Disclaimer: Hidekazu Himaruya
Persos: France/Francis, Canada/Matthieu, Angleterre/Arthur
Paring: Fruk
Genre: Family, Romance, Humour...
Rating: Je ne sais pas trop...Je mets T par précaution
Chapitre 6 : Réveil pas comme les autres
Arthur entrouvrit les yeux, se demandant quelle heure de la nuit il pouvait être. Il avait chaud, et se sentait bien, protégé. Il mit quelques instants à voir qu'il était tourné vers le mur. L'obscurité baignait encore la pièce, mais peu importe, il était encore fatigué et avait envie de dormir. Dire que sur son bateau il passait parfois des heures à lire, assis sur sa couchette, ou à regarder par le hublot de sa cabine le ciel étoilée. Parfois il marchait sur le pont, faisant de même ou regardant les flots. Ses yeux si habitués à la magie voyaient parfois des choses que les hommes ne pourraient jamais distingué. Mais là, prisonnier comme il l'était, chaudement emmitouflé dans une couverture, il n'avait qu'une envie, fermer les yeux et dormir. Sans compter que son dos lui faisait encore mal et qu'il n'avait pas envie de trop bouger pour le moment.
Un soupir lui échappa. Il se sentait réellement bien. En sécurité d'une certaine façon, protégé. Mais c'était stupide non? Il était prisonnier de son ennemi, de Francis. Il n'était plus un gamin quand même. Il bailla légèrement et eut envie de se rendormir, après tout puisqu'il ne pouvait fuir, autant un profiter pour se reposer.
Sauf que...il sentit un bras autour de sa taille et son sourire s'évanouit, tandis que son corps tout entier se figeait. Il avala avec difficulté sa salive et s'interrogea. Quelle avait été la dernière chose dont il se souvenait déjà? Ha oui...ils avaient parlé, un peu, du passé. Et puis après un léger silence, Francis avait fredonné cette vieille chanson (berceuse?) celtique. Et il s'était assoupis...ou alors. Il fouilla désespérément dans sa mémoire. Et trois mots lui revinrent, trois mots qu'il avait prononcé d'une voix endormie, à moitié plongé dans le sommeil: ''Restes avec moi''. Mots qu'il avaient dit en saisissant la chemise de son rival en plus. C'était vraiment ….la honte ultime. Il pria pour que personne n'apprenne jamais ça.
Il se retourna donc, s'auto-ordonnant de ne pas hurler parce que non seulement ça ne résoudrait rien mais en plus ça réveillerait Matthew et Francis n'apprécierait pas...même s'il se fichait de ce que pensait cet idiot! C'était juste pour le gamin.
Il ferma les yeux, comptant les battements de son cœur, espérant se calmer. Il s'obligea à respirer avec calme pour ne pas paniquer. Il n'y avait aucune raison. Son adversaire dormait et était totalement vêtu...comme lui. Et il n'était pas du genre à profiter de la faiblesse d'un rival. Non, il ne risquait rien, sauf dormir comme un bienheureux et se réveiller après Francis qui ne manquerait alors pas de lui dire à quel point il était mignon quand il dormait. Rien de bien grave en gros. Juste...des taquineries supplémentaires. Et comme il avait encore plusieurs jours devant lui, même s'il échappait à Francis ce coup-là, celui-ci trouverait d'autres moments pour le taquiner ou trouver de quoi lui faire une sorte de chantage. Sur ces pensées, il bailla légèrement et ferma les yeux, restant quand même un peu raide, parce que refusant de se nicher contre la source de chaleur, il ne fallait pas exagéré quand même. Il n'était un gamin recherchant câlins et attentions.
Quelques heures plus tard, ce fut Matthieu qui se réveilla dans son lit. Il se frotta les yeux et descendit précautionneusement du lit, titubant jusqu'à la fenêtre, se hissant sur son coffre pour pouvoir l'ouvrir et faire de même avec les volets. Un vent doux le frappa et il sourit, ses yeux pétillants de joie. «Il fait beau!» En effet le soleil pointait dans un ciel bleu sans nuage. Après les journées pluvieuses et la tempête de la veille il était heureux de voir et ressentir cette chaleur timide de fin d'hivers.
Son ours ferma la fenêtre, comme pour empêcher l'air encore frais d'entrer dans la pièce: «Ne te réjouis pas, il peut encore neiger! Ici il neige tard!
- Ne parles pas de malheur Kuma! Il y a du soleil!» protesta le petit, sautant du coffre. Il voulait espérer du beau temps, ce qui voulait dire des promenades dehors avec son père.
- «Et tu es qui déjà?
- Canada!» répondit l'enfant avec exaspération, croisant les bras.
- «J'ai faim!» Visiblement la peluche se fichait du nom. «Allons en bas!
- Papa n'est peut-être pas réveiller! Si on allait voir?» Il ramassa son ours et sortit doucement de la pièce, tombant sur un couloir éclairé par le soleil matinal mais il n'entendait aucun bruit et ne sentait aucune odeur. «Papa dors encore!» conclut-il, songeant donc qu'il devait être encore tôt.
Il se précipita vers la chambre de son père et l'ouvrit pour trouver le lit vide. Fronçant ses petits sourcils il réfléchit et se dirigea vers la chambre de monsieur Kirkland, peut-être que lui savait où était son papa. Il s'immobilisa cependant, la main sur la poignée. Et si il dormait encore? Il ne voulait pas réveiller l'invité de son père surtout s'il dormait encore.
Après un court instant d'hésitation, il poussa la porte et entra, distinguant ...deux formes dans le lit. Un grand sourire se dessina sur ses lèvres. Tout s'expliquait! Si papa et monsieur Kirkland dormaient ensemble, ça voulaient dire que...
Arthur ouvrit les yeux, savourant la douce chaleur qui l'enveloppait. Les souvenirs lui revinrent et il manqua de sauter en arrière, sauf que le bras de Francis autour de lui le maintenait en place, à quelques centimètres de lui. Refoulant un soupir, le plus jeune entrouvrit les yeux dans une pièce plus claire qu'auparavant. Presque nez à nez avec Francis, il put se reculer un tout petit peu et l'observa. Son visage, toujours aussi lisse, avait des traits doux et apaisés. C'est fou ce qu'il avait l'air inoffensif et fragile quand il dormait. Il a presque l'air d'une fille. Il ne put retenir un petit rire quand cette pensée le traversa. Observant son adversaire endormit, il tendit lentement les doigts vers les cheveux éparts sur l'oreiller, se demandant vaguement s'ils étaient toujours aussi doux que quand ils étaient enfants. Il se figea en entendant le petit grincement de la porte, se rendant dans le même temps compte de ses pensées et gestes depuis son réveil. Ses yeux s'écarquillèrent d'horreur. M...Mais je ne vais pas bien moi! Je suis le roi des pirates bon sang, pourquoi suis-je si sentimental alors? Je n'ai pas pris de coup sur le crâne pourtant!
Mort de honte et espérant que personne n'avait vu son geste, il se redressa sur un coude pour voir le petit Matthieu venir vers le lit et s'y hisser difficilement. Il sentit son cœur fondre et son sourire grandir en le voyant persévérer jusqu'à la réussite. L'enfant contourna alors son papa pour arriver entre les deux hommes.
- «Bonjour monsieur!»
Se résignant à parler en français, même si ça ne le dérangeait pas, il répondit «Bonjour...Matthieu!»
Le petit le regarda, la tête un peu penchée sur le coté avant de demander «Vous allez bien? Papa m'a dit hier soir que vous étiez blessé!
- Je suis en pleine forme! Mais c'est normal car je suis un pirate et une grande nation!
- Haaaa...comme oncle Antonio?»
Un court moment, Arthur se demanda si la question était murement calculée mais conclut que non. Canada ne savait pas ce qui s'était passé et surtout, il ne connaissait rien de sa relation ombrageuse avec l'espagnol. «Hum...oui mais je suis plus fort que lui!
- Ha bon?
- Bien entendu, j'ai coulé sa flotte!» répliqua-t-il avec une fierté non dissimulée.
Le canadien fronça les sourcils: «Ce n'est pas gentil!
- Je suis un pirate et nos pays étaient en guerre Matthieu!» L'anglais se demanda si le petit était aussi doux et tendre que le petit Italie qu'il n'avait jamais vu mais dont Francis lui avait déjà parlé.
- «Hum...» La colonie ne protesta pas mais sembla réfléchir, regarda son papa, puis l'invité de la maison avant de mordiller sa lèvre. D'un ton hésitant, comme s'il avait peur de quelque chose il finit par demander, d'une toute petite voix: «Je peux vous poser une question monsieur?
- Heu...oui?»
- «Pourquoi vous dormez dans le même lit que papa?
Une rougeur aux niveaux des joues, l'anglais tenta de se justifier, sans savoir quoi dire: «C'est...c'est...»
Mais le plus jeune ne lui laissa pas le temps de dire quoique ce soit, car il continua : «Parce que un enfant que je connais m'a dit que son papa et sa maman dormaient ensemble donc si vous dormez avec mon papa...»
Sans voir l'espoir dans le regard de la colonie française, Angleterre cria: «JE NE SUIS PAS TA MAMAN! [1]» Il porta aussitôt la main à sa bouche, regrettant autant d'avoir hurlé que d'avoir dit ça de façon si brutale, surtout quand il posa à nouveau les yeux sur Matthieu.
Les grands yeux bleus violacé du petits s'emplirent de larmes tandis que Francis se relevait d'un coup. Arthur sentit le bras qui le retenait se retirer et ne sut pas s'il en était soulagé ou déçu. L'home tout juste éveillé s'exclama, posant son regard sur sa colonie: «Bonjour mon trésor!
- Papa!» Le jeune pays se jeta dans les bras de son père, refoulant ses larmes, déçu de la réponse qu'il avait eu plus tôt.
L'homme leva ensuite les yeux vers Arthur qui détourna les siens, se mordillant la lèvre avec malaise. Après un câlin, l'attention du plus vieux fut (enfin) posée sur le pirate. «Bonjour Arthur!
- …
- Je t'ai entendu hurler quelque chose sur le fait que tu n'étais pas la ''maman'' de Matthieu!» railla le pays du lys, un large sourire aux lèvres.
- «C'est toi qui lui a mis de telles idées dans la tête?» Grogna l'anglais, boudeur et prêt à cogner le français dès que la colonie serait hors de vue. C'était forcement de sa faute, c'était toujours de sa faute.
Le pays du nord osa redemander: «Mais si tu n'es pas ma maman, pourquoi tu dors avec papa?
- Parce que...» balbutia le corsaire, rouge jusqu'aux oreilles, ne sachant comment justifier ça à un enfant si jeune. Ce n'était pas glorieux en plus. Il avait supplié France de ne pas le laisser seul! Il était mort de honte pour le siècle à venir.
- «Parce que Arthur était très triste et ne voulait pas rester tout seul!» intervint le français, autant pour taquiner son voisin que pour le sortir d'une explication à l'enfant.
- «FRAAANNCCISSS!»
Sans faire attention à l'excité, celui-ci continua: «Mais Arthur ne peut pas être ta maman, parce que c'est un homme, comme moi.
- C'est mon autre papa alors?
- Pourquoi demandes-tu ça?
- Bah...c'est les gens mariés qui dorment ensemble non? C'est le grand frère de Simon qui me l'a dit!» Il ne vit pas le pirate qui s'étranglait en entendant ces mots totalement innocents, pas plus qu'il ne vit son visage qui tournait au rouge écarlate.
- «C'est la famille la plus proche, celle où il y a sept enfants?» demanda son père après un temps de réflexion, cherchant qui aurait pu parler, certainement en toute innocence, de ça à son fils. Seul les habitants de la ferme voisine (à une heure à cheval de distance) pouvaient correspondre.
- «Oui!
- Je vois mais tu sais deux hommes ne peuvent pas se marier!
- Pourquoi?
- Parce l'église a dit que...on ne pouvait pas le faire! Et c'est tout!
- Ha!» L'enfant fronça les sourcils, comme s'il réfléchissait et finit par dire d'une voix sérieuse, croisant ses petits bras «Alors, quand je serais grand, je dirais que chez moi ils peuvent, comme ça tu pourras épouser monsieur Kirkland! Et il pourra être mon papa aussi!
- Mais...» tenta Francis devant le regard menaçant que son rival lui envoyait, derrière le dos de Matthieu. «On verra, d'accord? C'est un peu tôt pour ça! Mais si tu y arrives un jour, pourquoi pas?
- Fr...» voulut dire Arthur mais un geste de son vieil ennemi le stoppa dans sa phrase. Il rumina donc sa colère, prêt à hurler quand ils seraient seuls, dès que cette conversation embarassante serait finie.
- «Et si on se faisait un petit festin matinal Mattie?» Proposa le pays latin, ébouriffant tendrement les cheveux du canadien.
- «Ho oui!» L'enfant sauta au sol et partit en courant, riant et s'apprêtant visiblement à dévaler les escaliers, criant qu'il les attendait en bas.
Arthur compta jusqu'à dix, prit une grande inspiration et demanda, d'une voix tremblante de colère contenue: «Pourquoi tu lui a dit ça?
- Voyons c'est un enfant, d'ici qu'il devienne adulte il aura oublié! Et je ne sais pas vraiment si un jour deux hommes pourront se marier [2]!» Il voyait mal comment cela serait possible, même si l'idée de le dérangeait pas tant que ça puisque lui-même avait un faible pour quelqu'un qui était indéniablement masculin.
L'autre décida apparemment de bouder et détourna la tête: «…
- Même si TU voulais m'épouser pendant la guerre de 100 ans!
- Ce n'est pas pareil, nous sommes des nations Francis! On peut se marier si nos pays s'unissent.
- J'espère pour nous qu'il ne va pas y penser alors!» plaisanta celui-ci sous le regard noir de son vis-à-vis.
A suivre
[1] Juste un petit délire de ma part. Si Francis est son ''papa'', l'enfant très jeune qu'est Matthieu peut en conclure qu'Arthur = autre parent = maman. Et surtout j'ai lu un ficlet sur la Face Family où Arthur piquait une crise parce qu'il recevait une carte de la part d'Alfred et Matthieu à chaque fête des mères (et Francis une à chaque fête des pères).
[2] N'oubliez pas qu'on est au XVIe siècle hein!
Et une semaine, c'est trop court, j'ai envie de prolonger à un mois le calvaire d'Arthur, vous en pensez quoi? Ou même deux mois...
