Chapitre 6

Eirian retourna s'installer à son poste et chargea les images, lançant le traitement de reconnaissance aussitôt après avoir vidé la carte-mémoire que le Gallois avait utilisé. Le programme de Tosh s'enclencha et des fragments de photos se superposèrent à un rythme effréné. La jeune femme était stupéfaite de la vitesse à laquelle l'ordinateur travaillait et Jack sourit en s'approchant d'elle.

– Nous vous avions bien dit qu'elle était la meilleure. C'est elle qui a boosté le traitement des données. Ici, nous n'avons pas le temps d'attendre, il nous faut tout pour la veille !

– J'avoue que lorsque je devrai repartir chez l'Unit, cela va me faire drôle de retomber dans l'apathie qui est de mise chez eux, fit-elle très sérieusement.

– Eh bien, profitez-en et amusez-vous bien, répondit le leader en souriant, avant de remonter à l'office pour récupérer la commande qui venait d'arriver.

Quand il revint, il appela ses collègues et tous allèrent s'installer en salle de conférence. Pendant le repas, ils discutèrent de ce que la jeune femme avait déjà pu trouver, mais ils n'avaient pas encore la solution pour récupérer les deux disparus. Le Capitaine proposa un café, s'excusant à l'avance et arguant que lorsque Ianto serait de retour, elle pourrait goûter au nectar du Gallois. Quoi qu'il en soit, la boisson se révéla buvable, mais à mille lieues de celle que l'immortel appréciait tant.

Durant l'après-midi, Jack s'occupa de mettre une pièce à la disposition de la jeune femme. Il transforma en chambre improvisée, une salle inutilisée située assez près des douches afin qu'Eirian puisse avoir toutes les commodités possibles et une certaine autonomie. La ventilation fonctionnait et il lui donnait les clés.

Une alarme se déclencha et Owen vint seconder la jeune femme qui ne savait pas comment gérer le problème. Il lui montra la procédure et allait appeler le Capitaine quand celui-ci fit irruption dans la zone.

– Jack, ce sont des Weevils !

– Ok, je vais y aller. Restez ici !

– Tu ne veux pas que je t'accompagne ?

– Non, ça ira, fit-il en partant vers le parking.

La jeune femme le regarda s'en aller puis interrogea le médecin du regard. Celui-ci ne comprenait pas vraiment la réaction de son leader, mais ne chercha pas plus loin, soit il avait envie d'être seul, soit il ne voulait pas laisser Eirian sans surveillance.

Il opta pour la seconde raison, après tout, ils ne savaient encore rien d'elle, elle aurait pu être chargée de trouver des informations sur eux afin de renseigner l'Unit, mieux valait être prudent.

OoOoO

Dans la grotte, Tosh prenait soin de Ianto. Celui-ci avait repris connaissance mais souffrait et ne pouvait pas bouger. La jeune femme maintenait le feu et s'assurait que le Gallois restait bien au chaud sous la fourrure. Elle lui fit cuire des petits morceaux de viande et fit fondre de la neige pour qu'il puisse boire. La fièvre le gagnait et le déshydratait de manière alarmante.

Quand il se rendormit, elle alla se poster à l'entrée de leur abri, laissant ses yeux divaguer sur le paysage immaculé. Une larme roula sur sa joue à la pensée que peut-être, elle ne reverrait jamais ses amis. Cela faisait maintenant quatre jours qu'ils avaient été projetés dans cet enfer blanc et elle commençait à perdre espoir.

Elle retourna auprès du Gallois et se glissa à ses côtés sous les longs poils chauds. Elle finit par s'endormir, lovée contre son corps, le nez dans son cou.

OoOoO

Au Hub, Eirian eut un sursaut. Les informations qui défilaient commençaient à prendre forme. Elle leva la tête et regarda vers la passerelle. Jack était revenu de sa chasse et s'était enfermé dans son bureau. Cela faisait maintenant plus de deux heures qu'il ne s'était pas montré.

– Euh, Owen ! appela-t-elle hésitante.

– Oui, fit l'intéressé en la regardant.

– Je crois que j'ai quelque chose.

Le médecin s'approcha et examina l'écran. Les symboles gravés sur l'artéfact semblaient différents de ce qu'il avait vu. Il passa sa main dans ses cheveux, il ne comprenait pas.

– Les inscriptions ont changé ?

– Non, c'est mon programme de reconnaissance, il les traduit.

– Il faut le dire à Jack, répondit Owen. Avec ça, on va sans doute arriver enfin à quelque chose.

– Il s'est enfermé, tu crois qu'on peut le déranger ?

– Il vaut mieux ne pas le tenir dans l'ignorance. Il s'isole quand ça ne va pas, il est comme ça !

– Très bien ! Je vais imprimer ce que j'ai et je vais monter le voir.

– Je viendrai avec toi. Préviens-moi quand tu seras prête.

– Ok !

Le médecin reprenait espoir. Cette jeune femme était douée, effectivement. Si Tosh était là, l'équipe ferait des étincelles, quoi qu'en y réfléchissant, si elle était là, ils n'auraient pas besoin d'Eirian !

Quand le dossier fut prêt, ils se rendirent auprès de l'immortel. En les voyant arriver, il repoussa le rapport qu'il essayait vainement de lire depuis un bon moment et s'adossa à son fauteuil.

– Vous avez quelque chose ? demanda-t-il en les voyant rester silencieux.

– Oui, mon programme a traduit les symboles. Je pense que nous allons pouvoir comprendre à quoi il peut bien servir.

– Est-ce que ça dit où ils sont et comment les ramener ?

– Eh ! Doucement Jack ! Elle vient de te dire qu'elle les avait traduits, pas qu'elle les avait compris. Laisse-lui un peu de temps !

– Je suis désolé, mais je ne sais pas où ils sont. Ils pourraient être prisonniers ou blessés, il faut les retrouver.

– C'est bien notre intention, mais ça fait trois jours qu'Eirian est sur ce boulot. Elle fait de son mieux, je t'assure.

– Je m'en doute bien, répondit l'immortel. Excuse-moi, fit-il en regardant la jeune femme. Pardon, je peux te tutoyer ?

– Oui, bien sûr !

– Bien, je vous propose de sortir prendre l'air. Nous avons besoin de faire une pose.

– Si tu veux, répondit Owen. Je vais ranger mon matériel et je vous rejoins.

– Avant de partir, je peux mettre le programme en route ? demanda la jeune femme en se levant.

– Oui, bien sûr ! De toute façon, je dois transférer l'alarme de la faille sur mon bracelet.

Quand chacun eut fini, ils se retrouvèrent devant le sas et quittèrent la base. Ils allèrent s'installer à la terrasse d'un café et profitèrent du soleil d'hiver qui leur offrait ses rayons. Ils discutèrent de tout et de rien, mais à aucun moment, ils n'abordèrent le problème de l'artéfact. Par un accord tacite, ils avaient décidé de penser à autre chose.

Lorsqu'ils retournèrent au Hub, ils reprirent leur travail dans un silence quasi monacal. De temps en temps, Myfanwy poussait un cri qui faisait lever la tête à Eirian, mais celle-ci ne s'inquiétait pas. Le chien de garde était confiné dans le haut de la base et n'était relâché que le soir. À ce moment-là, la jeune femme était tranquillement installée dans ses quartiers.

Owen rentrait chez lui, le soir venu, mais au matin, il arrivait très tôt. Il dormait mal et passait de longues heures, le regard perdu dans les lumières de la ville.

Une nuit, Jack se réveilla en sursaut, il avait entendu du bruit alors que la base aurait dû être silencieuse. Il se leva et s'habilla rapidement puis remonta l'échelle à pas de loup. Un nouveau grincement se fit entendre, se faisant régulier, lancinant. Il sortit de son bureau et regarda dans la zone informatique. Avec surprise, il constata qu'Eirian était à son poste, absorbée par une lecture qui semblait des plus intéressantes. Il descendit la rejoindre et elle sursauta en le voyant arriver.

– Que fais-tu debout à cette heure ? demanda l'immortel.

– Je n'arrivais pas à dormir. J'avais des choses qui me trottaient dans la tête et impossible de fermer l'œil. Je vous ai réveillé ?

– Ce n'est pas grave, j'ai besoin de peu de sommeil. Il va falloir graisser ta chaise, elle fait un bruit infernal, fit-il.

À ce moment-là, le sas s'ouvrit, laissant passer le médecin. Depuis que l'informaticienne était installée dans la base, Jack avait programmé l'alarme pour qu'elle ne se déclenche pas la nuit, permettant ainsi à la jeune femme de ne pas être dérangée lorsqu'il sortait faire un tour. Les poings sur les hanches, le Capitaine regarda Owen entrer et s'arrêter pour les observer.

– Je n'arrivais pas à dormir, fit-il comme pour s'excuser.

– Il semblerait que l'insomnie soit contagieuse, répondit Eirian.

– Effectivement ! Je vais faire du café, vous en voulez un ? demanda l'immortel en se dirigeant vers la cuisine.

– Oui, merci, répondirent les jeunes gens d'une même voix.

Avec un sourire, il prépara les boissons et les rapporta puis alla s'asseoir sur le canapé après leur avoir déposé les tasses. Il but par petites gorgées, regrettant le nectar de son amant, tout autant que son absence. Il soupira doucement et attira l'attention d'Eirian qui le fixa pendant quelques instants. Jack sentit le regard insistant et leva les yeux. La jeune femme tourna rapidement la tête en rougissant quelque peu. Le Capitaine ne la laissait pas indifférente et cela la perturbait.

Elle se replongea dans l'examen des fichiers, essayant de faire taire l'envie qu'elle avait d'un rapprochement avec le leader. Elle était là pour les aider à retrouver deux collègues qui avaient disparus par le fait de la maladresse d'une ancienne employée. Mais pourquoi ne pas envisager de mêler l'utile à l'agréable ! Elle avait entendu parlé du Capitaine et maintenant qu'elle le connaissait un peu mieux, elle se rendait compte que l'évaluation de son caractère était un peu surfaite. Il savait se montrer humain et attentif, rien à voir avec l'homme froid et distant qui était si souvent décrit.

L'immortel finit par quitter la zone et alla faire un tour dans les cellules. Il devait s'occuper des pensionnaires, Ianto n'était pas là, c'était à lui de le faire. Il finit par Myfanwy auprès de laquelle il resta quelques minutes avant de retourner dans son bureau.

Dans l'après-midi, une alarme retentit, montrant une activation sur les docks en plusieurs endroits. Jack n'avait pas le choix, il avait besoin de ses deux collègues.

– Owen, Eirian, cette fois, vous venez tous les deux, fit-il en se dirigeant vers le parking.

La jeune femme, un peu surprise, les suivit sans rien dire et s'installa à l'arrière du SUV. Sa présence sur le siège déclencha le basculement de la plate-forme de l'ordinateur de bord et alluma l'écran. Elle vit un point lumineux se déplacer et donna les indications au Capitaine.

En quelques minutes, ils étaient sur les lieux et se séparèrent après avoir pris leurs armes. Rapidement, le Capitaine trouva l'origine d'une des activations et s'en approcha, mais il n'y avait rien à proximité, c'était juste un portail lumineux.

– Owen, fit-il par l'oreillette, tu as quelque chose ?

– Non, rien du tout, je suis arrivé trop tard, ça s'est refermé !

– Et toi Eirian ? interrogea le leader.

– Rien non plus, mais j'ai entendu quelqu'un courir et j'ai vu une ombre. Je vais dans la même direction.

– Sois prudente, on ne sait pas sur quoi on peut tomber.

– Oui, bien sûr, fit-elle en continuant sa progression.

Mais elle était inquiète. Jamais auparavant, elle n'avait été sur le terrain, son domaine, c'était les ordinateurs. Chez l'Unit, elle ne quittait jamais la salle de commandement, mais elle n'avait pas osé l'avouer au Capitaine. Elle fut brutalement jetée contre le mur et poussa un cri. Le temps qu'elle tourne la tête pour voir l'agresseur, elle ressentit une violente douleur à l'épaule et tira au jugé.

En entendant la détonation, les deux hommes convergèrent rapidement vers leur collègue. Quand ils arrivèrent, la jeune femme était assise sur le sol et son agresseur gisait près d'elle. Elle leva les yeux, pointant son arme dans la direction du bruit et fut soulagée de voir arriver le leader.

– Que s'est-il passé ? demanda-t-il en se baissant.

– Je ne sais pas, je n'ai pas eu le temps de me rendre compte, fit-elle avec une grimace lorsque le médecin examina la blessure.

– Jack, il faut la ramener, elle a besoin de soins.

– Ok, accompagne-la, je m'occupe de celui-là, fit-il en chargeant le mort sur son épaule.

Ils retournèrent au SUV et Owen aida la jeune femme à s'installer. Après un rapide coup d'œil à l'ordinateur, elle les informa que l'anomalie s'était refermée et qu'il n'en restait aucune trace.

L'immortel déposa le corps dans le coffre et se remit au volant. Le trajet de retour se fit dans le silence et avec rapidité. Sitôt arrivés, le médecin accompagna la jeune femme à l'infirmerie et lui demanda de se dévêtir pendant qu'il préparait le scanner, il voulait s'assurer que la blessure n'était pas grave.

Quand Jack remonta des sous-sols, Eirian finissait de se rhabiller. Owen avait nettoyé la plaie et fait quelques points de suture, mais tout allait pour le mieux. Cependant, il n'était pas question qu'elle retourne sur le terrain avec une épaule dans cet état.

– Comment te sens-tu ? lui demanda le leader en s'approchant d'elle.

– Juste une égratignure, le baptême du feu si l'on peut dire.

– Pourquoi baptême, tu n'avais jamais été en intervention ?

– Non, jamais, c'est une première pour moi.

– Pourquoi n'as-tu rien dit ? Je pensais que tous les agents de l'Unit étaient formés pour ça !

– Non, pas tous ! Mon travail se bornait aux ordinateurs, c'est tout.

– Tu aurais dû me le dire, ça aurait pu te coûter la vie !

– Désolée, je ne pensais pas d'une activation telle que celle-ci pouvait être dangereuse.

– Quand nous partons, nous ne savons jamais sur quoi on va tomber, c'est pour cela que nous avons besoin de personnel entraîné. Owen, fit-il en se tournant vers le médecin.

– Oui Jack !

– Quand elle pourra se servir de son bras, je voudrais que tu l'emmène dans la zone de tir et que tu lui enseignes la base de ce que l'on a besoin.

– Elle peut commencer dès demain, cela ne pose pas de problème, elle est touchée à l'épaule gauche et elle est droitière.

– Ok, alors voyez ça dès que possible. Je ne peux pas me permettre de perdre quelqu'un d'autre, fit l'immortel.

– D'accord, ne t'en fais pas, quand elle retournera chez l'Unit, ils ne la reconnaîtront pas !

– Ça, je te fais confiance, mais n'oublie pas que notre but premier est de ramener Tosh et Ianto !

– Comment veux-tu que j'oublie ça ? répondit Owen.

– Je sais, soupira le Capitaine, à moi aussi ils me manquent.

Cependant, s'il était vrai que l'absence de leurs collègues laissait un grand vide dans la base, Jack pensait également à celui que Ianto avait creusé dans son cœur.

Eirian avait suivi l'échange en silence et retourna à son poste. Quand l'immortel se rendit dans la cuisine, elle le regarda passer puis baissa la tête sur son clavier. Ce soir, elle essayerait de discuter avec lui, elle voulait savoir si elle avait une chance de l'intéresser.

Le médecin profita d'un moment calme pour faire l'autopsie de l'alien qui avait agressé sa collègue puis prépara sa cryogénisation. Quand ce fut fait, il appela l'immortel qui, seul, pouvait boucler les dossiers.

En fin d'après-midi, Owen rentra chez lui, poussé dehors par un Capitaine impatient de se retrouver seul dans la base. Seul, enfin, pas tout à fait, mais contrairement à Eirian, le médecin, lui, avait un appartement.

Après un repas calme, le leader invita la jeune femme à aller boire un verre et lui fit visiter Cardiff. La neige tombait par intermittence rendant la ville plus jolie, mais cette fin d'année était bien morne pour l'immortel. Cependant, il ne désespérait pas, sa collègue semblait très bien maîtriser son sujet et il avait bon espoir.

En rentrant dans la zone informatique, elle déposa son manteau et secoua ses cheveux. Le Capitaine passa dans la cuisine, en revint avec deux tasses et alla vers le canapé. Elle prit la sienne et resta sans bouger jusqu'à ce que le leader se retourne vers elle, voyant qu'elle ne le suivait pas.

– Il y a un problème ?

– Non, du tout ! Simplement, je me demandais ce que vous faisiez de vos soirées. Depuis que je suis ici, chaque fois que je viens, vous êtes toujours là.

– Je vis ici, c'est normal.

– Pas de petite amie ?

– Non !

Elle posa sa tasse et s'approcha jusqu'à presque le toucher puis se hissa sur la pointe des pieds pour effleurer ses lèvres, délicatement. Le Capitaine mit ses mains sur ses bras et la repoussa doucement.

– Non, Eirian, quand j'ai dit pas de petite amie, cela ne voulait pas dire qu'il n'y avait personne dans ma vie.

– Mais…

– Je suis désolé, vraiment.

– Quel genre de relation avez-vous alors ? demanda-t-elle surprise. Vous ne quittez jamais la base depuis que je suis arrivée.

– Non et c'est normal, tu es chargée de le retrouver.

La jeune femme posa ses mains sur sa bouche, balbutiant des excuses et rougissant à vue d'œil. Elle recula et faillit s'asseoir à côté de sa chaise, perdant équilibre et fut rattrapée in extremis par l'immortel.

– Pardon, je ne savais pas, ce n'était…

– Pas inscrit dans mon dossier, finit-il en riant. Non, je m'en doute bien. Je ne le crie pas sur les toits, votre siècle n'est pas prêt pour ça !

– Notre siècle ? Comment ça ?

Eirian était éberluée par ce qu'elle venait d'apprendre et la façon qu'avait le Capitaine de parler du 21e siècle la perturbait encore plus, à croire qu'il venait d'un autre espace-temps.

Jack la regarda intensément. Devait-il lui dire qu'il était immortel ? La mettre devant le fait accompli s'il se faisait tuer n'était sans doute pas la bonne solution. D'un autre côté, il espérait bien qu'elle trouverait le moyen de ramener ses collègues rapidement, ainsi, elle pourrait retourner chez l'Unit et rien n'aurait besoin d'être dit.

– Je ne comprends pas, finit-elle par dire. Capitaine, qui êtes-vous exactement ? Il y a des bruits de couloir à Londres qui…

– Qui quoi ? Que disent-ils ?

– Que vous seriez d'un autre… temps ? fit-elle en baissant les yeux. Certains disent que vous passez d'un siècle à l'autre comme on franchirait une porte. J'avoue que je ne sais plus que penser.

– Viens t'asseoir, je vais t'expliquer, dit-il en lui tendant la main.

À suivre…