Bisouilles !
Yuki-chan : Mdr. Je vais pas te le dire. Mais bon, on s'en doute. J'espère que tu aimeras la suite ! Bisou et merci !
Melhuiwen : Ah non, j'avais l'intention de le laisser crever lamentablement dans d'atroces souffrances. Mais bon, si tu me menaces, je crois que... on verra. C'est à réfléchir. En passant, je peux savoir ce que tu fais ici à lire alors que tu devrais être en train d'écrire ? Mouarf, au boulot, fainéante ! Merci pour ta review, chouette, et j'espère que tu aimeras ce qui suit !
Andadrielle :
Hello ! Alors question ébranlement, je crois que tu
seras servie ( j'espère ) ici. Je crois que Dray est trop
têtu pour se l'avouer, justement. Ce serait révéler
une faiblesse ! Bon, alors bisou et bonne lecture !
Chapitre 5
Le froid. Dur. Cruel. Dans toutes les pores de sa peau. Frissonnante. Bleue. La neige tombait en flocons épais sur le sol blanc. Et rouge. Il y avait du bruit. Beaucoup de bruits. Un tintamarre de sons, de cris, de pleurs... Les enfants pleuraient. D'autres mouraient.
Le village de Pré-au-Lard avait été attaqué. Jamais, depuis le début de la guerre officielle, Voldemort n'avait osé en venir là. C'était beaucoup trop pèrs de Poudlard, d'Albus Dumbledore. Et pourtant, ils en étaient là, à tenter de sauver quelques vies innocentes alors que les leurs ne tenaient plus qu'à de misérables filaments, confrontés à des hordes de Mangemorts. Étaient-il vraiment des hommes ? De quoi était venue, alors, leur soif de sang, de pouvoir et de tant de malheurs ? Qu'avait fait le Seigneur des Ténèbres des adolescents influençables qu'ils avaient été, un jour ? Des clones à son image, des bêtes.
Il y avait trop de Mangemorts et les forces de la lumière ne pouvaient les contenir. Les membres de l'Ordre tombaient un par un, sous les regards horrifiés de leurs compagnons. Un homme de moins avant la fin. Certains des disciples de Voldemort ne portaient même plus de cagoules, se découvrant fièrement en proclamant leur appartenance. Lucius Malfoy faisait parti de ce groupe-là.
C'était pire que dans un cauchemar. Harry ne pouvait pas se réveiller et étouffer dans son oreiller sa douleur et sa haine. Seulement tenter de se battre, en vain lui semblait-il, contre ces ennemis si nombreux.
Beaucoup de sort l'atteignaient, et ce même s'il en avait esquivé la plupart. Depuis le début du combat, il avait reçu plus de dix Doloris à intensité différentes. Ceux de Lucius Malfoy étaient les plus puissants. Oh, il ne battait pas ceux de Voldemort, mais c'était tout de même diablement douloureux. Et puis, il ne devait pas se plaindre. Lui, au moins, était toujours en vie.
Il fit une roulade sur le sol, évitant un Avada Kedavra de la part d'un ennemi masqué. Immédiatement, sans même regarder, il marmonna un Stupefix. Il y eut un bruit de chute et l'autre fut hors d'état de nuire, pour un moment du moins. Et il y eu un autre cri. Son coeur se glaça, son esprit lui sembla vide. Il se remit rapidement debout et se mis à courir vers sa provenance. Il n'eut même pas conscience des regards des deux camps qui le suivirent.
Là. Au travers des corps épars. Ron. Aux pieds d'un Lucius Malfoy riant à gorge déployée du spectacle qu'offrait son ami, baignant dans son propre sang mais toujours en vie .À peine, cependant. Une fureur s'alluma, enflamma le Survivant.
- Potter ! Cria le bras droit de Voldemort. Venu dire adieu à ton ami ?
Le garçon roux leva faiblement la tête vers son meilleur ami et leva la main dans sa direction.
- 'Ry... grogna-t-il en crachant un peu de sang.
- Ne bouge pas, Ron, je viens te chercher.
- Oh, je ne crois pas, fit Lucius.
Alors que Harry levait sa baguette, la sienne vola plus loin, hors de sa portée. Il ne put esquisser un geste dans sa direction que des bras puissants vinrent capturer les siens, les ramenant dans son dos et l'immobilisant. Tournant la tête vers son agresseur, il siffla son nom.
- Lâche-moi, Malfoy.
- Je ne peux pas, Potter, dit celui-ci à voix basse. Je ne peux pas risquer ma couverture. Reste tranquille, les renforts arrivent.
Devant eux, Malfoy senior ricanait encore.
- Il est bon de voir que sa descendance suit ses traces et fait honneur à son rang.
Le brun sentit Draco se crisper derrière lui.
- Et aujourd'hui, mon maître sera fier de moi car j'aurai débarrassé cette terre d'un Weasley indésirable, continua Lucius en levant sa baguette. Vois ce que les mauvais choix t'apportent, Potter, vois ce que je ferai bientôt à tous ceux que tu aime.
Et le rayon vert alla frapper Ron.
Il se réveilla en sursaut, haletant, et envoya promener les couvertures plus loin. S'asseyant sur le bord du lit, il enfouit son visage entre ses mains, tentant de régulariser les battements de son coeur. Levant les yeux, il vit les visages souriants de ses parents le saluer de la main. Le livre valsa et alla s'écraser contre un mur sans qu'il n'ait esquissé le moindre geste.
Il se leva et alla ouvrir la fenêtre de la chambre, goûtant à l'air frais avec délice. Des mèches folles de sa chevelure indisciplinée vinrent danser dans ses yeux et il ne les repoussa que vaguement.
- On ne peut pas brimer indéfiniment la magie. Elle est une partie de nous.
Il toucha de son index droit l'emplacement de son coeur.
- C'est ton coeur, c'est ton âme. C'est ce que tu es.
Ce qu'il était. Qui était-il, en fait ?
Un père, se dit-il immédiatement, écoutant son coeur. Un père avec un enfant en bas âge. Une fillette qui avait besoin de lui. C'est pourquoi il avait tenté d'oublier. Mais c'était vain, n'est-ce pas ? On ne pouvait tout simplement pas. Surtout lui.
Oh, il ne regrettait pas d'avoir fuit, il y a quelques années. À ce moment-là, 'avait été la folie ou la fuite. Il n'avait pas hésité.
Il y avait longtemps qu'il n'avait pas rêvé de la mort de Ron. Il n'avait même pas assisté à ses obsèques... Parti bien avant. Qu'avaient du penser les autres... Et Hermione ? Restée seule, perdant ses deux meilleurs amis dans un laps de temps si court ?
Envahi par une honte sourde, il se décolla de la fenêtre et s'habilla rapidement d'un pantalon noir et d'une chemise blanche. Avisant sur le réveil-matin qu'il était plus de sept heures, il se dirigea vers la cuisine. Lily était une lève-tôt, comme lui, et elle ne tarderait pas à se réveiller. Il entendait bien lui préparer un déjeuner digne de ce nom. Ayant tendance à avoir l'esprit un peu nébuleux le matin venu, il y avait longtemps qu'il n'avait pas eu pareille attention pour elle.
Il sortit des oeufs du réfrigérateur et, après hésitation, prépara un mélange. Lily aimait bien les omelettes au fromage. Lui, comme d'habitude, se contenterait d'un café noir. Vive la caféine et ses bienfaits... Alors qu'il posait dans une assiette le fruit de quelques minutes de travail, la petite fille entra dans la cuisine, le visage encore tout endormi.
- Ça sent bon, commenta-t-elle.
Il alla l'embrasser, lui offrant son premier sourire, et le mena vers la table où il lui servit les omelettes et un grand verre de jus d'orange. Il prit place devant elle et commença à boire son café tandis qu'elle entamait avec appétit son plat.
- Papa, fit-elle alors qu'il feuilletait un journal sans vraiment le lire, perdu dans ses pensées.
- Oui, chérie ?
- Regarde.
Et du doigt, elle pointa la fenêtre où s'impatientait un hibou grand duc. L'estomac de son père se contracta.
- Continue à manger, chérie, il partira, tenta-t-il.
- Mais papa, argumenta l'enfant, il a une lettre attachée à sa patte. Ça veut dire qu'un autre sorcier tente de te joindre, non ?
À contrecœur, il hocha la tête.
- Tu veux pas ?
- C'est pas ça... hésita-t-il, mais la moue de l'enfant termina de le convaincre.
Soupirant et maudissant le « postier matinal », il se leva et alla ouvrir la fenêtre, faisant pénétrer dans la pièce un hibou hululant de fureur d'avoir été tant ignoré.
- Calme-toi, par Merlin, grommela-t-il.
Frustré, l'oiseau alla trouver refuge sur un dossier de chaise, ne voulant résolument pas partir. Sans doute lui avait-on demandé d'attendre une réponse. Tandis que son père lui jetait un regard noir, Lily, elle, tendit au volatile des petits morceaux d'omelette qu'il engloutit avec appétit, sans doute affamé par son long vol. Secouant la tête, le père de la fillette ouvrit sa missive. Elle était courte.
Je serai bref, Harry. Notre dernière mission s'est mal passée et Remus a subit de graves blessures. Madame Pomfresh ne sait pas s'il s'en sortira. Je crois que de t'avoir à ses côtés l'aiderait ou du moins le réconforterait. Je ne te force à rien. Tu es libre de tes choix.
La lettre n'était pas signée, mais même après toutes ces années, il reconnut l'écriture. La lecture lui causa un choc et, crispant le parchemin dans sa main, il se rassied. Il ne revint à lui que quand, après maintes répétions, la voix de sa fille lui parvint enfin. Debout devant lui, une de ses petites mains sur sa jambe, elle était terriblement inquiète.
- Je vais bien, mon ange.
- C'étaient de mauvaises nouvelles ? Demanda-t-elle en désignant la lettre.
- L'un de mes... amis est malade.
- Oh... Tu vas aller le voir ?
Il haussa les épaules.
- Je ne sais pas, chérie, je ne l'ai pas vu depuis si longtemps...
- Mais si c'est un ami, et que tu as de la peine, peut-être que ça le rendrait heureux. Comme quand je suis malade et que tu me fais de la mousse au chocolat.
- Je ne sais pas, Lily.
Il caressa sa pommette gauche et lui sourit.
- Va jouer un peu, d'accord, pendant que je range la cuisine. Pense à donner un biscuit à Hedwidge, aussi.
- Okay ! S'exclama-t-elle en courant déjà vers sa chambre.
Abandonnant son air paisible dès qu'elle fut hors de vue, il soupira en se levant. Il se sentait étrangement lourd. Il n'esquissa qu'un geste de la main et tous les couverts allèrent d'eux-mêmes se laver avant de reprendre leur place dans les tiroirs. Il y avait longtemps qu'il n'avait pas usé de la magie ainsi mais il n'y porta même pas attention, plongé dans ses pensées.
Pourquoi ? Pourquoi ne pouvait-on pas le laisser tranquille ? Pourquoi n'avait-il pas lui aussi droit à une vie normale ?
« Parce que tu es Harry Potter » souffla une petite voix dans sa tête.
Un verre éclata derrière lui. Il fut aussitôt balayé par un vent invisible et les éclats finirent dans la poubelle. Il enfouit son visage entre ses mains, s'efforçant de ne pas hurler. Il voulait la paix. Commencer une vie sans nuances de celle d'avant, simplement oublier les horreurs commises et vécues. La première fois qu'il avait usé du Doloris... Lorsqu'il avait rit de voir Bellatrix Lestranges hurler. Il ne voulait plus de ce monstre en lui. De cette bête qui prenait part de lui lorsqu'il était sur un champ de bataille, cherchant à détruire le plus possible les rangs de l'ennemi. Ne pas tuer. Mais blesser dans la chaire, dans la tête. Les rendre aussi fou que lui l'était. Venger les âmes perdues.
C'était fini. Ce Harry-là était disparu. Avalé par ses décisions passées. Et il y avait Lily, maintenant. Lily et ses éclats de rire, ses sourires qui guérissaient tout, ses murmures au baume apaisant.
Lily qui, comme lui, était hantée, à plus faible niveau mais tout aussi réellement, par des cauchemars de massacres, d'homme en noir torturant avec mépris leurs ennemis. Ses amis. Sa famille.
Non. C'était Lily, sa famille. Lily et ses beaux grands yeux verts bordés de longs cils, ses pommettes hautes qui rougissaient adorablement lorsqu'elle faisait une bêtise, sa petite bouche souriante qui tremblait la nuit, après un mauvais rêve, ses cheveux d'un blond doré qui retombaient en bouclettes sur ses épaules... Sa petite fille. Son ange tombé du ciel pour qu'il puisse enfin se faire pardonner ses péchés. Il n'avait besoin de personne d'autre qu'elle. Mais...
Mais quand il n'y avait pas eu de Lily, Remus avait toujours été là. Lui offrant une épaule pour pleurer, une oreille pour qu'il puisse y souffler les atrocités de ses nuits agitées. Jamais le Loup-garou ne l'avait jugé. Et pourtant, il les avait abandonnés. Cela ne l'avait pas empêché d'envoyer régulièrement un hibou avec une lettre plus ou moins courtes. Lettres qu'il n'avait jamais lues, mais dont il avait reconnu l'expéditeur à l'écriture sur l'enveloppe. Remus ne l'avait jamais laissé. Et maintenant, il risquait de mourir.
S'il était resté, serait-il encore sur pieds, riraient-ils aux souvenirs que le dernier des Maraudeurs lui racontait ? Il ne savait pas. Il ne pouvait pas savoir. De même qu'il ne pouvait changer le cours des choses. Le passé était écrit, personne n'avait le droit de le changer. Mais l'avenir, lui, qui s'annonçait incertain, n'était encore fait que d'esquisses vagues. Il n'appartenait à personne. Mais il était promis à ceux qui sauraient s'en montrer dignes. Harry entendait bien l'être.
À grands pas sûrs, il se dirigea vers le salon où reposait toujours sa vieille malle. Il se planta devant elle et mit sa main au-dessus. Tous les objets livrèrent automatiquement passage à un long bout de bois effilé qu'il attrapa habilement. Sa baguette. Il en caressa pensivement la longueur. Quand l'avait-il fait pour la dernière fois ? Se reprenant, il esquissa un geste souple et la malle flotta devant lui avant de devenir aussi grande qu'une pièce de monnaie. Il la remise dans sa poche. Baguette toujours au poing, il se retourna et partit vers la chambre de Lily où celle-ci, assise sur son lit, caressait tranquillement Hedwidge qui roucoulait sous ce traitement.
- Elle m'a rapporté une souris, lui apprit la fillette.
Le rongeur mort reposait sur la table de travail de l'enfant. D'un geste, il le fit disparaître. Comme si cela était un signal, la chouette s'envola des genoux de l'enfant et vint de poser sur son bras tendu.
- Vas-y, nous te rejoindrons, lui indiqua-t-il.
L'oiseau lui mordilla un doigt, semblant étrangement ravi, et s'envola par la fenêtre restée ouverte. D'un autre coup de baguette, une petite valise apparue sur le lit et, sous les exclamations admiratives de la petite blonde, des vêtements allèrent s'y plier, de même qu'une brosse à dent, une brosse et quelques jouets. Une fois encore, la valise diminua de taille et alla se ranger dans la poche du pantalon du jeune homme. Retournant dans sa chambre et suivit de près par la fillette excitée par tant de magie, il répéta le fait. Allant ensuite vers son armoire restée ouverte, il prit tout au fond une grande robe d'un blanc pur qu'il enfila prestement, sans hésitation. Par dessus, il mit une espèce de manteau d'un noir profond aux reflets bleu métallique et l'attacha à l'avant à l'aide d'un cordon or, laissant toujours voir sa robe immaculée. Il glissa sa baguette dans une poche prévue à cet usage et se tourna enfin vers la petite fille. Il la prit dans ses bras.
- On va quelque part ? Demanda-t-elle.
- Oui, chérie.
- On va voir ton ami qui est malade ?
- Oui, acquiesça-t-il encore.
- Il habite où ?
- En Angleterre, mon ange.
Elle écarquilla les yeux, surprise.
- Mais c'est loin ! Il va falloir prendre l'avion!
- Les sorciers ont des moyens bien plus efficaces de voyager. Beaucoup plus rapides, également.
Il la re positionna dans ses bras.
- Ferme les yeux, d'accord ?
Confiante, elle s'exécuta. Elle n'entendit qu'un claquement.
- Tu peux les rouvrir, maintenant, lui signifia-t-il.
Ils n'étaient plus dans la chambre mais dans une ruelle sombre. Sortant sa baguette, il se jeta un sort pour que lorsque les moldus le regarderaient, ils ne verraient qu'un homme habille le plus normalement possible, en fait avec ses vêtements du matin. Les robes sorcières seraient invisibles pour eux. Une fois cela fait, il sortit, l'enfant toujours dans ses bras, dans la rue bondée où il leur fut facile de se noyer. Il était près de 10 heures, constata-t-il en jetant un coup d'oeil rapide à sa montre-bracelet. Trop tôt pour le déjeuner. Il avait transplané près d'un parc et décida de s'y diriger pour que l'enfant puisse y jouer. Il pourrait, pendant ce temps, réfléchir à ce qu'il ferait plus tard.
Il alla prendre place sur un banc public tandis que la fillette courut vers un carré de marelle où elle se joignit à un groupe d'enfants. Il garda un oeil sur elle et sourit de la voir si habile. En la voyant rire aux éclats, il se promit que quoi qu'il arrive, il ne laisserait jamais rien effacer ce si beau sourire.
TBC
