Chapitre VI: Aimant


Shogo lâcha son sac et sortit ses clefs de sa poche. Ces petits objets avaient été réintroduis depuis désormais six mois, et il n'en finissait pas d'apprécier de la valeur que pouvait représenter un simple bout de métal. À sa connaissance, des tentatives pour les rendre informatisées avaient eu lieu mais avaient été abandonnées après des séries de bugs et de piratages aux conséquences désastreuses, prouvant que la meilleure solution est parfois la plus simple. Il se souvenait -amèrement- du jour où il avait échangé ses clefs avec Shinya afin de pouvoir passer se voir régulièrement. Il entra en baillant, jetant son manteau dans la direction approximative du porte-manteau et laissant traîner son sac quelque part sur le sol. Il se dirigea ensuite dans la cuisine, suivit de près par sa migraine, espérant que se passer de l'eau sur le visage aurait un effet -quel qu'il soit- sur sa fatigue, sachant que compte tenu du travail qu'il lui restait à terminer, et malgré le fait qu'il était onze heure passée, il n'aurait probablement l'occasion de se coucher que deux heures plus tard. Il se séchait le visage lorsqu'il entendit une voix provenant de l'un des canapés.

-Sho-... ah, Makishima?

Ce dernier sursauta et, reconnaissant cette voix, sentit son cœur sauter un battement.

-Shinya?! Je... je ne t'avais pas vu.

-Désolé de m'être permis d'entrer comme ça, s'excusa Kogami en se levant.

Il était assis sur le sofa qui tournait le dos à la porte d'entrée, et Shogo compris que c'était la raison pour laquelle il ne l'avait pas vu.

-Je ne savais pas quand te trouver pour te rendre tes clefs, continua-t-il en se frottant la nuque avec embarras. Et tu as changé de numéro, alors...

-C'est bon, Shinya. S'il y a bien quelqu'un en qui je fais toute confiance, c'est toi.

-...Merci.

-Tu veux aussi que je te rende les tiennes, j'imagine?

-Ah, oui, c'est vrai.

Alors que Makishima détachait la bonne clef du trousseau. Kogami remarqua qu'un porte-clef-cadre de photo miniature contenant sa photo y était accroché.

-Les voici, dit Makishima en les lui faisant tomber dans les mains.

Les attrapant, Kogami hocha la tête, un sourire reconnaissant aux lèvres. Shogo ouvrit les siennes, mais ne sut quoi dire. Le silence s'éternisa sur quelques secondes, jusqu'à ce qu'un froissement de papier n'attire l'attention de l'albinos. Voyant Shogo regarder avec curiosité par-dessus son épaule, Shinya ouvrit la main, dévoilant un billet.

-Je ne sais pas qui a eu l'idée de remettre la monnaie physique au goût du jour, mais j'apprécie, commenta-il. Cela dit, ça fait bizarre de...

-Ouais, je sais, c'est encore plus gênant pour moi. Mais comme on ne savait pas qui mettre dessus, et que j'étais favorable à l'idée de réintroduire les billets...

-Tu te retrouves à payer avec ton portrait, conclut Shinya.

Ils se sourirent avec embarras.

-Bon, aussi... ajouta Kogami en se grattant la nuque. Ah, qu'est-ce que je suis censé dire par rapport à l'élection..?

-En tout cas ce ne sera pas "bravo", répliqua Makishima, l'air tendu.

-Désolé...

-Bah, ce n'est pas de ta faute si j'ai perdu.

-Sauf que ça l'est, n'est-ce-pas?

-...

-Dans tes interview, j'ai vu que tu avais l'air, enfin...

-Dépressif, oui, répliqua Makishima en croisant les bras.

-À cause de moi?

-Oui.

-Je ne pensais pas que tu pouvais déprimer, commenta Kogami.

-Ah, oui, parce que je suis un sociopathe incapable d'empathie ou d'émotion, répliqua Shogo d'un ton acerbe et endolori qu'il eut souhaité calme.

Shinya sentit son cœur se serrer dans sa poitrine.

-Désolé, je vais y aller.

Mais alors qu'il se levait, il aperçut le regard de l'albinos qui eut soudainement l'air mortifié à cette perspective.

-Très bien, j'ai du travail à finir, répondit ce dernier en reprenant immédiatement un visage froid.

-Est-ce que je peux repasser un de ces jours?

La question prit Shogo de court.

-Je suis curieux de savoir comment tu t'es débrouillé pour être repris dans le gouvernement du gars contre qui tu viens de faire campagne, éclaircit Kogami.

-Ah, ça... dit le ministre, étrangement tendu. Il n'y a pas grand-chose à dire là-dessus. Mais si tu tiens à entendre l'histoire, je ne travaille pas ce dimanche après-midi. Tu peux passer quand tu veux à partir de treize heures.

-Ok, j'y serais... à bientôt, alors.

En fermant la porte derrière lui, Shinya eut l'impression qu'il venait de se retirer une branche planté dans le pied.


-Je te fais du thé? proposa Makishima.

-Oui, merci. Qu'est-ce que tu as?

-Regarde...

Après avoir choisi, ils s'assirent autour de la table basse du salon, buvant lentement la boisson brûlante.

-Est-ce que tu vas bien? demanda Shogo.

-Un peu fatigué, c'est tout.

-Tu as un travail, maintenant, ou..?

-Non, non. Je veux dire, j'aimerais en trouver un, et je pense d'ailleurs que je serais moins las si c'était le cas, mais...

-Je sais. Je comprends.

Shinya sourit derrière sa tasse.

Pas besoin de lui expliquer.

-Donc, tu peux me dire comment t'as pu garder ton poste?

Makishima eut de nouveau l'air tendu. Mais avant que Kogami ait pu lui demander ce qui n'allait pas, son habituel sourire charismatique avait pris le relais.

-C'était surtout une question de passer quatre heures à négocier seul à seul avec lui, expliqua-t-il en changeant de position pour mettre un de ses genoux contre lui. J'avais...

-Attend. "Lui"?

-Pardon, je voulais dire le nouveau premier-ministre, Kaori Kagenami.

-Ah, oui, je vois. De ce que j'ai vu des interviews, ça a l'air d'un type qui sait ce qu'il veut et comment y parvenir, je me trompe?

-Absolument pas, tu as tout juste. Cet homme est un loup, dans le sens où ça ne sert à rien de lui mentir, il sent les choses. Ça et le fait qu'il se traîne une meute, ajouta Shogo avec une pointe d'inquiétude dans la voix. Je ne dirais pas qu'il est exactement mauvais dans le fond, mais ce qui est sûr c'est qu'il ne vaut mieux pas se trouver sur sa route.

Je me disais que ce Kagenami devait être un roublard, mais là on parle de quelqu'un qui arrive à faire peur à Makishima. C'est noté.

-Et comment t'as réussi à rester en place, du coup? demanda Shinya, appréhensif.

-J'avais préparé le terrain, élucida le ministre. À commencer par entamer des projets dont l'abandon serait impopulaire, mais qui ont besoin de moi et de mes contacts pour être menés à bien. Après, c'était une question de lui prouver que mes intérêts n'étaient pas contre lui sauf si il en décide ainsi, et de lui démontrer qu'il vaut mieux pour nous deux que nous soyons alliés, etc.

-C'est-à-dire?

-Oh, tu sais, expliqua l'albinos en détournant le regard. Des histoires de réseaux, de...

-Shogo, tu mens assez mal vu ce dont tu es habituellement capable. À moins que ce ne soit qu'avec moi?

-...

-Écoute, si il y a des choses que tu ne veux pas que je sache, je comprends, vu la situation dans laquelle tu te trouves.

-Merci, Shinya, dit Shogo avec soulagement.

Kogami adressa un sourire compassionné à l'albinos, qui rougit légèrement. Le silence s'installa, durant lequel ils terminèrent leur thé.

-Tu le fais bien, remarqua Shinya en reposant sa tasse.

-Une compétence cruciale lorsque l'on fait mon métier.

-Ça allait, ces derniers jours?

-À vrai dire, L'idée de te revoir a été ma principale motivation pour terminer la semaine, avoua Makishima.

-Et le reste du temps?

-À ton avis?

-...

-Merci d'être venu, en tout cas, c'était agréable.

-Je voudrais bien repasser.

Shogo se figea, plein d'attentes.

-...C'est-à-dire..?

-Tu le sais, tu... Shinya déglutit. Tu ne fais pas seulement le meilleur thé, tu es aussi celui avec qui c'est le plus agréable de le prendre. Je me demandais... Peut-être qu'on pourrait se revoir de temps à autre, comme ça, en tant que connaissances. Si cette façon te va.

-Shinya, tu sais très bien que je tuerais pour ça. Mais toi, tu saurais mettre la rancune que tu as contre moi de côté pour une simple conversation?

Ah, ça c'est la partie facile. «Intransigeant envers soi, doux avec les autres».

-Vu ce qui s'est passé, tu devrais avoir au moins autant m'en vouloir, non?

-Pourquoi est-ce que je t'en voudrais quand tu as toujours agis en fonction de ce qui te paraissait juste?

-C'est faux et tu le sais. Tous ceux que j'ai tué ou emprisonné en tant qu'exécuteur ne le méritaient pas, et pourtant je les ais traqués, non par sens du devoir mais parce que j'avais le sentiment de ne pas pouvoir faire de différence à moi seul. C'est toi qui essayait de faire de ton mieux, n'est-ce-pas?

-D'une certaine façon.

Shogo saisit sa tasse vide et se mit à en caresser discrètement le bord.

-Je ne pouvais pas supporter de savoir à quel point cette société allait mal et de ne rien pouvoir y faire, continua-t-il. Il fallait que je fasse quelque chose... mais je ne savais pas vraiment quoi. Surtout que je me suis longtemps concentré uniquement sur le fait de changer les gens individuellement. Et pour couronner le tout j'avais bloqué mon empathie pour ne pas trop souffrir en m'attachant.

-C'est ce que j'ai fait, aussi, d'une façon sélective entre mes proches et ceux que je devais traquer. C'est quand même effrayant de voir à quel point ça peut être facile...

-...Ou de voir que tout le monde le fait. C'est une bonne chose que ça t'effraye de t'en rendre compte, n'est-ce-pas?

-J'imagine...

Shinya se pinça le front. C'était pénible, comme déblayer une décharge qu'il avait laissé s'accumuler depuis trop longtemps.

-On a tous les deux pas mal de sang sur les mains, conclut-il.

-C'est un fait.

-Et dire que ça à servit à rien... On n'a rien accompli.

-Sauf avec toi.

-Hein?

-Je n'ai pas réussi pour les autres, mais toi, tu es bel et bien arrivé à ce que je souhaitais pour tout le monde, expliqua Shogo en désignant son interlocuteur avec sa tasse. Tu t'es rappelé que la loi ne suffit pas toujours pour combattre le mal.

-Attend. C'était ton seul but depuis le début?

-Quoi d'autre? Le coefficient criminel n'était pas, quoiqu'on en dise, une technique très au point. En-dehors de mon cas particulier, un certain nombre de gens parvenaient à commettre des crimes le plus tranquillement du monde et sans déclencher la moindre enquête.

-Je vois pas vraiment comment c'est possible... dit Kogami en fronçant les sourcils.

-Ça l'est, dans le cas de ceux qui ne ressentent pas le bien et le mal. Ce type de criminel perçoit son acte comme normal, et se débrouille pour que l'on ne suspecte jamais qu'un meurtre ait été commis.

-Comme par exemple... En poussant au suicide?

-Oui, ou plus vicieux, imposer un stress important pour faire grimper le coefficient criminel et faire arrêter quelqu'un dont on souhaite se débarrasser. Un des gars qui bossait pour moi avait subi ça de la part de son supérieur hiérarchique à qui sa tête ne revenait pas.

-Il ne pouvait pas simplement le virer?

-Si, bien sûr, mais pourquoi s'embêter avec la paperasse quand on peut se faire plaisir? Tu te souviens du système administratif de Sibyl, Shinya?

-Oh. Je vois...

-C'était... bien plus efficace. Pour peu que l'on ne soit pas dérangé outre mesure par cette pratique, cela pouvait fournir un moyen facile de contourner les procédures pénibles comme les conflits d'héritages, les licenciements ou les divorces.

-Et... t'essayais de faire quoi par rapport à ça?

-Je vous ai confronté une caricature de ce type de monstre pour que vous soyez obligés d'agir malgré le système. Il me semblait que tu avais compris cela.

-...Non, je pensais que tu, enfin...

-Que j'étais le stéréotype du criminel intellectuel psychopathe?

-C'est vrai que ça a l'air simpliste, dit comme ça.

-Mon but a toujours été de finir exécuté. J'espérais qu'en faisant passer au moins une personne au-delà de la loi, le reste suivrait.

-Ça change pas mal de chose sur ce que je croyais sur toi.

-Ce n'est pas comme si je te l'avais clairement explicité, en même temps.

-Oui, mais j'aurais dû me souvenir que tu restes humain.

-Non, puisque je voulais justement que certaines personnes cessent d'être vues comme tel. C'est le seul moyen pour se débarrasser d'eux. Je pensais que si au moins tu comprenais ça, ce serait assez.

-Mais pourquoi tu ne me l'as jamais dit? Je ne me serais pas battu contre toi l'autre jour si j'avais su!

-Je ne sais pas si je peux te l'expliquer... C'est simplement que je ne pouvais pas. Je ne me sentais pas comme ayant droit aux excuses. J'ai commis trop de pêchés que je n'ai pas encore expiés pour ça.

-...Je crois que je comprends.

-Tu sais, Shinya, il y des moments où je ne souviens même plus de la raison pour laquelle je suis encore en train de me démener.

Ce n'était qu'un murmure. Il avait l'air épuisé, et pourtant plus sincère que jamais. Shinya lui saisit sa tasse des mains et la posa sur la table puis, dans un élan de pitié, le pris dans ses bras. C'était plus simple que d'essayer de trouver les bons mots pour le réconforter. Il sentit les mains de l'albinos hésiter d'abord à lui rendre la pareille, avant de le serrer avec force.

Quand était la dernière fois que ce type a été étreint? se demanda Kogami. Merde, quand était la dernière fois qu'il a touché un être humain?

-Ça va mieux? voulu-t-il lui demander.

Mais il ne le fit pas.

Parce qu'il y avait quelque chose de chaud sur ses lèvres.

...Hein..?

L'instant suivant, il voyait le visage confus de Shogo se détacher de lui. Dans un réflexe, il le repoussa violement, l'envoyant tomber sur le sol avec fracas.

-Qu'est-ce que... Désolé, attends... balbutia-t-il.

Makishima se releva péniblement. Il porta une main à sa bouche et ses yeux s'agrandirent, alors que son teint passait de cramoisi à plus pâle que ce qu'il était naturellement.

-Oh non... murmura-t-il. Je l'ai vraiment fait.

-Qu'est-ce qui t'as pris? Pourquoi t'as fait ça?

-...À ton avis..?

-Tu es...

-Probablement amoureux, dit Makishima avec un rire nerveux.

Ces mots avaient l'air de lui avoir coûté ses entrailles. Il restait debout, l'air de ne pas savoir sur quel pied se tenir.

Kogami le considéra, interdit. Il avait une sensation bizarre. Presque... vide?

Je... c'est étrange. Je devrais être surpris, non? Pourquoi est-ce que je me sens si calme? Parce que... Je m'en doutais. Hum... Maintenant que j'y pense... Depuis quand est-ce que je le sais?

-Depuis quand? dit-il pour briser le silence.

-Comment savoir? Je l'ai réalisé après notre dispute.

-...

-Je suis désolé de m'être... de t'avoir... enfin, tu vois. Ce que je veux dire c'est que... je passe tellement de temps seul ici... et quand je t'immagine c'est si réel que j'ai du mal à faire la différence. À vrai dire j'eu préféré que ma confession se passe autrement, mais maintenant que c'est fait... tu sais.

Attends mais... Nan...

Kogami éclata soudain d'un rire moqueur.

-Qu'est-ce qu'il y a? demanda Shogo, déconcerté.

-Je me disais bien que j'avais pas vu tout l'iceberg, dit Kogami d'un ton narquois, le coude appuyé sur le dos du canapé. C'était évident que tu cachais quelque chose derrière ton attitude froide et détachée, mais sérieusement? Je m'attendais vraiment pas à y trouver la maturité émotionnelle d'un gamin de treize ans!

-Alors regarde-toi à me railler quand je suis vulnérable! répliqua l'albinos entre ses dents.

-En tout cas t'en as le tempérament!

-Arrête! Je t'ai laissé me voir comme ça parce que je croyais pouvoir te faire confiance!

Kogami fut un instant désarçonné. Quand il prit la parole ce fut avec plus de calme.

-C'est peut-être pas en moi que tu devrais la placer, alors.

-En qui d'autre? Je te le demande.

Ah oui. Il faut que je le protège.

Shinya quitta sa posture désinvolte et se pencha en avant dans une attitude plus bienveillante. Makishima, lui, se tenait toujours inconfortablement debout.

-Ok, désolé de m'être moqué de toi, dit Shinya. N'empêche... d'abord il fallait que t'arrête d'égorger gratuitement les gens et maintenant il faut que tu finisses ta crise d'adolescence. Bon, heureusement que je suis là pour te surveiller.

Les joues de Shogo prirent une teinte cramoisie.

-T'es la seul personne qui puisse me dire ça et garder l'usage de sa trachée artère, tu sais? dit Shogo avec une sorte de colère et de tendresse dans la voix.

Il se rassit aux côté de Shinya, qui vit que le rouge sur son visage n'ayant pas disparu. Il lui sourit comme à un bambin qui vient de trébucher.

-Alors on reste ami? demanda l'albinos.

-Bien sûr. Mais ça ira pour toi?

-C'est déjà beaucoup de pouvoir passer du temps avec toi, alors je ne vais pas faire la fine bouche, n'est-ce-pas?

Kogami ne put retenir un regard admiratif.

-Ce ne sera pas trop douloureux?

-Je prendrai de l'aspirine.

Shinya pouffa de rire.

Shogo eut un sourire amer.

-Même si ça a mauvais goût... Bon, tu veux plus de thé? ajouta-t-il d'un ton forcé.

-J'en reprendrais volontiers.

-...Merci.

Je me suis encore endormi sur mon canapé..? Non, le mien est en similicuir et celui-ci est en tissu... Comme celui de... Hein?

Shinya sursauta.

-Mon canapé est si confortable que ça?

Shogo avait dit cela. En se relevant, Shinya le vit assis sur sa table à manger qui lui servait également de bureau, en train de travailler sur son ordinateur.

-Qu'est-ce qui s'est passé?

-Tu t'es simplement endormi hier soir quand on discutait, ne t'inquiète pas.

-Ah... d'accord. C'est vrai que c'est une de mes mauvaises habitudes de m'endormir sur mon propre canapé.

Il croisa le regard un peu gêné quoique discrètement confiant de l'albinos.

-T'as beaucoup de travail? dit-il pour dit-il pour changer de sujet.

-Des mails et une réunion à préparer. Mais je crois que je vais en déléguer une partie.

Kogami porta son index à sa bouche, soudainement songeur.

-Tu as assez d'aide côté assistants?

-Je t'avouerais que ça me plairais si ils pouvaient... comment dire, mieux comprendre mon état d'esprit.

-Et... est-ce que tu crois que je..?

Le ministre se tourna vers lui, les yeux brillants.

-Tu voudrais travailler pour moi?

-T'en penses quoi?

-Ce serait idéal, tu es parfait pour ce rôle... Mais tu es sûr que c'est ce que tu veux?

-Ça me plombe de ne rien faire, mais ce serait encore pire de passer ma journée à faire quelque chose vide de sens. Ce genre de métier, si en plus je le fais avec toi j'ai le sentiment que... tu sais.

-...Ça irais. Je vois.

Makishima lança un coup d'œil en direction de son ordinateur.

-Tu sais quoi? On va tester, prend une chaise.