Bonjour~! Comment ça va ? 'w'

Je m'excuse pour mon retard, une idée de fiction KatsuDeku ne me quittait plus, impossible me concentrer sur celle-ci sans bloquer. Alors que j'avais mon scénario d'écrit ainsi que toute ma trame, urgh ;-;...

Soit ! Encore et toujours merci pour vos reviews ! Elles me touchent énormément ! Et aussi à Blue Aaren pour la relecture systématique !

Je ne m'attarde pas plus longtemps ! Bonne lecture ! Et à bientôt pour de nouvelles aventures ! :)


Chapitre VI

Le début d'après-midi bien entamé depuis une bonne heure, un léger courant d'air frais filtrait de la fenêtre entrouverte et lui hérissait les poils de la nuque.

Posté sur le rebord de son lit aux draps changés le matin même, Eijirou admirait avec une exaltation certaine les bienfaits de l'Alter de l'héroïne retraitée, Recovery Girl, à qui il avait tendu un de ses avant-bras.

Assise face à lui sur un tabouret, les cheveux éternellement relevés en un haut chignon, un incontournable casque rose à la glissière mauve encadrait le contour de la tête de la vielle dame, laquelle appliquait soigneusement les soins du jour au jeune homme à la tignasse de feu.

La seconde suivante, après qu'une espèce de chaleur n'ait rampé le long de sa colonne vertébrale, les dernières égratignures et hématomes lui tachetant la peau se volatilisèrent. Seules subsistaient de rares traces de cicatrices çà et là ; "ses trophées" comme le héros fier qu'il était se complaisait à les nommer.

Une fatigue nouvelle s'abattit soudain sur ses épaules ; ces séances de récupération expresse l'épuisaient énormément, comme à chaque fois qu'il avait dû y passer, lorsqu'il était toujours aux études. Il refoula avec difficulté le bâillement imminent qui menaçait de s'échapper de sa bouche puis se donna une claque mentale afin de reprendre un minimum contenance.

Finalement, un éternel sourire flottant à la périphérie de ses fines lèvres, il fut le premier à prendre la parole :

- Merci, Recovery Girl ! Vos soins sont incroyables, comme toujours !

Cette dernière lui rendit avec tendresse son sourire et le rouquin la vit soudain fourrer une main dans sa poche.

- C'est mon travail, mon garçon, elle lui répondit de sa voix si aiguë, en lui balançant des friandises aux creux des paumes que le rouge eut juste le temps de joindre l'une contre l'autre pour les réceptionner. Mais tâche d'éviter de nous refaire une folie pareille ! Regarde dans quel état tu étais ! C'était tout juste si je n'ai pas dû te rafistoler de la tête aux pieds !

Un pincement de culpabilité lui tirailla la poitrine, il ne put s'empêcher de plonger ses doigts dans ses cheveux et de pouffer avec maladresse à cette remarque si cassante dans sa véracité.

- Je suis désolé, il s'excusa. Je ferai attention la prochaine fois.

- Je vous jure ! s'exaspéra-t-elle, les sourcils froncés. J'ai passé mes journées à vous soigner les uns après les autres ! Je ne compte même plus le nombre de fois où je suis entrée dans cette chambre les deux derniers jours !

Kirishima lui rendit pour seule réponse un air embêté et sérieusement peiné.

Préférant en vitesse changer de sujet avant de subir un énième sermon réprobateur - celui-là devait bien être le cinquième, minimum - il en profita pour enchaîner là-dessus :

- Pour en revenir à l'enquête, Monsieur Tsukauchi, elle donne du nouveau ?

À la suite de sa question, il avait obliqué le chef en direction de l'homme d'une quarantaine d'années planté de toute sa hauteur au pied de son lit.

Des mèches et des iris noirs d'encre, des épaules demeurant inflexibles peu importe la situation et des traits étirés en une expression rassurante ; Tsukauchi Naomasa, le nouveau chef de la police depuis une bonne paire de mois déjà, était venu en personne lui rendre visite. Et rien qu'avec cette constatation, il savait que l'heure était grave.

Auparavant inspecteur dans son département, le précédent chef, Tsuragamae Kenji - que Kirishima qualifiait secrètement de "tête de chien", parce que, bon sang, sa tête avait toujours bien fait rire Denki et qu'il avait bien cru finir ses jours en cellule plus d'une fois par la faute des conneries de son meilleur pote - avait reconnu ses nombreux exploits et lui avait cédé sa place avec mérite et sérénité.

Dès lors, son influence liée à sa précédente fonction lui avait permis de gagner aisément le respect de ses subalternes sans avoir à batailler pour ce faire ; il gérait les affaires civiques internes et externes, autant les enquêtes que les arrestations, d'une main de maître.

Ainsi, aujourd'hui, il sillonnait l'hôpital de chambres en couloirs dans l'espoir de récolter les témoignages de tous ceux impliqués dans la confrontation. Il sautait également sur l'occasion pour présenter ses plus plates excuses aux héros impliqués de près ou de loin dans la désinvolture affligeante dont avait pu faire preuve les forces de l'ordre, qui s'étaient senties, à ses propres dires, "toutes puissantes et intouchables grâce à la seule présence des têtes d'affiche de la Nouvelle Génération".

Son chapeau contre sa poitrine, le chef opina d'un bref hochement du menton.

- Les criminels avaient tous, ou presque, un profil de délinquants ou d'anciens délinquants juvéniles dans les dossiers de la police, et étaient pour la plupart recherchés pour divers faits de vandalisme ou de propagande des idéaux du précédent tueur de héros, Stain, sur les réseaux sociaux.

Le carmin plissa du nez à cette remarque.

- De ce qui m'a semblé, ils n'avaient pour motivation que le terrorisme de masse, fit-il la remarque. Stain n'attaquait qu'une fois sa cible emmenée dans un lieu reculé et il suivait un schéma similaire à chaque fois. Leurs idéaux n'avaient rien de semblables.

Il s'accorda une longue inspiration dans l'espoir de faire passer la boule de nerfs qui commençait doucement mais sûrement à se former dans le fond de sa gorge.

Il savait qu'il se montrait trop émotif lorsque quelque chose avait un rapport avec un de ses proches, or l'enquête avait besoin qu'il élargisse son champ de vision pour détecter la moindre fluctuation dans l'engrenage des desseins meurtriers de leurs précédents assaillants.

Il soupira longuement, toute cette histoire commençait sérieusement à lui donner la migraine.

Donnant libre cours à ses pensées, il conclut entre deux souffles :

- Celui que Chargezuma et moi-même avons affronté était à deux doigts de sombrer dans la folie. J'ai même eu l'impression qu'il nous visait tout particulièrement, nous les héros. Ce dernier fait est le seul, à mes yeux, qui se rapporte à Stain. Pour le reste de leurs témoignages, il ne faut probablement pas trop s'y fier.

- Les héros Deku, Ingénium et Shouto pensent pareil et c'est aussi mon avis, approuva le chef.

Il intima ensuite à un de ses collègues posté à sa gauche de lui passer une des pochettes brunes qu'il tenait en main depuis leur entrée dans la pièce.

- Votre déposition sur des possibles prises de substances illicites s'est avérée dans la matinée, il continua en lui présentant la photo de l'homme à la carrure sur-développée que le roux avait eu à tenir à l'écart de la foule. Pour le reste, l'enquête est toujours en cours. Nous vous tiendrons au courant si nous trouvons quelconque autre information.

Le blessé ne put qu'acquiescer d'un "Merci."pour enfin porter son regard sur le petit tas trônant dorénavant sur ses cuisses.

- Voici celui qui vous a blessé, fit remarquer le noiraud.

Feuilletant une à une et avec une lenteur mesurée les feuilles froissées amoncelées dans la pochette brune, le rouge fronça les sourcils lorsque ses iris atterrirent sur le nom du suspect. Il s'abstint cependant de formuler un commentaire.

Il savait qu'il ne devait pas se laisser aller au ressenti profond qu'il avait envers ce criminel. Il se devait de rester professionnel et hors d'atteinte, pratiquement impassible à toute émotivité négative pouvant fausser son jugement impartial. Cet homme avait été mis sous cachots après la cellule de dégrisement ; son travail, à lui, s'arrêtait là. Il devrait laisser les inspecteurs s'occuper de la suite avec moult interrogatoires.

- Vous croyez que c'est une bonne idée de lui laisser savoir toutes ces conneries, Monsieur le chef ?

Un sursaut secoua soudain tous ceux présents entre les quatre murs ; venait de débouler de nulle part et sans le moindre bruit Katsuki, vêtu de ses vêtements de civils constitués d'un t-shirt moulant à col en V noir de jais et d'un jean gris clair, mettant tous deux en valeur son torse sculpté dans le marbre et ses jambes élancées.

Eijirou crut un instant que sa mâchoire allait se décrocher. Katsuki, celui-là même qui partageait sa vie depuis maintenant la fin de leurs études, une bombe à retardement à lui tout seul qui ne vivait que d'injures et d'eau fraîche, avait fait acte de sa présence à l'aide d'une phrase sans l'ombre d'une insulte ou la moindre trace d'énervement dans la voix.

Figés comme des piquets, chacun de ceux qui le connaissaient ou l'avaient un minimum côtoyé en missions encaissait le choc à sa manière : des yeux aussi rondes que des soucoupes ou la bouche en forme de "o".

Kirishima, pour sa part, était certain que son cerveau avait court-circuité sur le coup.

Couraient-ils à la catastrophe naturelle ?!

- Qu'est-ce que vous reluquez comme ça ? grogna d'un air mauvais le blond, alors qu'il s'avançait déjà à leur rencontre. Vous voulez ma putain de photo, peut-être ?

Oh. Fausse alerte.

Eijirou se reprenait quant à ses estimations : Katsuki n'avait pas de fièvre. Il allait très bien et un cataclysme n'était pas près de frapper la planète terre de si tôt.

Le sac plastique qu'il tenait dans une main déposée sur la petite table rectangulaire accolée contre le mur du fond, le jeune adulte à l'Alter explosif se laissa enfin retomber de tout son poids sur le siège juste à côté du lit de son compagnon.

Bras croisés contre son torse, il releva le nez vers le protecteur de la paix civique et le toisa d'un air neutre.

- C'est peut-être un héros, il pointa du doigt Kirishima, mais c'est aussi un type qui a été sévèrement touché par votre putain de connerie. Allez pas me faire gober que vous n'avez pas imaginé une seule foutue seconde qu'il n'aurait pas envie d'aller les buter lui-même.

Indécis, Eijirou papillonna des paupières.

- Katsuki, tu sais très bien que je ne l'ai jamais fait jusqu'à maintenant et que je ne le ferai jamais. Ce n'est pas mon genre.

- Ouais bah c'est pas mon putain de cas, tête d'orties ! Alors tu la boucles et tu me laisses causer !

Ses deux orbes flamboyantes fusillaient maintenant les membres de la police, y compris leur chef. Un grognement grondant s'échappant de sa bouche, il gronda sur un ton cassant de reproches :

- Je vous préviens, je suis pas le seul à le penser. Ces connards se sont foutus de notre gueule car vous n'avez pas eu la bonne foutue putain d'idée de renforcer un minimum votre sécurité à la con ! On vous l'avait dit, pourtant ! Mais non, vous vous êtes sentis tous puissants ! Alors vous avez intérêt à bien faire votre boulot à partir de maintenant et à aller leur tirer les vers du nez, à ces enfoirés, ou je ne me gênerai pas à vous foutre une beigne entre les deux yeux !

- Tu iras en prison si tu fais ça, se lamenta Kirishima, qui était bien trop habitué par le comportement de celui qu'il aimait pour le réprimander comme il se le devait normalement.

- J'en ai rien à branler, qu'ils essaient pour voir !

- D'accord, d'accord, tempéra le rougeâtre. S'il te plaît, calme-toi et évite de parler aussi fort, on est dans un hôpital.

- Je suis parfaitement calme ! Alors, c'est bien pigé ou je dois vous le faire rentrer dans le crâne moi-même ?

- C'est bien reçu, oui, confirma Naomasa.

- Bien ! Maintenant dégagez de cette putain de chambre et foutez nous un peu la paix ! Vous nous faites chier depuis hier !

- Je suis désolé pour lui, Monsieur Tsukauchi, s'empressa de s'excuser Eijirou. Il est simplement un peu énervé de tout ce qu'on entend à la radio dernièrement.

- Son énervement est légitime et il a parfaitement raison, l'interrompit aussitôt ce dernier. J'avais moi aussi demandé à maintenir les lieux sous haute surveillance mais ma demande a été ignorée. Ceux qui devraient présenter des excuses, ce n'est personne d'autre que nous.

Sa dernière phrase prononcée, il s'inclina devant eux, suivi bientôt par ses subordonnés. Sur le moment, cette image qui s'offrait à lui lui parut terriblement triste.

Une poignée de secondes, une Recovery Girl sur ses pieds et un salut respectueux de chacun d'entre eux plus tard, ils tournaient des talons et les quittaient pour se rendre ailleurs.

Le carmin attendit que les bruits de pas de l'autre côté de la porte fermée ne se soient estompés définitivement pour s'adresser à son voisin, lequel avait bondit sur ses jambes et s'était dirigé vers la table du fond pour en sortir quelque chose qu'il ne fut pas en mesure de distinguer de là où il se trouvait.

- T'y es allé un peu fort là, tu sais. Ils auraient pu t'embarquer avec ce que tu leur as dit.

- Rien à battre, je les aurai tous cogné s'ils avaient tenté le coup, ronchonna Katsuki, en se retournant pour lui lancer une bouteille d'eau plate bien froide.

Kirishima la rattrapa tant bien que mal juste avant qu'elle ne s'écrase sur son front.

Il la zieuta avec des yeux ronds, en fit de même avec Bakugou, et revint enfin sur celle-ci.

- T'as fini la tienne ce matin, non ! se justifia le blondinet, une éternelle moue grognonne placardée sur la figure.

- Merci, lui sourit de toutes ses dents Eijirou. Et pardon de t'avoir inquiété.

Il n'eut pour seule réponse qu'un "Tché ! J'étais pas inquiet, ils m'ont juste cassé les couilles !" à laquelle il ne put s'empêcher de ricaner derrière le goulot de sa bouteille d'eau qu'il venait d'ouvrir.

Un silence reposant, long d'à peine une minute s'installa, mais il le rompit à nouveau :

- Ashido m'a téléphoné ce matin pour me dire que Jirou viendrait chercher Kami' pour l'emmener chez lui, puisque sa sortie est prévue pour aujourd'hui. Tu veux venir lui dire au revoir avec moi ?

Le blondin l'étudia d'abord des ses yeux qui l'avaient toujours désarmés, profonds, insondables, et s'enquit finalement :

- Il sort à quelle heure, ce con ?

- Quatorze heure, il me semble.

Pour s'assurer de ne pas l'avoir manqué de peu, il jeta un rapide coup d'œil à l'heure indiquée sur son téléphone portable, posé sur son lit à quelques centimètres de lui.

- Il est treize heure et quart, tu m'accompagnes ?

Son compagnon baragouina une énième insulte avant de le forcer littéralement à s'installer dans le fauteuil roulant qu'il avait utilisé jusqu'à lors pour ses déplacements. "Ferme ta gueule et pose ton cul dessus !" il lui avait intimé en gueulant à s'en égosiller. Et Eijirou avait eu beau de lui expliquer qu'à présent, il pouvait marcher sans difficultés, Katsuki lui avait attrapé le col à pleine poigne et l'avait balancé dans le fauteuil sans douceur.

Ainsi, se retrouvèrent-ils près de cinq minutes plus tard à naviguer entre le dédale de couloirs dont était constitué le bâtiment de l'hôpital, parmi lesquels flottait dans l'air une odeur âcre de désinfectant d'autant plus présente que dans les chambres. Toutefois, le rouge s'en fichait, parce que celle musquée de son compagnon qui le poussait sans faiblir l'apaisait bien assez pour qu'il le supporte.

À peine furent-ils devant la porte légèrement entrouverte de la pièce où séjournait son meilleur que son cœur sombra brusquement dans sa poitrine.

Des hoquets étouffés, des excuses formulés par une voix de femme, telles étaient les deux première choses que son ouïe fine parvint à percevoir.

- Je suis désolée, Denki, hoquetait avec désespoir une jeune femme aux courtes mèches sombres et à la silhouette svelte, se cramponnant désespérément au torse de Denki. Je suis tellement désolée.

- Je vais bien, Kyouka, lui assurait celui-ci, passant tendrement la main sur le haute de sa tête. Je t'assure que je vais bien.

Eijirou déglutit avec grande difficulté. Ce tableau venait de lui retourner l'estomac.

Alors, sous le regard perplexe de Katsuki, il referma sans bruit la porte et lui proposa dans un murmure de revenir un peu plus tard. Il se promit de garder pour lui ce panorama, de ne jamais en reparler. Il était certain que si, à ce moment précis il était entré, il les aurait dérangé.

Aussi, garda-t-il pour lui que, le temps d'un battement de cils, il s'était senti de trop.